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    <title>Renouée - Agriculture de Régénération</title>
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    <description><![CDATA[<p><span>Le podcast qui explore les liens profonds entre la santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine.</span></p>]]></description>
    <pubDate>Thu, 07 May 2026 08:01:39 -0300</pubDate>
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    <category>Education</category>
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          <itunes:summary>“Renouée“ est un podcast autour des pratiques, enjeux, acteurs et actrices de l’”agriculture de régénération”. Sous un format de discussion (entre 45min et 1h) adressé à un public large d’agriculteur.trices et à celles et ceux qui, plus largement, s’intéressent à l’agriculture, à l’écologie et aux approches holistiques, nous parlerons des dernières pratiques, experiences et découvertes des acteur.ices de l’agriculture régénérative, résiliente et innovante. L’objectif de ce podcast est d’informer et d’inspirer de nouvelles initiatives, idées et compréhension des vastes sujets que sont l’environnement, le climat et alimentation et à travers lesquels l’agriculture occupe une place centrale.</itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>Renouée - Agriculture de Régénération</title>
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        <title>37 - Humusation, terramation : réinventer nos rites funéraires avec Florence de Peretti</title>
        <itunes:title>37 - Humusation, terramation : réinventer nos rites funéraires avec Florence de Peretti</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Que se passe-t-il vraiment lorsque l’on meurt ?
On imagine souvent que nos corps retournent naturellement à la terre. Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Entre crémation, enterrement, thanatopraxie et manque de place dans les cimetières, nos pratiques funéraires ont un impact écologique immense.</p>
<p class="p1">Dans ce nouvel épisode, Florence de Péretti nous parle d’alternatives inspirées du vivant : humusation, terramation, forêts funéraires… et de la manière dont ces nouvelles pratiques pourraient transformer notre rapport à la mort, mais aussi aux villes et au vivant.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Liens : </p>
<p class="p1"><a href='https://humosapiens.fr/'>https://humosapiens.fr/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"><a href='https://humusationfrance.org/'>https://humusationfrance.org/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Le Jardinier de l'Eden - Conte de sagesse à propos de ce qui ne peut mourir de Clarissa Pinkola-Estés</p>
<p class="p1"><a href='https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2253151149/le-jardinier-de-l-eden-clarissa-pinkola-estes'>https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2253151149/le-jardinier-de-l-eden-clarissa-pinkola-estes</a></p>
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                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Que se passe-t-il vraiment lorsque l’on meurt ?<br>
On imagine souvent que nos corps retournent naturellement à la terre. Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Entre crémation, enterrement, thanatopraxie et manque de place dans les cimetières, nos pratiques funéraires ont un impact écologique immense.</p>
<p class="p1">Dans ce nouvel épisode, Florence de Péretti nous parle d’alternatives inspirées du vivant : humusation, terramation, forêts funéraires… et de la manière dont ces nouvelles pratiques pourraient transformer notre rapport à la mort, mais aussi aux villes et au vivant.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Liens : </p>
<p class="p1"><a href='https://humosapiens.fr/'>https://humosapiens.fr/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"><a href='https://humusationfrance.org/'>https://humusationfrance.org/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Le Jardinier de l'Eden - Conte de sagesse à propos de ce qui ne peut mourir de Clarissa Pinkola-Estés</p>
<p class="p1"><a href='https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2253151149/le-jardinier-de-l-eden-clarissa-pinkola-estes'>https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2253151149/le-jardinier-de-l-eden-clarissa-pinkola-estes</a></p>
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Dans ce nouvel épisode, Florence de Péretti nous parle d’alternatives inspirées du vivant : humusation, terramation, forêts funéraires… et de la manière dont ces nouvelles pratiques pourraient transformer notre rapport à la mort, mais aussi aux villes et au vivant.
 
Liens : 
https://humosapiens.fr/
 
https://humusationfrance.org/
 
Le Jardinier de l'Eden - Conte de sagesse à propos de ce qui ne peut mourir de Clarissa Pinkola-Estés
https://www.chasse-aux-livres.fr/prix/2253151149/le-jardinier-de-l-eden-clarissa-pinkola-estes]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>36 - Quand on rencontre ceux qui nous nourrissent - Dans ta Ferme &amp; Obione</title>
        <itunes:title>36 - Quand on rencontre ceux qui nous nourrissent - Dans ta Ferme &amp; Obione</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p><a href='https://www.obione.fr/'>https://www.helloasso.com/associations/dans-ta-ferme</a></p>
<p> </p>
<p><a href='https://www.obione.fr/'>https://www.obione.fr/</a></p>
<p> </p>
<p><a href='https://www.happy-production.com/'>https://www.happy-production.com/</a></p>
<p> </p>
<p>Cet épisode est un peu différent du format habituel puisqu’il est constitué de plusieurs interviews capturées lors de l’événement Dans ta Ferme, organisé par Obione.

L’ambition affichée est simple, presque évidente : défaire la caricature, trop souvent relayée — et parfois entretenue — par certains médias, au profit de la rencontre humaine et de l’expérience réelle.
« Dans ta Ferme ! » part d’un constat clair : l’élevage est aujourd’hui un sujet sensible. Entre les controverses autour du bien-être animal, de l’environnement, de l’alimentation, du modèle agricole, de la place des animaux dans la société, la déconnexion au vivant d’une grande partie des consommateurs, et le bien-être du monde agricole.

La volonté est de remettre de la rencontre et du lien réel entre deux mondes constamment liés mais qui ne se côtoient presque plus : d’un côté les éleveurs, de l’autre des citoyens « voisins », invités à vivre l’élevage de l’intérieur.
Ce terme de « voisins » dit quelque chose de l’esprit du projet. Il ne s’agit pas de consommateurs abstraits ou de visiteurs de passage, mais de personnes qui partagent un même territoire et qui, par l’expérience, peuvent rouvrir un dialogue souvent inexistant.

La promesse repose sur l’immersion, avec un objectif pédagogique assumé : rencontrer les animaux, participer aux activités quotidiennes, comprendre la réalité du métier et la place de l’élevage dans l’alimentation et l’environnement.
Même si cet épisode m’a demandé beaucoup (beaucoup !) plus de travail de montage que d’habitude, certains mots et témoignages m’ont profondément touché. Ce travail m’a alors semblé d’autant plus important : faire entendre certaines voix et partager les retours d’un moment précieux — celui d’une rencontre, d’une reconnexion entre un monde devenu urbain, souvent éloigné de la terre, et un autre qui y reste proche mais se retrouve parfois éloigné du reste.

Merci à <a href='https://www.linkedin.com/in/l%C3%A9na-joann%C3%A8s-101aa7b4/'>Léna Joannès</a>, <a href='https://www.linkedin.com/in/obione71/'>Lionel Reisdorffer</a>, Christine, Mégane, Cyriane, Florent, Florian, Guillaume, <a href='https://www.linkedin.com/in/arnaud-leclercq-2a0b63ab/'>Arnaud LECLERCQ</a> et Nathalie pour leur confiance, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont témoigné.e à mon micro.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p><a href='https://www.obione.fr/'>https://www.helloasso.com/associations/dans-ta-ferme</a></p>
<p> </p>
<p><a href='https://www.obione.fr/'>https://www.obione.fr/</a></p>
<p> </p>
<p><a href='https://www.happy-production.com/'>https://www.happy-production.com/</a></p>
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<p>Cet épisode est un peu différent du format habituel puisqu’il est constitué de plusieurs interviews capturées lors de l’événement Dans ta Ferme, organisé par Obione.<br>
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L’ambition affichée est simple, presque évidente : défaire la caricature, trop souvent relayée — et parfois entretenue — par certains médias, au profit de la rencontre humaine et de l’expérience réelle.<br>
« Dans ta Ferme ! » part d’un constat clair : l’élevage est aujourd’hui un sujet sensible. Entre les controverses autour du bien-être animal, de l’environnement, de l’alimentation, du modèle agricole, de la place des animaux dans la société, la déconnexion au vivant d’une grande partie des consommateurs, et le bien-être du monde agricole.<br>
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La volonté est de remettre de la rencontre et du lien réel entre deux mondes constamment liés mais qui ne se côtoient presque plus : d’un côté les éleveurs, de l’autre des citoyens « voisins », invités à vivre l’élevage de l’intérieur.<br>
Ce terme de « voisins » dit quelque chose de l’esprit du projet. Il ne s’agit pas de consommateurs abstraits ou de visiteurs de passage, mais de personnes qui partagent un même territoire et qui, par l’expérience, peuvent rouvrir un dialogue souvent inexistant.<br>
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La promesse repose sur l’immersion, avec un objectif pédagogique assumé : rencontrer les animaux, participer aux activités quotidiennes, comprendre la réalité du métier et la place de l’élevage dans l’alimentation et l’environnement.<br>
Même si cet épisode m’a demandé beaucoup (beaucoup !) plus de travail de montage que d’habitude, certains mots et témoignages m’ont profondément touché. Ce travail m’a alors semblé d’autant plus important : faire entendre certaines voix et partager les retours d’un moment précieux — celui d’une rencontre, d’une reconnexion entre un monde devenu urbain, souvent éloigné de la terre, et un autre qui y reste proche mais se retrouve parfois éloigné du reste.<br>
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Merci à <a href='https://www.linkedin.com/in/l%C3%A9na-joann%C3%A8s-101aa7b4/'>Léna Joannès</a>, <a href='https://www.linkedin.com/in/obione71/'>Lionel Reisdorffer</a>, Christine, Mégane, Cyriane, Florent, Florian, Guillaume, <a href='https://www.linkedin.com/in/arnaud-leclercq-2a0b63ab/'>Arnaud LECLERCQ</a> et Nathalie pour leur confiance, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont témoigné.e à mon micro.</p>
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        <itunes:summary><![CDATA[https://www.helloasso.com/associations/dans-ta-ferme
 
https://www.obione.fr/
 
https://www.happy-production.com/
 
Cet épisode est un peu différent du format habituel puisqu’il est constitué de plusieurs interviews capturées lors de l’événement Dans ta Ferme, organisé par Obione.L’ambition affichée est simple, presque évidente : défaire la caricature, trop souvent relayée — et parfois entretenue — par certains médias, au profit de la rencontre humaine et de l’expérience réelle.« Dans ta Ferme ! » part d’un constat clair : l’élevage est aujourd’hui un sujet sensible. Entre les controverses autour du bien-être animal, de l’environnement, de l’alimentation, du modèle agricole, de la place des animaux dans la société, la déconnexion au vivant d’une grande partie des consommateurs, et le bien-être du monde agricole.La volonté est de remettre de la rencontre et du lien réel entre deux mondes constamment liés mais qui ne se côtoient presque plus : d’un côté les éleveurs, de l’autre des citoyens « voisins », invités à vivre l’élevage de l’intérieur.Ce terme de « voisins » dit quelque chose de l’esprit du projet. Il ne s’agit pas de consommateurs abstraits ou de visiteurs de passage, mais de personnes qui partagent un même territoire et qui, par l’expérience, peuvent rouvrir un dialogue souvent inexistant.La promesse repose sur l’immersion, avec un objectif pédagogique assumé : rencontrer les animaux, participer aux activités quotidiennes, comprendre la réalité du métier et la place de l’élevage dans l’alimentation et l’environnement.Même si cet épisode m’a demandé beaucoup (beaucoup !) plus de travail de montage que d’habitude, certains mots et témoignages m’ont profondément touché. Ce travail m’a alors semblé d’autant plus important : faire entendre certaines voix et partager les retours d’un moment précieux — celui d’une rencontre, d’une reconnexion entre un monde devenu urbain, souvent éloigné de la terre, et un autre qui y reste proche mais se retrouve parfois éloigné du reste.Merci à Léna Joannès, Lionel Reisdorffer, Christine, Mégane, Cyriane, Florent, Florian, Guillaume, Arnaud LECLERCQ et Nathalie pour leur confiance, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont témoigné.e à mon micro.]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>35 - Santé des troupeaux : agir en amont avec Alice Nothhelfer</title>
        <itunes:title>35 - Santé des troupeaux : agir en amont avec Alice Nothhelfer</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/35-sante-des-troupeaux-agir-en-amont-avec-alice-nothhelfer/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/35-sante-des-troupeaux-agir-en-amont-avec-alice-nothhelfer/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 09 Apr 2026 06:14:26 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Dans cet épisode, j’ai le plaisir d’échanger avec Alice Nothhelfer, vétérinaire de formation, qui travaille sur la gestion globale et préventive des troupeaux.</p>
<p class="p1">Son approche est simple dans l’idée, mais exigeante dans la pratique : plutôt que d’attendre les problèmes, comment agir en amont pour améliorer durablement la santé des animaux, la résilience des troupeaux, et la performance des élevages ?</p>
<p class="p1">Ce qui m’intéressait particulièrement dans cette conversation, c’était aussi de partir de l’expertise développée en bovins laitiers — où la gestion de l’alimentation et de la nutrition est souvent très fine — pour se demander ce qu’on peut en tirer comme grands enseignements pour d’autres types d’élevage.</p>
<p class="p1">Quelles règles de conduite peut-on transposer plus largement ? Et est que une analyse fine des bilans nutritionnels et des profils métaboliques n’est réservé qu’à un seul type d’élevage ?</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, on parle de conduite d’élevage, d’alimentation, d’accès à l’eau, de gestion en bâtiment, de stress, de carences subcliniques, et bien sûr de micro-nutrition.</p>
<p class="p1">Un échange passionnant sur les fondamentaux de la santé animale, et sur tout ce qu’on peut éviter… quand on regarde les choses assez tôt.

LIENS : 

<a href='https://www.vethelfer.fr/'>https://www.vethelfer.fr/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/alice-nothhelfer-5a6290ab/'>https://www.linkedin.com/in/alice-nothhelfer-5a6290ab/</a></p>
<p class="p1"> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Dans cet épisode, j’ai le plaisir d’échanger avec Alice Nothhelfer, vétérinaire de formation, qui travaille sur la gestion globale et préventive des troupeaux.</p>
<p class="p1">Son approche est simple dans l’idée, mais exigeante dans la pratique : plutôt que d’attendre les problèmes, comment agir en amont pour améliorer durablement la santé des animaux, la résilience des troupeaux, et la performance des élevages ?</p>
<p class="p1">Ce qui m’intéressait particulièrement dans cette conversation, c’était aussi de partir de l’expertise développée en bovins laitiers — où la gestion de l’alimentation et de la nutrition est souvent très fine — pour se demander ce qu’on peut en tirer comme grands enseignements pour d’autres types d’élevage.</p>
<p class="p1">Quelles règles de conduite peut-on transposer plus largement ? Et est que une analyse fine des bilans nutritionnels et des profils métaboliques n’est réservé qu’à un seul type d’élevage ?</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, on parle de conduite d’élevage, d’alimentation, d’accès à l’eau, de gestion en bâtiment, de stress, de carences subcliniques, et bien sûr de micro-nutrition.</p>
<p class="p1">Un échange passionnant sur les fondamentaux de la santé animale, et sur tout ce qu’on peut éviter… quand on regarde les choses assez tôt.<br>
<br>
LIENS : <br>
<br>
<a href='https://www.vethelfer.fr/'>https://www.vethelfer.fr/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/alice-nothhelfer-5a6290ab/'>https://www.linkedin.com/in/alice-nothhelfer-5a6290ab/</a></p>
<p class="p1"> </p>
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Son approche est simple dans l’idée, mais exigeante dans la pratique : plutôt que d’attendre les problèmes, comment agir en amont pour améliorer durablement la santé des animaux, la résilience des troupeaux, et la performance des élevages ?
Ce qui m’intéressait particulièrement dans cette conversation, c’était aussi de partir de l’expertise développée en bovins laitiers — où la gestion de l’alimentation et de la nutrition est souvent très fine — pour se demander ce qu’on peut en tirer comme grands enseignements pour d’autres types d’élevage.
Quelles règles de conduite peut-on transposer plus largement ? Et est que une analyse fine des bilans nutritionnels et des profils métaboliques n’est réservé qu’à un seul type d’élevage ?
Dans cet épisode, on parle de conduite d’élevage, d’alimentation, d’accès à l’eau, de gestion en bâtiment, de stress, de carences subcliniques, et bien sûr de micro-nutrition.
Un échange passionnant sur les fondamentaux de la santé animale, et sur tout ce qu’on peut éviter… quand on regarde les choses assez tôt.LIENS : https://www.vethelfer.fr/
 
https://www.linkedin.com/in/alice-nothhelfer-5a6290ab/
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>34 - Rewilding : Retrouver les dynamiques naturelles avec Olivier Raynaud</title>
        <itunes:title>34 - Rewilding : Retrouver les dynamiques naturelles avec Olivier Raynaud</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/34-rewilding-retrouver-les-dynamiques-naturelles-avec-olivier-raynaud/</link>
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                                    <description><![CDATA[<p>Je suis très heureux de partager ce nouvel épisode avec Olivier Raynaud, directeur de Rewilding France, autour d’un sujet qui me passionne particulièrement : le rewilding, ou ré-ensauvagement.</p>
<p>Pourquoi ce sujet m’inspire autant ? Parce qu’il remet profondément en question notre rapport occidental moderne au vivant, au sauvage, et plus largement notre besoin de contrôle sur les milieux naturels.</p>
<p>Après 15 ans dans la conservation dite “classique”, Olivier a choisi une autre voie. Dans cet échange, nous parlons de renaturation, de libre évolution des forêts, du rôle des grands herbivores et des prédateurs, mais aussi de ce que l’observation attentive du vivant nous apprend sur les dynamiques profondes des écosystèmes.</p>
<p>Une conversation riche, stimulante et, à mes yeux, essentielle pour repenser notre manière d’habiter le monde vivant.</p>
<p> </p>
<p class="p1">Sources</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Wilding le Film</p>
<p class="p1"><a href='https://www.jupiter-films.com/film-wilding-retour-a-la-nature-sauvage-147.php'>https://www.jupiter-films.com/film-wilding-retour-a-la-nature-sauvage-147.php</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Rewilding France
<a href='https://rewilding-france.com/'>https://rewilding-france.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Reseau Rewilding Europe</p>
<p class="p1"><a href='https://rewildingeurope.com/european-rewilding-network/'>https://rewildingeurope.com/european-rewilding-network/</a> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p>Je suis très heureux de partager ce nouvel épisode avec Olivier Raynaud, directeur de Rewilding France, autour d’un sujet qui me passionne particulièrement : le rewilding, ou ré-ensauvagement.</p>
<p>Pourquoi ce sujet m’inspire autant ? Parce qu’il remet profondément en question notre rapport occidental moderne au vivant, au sauvage, et plus largement notre besoin de contrôle sur les milieux naturels.</p>
<p>Après 15 ans dans la conservation dite “classique”, Olivier a choisi une autre voie. Dans cet échange, nous parlons de renaturation, de libre évolution des forêts, du rôle des grands herbivores et des prédateurs, mais aussi de ce que l’observation attentive du vivant nous apprend sur les dynamiques profondes des écosystèmes.</p>
<p>Une conversation riche, stimulante et, à mes yeux, essentielle pour repenser notre manière d’habiter le monde vivant.</p>
<p> </p>
<p class="p1">Sources</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Wilding le Film</p>
<p class="p1"><a href='https://www.jupiter-films.com/film-wilding-retour-a-la-nature-sauvage-147.php'>https://www.jupiter-films.com/film-wilding-retour-a-la-nature-sauvage-147.php</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Rewilding France<br>
<a href='https://rewilding-france.com/'>https://rewilding-france.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Reseau Rewilding Europe</p>
<p class="p1"><a href='https://rewildingeurope.com/european-rewilding-network/'>https://rewildingeurope.com/european-rewilding-network/</a> </p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Je suis très heureux de partager ce nouvel épisode avec Olivier Raynaud, directeur de Rewilding France, autour d’un sujet qui me passionne particulièrement : le rewilding, ou ré-ensauvagement.
Pourquoi ce sujet m’inspire autant ? Parce qu’il remet profondément en question notre rapport occidental moderne au vivant, au sauvage, et plus largement notre besoin de contrôle sur les milieux naturels.
Après 15 ans dans la conservation dite “classique”, Olivier a choisi une autre voie. Dans cet échange, nous parlons de renaturation, de libre évolution des forêts, du rôle des grands herbivores et des prédateurs, mais aussi de ce que l’observation attentive du vivant nous apprend sur les dynamiques profondes des écosystèmes.
Une conversation riche, stimulante et, à mes yeux, essentielle pour repenser notre manière d’habiter le monde vivant.
 
Sources
 
Wilding le Film
https://www.jupiter-films.com/film-wilding-retour-a-la-nature-sauvage-147.php
 
Rewilding Francehttps://rewilding-france.com/
 
Reseau Rewilding Europe
https://rewildingeurope.com/european-rewilding-network/ ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>33 - L'art du pastoralisme avec Odile Christine</title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Partir garder les chèvres avec Odile Christine, c’est comme assister à une masterclass où chaque geste, même le plus subtil, devient un enseignement.</p>
<p class="p1">Odile ne parle ni de GMQ, ni de qualité fromagère, ni d’équilibrage en oligo-éléments. Sa compréhension de son système est d’une autre nature : plus complexe, plus instinctive, plus fine. Un savoir profondément intégré, vivant. Un jour, je m’étais amusé à analyser ses résultats techniques et à les comparer à ceux d’éleveurs du coin, parfois bien plus “techniques”. Ses performances — et surtout sa marge — étaient pourtant nettement supérieures.</p>
<p class="p1">Chez Odile, il n’y a pas de grandes théories ni de sur-explications. Tout est incarné. Tout se joue dans l’attention et la finesse. Deux ou trois chèvres lèvent la tête ? On déplace le troupeau. L’une commence à grignoter de l’écorce ? On change de parcelle.</p>
<p class="p1">Résultat : les chèvres consomment une quantité et une diversité impressionnantes de végétaux, sans que la forêt ne subisse le moindre dommage. Bien au contraire, la régénération est au rendez-vous et les risques d’incendie sont considérablement réduits.</p>
<p class="p1">Odile est pour moi une immense source d’inspiration. J’ai énormément appris à ses côtés. Cet épisode a donc une saveur toute particulière, et je suis très heureux de pouvoir partager avec vous un moment de garde, aux côtés d’Odile et de ses chèvres.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Liens : </p>
<p class="p1">Jean Yves Ruelloux</p>
<p class="p1"><a href='https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/un-chevrier-qui-fait-des-emules-9647200'>https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/un-chevrier-qui-fait-des-emules-9647200</a>


Transcription : </p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">33 - L'art du pastoralisme avec Odile Christine</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2">Odile Christine: Coucou Lennan Bon, si je ne me casse la figure... Pour répondre à ta</p>
<p class="p2">question, les biquettes, depuis qu'elles ne font plus de bébés, elles sont beaucoup plus</p>
<p class="p2">belles, en meilleure santé, plus grasses, et moi je trouve que c'est nettement mieux</p>
<p class="p2">comme ça. Sauf si tu veux faire du renouvellement du cheptel, il faut les remettre au</p>
<p class="p2">bouc parce que là ça fait déjà cinq ans qu'elles n'ont pas eu de bébé et du coup ça fait</p>
<p class="p2">des animaux en meilleure santé quand même. Mais si on veut, Si on veut garder des</p>
<p class="p2">chèvres, des chevrettes pour le renouvellement, je pense que leur faire faire des bébés</p>
<p class="p2">tous les 2 ou 3 ans, c'est pas mal aussi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui. Parce que du coup, tu es en lactation longue depuis 5 ans, c'est ça?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, je suis en lactation longue depuis 2021.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui. Et alors pourquoi est-ce que tu es passée en lactation longue?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors au début je suis passée en lactation longue parce que je veux</p>
<p class="p2">prendre ma retraite et que je ne voulais pas avoir de chevrettes de renouvellement. Je</p>
<p class="p2">ne voulais plus qu'elles aient des bébés les chèvres parce que je ne voulais pas</p>
<p class="p2">sacrifier toutes les belles chevrettes qu'il pouvait y avoir. Et continuer avec mon</p>
<p class="p2">trompeau tranquillement et laisser mourir de vieillesse à la maison.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est fou, je viens dans le Var pour avoir de la neige. Ok, et alors</p>
<p class="p2">concrètement, comment ça se passe la lactation longue? Est-ce que tu as une baisse</p>
<p class="p2">de production de lait? Comment tu gères ça?Odile Christine: L'hiver, en fait, je me cale sur le changement d'heure. Quand on passe</p>
<p class="p2">à l'heure d'hiver, je passe à une traite par jour parce qu'elles ont commencé à diminuer,</p>
<p class="p2">et quand on remet une heure en plus, au mois de mars, je me remets à traire deux fois</p>
<p class="p2">par jour, parce que là la lactation elle repart vraiment très très bien. Alors c'est sûr</p>
<p class="p2">que... celles qui ont un petit peu moins de lait, qui sont moins bonnes laitières, elles ont</p>
<p class="p2">une lactation qui baisse un peu, mais les super laitières, la lactation, elle ne bouge pas</p>
<p class="p2">du tout. Et ça remonte au printemps comme si elles avaient fait les chevrons. Je trouve</p>
<p class="p2">ça super.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et tu dirais que c'est en lien avec la race? Est-ce que tu penses que</p>
<p class="p2">toutes les races peuvent... Ah non, moi je pense</p>
<p class="p2">Odile Christine: que toutes les races. Parce qu'il y a un monsieur qui est en Bretagne</p>
<p class="p2">qui s'appelle Jean-Yves Riou.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, je crois que c'est ça.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Je crois que tu as raison. C'est pas vraiment comme ça. J'avais le mot.</p>
<p class="p2">à la maison, et lui il a des alpines, et lui ça fait je crois 30 ans qu'il fait la lactation</p>
<p class="p2">longue, et lui il fait des conférences, j'avais été invitée, c'était l'année dernière, mois de</p>
<p class="p2">mai, il faisait une grande conférence sur les lactations longues, et bon je ne pouvais</p>
<p class="p2">pas monter parce que c'est pas facile de laisser les lactations, mais voilà pour que les</p>
<p class="p2">gens connaissent un peu plus On va le laisser grignoter là. Et voilà, lui, il fait, je ne sais</p>
<p class="p2">pas s'il achète des chevrettes, ou il fait de temps en temps porter une biquette parce</p>
<p class="p2">qu'il en a de temps en temps des jeunes. Mais lui a un tout petit troupeau, il disait qu'il</p>
<p class="p2">ne voulait pas plus de 15 à 17 biquettes.Lennan Bate: Oui, c'est ça. Parce que toi, maintenant, tu en as...</p>
<p class="p2">Odile Christine: J'en ai plus que 21.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et avant tu en avais?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Jusqu'à 38, jusqu'à 40 même. Mais voilà, donc là je les laisse</p>
<p class="p2">tranquillement vieillir et mourir tranquille. Attention, ça passe. Allez les frangines. Ça</p>
<p class="p2">neige de rue!</p>
<p class="p2">Lennan Bate: OK, alors comment tu as démarré avec les chèvres? Ça remonte à</p>
<p class="p2">quand la première chèvre?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors, ça remonte à 64 ans, quand ma mère n'avait plus assez de lait</p>
<p class="p2">pour me nourrir. Du coup, ils ont acheté une chèvre qui avait mis bas dans la journée</p>
<p class="p2">où ils l'ont achetée. Et voilà, j'ai été nourrie au lait de chèvre.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Génial. Et quand j'ai raconté cette histoire à quelqu'un, il m'a dit mais elle</p>
<p class="p2">buvait à même la chèvre? Je pense pas, parce que les chefs, ça fout des coups de</p>
<p class="p2">patte quand même. De temps en temps, ce serait un peu risqué.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Il y avait un truc rigolo, c'est que je pense qu'au printemps, enfin, ma</p>
<p class="p2">mère trayait la biquette et le lait tournait. Donc, il me le donnait cru, finalement. Au</p>
<p class="p2">début, il faisait bouillir, puis après, il me le donnait cru, comme ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça va?Odile Christine: Oui, je pense que ça m'a pas mal réussi. Voilà.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ok et du coup ensuite tu t'es installée en chèvre?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ouais alors après quand j'ai eu 16 ans il n'y avait rien qui m'intéressait</p>
<p class="p2">ailleurs et c'est vrai que la terre ça me parle, la forêt... C'est là où je me sens très, très</p>
<p class="p2">bien. Et je trouve que les biquettes, c'est un animal super. C'est des super animaux de</p>
<p class="p2">compagnie qui sont très, très sensibles. Et voilà, du coup, j'ai continué. On en a eu plus</p>
<p class="p2">et j'ai fait toute ma carrière là-dedans.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc pour situer, parce que là il n'y a que l'audio qu'on va entendre,</p>
<p class="p2">donc on est où et c'est quoi ton environnement, comment ça se passe avec les</p>
<p class="p2">chèvres, où est-ce que vous allez?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors on est dans la forêt, alors il faut que je dise à peu près les arbres</p>
<p class="p2">qu'il y a?</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu décris ce que tu vois.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors il y a des endroits où il y a plus de chênes verts, Il y a des</p>
<p class="p2">endroits où vraiment on a beaucoup de chênes verts, d'autres endroits où on a des</p>
<p class="p2">chênes blancs, il y a des ducades, des ronces, des oliviers sauvages qui restent des</p>
<p class="p2">anciennes plantations. Après il y a beaucoup de la broussaille parce que les biquettes</p>
<p class="p2">évidemment c'est ce qu'elles préfèrent le plus, la broussaille. Et du pain aussi, on a des</p>
<p class="p2">pains. Plusieurs catégories de pains. On a du pain d'Alep, du pain blanc, du pain... Je</p>
<p class="p2">ne sais plus comment ça s'appelle celui-là.Lennan Bate: Celui-là, ce n'est pas le pain d'Alep?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Peut-être bien. Et ça y est, l'autre.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Le maritime.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ah oui, le maritime, c'est ça. Le maritime et du pain d'Alep. Parce que</p>
<p class="p2">là-bas, on a des longues aiguilles.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: D'accord.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Et puis après on a du schiste, le schiste cotonneux, voilà.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, il y a de quoi faire.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, bon, le schiste, elle ne le mange pas. Je ne sais pas si c'est</p>
<p class="p2">quelque chose qu'elle mange.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc tu les gardes tous les jours?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ouais, tous les jours on part dans la forêt, au moins deux heures ou</p>
<p class="p2">deux heures et demie pour qu'elles mangent de la groussaille et puis après elles</p>
<p class="p2">mangent de l'herbe ou ça dépend de la saison du foin, voilà parce que l'été il n'y a pas</p>
<p class="p2">grand chose dans les champs et du coup après elles sont au foin, un peu de buzères.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc parce qu'il y a un truc, moi je me souviens une fois tu m'avais dit</p>
<p class="p2">qu'il y avait des gens de l'agence de la forêt qui étaient venus et qui avaient étéagréablement surpris de voir comme cette forêt, elle se régénérait bien, il y avait plein</p>
<p class="p2">de jeunes arbres, et surtout il n'y a pas de risque de feu ici, grâce à l'action de l'échever.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Bah écoute, j'espère. Après c'est vrai qu'elles ne sont pas parquées,</p>
<p class="p2">donc du coup elles abîment moins aussi, parce que quand elles sont parquées, elles</p>
<p class="p2">abîment, ce qui les laisse un peu trop longtemps, et du coup elles abîment la forêt. Et</p>
<p class="p2">puis bon, c'est vrai qu'il y a des chevreuils aussi qui s'occupent de la forêt en ce</p>
<p class="p2">moment.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et du coup, la bonne santé de tes chèvres, il y a cet élément-là, le fait</p>
<p class="p2">qu'elles ne portent plus de petits au niveau hormonal, disons que ça fait un stress en</p>
<p class="p2">moins.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Marie-Claude Bon, pour moi oui, parce que je trouvais qu'en</p>
<p class="p2">vieillissant, ça me stressait beaucoup les mises bas, parce qu'il y a des moments où</p>
<p class="p2">les bébés quand ils étaient un peu coincés, je n'avais plus assez de force pour les</p>
<p class="p2">sortir. Et du coup, il fallait faire intervenir le vétérinaire ou faire des césariennes, mais</p>
<p class="p2">les médicates ne supportent pas les anesthésies, chaque fois elles meurent. Voilà, et</p>
<p class="p2">puis après il faut vendre les chevraux, et ça devenait difficile pour moi. Donc bon, je</p>
<p class="p2">pense que les gens mangent moins de viande et moins de bébés aussi, donc c'est</p>
<p class="p2">compliqué la commercialisation. Et non, on n'en a pas qu'à dit.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Il y en a par terre.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Non, il n'y en a pas. Tu en as vu?</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Pas beaucoup, on cherche des glands.Odile Christine: Oui, on cherche des glands et il n'y a pas de glands cette année.</p>
<p class="p2">Autant l'année dernière il y en avait plein, plein, plein, autant cette année, rien du tout.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Parce que les chèvres elles ont réputation à être fragiles, que ça soit</p>
<p class="p2">effectivement au niveau hormonal, les mastic, tout ça, mais aussi au niveau des</p>
<p class="p2">parasites. Comment tu fais toi?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Moi, ça fait au moins 8 ans qu'elles ne sont pas déparasitées. Après,</p>
<p class="p2">elles ne restent jamais très longtemps au même endroit. Je les change tous les jours.</p>
<p class="p2">On fait des circuits différents. Du coup, elles ne sont pas surinfectées. Et puis, ça ne</p>
<p class="p2">veut pas dire qu'elles n'en aient pas, des parasites, mais je n'avais pas envie de</p>
<p class="p2">toucher et de leur donner des médicaments qui n'étaient pas adaptés aux parasites</p>
<p class="p2">qu'elles avaient. Du coup, on abîme aussi la flore intestinale, donc il vaut mieux voir ce</p>
<p class="p2">qui se passe et traiter s'il y a besoin.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, il y a deux vétos, Coralie Amart et Lucille Brochot, qui étaient</p>
<p class="p2">passées sur le podcast et qui parlent de la symbiose avec les parasites.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ah oui, bien sûr, comme nous.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Voilà, et qu'en fait ils ont leur rôle à jouer, leur intérêt c'est pas de tuer</p>
<p class="p2">l'autre, mais quand l'autre est trop faible, fragile, stressé, tout ça, bon bah les parasites</p>
<p class="p2">ils explosent et là ça peut devenir problématique. Mais sinon, ça pourrait même être</p>
<p class="p2">bénéfique aux parasites.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Bah oui, bah oui. Ah oui, donc c'est vrai que je ne touche plus, alors je</p>
<p class="p2">ne sais pas si j'ai raison non plus. Voilà, c'est mon point de vue. Après...Lennan Bate: Vu quand on voit les chèvres et la belle fourrure, qu'elles ont l'œil brillant,</p>
<p class="p2">qu'elles ont l'air en forme, qu'elles sont bien grasses et tout, je pense que ça va.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, moi aussi, je pense que ça va. Après, il y en a toujours des</p>
<p class="p2">accidents sur le troupeau, voilà, mais... C'est vrai que c'est juste à surveiller. Et puis je</p>
<p class="p2">pense qu'elles sont heureuses aussi. D'être dehors, de pouvoir manger, être en liberté.</p>
<p class="p2">Il y a juste le loup qui les stresse. Voilà, ça c'est notre sujet.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et je veux bien qu'on parle de ta relation avec les vaches, avec les</p>
<p class="p2">chèvres et les loups aussi, mais pour rester un petit peu sur cette question de</p>
<p class="p2">parasitisme, à ton avis, le bol alimentaire qu'elles ont, à quel point est-ce que tu penses</p>
<p class="p2">que ça joue? Parce que souvent on voit des chèvres qui sont principalement à l'herbe</p>
<p class="p2">et au foin. Et là, on les voit manger de l'herbe, du lierre, du chêne.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Moi j'avais appris que les chèvres n'avaient pas une bactérie pour</p>
<p class="p2">digérer que l'herbe. Et du coup ça les rendait malades. Donc elles avaient besoin de</p>
<p class="p2">bois, de feuilles. C'était leur principale alimentation. Et puis je pense que dans la</p>
<p class="p2">nature, chaque animal mange des trucs différents dont ils ont besoin. Et c'est, je trouve</p>
<p class="p2">que c'est une symbiose avec tous les autres animaux quoi, en fait. Parce que chaque</p>
<p class="p2">espèce est faite pour manger des trucs différents. Et les biquettes, c'est vrai que dans</p>
<p class="p2">la forêt, c'est là qu'elles sont le mieux. Bon, c'est dommage qu'il n'y ait pas de caméra</p>
<p class="p2">parce qu'on voudrait bien vous montrer comment elles mangent.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On va prendre des photos. Parce que la première fois qu'on s'était</p>
<p class="p2">rencontré, et c'est là que notre amitié a commencé, c'est que j'étais venu te demander</p>
<p class="p2">à Una Map, les chèvres, qu'est-ce qu'elles mangeraient? Est-ce qu'elles mangeraient</p>
<p class="p2">de la lavande? Est-ce qu'elles mangeraient ci? Sous les oliviers, est-ce qu'on pouvaitles faire pâturer? Et j'ai été tellement surpris et émerveillé par à quel point tu savais</p>
<p class="p2">exactement à quelle période tes chèvres mangeraient quoi. en fonction de plein de</p>
<p class="p2">choses, que du coup, c'est là où on a commencé à se balader ensemble et que tu m'as</p>
<p class="p2">appris tout plein de choses sur à quelle période tu amenais les chèvres où, pour</p>
<p class="p2">qu'elles mangent, quel genre</p>
<p class="p2">Odile Christine: de plantes, selon leurs besoins.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu peux donner 2-3 exemples?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Bon, les chèvres elles ne mangent pas, chez nous on a de la lavande</p>
<p class="p2">aspic, mais elles ne la mangent pas, elles ne mangent pas le thym, elles mangent un</p>
<p class="p2">peu de romarin, elles ne mangent pas la sarriette non plus, elles mangent le laurier, on</p>
<p class="p2">a du laurier qui pousse à l'état sauvage, Et puis, je ne sais plus ce que je voulais te dire.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et à quelle période?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Après, c'est vrai qu'en fonction, l'hiver, je les emmène plus où il y a du</p>
<p class="p2">lierre parce qu'il y a moins de choses à manger. Puis après, au printemps, dès qu'il y a</p>
<p class="p2">des broussailles, elles se régalent dans la broussaille. Des jeunes pousses, des</p>
<p class="p2">preneuliers, les chênes blancs quand ils poussent, elles les en mangent beaucoup. On</p>
<p class="p2">a un peu de l'arbousier aussi, ça elles se régalent. Elles aiment beaucoup aussi la</p>
<p class="p2">brouillère, mais on en a très très peu. Après elles mangent de l'arronce, elles mangent</p>
<p class="p2">des églantines aussi, de l'auvépine elles mangent aussi. Mais après ça dépend, c'est</p>
<p class="p2">vrai que l'hiver je les laisse un peu moins dans la forêt parce qu'il y a un peu moins à</p>
<p class="p2">manger. que l'été ou le printemps, c'est surtout le printemps, quand tous les bourgeons</p>
<p class="p2">poussent.Lennan Bate: Et du coup, tu sélectionnes les endroits où tu vas selon certaines</p>
<p class="p2">périodes de la saison?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est vrai. Et puis dans la forêt, il y a des endroits où elle pâture</p>
<p class="p2">beaucoup l'été et le printemps, il y a de l'herbe qui pousse, il y a du trèfle, il y a du saint-</p>
<p class="p2">fouin qui pousse à l'état sauvage. Du coup, ou du régra, du coup elles se régalent. Mais</p>
<p class="p2">c'est vrai que c'est des plantes que personne n'a semées quoi. Quoique le trèfle, je</p>
<p class="p2">suppose que dans le foin qu'elle mange, après ça doit se retrouver dans les crottes et</p>
<p class="p2">après ça pousse. Ça peut qu'il pleuve un peu, ça pousse.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais c'était rigolo parce que quand on a été me balader il y a 2-3 jours là,</p>
<p class="p2">je pense, je sais pas, ayant passé un peu de temps aussi avec mon troupeau, à</p>
<p class="p2">plusieurs reprises, à des moments tu te disais, allez c'est bon, elles veulent bouger. où</p>
<p class="p2">maintenant on va s'a****** là et à chaque fois moi aussi j'avais eu cette intuition de me</p>
<p class="p2">dire ah tiens là elles ont envie de partir alors qu'il se passait encore pas grand chose</p>
<p class="p2">de visible en tout cas pas et puis c'était presque une sorte de pensée un peu instinctive.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Après tu apprends à les écouter les chèvres en fait c'est au bruit</p>
<p class="p2">qu'elles font après c'est des habitudes mais au bruit qu'elles font tu sais qu'il faut les</p>
<p class="p2">déménager parce qu'elles ne le mangent plus et du coup tu te dis allez hop on change</p>
<p class="p2">de coin et on les accompagne pour qu'elles aillent voir ailleurs et chercher ailleurs ce</p>
<p class="p2">qui leur plairait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Du coup je crois que cette écoute de ton troupeau elle est vraiment très</p>
<p class="p2">très importante Un peu au coeur de ta relation avec les chèvres.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, oui. Mais ça s'appelle du savoir-faire après.Lennan Bate: J'ai des exemples sur... Sur cette écoute, sur peut-être quelques fois des</p>
<p class="p2">chèvres qui font des choses. Parce qu'on parle beaucoup de communication animale et</p>
<p class="p2">je pense que c'est plus une sorte d'écoute ou d'intuition. Toi tu le définirais comment</p>
<p class="p2">cette communication?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Je crois que c'est de l'intuition. Mais après c'est vrai qu'elle raconte des</p>
<p class="p2">choses, notamment quand elles ne vont pas bien. Je sais qu'au printemps j'ai eu</p>
<p class="p2">quelques soucis avec 2-3 biquettes et le matin quand on ouvre la porte et qu'elles me</p>
<p class="p2">regardent droit dans les yeux en mêlant, là il y a un truc qui ne va pas. On le sent bien,</p>
<p class="p2">elles le disent franchement. Et du coup après ça me stressait et le matin quand</p>
<p class="p2">j'ouvrais la porte je les appelais par leur prénom et elles me répondaient chacune à</p>
<p class="p2">leur tour, c'était assez drôle. pour me rassurer que tout allait bien. Mais c'est vrai que</p>
<p class="p2">c'est facile la communication avec les chèvres si on prend le temps et si on se sent</p>
<p class="p2">bien avec cet animal. On dit toujours que c'est capricieux, mais en fait, les biquettes,</p>
<p class="p2">elles savent vraiment ce qu'elles veulent et elles savent écouter leurs besoins. Et du</p>
<p class="p2">coup, je trouve que c'est un animal super sympa. La relation est vraiment très proche,</p>
<p class="p2">elles viennent nous voir, elles demandent des caresses, des glands à manger ou autre</p>
<p class="p2">chose. Et puis elles sont capables de nous attendre quand on traîne aussi. Et pas de</p>
<p class="p2">nous laisser derrière.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est rigolo, ça me fait penser, je me souviens une fois, je t'avais</p>
<p class="p2">demandé, parce que tu me disais Celle-là c'est la chef, c'est la vieille, elle mène le</p>
<p class="p2">troupeau ici, celle-là elle a tel rôle, etc. Je t'avais dit, et toi t'es qui pour elle? C'est quoi</p>
<p class="p2">ton rôle dans le troupeau?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Des fois je crois que je suis leur enfant, parce qu'elles prennent soin de</p>
<p class="p2">moi ou elles viennent me lécher. Et puis, je ne sais pas, je crois que je fais partie deleur monde, vraiment. En même temps, elles savent que je suis là pour les protéger,</p>
<p class="p2">mais je crois qu'elles me protègent aussi. En tout cas, elles sont capables de me dire si</p>
<p class="p2">je ne vais pas bien. Elles sont capables de ne pas se sacrifier, mais de me dire qu'il y a</p>
<p class="p2">des trucs qui ne vont pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu as des exemples?</p>
<p class="p2">Odile Christine: J'ai des exemples, mais je ne sais pas si tu les enregistres. Si tu veux</p>
<p class="p2">pas en parler, pas de soucis. Si tu arrêtes, je t'explique.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je crois que tu m'avais raconté. On en parle après. Pour revenir à cette</p>
<p class="p2">histoire de protection, du troupeau où elle te protège, toi aussi tu protèges. D'ailleurs, il</p>
<p class="p2">y a un gros chien de protection qui est là, devant moi.</p>
<p class="p2">Odile Christine: un joli matin espagnol qui est très très gentil avec les gens et qui</p>
<p class="p2">Lennan Bate: fait bien son job voilà parce que du coup tu as eu le loup il y a quelques</p>
<p class="p2">années là et</p>
<p class="p2">Odile Christine: oui la première attaque c'était juste trois jours après le confinement en</p>
<p class="p2">2020 et où j'ai eu une chèvre qui est morte et j'en avais une autre de blessée qu'on a</p>
<p class="p2">sauvé et puis du coup J'ai dû racheter un chien, donc j'avais un beauceron femelle et</p>
<p class="p2">j'ai racheté un beauceron mâle. Et puis ma beauceron femelle s'est fait tuer par un</p>
<p class="p2">sanglier l'année d'après. Donc j'ai acheté un chien de protection parce que mon</p>
<p class="p2">beauceron ne supportait pas d'avoir un autre beauceron pour surveiller le troupeau.</p>
<p class="p2">Donc l'alliance chien de protection et chien de conduite de troupeau, ça a mieux</p>
<p class="p2">fonctionné. Chacun son rôle, et Olympe fait très bien son rôle de chien de protection.Est-ce qu'on peut déménager un petit peu? Parce que je les vois manger les arbres.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ça tu ne veux pas?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ça abîme. Je trouve que c'est un peu idiot. Surtout qu'elles</p>
<p class="p2">commencent à s'ennuyer là. On va regarder les noms, parce qu'il y a des petits bisons.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je me souviens à l'époque que tu m'avais raconté l'attaque du loup, tu</p>
<p class="p2">me disais, oui, il y a cette chèvre qui est venue et qui est morte parce qu'elle a elle-</p>
<p class="p2">même attaqué le loup et d'ailleurs sa fille aussi.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est la fille qui est morte et la mère qui a eu une attaque, elle s'est</p>
<p class="p2">beaucoup défendue, donc il lui avait mordu la mâchoire et il l'avait mordu plus près du</p>
<p class="p2">sternum que du cou. Du coup, Du coup elle a survécu à l'attaque et donc on a dû la</p>
<p class="p2">mettre sous antibiotiques. Elle est restée trois jours sans manger et sans boire. Et</p>
<p class="p2">après, quand elle allait mieux, elle venait se mettre, quand je trayais les autres, ses</p>
<p class="p2">copines, elle venait se mettre à côté de moi, et elle me bêlait dans les oreilles, et</p>
<p class="p2">doucement, j'avais l'impression qu'elle me racontait son attaque. Et ça, c'était très</p>
<p class="p2">surprenant, vraiment, de la sentir comme ça, inquiète, Et puis raconter, c'était très</p>
<p class="p2">drôle. T'as vu, on va passer par là, parce que là, toutes les branches qu'ils</p>
<p class="p2">Lennan Bate: ont eues... Donc à ton avis, à quoi ça tient que cette mère et cette fille,</p>
<p class="p2">elles aient la... l'instinct, la génétique de se défendre, d'attaquer même le loup. Est-ce</p>
<p class="p2">que tu penses que si tout le troupeau avait été comme ça, il aurait pu se défendre?</p>
<p class="p2">Comment ça se fait que les autres ne se défendent pas et qu'elles fuient?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors, je crois que ça tient juste au caractère de la biquette. Parce queLisette qui s'est fait attaquer, elle a un fort caractère. Et les chiens, elle les a toujours</p>
<p class="p2">chassés. Mais dans sa famille, il y en a d'autres qui attaquaient les chiens comme ça.</p>
<p class="p2">Et peut-être que... Il y en a une qui se sacrifie, je ne sais pas, après tout. Moi je n'ai pas</p>
<p class="p2">d'expérience d'attaque de loup finalement. Elle est là, il disait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Est-ce qu'on pourrait penser à un troupeau où on sélectionne vraiment</p>
<p class="p2">sur ce trait de caractère pour que le troupeau se défende?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, peut-être. Mais peut-être aussi que les boucs interviennent. Et</p>
<p class="p2">comme moi, je n'ai plus de boucs, verser doucement. Peut-être, oui. Les boucs jouent</p>
<p class="p2">peut-être leur rôle de protection aussi parfois. Et c'est vrai qu'à l'époque, je n'avais plus</p>
<p class="p2">de boucs. Je n'avais que les bébés. Non, je n'avais pas de boucle parce que je gardais</p>
<p class="p2">juste un boucle de l'année et après je m'en séparais. Donc il n'y avait pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors depuis, comment tu gères le</p>
<p class="p2">Odile Christine: cadeau, qu'est-ce qui s'achève? On a sécurisé la bergerie. J'étais très</p>
<p class="p2">attentive au comportement des biquettes parce qu'il y a des endroits où il y avait quand</p>
<p class="p2">même beaucoup l'empreinte du loup et du coup elles ne mangeaient pas, elles avaient</p>
<p class="p2">très très peur, donc dans ces cas-là je les déménage. pour aller dans des endroits où</p>
<p class="p2">ils se sentent plus en sécurité. Et puis maintenant, elles font très, très confiance aux</p>
<p class="p2">chiens de protection. Et du coup, elles ne sont plus posées dans la forêt aussi. Parce</p>
<p class="p2">que quand Olympe aboie, ça les met en alerte. Et si je vois que la c****** reste au</p>
<p class="p2">milieu du troupeau et qu'elle aboie, c'est que je sais que la présence du loup n'est pas</p>
<p class="p2">très loin. Finalement, je rentre à la maison pour ne pas les mettre en danger. Et puis</p>
<p class="p2">même moi, parce que si elles me font tomber, parce que dans l'accolément, elles</p>
<p class="p2">peuvent carrément te mettre par terre. Tu sais, des mouvements de troupeau commeça, c'est bon pour se retrouver par terre. C'est vrai que dans ce cas-là, je rentre. Je ne</p>
<p class="p2">les laisse pas dehors. De toute façon, elles ne mangent plus. Ça les stresse tellement</p>
<p class="p2">qu'elles ne mangent plus, donc ça ne sert à rien de les laisser et de se mettre aussi en</p>
<p class="p2">danger. Ça ne sert à rien.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc comme autre perturbateur de la forêt, il y a le chasseur et son</p>
<p class="p2">chien. On a eu l'expérience là il y a quelques jours.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Chasseur et chien ça fait pas bon ménage avec les chèvres. C'est vrai</p>
<p class="p2">parce que les clochettes ça fait peur aux chèvres, les aboiements ça fait peur aux</p>
<p class="p2">chèvres. Et du coup c'est pareil, ils ne mangent plus, ça les stresse. Et voilà, on est</p>
<p class="p2">obligé de les déménager pour qu'elles retrouvent leur calme et qu'elles puissent</p>
<p class="p2">manger. Sinon, c'est une perte de temps aussi. Après, c'est dans la forêt qu'elles ne</p>
<p class="p2">mangent pas. C'est une perte de temps.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Parce que pour retrouver l'appétit et la tranquillité pour remanger, ça</p>
<p class="p2">prend quelques temps.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est vrai. C'est vrai, ça prend...</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors récemment on entendait que c'était pas facile de trouver des</p>
<p class="p2">gens pour garder les chèvres, qu'ils savaient pas faire, qu'ils se posaient, qu'ils les</p>
<p class="p2">laissaient huit heures au même endroit.</p>
<p class="p2">Odile Christine: En fait, oui c'est ça. C'est un vrai métier la garde du troupeau dans la</p>
<p class="p2">forêt. Parce qu'il faut les emmener des endroits où il y a à manger, surveiller qu'elles</p>
<p class="p2">mangent, parce que sinon ça n'a pas d'intérêt quoi. En fait c'est pas pour les balader,c'est pour qu'elles mangent. Parce que les végétaux, c'est très nourrissant pour elles.</p>
<p class="p2">Elles sont faites pour ça. Et c'est vrai que c'est un vrai métier. Il faut surveiller.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça tient à quoi d'être un bon berger ou un bon chevrier?</p>
<p class="p2">Odile Christine: À faire revenir les chèvres avec le ventre, s'il vous plaît.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et concrètement, comment on fait?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Il faut surveiller qu'elles mangent. Et les emmener dans des endroits où</p>
<p class="p2">il y a à manger pour elles. Tu vois, regarde, à peine elles avaient le nez en l'air, on les a</p>
<p class="p2">déménagées, elles ont toutes le nez par terre. Après, c'est l'habitude. C'est l'habitude</p>
<p class="p2">aussi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et comment tu as choisi cet endroit-là?</p>
<p class="p2">Odile Christine: parce que je sais qu'il y a du lierre par terre et puis il y a de la</p>
<p class="p2">broussaille là qu'elles aiment. Et voilà, puis ça fait longtemps que je les ai pas</p>
<p class="p2">emmenées par de ce côté. Donc voilà, je savais qu'elles pouvaient trouver quelque</p>
<p class="p2">chose. Sauf Lana qui mange les écorces de pain. Lana, oh! Tu peux répondre quand je</p>
<p class="p2">te parle. Tu vas manger autre chose que le pain? Non, tu veux pas en parler aujourd'hui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors toi qui as pu accompagner quelques autres éleveurs de chèvres,</p>
<p class="p2">qu'est-ce qui est la chose la plus importante que tu transmets et que tu aimerais que</p>
<p class="p2">les futurs chevriers sachent?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors de prendre soin de leurs troupeaux et de répondre aux besoinsde l'animal, je trouve que c'est très très important parce que Je trouve qu'on ne fait pas</p>
<p class="p2">assez attention à ce truc-là. On est dans la production, il faut toujours se dépêcher,</p>
<p class="p2">gagner de l'argent, rembourser les emprunts. Et on ne prend pas toujours soin de</p>
<p class="p2">l'animal et je trouve ça bien dommage. Et on ne respecte pas toujours leurs besoins</p>
<p class="p2">aussi. Parce que les buquettes, on dit qu'elles sont capricieuses, mais ce n'est pas vrai.</p>
<p class="p2">Elles savent juste ce dont elles ont besoin. Et des fois, si on les bouscule trop, ça ne</p>
<p class="p2">leur convient pas du tout. Mais ça, je pense que je vois dans le monde du cheval, il y a</p>
<p class="p2">des gens qui en prennent conscience de ce truc-là. Et j'espère que ça continuera parce</p>
<p class="p2">que c'est très important. L'animal, c'est un être vivant et il faut qu'on en prenne soin.</p>
<p class="p2">Puis je pense que si on prend soin de ces animaux, on prend soin de soi aussi. Je</p>
<p class="p2">pense que tout va avec. sais que tu es sur mon pied là et moi c'est ce que je pense</p>
<p class="p2">plus on prendra soin des êtres vivants plus on prendra soin de soi aussi on sera peut-</p>
<p class="p2">être plus attentif à nos besoins</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je me souviens qu'il y avait un de tes anciens stagiaires qui avait calculé</p>
<p class="p2">en gros ta capacité fromageable, la capacité fromageable de ton lait et il s'était rendu</p>
<p class="p2">compte que vraiment tu avais une super production, que ton lait il était super riche et</p>
<p class="p2">tout ça sans te donner de grains, etc. Et donc à quoi ça tient à ton avis cette qualité-là?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors c'est vrai que j'essaie de leur donner un fouine de qualité pour</p>
<p class="p2">qu'elles trouvent dans le fouine des variétés différentes pour que ça les nourrissent. Et</p>
<p class="p2">puis les chèvres quand tu les mets dans la forêt elles trouvent des graines. Il y a plein</p>
<p class="p2">de graines sur les arbres. que ce soit les glands, que ce soit les églantines, que ce</p>
<p class="p2">soit... même, elle mange le pistachier lentiste, elle mange les graines, mais il y en a</p>
<p class="p2">d'autres, elle mange les carottes sauvages, du coup, il y a des graines dedans, elle</p>
<p class="p2">mange les graines de plantain, et du coup, ça leur suffit, finalement, ça leur suffit. et tu</p>
<p class="p2">n'as pas besoin de racheter du maïs ou de... parce que c'est des coûts en fait, c'est descoûts supplémentaires et qui ne rapportent pas forcément, je ne suis pas sûre que</p>
<p class="p2">l'écart du coût, ça vaille le coût finalement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Thierry Samitier-Leclerc Oui, et puis là au niveau de la santé avec toute</p>
<p class="p2">la diversité végétale qu'elle mange, c'est extraordinaire.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Voilà, elles ont de l'herbe aussi à la maison. Bon, période où il pleut un</p>
<p class="p2">peu, l'été, évidemment, il n'y en a pas de l'herbe. Mais alors l'été, je leur donne un peu</p>
<p class="p2">plus de luzerne. Mais sinon, c'est vrai qu'elles mangent plusieurs graines. C'est</p>
<p class="p2">impressionnant. Dans le palure aussi, elles mangent les graines de palure. Et dans les</p>
<p class="p2">asperges sauvages, il y a des graines qu'elles mangent aussi. Mais c'est... C'est</p>
<p class="p2">vraiment... Même les graines de le salsepareille, ça fait des grosses grappes et elles se</p>
<p class="p2">régalent à les manger. Les arbouses, enfin... Oui, ça mange de tout. Oui, ça mange</p>
<p class="p2">beaucoup de choses, c'est vrai.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et puis là, ici, il y a une diversité qui est extraordinaire. Mais oui. Moi, je</p>
<p class="p2">pense que ça tient aussi, parce que ça, c'est une sensation qu'on a dans ton troupeau,</p>
<p class="p2">c'est la sérénité. à quel point elles sont calmes, elles sont posées.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est sûr que si toi t'es posée, elles sont posées. Les jours où je</p>
<p class="p2">suis énervée, ça ne se passe pas comme ça. Elles ne mangent pas ou elles se tapent</p>
<p class="p2">un peu plus dessus. Ça, c'est sûr. Elles ressentent beaucoup dans l'état où tu es, quoi.</p>
<p class="p2">Émotionnelle et... Et du coup, c'est vrai que moi, ça m'est arrivé de rentrer, des fois</p>
<p class="p2">d'arriver dans la bergerie pour les traires, où j'étais énervée, fatiguée, je leur faisais</p>
<p class="p2">mal, et le premier jet, si je ne me calmais pas, c'était un coup de pied dans le seau.</p>
<p class="p2">Donc, il fallait que je me calme, sinon ça n'allait pas le faire. Et une fois que tu t'es</p>
<p class="p2">posée, tu t'es dit, c'est bon, j'ai compris, on va se calmer, et bien tout se passe bien. Etje pense que tous les animaux ont cette sensibilité-là, sauf que des fois on ne s'en rend</p>
<p class="p2">pas compte parce qu'on est pris dans autre chose et du coup on ne fait pas attention.</p>
<p class="p2">On va un petit peu avancer parce qu'on commence à manger les arbres.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: À l'époque, il y avait quelque chose qui m'avait émerveillée, c'était</p>
<p class="p2">comme tu trayais les chèvres dans le champ, juste en mettant un petit foulard sur leur...</p>
<p class="p2">sur</p>
<p class="p2">Odile Christine: leur cou pour leur signifier qu'on allait les traire. Et c'est vrai qu'il y a</p>
<p class="p2">des chèvres qui se laissent beaucoup faire comme ça. En même temps, c'était bien de</p>
<p class="p2">ne pas les bouger. Elles mangeaient, je les trayais, puis après elles repartaient manger,</p>
<p class="p2">donc c'était pour leur souffler la peau.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Du coup, tu faisais les deux traites à la main pour les 30 et quelques.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Même jusqu'à 38. Puis après j'ai eu, je me suis dit que j'en avais marre</p>
<p class="p2">de passer beaucoup de temps à la traite donc j'ai mis, j'ai salé un cadeau de traite et</p>
<p class="p2">mis les machines à terre mais elles n'ont jamais voulu que je les traite à la machine.</p>
<p class="p2">Elles ont trop bougé, elles m'ont trop fait mal et du coup j'ai arrêté de les traire à la</p>
<p class="p2">machine. Elles n'étaient pas du tout conditionnées pour être traites à la machine. Voilà,</p>
<p class="p2">erreur de ma part.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De vouloir avoir une machine. Oui.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Elles me l'ont bien fait comprendre. C'était Lisette qui était attaquée par</p>
<p class="p2">le loup. Elle ne supportait pas la machine, mais elle m'a fait des trous dans les mains.</p>
<p class="p2">J'ai des cicatrices. Regarde. Je m'étais fait des mitrailles. Elle m'a arraché les traillonscomme ça. Et elle ne voulait absolument pas que je la traie à la machine, elle gigotait et</p>
<p class="p2">gigotait. Et quand je la faisais descendre du quai de traite, j'arrivais avec le seau et le</p>
<p class="p2">chiffon, elle ne bougeait pas, elle me regardait, elle ne bougeait pas. J'ai bien compris</p>
<p class="p2">que tu ne veux pas la machine. Elles m'ont joué des tours. Donc après j'ai abandonné.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu utilises le quai de traite?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors j'ai utilisé le quai de traite, il faudrait que je m'y remette un peu.</p>
<p class="p2">Mais bon des fois elles ne veulent pas toujours monter, ça les gonfle. C'est comme ça</p>
<p class="p2">qu'on apprend de nos erreurs, je n'aurais pas dû. C'est le caractère déliquette. Après,</p>
<p class="p2">quand on sait aussi les écouter, on comprend que ce n'est pas leur truc. Je les ai mises</p>
<p class="p2">sur le quai de tête très tard. Généralement, il faut les habituer à la machine quand elles</p>
<p class="p2">sont en première mise bas. Première allactation. Après, elles ne bougent pas. Loïs dit</p>
<p class="p2">toujours qu'il y a des chèvres qui préfèrent être prêtes à la main et d'autres prêtes à la</p>
<p class="p2">machine.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: D'accord.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Et puis lui il a l'expérience depuis longtemps.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ah lui il trait aussi à la main?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Non, à la machine.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ah oui, tout à la machine.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Il aimerait mais il en a trop. Il trouve que c'est plus sympa de traire à lamain.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ouais. Mais ça pour moi c'est vraiment le cœur de ma réflexion, c'est à</p>
<p class="p2">quel point est-ce qu'on peut être petit pour avoir une rentabilité et que dès qu'on investit</p>
<p class="p2">dans certains matériels, on est obligé de passer des caps avec plus d'animaux</p>
<p class="p2">Odile Christine: et ainsi de suite. Oui, c'est vrai. Après c'est un peu un cercle vicieux</p>
<p class="p2">parce que plus tu as des animaux, plus tu veux t'outiller pour que ce soit facile. et tu</p>
<p class="p2">rentres vraiment dans un cercle vicieux. Et puis après, je crois qu'en agriculture, il faut</p>
<p class="p2">vraiment faire les choses qu'on aime pour que ce soit plus facile. Sinon, si tu rentres</p>
<p class="p2">dans un cercle infernal, Après c'est compliqué de travailler, puis tu as aussi des pannes</p>
<p class="p2">avec le matériel, et je crois que tu rentres dans une spirale qui est un peu infernale.</p>
<p class="p2">Après ceci dit, c'est vrai que quand tu as des animaux, il faut un peu oublier les</p>
<p class="p2">vacances, il faut oublier les week-ends, c'est des choix, il faut juste s'assumer ses</p>
<p class="p2">choix. parce qu'on sait bien qu'on peut être réveillé la nuit, il y a des trucs qui ne se</p>
<p class="p2">passent pas bien, on a toujours des accidents, on ne peut pas confier non plus son</p>
<p class="p2">troupeau à n'importe qui, parce que c'est ton outil de travail et puis si tu laisses ton</p>
<p class="p2">troupeau et que tu reviens, il y a des soucis, que tu as une année, que tu enquilles sur</p>
<p class="p2">un année où tu n'as pas beaucoup de revenus, c'est compliqué quoi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est sûr. Du coup, tu penses que c'est encore possible aujourd'hui de</p>
<p class="p2">s'installer en chèvre sans avoir besoin de faire des gros investissements, que ce soit</p>
<p class="p2">pour la fromagerie?</p>
<p class="p2">Odile Christine: En fromagerie, quand même, tu es obligée d'avoir des frigos.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est énorme aujourd'hui.Odile Christine: Ouais, voilà, t'es dans l'installation de tout le bâtiment de fromagerie,</p>
<p class="p2">ça c'est sûr, c'est un investissement. Après, au niveau des biquettes, hormis si tu veux</p>
<p class="p2">une machine à traire, ça dépend du nombre de biquettes aussi, mais tu peux avoir des</p>
<p class="p2">machines qui ne sont pas si chères que ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est des charges après, d'électricité, d'eau...</p>
<p class="p2">Odile Christine: En fait il y a beaucoup de chevriers qui passent à une traite par jour</p>
<p class="p2">parce que la machine à traire consomme beaucoup d'électricité et ça devient cher.</p>
<p class="p2">Alors après moi, c'est vrai que j'ai eu la chance de ne pas avoir de problème de main</p>
<p class="p2">pour traire. J'ai toujours trait à la main depuis on va dire au moins 50 ans quoi. Et c'est</p>
<p class="p2">vrai que je n'ai pas de douleur, je n'ai pas de douleur de genou pour me mettre</p>
<p class="p2">accroupie et traire, je n'ai pas de mal aux mains, ça aide aussi quoi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Justement parce que moi j'ai entendu beaucoup des gens me dire, je</p>
<p class="p2">trayais à la main et puis je me suis fait une tendinite.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Du coup je peux plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais à quoi ça tient? Est-ce que tu penses que c'est aussi une posture</p>
<p class="p2">de travail, une tension? Ou est-ce que c'est juste pas de chance?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Je ne sais pas, peut-être que... C'est vrai que moi je me suis rendu</p>
<p class="p2">compte que j'étais plus à l'aise d'un côté de la biquette que de l'autre. Peut-être</p>
<p class="p2">qu'aussi des fois on ne fait pas g**** à comment on se positionne. Et puis, après je... Je</p>
<p class="p2">ne sais pas, moi je trouve qu'accroupi... Moi ça ne me dérange pas de rester accroupi</p>
<p class="p2">et de traire accroupi, je trouve que c'est une posture naturelle. déjà tu enlèves destensions dans le dos quand tu es accroupi. Après des fois on est fatigué par les</p>
<p class="p2">charges de travail puis du coup ça devient compliqué.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais c'est vite les cercles vicieux quoi, de fatigue, de tension.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ouais, de tension et puis des fois, si dans la vente ça se passe pas</p>
<p class="p2">bien, ou t'as un problème de mammite que t'as pas vu, que tu loupes les fromages, des</p>
<p class="p2">fois ça tient à pas grand chose. Et puis l'agriculture c'est pas toujours, je sais pas, un</p>
<p class="p2">métier facile.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça c'est sûr.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Voilà, t'es toujours, enfin pas avec l'élevage, mais après t'es tributaire</p>
<p class="p2">du temps, des gelées, trop chaud, du manque d'eau, il y a tellement de paramètres. Si</p>
<p class="p2">tu n'es pas issu un petit peu du monde agricole, où vraiment tu ne cherches pas</p>
<p class="p2">vraiment, après à un moment donné ça devient compliqué.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu veux dire au niveau connaissance ou au niveau gestion?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Gestion, parce que quand tu es né dans un milieu agricole, tu as été</p>
<p class="p2">confronté depuis l'enfance aux difficultés de récolte, de temps, alors que quand on</p>
<p class="p2">arrive dans l'agriculture et qu'on est grand, majeur et qu'on s'installe, des fois, il faut</p>
<p class="p2">faire face à tout ça. Il y a tout à apprendre et pour obtenir des crédits, c'est difficile de</p>
<p class="p2">faire fonctionner l'agriculture. Si ça marchait, si c'était tout carré, on le saurait. Ça</p>
<p class="p2">n'allait pas du tout.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Partir garder les chèvres avec Odile Christine, c’est comme assister à une masterclass où chaque geste, même le plus subtil, devient un enseignement.</p>
<p class="p1">Odile ne parle ni de GMQ, ni de qualité fromagère, ni d’équilibrage en oligo-éléments. Sa compréhension de son système est d’une autre nature : plus complexe, plus instinctive, plus fine. Un savoir profondément intégré, vivant. Un jour, je m’étais amusé à analyser ses résultats techniques et à les comparer à ceux d’éleveurs du coin, parfois bien plus “techniques”. Ses performances — et surtout sa marge — étaient pourtant nettement supérieures.</p>
<p class="p1">Chez Odile, il n’y a pas de grandes théories ni de sur-explications. Tout est incarné. Tout se joue dans l’attention et la finesse. Deux ou trois chèvres lèvent la tête ? On déplace le troupeau. L’une commence à grignoter de l’écorce ? On change de parcelle.</p>
<p class="p1">Résultat : les chèvres consomment une quantité et une diversité impressionnantes de végétaux, sans que la forêt ne subisse le moindre dommage. Bien au contraire, la régénération est au rendez-vous et les risques d’incendie sont considérablement réduits.</p>
<p class="p1">Odile est pour moi une immense source d’inspiration. J’ai énormément appris à ses côtés. Cet épisode a donc une saveur toute particulière, et je suis très heureux de pouvoir partager avec vous un moment de garde, aux côtés d’Odile et de ses chèvres.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Liens : </p>
<p class="p1">Jean Yves Ruelloux</p>
<p class="p1"><a href='https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/un-chevrier-qui-fait-des-emules-9647200'>https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/un-chevrier-qui-fait-des-emules-9647200</a><br>
<br>
<br>
Transcription : </p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">33 - L'art du pastoralisme avec Odile Christine</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2">Odile Christine: Coucou Lennan Bon, si je ne me casse la figure... Pour répondre à ta</p>
<p class="p2">question, les biquettes, depuis qu'elles ne font plus de bébés, elles sont beaucoup plus</p>
<p class="p2">belles, en meilleure santé, plus grasses, et moi je trouve que c'est nettement mieux</p>
<p class="p2">comme ça. Sauf si tu veux faire du renouvellement du cheptel, il faut les remettre au</p>
<p class="p2">bouc parce que là ça fait déjà cinq ans qu'elles n'ont pas eu de bébé et du coup ça fait</p>
<p class="p2">des animaux en meilleure santé quand même. Mais si on veut, Si on veut garder des</p>
<p class="p2">chèvres, des chevrettes pour le renouvellement, je pense que leur faire faire des bébés</p>
<p class="p2">tous les 2 ou 3 ans, c'est pas mal aussi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui. Parce que du coup, tu es en lactation longue depuis 5 ans, c'est ça?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, je suis en lactation longue depuis 2021.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui. Et alors pourquoi est-ce que tu es passée en lactation longue?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors au début je suis passée en lactation longue parce que je veux</p>
<p class="p2">prendre ma retraite et que je ne voulais pas avoir de chevrettes de renouvellement. Je</p>
<p class="p2">ne voulais plus qu'elles aient des bébés les chèvres parce que je ne voulais pas</p>
<p class="p2">sacrifier toutes les belles chevrettes qu'il pouvait y avoir. Et continuer avec mon</p>
<p class="p2">trompeau tranquillement et laisser mourir de vieillesse à la maison.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est fou, je viens dans le Var pour avoir de la neige. Ok, et alors</p>
<p class="p2">concrètement, comment ça se passe la lactation longue? Est-ce que tu as une baisse</p>
<p class="p2">de production de lait? Comment tu gères ça?Odile Christine: L'hiver, en fait, je me cale sur le changement d'heure. Quand on passe</p>
<p class="p2">à l'heure d'hiver, je passe à une traite par jour parce qu'elles ont commencé à diminuer,</p>
<p class="p2">et quand on remet une heure en plus, au mois de mars, je me remets à traire deux fois</p>
<p class="p2">par jour, parce que là la lactation elle repart vraiment très très bien. Alors c'est sûr</p>
<p class="p2">que... celles qui ont un petit peu moins de lait, qui sont moins bonnes laitières, elles ont</p>
<p class="p2">une lactation qui baisse un peu, mais les super laitières, la lactation, elle ne bouge pas</p>
<p class="p2">du tout. Et ça remonte au printemps comme si elles avaient fait les chevrons. Je trouve</p>
<p class="p2">ça super.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et tu dirais que c'est en lien avec la race? Est-ce que tu penses que</p>
<p class="p2">toutes les races peuvent... Ah non, moi je pense</p>
<p class="p2">Odile Christine: que toutes les races. Parce qu'il y a un monsieur qui est en Bretagne</p>
<p class="p2">qui s'appelle Jean-Yves Riou.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, je crois que c'est ça.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Je crois que tu as raison. C'est pas vraiment comme ça. J'avais le mot.</p>
<p class="p2">à la maison, et lui il a des alpines, et lui ça fait je crois 30 ans qu'il fait la lactation</p>
<p class="p2">longue, et lui il fait des conférences, j'avais été invitée, c'était l'année dernière, mois de</p>
<p class="p2">mai, il faisait une grande conférence sur les lactations longues, et bon je ne pouvais</p>
<p class="p2">pas monter parce que c'est pas facile de laisser les lactations, mais voilà pour que les</p>
<p class="p2">gens connaissent un peu plus On va le laisser grignoter là. Et voilà, lui, il fait, je ne sais</p>
<p class="p2">pas s'il achète des chevrettes, ou il fait de temps en temps porter une biquette parce</p>
<p class="p2">qu'il en a de temps en temps des jeunes. Mais lui a un tout petit troupeau, il disait qu'il</p>
<p class="p2">ne voulait pas plus de 15 à 17 biquettes.Lennan Bate: Oui, c'est ça. Parce que toi, maintenant, tu en as...</p>
<p class="p2">Odile Christine: J'en ai plus que 21.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et avant tu en avais?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Jusqu'à 38, jusqu'à 40 même. Mais voilà, donc là je les laisse</p>
<p class="p2">tranquillement vieillir et mourir tranquille. Attention, ça passe. Allez les frangines. Ça</p>
<p class="p2">neige de rue!</p>
<p class="p2">Lennan Bate: OK, alors comment tu as démarré avec les chèvres? Ça remonte à</p>
<p class="p2">quand la première chèvre?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors, ça remonte à 64 ans, quand ma mère n'avait plus assez de lait</p>
<p class="p2">pour me nourrir. Du coup, ils ont acheté une chèvre qui avait mis bas dans la journée</p>
<p class="p2">où ils l'ont achetée. Et voilà, j'ai été nourrie au lait de chèvre.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Génial. Et quand j'ai raconté cette histoire à quelqu'un, il m'a dit mais elle</p>
<p class="p2">buvait à même la chèvre? Je pense pas, parce que les chefs, ça fout des coups de</p>
<p class="p2">patte quand même. De temps en temps, ce serait un peu risqué.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Il y avait un truc rigolo, c'est que je pense qu'au printemps, enfin, ma</p>
<p class="p2">mère trayait la biquette et le lait tournait. Donc, il me le donnait cru, finalement. Au</p>
<p class="p2">début, il faisait bouillir, puis après, il me le donnait cru, comme ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça va?Odile Christine: Oui, je pense que ça m'a pas mal réussi. Voilà.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ok et du coup ensuite tu t'es installée en chèvre?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ouais alors après quand j'ai eu 16 ans il n'y avait rien qui m'intéressait</p>
<p class="p2">ailleurs et c'est vrai que la terre ça me parle, la forêt... C'est là où je me sens très, très</p>
<p class="p2">bien. Et je trouve que les biquettes, c'est un animal super. C'est des super animaux de</p>
<p class="p2">compagnie qui sont très, très sensibles. Et voilà, du coup, j'ai continué. On en a eu plus</p>
<p class="p2">et j'ai fait toute ma carrière là-dedans.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc pour situer, parce que là il n'y a que l'audio qu'on va entendre,</p>
<p class="p2">donc on est où et c'est quoi ton environnement, comment ça se passe avec les</p>
<p class="p2">chèvres, où est-ce que vous allez?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors on est dans la forêt, alors il faut que je dise à peu près les arbres</p>
<p class="p2">qu'il y a?</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu décris ce que tu vois.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors il y a des endroits où il y a plus de chênes verts, Il y a des</p>
<p class="p2">endroits où vraiment on a beaucoup de chênes verts, d'autres endroits où on a des</p>
<p class="p2">chênes blancs, il y a des ducades, des ronces, des oliviers sauvages qui restent des</p>
<p class="p2">anciennes plantations. Après il y a beaucoup de la broussaille parce que les biquettes</p>
<p class="p2">évidemment c'est ce qu'elles préfèrent le plus, la broussaille. Et du pain aussi, on a des</p>
<p class="p2">pains. Plusieurs catégories de pains. On a du pain d'Alep, du pain blanc, du pain... Je</p>
<p class="p2">ne sais plus comment ça s'appelle celui-là.Lennan Bate: Celui-là, ce n'est pas le pain d'Alep?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Peut-être bien. Et ça y est, l'autre.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Le maritime.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ah oui, le maritime, c'est ça. Le maritime et du pain d'Alep. Parce que</p>
<p class="p2">là-bas, on a des longues aiguilles.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: D'accord.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Et puis après on a du schiste, le schiste cotonneux, voilà.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, il y a de quoi faire.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, bon, le schiste, elle ne le mange pas. Je ne sais pas si c'est</p>
<p class="p2">quelque chose qu'elle mange.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc tu les gardes tous les jours?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ouais, tous les jours on part dans la forêt, au moins deux heures ou</p>
<p class="p2">deux heures et demie pour qu'elles mangent de la groussaille et puis après elles</p>
<p class="p2">mangent de l'herbe ou ça dépend de la saison du foin, voilà parce que l'été il n'y a pas</p>
<p class="p2">grand chose dans les champs et du coup après elles sont au foin, un peu de buzères.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc parce qu'il y a un truc, moi je me souviens une fois tu m'avais dit</p>
<p class="p2">qu'il y avait des gens de l'agence de la forêt qui étaient venus et qui avaient étéagréablement surpris de voir comme cette forêt, elle se régénérait bien, il y avait plein</p>
<p class="p2">de jeunes arbres, et surtout il n'y a pas de risque de feu ici, grâce à l'action de l'échever.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Bah écoute, j'espère. Après c'est vrai qu'elles ne sont pas parquées,</p>
<p class="p2">donc du coup elles abîment moins aussi, parce que quand elles sont parquées, elles</p>
<p class="p2">abîment, ce qui les laisse un peu trop longtemps, et du coup elles abîment la forêt. Et</p>
<p class="p2">puis bon, c'est vrai qu'il y a des chevreuils aussi qui s'occupent de la forêt en ce</p>
<p class="p2">moment.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et du coup, la bonne santé de tes chèvres, il y a cet élément-là, le fait</p>
<p class="p2">qu'elles ne portent plus de petits au niveau hormonal, disons que ça fait un stress en</p>
<p class="p2">moins.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Marie-Claude Bon, pour moi oui, parce que je trouvais qu'en</p>
<p class="p2">vieillissant, ça me stressait beaucoup les mises bas, parce qu'il y a des moments où</p>
<p class="p2">les bébés quand ils étaient un peu coincés, je n'avais plus assez de force pour les</p>
<p class="p2">sortir. Et du coup, il fallait faire intervenir le vétérinaire ou faire des césariennes, mais</p>
<p class="p2">les médicates ne supportent pas les anesthésies, chaque fois elles meurent. Voilà, et</p>
<p class="p2">puis après il faut vendre les chevraux, et ça devenait difficile pour moi. Donc bon, je</p>
<p class="p2">pense que les gens mangent moins de viande et moins de bébés aussi, donc c'est</p>
<p class="p2">compliqué la commercialisation. Et non, on n'en a pas qu'à dit.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Il y en a par terre.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Non, il n'y en a pas. Tu en as vu?</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Pas beaucoup, on cherche des glands.Odile Christine: Oui, on cherche des glands et il n'y a pas de glands cette année.</p>
<p class="p2">Autant l'année dernière il y en avait plein, plein, plein, autant cette année, rien du tout.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Parce que les chèvres elles ont réputation à être fragiles, que ça soit</p>
<p class="p2">effectivement au niveau hormonal, les mastic, tout ça, mais aussi au niveau des</p>
<p class="p2">parasites. Comment tu fais toi?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Moi, ça fait au moins 8 ans qu'elles ne sont pas déparasitées. Après,</p>
<p class="p2">elles ne restent jamais très longtemps au même endroit. Je les change tous les jours.</p>
<p class="p2">On fait des circuits différents. Du coup, elles ne sont pas surinfectées. Et puis, ça ne</p>
<p class="p2">veut pas dire qu'elles n'en aient pas, des parasites, mais je n'avais pas envie de</p>
<p class="p2">toucher et de leur donner des médicaments qui n'étaient pas adaptés aux parasites</p>
<p class="p2">qu'elles avaient. Du coup, on abîme aussi la flore intestinale, donc il vaut mieux voir ce</p>
<p class="p2">qui se passe et traiter s'il y a besoin.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, il y a deux vétos, Coralie Amart et Lucille Brochot, qui étaient</p>
<p class="p2">passées sur le podcast et qui parlent de la symbiose avec les parasites.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ah oui, bien sûr, comme nous.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Voilà, et qu'en fait ils ont leur rôle à jouer, leur intérêt c'est pas de tuer</p>
<p class="p2">l'autre, mais quand l'autre est trop faible, fragile, stressé, tout ça, bon bah les parasites</p>
<p class="p2">ils explosent et là ça peut devenir problématique. Mais sinon, ça pourrait même être</p>
<p class="p2">bénéfique aux parasites.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Bah oui, bah oui. Ah oui, donc c'est vrai que je ne touche plus, alors je</p>
<p class="p2">ne sais pas si j'ai raison non plus. Voilà, c'est mon point de vue. Après...Lennan Bate: Vu quand on voit les chèvres et la belle fourrure, qu'elles ont l'œil brillant,</p>
<p class="p2">qu'elles ont l'air en forme, qu'elles sont bien grasses et tout, je pense que ça va.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, moi aussi, je pense que ça va. Après, il y en a toujours des</p>
<p class="p2">accidents sur le troupeau, voilà, mais... C'est vrai que c'est juste à surveiller. Et puis je</p>
<p class="p2">pense qu'elles sont heureuses aussi. D'être dehors, de pouvoir manger, être en liberté.</p>
<p class="p2">Il y a juste le loup qui les stresse. Voilà, ça c'est notre sujet.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et je veux bien qu'on parle de ta relation avec les vaches, avec les</p>
<p class="p2">chèvres et les loups aussi, mais pour rester un petit peu sur cette question de</p>
<p class="p2">parasitisme, à ton avis, le bol alimentaire qu'elles ont, à quel point est-ce que tu penses</p>
<p class="p2">que ça joue? Parce que souvent on voit des chèvres qui sont principalement à l'herbe</p>
<p class="p2">et au foin. Et là, on les voit manger de l'herbe, du lierre, du chêne.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Moi j'avais appris que les chèvres n'avaient pas une bactérie pour</p>
<p class="p2">digérer que l'herbe. Et du coup ça les rendait malades. Donc elles avaient besoin de</p>
<p class="p2">bois, de feuilles. C'était leur principale alimentation. Et puis je pense que dans la</p>
<p class="p2">nature, chaque animal mange des trucs différents dont ils ont besoin. Et c'est, je trouve</p>
<p class="p2">que c'est une symbiose avec tous les autres animaux quoi, en fait. Parce que chaque</p>
<p class="p2">espèce est faite pour manger des trucs différents. Et les biquettes, c'est vrai que dans</p>
<p class="p2">la forêt, c'est là qu'elles sont le mieux. Bon, c'est dommage qu'il n'y ait pas de caméra</p>
<p class="p2">parce qu'on voudrait bien vous montrer comment elles mangent.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On va prendre des photos. Parce que la première fois qu'on s'était</p>
<p class="p2">rencontré, et c'est là que notre amitié a commencé, c'est que j'étais venu te demander</p>
<p class="p2">à Una Map, les chèvres, qu'est-ce qu'elles mangeraient? Est-ce qu'elles mangeraient</p>
<p class="p2">de la lavande? Est-ce qu'elles mangeraient ci? Sous les oliviers, est-ce qu'on pouvaitles faire pâturer? Et j'ai été tellement surpris et émerveillé par à quel point tu savais</p>
<p class="p2">exactement à quelle période tes chèvres mangeraient quoi. en fonction de plein de</p>
<p class="p2">choses, que du coup, c'est là où on a commencé à se balader ensemble et que tu m'as</p>
<p class="p2">appris tout plein de choses sur à quelle période tu amenais les chèvres où, pour</p>
<p class="p2">qu'elles mangent, quel genre</p>
<p class="p2">Odile Christine: de plantes, selon leurs besoins.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu peux donner 2-3 exemples?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Bon, les chèvres elles ne mangent pas, chez nous on a de la lavande</p>
<p class="p2">aspic, mais elles ne la mangent pas, elles ne mangent pas le thym, elles mangent un</p>
<p class="p2">peu de romarin, elles ne mangent pas la sarriette non plus, elles mangent le laurier, on</p>
<p class="p2">a du laurier qui pousse à l'état sauvage, Et puis, je ne sais plus ce que je voulais te dire.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et à quelle période?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Après, c'est vrai qu'en fonction, l'hiver, je les emmène plus où il y a du</p>
<p class="p2">lierre parce qu'il y a moins de choses à manger. Puis après, au printemps, dès qu'il y a</p>
<p class="p2">des broussailles, elles se régalent dans la broussaille. Des jeunes pousses, des</p>
<p class="p2">preneuliers, les chênes blancs quand ils poussent, elles les en mangent beaucoup. On</p>
<p class="p2">a un peu de l'arbousier aussi, ça elles se régalent. Elles aiment beaucoup aussi la</p>
<p class="p2">brouillère, mais on en a très très peu. Après elles mangent de l'arronce, elles mangent</p>
<p class="p2">des églantines aussi, de l'auvépine elles mangent aussi. Mais après ça dépend, c'est</p>
<p class="p2">vrai que l'hiver je les laisse un peu moins dans la forêt parce qu'il y a un peu moins à</p>
<p class="p2">manger. que l'été ou le printemps, c'est surtout le printemps, quand tous les bourgeons</p>
<p class="p2">poussent.Lennan Bate: Et du coup, tu sélectionnes les endroits où tu vas selon certaines</p>
<p class="p2">périodes de la saison?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est vrai. Et puis dans la forêt, il y a des endroits où elle pâture</p>
<p class="p2">beaucoup l'été et le printemps, il y a de l'herbe qui pousse, il y a du trèfle, il y a du saint-</p>
<p class="p2">fouin qui pousse à l'état sauvage. Du coup, ou du régra, du coup elles se régalent. Mais</p>
<p class="p2">c'est vrai que c'est des plantes que personne n'a semées quoi. Quoique le trèfle, je</p>
<p class="p2">suppose que dans le foin qu'elle mange, après ça doit se retrouver dans les crottes et</p>
<p class="p2">après ça pousse. Ça peut qu'il pleuve un peu, ça pousse.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais c'était rigolo parce que quand on a été me balader il y a 2-3 jours là,</p>
<p class="p2">je pense, je sais pas, ayant passé un peu de temps aussi avec mon troupeau, à</p>
<p class="p2">plusieurs reprises, à des moments tu te disais, allez c'est bon, elles veulent bouger. où</p>
<p class="p2">maintenant on va s'a****** là et à chaque fois moi aussi j'avais eu cette intuition de me</p>
<p class="p2">dire ah tiens là elles ont envie de partir alors qu'il se passait encore pas grand chose</p>
<p class="p2">de visible en tout cas pas et puis c'était presque une sorte de pensée un peu instinctive.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Après tu apprends à les écouter les chèvres en fait c'est au bruit</p>
<p class="p2">qu'elles font après c'est des habitudes mais au bruit qu'elles font tu sais qu'il faut les</p>
<p class="p2">déménager parce qu'elles ne le mangent plus et du coup tu te dis allez hop on change</p>
<p class="p2">de coin et on les accompagne pour qu'elles aillent voir ailleurs et chercher ailleurs ce</p>
<p class="p2">qui leur plairait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Du coup je crois que cette écoute de ton troupeau elle est vraiment très</p>
<p class="p2">très importante Un peu au coeur de ta relation avec les chèvres.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, oui. Mais ça s'appelle du savoir-faire après.Lennan Bate: J'ai des exemples sur... Sur cette écoute, sur peut-être quelques fois des</p>
<p class="p2">chèvres qui font des choses. Parce qu'on parle beaucoup de communication animale et</p>
<p class="p2">je pense que c'est plus une sorte d'écoute ou d'intuition. Toi tu le définirais comment</p>
<p class="p2">cette communication?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Je crois que c'est de l'intuition. Mais après c'est vrai qu'elle raconte des</p>
<p class="p2">choses, notamment quand elles ne vont pas bien. Je sais qu'au printemps j'ai eu</p>
<p class="p2">quelques soucis avec 2-3 biquettes et le matin quand on ouvre la porte et qu'elles me</p>
<p class="p2">regardent droit dans les yeux en mêlant, là il y a un truc qui ne va pas. On le sent bien,</p>
<p class="p2">elles le disent franchement. Et du coup après ça me stressait et le matin quand</p>
<p class="p2">j'ouvrais la porte je les appelais par leur prénom et elles me répondaient chacune à</p>
<p class="p2">leur tour, c'était assez drôle. pour me rassurer que tout allait bien. Mais c'est vrai que</p>
<p class="p2">c'est facile la communication avec les chèvres si on prend le temps et si on se sent</p>
<p class="p2">bien avec cet animal. On dit toujours que c'est capricieux, mais en fait, les biquettes,</p>
<p class="p2">elles savent vraiment ce qu'elles veulent et elles savent écouter leurs besoins. Et du</p>
<p class="p2">coup, je trouve que c'est un animal super sympa. La relation est vraiment très proche,</p>
<p class="p2">elles viennent nous voir, elles demandent des caresses, des glands à manger ou autre</p>
<p class="p2">chose. Et puis elles sont capables de nous attendre quand on traîne aussi. Et pas de</p>
<p class="p2">nous laisser derrière.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est rigolo, ça me fait penser, je me souviens une fois, je t'avais</p>
<p class="p2">demandé, parce que tu me disais Celle-là c'est la chef, c'est la vieille, elle mène le</p>
<p class="p2">troupeau ici, celle-là elle a tel rôle, etc. Je t'avais dit, et toi t'es qui pour elle? C'est quoi</p>
<p class="p2">ton rôle dans le troupeau?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Des fois je crois que je suis leur enfant, parce qu'elles prennent soin de</p>
<p class="p2">moi ou elles viennent me lécher. Et puis, je ne sais pas, je crois que je fais partie deleur monde, vraiment. En même temps, elles savent que je suis là pour les protéger,</p>
<p class="p2">mais je crois qu'elles me protègent aussi. En tout cas, elles sont capables de me dire si</p>
<p class="p2">je ne vais pas bien. Elles sont capables de ne pas se sacrifier, mais de me dire qu'il y a</p>
<p class="p2">des trucs qui ne vont pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu as des exemples?</p>
<p class="p2">Odile Christine: J'ai des exemples, mais je ne sais pas si tu les enregistres. Si tu veux</p>
<p class="p2">pas en parler, pas de soucis. Si tu arrêtes, je t'explique.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je crois que tu m'avais raconté. On en parle après. Pour revenir à cette</p>
<p class="p2">histoire de protection, du troupeau où elle te protège, toi aussi tu protèges. D'ailleurs, il</p>
<p class="p2">y a un gros chien de protection qui est là, devant moi.</p>
<p class="p2">Odile Christine: un joli matin espagnol qui est très très gentil avec les gens et qui</p>
<p class="p2">Lennan Bate: fait bien son job voilà parce que du coup tu as eu le loup il y a quelques</p>
<p class="p2">années là et</p>
<p class="p2">Odile Christine: oui la première attaque c'était juste trois jours après le confinement en</p>
<p class="p2">2020 et où j'ai eu une chèvre qui est morte et j'en avais une autre de blessée qu'on a</p>
<p class="p2">sauvé et puis du coup J'ai dû racheter un chien, donc j'avais un beauceron femelle et</p>
<p class="p2">j'ai racheté un beauceron mâle. Et puis ma beauceron femelle s'est fait tuer par un</p>
<p class="p2">sanglier l'année d'après. Donc j'ai acheté un chien de protection parce que mon</p>
<p class="p2">beauceron ne supportait pas d'avoir un autre beauceron pour surveiller le troupeau.</p>
<p class="p2">Donc l'alliance chien de protection et chien de conduite de troupeau, ça a mieux</p>
<p class="p2">fonctionné. Chacun son rôle, et Olympe fait très bien son rôle de chien de protection.Est-ce qu'on peut déménager un petit peu? Parce que je les vois manger les arbres.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ça tu ne veux pas?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ça abîme. Je trouve que c'est un peu idiot. Surtout qu'elles</p>
<p class="p2">commencent à s'ennuyer là. On va regarder les noms, parce qu'il y a des petits bisons.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je me souviens à l'époque que tu m'avais raconté l'attaque du loup, tu</p>
<p class="p2">me disais, oui, il y a cette chèvre qui est venue et qui est morte parce qu'elle a elle-</p>
<p class="p2">même attaqué le loup et d'ailleurs sa fille aussi.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est la fille qui est morte et la mère qui a eu une attaque, elle s'est</p>
<p class="p2">beaucoup défendue, donc il lui avait mordu la mâchoire et il l'avait mordu plus près du</p>
<p class="p2">sternum que du cou. Du coup, Du coup elle a survécu à l'attaque et donc on a dû la</p>
<p class="p2">mettre sous antibiotiques. Elle est restée trois jours sans manger et sans boire. Et</p>
<p class="p2">après, quand elle allait mieux, elle venait se mettre, quand je trayais les autres, ses</p>
<p class="p2">copines, elle venait se mettre à côté de moi, et elle me bêlait dans les oreilles, et</p>
<p class="p2">doucement, j'avais l'impression qu'elle me racontait son attaque. Et ça, c'était très</p>
<p class="p2">surprenant, vraiment, de la sentir comme ça, inquiète, Et puis raconter, c'était très</p>
<p class="p2">drôle. T'as vu, on va passer par là, parce que là, toutes les branches qu'ils</p>
<p class="p2">Lennan Bate: ont eues... Donc à ton avis, à quoi ça tient que cette mère et cette fille,</p>
<p class="p2">elles aient la... l'instinct, la génétique de se défendre, d'attaquer même le loup. Est-ce</p>
<p class="p2">que tu penses que si tout le troupeau avait été comme ça, il aurait pu se défendre?</p>
<p class="p2">Comment ça se fait que les autres ne se défendent pas et qu'elles fuient?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors, je crois que ça tient juste au caractère de la biquette. Parce queLisette qui s'est fait attaquer, elle a un fort caractère. Et les chiens, elle les a toujours</p>
<p class="p2">chassés. Mais dans sa famille, il y en a d'autres qui attaquaient les chiens comme ça.</p>
<p class="p2">Et peut-être que... Il y en a une qui se sacrifie, je ne sais pas, après tout. Moi je n'ai pas</p>
<p class="p2">d'expérience d'attaque de loup finalement. Elle est là, il disait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Est-ce qu'on pourrait penser à un troupeau où on sélectionne vraiment</p>
<p class="p2">sur ce trait de caractère pour que le troupeau se défende?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, peut-être. Mais peut-être aussi que les boucs interviennent. Et</p>
<p class="p2">comme moi, je n'ai plus de boucs, verser doucement. Peut-être, oui. Les boucs jouent</p>
<p class="p2">peut-être leur rôle de protection aussi parfois. Et c'est vrai qu'à l'époque, je n'avais plus</p>
<p class="p2">de boucs. Je n'avais que les bébés. Non, je n'avais pas de boucle parce que je gardais</p>
<p class="p2">juste un boucle de l'année et après je m'en séparais. Donc il n'y avait pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors depuis, comment tu gères le</p>
<p class="p2">Odile Christine: cadeau, qu'est-ce qui s'achève? On a sécurisé la bergerie. J'étais très</p>
<p class="p2">attentive au comportement des biquettes parce qu'il y a des endroits où il y avait quand</p>
<p class="p2">même beaucoup l'empreinte du loup et du coup elles ne mangeaient pas, elles avaient</p>
<p class="p2">très très peur, donc dans ces cas-là je les déménage. pour aller dans des endroits où</p>
<p class="p2">ils se sentent plus en sécurité. Et puis maintenant, elles font très, très confiance aux</p>
<p class="p2">chiens de protection. Et du coup, elles ne sont plus posées dans la forêt aussi. Parce</p>
<p class="p2">que quand Olympe aboie, ça les met en alerte. Et si je vois que la c****** reste au</p>
<p class="p2">milieu du troupeau et qu'elle aboie, c'est que je sais que la présence du loup n'est pas</p>
<p class="p2">très loin. Finalement, je rentre à la maison pour ne pas les mettre en danger. Et puis</p>
<p class="p2">même moi, parce que si elles me font tomber, parce que dans l'accolément, elles</p>
<p class="p2">peuvent carrément te mettre par terre. Tu sais, des mouvements de troupeau commeça, c'est bon pour se retrouver par terre. C'est vrai que dans ce cas-là, je rentre. Je ne</p>
<p class="p2">les laisse pas dehors. De toute façon, elles ne mangent plus. Ça les stresse tellement</p>
<p class="p2">qu'elles ne mangent plus, donc ça ne sert à rien de les laisser et de se mettre aussi en</p>
<p class="p2">danger. Ça ne sert à rien.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc comme autre perturbateur de la forêt, il y a le chasseur et son</p>
<p class="p2">chien. On a eu l'expérience là il y a quelques jours.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Chasseur et chien ça fait pas bon ménage avec les chèvres. C'est vrai</p>
<p class="p2">parce que les clochettes ça fait peur aux chèvres, les aboiements ça fait peur aux</p>
<p class="p2">chèvres. Et du coup c'est pareil, ils ne mangent plus, ça les stresse. Et voilà, on est</p>
<p class="p2">obligé de les déménager pour qu'elles retrouvent leur calme et qu'elles puissent</p>
<p class="p2">manger. Sinon, c'est une perte de temps aussi. Après, c'est dans la forêt qu'elles ne</p>
<p class="p2">mangent pas. C'est une perte de temps.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Parce que pour retrouver l'appétit et la tranquillité pour remanger, ça</p>
<p class="p2">prend quelques temps.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est vrai. C'est vrai, ça prend...</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors récemment on entendait que c'était pas facile de trouver des</p>
<p class="p2">gens pour garder les chèvres, qu'ils savaient pas faire, qu'ils se posaient, qu'ils les</p>
<p class="p2">laissaient huit heures au même endroit.</p>
<p class="p2">Odile Christine: En fait, oui c'est ça. C'est un vrai métier la garde du troupeau dans la</p>
<p class="p2">forêt. Parce qu'il faut les emmener des endroits où il y a à manger, surveiller qu'elles</p>
<p class="p2">mangent, parce que sinon ça n'a pas d'intérêt quoi. En fait c'est pas pour les balader,c'est pour qu'elles mangent. Parce que les végétaux, c'est très nourrissant pour elles.</p>
<p class="p2">Elles sont faites pour ça. Et c'est vrai que c'est un vrai métier. Il faut surveiller.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça tient à quoi d'être un bon berger ou un bon chevrier?</p>
<p class="p2">Odile Christine: À faire revenir les chèvres avec le ventre, s'il vous plaît.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et concrètement, comment on fait?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Il faut surveiller qu'elles mangent. Et les emmener dans des endroits où</p>
<p class="p2">il y a à manger pour elles. Tu vois, regarde, à peine elles avaient le nez en l'air, on les a</p>
<p class="p2">déménagées, elles ont toutes le nez par terre. Après, c'est l'habitude. C'est l'habitude</p>
<p class="p2">aussi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et comment tu as choisi cet endroit-là?</p>
<p class="p2">Odile Christine: parce que je sais qu'il y a du lierre par terre et puis il y a de la</p>
<p class="p2">broussaille là qu'elles aiment. Et voilà, puis ça fait longtemps que je les ai pas</p>
<p class="p2">emmenées par de ce côté. Donc voilà, je savais qu'elles pouvaient trouver quelque</p>
<p class="p2">chose. Sauf Lana qui mange les écorces de pain. Lana, oh! Tu peux répondre quand je</p>
<p class="p2">te parle. Tu vas manger autre chose que le pain? Non, tu veux pas en parler aujourd'hui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors toi qui as pu accompagner quelques autres éleveurs de chèvres,</p>
<p class="p2">qu'est-ce qui est la chose la plus importante que tu transmets et que tu aimerais que</p>
<p class="p2">les futurs chevriers sachent?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors de prendre soin de leurs troupeaux et de répondre aux besoinsde l'animal, je trouve que c'est très très important parce que Je trouve qu'on ne fait pas</p>
<p class="p2">assez attention à ce truc-là. On est dans la production, il faut toujours se dépêcher,</p>
<p class="p2">gagner de l'argent, rembourser les emprunts. Et on ne prend pas toujours soin de</p>
<p class="p2">l'animal et je trouve ça bien dommage. Et on ne respecte pas toujours leurs besoins</p>
<p class="p2">aussi. Parce que les buquettes, on dit qu'elles sont capricieuses, mais ce n'est pas vrai.</p>
<p class="p2">Elles savent juste ce dont elles ont besoin. Et des fois, si on les bouscule trop, ça ne</p>
<p class="p2">leur convient pas du tout. Mais ça, je pense que je vois dans le monde du cheval, il y a</p>
<p class="p2">des gens qui en prennent conscience de ce truc-là. Et j'espère que ça continuera parce</p>
<p class="p2">que c'est très important. L'animal, c'est un être vivant et il faut qu'on en prenne soin.</p>
<p class="p2">Puis je pense que si on prend soin de ces animaux, on prend soin de soi aussi. Je</p>
<p class="p2">pense que tout va avec. sais que tu es sur mon pied là et moi c'est ce que je pense</p>
<p class="p2">plus on prendra soin des êtres vivants plus on prendra soin de soi aussi on sera peut-</p>
<p class="p2">être plus attentif à nos besoins</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je me souviens qu'il y avait un de tes anciens stagiaires qui avait calculé</p>
<p class="p2">en gros ta capacité fromageable, la capacité fromageable de ton lait et il s'était rendu</p>
<p class="p2">compte que vraiment tu avais une super production, que ton lait il était super riche et</p>
<p class="p2">tout ça sans te donner de grains, etc. Et donc à quoi ça tient à ton avis cette qualité-là?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors c'est vrai que j'essaie de leur donner un fouine de qualité pour</p>
<p class="p2">qu'elles trouvent dans le fouine des variétés différentes pour que ça les nourrissent. Et</p>
<p class="p2">puis les chèvres quand tu les mets dans la forêt elles trouvent des graines. Il y a plein</p>
<p class="p2">de graines sur les arbres. que ce soit les glands, que ce soit les églantines, que ce</p>
<p class="p2">soit... même, elle mange le pistachier lentiste, elle mange les graines, mais il y en a</p>
<p class="p2">d'autres, elle mange les carottes sauvages, du coup, il y a des graines dedans, elle</p>
<p class="p2">mange les graines de plantain, et du coup, ça leur suffit, finalement, ça leur suffit. et tu</p>
<p class="p2">n'as pas besoin de racheter du maïs ou de... parce que c'est des coûts en fait, c'est descoûts supplémentaires et qui ne rapportent pas forcément, je ne suis pas sûre que</p>
<p class="p2">l'écart du coût, ça vaille le coût finalement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Thierry Samitier-Leclerc Oui, et puis là au niveau de la santé avec toute</p>
<p class="p2">la diversité végétale qu'elle mange, c'est extraordinaire.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Voilà, elles ont de l'herbe aussi à la maison. Bon, période où il pleut un</p>
<p class="p2">peu, l'été, évidemment, il n'y en a pas de l'herbe. Mais alors l'été, je leur donne un peu</p>
<p class="p2">plus de luzerne. Mais sinon, c'est vrai qu'elles mangent plusieurs graines. C'est</p>
<p class="p2">impressionnant. Dans le palure aussi, elles mangent les graines de palure. Et dans les</p>
<p class="p2">asperges sauvages, il y a des graines qu'elles mangent aussi. Mais c'est... C'est</p>
<p class="p2">vraiment... Même les graines de le salsepareille, ça fait des grosses grappes et elles se</p>
<p class="p2">régalent à les manger. Les arbouses, enfin... Oui, ça mange de tout. Oui, ça mange</p>
<p class="p2">beaucoup de choses, c'est vrai.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et puis là, ici, il y a une diversité qui est extraordinaire. Mais oui. Moi, je</p>
<p class="p2">pense que ça tient aussi, parce que ça, c'est une sensation qu'on a dans ton troupeau,</p>
<p class="p2">c'est la sérénité. à quel point elles sont calmes, elles sont posées.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Oui, c'est sûr que si toi t'es posée, elles sont posées. Les jours où je</p>
<p class="p2">suis énervée, ça ne se passe pas comme ça. Elles ne mangent pas ou elles se tapent</p>
<p class="p2">un peu plus dessus. Ça, c'est sûr. Elles ressentent beaucoup dans l'état où tu es, quoi.</p>
<p class="p2">Émotionnelle et... Et du coup, c'est vrai que moi, ça m'est arrivé de rentrer, des fois</p>
<p class="p2">d'arriver dans la bergerie pour les traires, où j'étais énervée, fatiguée, je leur faisais</p>
<p class="p2">mal, et le premier jet, si je ne me calmais pas, c'était un coup de pied dans le seau.</p>
<p class="p2">Donc, il fallait que je me calme, sinon ça n'allait pas le faire. Et une fois que tu t'es</p>
<p class="p2">posée, tu t'es dit, c'est bon, j'ai compris, on va se calmer, et bien tout se passe bien. Etje pense que tous les animaux ont cette sensibilité-là, sauf que des fois on ne s'en rend</p>
<p class="p2">pas compte parce qu'on est pris dans autre chose et du coup on ne fait pas attention.</p>
<p class="p2">On va un petit peu avancer parce qu'on commence à manger les arbres.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: À l'époque, il y avait quelque chose qui m'avait émerveillée, c'était</p>
<p class="p2">comme tu trayais les chèvres dans le champ, juste en mettant un petit foulard sur leur...</p>
<p class="p2">sur</p>
<p class="p2">Odile Christine: leur cou pour leur signifier qu'on allait les traire. Et c'est vrai qu'il y a</p>
<p class="p2">des chèvres qui se laissent beaucoup faire comme ça. En même temps, c'était bien de</p>
<p class="p2">ne pas les bouger. Elles mangeaient, je les trayais, puis après elles repartaient manger,</p>
<p class="p2">donc c'était pour leur souffler la peau.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Du coup, tu faisais les deux traites à la main pour les 30 et quelques.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Même jusqu'à 38. Puis après j'ai eu, je me suis dit que j'en avais marre</p>
<p class="p2">de passer beaucoup de temps à la traite donc j'ai mis, j'ai salé un cadeau de traite et</p>
<p class="p2">mis les machines à terre mais elles n'ont jamais voulu que je les traite à la machine.</p>
<p class="p2">Elles ont trop bougé, elles m'ont trop fait mal et du coup j'ai arrêté de les traire à la</p>
<p class="p2">machine. Elles n'étaient pas du tout conditionnées pour être traites à la machine. Voilà,</p>
<p class="p2">erreur de ma part.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De vouloir avoir une machine. Oui.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Elles me l'ont bien fait comprendre. C'était Lisette qui était attaquée par</p>
<p class="p2">le loup. Elle ne supportait pas la machine, mais elle m'a fait des trous dans les mains.</p>
<p class="p2">J'ai des cicatrices. Regarde. Je m'étais fait des mitrailles. Elle m'a arraché les traillonscomme ça. Et elle ne voulait absolument pas que je la traie à la machine, elle gigotait et</p>
<p class="p2">gigotait. Et quand je la faisais descendre du quai de traite, j'arrivais avec le seau et le</p>
<p class="p2">chiffon, elle ne bougeait pas, elle me regardait, elle ne bougeait pas. J'ai bien compris</p>
<p class="p2">que tu ne veux pas la machine. Elles m'ont joué des tours. Donc après j'ai abandonné.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu utilises le quai de traite?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Alors j'ai utilisé le quai de traite, il faudrait que je m'y remette un peu.</p>
<p class="p2">Mais bon des fois elles ne veulent pas toujours monter, ça les gonfle. C'est comme ça</p>
<p class="p2">qu'on apprend de nos erreurs, je n'aurais pas dû. C'est le caractère déliquette. Après,</p>
<p class="p2">quand on sait aussi les écouter, on comprend que ce n'est pas leur truc. Je les ai mises</p>
<p class="p2">sur le quai de tête très tard. Généralement, il faut les habituer à la machine quand elles</p>
<p class="p2">sont en première mise bas. Première allactation. Après, elles ne bougent pas. Loïs dit</p>
<p class="p2">toujours qu'il y a des chèvres qui préfèrent être prêtes à la main et d'autres prêtes à la</p>
<p class="p2">machine.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: D'accord.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Et puis lui il a l'expérience depuis longtemps.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ah lui il trait aussi à la main?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Non, à la machine.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ah oui, tout à la machine.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Il aimerait mais il en a trop. Il trouve que c'est plus sympa de traire à lamain.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ouais. Mais ça pour moi c'est vraiment le cœur de ma réflexion, c'est à</p>
<p class="p2">quel point est-ce qu'on peut être petit pour avoir une rentabilité et que dès qu'on investit</p>
<p class="p2">dans certains matériels, on est obligé de passer des caps avec plus d'animaux</p>
<p class="p2">Odile Christine: et ainsi de suite. Oui, c'est vrai. Après c'est un peu un cercle vicieux</p>
<p class="p2">parce que plus tu as des animaux, plus tu veux t'outiller pour que ce soit facile. et tu</p>
<p class="p2">rentres vraiment dans un cercle vicieux. Et puis après, je crois qu'en agriculture, il faut</p>
<p class="p2">vraiment faire les choses qu'on aime pour que ce soit plus facile. Sinon, si tu rentres</p>
<p class="p2">dans un cercle infernal, Après c'est compliqué de travailler, puis tu as aussi des pannes</p>
<p class="p2">avec le matériel, et je crois que tu rentres dans une spirale qui est un peu infernale.</p>
<p class="p2">Après ceci dit, c'est vrai que quand tu as des animaux, il faut un peu oublier les</p>
<p class="p2">vacances, il faut oublier les week-ends, c'est des choix, il faut juste s'assumer ses</p>
<p class="p2">choix. parce qu'on sait bien qu'on peut être réveillé la nuit, il y a des trucs qui ne se</p>
<p class="p2">passent pas bien, on a toujours des accidents, on ne peut pas confier non plus son</p>
<p class="p2">troupeau à n'importe qui, parce que c'est ton outil de travail et puis si tu laisses ton</p>
<p class="p2">troupeau et que tu reviens, il y a des soucis, que tu as une année, que tu enquilles sur</p>
<p class="p2">un année où tu n'as pas beaucoup de revenus, c'est compliqué quoi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est sûr. Du coup, tu penses que c'est encore possible aujourd'hui de</p>
<p class="p2">s'installer en chèvre sans avoir besoin de faire des gros investissements, que ce soit</p>
<p class="p2">pour la fromagerie?</p>
<p class="p2">Odile Christine: En fromagerie, quand même, tu es obligée d'avoir des frigos.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est énorme aujourd'hui.Odile Christine: Ouais, voilà, t'es dans l'installation de tout le bâtiment de fromagerie,</p>
<p class="p2">ça c'est sûr, c'est un investissement. Après, au niveau des biquettes, hormis si tu veux</p>
<p class="p2">une machine à traire, ça dépend du nombre de biquettes aussi, mais tu peux avoir des</p>
<p class="p2">machines qui ne sont pas si chères que ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est des charges après, d'électricité, d'eau...</p>
<p class="p2">Odile Christine: En fait il y a beaucoup de chevriers qui passent à une traite par jour</p>
<p class="p2">parce que la machine à traire consomme beaucoup d'électricité et ça devient cher.</p>
<p class="p2">Alors après moi, c'est vrai que j'ai eu la chance de ne pas avoir de problème de main</p>
<p class="p2">pour traire. J'ai toujours trait à la main depuis on va dire au moins 50 ans quoi. Et c'est</p>
<p class="p2">vrai que je n'ai pas de douleur, je n'ai pas de douleur de genou pour me mettre</p>
<p class="p2">accroupie et traire, je n'ai pas de mal aux mains, ça aide aussi quoi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Justement parce que moi j'ai entendu beaucoup des gens me dire, je</p>
<p class="p2">trayais à la main et puis je me suis fait une tendinite.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Du coup je peux plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais à quoi ça tient? Est-ce que tu penses que c'est aussi une posture</p>
<p class="p2">de travail, une tension? Ou est-ce que c'est juste pas de chance?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Je ne sais pas, peut-être que... C'est vrai que moi je me suis rendu</p>
<p class="p2">compte que j'étais plus à l'aise d'un côté de la biquette que de l'autre. Peut-être</p>
<p class="p2">qu'aussi des fois on ne fait pas g**** à comment on se positionne. Et puis, après je... Je</p>
<p class="p2">ne sais pas, moi je trouve qu'accroupi... Moi ça ne me dérange pas de rester accroupi</p>
<p class="p2">et de traire accroupi, je trouve que c'est une posture naturelle. déjà tu enlèves destensions dans le dos quand tu es accroupi. Après des fois on est fatigué par les</p>
<p class="p2">charges de travail puis du coup ça devient compliqué.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais c'est vite les cercles vicieux quoi, de fatigue, de tension.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Ouais, de tension et puis des fois, si dans la vente ça se passe pas</p>
<p class="p2">bien, ou t'as un problème de mammite que t'as pas vu, que tu loupes les fromages, des</p>
<p class="p2">fois ça tient à pas grand chose. Et puis l'agriculture c'est pas toujours, je sais pas, un</p>
<p class="p2">métier facile.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça c'est sûr.</p>
<p class="p2">Odile Christine: Voilà, t'es toujours, enfin pas avec l'élevage, mais après t'es tributaire</p>
<p class="p2">du temps, des gelées, trop chaud, du manque d'eau, il y a tellement de paramètres. Si</p>
<p class="p2">tu n'es pas issu un petit peu du monde agricole, où vraiment tu ne cherches pas</p>
<p class="p2">vraiment, après à un moment donné ça devient compliqué.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tu veux dire au niveau connaissance ou au niveau gestion?</p>
<p class="p2">Odile Christine: Gestion, parce que quand tu es né dans un milieu agricole, tu as été</p>
<p class="p2">confronté depuis l'enfance aux difficultés de récolte, de temps, alors que quand on</p>
<p class="p2">arrive dans l'agriculture et qu'on est grand, majeur et qu'on s'installe, des fois, il faut</p>
<p class="p2">faire face à tout ça. Il y a tout à apprendre et pour obtenir des crédits, c'est difficile de</p>
<p class="p2">faire fonctionner l'agriculture. Si ça marchait, si c'était tout carré, on le saurait. Ça</p>
<p class="p2">n'allait pas du tout.</p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[Partir garder les chèvres avec Odile Christine, c’est comme assister à une masterclass où chaque geste, même le plus subtil, devient un enseignement.
Odile ne parle ni de GMQ, ni de qualité fromagère, ni d’équilibrage en oligo-éléments. Sa compréhension de son système est d’une autre nature : plus complexe, plus instinctive, plus fine. Un savoir profondément intégré, vivant. Un jour, je m’étais amusé à analyser ses résultats techniques et à les comparer à ceux d’éleveurs du coin, parfois bien plus “techniques”. Ses performances — et surtout sa marge — étaient pourtant nettement supérieures.
Chez Odile, il n’y a pas de grandes théories ni de sur-explications. Tout est incarné. Tout se joue dans l’attention et la finesse. Deux ou trois chèvres lèvent la tête ? On déplace le troupeau. L’une commence à grignoter de l’écorce ? On change de parcelle.
Résultat : les chèvres consomment une quantité et une diversité impressionnantes de végétaux, sans que la forêt ne subisse le moindre dommage. Bien au contraire, la régénération est au rendez-vous et les risques d’incendie sont considérablement réduits.
Odile est pour moi une immense source d’inspiration. J’ai énormément appris à ses côtés. Cet épisode a donc une saveur toute particulière, et je suis très heureux de pouvoir partager avec vous un moment de garde, aux côtés d’Odile et de ses chèvres.
 
 
Liens : 
Jean Yves Ruelloux
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/un-chevrier-qui-fait-des-emules-9647200Transcription : 
 
33 - L'art du pastoralisme avec Odile Christine
 
Odile Christine: Coucou Lennan Bon, si je ne me casse la figure... Pour répondre à ta
question, les biquettes, depuis qu'elles ne font plus de bébés, elles sont beaucoup plus
belles, en meilleure santé, plus grasses, et moi je trouve que c'est nettement mieux
comme ça. Sauf si tu veux faire du renouvellement du cheptel, il faut les remettre au
bouc parce que là ça fait déjà cinq ans qu'elles n'ont pas eu de bébé et du coup ça fait
des animaux en meilleure santé quand même. Mais si on veut, Si on veut garder des
chèvres, des chevrettes pour le renouvellement, je pense que leur faire faire des bébés
tous les 2 ou 3 ans, c'est pas mal aussi.
Lennan Bate: Oui. Parce que du coup, tu es en lactation longue depuis 5 ans, c'est ça?
Odile Christine: Oui, je suis en lactation longue depuis 2021.
Lennan Bate: Oui. Et alors pourquoi est-ce que tu es passée en lactation longue?
Odile Christine: Alors au début je suis passée en lactation longue parce que je veux
prendre ma retraite et que je ne voulais pas avoir de chevrettes de renouvellement. Je
ne voulais plus qu'elles aient des bébés les chèvres parce que je ne voulais pas
sacrifier toutes les belles chevrettes qu'il pouvait y avoir. Et continuer avec mon
trompeau tranquillement et laisser mourir de vieillesse à la maison.
Lennan Bate: C'est fou, je viens dans le Var pour avoir de la neige. Ok, et alors
concrètement, comment ça se passe la lactation longue? Est-ce que tu as une baisse
de production de lait? Comment tu gères ça?Odile Christine: L'hiver, en fait, je me cale sur le changement d'heure. Quand on passe
à l'heure d'hiver, je passe à une traite par jour parce qu'elles ont commencé à diminuer,
et quand on remet une heure en plus, au mois de mars, je me remets à traire deux fois
par jour, parce que là la lactation elle repart vraiment très très bien. Alors c'est sûr
que... celles qui ont un petit peu moins de lait, qui sont moins bonnes laitières, elles ont
une lactation qui baisse un peu, mais les super laitières, la lactation, elle ne bouge pas
du tout. Et ça remonte au printemps comme si elles avaient fait les chevrons. Je trouve
ça super.
Lennan Bate: Et tu dirais que c'est en lien avec la race? Est-ce que tu penses que
toutes les races peuvent... Ah non, moi je pense
Odile Christine: que toutes les races. Parce qu'il y a un monsieur qui est en Bretagne
qui s'appelle Jean-Yves Riou.
Lennan Bate: Oui, je crois que c'est ça.
]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
        <itunes:explicit>false</itunes:explicit>
        <itunes:block>No</itunes:block>
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                <itunes:episode>35</itunes:episode>
        <itunes:episodeType>full</itunes:episodeType>
            </item>
    <item>
        <title>32 - Pourquoi cohabiter avec le castor avec Cécile Auberson</title>
        <itunes:title>32 - Pourquoi cohabiter avec le castor avec Cécile Auberson</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/32-pourquoi-cohabiter-avec-le-castor-avec-cecile-auberson/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/32-pourquoi-cohabiter-avec-le-castor-avec-cecile-auberson/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 11 Feb 2026 06:34:03 -0400</pubDate>
        <guid isPermaLink="false">renoueepodcast.podbean.com/67053cff-a2ee-32e8-ad3f-f3beb0005200</guid>
                                    <description><![CDATA[<p>LIENS : </p>
<p class="p1"><a href='https://emilyfairfaxscience.com/research/'>https://emilyfairfaxscience.com/research/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='http://conseil-castor.ch'>conseil-castor.ch</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Société française pour l'étude et la protection des mammifères</p>
<p class="p1"><a href='https://www.sfepm.org/le-castor-deurope.html'>https://www.sfepm.org/le-castor-deurope.html</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Office Français de la Biodiversité</p>
<p class="p1"><a href='https://ofb.gouv.fr/especes/castor-europe-castor-fiber'>https://ofb.gouv.fr/especes/castor-europe-castor-fiber</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Livre</p>
<p class="p1">Les milles vies du Castor</p>
<p class="p1"><a href='https://boutique.salamandre.org/les-mille-vies-du-castor.pdt-1461/'>https://boutique.salamandre.org/les-mille-vies-du-castor.pdt-1461/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p2">Dans les années 1960, Robert Paine et son équipe ont mis en lumière des principes écologiques fondateurs avec leur expérience sur les bassins à marée basse du litoral Nord américain. Une de leur trouvaille, c’était l’existence et l’importance d’espèces clé de voute. C’est à dire une espèce caractérisée par la qualité, le nombre et l'importance des liens qu'elle entretient avec son habitat et les autres espèces.</p>
<p class="p2">Et en entendant Cécile Auberson me parler du castor, impossible de ne pas sentir comme nos besoins, en tant que société et habitant de la terre, sont alignés avec l’impact du castor sur les écosystèmes. Pourtant nous entretenons avec le castor une longue histoire de chasse qui a mené a sa quasi disparition en Europe.</p>
<p class="p2">Le rôle de Cécile est de comprendre l’impact du castor, le quantifier et le prédire afin de permettre que son retour à travers nos paysages soit bien compris et bien accueilli. Parce que lui aussi peut, pour certaines communautés, être aussi clivant que l’ours ou le loup. 

Alors soyons curieux et découvrons les extraordinaires interrelations du vivant.


</p>
<p class="p2">Transcription : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">32 - Pourquoi cohabiter avec le castor avec Cécile</p>
<p class="p1">Auberson</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: on sécurise les surfaces pour la nature aménagées par le castor.</p>
<p class="p2">Parce que de nouveau, un castor, il est hyper adaptable et il n'a pas besoin de nous</p>
<p class="p2">pour sécuriser les surfaces. Lui, il a besoin juste d'eau, de nourriture, comme je l'ai dit,</p>
<p class="p2">et il s'installe où il veut, en fait. Après, c'est comment nous, est-ce qu'on arrive à réagir</p>
<p class="p2">à sa présence? Et comment est-ce que nous, on arrive à cohabiter avec lui?</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Alors, il</p>
<p class="p2">ne s'agit pas du loup ni de l'ours. Pourtant, le petit animal dont on va parler aujourd'hui</p>
<p class="p2">a pour certains une image assez controversée. Il s'agit du castor. Et donc toi, Cécile</p>
<p class="p2">Auberson, tu étudies ses impacts, ses comportements et tentes d'améliorer son</p>
<p class="p2">acceptation en considérant chacun des acteurs qui seront impactés par son retour sur</p>
<p class="p2">le territoire suisse où tu travailles. Pour commencer, est-ce que tu peux nous dresser</p>
<p class="p2">un historique de la relation humain-castor?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: C'est une relation qui n'a pas toujours été simple. Le castor a</p>
<p class="p2">quasiment été éradiqué au début du XXe siècle. En Suisse, déjà en 1820, on a tué le</p>
<p class="p2">dernier castor du territoire pour trois raisons. Pour la viande qui était consommée demanière régulière. Pour le castoreum, qui est une substance qu'il a utilisé pour marquer</p>
<p class="p2">son territoire et qui était très utilisée, très recherchée dans la pharmacopée. C'était une</p>
<p class="p2">substance qui était censée guérir tous les petits maux, tous les bobos.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Aussi dans la parfumerie, non?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: Oui, la parfumerie aussi, exactement. Et toujours aujourd'hui en fait,</p>
<p class="p2">mais aujourd'hui on utilise du castorium de synthèse, des composés de synthèse. Donc</p>
<p class="p2">on ne tue plus de castor aujourd'hui pour la parfumerie. Et puis on utilisait aussi sa</p>
<p class="p2">fourrure, énormément. Il a une fourrure, l'une des fourrures les plus denses du règne</p>
<p class="p2">animal. Comme il y a beaucoup d'animaux aquatiques, semi-aquatiques, on pense à la</p>
<p class="p2">loutre aussi, qui ont une fourrure extrêmement dense, forcément parce qu'ils en ont</p>
<p class="p2">besoin pour survivre dans l'eau l'hiver aussi. Et puis, du coup, il a des poils de bourre,</p>
<p class="p2">donc c'est le sous-poil qui est extrêmement chaud et qui feutre extrêmement bien. Et</p>
<p class="p2">puis, il était très recherché, du coup, par notamment les chapeliers qui faisaient des</p>
<p class="p2">chapeaux en poils de castor. Et au 16e, 17e siècle, les chapeaux en poils de castor</p>
<p class="p2">étaient vraiment hyper à la mode, ce qui a conduit à une quasi-éradication du castor</p>
<p class="p2">d'Europe dans un premier temps. Puis après la chasse, une fois que les stocks de</p>
<p class="p2">castor, en guillemets, en Europe étaient complètement vidés. Ils sont allés en Amérique</p>
<p class="p2">du Nord pour chercher l'espèce voisine, donc l'espèce nord-américaine. On a Castor</p>
<p class="p2">fiber en Europe, Castor canadensis en Amérique du Nord. Et puis ils ont commencé à</p>
<p class="p2">chasser là-bas aussi à grande échelle. Donc voilà pour le début un peu de la relation</p>
<p class="p2">qu'on a eue, on a vraiment complètement surexploité en fait cet animal. si bien qu'en</p>
<p class="p2">Europe, je dis Europe mais c'est l'Eurasie, c'est le castor, il s'appelle le castor d'Europe</p>
<p class="p2">mais il est répandu sur toute l'Eurasie en fait, originellement donc de l'Espagne, du</p>
<p class="p2">Portugal jusqu'à l'Est de la Russie en Chine et puis donc il y avait environ à l'époque on</p>
<p class="p2">estime 100 millions de castors d'Europe et puis on a laissé entre 1000 et 2000individus en vie au début du XXe siècle. Donc il a vraiment réchappé de peu à</p>
<p class="p2">l'extinction. Et c'est grâce à des naturalistes en Suisse assez motivés qui se sont</p>
<p class="p2">rendus compte qu'il manquait quelque chose, il manquait une force créatrice dans nos</p>
<p class="p2">rivières. C'est eux qui ont décidé de réintroduire le castor dans le pays. entre les</p>
<p class="p2">années 50 et 60.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Dans l'ensemble de l'Europe?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: Oui, en Suisse. Là, je parle vraiment de la Suisse, mais il y a eu des</p>
<p class="p2">initiatives similaires un peu partout en Europe. Après, les premières réintroductions ont</p>
<p class="p2">eu lieu déjà dans les années 30, en Finlande, par exemple. Mais là, il y avait plutôt une</p>
<p class="p2">idée de réintroduire le castor pour l'exploiter de nouveau comme fourrure pour la</p>
<p class="p2">viande. Il y avait moins cette idée de de rendre aux rivières un élément qui lui</p>
<p class="p2">manquait, un élément naturel, en fait. Et ça, c'est plutôt vraiment dans les années 50</p>
<p class="p2">que ça a commencé à se développer, cette pensée-là. Il y a différents autres pays qui</p>
<p class="p2">ont suivi. Par exemple, là, aujourd'hui, on est en 2025 en Angleterre et en Écosse. Ils</p>
<p class="p2">réintroduisent vraiment le castor à grande échelle, mais là, c'est encore un stade de</p>
<p class="p2">pensée plus loin. Maintenant, ils réintroduisent les castors là-bas, notamment pour leur</p>
<p class="p2">effet sur la rétention de l'eau, et donc dans une idée de protection contre les crus. En</p>
<p class="p2">Californie, c'est l'effet inverse. On va réintroduire le castor pour lutter contre les</p>
<p class="p2">incendies, contre les feux de forêt. Donc maintenant, aujourd'hui, on est vraiment passé</p>
<p class="p2">par une phase où d'abord on a réintroduit le castor en années 30 pour l'exploiter de</p>
<p class="p2">nouveau. Ensuite, années 50, on était un peu dans une idée de réparation, rendre à la</p>
<p class="p2">nature ce qui lui manque. Et puis aujourd'hui, progressivement, on passe dans une</p>
<p class="p2">phase maintenant où on va réintroduire le castor pour les services écosystémiques qu'il</p>
<p class="p2">peut nous rendre.Lennan Bate: Justement, toi tu parlais de son rôle pour la réhydratation du paysage, la</p>
<p class="p2">gestion des potentiels feux en Californie. C'est quoi le rôle du castor dans</p>
<p class="p2">l'écosystème? On parle souvent d'une espèce clé de voûte. Quel rôle il a? Quel impact</p>
<p class="p2">il a sur l'écosystème?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: On l'appelle clé de voûte, on l'appelle aussi des fois ingénieur de</p>
<p class="p2">l'écosystème parce qu'un castor, dans l'imaginaire collectif, il y a tout le monde qui a à</p>
<p class="p2">peu près cette idée, cette image du castor. il abat des arbres, il construit des barrages</p>
<p class="p2">et puis il inonde un peu des surfaces. Mais en fait, et c'est très précisément ce qu'il fait,</p>
<p class="p2">mais en faisant ça en fait il va modifier son environnement comme aucune autre</p>
<p class="p2">espèce parce que grâce à ses capacités là, notamment d'abattage des arbres,</p>
<p class="p2">typiquement si on pense à une forêt fermée où il y a un petit ruisseau qui coule au</p>
<p class="p2">milieu, Tout d'un coup on a un castor qui arrive, il commence à abattre des arbres, puis</p>
<p class="p2">on se retrouve avec tout d'un coup une petite clairière à un endroit où il n'y avait pas du</p>
<p class="p2">tout cet habitat-là. Donc le castor est vraiment capable de créer de multiples petits</p>
<p class="p2">habitats où avant il y avait quelque chose de très uniforme peut-être. Et puis c'est pour</p>
<p class="p2">ça aussi qu'on l'appelle clé de voûte, c'est parce que grâce à toutes ces actions qu'il va</p>
<p class="p2">avoir sur l'écosystème, il va permettre aussi le développement de très nombreux autres</p>
<p class="p2">espèces. Et puis on peut penser à l'activité d'abattage d'arbres, qui permettent d'ouvrir</p>
<p class="p2">des clairières. On peut penser à la construction de barrages qui vont créer des surfaces</p>
<p class="p2">d'eau stagnantes, là où on avait une rivière qui était courante, avec des zones d'eau</p>
<p class="p2">plus profondes, moins profondes. Tout ça, c'est une petite niche différenciée qui permet</p>
<p class="p2">à d'autres espèces de se développer. Il y a aussi l'activité de creusement, Donc il va</p>
<p class="p2">creuser dans la berge que ce soit pour installer un terrier, que ce soit pour créer des</p>
<p class="p2">petites niches où il peut se réfugier en cas de danger ou carrément des canaux. Les</p>
<p class="p2">castors sont vraiment capables de créer des véritables canaux pour accéder à une</p>
<p class="p2">ressource plus éloignée de la rivière. Il y a aussi tout le bois mort qui va amener dansle cours d'eau par la construction par exemple de réserves hivernales Je ne sais pas</p>
<p class="p2">quand le podcast va être publié, mais là, aujourd'hui, on est le 24 novembre. Et puis là,</p>
<p class="p2">on est vraiment dans une phase où les castors sont prêts pour l'hiver. Ils ont créé des</p>
<p class="p2">énormes réserves de nourriture pour pouvoir passer l'hiver en toute tranquillité. Et pour</p>
<p class="p2">faire ça, ils ont fait tout bêtement amener des branches, des brindilles dans l'eau. à</p>
<p class="p2">l'entrée de leur terrier ou leur hutte, pour pouvoir simplement avoir besoin de sortir de</p>
<p class="p2">la hutte ou du terrier, aller chercher une branche, rentrer au chaud, au sec, et puis ils</p>
<p class="p2">passent l'hiver comme ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Parce que donc, qu'est-ce qu'ils mangent, les castors?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: Alors, de base, c'est des animaux qui sont 100% végétariens. Il y a</p>
<p class="p2">eu une époque où on pensait qu'ils mangeaient du poisson. C'était aussi une des</p>
<p class="p2">raisons pour lesquelles on les a chassés, c'est qu'on pensait que c'était un compétiteur</p>
<p class="p2">qui allait piller les stocks de poissons, mais en fait pas du tout, c'est vraiment que du</p>
<p class="p2">végétal. Pendant toute la belle saison, printemps, été, automne, où il y a encore du</p>
<p class="p2">vert, enfin d'or, où il y a de l'herbe, où il y a des feuilles, il va plutôt se diriger là-dessus,</p>
<p class="p2">sur en gros tout ce qui est vert. Et puis l'hiver, il est obligé de switcher son alimentation,</p>
<p class="p2">parce qu'il n'y a plus justement de jeunes pousses, qui sont à disposition, donc il va</p>
<p class="p2">aller plutôt sur des écorces. Il va se concentrer sur l'alimentation vraiment ligneuse.</p>
<p class="p2">C'est pour ça aussi qu'il va abattre des arbres. C'est parce que pour avoir accès à cette</p>
<p class="p2">ressource-là, il est obligé, il ne grimpe pas aux arbres, donc il est obligé d'abattre</p>
<p class="p2">l'arbre pour avoir accès aux petites branches qui sont au sommet dans la couronne.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est pour ça qu'il construit des rétentions, des digues, uniquement pour</p>
<p class="p2">avoir accès à ces branches du haut.Cécile Auberson: Non, alors on va séparer bien deux choses. D'une part il y a les</p>
<p class="p2">barrages, de l'autre il y a l'activité d'abattage d'arbres. L'activité d'abattage d'arbres, elle</p>
<p class="p2">est vraiment d'une part utilisée pour accéder à la ressource alimentaire, pour accéder à</p>
<p class="p2">l'écorce, pour pouvoir ensuite faire un stock pour l'hiver, et il utilise ça comme boîte</p>
<p class="p2">construction pour construire son barrage. Mais le barrage n'a aucune fonction dans</p>
<p class="p2">l'obtention directe d'alimentation. C'est vraiment quelque chose qui va être créé pour se</p>
<p class="p2">protéger des prédateurs. Le castor vit dans des huttes ou des terriers, ou la forme</p>
<p class="p2">intermédiaire, le terrier-hutte. On en reparlera peut-être après en définissant les trois</p>
<p class="p2">types. l'entrée de son habitation doit toujours se trouver sous l'eau. C'est hyper</p>
<p class="p2">important parce que le castor, il a des prédateurs naturels, que ce soit l'ours, le loup, le</p>
<p class="p2">lynx. Quand on pense au castor, pas forcément adulte, au plus petit castor, il y a aussi</p>
<p class="p2">le renard qui entre en compte. Il y a aussi le hibou grand-duc, par exemple. Et pour se</p>
<p class="p2">protéger de ces prédateurs-là, il va vouloir toujours conserver l'entrée de son habitation</p>
<p class="p2">sous l'eau. C'est hyper important pour lui. C'est pour ça qu'il va construire des barrages.</p>
<p class="p2">C'est pour réhausser le niveau de l'eau et maintenir l'entrée de la hutte sous l'eau.</p>
<p class="p2">C'est vraiment le point principal. S'il habite dans une rivière qui a une profondeur</p>
<p class="p2">suffisante, on dit que la hauteur moyenne dont il a besoin, c'est 50-60 cm de</p>
<p class="p2">profondeur d'eau. Si la rivière est assez profonde, il ne va pas commencer à construire</p>
<p class="p2">de barrages. parce qu'il ne va pas s'imposer du travail non nécessaire pour sa survie.</p>
<p class="p2">Quand il est dans des cas où les rivières sont moins profondes, il va construire son</p>
<p class="p2">barrage et réhausser ainsi le niveau de l'eau. Pour construire le barrage, il utilise des</p>
<p class="p2">branches C'est aussi pour ça qu'il doit abattre des arbres, pas seulement pour la</p>
<p class="p2">nourriture, mais aussi pour obtenir des branches qu'il va mettre dans son barrage. Il</p>
<p class="p2">utilise aussi de la boue pour colmater les interstices entre les branches. Ça arrive aussi</p>
<p class="p2">qu'il utilise carrément des pierres pour lester le barrage, lester le tout. Dans certaines</p>
<p class="p2">régions méditerranéennes, notamment en France, au sud, là où il y a peu de</p>
<p class="p2">végétation, il va carrément construire des barrages uniquement faits de pierres. Mais laforme typique, c'est vraiment plutôt le barrage en branche. Et puis, donc le barrage, il</p>
<p class="p2">va aussi lui permettre ce réhaussement du niveau de l'eau. Il va aussi lui permettre de</p>
<p class="p2">pouvoir plonger plus facilement, de pouvoir nager plus facilement, de pouvoir</p>
<p class="p2">transporter du matériel plus facilement. Ça, c'est aussi ce qu'il cherche, en fait, de</p>
<p class="p2">pouvoir vraiment pouvoir facilement se déplacer dans l'eau. Et puis, troisième raison,</p>
<p class="p2">c'est aussi tout bêtement pour étendre son habitat. ça lui permet d'avoir accès plus</p>
<p class="p2">facilement à plus de surface, en fait, s'il peut nager. Parce que voilà, sur la terre ferme,</p>
<p class="p2">un castor, il n'est pas hyper habile. Il a des pattes arrières qui sont quand même assez</p>
<p class="p2">grandes, il a des petites pattes avant. Et puis, c'est vraiment dans l'eau qu'il est à l'aise.</p>
<p class="p2">Donc, plus il a un barrage élevé qui inonde une grande surface, plus c'est facile pour</p>
<p class="p2">lui, en fait. Et puis, ça lui permet aussi d'atteindre des ressources alimentaires qui sont</p>
<p class="p2">peut-être plus éloignées de la rive. en nageant, ce qui le protège des prédateurs, parce</p>
<p class="p2">que de nouveau, il est plus à l'aise dans l'eau. L'eau, ça lui permet de plonger. Si tout</p>
<p class="p2">d'un coup, il y a un prédateur qui arrive, il peut plonger rapidement, se mettre en</p>
<p class="p2">sécurité sous la surface. Et puis, le fait d'inonder des grandes surfaces, ça lui permet</p>
<p class="p2">peut-être d'atteindre ce peuplier qui est très alléchant, mais qui est à 200 mètres de la</p>
<p class="p2">rive, en se mettant lui-même moins en danger. Et puis ça, c'est aussi une chose que</p>
<p class="p2">les gens croient assez régulièrement, c'est une croyance qui revient régulièrement,</p>
<p class="p2">c'est que les barrages servent d'habitation. En fait, ce n'est pas du tout le cas. Le</p>
<p class="p2">barrage sert uniquement à rehausser le niveau de l'eau et l'habitation, c'est vraiment la</p>
<p class="p2">hutte ou le terrier qui est en amont du barrage principal.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Moi, je ne peux pas m'empêcher de mettre en lien l'humain moderne qui</p>
<p class="p2">imperméabilise tellement de terrain. et le castor qui réhydrate et qui inonde tellement</p>
<p class="p2">d'autres terrains. Donc on voit ici qu'il peut y avoir un sujet de tension entre ces deux</p>
<p class="p2">espèces, un qui réhydrate, qui réinonde, et nous qui drainons beaucoup de champs et</p>
<p class="p2">qui imperméabilisons beaucoup d'espaces avec nos routes notamment. Comment est-ce qu'on fait pour gérer un petit peu de cette cohabitation entre deux espèces qui</p>
<p class="p2">semblent si opposées en tout cas dans leurs résultantes?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: C'est clair que ce n'est pas forcément facile et vu qu'on a quasiment</p>
<p class="p2">totalement éradiquer le castor, on a vraiment perdu... En fait, quand les castors ont</p>
<p class="p2">commencé à revenir, c'était quand même un peu un choc, parce qu'on avait</p>
<p class="p2">complètement oublié ce qu'ils faisaient. On avait oublié cet effet qu'ils pouvaient avoir</p>
<p class="p2">sur le territoire. À l'origine, on se disait que les castors n'allaient pas vraiment se</p>
<p class="p2">répandre, parce qu'ils allaient être limités aux zones encore relativement naturelles,</p>
<p class="p2">aux rivières relativement sauvages. qui ont encore une espèce de plaine alluviale. Et ce</p>
<p class="p2">type d'habitat, effectivement, comme tu le dis, il n'existe quasiment plus parce que les</p>
<p class="p2">paysages ont été drainés, les rivières ont été corrigées, endiguées. Et puis, le fait que</p>
<p class="p2">le castor revienne et qu'il ne se contente pas seulement de ses habitats naturels, mais</p>
<p class="p2">qu'il commence à progressivement s'installer dans tout type de cours d'eau. Aussi, petit</p>
<p class="p2">cours d'eau très agricole, justement comme tu dis, fossé de drainage, un castor peut</p>
<p class="p2">s'installer là-dedans parce qu'en fait, tout ce dont il a besoin, c'est un peu d'eau, de la</p>
<p class="p2">nourriture. S'il n'y a pas assez d'eau pour lui, comme je l'ai dit, il construit des barrages,</p>
<p class="p2">ça augmente le niveau de l'eau, tout d'un coup ça fait un habitat idéal pour un castor. Il</p>
<p class="p2">a vraiment très peu de besoins et puis quand il n'a pas exactement ce qu'il lui faut, il est</p>
<p class="p2">capable d'adapter son environnement pour y habiter. Et puis en faisant ça,</p>
<p class="p2">effectivement, il va commencer à réhydrater le paysage, à remettre de l'eau un peu</p>
<p class="p2">partout. Et puis c'est quelque chose qu'on doit même gérer. notamment en Suisse où</p>
<p class="p2">on a un espace qui est somme toute très restreint. Il y a beaucoup de gens en Suisse</p>
<p class="p2">sur une petite surface. Je rappelle en Suisse, donc on a vraiment le Jura, le plateau, les</p>
<p class="p2">Alpes et il y a le plateau qui est très peuplé. En fait, 60% du pays, c'est des Alpes où il</p>
<p class="p2">y a assez peu de monde. C'est des montagnes très raides et c'est pas non plus là-bas</p>
<p class="p2">que vont venir les castors. Donc en fait, les castors se concentrent aussi sur le plateaucomme la population. Et du coup, on se retrouve avec des mètres carrés qui vont</p>
<p class="p2">avoir... où il y aura beaucoup d'intérêts différents, que ce soit l'agriculture, que ce soit,</p>
<p class="p2">comme tu le dis, les routes, l'infrastructure de déplacement, que ce soit tout bêtement</p>
<p class="p2">l'habitation, que ce soit... Enfin voilà, il y a une petite zone sur laquelle on a plein de</p>
<p class="p2">choses à faire. Et déjà, comme ça, c'est compliqué, sans la présence du castor pour</p>
<p class="p2">que tout le monde soit content. Puis là, il y a le castor qui arrive tout d'un coup et puis il</p>
<p class="p2">commence à mettre des surfaces sous l'eau. Et effectivement, c'est quelque chose qu'il</p>
<p class="p2">faut absolument gérer, parce qu'on peut... Alors moi, c'est clair que, idéalement,</p>
<p class="p2">j'aimerais bien revoir un paysage complètement sauvage, complètement naturel,</p>
<p class="p2">aménagé par le castor, des marées partout, la biodiversité qui explose et tout ça. Ce</p>
<p class="p2">serait super, mais il faut être réaliste, et puis il faut bien comprendre que c'est</p>
<p class="p2">impossible de retourner à un état comme ça en Suisse, parce qu'il y a trop d'enjeux</p>
<p class="p2">actuellement, il y a trop de monde qui doit cohabiter sur une petite surface. Donc pour</p>
<p class="p2">faire ça maintenant il faut prendre en compte un peu tous ces aspects et puis on</p>
<p class="p2">essaye maintenant aujourd'hui en Suisse de faire en sorte que le castor puisse</p>
<p class="p2">aménager certaines surfaces et puis puisse faire profiter la biodiversité puis à d'autres</p>
<p class="p2">endroits où en fait c'est pas possible. Il faut aussi savoir le reconnaître. Et puis à ces</p>
<p class="p2">endroits-là, les barrages sont démontés. Donc ça se présente comme ça qu'en Suisse,</p>
<p class="p2">il y a vraiment une gestion du castor, une gestion de l'espèce qui a été mise en place</p>
<p class="p2">au niveau du pays avec un service conseil castor national qui appartient à l'Office</p>
<p class="p2">fédéral de l'environnement pour lequel moi je travaille. On est deux à travailler pour ça</p>
<p class="p2">avec mon collègue Christophe Angst. Et puis nous, notre tâche, c'est un peu de</p>
<p class="p2">conseiller les cantons, la confédération, sur la gestion du castor. Puis après, chaque</p>
<p class="p2">canton a une ou plusieurs personnes qui sont ensuite responsables de la gestion sur le</p>
<p class="p2">terrain, que ce soit des mandataires externes ou bien alors des garde-faunes qui sont</p>
<p class="p2">engagés par le canton, qui vont être les premières personnes qui vont répondre</p>
<p class="p2">lorsqu'il y a des situations de conflit avec le castor, typiquement s'il y a un castor quiinonde une zone agricole. Et puis là, dans ces cas-là, ça dépend. C'est la beauté de la</p>
<p class="p2">Suisse, le fédéralisme. Et chaque canton a un peu sa manière, sa petite cuisine, sa</p>
<p class="p2">façon de faire. Mais en gros, l'idée, c'est un peu d'essayer quand même de faire en</p>
<p class="p2">sorte que l'agriculteur ou l'agricultrice et le castor puissent cohabiter. C'est vraiment</p>
<p class="p2">l'objectif. Et puis aujourd'hui, en Suisse, on n'a pas encore d'outils qui vont fonctionner</p>
<p class="p2">à grande échelle. type surface de promotion de la biodiversité, on a cet outil-là qui</p>
<p class="p2">existe pour mettre en place par exemple des prairies extensives, pour mettre en place</p>
<p class="p2">des surfaces alitières, pour mettre en place des haies, et ça c'est un outil uniforme qui</p>
<p class="p2">permet de subventionner l'agriculture pour mettre en place des mesures de promotion</p>
<p class="p2">de la nature de la biodiversité. Pour le castor, pour les surfaces inondées par le castor,</p>
<p class="p2">on n'a pas encore cet outil-là qui existe, Donc, pour l'instant, ça dépend un peu des</p>
<p class="p2">cantons. Il y en a certains qui vont utiliser cet outil, la surface de promotion de la</p>
<p class="p2">biodiversité, en enregistrant une surface comme, typiquement, surface salitière. Et puis,</p>
<p class="p2">ça permet de donner un peu d'argent à l'agriculteur, l'agricultrice qui est touchée par le</p>
<p class="p2">castor. En contrepartie de quoi, la personne qui est touchée, elle va laisser le castor</p>
<p class="p2">inonder une partie de son champ. On a aussi la possibilité de mettre en place des</p>
<p class="p2">contrats en vertu de la loi sur la protection de la nature, où là ça va être des contrats</p>
<p class="p2">très individualisés. qui permettent d'indemniser aussi la même chose. Ils indemnisent la</p>
<p class="p2">surface et la production qui est perdue à cause de l'inondation par le castor. Et ça, c'est</p>
<p class="p2">aussi un outil qui est mis en place dans certains cantons, mais pas de manière</p>
<p class="p2">uniforme.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Effectivement, c'est un enjeu clé de réussir à indemniser les individus qui</p>
<p class="p2">perdent des surfaces de subsistance économique. Et là, moi, je ne peux pas</p>
<p class="p2">m'empêcher de voir que malgré ces conflits d'espace, on a aussi des enjeux partagés,</p>
<p class="p2">notamment, comme ce que tu disais tout à l'heure, la réhydratation des espaces et puis</p>
<p class="p2">la gestion des crues. Alors, est-ce que tu as des exemples concrets sur l'impact decette réhydratation? En fait, aussi, à quoi ça sert des zones humides comme ça?</p>
<p class="p2">Qu'est-ce qui se passe dans l'écosystème? Est-ce que ça augmente la biodiversité?</p>
<p class="p2">Est-ce que ça réhydrate l'espace? Je sais qu'on en parlait aussi sur la gestion des</p>
<p class="p2">crues et pour protéger des villes. Donc qu'est-ce qu'on a concrètement comme prise de</p>
<p class="p2">conscience sur le travail que fait Le Castor, qu'en fait nous aussi on chercherait à faire?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: En Suisse, on a réalisé un projet de recherche nationale sur la</p>
<p class="p2">fonctionnalité des barrages de castors dans le paysage entre 2020 et 2023, et puis on</p>
<p class="p2">a étudié différentes choses. On a étudié l'effet justement de ces barrages de castors et</p>
<p class="p2">des étangs de castors, on appelle ça la zone de retenue d'eau, on appelle ça des</p>
<p class="p2">étangs de castors. Quel était l'effet de ces étangs sur la biodiversité? On a étudié aussi</p>
<p class="p2">quel était l'effet de ces étangs sur la migration piscicole, parce que c'est une des</p>
<p class="p2">grandes craintes qui revient toujours des pêcheurs, du milieu de la pêche, que la</p>
<p class="p2">présence de barrages s'ajoute encore comme problématique. En Suisse, on a plus de</p>
<p class="p2">100 000 seuils artificiels qui empêchent la migration piscicole, donc on a peur que ce</p>
<p class="p2">soit une menace de plus. Ces seuils artificiels, c'est vraiment des ouvrages en béton</p>
<p class="p2">qui vont être installés dans le cours de la rivière et qui empêche les poissons de</p>
<p class="p2">remonter la rivière. Les poissons, pas toutes les espèces, mais certaines espèces sont</p>
<p class="p2">ce qu'on appelle migratrices, donc elles ont besoin de bouger entre l'amont et l'aval de</p>
<p class="p2">la rivière pour aller, pour effectuer leur cycle de vie. Donc pour un certain période de</p>
<p class="p2">l'année, elles vont remonter la rivière pour aller pondre, ensuite elles redescendent, etc.</p>
<p class="p2">Et ces seuils en béton qui sont trop hauts, ne leur permettent pas d'effectuer leur</p>
<p class="p2">migration comme il faut et d'effectuer leur cycle de vie. Parce que, tout bêtement, c'est</p>
<p class="p2">une barrière infranchissable pour un poisson. Il faut imaginer si on a un petit poisson de</p>
<p class="p2">15 cm de long, 20 cm de long, tout d'un coup on a un obstacle de 50 cm de haut, la</p>
<p class="p2">truite ne va pas forcément réussir à sauter par-dessus cet obstacle-là. C'est vraiment</p>
<p class="p2">un des gros problèmes qu'on a en Suisse. On a des seuils sur toutes nos rivières,quasiment partout, qui ont été installés. pour notamment la protection contre les crues,</p>
<p class="p2">etc. Donc ça, c'est vraiment un gros souci pour la migration piscicole. Et on a peur,</p>
<p class="p2">justement, le milieu de la pêche a peur que les barrages de Castor, qui s'apparentent</p>
<p class="p2">un petit peu à ces ouvrages embêtants, parce que c'est tout d'un coup une structure</p>
<p class="p2">qui est là, pendiculairement dans le coton-cour-d'eau, ils ont peur que ça fasse aussi</p>
<p class="p2">office de barrière infranchissable pour la faune piscicole. Les barrages de Castor ont</p>
<p class="p2">aussi un effet sur l'épuration des eaux, sur la qualité des eaux et sur le stockage du</p>
<p class="p2">carbone. On a étudié tous ces aspects. Pour la biodiversité, ce qu'on a trouvé, c'est que</p>
<p class="p2">la présence de barrages de Castor On a étudié différents groupes, on a étudié les</p>
<p class="p2">amphibiens, on a étudié justement les poissons, les écrevisses, le macrozoobintos, ça</p>
<p class="p2">c'est les invertébrés aquatiques, les macrophytes, ça c'est les plantes aquatiques, et</p>
<p class="p2">puis les libellules. Et sur ces groupes-là, on a trouvé qu'en moyenne, Quand il y a un</p>
<p class="p2">barrage de castors par rapport à une zone contrôle qui est rigoureusement identique, la</p>
<p class="p2">seule différence c'est qu'il n'y a pas de castors, on a 2,6 fois plus d'espèces et 5,9 fois</p>
<p class="p2">plus d'individus, donc d'abondance. C'est juste la présence d'un barrage de castors qui</p>
<p class="p2">permet d'observer ça. Donc il y a vraiment tout d'un coup une explosion de la</p>
<p class="p2">biodiversité. On sait aujourd'hui qu'on a vraiment un gros problème de biodiversité,</p>
<p class="p2">avec les espèces qui disparaissent les unes après les autres. Et puis on a aussi un</p>
<p class="p2">problème de biomasse, où il y a de moins en moins d'individus. Vous avez déjà</p>
<p class="p2">certainement entendu parler de la disparition des insectes, avec moins de 70% de</p>
<p class="p2">biomasse d'insectes en quelques années. quelques décennies. Là le castor tout d'un</p>
<p class="p2">coup on voit qu'il ramène de la diversité et il ramène de la biomasse et ça c'est aussi</p>
<p class="p2">hyper important. Quand on considère, ça c'était une étude qui a été faite sur 16</p>
<p class="p2">territoires de castor, mais pendant, sur deux ans, sur Entre ces deux années, il y a</p>
<p class="p2">certains territoires qui ont perdu leurs barrages parce qu'il y a eu des crues, les</p>
<p class="p2">barrages ont été détruits, tout d'un coup il n'y avait plus de barrages sur le territoire. Si</p>
<p class="p2">on enlève ces territoires qui ont perdu leurs barrages en cours de route, qu'on gardeuniquement les 11 territoires qui ont gardé leurs barrages pendant toute la durée</p>
<p class="p2">d'étude, on voit qu'il y a trois fois plus d'espèces et 14 fois plus de biomasse. Donc on</p>
<p class="p2">voit vraiment que ces territoires, ces barrages de castors, ils ont un gros effet sur la</p>
<p class="p2">biomasse. Puis si on considère juste quatre territoires qui avaient les mêmes</p>
<p class="p2">caractéristiques, qui étaient forestiers, et qui, de base, la rivière qui était considérée de</p>
<p class="p2">base, elle était très incisée, très peu naturelle, puis sur laquelle le barrage de Castor</p>
<p class="p2">permettait de faire une reconnexion entre la rivière et la plaine alluviale, donc avec les</p>
<p class="p2">terrains adjacents, il y avait vraiment l'eau qui pouvait aller sur la surface, inonder la</p>
<p class="p2">surface, parce qu'on était en forêt et qu'il y avait moins d'enjeux typiquement qu'en</p>
<p class="p2">zone agricole. Là, on passe à 6 fois plus d'espèces et puis 62 fois plus d'individus.</p>
<p class="p2">Donc c'est vraiment une explosion de la vie qu'on peut observer sur ces territoires de</p>
<p class="p2">castors. Puis si on va se promener à des endroits où les castors sont présents, on</p>
<p class="p2">observe ça assez rapidement en fait, de voir que tout d'un coup, printemps, il y a des</p>
<p class="p2">libellules partout, il y a des nuées de libellules, c'est hyper beau. Il y a plein de canards</p>
<p class="p2">qui viennent pour profiter de l'étang, il y a des hérons qui sont là parce qu'il y a</p>
<p class="p2">tellement de poissons, il y a beaucoup plus de poissons dans un étang de castors, du</p>
<p class="p2">coup il y a aussi espèces prédatrices de poissons, typiquement les hérons, qui</p>
<p class="p2">génifient pour chasser et profiter de cette manne inattendue. Il y a aussi le retour de la</p>
<p class="p2">loutre. Je crois qu'en France, la loutre n'est pas si rare que ça, sauf erreur, je ne suis</p>
<p class="p2">pas sûre de m'y dire. En tout cas, elle est moins rare qu'en Suisse. En Suisse, on a très</p>
<p class="p2">peu de loutres. On s'attend quand même à voir que les loutres peuvent profiter des</p>
<p class="p2">territoires de castors parce que justement il y a plus de poissons. On a aussi vu que les</p>
<p class="p2">poissons devenaient plus gros, plus lourds dans les étangs de castors. Ils peuvent</p>
<p class="p2">mieux se développer en fait et ça c'est parce qu'il y a tout ce bois mort notamment qui</p>
<p class="p2">est amené par le castor qui permet de restaurer une chaîne alimentaire. Parce qu'on a</p>
<p class="p2">du bois mort qui va servir, typiquement si on prend les poissons, Il va leur servir de</p>
<p class="p2">garde-manger le bois mort parce qu'on aura plus d'insectes aquatiques qui vont seretrouver dans le bois mort. Les jeunes poissons vont y trouver des cachettes pour se</p>
<p class="p2">réfugier s'il y a des prédateurs. Et puis, ils vont aussi trouver un espace, un matériau</p>
<p class="p2">qui va leur permettre de survivre, de grandir et de devenir de plus en plus lourds,</p>
<p class="p2">comme je l'ai dit, dans les étangs de castor. Ça c'est vraiment une chose qu'on a</p>
<p class="p2">prouvée, qui est hyper importante de considérer cette explosion de la biodiversité dans</p>
<p class="p2">les territoires de castors. Il n'y a pas que les poissons qui profitent de ces territoires de</p>
<p class="p2">castors, il y a aussi les oiseaux insectivores qui vont pouvoir profiter de toute la</p>
<p class="p2">production d'insectes aquatiques qui sortent des étangs de castors, qui vont pouvoir se</p>
<p class="p2">nourrir. Si on pense au martin pêcheur, les castors vont Parfois, à certains endroits, par</p>
<p class="p2">exemple, créer des régions de berges où là, le martin-pêcheur va pouvoir aller nicher.</p>
<p class="p2">On retrouve aussi dans ces territoires des arbres. qui vont être, pas forcément abattus</p>
<p class="p2">par le castor, mais qui vont par exemple être affaiblis à cause de l'inondation de l'eau,</p>
<p class="p2">qui vont finir par verser. Puis on a ce qu'on appelle une assiette racinaire, c'est quand</p>
<p class="p2">l'arbre qui verse et puis il y a toutes les racines avec la terre qui restent entremêlées</p>
<p class="p2">entre les racines, qui va se retrouver à la verticale. Et puis dans ces assiets tracinaires,</p>
<p class="p2">ça fait de nouveau un super habitat pour le martin-pêcheur, pour nicher. Il y a aussi les</p>
<p class="p2">chauves-souris qui vont profiter de tout ça, parce qu'elles sont insectivores. Il y a</p>
<p class="p2">d'ailleurs une étude qui vient d'être publiée par le VSL et l'EAVAG qui montre qu'il y a</p>
<p class="p2">plus d'activités alimentaires des chauves-souris sur les territoires de castors. Donc</p>
<p class="p2">elles vont juste plus se nourrir, ce qui est bénéfique pour elles forcément. Donc il y a</p>
<p class="p2">vraiment, grâce aux castors, une dynamique qui se remet en place et puis une chaîne</p>
<p class="p2">alimentaire qui se reconstruit et qui permet de soutenir un grand nombre d'individus et</p>
<p class="p2">d'espèces différentes. Je vous ai parlé aussi de notre étude sur la migration psychicole</p>
<p class="p2">et puis des craintes du milieu de la pêche par rapport à l'interruption de la migration</p>
<p class="p2">psychicole à cause des barrages de castors. On a étudié trois différents types de cours</p>
<p class="p2">d'eau et de barrages de castors. Un type de barrage qui est très peu naturel, qui est</p>
<p class="p2">incisé, ça veut dire que le cours d'eau s'est enfoncé dans le terrain, donc il n'y a plus laconnexion entre la rivière et la plaine alluviale. Il y a eu le type un peu, on va dire,</p>
<p class="p2">intermédiaire, le cours d'eau n'est pas très naturel mais il y a quand même une petite</p>
<p class="p2">formation de berges qui pourrait servir à reconnecter la rivière et la plaine alluviale. Et</p>
<p class="p2">puis il y a le troisième type qui est le type encore très naturel où la rivière est à niveau</p>
<p class="p2">avec le terrain et puis quand il y a une crue par exemple, elle peut vraiment inonder la</p>
<p class="p2">zone alentour. Et sur ces trois types de cours d'eau, on a fait des pêches électriques où</p>
<p class="p2">on va aller dans le cours d'eau ramasser tous les poissons qu'on trouve en fait, on les</p>
<p class="p2">tue pas, c'est juste qu'on les assomme entre guillemets grâce à l'électricité pendant</p>
<p class="p2">quelques secondes, on les récupère dans des seaux, on les met dans des bacs pour</p>
<p class="p2">les mesurer, regarder quelle espèce c'est, les taguer, enfin leur mettre une puce pour</p>
<p class="p2">connaître leur déplacement, et ensuite on les remet dans le cours d'eau. Dans les</p>
<p class="p2">cours d'eau très naturels, on constate qu'il y a jusqu'à 75% des poissons, en</p>
<p class="p2">l'occurrence là c'était une rivière où on n'avait que des truites, donc on a 75% des</p>
<p class="p2">truites qui parviennent à passer de l'aval du barrage à l'amont du barrage. Dans le</p>
<p class="p2">cours d'eau un peu intermédiaire, où il y a un peu une reconnection avec la plaine</p>
<p class="p2">induviale, une légère reconnection on va dire, là on a entre 35 et 45% des poissons qui</p>
<p class="p2">arrivent à passer. Dans cette rivière-là, on avait pas seulement de la truite, mais on</p>
<p class="p2">avait aussi du cheven et du chabot. Le chabot, c'est une petite espèce qui est très peu</p>
<p class="p2">mobile, qui n'est pas du tout réputée pour ses capacités natatoires, mais même une</p>
<p class="p2">espèce comme ça, elle parvient quand même à franchir les barrages de Castor. Et</p>
<p class="p2">puis, dans le troisième et dernier type de cours d'eau, donc le cours d'eau très incisé,</p>
<p class="p2">peu naturel, Là, on avait encore environ 30% des poissons qui arrivaient à passer ces</p>
<p class="p2">barrages. Donc, on voit que cette crainte qu'il n'y ait plus aucun échange entre l'amont</p>
<p class="p2">et l'aval, elle n'est pas du tout justifiée. Il y a quand même, que ce soit un échange</p>
<p class="p2">génétique, un échange d'individus, il est assuré, même dans des circonstances très</p>
<p class="p2">peu naturelles. Et puis, ce qu'on a pu constater grâce à cette étude, c'est qu'en fait, ces</p>
<p class="p2">passages se font principalement en période de crue. Parce que quand il y a une crue,le niveau de la rivière monte, le niveau d'eau de la rivière, il y a plus de débit, plus</p>
<p class="p2">d'eau. Et puis la hauteur de la rivière entre l'amont et la valle du barrage de Castor, elle</p>
<p class="p2">va tendre à s'égaliser. Donc au lieu d'avoir peut-être un barrage d'un mètre de haut</p>
<p class="p2">avec un mètre de différence d'eau, entre l'amont et l'aval du barrage, on a tout d'un</p>
<p class="p2">coup un niveau aval qui va avoir tendance à remonter, vu qu'il y a plus d'eau, et puis</p>
<p class="p2">c'est à ce moment-là que les poissons profitent pour traverser. Et puis, dans les cours</p>
<p class="p2">d'eau très naturels, il y a aussi la formation de chenots secondaires, de bras</p>
<p class="p2">secondaires, ça fait comme des petits ruisseaux de contournement. Et là, les poissons</p>
<p class="p2">peuvent tranquillement passer entre l'amont et l'aval grâce à ces bras secondaires. Du</p>
<p class="p2">coup, on a aussi étudié cette qualité des eaux. Grâce au barrage de Castor, on a</p>
<p class="p2">vraiment une diminution des nitrates présents dans l'eau jusqu'à environ 20% entre</p>
<p class="p2">l'amont et l'aval. Et ça, c'est uniquement grâce au fait que le barrage de Castor va</p>
<p class="p2">permettre de ralentir le trajet de l'eau, et puis l'eau, du coup, passer plus de temps à</p>
<p class="p2">certains endroits, il y a plus de temps pour que les nutriments, les polluants se</p>
<p class="p2">déposent dans les sédiments, et après les plantes peuvent aussi mieux les extraire</p>
<p class="p2">pour leur croissance. En sachant que nos eaux sont fortement polluées, c'est plutôt</p>
<p class="p2">positif d'observer cette diminution des nitrates. Et puis finalement, on a aussi étudié un</p>
<p class="p2">territoire de castors où on a pu constater que la zone inondée par le castor, C'était</p>
<p class="p2">vraiment un territoire où il y a une grande surface qui est inondée, c'est un territoire</p>
<p class="p2">forestier où l'eau pouvait vraiment s'étendre. Et puis là, on a constaté qu'il y avait trois</p>
<p class="p2">fois plus de carbone qui était stocké grâce à cette zone humide créée par le castor,</p>
<p class="p2">comparé à la forêt qui était présente auparavant. Donc ça, quand on pense au</p>
<p class="p2">réchauffement climatique et tout ça, ça peut aussi être assez intéressant.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Est-ce que tu peux faire la distinction entre le barrage que nous autres</p>
<p class="p2">humains pouvons faire et les barrages de Castor sur les cours d'eau de rivière?Cécile Auberson: Oui, oui. Alors ça, c'est important de ne pas les, de ne pas confondre</p>
<p class="p2">le barrage humain et le barrage de Castor. Ce n'est pas du tout la même chose,</p>
<p class="p2">effectivement. Nous, nos barrages, ça va être une construction fixe en béton qui va,</p>
<p class="p2">tant que nous, on ne le détruit pas, elle va rester là, toujours. On a parlé de cette</p>
<p class="p2">question de migration piscicole, mais elle va vraiment empêcher la migration piscicole.</p>
<p class="p2">Un barrage de Castor, c'est une construction en bois, avec quand même des petits</p>
<p class="p2">trous, ce n'est pas un ouvrage 100% étanche, il va être là pour quelques jours,</p>
<p class="p2">quelques mois, quelques années au maximum. Mais il y a de toute façon un moment</p>
<p class="p2">ou un autre où il va être détruit par une crue. En Suisse, le plus haut barrage qu'on ait</p>
<p class="p2">connu, il mesurait 4 mètres de hauteur. Il a été emporté par une crue une fois. Ces</p>
<p class="p2">barrages ne tiennent pas sur le long terme. Après, c'est vrai que ça arrive que certains</p>
<p class="p2">barrages tiennent quand même plusieurs années. Puis avec l'arrivée des sédiments,</p>
<p class="p2">toujours avec la rivière, petit à petit, ces barrages vont quand même se combler. Au</p>
<p class="p2">bout d'un moment, ils seront pleins. C'est la même chose qu'avec nos barrages. Au</p>
<p class="p2">bout d'un moment, nos barrages sont pleins. Il faut trouver une solution pour les vider.</p>
<p class="p2">Là, l'avantage des barrages de Castor, c'est qu'une fois qu'ils sont pleins, ils se</p>
<p class="p2">transforment en ce qu'on appelle des prairies de Castor, où ça devient du sol. C'est</p>
<p class="p2">plus de l'eau, ça devient du sol qui s'est bâti sur des sédiments. Et puis la rivière, à ce</p>
<p class="p2">moment-là, une fois que le barrage est complètement plein, elle va se trouver un autre</p>
<p class="p2">chemin. Elle va créer un autre bras et puis le cycle va recommencer. Donc c'est ça qu'il</p>
<p class="p2">faut voir, c'est qu'un barrage de castors, c'est extrêmement dynamique. Même s'il est</p>
<p class="p2">en place pour des années, en fait, ça va changer. Tout d'un coup, il sera plein. La</p>
<p class="p2">rivière, elle fait un détour et puis elle trouvera, elle se ferait un autre chemin. Et puis il y</p>
<p class="p2">a des nouveaux... quelque chose qui est en mouvement, et il y a toujours des nouveaux</p>
<p class="p2">écosystèmes qui vont se créer à gauche, à droite, en avant, en aval, et qui permettent</p>
<p class="p2">à une multitude d'espèces, du coup, de se reproduire, d'évoluer. Et puis, quand un</p>
<p class="p2">barrage, par exemple, se rompt à cause d'une crue, ça c'est aussi une crainte quiexiste beaucoup, c'est que tout d'un coup, on a une immense masse de bois qui, en un</p>
<p class="p2">bloc, se déplace dans la rivière. En fait, c'est pas comme ça que ça se passe. En</p>
<p class="p2">général, quand ils se rompent à cause d'une crue, c'est d'abord qu'on a une petite</p>
<p class="p2">brèche, ça emporte quelques bouts de bois, puis après on a quelques petits bouts de</p>
<p class="p2">bois encore en plus qui sont emportés. Donc ça ne va vraiment jamais être une énorme</p>
<p class="p2">masse. On peut quand même garder en tête, si on est directement en aval d'un pont,</p>
<p class="p2">un petit risque pour la protection contre les crus. Mais de manière générale, ce n'est</p>
<p class="p2">vraiment pas un problème parce qu'il va s'égrener comme ça au fil du temps et puis il</p>
<p class="p2">va se démanteler tout gentiment. Et puis, une fois qu'un barrage de castors est rempli,</p>
<p class="p2">on se retrouve avec une surface qui a été sous l'eau pendant peut-être plusieurs</p>
<p class="p2">semaines, plusieurs mois. et qui sera différente. Tout d'un coup, on aura une surface un</p>
<p class="p2">peu limoneuse, comme ça, dans laquelle, par exemple, des abeilles sauvages pourront</p>
<p class="p2">trouver un endroit pour creuser leur nid. Et c'est une surface qui n'existait pas avant.</p>
<p class="p2">Une fois que ce barrage-là est détruit, si les castors veulent rester à cet endroit, ils vont</p>
<p class="p2">certainement devoir reconstruire leur barrage à un autre endroit. Et puis, ils vont peut-</p>
<p class="p2">être aller un peu plus en aval, peut-être un peu plus en amont, et reconstruire un</p>
<p class="p2">barrage. Et puis, c'est un autre endroit qui se retrouvera sous l'eau pendant un moment.</p>
<p class="p2">Donc, c'est vraiment quelque chose de très dynamique, de très variable. Tandis que</p>
<p class="p2">nos ouvrages hydrauliques, nos ouvrages de barrage de manière générale, c'est</p>
<p class="p2">quelque chose de fixe en fait, qui n'apporte aucune dynamique et qui en plus empêche</p>
<p class="p2">la connectivité entre l'amont et la valle.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super, merci pour la précision. Est-ce qu'il y a des zones d'entente où on</p>
<p class="p2">est enfin d'accord pour accueillir le castor? Est-ce qu'on arrive à se mettre d'accord</p>
<p class="p2">pour qu'il arrive dans certaines zones et qu'il inonde certains espaces? Peut-être tu</p>
<p class="p2">parlais là des forêts. Est-ce que ça, c'est un endroit où on peut déjà se mettre d'accord</p>
<p class="p2">que le castor est vraiment le bienvenu?Cécile Auberson: Oui, alors dans les forêts, effectivement, ça ne va pas être possible</p>
<p class="p2">partout, partout, parce que comme en zone agricole, il y a aussi des forêts qui sont</p>
<p class="p2">exploitées pour le chêne, en France, je crois, beaucoup pour les peupliers. Mais c'est</p>
<p class="p2">vrai qu'en forêt c'est plus facile, aujourd'hui en tout cas en Suisse, d'accueillir le castor</p>
<p class="p2">à large échelle qu'en zone agricole parce qu'on a un outil qui a été développé qui nous</p>
<p class="p2">permet de créer des réserves forestières, on va appeler ça, façonnées par le castor.</p>
<p class="p2">C'est une entente entre la Confédération et les cantons, on va appeler ça une</p>
<p class="p2">convention RPT. C'est une convention programme entre les cantons et la Confédération</p>
<p class="p2">qui libère un certain budget pour créer des réserves forestières façonnées par le</p>
<p class="p2">Castor. C'est un nouvel outil qui existe depuis 2025. Et c'est vraiment hyper positif</p>
<p class="p2">parce que les forêts humides ont aussi été décrites comme habitats prioritaires. En</p>
<p class="p2">Suisse, il n'y a pas de meilleur outil pour créer des forêts humides que le castor parce</p>
<p class="p2">que c'est vraiment ce qu'il fait en fait. Quand il arrive dans une forêt où il y a un</p>
<p class="p2">ruisseau, il permet la restauration de forêts humides. C'est exactement ce qu'il va faire</p>
<p class="p2">par son écologie, par sa façon de vivre. Et puis ce qui est super du coup aujourd'hui</p>
<p class="p2">c'est qu'on peut dédommager correctement les propriétaires forestiers qui acceptent de</p>
<p class="p2">mettre en réserve une partie de leur forêt là où il y a déjà des castors d'une part ou</p>
<p class="p2">bien là où il pourrait y avoir du castor. Parce qu'on a aussi développé un modèle</p>
<p class="p2">cartographique qui nous permet de prédire quelle serait l'inondation du terrain à cause</p>
<p class="p2">du castor, à cause des barrages de castor à l'échelle de la Suisse. Aujourd'hui, on a</p>
<p class="p2">une carte où on a des zones bleues, vertes qui s'allument si telle ou telle surface se</p>
<p class="p2">retrouve sous l'eau, si un castor devait construire un barrage de 50 cm ou 1,5 m. On a</p>
<p class="p2">le modèle pour les deux échelles. Maintenant, avec cet outil-là, on peut vraiment aussi</p>
<p class="p2">prédire, avant même que le castor arrive, on peut se dire qu'il y a un risque que le</p>
<p class="p2">castor arrive, parce qu'on connaît aussi la dynamique de population, on voit un peu où</p>
<p class="p2">il se répartisse dans le paysage, on peut dire qu'il y a un risque qu'il arrive, il y a cette</p>
<p class="p2">surface-là qui sera mise sous l'eau s'il commence à construire des barrages, et avec çaon peut même aller vers le propriétaire forestier avant même que le castor arrive et</p>
<p class="p2">commence à faire des dégâts, cause peut-être la colère du propriétaire ou de la</p>
<p class="p2">propriétaire, on peut aller vers la personne responsable et lui dire, bon ben voilà, on a</p>
<p class="p2">ces données-là, c'est possible que d'ici quelques années, il y ait un castor qui s'installe,</p>
<p class="p2">c'est possible qu'il y ait cette zone, cette surface d'arbre qui soit mise sous l'eau. Est-ce</p>
<p class="p2">que vous voulez mettre cette surface en réserve? Pour ça, vous gagnez tant d'argent</p>
<p class="p2">en fonction de la surface. Et puis, ça permet vraiment de désamorcer le conflit avant</p>
<p class="p2">même qu'il soit présent. parce que venir en amont, la personne en face n'est pas</p>
<p class="p2">encore fâchée. Quand on revient en réactif après qu'il y ait eu deux hectares sous l'eau,</p>
<p class="p2">Le dialogue, il peut être un peu plus difficile. Aujourd'hui, pour le milieu forestier, on a</p>
<p class="p2">vraiment un super outil qui nous permet de sécuriser des surfaces pour le castor. Enfin,</p>
<p class="p2">je dis pour le castor, mais c'est faux. C'est vraiment, on sécurise des surfaces pour la</p>
<p class="p2">nature aménagées par le castor. Parce que de nouveau, un castor, il est hyper</p>
<p class="p2">adaptable et il n'a pas besoin de nous pour sécuriser des surfaces. Lui, il a besoin juste</p>
<p class="p2">d'eau, de nourriture, comme je l'ai dit, et il s'installe où il veut, en fait. Après, c'est</p>
<p class="p2">comment nous, est-ce qu'on arrive à réagir à sa présence et comment est-ce que nous,</p>
<p class="p2">on arrive à cohabiter avec lui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Très chouette, tout ça dans le dialogue. Aujourd'hui, de plus en plus, on</p>
<p class="p2">se rend compte et tous les acteurs commencent à voir l'importance de réhydrater nos</p>
<p class="p2">paysages, de gérer les flux d'eau, qu'ils soient en trop grande quantité ou en trop faible</p>
<p class="p2">quantité à certaines périodes de l'année. Donc, est-ce que tu as des exemples concrets</p>
<p class="p2">sur l'impact du castor sur ce genre de situation de réhydratation du paysage?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: En 2018, on a eu une grosse sécheresse en Suisse, et puis il y a eu</p>
<p class="p2">des agriculteurs qui se sont rendus compte que leur champ, qui était en bordure d'une</p>
<p class="p2">rivière où il y avait un castor, continuait à produire même en période de sécheresse,tandis que le même champ un peu plus bas, où il n'y avait pas l'influence du castor,</p>
<p class="p2">tout avait séché. Réhydratation du paysage, on commence aussi avec le réchauffement</p>
<p class="p2">climatique. On se rend compte que ça devient hyper important parce qu'on a les</p>
<p class="p2">sécheresses qui s'enchaînent l'une après l'autre. En France, au sud de la France, c'est</p>
<p class="p2">encore pire. En Suisse, on est encore assez préservé par rapport à ça. mais on se rend</p>
<p class="p2">compte qu'il y a vraiment besoin de commencer à créer des paysages éponges, on</p>
<p class="p2">appelle ça, donc des endroits où l'eau ne coule pas simplement dans une rivière, mais</p>
<p class="p2">elle s'infiltre aussi mieux dans la nappe. Et ça, c'est quelque chose que Castor, grâce à</p>
<p class="p2">ses barrages, permet aussi, parce que le temps de résidence de l'eau est augmenté,</p>
<p class="p2">justement, grâce à... Voilà, la rivière est barrée, tout d'un coup, l'eau bute contre un</p>
<p class="p2">objet, elle va rester plus longtemps à cet endroit-là. Ça lui laisse plus de temps pour</p>
<p class="p2">s'infiltrer dans le sol. donc pour recharger la nappe et puis aussi pour juste, par</p>
<p class="p2">capillarité, se répandre un peu dans toute la zone environnante. Et des paysages</p>
<p class="p2">comme ça, plus hydratés, sont donc plus humides, tout bêtement, ils permettent une</p>
<p class="p2">meilleure croissance des plantes, mais ils permettent aussi une meilleure résilience</p>
<p class="p2">face aux incendies. Ça c'est une chercheuse, Emily Fairfax, une chercheuse</p>
<p class="p2">américaine qui étudie beaucoup cet aspect-là, et qui a montré que les barrages de</p>
<p class="p2">castors, les territoires de castors, fonctionnent comme des véritables petites oasis, et</p>
<p class="p2">elle a des photos assez impressionnantes où on voit des vallons entiers qui ont brûlé et</p>
<p class="p2">puis au milieu un petit bijou vert qui est encore complètement fonctionnel. Ça</p>
<p class="p2">fonctionne uniquement grâce au casteur, grâce à la présence du casteur et ça sert</p>
<p class="p2">vraiment de refuge aussi aux espèces, aux animaux qui sinon auraient brûlé tout</p>
<p class="p2">bêtement parce qu'ils n'auraient pas eu d'autres endroits pour aller se réfugier. Ça c'est</p>
<p class="p2">vraiment un des aspects de la réhydratation du paysage et puis il y a les Beaverdam</p>
<p class="p2">Analogues, Des ouvrages mimétiques castors, c'est un peu une idée qui vient</p>
<p class="p2">principalement des États-Unis, où l'idée c'est de refaire des barrages de castors</p>
<p class="p2">humains, enfoncer des pieux dans un cours d'eau, mettre des branches pour retenirl'eau, et puis ça commence à être de plus en plus fait pour bénéficier des avantages du</p>
<p class="p2">castor dans les régions où il n'est pas encore présent, par exemple. Autre exemple de</p>
<p class="p2">comment est-ce qu'on peut vraiment bénéficier de la présence du castor en République</p>
<p class="p2">tchèque, dans la région de Brdi, C'était en début 2025, fin 2024, il y avait un marais qui</p>
<p class="p2">devait être renaturé, donc remis en eau, en fait. Et puis ça a duré des années de</p>
<p class="p2">discussions entre les politiques, les bureaux, etc. Ils n'arrivaient pas à se mettre</p>
<p class="p2">d'accord. Et puis, un jour, il y a un castor qui est arrivé, il s'est installé. En une nuit, il a</p>
<p class="p2">construit un barrage. Il n'y a eu plus besoin de revitaliser la zone. Et du coup, l'État</p>
<p class="p2">tchèque, à économiser plus d'un million en fait. Si on avait nous fait ce travail-là, ça</p>
<p class="p2">aurait coûté plus d'un million. Et là, le Castor a réussi à régler les choses en une nuit, et</p>
<p class="p2">puis à faire les choses au final bien mieux que nous. Et c'est ça aussi qu'il faut bien</p>
<p class="p2">garder en tête, c'est que c'est bien joli de faire des BDA, les Bitverdam Analogues, et</p>
<p class="p2">ça peut vraiment être très efficace, mais faire ça, ça implique après qu'il faut aussi les</p>
<p class="p2">entretenir, etc. Donc un castor va être de toute façon bien plus efficace, parce que lui il</p>
<p class="p2">le fait gratuitement, il le fait mieux, il n'a pas besoin de réfléchir où est-ce que l'ouvrage</p>
<p class="p2">doit être construit pour avoir le plus d'impact, en fait il le fait instinctivement. et puis il se</p>
<p class="p2">charge après de l'entretien pendant des années jusqu'à ce qu'il meurt en fait. Donc il</p>
<p class="p2">faut vraiment garder en tête que accueillir les castors c'est pas seulement parce que</p>
<p class="p2">c'est un animal qui a aussi le droit d'exister, le droit de vivre comme tous les autres</p>
<p class="p2">animaux, mais c'est aussi une question de qu'est-ce qu'on veut pour nous, qu'est-ce</p>
<p class="p2">qu'on veut pour nos rivières, qu'est-ce qu'on veut pour nos paysages, et puis aussi</p>
<p class="p2">considérer le fait que ça peut vraiment nous amener énormément de choses,</p>
<p class="p2">énormément de bénéfices, de pouvoir trouver une manière de cohabiter avec eux.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Il y a énormément de choses à apprendre et à découvrir sur le Castor. Tu</p>
<p class="p2">en partages beaucoup sur ta page LinkedIn. Est-ce qu'il y a d'autres ressources?Cécile Auberson: On a aussi un site internet conseil-castor.ch où on essaye de</p>
<p class="p2">partager un maximum de choses sur le Castor, qui est une très bonne ressource. Au</p>
<p class="p2">niveau de la France, on a aussi la Société française pour l'étude et la protection des</p>
<p class="p2">mammifères qui a une page internet consacrée au Castor. Il y a aussi une page</p>
<p class="p2">internet qui est coordonnée par l'Office français de la biodiversité qui est consacrée au</p>
<p class="p2">Castor. Et puis en termes de livres, on a publié en 2024 avec Rémi Masson, un</p>
<p class="p2">plongeur apnéiste français, et puis mon collègue Christophe Angst un livre qui s'appelle</p>
<p class="p2">« Les mille vies du castor » aux éditions La Salamandre. Et ça c'est vraiment un beau</p>
<p class="p2">livre avec des clichés justement sous l'eau du castor, c'est assez unique. Rémi a fait un</p>
<p class="p2">travail extraordinaire par rapport à ça. Et puis, petite pub aussi, en avril 2026, on va</p>
<p class="p2">sortir une monographie sur le castor, avec les éditions La Salle à Londres aussi. C'est</p>
<p class="p2">une traduction du livre allemand Baumeister mit bis, qui raconte tout ce qu'il faut savoir</p>
<p class="p2">sur le castor. Je l'ai traduit, et puis avec Johan Bressan, on l'a adapté pour le public</p>
<p class="p2">francophone. On a aussi ajouté des des aspects très français pour que le public</p>
<p class="p2">français, francophone s'y retrouve et soit aussi intéressé par ça, par les exemples qui</p>
<p class="p2">Lennan Bate: sont donnés. Génial. Comme d'habitude, tout ce dont on a parlé et puis</p>
<p class="p2">là, les liens que tu as donnés seront disponibles en notes de passe-page. Merci</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p>LIENS : </p>
<p class="p1"><a href='https://emilyfairfaxscience.com/research/'>https://emilyfairfaxscience.com/research/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='http://conseil-castor.ch'>conseil-castor.ch</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Société française pour l'étude et la protection des mammifères</p>
<p class="p1"><a href='https://www.sfepm.org/le-castor-deurope.html'>https://www.sfepm.org/le-castor-deurope.html</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Office Français de la Biodiversité</p>
<p class="p1"><a href='https://ofb.gouv.fr/especes/castor-europe-castor-fiber'>https://ofb.gouv.fr/especes/castor-europe-castor-fiber</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Livre</p>
<p class="p1">Les milles vies du Castor</p>
<p class="p1"><a href='https://boutique.salamandre.org/les-mille-vies-du-castor.pdt-1461/'>https://boutique.salamandre.org/les-mille-vies-du-castor.pdt-1461/</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p2">Dans les années 1960, Robert Paine et son équipe ont mis en lumière des principes écologiques fondateurs avec leur expérience sur les bassins à marée basse du litoral Nord américain. Une de leur trouvaille, c’était l’existence et l’importance d’espèces clé de voute. C’est à dire une espèce caractérisée par la qualité, le nombre et l'importance des liens qu'elle entretient avec son habitat et les autres espèces.</p>
<p class="p2">Et en entendant Cécile Auberson me parler du castor, impossible de ne pas sentir comme nos besoins, en tant que société et habitant de la terre, sont alignés avec l’impact du castor sur les écosystèmes. Pourtant nous entretenons avec le castor une longue histoire de chasse qui a mené a sa quasi disparition en Europe.</p>
<p class="p2">Le rôle de Cécile est de comprendre l’impact du castor, le quantifier et le prédire afin de permettre que son retour à travers nos paysages soit bien compris et bien accueilli. Parce que lui aussi peut, pour certaines communautés, être aussi clivant que l’ours ou le loup. <br>
<br>
Alors soyons curieux et découvrons les extraordinaires interrelations du vivant.<br>
<br>
<br>
</p>
<p class="p2">Transcription : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">32 - Pourquoi cohabiter avec le castor avec Cécile</p>
<p class="p1">Auberson</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: on sécurise les surfaces pour la nature aménagées par le castor.</p>
<p class="p2">Parce que de nouveau, un castor, il est hyper adaptable et il n'a pas besoin de nous</p>
<p class="p2">pour sécuriser les surfaces. Lui, il a besoin juste d'eau, de nourriture, comme je l'ai dit,</p>
<p class="p2">et il s'installe où il veut, en fait. Après, c'est comment nous, est-ce qu'on arrive à réagir</p>
<p class="p2">à sa présence? Et comment est-ce que nous, on arrive à cohabiter avec lui?</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Alors, il</p>
<p class="p2">ne s'agit pas du loup ni de l'ours. Pourtant, le petit animal dont on va parler aujourd'hui</p>
<p class="p2">a pour certains une image assez controversée. Il s'agit du castor. Et donc toi, Cécile</p>
<p class="p2">Auberson, tu étudies ses impacts, ses comportements et tentes d'améliorer son</p>
<p class="p2">acceptation en considérant chacun des acteurs qui seront impactés par son retour sur</p>
<p class="p2">le territoire suisse où tu travailles. Pour commencer, est-ce que tu peux nous dresser</p>
<p class="p2">un historique de la relation humain-castor?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: C'est une relation qui n'a pas toujours été simple. Le castor a</p>
<p class="p2">quasiment été éradiqué au début du XXe siècle. En Suisse, déjà en 1820, on a tué le</p>
<p class="p2">dernier castor du territoire pour trois raisons. Pour la viande qui était consommée demanière régulière. Pour le castoreum, qui est une substance qu'il a utilisé pour marquer</p>
<p class="p2">son territoire et qui était très utilisée, très recherchée dans la pharmacopée. C'était une</p>
<p class="p2">substance qui était censée guérir tous les petits maux, tous les bobos.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Aussi dans la parfumerie, non?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: Oui, la parfumerie aussi, exactement. Et toujours aujourd'hui en fait,</p>
<p class="p2">mais aujourd'hui on utilise du castorium de synthèse, des composés de synthèse. Donc</p>
<p class="p2">on ne tue plus de castor aujourd'hui pour la parfumerie. Et puis on utilisait aussi sa</p>
<p class="p2">fourrure, énormément. Il a une fourrure, l'une des fourrures les plus denses du règne</p>
<p class="p2">animal. Comme il y a beaucoup d'animaux aquatiques, semi-aquatiques, on pense à la</p>
<p class="p2">loutre aussi, qui ont une fourrure extrêmement dense, forcément parce qu'ils en ont</p>
<p class="p2">besoin pour survivre dans l'eau l'hiver aussi. Et puis, du coup, il a des poils de bourre,</p>
<p class="p2">donc c'est le sous-poil qui est extrêmement chaud et qui feutre extrêmement bien. Et</p>
<p class="p2">puis, il était très recherché, du coup, par notamment les chapeliers qui faisaient des</p>
<p class="p2">chapeaux en poils de castor. Et au 16e, 17e siècle, les chapeaux en poils de castor</p>
<p class="p2">étaient vraiment hyper à la mode, ce qui a conduit à une quasi-éradication du castor</p>
<p class="p2">d'Europe dans un premier temps. Puis après la chasse, une fois que les stocks de</p>
<p class="p2">castor, en guillemets, en Europe étaient complètement vidés. Ils sont allés en Amérique</p>
<p class="p2">du Nord pour chercher l'espèce voisine, donc l'espèce nord-américaine. On a Castor</p>
<p class="p2">fiber en Europe, Castor canadensis en Amérique du Nord. Et puis ils ont commencé à</p>
<p class="p2">chasser là-bas aussi à grande échelle. Donc voilà pour le début un peu de la relation</p>
<p class="p2">qu'on a eue, on a vraiment complètement surexploité en fait cet animal. si bien qu'en</p>
<p class="p2">Europe, je dis Europe mais c'est l'Eurasie, c'est le castor, il s'appelle le castor d'Europe</p>
<p class="p2">mais il est répandu sur toute l'Eurasie en fait, originellement donc de l'Espagne, du</p>
<p class="p2">Portugal jusqu'à l'Est de la Russie en Chine et puis donc il y avait environ à l'époque on</p>
<p class="p2">estime 100 millions de castors d'Europe et puis on a laissé entre 1000 et 2000individus en vie au début du XXe siècle. Donc il a vraiment réchappé de peu à</p>
<p class="p2">l'extinction. Et c'est grâce à des naturalistes en Suisse assez motivés qui se sont</p>
<p class="p2">rendus compte qu'il manquait quelque chose, il manquait une force créatrice dans nos</p>
<p class="p2">rivières. C'est eux qui ont décidé de réintroduire le castor dans le pays. entre les</p>
<p class="p2">années 50 et 60.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Dans l'ensemble de l'Europe?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: Oui, en Suisse. Là, je parle vraiment de la Suisse, mais il y a eu des</p>
<p class="p2">initiatives similaires un peu partout en Europe. Après, les premières réintroductions ont</p>
<p class="p2">eu lieu déjà dans les années 30, en Finlande, par exemple. Mais là, il y avait plutôt une</p>
<p class="p2">idée de réintroduire le castor pour l'exploiter de nouveau comme fourrure pour la</p>
<p class="p2">viande. Il y avait moins cette idée de de rendre aux rivières un élément qui lui</p>
<p class="p2">manquait, un élément naturel, en fait. Et ça, c'est plutôt vraiment dans les années 50</p>
<p class="p2">que ça a commencé à se développer, cette pensée-là. Il y a différents autres pays qui</p>
<p class="p2">ont suivi. Par exemple, là, aujourd'hui, on est en 2025 en Angleterre et en Écosse. Ils</p>
<p class="p2">réintroduisent vraiment le castor à grande échelle, mais là, c'est encore un stade de</p>
<p class="p2">pensée plus loin. Maintenant, ils réintroduisent les castors là-bas, notamment pour leur</p>
<p class="p2">effet sur la rétention de l'eau, et donc dans une idée de protection contre les crus. En</p>
<p class="p2">Californie, c'est l'effet inverse. On va réintroduire le castor pour lutter contre les</p>
<p class="p2">incendies, contre les feux de forêt. Donc maintenant, aujourd'hui, on est vraiment passé</p>
<p class="p2">par une phase où d'abord on a réintroduit le castor en années 30 pour l'exploiter de</p>
<p class="p2">nouveau. Ensuite, années 50, on était un peu dans une idée de réparation, rendre à la</p>
<p class="p2">nature ce qui lui manque. Et puis aujourd'hui, progressivement, on passe dans une</p>
<p class="p2">phase maintenant où on va réintroduire le castor pour les services écosystémiques qu'il</p>
<p class="p2">peut nous rendre.Lennan Bate: Justement, toi tu parlais de son rôle pour la réhydratation du paysage, la</p>
<p class="p2">gestion des potentiels feux en Californie. C'est quoi le rôle du castor dans</p>
<p class="p2">l'écosystème? On parle souvent d'une espèce clé de voûte. Quel rôle il a? Quel impact</p>
<p class="p2">il a sur l'écosystème?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: On l'appelle clé de voûte, on l'appelle aussi des fois ingénieur de</p>
<p class="p2">l'écosystème parce qu'un castor, dans l'imaginaire collectif, il y a tout le monde qui a à</p>
<p class="p2">peu près cette idée, cette image du castor. il abat des arbres, il construit des barrages</p>
<p class="p2">et puis il inonde un peu des surfaces. Mais en fait, et c'est très précisément ce qu'il fait,</p>
<p class="p2">mais en faisant ça en fait il va modifier son environnement comme aucune autre</p>
<p class="p2">espèce parce que grâce à ses capacités là, notamment d'abattage des arbres,</p>
<p class="p2">typiquement si on pense à une forêt fermée où il y a un petit ruisseau qui coule au</p>
<p class="p2">milieu, Tout d'un coup on a un castor qui arrive, il commence à abattre des arbres, puis</p>
<p class="p2">on se retrouve avec tout d'un coup une petite clairière à un endroit où il n'y avait pas du</p>
<p class="p2">tout cet habitat-là. Donc le castor est vraiment capable de créer de multiples petits</p>
<p class="p2">habitats où avant il y avait quelque chose de très uniforme peut-être. Et puis c'est pour</p>
<p class="p2">ça aussi qu'on l'appelle clé de voûte, c'est parce que grâce à toutes ces actions qu'il va</p>
<p class="p2">avoir sur l'écosystème, il va permettre aussi le développement de très nombreux autres</p>
<p class="p2">espèces. Et puis on peut penser à l'activité d'abattage d'arbres, qui permettent d'ouvrir</p>
<p class="p2">des clairières. On peut penser à la construction de barrages qui vont créer des surfaces</p>
<p class="p2">d'eau stagnantes, là où on avait une rivière qui était courante, avec des zones d'eau</p>
<p class="p2">plus profondes, moins profondes. Tout ça, c'est une petite niche différenciée qui permet</p>
<p class="p2">à d'autres espèces de se développer. Il y a aussi l'activité de creusement, Donc il va</p>
<p class="p2">creuser dans la berge que ce soit pour installer un terrier, que ce soit pour créer des</p>
<p class="p2">petites niches où il peut se réfugier en cas de danger ou carrément des canaux. Les</p>
<p class="p2">castors sont vraiment capables de créer des véritables canaux pour accéder à une</p>
<p class="p2">ressource plus éloignée de la rivière. Il y a aussi tout le bois mort qui va amener dansle cours d'eau par la construction par exemple de réserves hivernales Je ne sais pas</p>
<p class="p2">quand le podcast va être publié, mais là, aujourd'hui, on est le 24 novembre. Et puis là,</p>
<p class="p2">on est vraiment dans une phase où les castors sont prêts pour l'hiver. Ils ont créé des</p>
<p class="p2">énormes réserves de nourriture pour pouvoir passer l'hiver en toute tranquillité. Et pour</p>
<p class="p2">faire ça, ils ont fait tout bêtement amener des branches, des brindilles dans l'eau. à</p>
<p class="p2">l'entrée de leur terrier ou leur hutte, pour pouvoir simplement avoir besoin de sortir de</p>
<p class="p2">la hutte ou du terrier, aller chercher une branche, rentrer au chaud, au sec, et puis ils</p>
<p class="p2">passent l'hiver comme ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Parce que donc, qu'est-ce qu'ils mangent, les castors?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: Alors, de base, c'est des animaux qui sont 100% végétariens. Il y a</p>
<p class="p2">eu une époque où on pensait qu'ils mangeaient du poisson. C'était aussi une des</p>
<p class="p2">raisons pour lesquelles on les a chassés, c'est qu'on pensait que c'était un compétiteur</p>
<p class="p2">qui allait piller les stocks de poissons, mais en fait pas du tout, c'est vraiment que du</p>
<p class="p2">végétal. Pendant toute la belle saison, printemps, été, automne, où il y a encore du</p>
<p class="p2">vert, enfin d'or, où il y a de l'herbe, où il y a des feuilles, il va plutôt se diriger là-dessus,</p>
<p class="p2">sur en gros tout ce qui est vert. Et puis l'hiver, il est obligé de switcher son alimentation,</p>
<p class="p2">parce qu'il n'y a plus justement de jeunes pousses, qui sont à disposition, donc il va</p>
<p class="p2">aller plutôt sur des écorces. Il va se concentrer sur l'alimentation vraiment ligneuse.</p>
<p class="p2">C'est pour ça aussi qu'il va abattre des arbres. C'est parce que pour avoir accès à cette</p>
<p class="p2">ressource-là, il est obligé, il ne grimpe pas aux arbres, donc il est obligé d'abattre</p>
<p class="p2">l'arbre pour avoir accès aux petites branches qui sont au sommet dans la couronne.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est pour ça qu'il construit des rétentions, des digues, uniquement pour</p>
<p class="p2">avoir accès à ces branches du haut.Cécile Auberson: Non, alors on va séparer bien deux choses. D'une part il y a les</p>
<p class="p2">barrages, de l'autre il y a l'activité d'abattage d'arbres. L'activité d'abattage d'arbres, elle</p>
<p class="p2">est vraiment d'une part utilisée pour accéder à la ressource alimentaire, pour accéder à</p>
<p class="p2">l'écorce, pour pouvoir ensuite faire un stock pour l'hiver, et il utilise ça comme boîte</p>
<p class="p2">construction pour construire son barrage. Mais le barrage n'a aucune fonction dans</p>
<p class="p2">l'obtention directe d'alimentation. C'est vraiment quelque chose qui va être créé pour se</p>
<p class="p2">protéger des prédateurs. Le castor vit dans des huttes ou des terriers, ou la forme</p>
<p class="p2">intermédiaire, le terrier-hutte. On en reparlera peut-être après en définissant les trois</p>
<p class="p2">types. l'entrée de son habitation doit toujours se trouver sous l'eau. C'est hyper</p>
<p class="p2">important parce que le castor, il a des prédateurs naturels, que ce soit l'ours, le loup, le</p>
<p class="p2">lynx. Quand on pense au castor, pas forcément adulte, au plus petit castor, il y a aussi</p>
<p class="p2">le renard qui entre en compte. Il y a aussi le hibou grand-duc, par exemple. Et pour se</p>
<p class="p2">protéger de ces prédateurs-là, il va vouloir toujours conserver l'entrée de son habitation</p>
<p class="p2">sous l'eau. C'est hyper important pour lui. C'est pour ça qu'il va construire des barrages.</p>
<p class="p2">C'est pour réhausser le niveau de l'eau et maintenir l'entrée de la hutte sous l'eau.</p>
<p class="p2">C'est vraiment le point principal. S'il habite dans une rivière qui a une profondeur</p>
<p class="p2">suffisante, on dit que la hauteur moyenne dont il a besoin, c'est 50-60 cm de</p>
<p class="p2">profondeur d'eau. Si la rivière est assez profonde, il ne va pas commencer à construire</p>
<p class="p2">de barrages. parce qu'il ne va pas s'imposer du travail non nécessaire pour sa survie.</p>
<p class="p2">Quand il est dans des cas où les rivières sont moins profondes, il va construire son</p>
<p class="p2">barrage et réhausser ainsi le niveau de l'eau. Pour construire le barrage, il utilise des</p>
<p class="p2">branches C'est aussi pour ça qu'il doit abattre des arbres, pas seulement pour la</p>
<p class="p2">nourriture, mais aussi pour obtenir des branches qu'il va mettre dans son barrage. Il</p>
<p class="p2">utilise aussi de la boue pour colmater les interstices entre les branches. Ça arrive aussi</p>
<p class="p2">qu'il utilise carrément des pierres pour lester le barrage, lester le tout. Dans certaines</p>
<p class="p2">régions méditerranéennes, notamment en France, au sud, là où il y a peu de</p>
<p class="p2">végétation, il va carrément construire des barrages uniquement faits de pierres. Mais laforme typique, c'est vraiment plutôt le barrage en branche. Et puis, donc le barrage, il</p>
<p class="p2">va aussi lui permettre ce réhaussement du niveau de l'eau. Il va aussi lui permettre de</p>
<p class="p2">pouvoir plonger plus facilement, de pouvoir nager plus facilement, de pouvoir</p>
<p class="p2">transporter du matériel plus facilement. Ça, c'est aussi ce qu'il cherche, en fait, de</p>
<p class="p2">pouvoir vraiment pouvoir facilement se déplacer dans l'eau. Et puis, troisième raison,</p>
<p class="p2">c'est aussi tout bêtement pour étendre son habitat. ça lui permet d'avoir accès plus</p>
<p class="p2">facilement à plus de surface, en fait, s'il peut nager. Parce que voilà, sur la terre ferme,</p>
<p class="p2">un castor, il n'est pas hyper habile. Il a des pattes arrières qui sont quand même assez</p>
<p class="p2">grandes, il a des petites pattes avant. Et puis, c'est vraiment dans l'eau qu'il est à l'aise.</p>
<p class="p2">Donc, plus il a un barrage élevé qui inonde une grande surface, plus c'est facile pour</p>
<p class="p2">lui, en fait. Et puis, ça lui permet aussi d'atteindre des ressources alimentaires qui sont</p>
<p class="p2">peut-être plus éloignées de la rive. en nageant, ce qui le protège des prédateurs, parce</p>
<p class="p2">que de nouveau, il est plus à l'aise dans l'eau. L'eau, ça lui permet de plonger. Si tout</p>
<p class="p2">d'un coup, il y a un prédateur qui arrive, il peut plonger rapidement, se mettre en</p>
<p class="p2">sécurité sous la surface. Et puis, le fait d'inonder des grandes surfaces, ça lui permet</p>
<p class="p2">peut-être d'atteindre ce peuplier qui est très alléchant, mais qui est à 200 mètres de la</p>
<p class="p2">rive, en se mettant lui-même moins en danger. Et puis ça, c'est aussi une chose que</p>
<p class="p2">les gens croient assez régulièrement, c'est une croyance qui revient régulièrement,</p>
<p class="p2">c'est que les barrages servent d'habitation. En fait, ce n'est pas du tout le cas. Le</p>
<p class="p2">barrage sert uniquement à rehausser le niveau de l'eau et l'habitation, c'est vraiment la</p>
<p class="p2">hutte ou le terrier qui est en amont du barrage principal.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Moi, je ne peux pas m'empêcher de mettre en lien l'humain moderne qui</p>
<p class="p2">imperméabilise tellement de terrain. et le castor qui réhydrate et qui inonde tellement</p>
<p class="p2">d'autres terrains. Donc on voit ici qu'il peut y avoir un sujet de tension entre ces deux</p>
<p class="p2">espèces, un qui réhydrate, qui réinonde, et nous qui drainons beaucoup de champs et</p>
<p class="p2">qui imperméabilisons beaucoup d'espaces avec nos routes notamment. Comment est-ce qu'on fait pour gérer un petit peu de cette cohabitation entre deux espèces qui</p>
<p class="p2">semblent si opposées en tout cas dans leurs résultantes?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: C'est clair que ce n'est pas forcément facile et vu qu'on a quasiment</p>
<p class="p2">totalement éradiquer le castor, on a vraiment perdu... En fait, quand les castors ont</p>
<p class="p2">commencé à revenir, c'était quand même un peu un choc, parce qu'on avait</p>
<p class="p2">complètement oublié ce qu'ils faisaient. On avait oublié cet effet qu'ils pouvaient avoir</p>
<p class="p2">sur le territoire. À l'origine, on se disait que les castors n'allaient pas vraiment se</p>
<p class="p2">répandre, parce qu'ils allaient être limités aux zones encore relativement naturelles,</p>
<p class="p2">aux rivières relativement sauvages. qui ont encore une espèce de plaine alluviale. Et ce</p>
<p class="p2">type d'habitat, effectivement, comme tu le dis, il n'existe quasiment plus parce que les</p>
<p class="p2">paysages ont été drainés, les rivières ont été corrigées, endiguées. Et puis, le fait que</p>
<p class="p2">le castor revienne et qu'il ne se contente pas seulement de ses habitats naturels, mais</p>
<p class="p2">qu'il commence à progressivement s'installer dans tout type de cours d'eau. Aussi, petit</p>
<p class="p2">cours d'eau très agricole, justement comme tu dis, fossé de drainage, un castor peut</p>
<p class="p2">s'installer là-dedans parce qu'en fait, tout ce dont il a besoin, c'est un peu d'eau, de la</p>
<p class="p2">nourriture. S'il n'y a pas assez d'eau pour lui, comme je l'ai dit, il construit des barrages,</p>
<p class="p2">ça augmente le niveau de l'eau, tout d'un coup ça fait un habitat idéal pour un castor. Il</p>
<p class="p2">a vraiment très peu de besoins et puis quand il n'a pas exactement ce qu'il lui faut, il est</p>
<p class="p2">capable d'adapter son environnement pour y habiter. Et puis en faisant ça,</p>
<p class="p2">effectivement, il va commencer à réhydrater le paysage, à remettre de l'eau un peu</p>
<p class="p2">partout. Et puis c'est quelque chose qu'on doit même gérer. notamment en Suisse où</p>
<p class="p2">on a un espace qui est somme toute très restreint. Il y a beaucoup de gens en Suisse</p>
<p class="p2">sur une petite surface. Je rappelle en Suisse, donc on a vraiment le Jura, le plateau, les</p>
<p class="p2">Alpes et il y a le plateau qui est très peuplé. En fait, 60% du pays, c'est des Alpes où il</p>
<p class="p2">y a assez peu de monde. C'est des montagnes très raides et c'est pas non plus là-bas</p>
<p class="p2">que vont venir les castors. Donc en fait, les castors se concentrent aussi sur le plateaucomme la population. Et du coup, on se retrouve avec des mètres carrés qui vont</p>
<p class="p2">avoir... où il y aura beaucoup d'intérêts différents, que ce soit l'agriculture, que ce soit,</p>
<p class="p2">comme tu le dis, les routes, l'infrastructure de déplacement, que ce soit tout bêtement</p>
<p class="p2">l'habitation, que ce soit... Enfin voilà, il y a une petite zone sur laquelle on a plein de</p>
<p class="p2">choses à faire. Et déjà, comme ça, c'est compliqué, sans la présence du castor pour</p>
<p class="p2">que tout le monde soit content. Puis là, il y a le castor qui arrive tout d'un coup et puis il</p>
<p class="p2">commence à mettre des surfaces sous l'eau. Et effectivement, c'est quelque chose qu'il</p>
<p class="p2">faut absolument gérer, parce qu'on peut... Alors moi, c'est clair que, idéalement,</p>
<p class="p2">j'aimerais bien revoir un paysage complètement sauvage, complètement naturel,</p>
<p class="p2">aménagé par le castor, des marées partout, la biodiversité qui explose et tout ça. Ce</p>
<p class="p2">serait super, mais il faut être réaliste, et puis il faut bien comprendre que c'est</p>
<p class="p2">impossible de retourner à un état comme ça en Suisse, parce qu'il y a trop d'enjeux</p>
<p class="p2">actuellement, il y a trop de monde qui doit cohabiter sur une petite surface. Donc pour</p>
<p class="p2">faire ça maintenant il faut prendre en compte un peu tous ces aspects et puis on</p>
<p class="p2">essaye maintenant aujourd'hui en Suisse de faire en sorte que le castor puisse</p>
<p class="p2">aménager certaines surfaces et puis puisse faire profiter la biodiversité puis à d'autres</p>
<p class="p2">endroits où en fait c'est pas possible. Il faut aussi savoir le reconnaître. Et puis à ces</p>
<p class="p2">endroits-là, les barrages sont démontés. Donc ça se présente comme ça qu'en Suisse,</p>
<p class="p2">il y a vraiment une gestion du castor, une gestion de l'espèce qui a été mise en place</p>
<p class="p2">au niveau du pays avec un service conseil castor national qui appartient à l'Office</p>
<p class="p2">fédéral de l'environnement pour lequel moi je travaille. On est deux à travailler pour ça</p>
<p class="p2">avec mon collègue Christophe Angst. Et puis nous, notre tâche, c'est un peu de</p>
<p class="p2">conseiller les cantons, la confédération, sur la gestion du castor. Puis après, chaque</p>
<p class="p2">canton a une ou plusieurs personnes qui sont ensuite responsables de la gestion sur le</p>
<p class="p2">terrain, que ce soit des mandataires externes ou bien alors des garde-faunes qui sont</p>
<p class="p2">engagés par le canton, qui vont être les premières personnes qui vont répondre</p>
<p class="p2">lorsqu'il y a des situations de conflit avec le castor, typiquement s'il y a un castor quiinonde une zone agricole. Et puis là, dans ces cas-là, ça dépend. C'est la beauté de la</p>
<p class="p2">Suisse, le fédéralisme. Et chaque canton a un peu sa manière, sa petite cuisine, sa</p>
<p class="p2">façon de faire. Mais en gros, l'idée, c'est un peu d'essayer quand même de faire en</p>
<p class="p2">sorte que l'agriculteur ou l'agricultrice et le castor puissent cohabiter. C'est vraiment</p>
<p class="p2">l'objectif. Et puis aujourd'hui, en Suisse, on n'a pas encore d'outils qui vont fonctionner</p>
<p class="p2">à grande échelle. type surface de promotion de la biodiversité, on a cet outil-là qui</p>
<p class="p2">existe pour mettre en place par exemple des prairies extensives, pour mettre en place</p>
<p class="p2">des surfaces alitières, pour mettre en place des haies, et ça c'est un outil uniforme qui</p>
<p class="p2">permet de subventionner l'agriculture pour mettre en place des mesures de promotion</p>
<p class="p2">de la nature de la biodiversité. Pour le castor, pour les surfaces inondées par le castor,</p>
<p class="p2">on n'a pas encore cet outil-là qui existe, Donc, pour l'instant, ça dépend un peu des</p>
<p class="p2">cantons. Il y en a certains qui vont utiliser cet outil, la surface de promotion de la</p>
<p class="p2">biodiversité, en enregistrant une surface comme, typiquement, surface salitière. Et puis,</p>
<p class="p2">ça permet de donner un peu d'argent à l'agriculteur, l'agricultrice qui est touchée par le</p>
<p class="p2">castor. En contrepartie de quoi, la personne qui est touchée, elle va laisser le castor</p>
<p class="p2">inonder une partie de son champ. On a aussi la possibilité de mettre en place des</p>
<p class="p2">contrats en vertu de la loi sur la protection de la nature, où là ça va être des contrats</p>
<p class="p2">très individualisés. qui permettent d'indemniser aussi la même chose. Ils indemnisent la</p>
<p class="p2">surface et la production qui est perdue à cause de l'inondation par le castor. Et ça, c'est</p>
<p class="p2">aussi un outil qui est mis en place dans certains cantons, mais pas de manière</p>
<p class="p2">uniforme.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Effectivement, c'est un enjeu clé de réussir à indemniser les individus qui</p>
<p class="p2">perdent des surfaces de subsistance économique. Et là, moi, je ne peux pas</p>
<p class="p2">m'empêcher de voir que malgré ces conflits d'espace, on a aussi des enjeux partagés,</p>
<p class="p2">notamment, comme ce que tu disais tout à l'heure, la réhydratation des espaces et puis</p>
<p class="p2">la gestion des crues. Alors, est-ce que tu as des exemples concrets sur l'impact decette réhydratation? En fait, aussi, à quoi ça sert des zones humides comme ça?</p>
<p class="p2">Qu'est-ce qui se passe dans l'écosystème? Est-ce que ça augmente la biodiversité?</p>
<p class="p2">Est-ce que ça réhydrate l'espace? Je sais qu'on en parlait aussi sur la gestion des</p>
<p class="p2">crues et pour protéger des villes. Donc qu'est-ce qu'on a concrètement comme prise de</p>
<p class="p2">conscience sur le travail que fait Le Castor, qu'en fait nous aussi on chercherait à faire?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: En Suisse, on a réalisé un projet de recherche nationale sur la</p>
<p class="p2">fonctionnalité des barrages de castors dans le paysage entre 2020 et 2023, et puis on</p>
<p class="p2">a étudié différentes choses. On a étudié l'effet justement de ces barrages de castors et</p>
<p class="p2">des étangs de castors, on appelle ça la zone de retenue d'eau, on appelle ça des</p>
<p class="p2">étangs de castors. Quel était l'effet de ces étangs sur la biodiversité? On a étudié aussi</p>
<p class="p2">quel était l'effet de ces étangs sur la migration piscicole, parce que c'est une des</p>
<p class="p2">grandes craintes qui revient toujours des pêcheurs, du milieu de la pêche, que la</p>
<p class="p2">présence de barrages s'ajoute encore comme problématique. En Suisse, on a plus de</p>
<p class="p2">100 000 seuils artificiels qui empêchent la migration piscicole, donc on a peur que ce</p>
<p class="p2">soit une menace de plus. Ces seuils artificiels, c'est vraiment des ouvrages en béton</p>
<p class="p2">qui vont être installés dans le cours de la rivière et qui empêche les poissons de</p>
<p class="p2">remonter la rivière. Les poissons, pas toutes les espèces, mais certaines espèces sont</p>
<p class="p2">ce qu'on appelle migratrices, donc elles ont besoin de bouger entre l'amont et l'aval de</p>
<p class="p2">la rivière pour aller, pour effectuer leur cycle de vie. Donc pour un certain période de</p>
<p class="p2">l'année, elles vont remonter la rivière pour aller pondre, ensuite elles redescendent, etc.</p>
<p class="p2">Et ces seuils en béton qui sont trop hauts, ne leur permettent pas d'effectuer leur</p>
<p class="p2">migration comme il faut et d'effectuer leur cycle de vie. Parce que, tout bêtement, c'est</p>
<p class="p2">une barrière infranchissable pour un poisson. Il faut imaginer si on a un petit poisson de</p>
<p class="p2">15 cm de long, 20 cm de long, tout d'un coup on a un obstacle de 50 cm de haut, la</p>
<p class="p2">truite ne va pas forcément réussir à sauter par-dessus cet obstacle-là. C'est vraiment</p>
<p class="p2">un des gros problèmes qu'on a en Suisse. On a des seuils sur toutes nos rivières,quasiment partout, qui ont été installés. pour notamment la protection contre les crues,</p>
<p class="p2">etc. Donc ça, c'est vraiment un gros souci pour la migration piscicole. Et on a peur,</p>
<p class="p2">justement, le milieu de la pêche a peur que les barrages de Castor, qui s'apparentent</p>
<p class="p2">un petit peu à ces ouvrages embêtants, parce que c'est tout d'un coup une structure</p>
<p class="p2">qui est là, pendiculairement dans le coton-cour-d'eau, ils ont peur que ça fasse aussi</p>
<p class="p2">office de barrière infranchissable pour la faune piscicole. Les barrages de Castor ont</p>
<p class="p2">aussi un effet sur l'épuration des eaux, sur la qualité des eaux et sur le stockage du</p>
<p class="p2">carbone. On a étudié tous ces aspects. Pour la biodiversité, ce qu'on a trouvé, c'est que</p>
<p class="p2">la présence de barrages de Castor On a étudié différents groupes, on a étudié les</p>
<p class="p2">amphibiens, on a étudié justement les poissons, les écrevisses, le macrozoobintos, ça</p>
<p class="p2">c'est les invertébrés aquatiques, les macrophytes, ça c'est les plantes aquatiques, et</p>
<p class="p2">puis les libellules. Et sur ces groupes-là, on a trouvé qu'en moyenne, Quand il y a un</p>
<p class="p2">barrage de castors par rapport à une zone contrôle qui est rigoureusement identique, la</p>
<p class="p2">seule différence c'est qu'il n'y a pas de castors, on a 2,6 fois plus d'espèces et 5,9 fois</p>
<p class="p2">plus d'individus, donc d'abondance. C'est juste la présence d'un barrage de castors qui</p>
<p class="p2">permet d'observer ça. Donc il y a vraiment tout d'un coup une explosion de la</p>
<p class="p2">biodiversité. On sait aujourd'hui qu'on a vraiment un gros problème de biodiversité,</p>
<p class="p2">avec les espèces qui disparaissent les unes après les autres. Et puis on a aussi un</p>
<p class="p2">problème de biomasse, où il y a de moins en moins d'individus. Vous avez déjà</p>
<p class="p2">certainement entendu parler de la disparition des insectes, avec moins de 70% de</p>
<p class="p2">biomasse d'insectes en quelques années. quelques décennies. Là le castor tout d'un</p>
<p class="p2">coup on voit qu'il ramène de la diversité et il ramène de la biomasse et ça c'est aussi</p>
<p class="p2">hyper important. Quand on considère, ça c'était une étude qui a été faite sur 16</p>
<p class="p2">territoires de castor, mais pendant, sur deux ans, sur Entre ces deux années, il y a</p>
<p class="p2">certains territoires qui ont perdu leurs barrages parce qu'il y a eu des crues, les</p>
<p class="p2">barrages ont été détruits, tout d'un coup il n'y avait plus de barrages sur le territoire. Si</p>
<p class="p2">on enlève ces territoires qui ont perdu leurs barrages en cours de route, qu'on gardeuniquement les 11 territoires qui ont gardé leurs barrages pendant toute la durée</p>
<p class="p2">d'étude, on voit qu'il y a trois fois plus d'espèces et 14 fois plus de biomasse. Donc on</p>
<p class="p2">voit vraiment que ces territoires, ces barrages de castors, ils ont un gros effet sur la</p>
<p class="p2">biomasse. Puis si on considère juste quatre territoires qui avaient les mêmes</p>
<p class="p2">caractéristiques, qui étaient forestiers, et qui, de base, la rivière qui était considérée de</p>
<p class="p2">base, elle était très incisée, très peu naturelle, puis sur laquelle le barrage de Castor</p>
<p class="p2">permettait de faire une reconnexion entre la rivière et la plaine alluviale, donc avec les</p>
<p class="p2">terrains adjacents, il y avait vraiment l'eau qui pouvait aller sur la surface, inonder la</p>
<p class="p2">surface, parce qu'on était en forêt et qu'il y avait moins d'enjeux typiquement qu'en</p>
<p class="p2">zone agricole. Là, on passe à 6 fois plus d'espèces et puis 62 fois plus d'individus.</p>
<p class="p2">Donc c'est vraiment une explosion de la vie qu'on peut observer sur ces territoires de</p>
<p class="p2">castors. Puis si on va se promener à des endroits où les castors sont présents, on</p>
<p class="p2">observe ça assez rapidement en fait, de voir que tout d'un coup, printemps, il y a des</p>
<p class="p2">libellules partout, il y a des nuées de libellules, c'est hyper beau. Il y a plein de canards</p>
<p class="p2">qui viennent pour profiter de l'étang, il y a des hérons qui sont là parce qu'il y a</p>
<p class="p2">tellement de poissons, il y a beaucoup plus de poissons dans un étang de castors, du</p>
<p class="p2">coup il y a aussi espèces prédatrices de poissons, typiquement les hérons, qui</p>
<p class="p2">génifient pour chasser et profiter de cette manne inattendue. Il y a aussi le retour de la</p>
<p class="p2">loutre. Je crois qu'en France, la loutre n'est pas si rare que ça, sauf erreur, je ne suis</p>
<p class="p2">pas sûre de m'y dire. En tout cas, elle est moins rare qu'en Suisse. En Suisse, on a très</p>
<p class="p2">peu de loutres. On s'attend quand même à voir que les loutres peuvent profiter des</p>
<p class="p2">territoires de castors parce que justement il y a plus de poissons. On a aussi vu que les</p>
<p class="p2">poissons devenaient plus gros, plus lourds dans les étangs de castors. Ils peuvent</p>
<p class="p2">mieux se développer en fait et ça c'est parce qu'il y a tout ce bois mort notamment qui</p>
<p class="p2">est amené par le castor qui permet de restaurer une chaîne alimentaire. Parce qu'on a</p>
<p class="p2">du bois mort qui va servir, typiquement si on prend les poissons, Il va leur servir de</p>
<p class="p2">garde-manger le bois mort parce qu'on aura plus d'insectes aquatiques qui vont seretrouver dans le bois mort. Les jeunes poissons vont y trouver des cachettes pour se</p>
<p class="p2">réfugier s'il y a des prédateurs. Et puis, ils vont aussi trouver un espace, un matériau</p>
<p class="p2">qui va leur permettre de survivre, de grandir et de devenir de plus en plus lourds,</p>
<p class="p2">comme je l'ai dit, dans les étangs de castor. Ça c'est vraiment une chose qu'on a</p>
<p class="p2">prouvée, qui est hyper importante de considérer cette explosion de la biodiversité dans</p>
<p class="p2">les territoires de castors. Il n'y a pas que les poissons qui profitent de ces territoires de</p>
<p class="p2">castors, il y a aussi les oiseaux insectivores qui vont pouvoir profiter de toute la</p>
<p class="p2">production d'insectes aquatiques qui sortent des étangs de castors, qui vont pouvoir se</p>
<p class="p2">nourrir. Si on pense au martin pêcheur, les castors vont Parfois, à certains endroits, par</p>
<p class="p2">exemple, créer des régions de berges où là, le martin-pêcheur va pouvoir aller nicher.</p>
<p class="p2">On retrouve aussi dans ces territoires des arbres. qui vont être, pas forcément abattus</p>
<p class="p2">par le castor, mais qui vont par exemple être affaiblis à cause de l'inondation de l'eau,</p>
<p class="p2">qui vont finir par verser. Puis on a ce qu'on appelle une assiette racinaire, c'est quand</p>
<p class="p2">l'arbre qui verse et puis il y a toutes les racines avec la terre qui restent entremêlées</p>
<p class="p2">entre les racines, qui va se retrouver à la verticale. Et puis dans ces assiets tracinaires,</p>
<p class="p2">ça fait de nouveau un super habitat pour le martin-pêcheur, pour nicher. Il y a aussi les</p>
<p class="p2">chauves-souris qui vont profiter de tout ça, parce qu'elles sont insectivores. Il y a</p>
<p class="p2">d'ailleurs une étude qui vient d'être publiée par le VSL et l'EAVAG qui montre qu'il y a</p>
<p class="p2">plus d'activités alimentaires des chauves-souris sur les territoires de castors. Donc</p>
<p class="p2">elles vont juste plus se nourrir, ce qui est bénéfique pour elles forcément. Donc il y a</p>
<p class="p2">vraiment, grâce aux castors, une dynamique qui se remet en place et puis une chaîne</p>
<p class="p2">alimentaire qui se reconstruit et qui permet de soutenir un grand nombre d'individus et</p>
<p class="p2">d'espèces différentes. Je vous ai parlé aussi de notre étude sur la migration psychicole</p>
<p class="p2">et puis des craintes du milieu de la pêche par rapport à l'interruption de la migration</p>
<p class="p2">psychicole à cause des barrages de castors. On a étudié trois différents types de cours</p>
<p class="p2">d'eau et de barrages de castors. Un type de barrage qui est très peu naturel, qui est</p>
<p class="p2">incisé, ça veut dire que le cours d'eau s'est enfoncé dans le terrain, donc il n'y a plus laconnexion entre la rivière et la plaine alluviale. Il y a eu le type un peu, on va dire,</p>
<p class="p2">intermédiaire, le cours d'eau n'est pas très naturel mais il y a quand même une petite</p>
<p class="p2">formation de berges qui pourrait servir à reconnecter la rivière et la plaine alluviale. Et</p>
<p class="p2">puis il y a le troisième type qui est le type encore très naturel où la rivière est à niveau</p>
<p class="p2">avec le terrain et puis quand il y a une crue par exemple, elle peut vraiment inonder la</p>
<p class="p2">zone alentour. Et sur ces trois types de cours d'eau, on a fait des pêches électriques où</p>
<p class="p2">on va aller dans le cours d'eau ramasser tous les poissons qu'on trouve en fait, on les</p>
<p class="p2">tue pas, c'est juste qu'on les assomme entre guillemets grâce à l'électricité pendant</p>
<p class="p2">quelques secondes, on les récupère dans des seaux, on les met dans des bacs pour</p>
<p class="p2">les mesurer, regarder quelle espèce c'est, les taguer, enfin leur mettre une puce pour</p>
<p class="p2">connaître leur déplacement, et ensuite on les remet dans le cours d'eau. Dans les</p>
<p class="p2">cours d'eau très naturels, on constate qu'il y a jusqu'à 75% des poissons, en</p>
<p class="p2">l'occurrence là c'était une rivière où on n'avait que des truites, donc on a 75% des</p>
<p class="p2">truites qui parviennent à passer de l'aval du barrage à l'amont du barrage. Dans le</p>
<p class="p2">cours d'eau un peu intermédiaire, où il y a un peu une reconnection avec la plaine</p>
<p class="p2">induviale, une légère reconnection on va dire, là on a entre 35 et 45% des poissons qui</p>
<p class="p2">arrivent à passer. Dans cette rivière-là, on avait pas seulement de la truite, mais on</p>
<p class="p2">avait aussi du cheven et du chabot. Le chabot, c'est une petite espèce qui est très peu</p>
<p class="p2">mobile, qui n'est pas du tout réputée pour ses capacités natatoires, mais même une</p>
<p class="p2">espèce comme ça, elle parvient quand même à franchir les barrages de Castor. Et</p>
<p class="p2">puis, dans le troisième et dernier type de cours d'eau, donc le cours d'eau très incisé,</p>
<p class="p2">peu naturel, Là, on avait encore environ 30% des poissons qui arrivaient à passer ces</p>
<p class="p2">barrages. Donc, on voit que cette crainte qu'il n'y ait plus aucun échange entre l'amont</p>
<p class="p2">et l'aval, elle n'est pas du tout justifiée. Il y a quand même, que ce soit un échange</p>
<p class="p2">génétique, un échange d'individus, il est assuré, même dans des circonstances très</p>
<p class="p2">peu naturelles. Et puis, ce qu'on a pu constater grâce à cette étude, c'est qu'en fait, ces</p>
<p class="p2">passages se font principalement en période de crue. Parce que quand il y a une crue,le niveau de la rivière monte, le niveau d'eau de la rivière, il y a plus de débit, plus</p>
<p class="p2">d'eau. Et puis la hauteur de la rivière entre l'amont et la valle du barrage de Castor, elle</p>
<p class="p2">va tendre à s'égaliser. Donc au lieu d'avoir peut-être un barrage d'un mètre de haut</p>
<p class="p2">avec un mètre de différence d'eau, entre l'amont et l'aval du barrage, on a tout d'un</p>
<p class="p2">coup un niveau aval qui va avoir tendance à remonter, vu qu'il y a plus d'eau, et puis</p>
<p class="p2">c'est à ce moment-là que les poissons profitent pour traverser. Et puis, dans les cours</p>
<p class="p2">d'eau très naturels, il y a aussi la formation de chenots secondaires, de bras</p>
<p class="p2">secondaires, ça fait comme des petits ruisseaux de contournement. Et là, les poissons</p>
<p class="p2">peuvent tranquillement passer entre l'amont et l'aval grâce à ces bras secondaires. Du</p>
<p class="p2">coup, on a aussi étudié cette qualité des eaux. Grâce au barrage de Castor, on a</p>
<p class="p2">vraiment une diminution des nitrates présents dans l'eau jusqu'à environ 20% entre</p>
<p class="p2">l'amont et l'aval. Et ça, c'est uniquement grâce au fait que le barrage de Castor va</p>
<p class="p2">permettre de ralentir le trajet de l'eau, et puis l'eau, du coup, passer plus de temps à</p>
<p class="p2">certains endroits, il y a plus de temps pour que les nutriments, les polluants se</p>
<p class="p2">déposent dans les sédiments, et après les plantes peuvent aussi mieux les extraire</p>
<p class="p2">pour leur croissance. En sachant que nos eaux sont fortement polluées, c'est plutôt</p>
<p class="p2">positif d'observer cette diminution des nitrates. Et puis finalement, on a aussi étudié un</p>
<p class="p2">territoire de castors où on a pu constater que la zone inondée par le castor, C'était</p>
<p class="p2">vraiment un territoire où il y a une grande surface qui est inondée, c'est un territoire</p>
<p class="p2">forestier où l'eau pouvait vraiment s'étendre. Et puis là, on a constaté qu'il y avait trois</p>
<p class="p2">fois plus de carbone qui était stocké grâce à cette zone humide créée par le castor,</p>
<p class="p2">comparé à la forêt qui était présente auparavant. Donc ça, quand on pense au</p>
<p class="p2">réchauffement climatique et tout ça, ça peut aussi être assez intéressant.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Est-ce que tu peux faire la distinction entre le barrage que nous autres</p>
<p class="p2">humains pouvons faire et les barrages de Castor sur les cours d'eau de rivière?Cécile Auberson: Oui, oui. Alors ça, c'est important de ne pas les, de ne pas confondre</p>
<p class="p2">le barrage humain et le barrage de Castor. Ce n'est pas du tout la même chose,</p>
<p class="p2">effectivement. Nous, nos barrages, ça va être une construction fixe en béton qui va,</p>
<p class="p2">tant que nous, on ne le détruit pas, elle va rester là, toujours. On a parlé de cette</p>
<p class="p2">question de migration piscicole, mais elle va vraiment empêcher la migration piscicole.</p>
<p class="p2">Un barrage de Castor, c'est une construction en bois, avec quand même des petits</p>
<p class="p2">trous, ce n'est pas un ouvrage 100% étanche, il va être là pour quelques jours,</p>
<p class="p2">quelques mois, quelques années au maximum. Mais il y a de toute façon un moment</p>
<p class="p2">ou un autre où il va être détruit par une crue. En Suisse, le plus haut barrage qu'on ait</p>
<p class="p2">connu, il mesurait 4 mètres de hauteur. Il a été emporté par une crue une fois. Ces</p>
<p class="p2">barrages ne tiennent pas sur le long terme. Après, c'est vrai que ça arrive que certains</p>
<p class="p2">barrages tiennent quand même plusieurs années. Puis avec l'arrivée des sédiments,</p>
<p class="p2">toujours avec la rivière, petit à petit, ces barrages vont quand même se combler. Au</p>
<p class="p2">bout d'un moment, ils seront pleins. C'est la même chose qu'avec nos barrages. Au</p>
<p class="p2">bout d'un moment, nos barrages sont pleins. Il faut trouver une solution pour les vider.</p>
<p class="p2">Là, l'avantage des barrages de Castor, c'est qu'une fois qu'ils sont pleins, ils se</p>
<p class="p2">transforment en ce qu'on appelle des prairies de Castor, où ça devient du sol. C'est</p>
<p class="p2">plus de l'eau, ça devient du sol qui s'est bâti sur des sédiments. Et puis la rivière, à ce</p>
<p class="p2">moment-là, une fois que le barrage est complètement plein, elle va se trouver un autre</p>
<p class="p2">chemin. Elle va créer un autre bras et puis le cycle va recommencer. Donc c'est ça qu'il</p>
<p class="p2">faut voir, c'est qu'un barrage de castors, c'est extrêmement dynamique. Même s'il est</p>
<p class="p2">en place pour des années, en fait, ça va changer. Tout d'un coup, il sera plein. La</p>
<p class="p2">rivière, elle fait un détour et puis elle trouvera, elle se ferait un autre chemin. Et puis il y</p>
<p class="p2">a des nouveaux... quelque chose qui est en mouvement, et il y a toujours des nouveaux</p>
<p class="p2">écosystèmes qui vont se créer à gauche, à droite, en avant, en aval, et qui permettent</p>
<p class="p2">à une multitude d'espèces, du coup, de se reproduire, d'évoluer. Et puis, quand un</p>
<p class="p2">barrage, par exemple, se rompt à cause d'une crue, ça c'est aussi une crainte quiexiste beaucoup, c'est que tout d'un coup, on a une immense masse de bois qui, en un</p>
<p class="p2">bloc, se déplace dans la rivière. En fait, c'est pas comme ça que ça se passe. En</p>
<p class="p2">général, quand ils se rompent à cause d'une crue, c'est d'abord qu'on a une petite</p>
<p class="p2">brèche, ça emporte quelques bouts de bois, puis après on a quelques petits bouts de</p>
<p class="p2">bois encore en plus qui sont emportés. Donc ça ne va vraiment jamais être une énorme</p>
<p class="p2">masse. On peut quand même garder en tête, si on est directement en aval d'un pont,</p>
<p class="p2">un petit risque pour la protection contre les crus. Mais de manière générale, ce n'est</p>
<p class="p2">vraiment pas un problème parce qu'il va s'égrener comme ça au fil du temps et puis il</p>
<p class="p2">va se démanteler tout gentiment. Et puis, une fois qu'un barrage de castors est rempli,</p>
<p class="p2">on se retrouve avec une surface qui a été sous l'eau pendant peut-être plusieurs</p>
<p class="p2">semaines, plusieurs mois. et qui sera différente. Tout d'un coup, on aura une surface un</p>
<p class="p2">peu limoneuse, comme ça, dans laquelle, par exemple, des abeilles sauvages pourront</p>
<p class="p2">trouver un endroit pour creuser leur nid. Et c'est une surface qui n'existait pas avant.</p>
<p class="p2">Une fois que ce barrage-là est détruit, si les castors veulent rester à cet endroit, ils vont</p>
<p class="p2">certainement devoir reconstruire leur barrage à un autre endroit. Et puis, ils vont peut-</p>
<p class="p2">être aller un peu plus en aval, peut-être un peu plus en amont, et reconstruire un</p>
<p class="p2">barrage. Et puis, c'est un autre endroit qui se retrouvera sous l'eau pendant un moment.</p>
<p class="p2">Donc, c'est vraiment quelque chose de très dynamique, de très variable. Tandis que</p>
<p class="p2">nos ouvrages hydrauliques, nos ouvrages de barrage de manière générale, c'est</p>
<p class="p2">quelque chose de fixe en fait, qui n'apporte aucune dynamique et qui en plus empêche</p>
<p class="p2">la connectivité entre l'amont et la valle.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super, merci pour la précision. Est-ce qu'il y a des zones d'entente où on</p>
<p class="p2">est enfin d'accord pour accueillir le castor? Est-ce qu'on arrive à se mettre d'accord</p>
<p class="p2">pour qu'il arrive dans certaines zones et qu'il inonde certains espaces? Peut-être tu</p>
<p class="p2">parlais là des forêts. Est-ce que ça, c'est un endroit où on peut déjà se mettre d'accord</p>
<p class="p2">que le castor est vraiment le bienvenu?Cécile Auberson: Oui, alors dans les forêts, effectivement, ça ne va pas être possible</p>
<p class="p2">partout, partout, parce que comme en zone agricole, il y a aussi des forêts qui sont</p>
<p class="p2">exploitées pour le chêne, en France, je crois, beaucoup pour les peupliers. Mais c'est</p>
<p class="p2">vrai qu'en forêt c'est plus facile, aujourd'hui en tout cas en Suisse, d'accueillir le castor</p>
<p class="p2">à large échelle qu'en zone agricole parce qu'on a un outil qui a été développé qui nous</p>
<p class="p2">permet de créer des réserves forestières, on va appeler ça, façonnées par le castor.</p>
<p class="p2">C'est une entente entre la Confédération et les cantons, on va appeler ça une</p>
<p class="p2">convention RPT. C'est une convention programme entre les cantons et la Confédération</p>
<p class="p2">qui libère un certain budget pour créer des réserves forestières façonnées par le</p>
<p class="p2">Castor. C'est un nouvel outil qui existe depuis 2025. Et c'est vraiment hyper positif</p>
<p class="p2">parce que les forêts humides ont aussi été décrites comme habitats prioritaires. En</p>
<p class="p2">Suisse, il n'y a pas de meilleur outil pour créer des forêts humides que le castor parce</p>
<p class="p2">que c'est vraiment ce qu'il fait en fait. Quand il arrive dans une forêt où il y a un</p>
<p class="p2">ruisseau, il permet la restauration de forêts humides. C'est exactement ce qu'il va faire</p>
<p class="p2">par son écologie, par sa façon de vivre. Et puis ce qui est super du coup aujourd'hui</p>
<p class="p2">c'est qu'on peut dédommager correctement les propriétaires forestiers qui acceptent de</p>
<p class="p2">mettre en réserve une partie de leur forêt là où il y a déjà des castors d'une part ou</p>
<p class="p2">bien là où il pourrait y avoir du castor. Parce qu'on a aussi développé un modèle</p>
<p class="p2">cartographique qui nous permet de prédire quelle serait l'inondation du terrain à cause</p>
<p class="p2">du castor, à cause des barrages de castor à l'échelle de la Suisse. Aujourd'hui, on a</p>
<p class="p2">une carte où on a des zones bleues, vertes qui s'allument si telle ou telle surface se</p>
<p class="p2">retrouve sous l'eau, si un castor devait construire un barrage de 50 cm ou 1,5 m. On a</p>
<p class="p2">le modèle pour les deux échelles. Maintenant, avec cet outil-là, on peut vraiment aussi</p>
<p class="p2">prédire, avant même que le castor arrive, on peut se dire qu'il y a un risque que le</p>
<p class="p2">castor arrive, parce qu'on connaît aussi la dynamique de population, on voit un peu où</p>
<p class="p2">il se répartisse dans le paysage, on peut dire qu'il y a un risque qu'il arrive, il y a cette</p>
<p class="p2">surface-là qui sera mise sous l'eau s'il commence à construire des barrages, et avec çaon peut même aller vers le propriétaire forestier avant même que le castor arrive et</p>
<p class="p2">commence à faire des dégâts, cause peut-être la colère du propriétaire ou de la</p>
<p class="p2">propriétaire, on peut aller vers la personne responsable et lui dire, bon ben voilà, on a</p>
<p class="p2">ces données-là, c'est possible que d'ici quelques années, il y ait un castor qui s'installe,</p>
<p class="p2">c'est possible qu'il y ait cette zone, cette surface d'arbre qui soit mise sous l'eau. Est-ce</p>
<p class="p2">que vous voulez mettre cette surface en réserve? Pour ça, vous gagnez tant d'argent</p>
<p class="p2">en fonction de la surface. Et puis, ça permet vraiment de désamorcer le conflit avant</p>
<p class="p2">même qu'il soit présent. parce que venir en amont, la personne en face n'est pas</p>
<p class="p2">encore fâchée. Quand on revient en réactif après qu'il y ait eu deux hectares sous l'eau,</p>
<p class="p2">Le dialogue, il peut être un peu plus difficile. Aujourd'hui, pour le milieu forestier, on a</p>
<p class="p2">vraiment un super outil qui nous permet de sécuriser des surfaces pour le castor. Enfin,</p>
<p class="p2">je dis pour le castor, mais c'est faux. C'est vraiment, on sécurise des surfaces pour la</p>
<p class="p2">nature aménagées par le castor. Parce que de nouveau, un castor, il est hyper</p>
<p class="p2">adaptable et il n'a pas besoin de nous pour sécuriser des surfaces. Lui, il a besoin juste</p>
<p class="p2">d'eau, de nourriture, comme je l'ai dit, et il s'installe où il veut, en fait. Après, c'est</p>
<p class="p2">comment nous, est-ce qu'on arrive à réagir à sa présence et comment est-ce que nous,</p>
<p class="p2">on arrive à cohabiter avec lui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Très chouette, tout ça dans le dialogue. Aujourd'hui, de plus en plus, on</p>
<p class="p2">se rend compte et tous les acteurs commencent à voir l'importance de réhydrater nos</p>
<p class="p2">paysages, de gérer les flux d'eau, qu'ils soient en trop grande quantité ou en trop faible</p>
<p class="p2">quantité à certaines périodes de l'année. Donc, est-ce que tu as des exemples concrets</p>
<p class="p2">sur l'impact du castor sur ce genre de situation de réhydratation du paysage?</p>
<p class="p2">Cécile Auberson: En 2018, on a eu une grosse sécheresse en Suisse, et puis il y a eu</p>
<p class="p2">des agriculteurs qui se sont rendus compte que leur champ, qui était en bordure d'une</p>
<p class="p2">rivière où il y avait un castor, continuait à produire même en période de sécheresse,tandis que le même champ un peu plus bas, où il n'y avait pas l'influence du castor,</p>
<p class="p2">tout avait séché. Réhydratation du paysage, on commence aussi avec le réchauffement</p>
<p class="p2">climatique. On se rend compte que ça devient hyper important parce qu'on a les</p>
<p class="p2">sécheresses qui s'enchaînent l'une après l'autre. En France, au sud de la France, c'est</p>
<p class="p2">encore pire. En Suisse, on est encore assez préservé par rapport à ça. mais on se rend</p>
<p class="p2">compte qu'il y a vraiment besoin de commencer à créer des paysages éponges, on</p>
<p class="p2">appelle ça, donc des endroits où l'eau ne coule pas simplement dans une rivière, mais</p>
<p class="p2">elle s'infiltre aussi mieux dans la nappe. Et ça, c'est quelque chose que Castor, grâce à</p>
<p class="p2">ses barrages, permet aussi, parce que le temps de résidence de l'eau est augmenté,</p>
<p class="p2">justement, grâce à... Voilà, la rivière est barrée, tout d'un coup, l'eau bute contre un</p>
<p class="p2">objet, elle va rester plus longtemps à cet endroit-là. Ça lui laisse plus de temps pour</p>
<p class="p2">s'infiltrer dans le sol. donc pour recharger la nappe et puis aussi pour juste, par</p>
<p class="p2">capillarité, se répandre un peu dans toute la zone environnante. Et des paysages</p>
<p class="p2">comme ça, plus hydratés, sont donc plus humides, tout bêtement, ils permettent une</p>
<p class="p2">meilleure croissance des plantes, mais ils permettent aussi une meilleure résilience</p>
<p class="p2">face aux incendies. Ça c'est une chercheuse, Emily Fairfax, une chercheuse</p>
<p class="p2">américaine qui étudie beaucoup cet aspect-là, et qui a montré que les barrages de</p>
<p class="p2">castors, les territoires de castors, fonctionnent comme des véritables petites oasis, et</p>
<p class="p2">elle a des photos assez impressionnantes où on voit des vallons entiers qui ont brûlé et</p>
<p class="p2">puis au milieu un petit bijou vert qui est encore complètement fonctionnel. Ça</p>
<p class="p2">fonctionne uniquement grâce au casteur, grâce à la présence du casteur et ça sert</p>
<p class="p2">vraiment de refuge aussi aux espèces, aux animaux qui sinon auraient brûlé tout</p>
<p class="p2">bêtement parce qu'ils n'auraient pas eu d'autres endroits pour aller se réfugier. Ça c'est</p>
<p class="p2">vraiment un des aspects de la réhydratation du paysage et puis il y a les Beaverdam</p>
<p class="p2">Analogues, Des ouvrages mimétiques castors, c'est un peu une idée qui vient</p>
<p class="p2">principalement des États-Unis, où l'idée c'est de refaire des barrages de castors</p>
<p class="p2">humains, enfoncer des pieux dans un cours d'eau, mettre des branches pour retenirl'eau, et puis ça commence à être de plus en plus fait pour bénéficier des avantages du</p>
<p class="p2">castor dans les régions où il n'est pas encore présent, par exemple. Autre exemple de</p>
<p class="p2">comment est-ce qu'on peut vraiment bénéficier de la présence du castor en République</p>
<p class="p2">tchèque, dans la région de Brdi, C'était en début 2025, fin 2024, il y avait un marais qui</p>
<p class="p2">devait être renaturé, donc remis en eau, en fait. Et puis ça a duré des années de</p>
<p class="p2">discussions entre les politiques, les bureaux, etc. Ils n'arrivaient pas à se mettre</p>
<p class="p2">d'accord. Et puis, un jour, il y a un castor qui est arrivé, il s'est installé. En une nuit, il a</p>
<p class="p2">construit un barrage. Il n'y a eu plus besoin de revitaliser la zone. Et du coup, l'État</p>
<p class="p2">tchèque, à économiser plus d'un million en fait. Si on avait nous fait ce travail-là, ça</p>
<p class="p2">aurait coûté plus d'un million. Et là, le Castor a réussi à régler les choses en une nuit, et</p>
<p class="p2">puis à faire les choses au final bien mieux que nous. Et c'est ça aussi qu'il faut bien</p>
<p class="p2">garder en tête, c'est que c'est bien joli de faire des BDA, les Bitverdam Analogues, et</p>
<p class="p2">ça peut vraiment être très efficace, mais faire ça, ça implique après qu'il faut aussi les</p>
<p class="p2">entretenir, etc. Donc un castor va être de toute façon bien plus efficace, parce que lui il</p>
<p class="p2">le fait gratuitement, il le fait mieux, il n'a pas besoin de réfléchir où est-ce que l'ouvrage</p>
<p class="p2">doit être construit pour avoir le plus d'impact, en fait il le fait instinctivement. et puis il se</p>
<p class="p2">charge après de l'entretien pendant des années jusqu'à ce qu'il meurt en fait. Donc il</p>
<p class="p2">faut vraiment garder en tête que accueillir les castors c'est pas seulement parce que</p>
<p class="p2">c'est un animal qui a aussi le droit d'exister, le droit de vivre comme tous les autres</p>
<p class="p2">animaux, mais c'est aussi une question de qu'est-ce qu'on veut pour nous, qu'est-ce</p>
<p class="p2">qu'on veut pour nos rivières, qu'est-ce qu'on veut pour nos paysages, et puis aussi</p>
<p class="p2">considérer le fait que ça peut vraiment nous amener énormément de choses,</p>
<p class="p2">énormément de bénéfices, de pouvoir trouver une manière de cohabiter avec eux.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Il y a énormément de choses à apprendre et à découvrir sur le Castor. Tu</p>
<p class="p2">en partages beaucoup sur ta page LinkedIn. Est-ce qu'il y a d'autres ressources?Cécile Auberson: On a aussi un site internet conseil-castor.ch où on essaye de</p>
<p class="p2">partager un maximum de choses sur le Castor, qui est une très bonne ressource. Au</p>
<p class="p2">niveau de la France, on a aussi la Société française pour l'étude et la protection des</p>
<p class="p2">mammifères qui a une page internet consacrée au Castor. Il y a aussi une page</p>
<p class="p2">internet qui est coordonnée par l'Office français de la biodiversité qui est consacrée au</p>
<p class="p2">Castor. Et puis en termes de livres, on a publié en 2024 avec Rémi Masson, un</p>
<p class="p2">plongeur apnéiste français, et puis mon collègue Christophe Angst un livre qui s'appelle</p>
<p class="p2">« Les mille vies du castor » aux éditions La Salamandre. Et ça c'est vraiment un beau</p>
<p class="p2">livre avec des clichés justement sous l'eau du castor, c'est assez unique. Rémi a fait un</p>
<p class="p2">travail extraordinaire par rapport à ça. Et puis, petite pub aussi, en avril 2026, on va</p>
<p class="p2">sortir une monographie sur le castor, avec les éditions La Salle à Londres aussi. C'est</p>
<p class="p2">une traduction du livre allemand Baumeister mit bis, qui raconte tout ce qu'il faut savoir</p>
<p class="p2">sur le castor. Je l'ai traduit, et puis avec Johan Bressan, on l'a adapté pour le public</p>
<p class="p2">francophone. On a aussi ajouté des des aspects très français pour que le public</p>
<p class="p2">français, francophone s'y retrouve et soit aussi intéressé par ça, par les exemples qui</p>
<p class="p2">Lennan Bate: sont donnés. Génial. Comme d'habitude, tout ce dont on a parlé et puis</p>
<p class="p2">là, les liens que tu as donnés seront disponibles en notes de passe-page. Merci</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"> </p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[LIENS : 
https://emilyfairfaxscience.com/research/
 
conseil-castor.ch
 
Société française pour l'étude et la protection des mammifères
https://www.sfepm.org/le-castor-deurope.html
 
Office Français de la Biodiversité
https://ofb.gouv.fr/especes/castor-europe-castor-fiber
 
Livre
Les milles vies du Castor
https://boutique.salamandre.org/les-mille-vies-du-castor.pdt-1461/
 
 
Dans les années 1960, Robert Paine et son équipe ont mis en lumière des principes écologiques fondateurs avec leur expérience sur les bassins à marée basse du litoral Nord américain. Une de leur trouvaille, c’était l’existence et l’importance d’espèces clé de voute. C’est à dire une espèce caractérisée par la qualité, le nombre et l'importance des liens qu'elle entretient avec son habitat et les autres espèces.
Et en entendant Cécile Auberson me parler du castor, impossible de ne pas sentir comme nos besoins, en tant que société et habitant de la terre, sont alignés avec l’impact du castor sur les écosystèmes. Pourtant nous entretenons avec le castor une longue histoire de chasse qui a mené a sa quasi disparition en Europe.
Le rôle de Cécile est de comprendre l’impact du castor, le quantifier et le prédire afin de permettre que son retour à travers nos paysages soit bien compris et bien accueilli. Parce que lui aussi peut, pour certaines communautés, être aussi clivant que l’ours ou le loup. Alors soyons curieux et découvrons les extraordinaires interrelations du vivant.
Transcription : 
 
32 - Pourquoi cohabiter avec le castor avec Cécile
Auberson
Cécile Auberson: on sécurise les surfaces pour la nature aménagées par le castor.
Parce que de nouveau, un castor, il est hyper adaptable et il n'a pas besoin de nous
pour sécuriser les surfaces. Lui, il a besoin juste d'eau, de nourriture, comme je l'ai dit,
et il s'installe où il veut, en fait. Après, c'est comment nous, est-ce qu'on arrive à réagir
à sa présence? Et comment est-ce que nous, on arrive à cohabiter avec lui?
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la
santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture
occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire
des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne
notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin
d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture
réellement bénéfique pour tous? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au
travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Alors, il
ne s'agit pas du loup ni de l'ours. Pourtant, le petit animal dont on va parler aujourd'hui
a pour certains une image assez controversée. Il s'agit du castor. Et donc toi, Cécile
Auberson, tu étudies ses impacts, ses comportements et tentes d'améliorer son
acceptation en considérant chacun des acteurs qui seront impactés par son retour sur
le territoire suisse où tu travailles. Pour commencer, est-ce que tu peux nous dresser
un historique de la relation humain-castor?
Cécile Auberson: C'est une relation qui n'a pas toujours été simple. Le castor a
quasiment été éradiqué au début du XXe siècle. En Suisse, déjà en 1820, on a tué le
dernier castor du territoire pour trois raisons. Pour la viande qui était consommée demanière régulière. Pour le castoreum, qui est une substance qu'il a utilisé pour marquer
son territoire et qui était très utilisée, très recherchée dans la pharmacopée. C'était une
substance qui était censée guérir tous les petits maux, tous les bobos.
Lennan Bate: Aussi dans la parfumerie, non?
Cécile Auberson: Oui, la parfumerie aussi, exactement. Et toujours aujourd'hui en fait,
mais aujourd'hui on utilise du castorium de synthèse, des composés de synthèse. Donc
on ne tue plus de castor aujourd'hui pour la parfumerie. Et puis on utilisait aussi sa
fourrure, énormément. Il a une fourrure, l'une des]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
        <itunes:explicit>false</itunes:explicit>
        <itunes:block>No</itunes:block>
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        <itunes:episodeType>full</itunes:episodeType>
            </item>
    <item>
        <title>31 - Bien-être animal avec Luc Mounier</title>
        <itunes:title>31 - Bien-être animal avec Luc Mounier</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/31-bien-etre-animal-avec-luc-mounier/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/31-bien-etre-animal-avec-luc-mounier/#comments</comments>        <pubDate>Mon, 29 Dec 2025 18:00:00 -0400</pubDate>
        <guid isPermaLink="false">renoueepodcast.podbean.com/7ff3a9e5-0506-3207-b624-0c1930ae1a0f</guid>
                                    <description><![CDATA[<p class="p3">Le bien-être animal est aujourd’hui au cœur de nombreux débats, mais il reste souvent mal compris. Entre idées reçues, injonctions sociétales et réalités de terrain, une question essentielle demeure : de quoi parle-t-on vraiment quand on parle de bien-être animal ?</p>
<p class="p3">Pour en discuter, j’accueille Luc Mounier qui travail depuis plus de 25 ans à VetAgro Sup. Responsable de la chaire Bien-Être Animal et expert auprès du ministère et du Parlement européen, il travaille sur les filières bovines, porcines et volailles et nous aide à faire le lien entre science, élevage et société.</p>
<p class="p3">Dans cet épisode, nous allons revenir aux fondamentaux : comment définir les besoins des animaux, quel rôle joue l’éthologie, et en quoi le bien-être animal impacte la santé, la productivité, l’environnement et les choix de société.</p>
<p class="p3">
Un échange pour dépasser les oppositions simplistes et remettre de la nuance au cœur du débat.

LIENS : </p>
<p class="p1"><a href='https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/'>https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.cnr-bea.fr/'>https://www.cnr-bea.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.anses.fr/fr'>https://www.anses.fr/fr</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.sismique.fr/'>https://www.sismique.fr/</a></p>
<p class="p1">

Transcription : 

</p>
<p class="p1">31 - Bien-être animal avec Luc Mounier</p>
<p class="p2">Luc Mounier: C'est pas la faute des éleveurs, le système dans lequel on est. C'est la</p>
<p class="p2">faute de tout le monde. Tout le monde a été dans ce système-là. A la sortie de la</p>
<p class="p2">guerre, on a dit aux éleveurs, il faut produire. On a mis des zootechniciens en leur</p>
<p class="p2">disant, voilà comment on va produire. Le consommateur s'est mis à manger de la</p>
<p class="p2">viande midi soir, midi soir, à un prix défiant toute concurrence. Donc, il était bien</p>
<p class="p2">content. Les politiques ont été dans ce système-là. Donc, c'est la faute de tout le</p>
<p class="p2">monde. C'est la faute du système. C'est pas la faute de l'éleveur. La majorité des</p>
<p class="p2">éleveurs que je connais, aiment leurs animaux et aimeraient bien avoir un système qui</p>
<p class="p2">soit plus propice au bien-être des animaux, c'est évident. Mais il faut aussi qu'ils</p>
<p class="p2">puissent manger, qu'ils puissent rembourser les investissements qu'ils ont fait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Le bien-</p>
<p class="p2">être animal est un terme omniprésent aujourd'hui, souvent débattu, parfois</p>
<p class="p2">instrumentalisé et surtout entouré de nombreuses idées reçues. J'ai donc demandé à</p>
<p class="p2">Luc Mounier, qui est enseignant bien-être animal chez Vetagro Sub depuis plus de 25</p>
<p class="p2">ans, de nous éclairer sur ce sujet complexe. Donc voici un épisode pour prendre du</p>
<p class="p2">recul, déconstruire les idées reçues et comprendre pourquoi une approche holistique</p>
<p class="p2">du bien-être animal est aujourd'hui essentielle, que ce soit pour les animaux, leséleveurs, l'environnement et notre société dans son ensemble. Tu enseignes le bien-</p>
<p class="p2">être animal depuis 25 ans chez Vetagrosup et t'es aussi responsable cher bien-être</p>
<p class="p2">animal. Alors avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter, peut-être nous</p>
<p class="p2">parler comment t'en es venu à devenir prof.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: De bien-être animal ? Alors ça c'est une longue histoire et c'est</p>
<p class="p2">complètement le hasard. J'étais étudiant à l'école Veto à Lyon, donc qui est devenu</p>
<p class="p2">Vetagrosup. et je m'occupais pas mal des associations étudiantes. Et le directeur de</p>
<p class="p2">l'époque m'a dit, à la fin de mes études, « Mounier, ça serait pas mal que vous restiez.</p>
<p class="p2">» Et il m'a dit, il y a une discipline qui va se développer, et ça, c'était en 2000-2001.</p>
<p class="p2">C'est le bien-être animal. Moi, je voulais faire vétérinaire à la campagne, je voulais faire</p>
<p class="p2">vétérinaire rural, aller faire des césariennes, soigner des vaches, des choses comme</p>
<p class="p2">ça. Puis j'avais un attrait J'étais curieux, j'avais un attrait pour l'enseignement, je lui ai</p>
<p class="p2">dit pourquoi pas. Et il m'a dit dans ce cas-là, si tu veux faire ça, il faut faire ta thèse à</p>
<p class="p2">Clermont-Ferrand. Il y a une équipe, c'est des experts du bien-être animal, c'est les</p>
<p class="p2">seuls qui travaillent là-dessus actuellement. Et donc, il m'a envoyé là-bas. Je me suis</p>
<p class="p2">intégré à l'équipe. Je suis revenu à l'école Véto où j'ai passé les concours pour devenir</p>
<p class="p2">prof. En zootechnie, donc c'est l'étude des élevages, je restais sur ma discipline, et bien-</p>
<p class="p2">être animal. Et les deux sont étroitement liés. Mais au début, je n'avais aucun attrait</p>
<p class="p2">particulier pour le bien-être des animaux. On n'en parlait pas. On m'avait appris la</p>
<p class="p2">zootechnie, on m'avait appris la production, on m'avait appris éventuellement le confort</p>
<p class="p2">des animaux, mais c'était loin du bien-être. Et je suis rentré dans cette discipline. J'étais</p>
<p class="p2">un des premiers. En tous les cas, j'étais le premier à l'enseigner dans une école véto.</p>
<p class="p2">Et ce qui fait qu'après, petit à petit, ça s'est construit comme ça. J'ai participé à des</p>
<p class="p2">projets européens, j'ai monté mon enseignement, j'ai fait des collaborations. Mais au</p>
<p class="p2">début, ça vient vraiment de mon investissement associatif où le directeur m'a dit «</p>
<p class="p2">Mounier, ce serait pas mal que vous restiez ». Et il y a une discipline qui se développe.Et depuis, je suis resté dans le domaine parce que je trouve que c'est hyper</p>
<p class="p2">intéressant. On a une vision systémique de l'élevage. qui m'intéresse et qui m'a permis</p>
<p class="p2">de découvrir et de rencontrer des gens extrêmement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Intéressants sur des thématiques assez variées. Super, on va pouvoir</p>
<p class="p2">décortiquer un petit peu ça. Mais pour commencer, est-ce que tu peux définir.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Ce qu'on appelle le bien-être animal ? Il y a une définition officielle qui a</p>
<p class="p2">été définie par l'ANSES en 2018, alors il y en a d'autres. Mais celle de 2018 de</p>
<p class="p2">l'ANSES, j'ai participé au groupe de travail et ce n'est pas pour ça que je l'aime bien,</p>
<p class="p2">mais je la trouve extrêmement intéressante. parce qu'elle recentre l'animal comme</p>
<p class="p2">étant l'acteur du bien-être des animaux, vraiment, et elle dit que le bien-être des</p>
<p class="p2">animaux dépend de l'état mental et physique des animaux, et que ça dépend de la</p>
<p class="p2">perception qu'il a de l'environnement. Et ça, c'est extrêmement important, parce que le</p>
<p class="p2">bien-être, il faut toujours prendre en compte l'animal, et c'est toujours l'animal qui a</p>
<p class="p2">raison, Et pendant très longtemps, on a fait plutôt de la bien-traitance, on a essayé de</p>
<p class="p2">mettre des conditions qui étaient favorables à l'animal, mais sans regarder vraiment ce</p>
<p class="p2">que l'animal nous disait. Et avec cette définition, on replace bien la notion d'être</p>
<p class="p2">sensible, qui est inscrite dans la loi, qui veut à la fois tout dire et rien dire, enfin qui n'est</p>
<p class="p2">pas suffisante en tous les cas en tant que tel, être sensible. Et donc, c'est un état</p>
<p class="p2">mental. Et cet état mental, il dépend de la perception. que l'animal a de la situation, à la</p>
<p class="p2">fois de son environnement physique, de son interaction avec les humains, avec ses</p>
<p class="p2">congénères, mais aussi de sa propre expérience, et donc ça va influer. Et donc, dans</p>
<p class="p2">une même situation, les animaux auront des bien-êtres qui sont différents. Et donc ça,</p>
<p class="p2">je trouve que c'est extrêmement important. Et tout ça, c'est basé sur la capacité des</p>
<p class="p2">animaux à ressentir des émotions. En fait, ils peuvent être tristes, ils peuvent être</p>
<p class="p2">joyeux, ils peuvent être frustrés. Et donc ça génère un état mental qui va être plutôtpositif ou plutôt négatif. Donc ça, c'est la définition que j'aime bien. Après, il y a des</p>
<p class="p2">définitions qui sont plus opérationnelles, parce que sur le terrain, état mental et</p>
<p class="p2">physique, c'est parfois un peu compliqué. Et donc, on utilise des définitions</p>
<p class="p2">opérationnelles. La plus connue, c'est celle qu'on appelle le principe des cinq libertés. Il</p>
<p class="p2">y a cinq grandes catégories de critères à respecter. Pour garantir le bien-être des</p>
<p class="p2">animaux, je vais en donner 2-3. La première, il ne faut pas qu'il ait faim et qu'il ait soif.</p>
<p class="p2">La deuxième, il ne faut pas qu'il soit dans un état d'inconfort. La troisième, il ne faut pas</p>
<p class="p2">qu'il ressente de douleurs, qu'il ait de blessures ou de maladies. La quatrième, il faut</p>
<p class="p2">qu'il puisse exprimer son comportement. Et la cinquième, il faut qu'il soit dans un état</p>
<p class="p2">émotionnel positif. Et donc, ces cinq libertés, on peut les évaluer facilement sur le</p>
<p class="p2">terrain. C'est pour ça qu'on dit que c'est des définitions opérationnelles et qui font</p>
<p class="p2">pendant de la définition un peu plus théorique de l'Anses. Voilà, donc c'est les deux</p>
<p class="p2">grandes définitions qu'on va utiliser. Il y en a d'autres, mais c'est les deux plus connues.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et les deux plus faciles à utiliser. Génial, ça me donne bien envie de</p>
<p class="p2">creuser certains points. Mais avant ça, moi, j'avais besoin de comprendre Je sais qu'il y</p>
<p class="p2">a eu beaucoup d'évolution. Les anciens pouvaient dire des choses sur ce qui était bien</p>
<p class="p2">pour les animaux. Aujourd'hui, on a des nouvelles considérations qui peuvent être</p>
<p class="p2">justes ou fausses. Quel rôle est-ce que l'éthologie a joué dans la prise de conscience</p>
<p class="p2">du bien-être animal, de ses comportements.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: De ses besoins, des interactions sociales, etc.? Un rôle absolument</p>
<p class="p2">fondamental. L'équipe où on m'a envoyé en 2001, c'était des éthologues et en fait,</p>
<p class="p2">c'était les premiers à regarder l'animal. Vraiment, à regarder les réactions de l'animal</p>
<p class="p2">face à une situation. Moi, j'avais appris plutôt de la zootechnie. On me disait qu'il faut</p>
<p class="p2">que le bâtiment soit comme ça. Et en fait, j'ai été chez ces experts, ces zoologues. Ils</p>
<p class="p2">m'ont dit que le bâtiment peut être comme ça. Regarde ce qu'en disent les animaux.Regarde comment ils se couchent. Regarde comment ils interagissent les uns avec les</p>
<p class="p2">autres. Regarde comment ils marchent, etc. Et là, En fait, ça paraît évident maintenant,</p>
<p class="p2">mais ça nous ouvrait les yeux sur peut-être que la quantité de paille que j'ai préconisée</p>
<p class="p2">n'est pas suffisante parce que l'animal met trop de temps à se coucher, ce qui montre</p>
<p class="p2">qu'il y a un certain inconfort. Donc l'éthologie a été vraiment fondamentale. Je ne suis</p>
<p class="p2">pas éthologue spécialiste, il y en a qui le sont bien plus que moi. J'utilise le</p>
<p class="p2">comportement pour évaluer le bien-être, mais je ne fais pas des études sur le</p>
<p class="p2">comportement animal à proprement parler. Je n'étudie pas le comportement, je l'utilise</p>
<p class="p2">comme. Peut-être que je me trompe, mais il me semble que l'éthologie était très utilisée</p>
<p class="p2">pour les animaux sauvages, la faune sauvage, Jane Goodall par exemple, pour prendre</p>
<p class="p2">un cas d'actualité, mais d'autres avant. Alors que dans le milieu de l'élevage, pour</p>
<p class="p2">étudier les réactions des animaux, il a fallu l'apport des éthologues et le développement</p>
<p class="p2">de cette discipline aux animaux de production et maintenant aux animaux domestiques</p>
<p class="p2">aussi, de manière très.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Importante. Donc, ça a été absolument fondamental. Donc, tu dirais que</p>
<p class="p2">pour avoir un diagnostic, il s'agit de capter des signes qui indiqueraient un mal-être de</p>
<p class="p2">l'animal.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Donc, ce serait quoi ces signes ? Il y en a plein. C'est ce que l'animal, il</p>
<p class="p2">va nous dire. Alors, les bovins, par exemple. Un bovin, ça doit rester à un certain</p>
<p class="p2">nombre d'heures dans la journée pour qu'il puisse ruminer tranquillement, qu'il n'y ait</p>
<p class="p2">pas trop de pression sur ses membres, etc. Et donc, un des signes, c'est le temps qu'il</p>
<p class="p2">va passer couché et la façon dont il va se coucher. Est-ce qu'il va mettre longtemps à</p>
<p class="p2">se coucher, pas longtemps à se coucher ? Ça, ça nous donne des indications sur le</p>
<p class="p2">confort de l'animal, mais aussi sur son propre état physique. Est-ce qu'il a des boiteries,</p>
<p class="p2">pas de boiteries, etc. Un indicateur, il y en a un autre, qui n'est plus dans l'éthologie,mais qui est toujours un signe de l'animal, c'est son état corporel. Avant, on disait qu'il</p>
<p class="p2">faut qu'il y ait une ration qui soit adaptée, donc on disait qu'il faut qu'il y ait X kilos</p>
<p class="p2">d'herbes, X kilos de maïs. Maintenant, on regarde l'état corporel des animaux et on dit,</p>
<p class="p2">celui-là, il est un peu maigre, celui-là, il est bien, celui-là, il est gras. Et donc, on regarde</p>
<p class="p2">l'animal, vraiment. Donc ça, c'est des signes. Et tu as dit, ce qui est intéressant, pour</p>
<p class="p2">diagnostiquer des signes de mal-être. Pendant très longtemps, on évaluait le mal-être</p>
<p class="p2">de l'animal parce que c'est ce qu'il y a de plus facile. Il n'a pas de blessures, il ne se</p>
<p class="p2">couche pas bien, il n'est pas dans un état corporel correct, il a des interactions</p>
<p class="p2">négatives avec ses congénères, etc. Depuis peu, on est en mesure d'évaluer le bien-</p>
<p class="p2">être des animaux et on utilise pour ça ce qu'on appelle en langage scientifique</p>
<p class="p2">l'évaluation qualitative du comportement. Et là, on ne fait plus du quantitatif. On ne</p>
<p class="p2">regarde pas le temps qui se met à coucher. On ne regarde pas le nombre d'interactions</p>
<p class="p2">négatives. On regarde le langage corporel des animaux. Quelle est l'impression qu'on</p>
<p class="p2">a ? Est-ce qu'on a l'impression qu'ils sont heureux ? Est-ce qu'on a l'impression qu'ils</p>
<p class="p2">sont anxieux ? Ce n'est pas du quantitatif très précis, c'est une impression. Ça nous</p>
<p class="p2">permet de déterminer les émotions des animaux. Moi, quand je l'enseigne à mes</p>
<p class="p2">étudiants, au début, tout le monde me dit que c'est hyper subjectif, ce truc. Et puis, en</p>
<p class="p2">fait, je le fais faire individuellement à une vingtaine d'étudiants et tout le monde ressent</p>
<p class="p2">les mêmes choses. Et ça, c'est extrêmement intéressant. Et moi, c'est ce que j'appelle</p>
<p class="p2">aussi l'œil de l'éleveur. L'éleveur ou le propriétaire, peu importe, qui rentre dans son</p>
<p class="p2">bâtiment, qui voit ses animaux et qui dit, il y a un truc qui ne va pas. Il ne l'a pas</p>
<p class="p2">diagnostiqué très... de manière spécifique, très détaillée, mais il sent qu'il y a un truc</p>
<p class="p2">qui ne va pas. Et ça, moi je trouve que c'est des nouveaux indicateurs qui sont,</p>
<p class="p2">maintenant qui ont été validés, qui sont objectifs, répétables, entre observateurs, etc. Et</p>
<p class="p2">qui nous permettent d'évaluer le bien-être de l'animal, et pas seulement de se</p>
<p class="p2">contenter du mal-être. Voilà, et ça c'est des avancées qui sont intéressantes, et ça</p>
<p class="p2">encore c'est l'éthologie. Alors si tu veux un poil plus de détails, en fait on a 20 adjectifs,on regarde les animaux pendant 10, 20 minutes, et après, on arrête de les regarder</p>
<p class="p2">pour ne pas être focus sur un comportement ou un autre. Donc, on arrête de les</p>
<p class="p2">regarder et on coche nos adjectifs sur une échelle de 1 à 10, en disant, alors attends,</p>
<p class="p2">est-ce qu'elles étaient anxieuses ? Est-ce qu'elles étaient heureuses ? Est-ce qu'elles</p>
<p class="p2">étaient mal à l'aise ? Et après, on a fait des critères, des algorithmes, comme ça, qui</p>
<p class="p2">nous donnent une moyenne globale. Est-ce qu'ils sont bien ou est-ce qu'ils ne sont pas</p>
<p class="p2">bien ? Je trouve.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Que ce sont des indicateurs vraiment pertinents et intéressants qui sont</p>
<p class="p2">de plus en plus utilisés. Oui, je pense que c'est essentiel de les comprendre et de les</p>
<p class="p2">connaître ces indicateurs. Souvent, c'est un pas de côté, mais je vois sur des gens qui</p>
<p class="p2">ont des chiens qui ne savent pas lire des signes de détresse que leurs chiens peuvent</p>
<p class="p2">avoir, typiquement le baillement ou le fait de regarder de côté quand il y a quelqu'un qui</p>
<p class="p2">vient les caresser. Et ça, ça peut mener à des situations dangereuses dans le cas du</p>
<p class="p2">chien. Mais en fait, de manière répétée, ce sont des stress, ce sont des signes</p>
<p class="p2">d'anxiété. que l'animal communique et que si.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: On n'arrive pas à les voir, à les entendre, à force, ça peut créer des</p>
<p class="p2">problèmes. On le fait beaucoup aussi sur les animaux de compagnie, tu as</p>
<p class="p2">complètement raison. Le bâillement chez le chien, c'est à la fois un signe d'anxiété et à</p>
<p class="p2">la fois un signe d'apaisement. C'est-à-dire que lui, il faut qu'il gère ses émotions qui</p>
<p class="p2">sont trop fortes pour une situation x ou y. Comme nous, on va ouvrir la mâchoire et</p>
<p class="p2">claquer les... les mandibules, lui, il va apaiser. Et là, on se rend compte que c'est un</p>
<p class="p2">moment où il faut faire attention à son chien. Soit il est dans un inconfort parce qu'il y a</p>
<p class="p2">un congénère en face de lui qui le stresse, une situation qui le stresse. Et donc, on n'a</p>
<p class="p2">pas forcément la solution de ce qu'il faut faire. Mais en tous les cas, il faut en avoir pris</p>
<p class="p2">conscience pour se dire, là, mon chien, il exprime quelque chose. Voilà. Moi, je distoujours aux étudiants, il faut observer les animaux, il faut observer les animaux, il faut</p>
<p class="p2">observer les animaux. Alors je leur dis aussi, il ne faut pas rester bloqué à les observer</p>
<p class="p2">pendant... Vous ne faites pas de léthologie, vous n'allez pas rester une heure, deux</p>
<p class="p2">heures à les regarder. Par contre, regardez tous les signes que vous pouvez avoir. Je</p>
<p class="p2">prends un cas typique. Les vétérinaires font souvent des perfusions. La perfusion, le</p>
<p class="p2">temps qu'elle coule sur les gros animaux, on la tient et ça va durer 3, 5, 10 minutes.</p>
<p class="p2">Dans ce cas-là, observons ce qui se passe autour. Et là, ça va nous donner plein</p>
<p class="p2">d'autres indications, alors pas forcément sur l'animal qu'on est en train de perfuser,</p>
<p class="p2">mais sur l'environnement, l'état de bien-être du troupeau.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ça va nous orienter. Donc, observons les animaux et c'est toujours eux</p>
<p class="p2">qui ont raison. Sur cette question de bien-être.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Et on a mentionné le stress, quel impact est-ce que ça a sur la santé de</p>
<p class="p2">l'animal ? Ça a des impacts importants. Bien-être et santé ne sont pas toujours</p>
<p class="p2">facilement distinguables. parce que la santé peut aussi être définie comme un état</p>
<p class="p2">mental et physique. Donc plutôt au niveau humain, nous, on fait plutôt la distinction sur</p>
<p class="p2">le bien des animaux. Il y a des exemples assez simples. Si l'animal est dans un état de</p>
<p class="p2">stress, souvent, il va avoir une perturbation de son système immunitaire et donc il va</p>
<p class="p2">être plus sensible à l'apparition de nouvelles maladies, plus sensible à des agents</p>
<p class="p2">pathogènes dans l'environnement. Donc ça, c'est... C'est un premier cas et on voit des</p>
<p class="p2">maladies arriver, par exemple au sevrage des animaux où ils ressentent un stress et</p>
<p class="p2">donc des maladies qui sont plus propices à ce moment-là. Un exemple assez facile</p>
<p class="p2">chez l'humain, c'est l'herpès virus qui est à l'état latent et qui, en cas de stress, bien</p>
<p class="p2">souvent, nos défenses immunitaires sont diminuées. Ping ! Il en profite, il ressort. Ça,</p>
<p class="p2">c'est un premier cas, la perturbation des défenses immunitaires. Et puis après, tout à</p>
<p class="p2">l'heure, quand j'ai cité les cinq libertés, il y a une des libertés, si tu as fait attention, quiest liée à l'absence de maladie. Et donc, en fait, les deux sont étroitement liées. Donc,</p>
<p class="p2">si on améliore le bien-être, on améliore la santé. Et si on améliore la santé, on améliore</p>
<p class="p2">le bien-être. Et donc, la santé, elle nous sert aussi d'indicateur de bien-être. Donc, c'est</p>
<p class="p2">toujours un peu lié. Mais concrètement, plus les animaux seront dans un état de bien-</p>
<p class="p2">être, plus ils seront en meilleure santé et puis après avec des impacts sur aussi la</p>
<p class="p2">productivité des animaux, leur comportement, etc. Donc je fais un pas de côté et puis</p>
<p class="p2">on en parlera sûrement. Là, on arrive à une notion qu'on appelle un seul bien-être One</p>
<p class="p2">Welfare. Bien-être animal et bien-être de l'éleveur sont liés parce que si le bien-être des</p>
<p class="p2">animaux est augmenté et qu'ils sont en meilleure santé, eh bien l'éleveur,</p>
<p class="p2">généralement, il est dans un état de satisfaction au travail plus important. mais on y</p>
<p class="p2">reviendra parce qu'il y a des points.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: À développer là-dessus, parce que ces animaux vont bien, donc c'est</p>
<p class="p2">agréable pour lui. Donc c'est étroitement lié. Est-ce que pour.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Autant, il y a une dichotomie entre productivisme et qualité, c'est-à-dire le</p>
<p class="p2">bien-être de l'animal ? Oui, on ne peut pas dire qu'il n'y en a pas. Dans la notion d'un</p>
<p class="p2">seul bien-être, on dit effectivement que plus les animaux sont dans un état de bien-être,</p>
<p class="p2">plus ils vont produire, parce que le stress consomme, de l'énergie, ils passent leur</p>
<p class="p2">énergie à autre chose qu'à la production. Donc quand on améliore le bien-être, bien</p>
<p class="p2">souvent on améliore la productivité individuelle des animaux. Ils vont produire plus de</p>
<p class="p2">lait, ils vont avoir une meilleure croissance, ils vont produire plus d'œufs. Et l'ongivité</p>
<p class="p2">aussi, non ? La meilleure longévité, la robustesse des animaux sera meilleure, la</p>
<p class="p2">mortalité sera plus faible. Effectivement, on améliore la productivité des animaux. Là,</p>
<p class="p2">on peut dire qu'il n'y a pas de dichotomie. Mais en même temps, avec l'évolution des</p>
<p class="p2">systèmes d'élevage où on avait été vers plus de productivité, où on a essayé de</p>
<p class="p2">pousser les animaux au maximum, ça s'est parfois accompagné d'une dégradation. dubien-être. Les poulets de chair à croissance très rapide, où on va essayer d'atteindre un</p>
<p class="p2">poids maximal en 35-40 jours, on a fait des croisements génétiques qui ont dégradé le</p>
<p class="p2">bien-être des animaux. De la même manière, quand on a mis des animaux dans des</p>
<p class="p2">systèmes d'élevage où on voulait optimiser, maximiser la productivité, on a dégradé le</p>
<p class="p2">bien-être. Donc, ce n'est pas si simple. Il y a une dichotomie entre les deux. On a des</p>
<p class="p2">actions à réaliser pour, en améliorant le bien-être, on va améliorer la productivité, mais</p>
<p class="p2">il faut faire aussi attention que trop de productivité peut être à l'origine d'une</p>
<p class="p2">dégradation du bien-être des animaux. Donc, c'est toujours une limite qui est un peu</p>
<p class="p2">dure et qu'il faut regarder au cas par cas. Mais à l'inverse, ce n'est pas parce qu'on va</p>
<p class="p2">libérer nos animaux qu'ils auront plus de productivité. Et dans le système actuel, on a</p>
<p class="p2">quand même besoin de produire des produits animaux parce que la société a besoin,</p>
<p class="p2">mange de la viande, mange des produits laitiers, mange des œufs. Donc, il faut une</p>
<p class="p2">certaine productivité pour nourrir les Français, l'Europe et plus largement le monde.</p>
<p class="p2">Donc on va trouver des compromis entre tout ça. L'idéal étant d'avoir un meilleur bien-</p>
<p class="p2">être pour.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tous et une meilleure productivité pour nourrir la planète. Mais ce n'est</p>
<p class="p2">pas toujours aussi facile que ça à trouver. Donc tu dirais que la sélection génétique, elle</p>
<p class="p2">doit être certes.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Sur la partie productivisme, mais aussi sur l'adaptation au milieu peut-</p>
<p class="p2">être de l'animal, qu'il soit bien adapté à son milieu. Ouais, complètement. Pendant très</p>
<p class="p2">longtemps, on a fait de la sélection génétique uniquement sur des critères de</p>
<p class="p2">productivité. Maintenant, ce n'est plus le cas. On va aussi travailler sur la robustesse de</p>
<p class="p2">l'animal, sa capacité à être moins malade, ses critères de rusticité, des critères</p>
<p class="p2">d'adaptation de l'animal à l'environnement. Tout simplement des critères de robustesse</p>
<p class="p2">pour qu'il puisse s'adapter mieux à son environnement et à différentes situations quivont se trouver devant lui. plus il va être robuste, plus il va être adaptable à des</p>
<p class="p2">situations. Si on a une Formule 1, la Formule 1 va pouvoir courir sur un circuit de</p>
<p class="p2">course, elle ne pourra pas faire un track sur les routes de Corse. Un animal, c'est un</p>
<p class="p2">peu pareil. S'il est spécialisé, il va être très spécialisé, mais il va être peu robuste et s'il</p>
<p class="p2">y a des perturbations qui arrivent, ça va être compliqué. Mais ça, c'est de plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: En plus intégré dans les schémas de sélection, ces critères de</p>
<p class="p2">robustesse. Et ouais, on va essayer de travailler là-dessus. Je crois que ça pose aussi</p>
<p class="p2">la question de... La dernière fois, tu me disais de bien s'installer, c'est-à-dire le choix</p>
<p class="p2">entre l'installation de départ et les investissements qu'on peut faire pour améliorer les</p>
<p class="p2">conditions de vie des élevages. Donc, ce serait quoi les investissements, là, en</p>
<p class="p2">l'occurrence, les plus rentables ? Alors, peut-être à l'installation, comment est-ce qu'on</p>
<p class="p2">pourrait bien.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Considérer une installation ? Et après, quelqu'un qui est déjà installé,</p>
<p class="p2">comment est-ce qu'il fait pour avoir, avec le moindre investissement possible, le</p>
<p class="p2">meilleur résultat ? C'est impossible de répondre à ta question parce que ça dépend</p>
<p class="p2">tellement des systèmes d'élevage, tellement des productions envisagées. Il n'y aura</p>
<p class="p2">pas du tout les mêmes réponses si on est en volaille, déjà de ponte ou de chair, si on</p>
<p class="p2">est en bovin, si on est en porcin. Moi, le meilleur investissement à faire déjà, c'est la</p>
<p class="p2">relation humain-animal. C'est le premier, vraiment. C'est un investissement qui ne coûte</p>
<p class="p2">pas grand-chose et qui joue tous les jours. tous les jours, et donc que les gens qui</p>
<p class="p2">s'installent, soit ils sont formés, c'est très bien, soit ils se forment sur la perception des</p>
<p class="p2">signes dont on parlait tout à l'heure, parce que comme ça, ils pourront diagnostiquer</p>
<p class="p2">précocement s'il y a un problème, ils pourront s'adapter, etc. avec l'environnement qu'ils</p>
<p class="p2">auront. Donc la relation humain-animal, pour moi, c'est un investissement, alors on ne</p>
<p class="p2">l'entend pas toujours comme un investissement, mais c'est un investissement dedépart extrêmement important, et travailler sur des animaux qui ont une bonne relation</p>
<p class="p2">à l'animal, qu'on va pouvoir manipuler sans qu'ils soient en état de stress. Donc, on va</p>
<p class="p2">investir à la fois sur notre propre formation et sur avoir des animaux qui ont une bonne</p>
<p class="p2">relation humain-animal. Donc, dès leur plus jeune âge, passer du temps avec eux, avoir</p>
<p class="p2">des comportements doux. Et ça, c'est un investissement pour l'avenir parce que ces</p>
<p class="p2">animaux-là, après, derrière, ils seront avec l'humain, et donc ils vont plus produire, on</p>
<p class="p2">va pouvoir diagnostiquer quand ils sont malades plus facilement, etc. Le deuxième</p>
<p class="p2">aspect, c'est des investissements bien évidemment matériels auxquels on pense, mais</p>
<p class="p2">là c'est très compliqué. Est-ce qu'il vaut mieux investir dans un bâtiment plein air avec</p>
<p class="p2">un bel accès à l'extérieur qui coûte moins cher, mais on va pouvoir mettre moins</p>
<p class="p2">d'animaux, Et puis, on a besoin de tout, en fait. On a besoin de tout. Non, le conseil,</p>
<p class="p2">moi, ça serait vraiment de travailler sur ces animaux, à la fois notre formation à nous et</p>
<p class="p2">avoir des animaux qui aient la meilleure génétique par rapport à la relation humain-</p>
<p class="p2">animal, le meilleur comportement. Alors, pour les animaux qui durent longtemps, qui</p>
<p class="p2">ont une durée de vie longue, les bovins, les porcins, c'est les prendre tout petits et les</p>
<p class="p2">habituer à nous. Pour les animaux, bien évidemment, qui durent moins longtemps, Les</p>
<p class="p2">volailles, c'est plus travailler sur la génétique et avoir des animaux qui soient moins</p>
<p class="p2">effrayés par l'humain. Cet investissement d'observation qu'on va pouvoir avoir, ça va</p>
<p class="p2">nous permettre d'adapter notre bâtiment et donc d'investir au fur et à mesure, step by</p>
<p class="p2">step. On ne pourra pas avoir le bâtiment idéal au début, ce n'est pas possible. Ça va</p>
<p class="p2">dépendre des animaux qu'on met dedans, ça va dépendre des conditions climatiques,</p>
<p class="p2">de plein de choses. Par contre, si on a appris à observer nos animaux, si on a une</p>
<p class="p2">bonne formation de départ là-dessus, si on a investi du temps là-dessus, on va pouvoir</p>
<p class="p2">adapter notre bâtiment au fur et à mesure pour qu'il soit le mieux possible en fonction</p>
<p class="p2">du système qu'on a choisi. Donc non, je n'aurais pas de conseils sur quel est le</p>
<p class="p2">meilleur système à prendre au début, ça va dépendre de plein de facteurs. Par contre,</p>
<p class="p2">on peut faire de l'accompagnement.Lennan Bate: Après pour accompagner les éleveurs, mais ça, il y a des gens qui le font</p>
<p class="p2">et ça sera du cas par cas, vraiment. Sur les cinq éléments que tu as donnés de la</p>
<p class="p2">définition du bien-être animal, il y a un des éléments qui me tient tout particulièrement</p>
<p class="p2">à cœur, c'est l'expression du comportement peut-être sauvage. Moi, ce que j'appelle</p>
<p class="p2">l'animalité, c'est-à-dire comment est-ce qu'on arrive à créer un environnement, peut-</p>
<p class="p2">être en enrichissant le milieu ou en créant quelque chose qui permet à l'animal</p>
<p class="p2">d'exprimer son besoin premier, typiquement pour les poules, de gratter, de chasser,</p>
<p class="p2">d'être en sociabilité, de prendre le soleil, etc. Et par exemple, pour les vaches, ce</p>
<p class="p2">besoin d'être en sociabilité, mais aussi de.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Se gratter. Alors c'est peut-être là-dessus que j'entends des petits</p>
<p class="p2">éléments pour enrichir le milieu et répondre à ces besoins d'expression du</p>
<p class="p2">comportement. L'expression du comportement naturel, tu as parlé d'animalité. On ne va</p>
<p class="p2">pas retrouver tout à fait les comportements à l'état sauvage parce que nos animaux ont</p>
<p class="p2">été sélectionnés et domestiqués. Donc, il faut faire attention. Par contre, on sait qu'il y a</p>
<p class="p2">un répertoire comportemental qu'il va falloir qu'ils expriment. Tu as parlé de</p>
<p class="p2">l'enrichissement. Il y a deux grands types. Il y en a plusieurs. Il y a l'enrichissement</p>
<p class="p2">social. On a domestiqué des espèces sociales. et donc il faut qu'elles soient avec des</p>
<p class="p2">congénères. Ça, c'est un premier cas. Et des animaux qui sont isolés n'auront pas une</p>
<p class="p2">expression normale du comportement parce qu'on a sélectionné des animaux qui sont</p>
<p class="p2">grégaires. Donc, il faut faire vivre les animaux en groupe. Ça, c'est le premier</p>
<p class="p2">enrichissement. C'est important. C'est à peu près le cas pour toutes les espèces</p>
<p class="p2">d'animaux de production. Les veaux laitiers, pas toujours. qui sont élevés de manière</p>
<p class="p2">isolée jusqu'à huit semaines réglementairement, c'est possible, mais on est en train de</p>
<p class="p2">revenir dessus. Sinon, les autres espèces, c'est à peu près le cas. Par contre, si tu</p>
<p class="p2">regardes le cheval, c'est souvent que le cheval, il est dans un box tout seul, alors que</p>
<p class="p2">c'est lui aussi une espèce sociale. Et donc, il faut absolument lui permettre derencontrer des congénères, idéalement de manière physique, mais à minima de</p>
<p class="p2">manière visuelle. Donc, enrichissement social. Deuxième, c'est l'enrichissement</p>
<p class="p2">physique qui va lui permettre d'exprimer des comportements comme tu le disais,</p>
<p class="p2">comportement de grattage, de fouissage, de pâturage pour les bovins. Et ça, le meilleur</p>
<p class="p2">investissement, c'est l'accès au plein air. Si nos animaux ont un accès au plein air, un</p>
<p class="p2">vrai plein air, s'entend, avec des arbres, avec une pâture, etc., ils vont pouvoir exprimer</p>
<p class="p2">Leur comportement, la poule va pouvoir gratter le sol, le cochon va pouvoir fouir le sol,</p>
<p class="p2">la vache va pouvoir pâturer. Ce n'est pas toujours possible, parce qu'on n'a pas un</p>
<p class="p2">système avec un parc scellaire autour de l'exploitation qui va pouvoir permettre un</p>
<p class="p2">accès à l'extérieur, ce n'est pas toujours possible. Dans ces cas-là, on va pouvoir faire</p>
<p class="p2">des enrichissements à l'intérieur du bâtiment. Pour les volailles, par exemple, dans les</p>
<p class="p2">systèmes sol, donc des animaux qui ne sortent pas à l'extérieur, on va pouvoir mettre</p>
<p class="p2">des balleaux de paille, des plateformes, des perchoirs pour qu'ils aient ce</p>
<p class="p2">comportement-là. On va pouvoir mettre de la litière pour qu'ils puissent gratter le sol,</p>
<p class="p2">etc. Ça, c'est le deuxième grand type. Et puis après, il y a un autre type</p>
<p class="p2">d'enrichissement qui est un enrichissement cognitif, où là, il va falloir permettre à</p>
<p class="p2">l'animal d'avoir des activités qui vont enrichir ses capacités cognitives. Donc là, on va</p>
<p class="p2">utiliser des jouets, par exemple, pour qu'ils puissent exprimer un comportement à peu</p>
<p class="p2">près normal. Si ce comportement n'est pas exprimé, derrière, on va avoir un non-</p>
<p class="p2">respect du budget temps, c'est-à-dire de la répartition des activités au cours de la</p>
<p class="p2">journée. Les animaux vont souvent développer des comportements anormaux, ou du</p>
<p class="p2">cannibalisme, ou des agressions trop importantes. Et donc, il faut essayer de favoriser</p>
<p class="p2">autant que possible le comportement naturel des animaux par les congénères, par</p>
<p class="p2">l'environnement physique, éventuellement par l'enrichissement cognitif. J'ai parlé des</p>
<p class="p2">différentes activités, mais ça peut être aussi des sons, ça peut être aussi des odeurs,</p>
<p class="p2">ça peut être des choses comme ça qui vont lui procurer un certain bien-être. Il y a des</p>
<p class="p2">choses assez simples à mettre en œuvre. Je parlais des ballots de paille.Lennan Bate: Ça a été bien montré que ça demande un peu d'investissement pour</p>
<p class="p2">l'éleveur, du temps de travail, etc. Mais ça marche plutôt bien. Alors j'aimerais qu'on</p>
<p class="p2">parle de l'abattage et des efforts qu'on peut faire sur l'abattage. Quelles sont les</p>
<p class="p2">pistes ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Et peut-être que ça nous permettra aussi un petit</p>
<p class="p2">peu de parler de... Je sais qu'un de tes rôles, c'est expert auprès du.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Ministre au Parlement européen. Donc est-ce que vous arrivez à faire</p>
<p class="p2">bouger un peu les lignes et vers quoi est-ce qu'on peut évoluer sur ces questions-là ?</p>
<p class="p2">La question de l'abattage est toujours très compliquée. On ne parle pas de bien-être à</p>
<p class="p2">l'abattoir. Les animaux, on considère qu'ils ne peuvent pas être dans un état de bien-</p>
<p class="p2">être. On parle de protection animale ou de bien-traitance. On essaye de faire le mieux</p>
<p class="p2">possible. Mais quoi qu'il arrive, même dans les abattoirs que j'ai visités qui faisaient ça</p>
<p class="p2">le mieux possible, il y a toujours un état de stress. C'est très compliqué parce qu'on va,</p>
<p class="p2">sur l'abattage, avoir des notions liées aux animaux. la souffrance, la douleur qu'ils vont</p>
<p class="p2">ressentir et qu'on va essayer de minimiser, mais aussi beaucoup d'impacts sociétaux.</p>
<p class="p2">C'est très compliqué. Et puis les gens ne veulent pas trop entendre parler d'abattage.</p>
<p class="p2">Globalement, pour améliorer la protection animale à l'abattoir, il n'y a pas photo, il faut</p>
<p class="p2">procéder à un abattage avec étourdissement. C'est très compliqué à mettre en œuvre</p>
<p class="p2">parce qu'il y a d'autres critères que juste l'animal qui rentrent en jeu. Mais</p>
<p class="p2">l'étourdissement de l'animal est ce qui va permettre d'avoir la mort la moins</p>
<p class="p2">douloureuse ou avec le moins de souffrance. Et donc c'est vraiment quelque chose qu'il</p>
<p class="p2">faut essayer de mettre en place. En fonction des religions, on va accepter soit</p>
<p class="p2">l'étourdissement avant la saignée, soit certaines religions n'acceptent pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: L'Étourdissement.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Avant la saignée, mais acceptent l'étourdissement juste après la saignée.C'est-à-dire qu'on saigne l'animal et tout de suite derrière, on l'étourdit. C'est un</p>
<p class="p2">moindre mal. Voilà. Et donc, c'est vraiment le premier critère. Pour l'instant, on n'est pas</p>
<p class="p2">d'accord. Ça ne va pas être mis en place tout de suite. Certaines ONG travaillent très</p>
<p class="p2">bien sur le domaine Je vais citer l'OABA qui fait un super travail là-dessus, qui milite</p>
<p class="p2">pour ça depuis des années. Au niveau politique, pour l'instant, européen et français,</p>
<p class="p2">c'est trop compliqué à mettre en œuvre. Certains pays européens ont essayé, mais ça</p>
<p class="p2">a nécessité, après, donc ils l'ont mis en place, mais ça a nécessité pour eux d'importer</p>
<p class="p2">des viandes d'animaux qui avaient été abattues sans étourdissement, donc ce n'est</p>
<p class="p2">pas satisfaisant non plus. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, on sait que pour</p>
<p class="p2">les abattoirs, il y a des conceptions qui peuvent minimiser le stress de l'animal et qui</p>
<p class="p2">peuvent favoriser plus de confort pour l'animal. Et là, il y a une Américaine qui a</p>
<p class="p2">beaucoup travaillé sur ces questions-là, Temple Grandin ou Grandine, je ne sais pas</p>
<p class="p2">bien comment on dit, qui a travaillé sur les couloirs d'amnés au poste de saignée. des</p>
<p class="p2">couloirs qui sont plutôt circulaires, plutôt que longilignes, des parois pleines. Il y a des</p>
<p class="p2">aménagements qu'on peut mettre en place pour que l'animal puisse aller jusqu'au</p>
<p class="p2">poste de saignée le plus sereinement possible, si on peut dire. Voilà, c'est les deux</p>
<p class="p2">grands points. Et puis après, il y a bien entendu, là encore, je reviens à ma relation</p>
<p class="p2">humain-animal, avoir un meilleur comportement avec les animaux est aussi</p>
<p class="p2">fondamental. Mais il ne faut pas oublier que les gens qui travaillent à l'abattoir</p>
<p class="p2">manipulent des animaux qui ne veulent pas avancer de 4 heures du matin à midi, qu'il</p>
<p class="p2">n'y en a pas beaucoup d'entre nous qui voudraient faire leur métier et que donc, avoir</p>
<p class="p2">un comportement approprié toute la journée, 365 jours sur 365 jours, je ne suis pas sûr</p>
<p class="p2">qu'on y arriverait tous. Voilà. Donc, bien sûr, il faut qu'il l'ait. mais pour avoir travaillé</p>
<p class="p2">avec des animaux, tous ceux qui ont travaillé avec des animaux savent que de temps</p>
<p class="p2">en temps, ils sont pénibles, ils ne veulent pas avancer et qu'on aimerait bien qu'ils</p>
<p class="p2">avancent. Donc je ne leur jette pas la pierre, moi je ne voudrais pas faire leur métier.</p>
<p class="p2">Donc c'est les trois gros points, c'est l'abattage avec étourdissement, l'environnementphysique amélioré autant que possible, ça nécessite des investissements mais c'est</p>
<p class="p2">possible, et puis travailler sur la formation des opérateurs et sur un.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bien-Être optimale de ces opérateurs pour qu'ils soient dans une</p>
<p class="p2">situation, eux, la moins inconfortable possible pour qu'ils prennent le plus de sang</p>
<p class="p2">possible des animaux. Tu citais Temple Grandin, pour le dire à l'américaine.</p>
<p class="p2">Effectivement, Pauline Garcia nous en parlait aussi dans un précédent épisode. Moi, je</p>
<p class="p2">me demandais, est-ce qu'il y a de la place pour un abattage à la ferme ? Parce que</p>
<p class="p2">moi, je suis une petite exploitation. C'est vrai que pour moi, ce serait l'idéal de pouvoir,</p>
<p class="p2">dans le champ.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Abattre l'animal, il n'y a aucun stress. Pour tout le monde, c'est le plus</p>
<p class="p2">simple. Pour moi, c'est la panacée. Qu'est-ce qu'il en est ? Je ne vais pas être dans la</p>
<p class="p2">tendance du moment. Je ne suis pas hyper favorable à l'abattage à la ferme. C'est un</p>
<p class="p2">côté très intéressant intellectuellement. L'animal n'est pas transporté, il est abattu dans</p>
<p class="p2">son environnement avec son éleveur. C'est intellectuellement très intéressant. et très</p>
<p class="p2">sexy, si je peux me permettre. Ça marche bien. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup</p>
<p class="p2">de situations où les installations ne seront pas optimales pour l'animal, parce que</p>
<p class="p2">l'éleveur n'aura pas forcément le couloir de contention pour que les animaux soient</p>
<p class="p2">bien contenus. Il n'aura pas toutes ces installations. Ça, c'est un premier cas, parce que</p>
<p class="p2">ça nécessite de l'investissement. d'abattre des animaux, il faut qu'on puisse les</p>
<p class="p2">contenir, il faut qu'on puisse les saigner et il faut qu'on puisse procéder à la mise en</p>
<p class="p2">sécurité sanitaire le plus rapidement possible. Ça, c'est le premier point. Deuxième</p>
<p class="p2">point, il y a certaines espèces, pour moi, pour lesquelles c'est encore plus compliqué.</p>
<p class="p2">Parce que pour ces investissements-là, et puis faire venir... Alors, on parle souvent des</p>
<p class="p2">camions d'abattage. Pour faire venir un camion, il faut qu'il y ait un certain volume</p>
<p class="p2">d'abattage. on ne va pas abattre juste une vache. On va en abattre 5, 6, 7 pour que lecamion ne vienne pas pour rien et qu'on n'ait pas monté les barrières pour un seul</p>
<p class="p2">animal. En élevage bovin, on abat rarement plusieurs animaux d'un coup parce que la</p>
<p class="p2">vache, elle part à la réforme. Ce n'est pas comme un lot de poulets où ils partent tous</p>
<p class="p2">ensemble. C'est une vache, deux vaches éventuellement, toutes les semaines, toutes</p>
<p class="p2">les deux semaines, toutes les six semaines, peu importe. Si on veut un certain volume,</p>
<p class="p2">ça implique de faire venir d'autres animaux au lieu d'abattage. Donc, ils vont avoir du</p>
<p class="p2">transport, du chargement et du déchargement. Et ils vont avoir un déchargement, donc</p>
<p class="p2">sortir du camion, dans un endroit qui n'est pas forcément le plus optimisé possible.</p>
<p class="p2">Parce que l'éleveur n'aura pas une rampe bétonnée, il n'aura pas des couloirs avec des</p>
<p class="p2">parois pleines, il n'aura pas forcément des couloirs incurvés. Et donc, je ne suis pas sûr</p>
<p class="p2">que pour l'animal, toutes les situations soient le mieux possible en cas d'abattage à</p>
<p class="p2">l'affaire. Alors effectivement, moi je comprends l'éleveur qui veut y abattre chez lui</p>
<p class="p2">parce qu'il se dit, c'est mes animaux, je vais en prendre soin jusqu'au dernier moment</p>
<p class="p2">et quelque part, je veux m'occuper de cette partie-là plutôt que de la confier à</p>
<p class="p2">quelqu'un dont je ne sais pas bien comment ça se passe. Je comprends. Par contre, si</p>
<p class="p2">on fait ça, il y aura des situations qui seront optimales et puis il y aura des situations qui</p>
<p class="p2">ne seront pas optimales parce que l'investissement ne sera pas suffisant pour avoir des</p>
<p class="p2">bonnes installations, parce que l'éleveur n'aura peut-être pas été formé à faire comme il</p>
<p class="p2">faut exactement. Je vais prendre un exemple. On le voit avec « Quand on tue le cochon</p>
<p class="p2">à la ferme », qui est un abattage à la ferme. Il y a des éleveurs qui vont mettre un coup</p>
<p class="p2">de matador avant. Il y en a d'autres qui vont juste le saigner sans coup de matador. Il y</p>
<p class="p2">en a qui vont l'accrocher au tracteur alors qu'il est encore conscient et puis là ça hurle</p>
<p class="p2">pendant deux, trois minutes, alors qu'à l'abattoir, ça ne dure pas aussi longtemps. Je ne</p>
<p class="p2">suis pas aussi catégorique que ça. Je pense qu'il faut continuer à travailler sur la</p>
<p class="p2">question. Moi, il me semble que des placettes, donc des lieux où on va se rassembler,</p>
<p class="p2">qui sont adaptés, etc., sont intéressantes. Parce qu'on ne peut pas non plus avoir... On</p>
<p class="p2">a un maillage d'abattage qui est de moins en moins dense, de moins en moinsd'abattoir, parce que les investissements sont lourds, et en même temps, des fois, il y a</p>
<p class="p2">des incohérences. 600 kilomètres à des animaux pour qu'ils aillent se faire abattre et</p>
<p class="p2">qu'ils reviennent après. Il y a des incohérents, donc il y a des trucs à travailler. Mais</p>
<p class="p2">l'abattage à la ferme, proprement dit, je demande à voir, je ne suis pas hyper</p>
<p class="p2">convaincu. Le modèle économique fait qu'on aura des situations où les installations ne</p>
<p class="p2">seront pas conformes, pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Optimales, et donc le bien-être ne sera pas meilleur. Je ne sais pas si j'ai</p>
<p class="p2">été clair, parce que cette situation est compliquée, mais je suis partagé sur la question.</p>
<p class="p2">Tu parles de ces animaux qui font des kilomètres avant de revenir sur place.</p>
<p class="p2">Effectivement, il y a cette situation assez rigolote, enfin rigolote, cocasse, disons, au</p>
<p class="p2">intermarché du coin, qui achète de la viande à un éleveur d'ici. qu'il envoie à un abattoir</p>
<p class="p2">à centaines de kilomètres pour revenir peut-être à voir si la carcasse est la bonne,</p>
<p class="p2">vendue sous viande locale. Donc là-dessus, peut-être ça nous fait une transition. La</p>
<p class="p2">dernière fois, tu me disais.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Le système de filière et la distribution, c'est ça qui bloque l'évolution du</p>
<p class="p2">bien-être des élevages. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce que tu</p>
<p class="p2">voulais dire ? Si.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: La carcasse est bonne, normalement la traçabilité est optimale. On sait</p>
<p class="p2">exactement quels sont les animaux qui sont abattus et quelle est leur traçabilité. En</p>
<p class="p2">France, on est extrêmement efficace là-dessus. Je pousse un peu parce que l'éleveur</p>
<p class="p2">en question me.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Disait qu'il n'y avait plus son animal et qu'il y avait toujours la même</p>
<p class="p2">étiquette via le local. Ils avaient oublié d'enlever l'étiquette. C'est pour ça que je pousseun peu. Dans la majorité des cas, la traçabilité, même l'immense majorité des cas, la</p>
<p class="p2">traçabilité est bonne. Les filières et la distribution, ce qui bloque l'évolution. En fait,</p>
<p class="p2">avant ça, c'est le consommateur. C'est le consommateur parce que la filière et la</p>
<p class="p2">distribution répondent à une demande du consommateur. Des fois, ils sont un peu</p>
<p class="p2">bloquants et ils ne veulent pas évoluer trop vite. mais ils répondent à une demande du</p>
<p class="p2">consommateur. Un grand distributeur, s'il voit que les œufs de poules en cage ne se</p>
<p class="p2">vendent pas, il va a****** d'acheter des œufs de poules en cage. Donc, le geste citoyen</p>
<p class="p2">doit être corrélé au geste consommateur. Et ça, c'est deux fois par jour au minimum</p>
<p class="p2">qu'on peut faire ce geste-là. Et il faut qu'on mette plus de pouvoir d'achat dans notre</p>
<p class="p2">alimentation si on veut être cohérent avec nos attentes citoyennes. Là, on dépense à</p>
<p class="p2">peu près 15-20% maximum de notre budget dans l'alimentation. Avant, c'était bien plus.</p>
<p class="p2">On pourrait remonter un peu plus pour avoir des produits qui respectent plus l'animal et</p>
<p class="p2">qui respectent plus les éleveurs. Ça, c'est le premier point. Et après, la distribution va</p>
<p class="p2">s'adapter à cette question-là. Si la distribution s'adapte et évolue, Généralement, les</p>
<p class="p2">filières derrière évoluent aussi. Ils ont parfois de la résistance aux changements parce</p>
<p class="p2">qu'ils ont toujours fait comme ça, mais c'est pareil pour chacun d'entre nous. Ils ont</p>
<p class="p2">toujours fait comme ça, on leur a appris comme ça et que ça marche bien. C'est un peu</p>
<p class="p2">tout le monde qui doit faire évoluer le système, mais les filières, si elles évoluent toutes</p>
<p class="p2">seules et qu'il n'y a pas... qui n'a pas d'achat derrière, ils feront vite marche arrière. La</p>
<p class="p2">meilleure évolution, c'est celle qui associe les deux. Je vais prendre le cas de l'étiquette</p>
<p class="p2">bien-être animal, qui est encore assez discrète, confidentielle, que tout le monde ne</p>
<p class="p2">connaît pas, mais qui a associé des ONG au début, des distributeurs et des</p>
<p class="p2">producteurs. Ils ont créé une étiquette bien-être animal, d'abord sur le poulet de chair,</p>
<p class="p2">en associant un peu tout le monde, et donc pour avoir un marché, une distribution et</p>
<p class="p2">une production. C'est ce qui est le plus efficace. Alors, je leur dis, je ne veux pas</p>
<p class="p2">culpabiliser le consommateur, mais le consommateur, à un moment, il a les clés. La</p>
<p class="p2">majorité, tous, ne l'ont pas, mais une bonne majorité des consommateurs ont les cléspour être en accord avec leurs attentes et donc faire évoluer le système. Et là, le</p>
<p class="p2">problème, c'est que si on ne fait pas ça, et qu'on demande à nos éleveurs d'évoluer.</p>
<p class="p2">Eux, ils vont évoluer, mais ils auront un coût de production qui sera peut-être plus</p>
<p class="p2">important. Si les consommateurs ne l'achètent pas, on sera obligé d'importer des</p>
<p class="p2">produits, moins disant d'autres pays. Enfin, on a un système qui est... On marche sur la</p>
<p class="p2">tête au b*** d'un moment. Donc, il faut que le.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Consommateur évolue sur cette question-là, accepte de payer plus cher</p>
<p class="p2">ses produits alimentaires.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: C'Est plus facile à dire qu'à faire. Pour certains, je suis d'accord. Mais</p>
<p class="p2">c'est un levier absolument fondamental. Tu parlais du label bien-être animal. Est-ce qu'il</p>
<p class="p2">y en a d'autres que tu conseillerais ? En France, on a des productions sous signe de</p>
<p class="p2">qualité. Label rouge, bio, c'est des critères pour le bien évidemment d'un côté bio, d'un</p>
<p class="p2">côté pesticides, mais aussi d'un côté bien-être. Ils ont des normes plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Importantes. le label rouge, tout ça. Donc, si on peut acheter des produits</p>
<p class="p2">sous signe de qualité, c'est généralement.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Plus respectueux à la fois du bien-être et de l'environnement. C'est</p>
<p class="p2">extrêmement efficace. Tout à l'heure, tu parlais du One Welfare, le bien-être éleveur</p>
<p class="p2">animal. Est-ce que tu veux développer, dire d'autres choses autour de ça ? Je ne sais</p>
<p class="p2">pas combien de temps tu as, parce que moi, c'est un sujet qui que je trouve</p>
<p class="p2">passionnant et qui est hyper complexe. Je travaille sur le bien-être des animaux, tu l'as</p>
<p class="p2">dit, depuis presque 25 ans. Je trouvais qu'avant, c'était assez facile. Les situations</p>
<p class="p2">étaient assez faciles. Et puis, plus je progresse, plus je trouve que c'est complexe. Et</p>
<p class="p2">puis, si on a écouté un peu Jean Covici sur le rapport à l'agriculture, ou au sommet del'élevage de Cournon, début du mois, il dit que l'agriculture, c'est le domaine le plus</p>
<p class="p2">complexe que je connaisse. Et cette notion du One Welfare, elle aborde cette</p>
<p class="p2">complexité. Je vais prendre quelques exemples pour essayer de montrer qu'en fait,</p>
<p class="p2">c'est hyper complexe. Si on améliore, on l'a dit, le bien-être de l'animal, on va améliorer</p>
<p class="p2">le bien-être de l'éleveur. Donc on va associer bien-être humain, bien-être animal, dans</p>
<p class="p2">la branche One Welfare. Si on améliore le bien-être de l'éleveur, il aura un</p>
<p class="p2">comportement plus doux avec ses animaux, il sera dans un meilleur état mental il</p>
<p class="p2">interagira mieux avec ses animaux. Donc là, c'est gagnant-gagnant. OK, très bien. Si</p>
<p class="p2">on améliore le bien-être des animaux, on va améliorer aussi la préservation de</p>
<p class="p2">l'environnement. Ils seront moins malades, donc on aura moins de médicaments à</p>
<p class="p2">utiliser. Ils produiront mieux, donc il y aura besoin de moins d'intrants, donc de moins</p>
<p class="p2">de cultures, etc. Donc ça sera gagnant-gagnant aussi. Donc là, on a notre triptyque</p>
<p class="p2">bien-être de l'humain, bien-être des animaux, préservation de l'environnement. Facile.</p>
<p class="p2">Sauf que c'est plus compliqué que ça, il me semble. Tu as sûrement entendu parler de,</p>
<p class="p2">je vais prendre un exemple, de l'initiative citoyenne européenne pour la fin des cages,</p>
<p class="p2">pour qu'on sorte les animaux des cages. Moi, je trouve ça, je suis hyper favorable, je</p>
<p class="p2">trouve ça très bien pour les animaux, Et en 2025, on peut difficilement justifier de</p>
<p class="p2">laisser des animaux dans des cages pendant toute leur vie. Mais si on fait ça, il va</p>
<p class="p2">falloir plus de place. Il va falloir procurer de la litière. Et donc, on va avoir une emprise</p>
<p class="p2">agricole qui va vraisemblablement être plus importante, parce que les bâtiments</p>
<p class="p2">prendront plus de place, donc on va artificialiser le sol. Si on a de la litière, il faudra</p>
<p class="p2">faire des céréales en plus pour produire de la paille. Et donc, si on sort demain tous les</p>
<p class="p2">animaux des cages, ce qui est bien, on aura un impact potentiel sur l'environnement</p>
<p class="p2">avec une emprise agricole qui sera plus importante et des intrants, notamment pour la</p>
<p class="p2">litière, qui seront plus importants. Je reviens au shift project. Le shift project a fait des</p>
<p class="p2">calculs. L'impact carbone en équivalent CO2 est plus faible pour des poules élevées en</p>
<p class="p2">cage que pour des poules élevées en plein air. Là, on voit bien qu'à un moment, cen'est pas toujours gagnant-gagnant. Il va falloir faire des choix et aller vers des</p>
<p class="p2">systèmes où, effectivement, on va pouvoir améliorer à la fois le bien-être de l'animal</p>
<p class="p2">sans dégrader l'environnement. Après, on pourrait me rétorquer qu'on peut faire tous</p>
<p class="p2">de l'agroécologie. donc mettre des poules sous des arbres, etc., des systèmes</p>
<p class="p2">auxquels je suis favorable. Sauf qu'un Français mange 225 oeufs par an, en moyenne.</p>
<p class="p2">On est 65 millions de Français. Ça représente un paquet d'oeufs. Et si demain, on les</p>
<p class="p2">met tous en agroécologie, je ne suis pas sûr qu'on arrive à satisfaire la demande en</p>
<p class="p2">oeufs. Et il ne faudrait pas on émis des contraintes d'agroécologie, je suis hyper</p>
<p class="p2">favorable à, mais aucun doute, mais que ça ne satisfasse pas à la demande et qu'on</p>
<p class="p2">doive importer des oeufs, ce qu'on observe, notamment d'Ukraine, avec des poulaillers</p>
<p class="p2">énormes. Donc, cette notion de One Welfare, un seul bien-être, je suis hyper favorable.</p>
<p class="p2">Il y a plein de cas où ça marche super bien, sauf qu'on est dans un système où la</p>
<p class="p2">demande est forte. On est dans un système mondialisé et que si on ne répond pas à la</p>
<p class="p2">demande du consommateur, les distributeurs vont importer des produits qui sont</p>
<p class="p2">potentiellement moins disants. Après, on peut en parler des heures, il y a plein</p>
<p class="p2">d'exemples qui parlent de ça. Là encore, il faut avoir une approche pragmatique, il faut</p>
<p class="p2">évaluer les impacts. positif, négatif, sur l'humain, sur l'environnement, sur les animaux.</p>
<p class="p2">Et en fait, ça demande une évaluation et il faut sortir des dogmes en disant si c'est</p>
<p class="p2">absolument comme ça qu'il faut faire, ça résout tous les problèmes. Ça résout tous les</p>
<p class="p2">problèmes si on diminue la consommation, si on diminue la.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Demande, oui. Si on.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Reste à demande constante et à.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Consommation constante, on ne pourra pas à la fois satisfaire au bien-</p>
<p class="p2">être des animaux, satisfaire aux impacts environnementaux et au bien-être de l'éleveur.On ne pourra pas. Je pense que ce sera difficile. Effectivement, je pense que la</p>
<p class="p2">complexité dans la réflexion, elle est au cœur de tout ça. Il y a cette phrase qu'on</p>
<p class="p2">entend souvent dans le monde anglo-saxon qui dit que l'agriculture, ce n'est pas de</p>
<p class="p2">l'astrophysique, c'est beaucoup plus complexe. Et moi, ce que j'entends un peu dans ce</p>
<p class="p2">système, c'est qu'effectivement, il y a un besoin de changement de paradigme, c'est-à-</p>
<p class="p2">dire que Les poules, si on les met... Alors certes, si on réserve juste des prairies pour</p>
<p class="p2">les poules, c'est de l'espace, entre guillemets, gâché. Mais si on considère que</p>
<p class="p2">derrière, il peut y avoir des bovins qui viennent manger cette herbe, ou même des</p>
<p class="p2">cultures. Moi, j'ai des amis qui ont des poulaillers mobiles, qui les déplacent sur des</p>
<p class="p2">cultures, parce qu'ils font aussi de la grande culture. C'est de l'azote, c'est du</p>
<p class="p2">phosphore. Sur certaines prairies, on passe la herse. En fait, la poule, elle fait ce travail</p>
<p class="p2">très minutieux.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: C'est comme une petite herse. Mais effectivement, ça change un peu les</p>
<p class="p2">élevages. C'est-à-dire qu'on n'est plus sur des poulaillers à 14 000 poules. On est sur</p>
<p class="p2">des poulaillers à 200, 300 poules. Non, mais c'est même pas 14 000 poules. Un</p>
<p class="p2">poulailler, la taille moyenne d'un poulailler en système sol, c'est 60 000 poules. Et alors</p>
<p class="p2">là, tu abordes un point auquel je suis extrêmement sensible aussi. Le système que tu</p>
<p class="p2">décris, hyper favorable, très, très bien. Moi, je suis à fond. Je trouve ça super. Mais il</p>
<p class="p2">faut des éleveurs. Il faut des éleveurs. Et on sait qu'on va perdre 50 % de nos éleveurs</p>
<p class="p2">d'ici 2030. Et donc, il faut qu'il y en ait qui retournent. Il faut qu'on retourne faire notre</p>
<p class="p2">alimentation parce que des éleveurs qui ont 200 poules, il en faudra un paquet. pour</p>
<p class="p2">faire, je te disais, il en faudra beaucoup. Et ça, c'est une vraie problématique aussi.</p>
<p class="p2">Actuellement, ce n'est pas du tout ce qu'on observe. On observe une diminution du</p>
<p class="p2">nombre d'exploitations, une diminution des nombres d'éleveurs, une augmentation de</p>
<p class="p2">la taille des élevages. Quand on a une augmentation de la taille des élevages, avoir un</p>
<p class="p2">système agroécologique où, comme tu disais, elles sont juste après la culture pourretourner un peu la terre, remettre de l'azote, etc., On ne peut pas faire ça avec 60 000</p>
<p class="p2">poules parce que les parcellaires ne sont pas possibles, parce que l'entretien n'est pas</p>
<p class="p2">possible. Je ne veux pas être pessimiste du tout parce qu'il y a des solutions au cas par</p>
<p class="p2">cas. Mais par contre, il faut les étudier et il faut accepter de mettre le prix, il faut</p>
<p class="p2">accepter d'en manger moins aussi. Mais en manger moins, ça ne veut pas dire ne plus</p>
<p class="p2">en manger. Parce que faire pousser de la lentille, c'est compliqué, c'est aléatoire, alors</p>
<p class="p2">que de la production animale, ce n'est pas aléatoire. Et donc, quand on dit que demain,</p>
<p class="p2">on mangera tous des lentilles et du pois chiches en France, non, ce n'est pas vrai. Ce</p>
<p class="p2">n'est pas vrai. Quand tu me lances là-dessus, après, je ne m'arrête plus. Il y a toutes</p>
<p class="p2">ces problématiques-là. Je ne sais pas si dans l'interview, et pourtant elle est longue, on</p>
<p class="p2">aura le temps de faire prendre conscience aux gens cette complexité-là, mais ça</p>
<p class="p2">touche des aspects géopolitiques, des aspects renouvellement des générations, des</p>
<p class="p2">aspects environnement, des aspects bien-être de l'animal, des aspects travail de tous</p>
<p class="p2">les jours, concrètement, comment ça se passe, des aspects attente des citoyens. Enfin,</p>
<p class="p2">c'est hyper complexe, la situation. Le seul moyen d'y arriver, c'est de se parler, c'est de</p>
<p class="p2">se mettre autour de la table avec des gens qui sont plutôt pour faire comme ça,</p>
<p class="p2">d'autres qui sont plutôt pas pour faire comme ça. mais qu'on arrive à se parler. Et</p>
<p class="p2">actuellement, dans la.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Société, on n'arrive plus à se parler. On a une dichotomie de la société,</p>
<p class="p2">les pour et les contre. En fait, ça ne marchera jamais pour et contre, surtout sur le</p>
<p class="p2">domaine de l'agriculture. Oui, complètement. C'est tout l'idée de ce podcast, c'est</p>
<p class="p2">d'avoir une complexité, de sortir des dogmes, de remettre un peu plus de complexité,</p>
<p class="p2">plus de compréhension de ce vaste univers et de comprendre et d'avancer petit à petit,</p>
<p class="p2">d'entendre plein de points de vue et qu'ensemble, on combine un peu tous ces</p>
<p class="p2">modèles, toutes ces façons de faire pour qu'il y ait un maillage agricole français plus</p>
<p class="p2">complexe. Et.Luc Mounier: Je pense qu'il y a de la place pour à peu près tous les systèmes</p>
<p class="p2">d'élevage ou même de culture. Mais voilà, c'est après comment est-ce qu'on</p>
<p class="p2">complexifie ? C'est pas il y a de la place pour, c'est il est nécessaire d'avoir tous les</p>
<p class="p2">systèmes parce qu'il faut bien évidemment que l'agroécologie se développe. Mais il faut</p>
<p class="p2">aussi nourrir une ville comme Paris. Les Parisiens n'auront pas tous à côté de chez eux</p>
<p class="p2">le petit éleveur local qui va avoir ses 200 poules. Donc, il est nécessaire d'avoir tous les</p>
<p class="p2">systèmes. Évidemment, il faut que les systèmes qu'on a poussés depuis les années 70,</p>
<p class="p2">très industriels, évoluent vers des systèmes moins industriels. Mais ça ne se fera pas</p>
<p class="p2">tout de suite, même si.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On est pressé. Le monde fait qu'on est pressé. mais malheureusement ça</p>
<p class="p2">n'évoluera pas tout de suite. Ça va évoluer et donc il faut accompagner le changement,</p>
<p class="p2">il faut y aller, il faut parler, voilà. Complètement. Je pense qu'il y a à ce point, tu le</p>
<p class="p2">soulevais, c'est qu'il y a moins d'un pour cent d'agriculteurs en France. Et on demande</p>
<p class="p2">à ce, je crois, de mémoire, c'était le dernier chiffre que j'avais, c'était 0,6 pour cent de la</p>
<p class="p2">population active en français est agriculteur. Donc, après, on demande à ce moins d'un</p>
<p class="p2">pour cent de résoudre le problème le plus complexe de la France, de nourrir les</p>
<p class="p2">Français avec tous les enjeux de santé, d'environnement et tout que ça représente.</p>
<p class="p2">C'est sûr que c'est un défi difficile à relever. On pourrait en parler encore des heures.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Peut-être pour commencer à clôturer, est-ce qu'il y a un point dont tu</p>
<p class="p2">aurais encore aimé parler et que ce soit le moment de relever peut-être un élément</p>
<p class="p2">dont on n'a pas pu parler ? Non, je pense qu'on a fait à peu près le tour des grands</p>
<p class="p2">éléments. Je pense qu'il faut améliorer le bien-être des animaux parce que les</p>
<p class="p2">connaissances scientifiques ont évolué et il y a des choses qu'on ne connaissait pas</p>
<p class="p2">qu'on n'avait pas scientifiquement validé sur les animaux, qui maintenant sont clair, net,</p>
<p class="p2">validés. La conscience des animaux, les émotions chez les animaux, c'est des notionsassez récentes, mais maintenant, elles sont certaines, on le sait. Et donc, dans 50, 100</p>
<p class="p2">ans, on se retournera peut-être en disant, mais qu'est-ce qu'on a fait avec les animaux</p>
<p class="p2">qui ont une conscience, qui sont des êtres sensibles ? Donc, il faut évoluer sur cette</p>
<p class="p2">question-là, c'est sûr. Si je reprends juste avant ce qu'on a dit, il ne faut pas être</p>
<p class="p2">dogmatique. Il ne faut pas le faire au détriment des éleveurs, parce que s'il y a un truc</p>
<p class="p2">qu'on n'a pas dit, c'est que ce n'est pas la faute des éleveurs, le système dans lequel</p>
<p class="p2">on est. C'est la faute de tout le monde. Tout le monde a été dans ce système-là. À la</p>
<p class="p2">sortie de la guerre, on a dit aux éleveurs qu'il fallait produire. On a mis des</p>
<p class="p2">zootechniciens en leur disant, voilà comment on va produire. Le consommateur s'est</p>
<p class="p2">mis à manger de la viande midi soir, midi soir, à un prix défiant toute concurrence.</p>
<p class="p2">Donc, il était bien content. Les politiques ont été dans ce système-là. Donc, c'est la</p>
<p class="p2">faute de tout le monde. C'est la faute du système. Ce n'est pas la faute de l'éleveur. La</p>
<p class="p2">majorité des éleveurs que je connais aiment leurs animaux et aimeraient bien avoir un</p>
<p class="p2">système qui soit plus propice au bien-être des animaux. C'est évident, mais il faut aussi</p>
<p class="p2">qu'ils puissent manger, qu'ils puissent rembourser les investissements qu'ils ont faits.</p>
<p class="p2">Ça, c'est un point fondamental. Après, il y en a des éleveurs, comme dans toutes les</p>
<p class="p2">professions, qui font moins bien leur travail que d'autres. Comme dans toutes les</p>
<p class="p2">professions, ça existe. Mais globalement, ce n'est pas de leur faute. Et donc le système,</p>
<p class="p2">s'il doit évoluer, il ne doit pas se faire à leur détriment, il doit se faire en les</p>
<p class="p2">accompagnant. Et si on veut donner envie à des jeunes d'y aller, par rapport à ce qu'on</p>
<p class="p2">venait de dire, il faut donner envie, avec des systèmes plus vertueux, avec une prise en</p>
<p class="p2">compte du bien-être de l'éleveur plus importante. Donc ça, c'est aussi un point</p>
<p class="p2">important. Donc je reviens à mon truc, il faut améliorer le bien-être des animaux, il n'y a</p>
<p class="p2">pas de doute, il vaut mieux les prendre en considération. Et donc il y a certaines</p>
<p class="p2">pratiques, l'élevage en cage, les mutilations, qu'on sait qu'il faut faire évoluer. Ça</p>
<p class="p2">nécessite un consensus des compromis au niveau français. Et ce dont on n'a pas parlé,</p>
<p class="p2">c'est que tout ça se joue à l'échelle européenne. et qu'il faudra une meilleureapplication des directives européennes dans toute l'Europe. Il faudra plus de contrôles</p>
<p class="p2">dans toute l'Europe, parce qu'en France, on applique plutôt bien la réglementation, on</p>
<p class="p2">la contrôle plutôt bien. Certains pays, on le sait, notamment sur le transport des</p>
<p class="p2">animaux, le font moins bien. Donc la règle est commune, mais son application et son</p>
<p class="p2">contrôle n'est pas la même. Donc ça crée potentiellement des distorsions de</p>
<p class="p2">concurrence. Et on ne peut pas réfléchir que français, parce que la France ne sera pas</p>
<p class="p2">autonome sur son alimentation. Donc, il faut voir plus large. Et donc, il faut vraiment</p>
<p class="p2">qu'il y ait une politique européenne avec plus d'applications, plus de contrôles, pour</p>
<p class="p2">que tous les agriculteurs européens soient logés à la même enseigne. Ça, c'est aussi</p>
<p class="p2">un point important et qui vient complexifier encore un peu la situation, si je peux me</p>
<p class="p2">permettre. C'est un point dont on n'avait pas parlé et je pense que c'est aussi C'est</p>
<p class="p2">aussi important. Juste, on parle des clauses miroirs parce qu'il y a l'Europe, mais il y a</p>
<p class="p2">le reste du monde. On le voit avec le Mercosur. Le problème, moi, je suis hyper</p>
<p class="p2">favorable à mettre des clauses miroirs, c'est-à-dire des clauses de réciprocité qu'on</p>
<p class="p2">importe des produits qui respectent les mêmes règles que chez nous. Sauf que ça, ça</p>
<p class="p2">ne marche que s'il y a un contrôle de l'autre côté. S'il n'y a pas de contrôle de l'autre</p>
<p class="p2">côté, eux, ils vont signer un b*** de papier en disant on respecte. Mais voilà, on sait que</p>
<p class="p2">sur les antibiotiques au Brésil, ils ne sont pas du tout sur les mêmes niveaux</p>
<p class="p2">d'exigence que nous. Et donc le Mercosur va normalement interdire l'importation de</p>
<p class="p2">carcasses ayant reçu des antibiotiques. Mais quel est le contrôle qu'on en fait ? Moi, je</p>
<p class="p2">n'en sais rien. Alors s'il y a eu un audit de la Commission européenne qui a été voir sur</p>
<p class="p2">place ce qui se passait, du coup, ça a entraîné un arrêt.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Des exportations brésiliennes sur la viande. Mais pendant combien de</p>
<p class="p2">temps ? Parce que si on ne fait pas ça, on a des contreparties qu'il faut payer dans</p>
<p class="p2">l'accord du Mercosur, des pénalités. Donc voilà, ça complexifie le bazar. Pour aller un</p>
<p class="p2">peu plus loin ou en tout cas avoir des idées, découvrir un petit peu plus, je sais que tume disais la dernière fois, la chaire Bien-être animal, le site internet, a toute une page</p>
<p class="p2">sur les idées reçues pour débunker les différentes idées reçues et comprendre un petit</p>
<p class="p2">peu.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Le vrai du faux. Est-ce qu'il y a d'autres ressources que tu partagerais</p>
<p class="p2">comme ça, peut-être un livre ou des podcasts ou des vidéos ou des choses que peut-</p>
<p class="p2">être que toi tu partages pour aller plus loin dans toutes ces réflexions ? Certains</p>
<p class="p2">réseaux sociaux sont extrêmement efficaces parce qu'on peut avoir, même si on est</p>
<p class="p2">toujours dans une bulle informationnelle, on peut avoir différents points de vue. Donc, il</p>
<p class="p2">y a des gens à suivre sur les réseaux qui sont, de mon point de vue, extrêmement</p>
<p class="p2">pertinents, qui donnent des points de vue. Je méfie toujours des gens qui disent c'est</p>
<p class="p2">tout noir, c'est tout blanc. Et nous, les idées reçues qu'on débunk sur ou qu'on débriefe</p>
<p class="p2">sur la chair bien-être animale, c'est jamais oui, non, c'est toujours oui, mais non, mais il</p>
<p class="p2">y a ça. Après, si on veut creuser le bien-être des animaux de manière plus profonde,</p>
<p class="p2">mais là, je pense que tout ce qui est fait au niveau européen avec les centres</p>
<p class="p2">européens sur le bien-être ou au niveau français avec le CNR, le Centre National de</p>
<p class="p2">Référence Bien-être, est intéressant. Et puis après, moi, dans les autres Il y en a des</p>
<p class="p2">podcasts, alors ça n'a rien à voir avec le sujet d'aujourd'hui, mais je trouve que Seismic</p>
<p class="p2">de Julien Dévorex est extrêmement pertinent sur la complexité du monde. Et donc, ça</p>
<p class="p2">aborde des notions comme aujourd'hui. Non, je ne vais pas t'en donner un. Il faut être</p>
<p class="p2">curieux. Il faut tout écouter, il faut tout lire, il faut regarder tout ce qui passe. Il faut être</p>
<p class="p2">curieux, curieux, curieux, curieux. Il n'y a que comme ça. qu'on arrivera à comprendre</p>
<p class="p2">une partie du monde et à faire des.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Choix qui seront les plus raisonnés.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Possibles. Ton podcast en est un, mais il y en a plein d'autres. Il fautouvrir.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Notre champ et il faut être curieux, écouter le maximum de trucs et lire le</p>
<p class="p2">maximum de trucs. Voilà. Parfait. Merci Luc Mounier, merci. Merci à toi. J'espère que ça</p>
<p class="p2">a été clair pour tes auditeurs. Et puis voilà, merci.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p2"> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p3">Le bien-être animal est aujourd’hui au cœur de nombreux débats, mais il reste souvent mal compris. Entre idées reçues, injonctions sociétales et réalités de terrain, une question essentielle demeure : de quoi parle-t-on vraiment quand on parle de bien-être animal ?</p>
<p class="p3">Pour en discuter, j’accueille Luc Mounier qui travail depuis plus de 25 ans à VetAgro Sup. Responsable de la chaire Bien-Être Animal et expert auprès du ministère et du Parlement européen, il travaille sur les filières bovines, porcines et volailles et nous aide à faire le lien entre science, élevage et société.</p>
<p class="p3">Dans cet épisode, nous allons revenir aux fondamentaux : comment définir les besoins des animaux, quel rôle joue l’éthologie, et en quoi le bien-être animal impacte la santé, la productivité, l’environnement et les choix de société.</p>
<p class="p3"><br>
Un échange pour dépasser les oppositions simplistes et remettre de la nuance au cœur du débat.<br>
<br>
LIENS : </p>
<p class="p1"><a href='https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/'>https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.cnr-bea.fr/'>https://www.cnr-bea.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.anses.fr/fr'>https://www.anses.fr/fr</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.sismique.fr/'>https://www.sismique.fr/</a></p>
<p class="p1"><br>
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Transcription : <br>
<br>
</p>
<p class="p1">31 - Bien-être animal avec Luc Mounier</p>
<p class="p2">Luc Mounier: C'est pas la faute des éleveurs, le système dans lequel on est. C'est la</p>
<p class="p2">faute de tout le monde. Tout le monde a été dans ce système-là. A la sortie de la</p>
<p class="p2">guerre, on a dit aux éleveurs, il faut produire. On a mis des zootechniciens en leur</p>
<p class="p2">disant, voilà comment on va produire. Le consommateur s'est mis à manger de la</p>
<p class="p2">viande midi soir, midi soir, à un prix défiant toute concurrence. Donc, il était bien</p>
<p class="p2">content. Les politiques ont été dans ce système-là. Donc, c'est la faute de tout le</p>
<p class="p2">monde. C'est la faute du système. C'est pas la faute de l'éleveur. La majorité des</p>
<p class="p2">éleveurs que je connais, aiment leurs animaux et aimeraient bien avoir un système qui</p>
<p class="p2">soit plus propice au bien-être des animaux, c'est évident. Mais il faut aussi qu'ils</p>
<p class="p2">puissent manger, qu'ils puissent rembourser les investissements qu'ils ont fait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Le bien-</p>
<p class="p2">être animal est un terme omniprésent aujourd'hui, souvent débattu, parfois</p>
<p class="p2">instrumentalisé et surtout entouré de nombreuses idées reçues. J'ai donc demandé à</p>
<p class="p2">Luc Mounier, qui est enseignant bien-être animal chez Vetagro Sub depuis plus de 25</p>
<p class="p2">ans, de nous éclairer sur ce sujet complexe. Donc voici un épisode pour prendre du</p>
<p class="p2">recul, déconstruire les idées reçues et comprendre pourquoi une approche holistique</p>
<p class="p2">du bien-être animal est aujourd'hui essentielle, que ce soit pour les animaux, leséleveurs, l'environnement et notre société dans son ensemble. Tu enseignes le bien-</p>
<p class="p2">être animal depuis 25 ans chez Vetagrosup et t'es aussi responsable cher bien-être</p>
<p class="p2">animal. Alors avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter, peut-être nous</p>
<p class="p2">parler comment t'en es venu à devenir prof.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: De bien-être animal ? Alors ça c'est une longue histoire et c'est</p>
<p class="p2">complètement le hasard. J'étais étudiant à l'école Veto à Lyon, donc qui est devenu</p>
<p class="p2">Vetagrosup. et je m'occupais pas mal des associations étudiantes. Et le directeur de</p>
<p class="p2">l'époque m'a dit, à la fin de mes études, « Mounier, ça serait pas mal que vous restiez.</p>
<p class="p2">» Et il m'a dit, il y a une discipline qui va se développer, et ça, c'était en 2000-2001.</p>
<p class="p2">C'est le bien-être animal. Moi, je voulais faire vétérinaire à la campagne, je voulais faire</p>
<p class="p2">vétérinaire rural, aller faire des césariennes, soigner des vaches, des choses comme</p>
<p class="p2">ça. Puis j'avais un attrait J'étais curieux, j'avais un attrait pour l'enseignement, je lui ai</p>
<p class="p2">dit pourquoi pas. Et il m'a dit dans ce cas-là, si tu veux faire ça, il faut faire ta thèse à</p>
<p class="p2">Clermont-Ferrand. Il y a une équipe, c'est des experts du bien-être animal, c'est les</p>
<p class="p2">seuls qui travaillent là-dessus actuellement. Et donc, il m'a envoyé là-bas. Je me suis</p>
<p class="p2">intégré à l'équipe. Je suis revenu à l'école Véto où j'ai passé les concours pour devenir</p>
<p class="p2">prof. En zootechnie, donc c'est l'étude des élevages, je restais sur ma discipline, et bien-</p>
<p class="p2">être animal. Et les deux sont étroitement liés. Mais au début, je n'avais aucun attrait</p>
<p class="p2">particulier pour le bien-être des animaux. On n'en parlait pas. On m'avait appris la</p>
<p class="p2">zootechnie, on m'avait appris la production, on m'avait appris éventuellement le confort</p>
<p class="p2">des animaux, mais c'était loin du bien-être. Et je suis rentré dans cette discipline. J'étais</p>
<p class="p2">un des premiers. En tous les cas, j'étais le premier à l'enseigner dans une école véto.</p>
<p class="p2">Et ce qui fait qu'après, petit à petit, ça s'est construit comme ça. J'ai participé à des</p>
<p class="p2">projets européens, j'ai monté mon enseignement, j'ai fait des collaborations. Mais au</p>
<p class="p2">début, ça vient vraiment de mon investissement associatif où le directeur m'a dit «</p>
<p class="p2">Mounier, ce serait pas mal que vous restiez ». Et il y a une discipline qui se développe.Et depuis, je suis resté dans le domaine parce que je trouve que c'est hyper</p>
<p class="p2">intéressant. On a une vision systémique de l'élevage. qui m'intéresse et qui m'a permis</p>
<p class="p2">de découvrir et de rencontrer des gens extrêmement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Intéressants sur des thématiques assez variées. Super, on va pouvoir</p>
<p class="p2">décortiquer un petit peu ça. Mais pour commencer, est-ce que tu peux définir.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Ce qu'on appelle le bien-être animal ? Il y a une définition officielle qui a</p>
<p class="p2">été définie par l'ANSES en 2018, alors il y en a d'autres. Mais celle de 2018 de</p>
<p class="p2">l'ANSES, j'ai participé au groupe de travail et ce n'est pas pour ça que je l'aime bien,</p>
<p class="p2">mais je la trouve extrêmement intéressante. parce qu'elle recentre l'animal comme</p>
<p class="p2">étant l'acteur du bien-être des animaux, vraiment, et elle dit que le bien-être des</p>
<p class="p2">animaux dépend de l'état mental et physique des animaux, et que ça dépend de la</p>
<p class="p2">perception qu'il a de l'environnement. Et ça, c'est extrêmement important, parce que le</p>
<p class="p2">bien-être, il faut toujours prendre en compte l'animal, et c'est toujours l'animal qui a</p>
<p class="p2">raison, Et pendant très longtemps, on a fait plutôt de la bien-traitance, on a essayé de</p>
<p class="p2">mettre des conditions qui étaient favorables à l'animal, mais sans regarder vraiment ce</p>
<p class="p2">que l'animal nous disait. Et avec cette définition, on replace bien la notion d'être</p>
<p class="p2">sensible, qui est inscrite dans la loi, qui veut à la fois tout dire et rien dire, enfin qui n'est</p>
<p class="p2">pas suffisante en tous les cas en tant que tel, être sensible. Et donc, c'est un état</p>
<p class="p2">mental. Et cet état mental, il dépend de la perception. que l'animal a de la situation, à la</p>
<p class="p2">fois de son environnement physique, de son interaction avec les humains, avec ses</p>
<p class="p2">congénères, mais aussi de sa propre expérience, et donc ça va influer. Et donc, dans</p>
<p class="p2">une même situation, les animaux auront des bien-êtres qui sont différents. Et donc ça,</p>
<p class="p2">je trouve que c'est extrêmement important. Et tout ça, c'est basé sur la capacité des</p>
<p class="p2">animaux à ressentir des émotions. En fait, ils peuvent être tristes, ils peuvent être</p>
<p class="p2">joyeux, ils peuvent être frustrés. Et donc ça génère un état mental qui va être plutôtpositif ou plutôt négatif. Donc ça, c'est la définition que j'aime bien. Après, il y a des</p>
<p class="p2">définitions qui sont plus opérationnelles, parce que sur le terrain, état mental et</p>
<p class="p2">physique, c'est parfois un peu compliqué. Et donc, on utilise des définitions</p>
<p class="p2">opérationnelles. La plus connue, c'est celle qu'on appelle le principe des cinq libertés. Il</p>
<p class="p2">y a cinq grandes catégories de critères à respecter. Pour garantir le bien-être des</p>
<p class="p2">animaux, je vais en donner 2-3. La première, il ne faut pas qu'il ait faim et qu'il ait soif.</p>
<p class="p2">La deuxième, il ne faut pas qu'il soit dans un état d'inconfort. La troisième, il ne faut pas</p>
<p class="p2">qu'il ressente de douleurs, qu'il ait de blessures ou de maladies. La quatrième, il faut</p>
<p class="p2">qu'il puisse exprimer son comportement. Et la cinquième, il faut qu'il soit dans un état</p>
<p class="p2">émotionnel positif. Et donc, ces cinq libertés, on peut les évaluer facilement sur le</p>
<p class="p2">terrain. C'est pour ça qu'on dit que c'est des définitions opérationnelles et qui font</p>
<p class="p2">pendant de la définition un peu plus théorique de l'Anses. Voilà, donc c'est les deux</p>
<p class="p2">grandes définitions qu'on va utiliser. Il y en a d'autres, mais c'est les deux plus connues.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et les deux plus faciles à utiliser. Génial, ça me donne bien envie de</p>
<p class="p2">creuser certains points. Mais avant ça, moi, j'avais besoin de comprendre Je sais qu'il y</p>
<p class="p2">a eu beaucoup d'évolution. Les anciens pouvaient dire des choses sur ce qui était bien</p>
<p class="p2">pour les animaux. Aujourd'hui, on a des nouvelles considérations qui peuvent être</p>
<p class="p2">justes ou fausses. Quel rôle est-ce que l'éthologie a joué dans la prise de conscience</p>
<p class="p2">du bien-être animal, de ses comportements.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: De ses besoins, des interactions sociales, etc.? Un rôle absolument</p>
<p class="p2">fondamental. L'équipe où on m'a envoyé en 2001, c'était des éthologues et en fait,</p>
<p class="p2">c'était les premiers à regarder l'animal. Vraiment, à regarder les réactions de l'animal</p>
<p class="p2">face à une situation. Moi, j'avais appris plutôt de la zootechnie. On me disait qu'il faut</p>
<p class="p2">que le bâtiment soit comme ça. Et en fait, j'ai été chez ces experts, ces zoologues. Ils</p>
<p class="p2">m'ont dit que le bâtiment peut être comme ça. Regarde ce qu'en disent les animaux.Regarde comment ils se couchent. Regarde comment ils interagissent les uns avec les</p>
<p class="p2">autres. Regarde comment ils marchent, etc. Et là, En fait, ça paraît évident maintenant,</p>
<p class="p2">mais ça nous ouvrait les yeux sur peut-être que la quantité de paille que j'ai préconisée</p>
<p class="p2">n'est pas suffisante parce que l'animal met trop de temps à se coucher, ce qui montre</p>
<p class="p2">qu'il y a un certain inconfort. Donc l'éthologie a été vraiment fondamentale. Je ne suis</p>
<p class="p2">pas éthologue spécialiste, il y en a qui le sont bien plus que moi. J'utilise le</p>
<p class="p2">comportement pour évaluer le bien-être, mais je ne fais pas des études sur le</p>
<p class="p2">comportement animal à proprement parler. Je n'étudie pas le comportement, je l'utilise</p>
<p class="p2">comme. Peut-être que je me trompe, mais il me semble que l'éthologie était très utilisée</p>
<p class="p2">pour les animaux sauvages, la faune sauvage, Jane Goodall par exemple, pour prendre</p>
<p class="p2">un cas d'actualité, mais d'autres avant. Alors que dans le milieu de l'élevage, pour</p>
<p class="p2">étudier les réactions des animaux, il a fallu l'apport des éthologues et le développement</p>
<p class="p2">de cette discipline aux animaux de production et maintenant aux animaux domestiques</p>
<p class="p2">aussi, de manière très.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Importante. Donc, ça a été absolument fondamental. Donc, tu dirais que</p>
<p class="p2">pour avoir un diagnostic, il s'agit de capter des signes qui indiqueraient un mal-être de</p>
<p class="p2">l'animal.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Donc, ce serait quoi ces signes ? Il y en a plein. C'est ce que l'animal, il</p>
<p class="p2">va nous dire. Alors, les bovins, par exemple. Un bovin, ça doit rester à un certain</p>
<p class="p2">nombre d'heures dans la journée pour qu'il puisse ruminer tranquillement, qu'il n'y ait</p>
<p class="p2">pas trop de pression sur ses membres, etc. Et donc, un des signes, c'est le temps qu'il</p>
<p class="p2">va passer couché et la façon dont il va se coucher. Est-ce qu'il va mettre longtemps à</p>
<p class="p2">se coucher, pas longtemps à se coucher ? Ça, ça nous donne des indications sur le</p>
<p class="p2">confort de l'animal, mais aussi sur son propre état physique. Est-ce qu'il a des boiteries,</p>
<p class="p2">pas de boiteries, etc. Un indicateur, il y en a un autre, qui n'est plus dans l'éthologie,mais qui est toujours un signe de l'animal, c'est son état corporel. Avant, on disait qu'il</p>
<p class="p2">faut qu'il y ait une ration qui soit adaptée, donc on disait qu'il faut qu'il y ait X kilos</p>
<p class="p2">d'herbes, X kilos de maïs. Maintenant, on regarde l'état corporel des animaux et on dit,</p>
<p class="p2">celui-là, il est un peu maigre, celui-là, il est bien, celui-là, il est gras. Et donc, on regarde</p>
<p class="p2">l'animal, vraiment. Donc ça, c'est des signes. Et tu as dit, ce qui est intéressant, pour</p>
<p class="p2">diagnostiquer des signes de mal-être. Pendant très longtemps, on évaluait le mal-être</p>
<p class="p2">de l'animal parce que c'est ce qu'il y a de plus facile. Il n'a pas de blessures, il ne se</p>
<p class="p2">couche pas bien, il n'est pas dans un état corporel correct, il a des interactions</p>
<p class="p2">négatives avec ses congénères, etc. Depuis peu, on est en mesure d'évaluer le bien-</p>
<p class="p2">être des animaux et on utilise pour ça ce qu'on appelle en langage scientifique</p>
<p class="p2">l'évaluation qualitative du comportement. Et là, on ne fait plus du quantitatif. On ne</p>
<p class="p2">regarde pas le temps qui se met à coucher. On ne regarde pas le nombre d'interactions</p>
<p class="p2">négatives. On regarde le langage corporel des animaux. Quelle est l'impression qu'on</p>
<p class="p2">a ? Est-ce qu'on a l'impression qu'ils sont heureux ? Est-ce qu'on a l'impression qu'ils</p>
<p class="p2">sont anxieux ? Ce n'est pas du quantitatif très précis, c'est une impression. Ça nous</p>
<p class="p2">permet de déterminer les émotions des animaux. Moi, quand je l'enseigne à mes</p>
<p class="p2">étudiants, au début, tout le monde me dit que c'est hyper subjectif, ce truc. Et puis, en</p>
<p class="p2">fait, je le fais faire individuellement à une vingtaine d'étudiants et tout le monde ressent</p>
<p class="p2">les mêmes choses. Et ça, c'est extrêmement intéressant. Et moi, c'est ce que j'appelle</p>
<p class="p2">aussi l'œil de l'éleveur. L'éleveur ou le propriétaire, peu importe, qui rentre dans son</p>
<p class="p2">bâtiment, qui voit ses animaux et qui dit, il y a un truc qui ne va pas. Il ne l'a pas</p>
<p class="p2">diagnostiqué très... de manière spécifique, très détaillée, mais il sent qu'il y a un truc</p>
<p class="p2">qui ne va pas. Et ça, moi je trouve que c'est des nouveaux indicateurs qui sont,</p>
<p class="p2">maintenant qui ont été validés, qui sont objectifs, répétables, entre observateurs, etc. Et</p>
<p class="p2">qui nous permettent d'évaluer le bien-être de l'animal, et pas seulement de se</p>
<p class="p2">contenter du mal-être. Voilà, et ça c'est des avancées qui sont intéressantes, et ça</p>
<p class="p2">encore c'est l'éthologie. Alors si tu veux un poil plus de détails, en fait on a 20 adjectifs,on regarde les animaux pendant 10, 20 minutes, et après, on arrête de les regarder</p>
<p class="p2">pour ne pas être focus sur un comportement ou un autre. Donc, on arrête de les</p>
<p class="p2">regarder et on coche nos adjectifs sur une échelle de 1 à 10, en disant, alors attends,</p>
<p class="p2">est-ce qu'elles étaient anxieuses ? Est-ce qu'elles étaient heureuses ? Est-ce qu'elles</p>
<p class="p2">étaient mal à l'aise ? Et après, on a fait des critères, des algorithmes, comme ça, qui</p>
<p class="p2">nous donnent une moyenne globale. Est-ce qu'ils sont bien ou est-ce qu'ils ne sont pas</p>
<p class="p2">bien ? Je trouve.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Que ce sont des indicateurs vraiment pertinents et intéressants qui sont</p>
<p class="p2">de plus en plus utilisés. Oui, je pense que c'est essentiel de les comprendre et de les</p>
<p class="p2">connaître ces indicateurs. Souvent, c'est un pas de côté, mais je vois sur des gens qui</p>
<p class="p2">ont des chiens qui ne savent pas lire des signes de détresse que leurs chiens peuvent</p>
<p class="p2">avoir, typiquement le baillement ou le fait de regarder de côté quand il y a quelqu'un qui</p>
<p class="p2">vient les caresser. Et ça, ça peut mener à des situations dangereuses dans le cas du</p>
<p class="p2">chien. Mais en fait, de manière répétée, ce sont des stress, ce sont des signes</p>
<p class="p2">d'anxiété. que l'animal communique et que si.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: On n'arrive pas à les voir, à les entendre, à force, ça peut créer des</p>
<p class="p2">problèmes. On le fait beaucoup aussi sur les animaux de compagnie, tu as</p>
<p class="p2">complètement raison. Le bâillement chez le chien, c'est à la fois un signe d'anxiété et à</p>
<p class="p2">la fois un signe d'apaisement. C'est-à-dire que lui, il faut qu'il gère ses émotions qui</p>
<p class="p2">sont trop fortes pour une situation x ou y. Comme nous, on va ouvrir la mâchoire et</p>
<p class="p2">claquer les... les mandibules, lui, il va apaiser. Et là, on se rend compte que c'est un</p>
<p class="p2">moment où il faut faire attention à son chien. Soit il est dans un inconfort parce qu'il y a</p>
<p class="p2">un congénère en face de lui qui le stresse, une situation qui le stresse. Et donc, on n'a</p>
<p class="p2">pas forcément la solution de ce qu'il faut faire. Mais en tous les cas, il faut en avoir pris</p>
<p class="p2">conscience pour se dire, là, mon chien, il exprime quelque chose. Voilà. Moi, je distoujours aux étudiants, il faut observer les animaux, il faut observer les animaux, il faut</p>
<p class="p2">observer les animaux. Alors je leur dis aussi, il ne faut pas rester bloqué à les observer</p>
<p class="p2">pendant... Vous ne faites pas de léthologie, vous n'allez pas rester une heure, deux</p>
<p class="p2">heures à les regarder. Par contre, regardez tous les signes que vous pouvez avoir. Je</p>
<p class="p2">prends un cas typique. Les vétérinaires font souvent des perfusions. La perfusion, le</p>
<p class="p2">temps qu'elle coule sur les gros animaux, on la tient et ça va durer 3, 5, 10 minutes.</p>
<p class="p2">Dans ce cas-là, observons ce qui se passe autour. Et là, ça va nous donner plein</p>
<p class="p2">d'autres indications, alors pas forcément sur l'animal qu'on est en train de perfuser,</p>
<p class="p2">mais sur l'environnement, l'état de bien-être du troupeau.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ça va nous orienter. Donc, observons les animaux et c'est toujours eux</p>
<p class="p2">qui ont raison. Sur cette question de bien-être.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Et on a mentionné le stress, quel impact est-ce que ça a sur la santé de</p>
<p class="p2">l'animal ? Ça a des impacts importants. Bien-être et santé ne sont pas toujours</p>
<p class="p2">facilement distinguables. parce que la santé peut aussi être définie comme un état</p>
<p class="p2">mental et physique. Donc plutôt au niveau humain, nous, on fait plutôt la distinction sur</p>
<p class="p2">le bien des animaux. Il y a des exemples assez simples. Si l'animal est dans un état de</p>
<p class="p2">stress, souvent, il va avoir une perturbation de son système immunitaire et donc il va</p>
<p class="p2">être plus sensible à l'apparition de nouvelles maladies, plus sensible à des agents</p>
<p class="p2">pathogènes dans l'environnement. Donc ça, c'est... C'est un premier cas et on voit des</p>
<p class="p2">maladies arriver, par exemple au sevrage des animaux où ils ressentent un stress et</p>
<p class="p2">donc des maladies qui sont plus propices à ce moment-là. Un exemple assez facile</p>
<p class="p2">chez l'humain, c'est l'herpès virus qui est à l'état latent et qui, en cas de stress, bien</p>
<p class="p2">souvent, nos défenses immunitaires sont diminuées. Ping ! Il en profite, il ressort. Ça,</p>
<p class="p2">c'est un premier cas, la perturbation des défenses immunitaires. Et puis après, tout à</p>
<p class="p2">l'heure, quand j'ai cité les cinq libertés, il y a une des libertés, si tu as fait attention, quiest liée à l'absence de maladie. Et donc, en fait, les deux sont étroitement liées. Donc,</p>
<p class="p2">si on améliore le bien-être, on améliore la santé. Et si on améliore la santé, on améliore</p>
<p class="p2">le bien-être. Et donc, la santé, elle nous sert aussi d'indicateur de bien-être. Donc, c'est</p>
<p class="p2">toujours un peu lié. Mais concrètement, plus les animaux seront dans un état de bien-</p>
<p class="p2">être, plus ils seront en meilleure santé et puis après avec des impacts sur aussi la</p>
<p class="p2">productivité des animaux, leur comportement, etc. Donc je fais un pas de côté et puis</p>
<p class="p2">on en parlera sûrement. Là, on arrive à une notion qu'on appelle un seul bien-être One</p>
<p class="p2">Welfare. Bien-être animal et bien-être de l'éleveur sont liés parce que si le bien-être des</p>
<p class="p2">animaux est augmenté et qu'ils sont en meilleure santé, eh bien l'éleveur,</p>
<p class="p2">généralement, il est dans un état de satisfaction au travail plus important. mais on y</p>
<p class="p2">reviendra parce qu'il y a des points.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: À développer là-dessus, parce que ces animaux vont bien, donc c'est</p>
<p class="p2">agréable pour lui. Donc c'est étroitement lié. Est-ce que pour.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Autant, il y a une dichotomie entre productivisme et qualité, c'est-à-dire le</p>
<p class="p2">bien-être de l'animal ? Oui, on ne peut pas dire qu'il n'y en a pas. Dans la notion d'un</p>
<p class="p2">seul bien-être, on dit effectivement que plus les animaux sont dans un état de bien-être,</p>
<p class="p2">plus ils vont produire, parce que le stress consomme, de l'énergie, ils passent leur</p>
<p class="p2">énergie à autre chose qu'à la production. Donc quand on améliore le bien-être, bien</p>
<p class="p2">souvent on améliore la productivité individuelle des animaux. Ils vont produire plus de</p>
<p class="p2">lait, ils vont avoir une meilleure croissance, ils vont produire plus d'œufs. Et l'ongivité</p>
<p class="p2">aussi, non ? La meilleure longévité, la robustesse des animaux sera meilleure, la</p>
<p class="p2">mortalité sera plus faible. Effectivement, on améliore la productivité des animaux. Là,</p>
<p class="p2">on peut dire qu'il n'y a pas de dichotomie. Mais en même temps, avec l'évolution des</p>
<p class="p2">systèmes d'élevage où on avait été vers plus de productivité, où on a essayé de</p>
<p class="p2">pousser les animaux au maximum, ça s'est parfois accompagné d'une dégradation. dubien-être. Les poulets de chair à croissance très rapide, où on va essayer d'atteindre un</p>
<p class="p2">poids maximal en 35-40 jours, on a fait des croisements génétiques qui ont dégradé le</p>
<p class="p2">bien-être des animaux. De la même manière, quand on a mis des animaux dans des</p>
<p class="p2">systèmes d'élevage où on voulait optimiser, maximiser la productivité, on a dégradé le</p>
<p class="p2">bien-être. Donc, ce n'est pas si simple. Il y a une dichotomie entre les deux. On a des</p>
<p class="p2">actions à réaliser pour, en améliorant le bien-être, on va améliorer la productivité, mais</p>
<p class="p2">il faut faire aussi attention que trop de productivité peut être à l'origine d'une</p>
<p class="p2">dégradation du bien-être des animaux. Donc, c'est toujours une limite qui est un peu</p>
<p class="p2">dure et qu'il faut regarder au cas par cas. Mais à l'inverse, ce n'est pas parce qu'on va</p>
<p class="p2">libérer nos animaux qu'ils auront plus de productivité. Et dans le système actuel, on a</p>
<p class="p2">quand même besoin de produire des produits animaux parce que la société a besoin,</p>
<p class="p2">mange de la viande, mange des produits laitiers, mange des œufs. Donc, il faut une</p>
<p class="p2">certaine productivité pour nourrir les Français, l'Europe et plus largement le monde.</p>
<p class="p2">Donc on va trouver des compromis entre tout ça. L'idéal étant d'avoir un meilleur bien-</p>
<p class="p2">être pour.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Tous et une meilleure productivité pour nourrir la planète. Mais ce n'est</p>
<p class="p2">pas toujours aussi facile que ça à trouver. Donc tu dirais que la sélection génétique, elle</p>
<p class="p2">doit être certes.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Sur la partie productivisme, mais aussi sur l'adaptation au milieu peut-</p>
<p class="p2">être de l'animal, qu'il soit bien adapté à son milieu. Ouais, complètement. Pendant très</p>
<p class="p2">longtemps, on a fait de la sélection génétique uniquement sur des critères de</p>
<p class="p2">productivité. Maintenant, ce n'est plus le cas. On va aussi travailler sur la robustesse de</p>
<p class="p2">l'animal, sa capacité à être moins malade, ses critères de rusticité, des critères</p>
<p class="p2">d'adaptation de l'animal à l'environnement. Tout simplement des critères de robustesse</p>
<p class="p2">pour qu'il puisse s'adapter mieux à son environnement et à différentes situations quivont se trouver devant lui. plus il va être robuste, plus il va être adaptable à des</p>
<p class="p2">situations. Si on a une Formule 1, la Formule 1 va pouvoir courir sur un circuit de</p>
<p class="p2">course, elle ne pourra pas faire un track sur les routes de Corse. Un animal, c'est un</p>
<p class="p2">peu pareil. S'il est spécialisé, il va être très spécialisé, mais il va être peu robuste et s'il</p>
<p class="p2">y a des perturbations qui arrivent, ça va être compliqué. Mais ça, c'est de plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: En plus intégré dans les schémas de sélection, ces critères de</p>
<p class="p2">robustesse. Et ouais, on va essayer de travailler là-dessus. Je crois que ça pose aussi</p>
<p class="p2">la question de... La dernière fois, tu me disais de bien s'installer, c'est-à-dire le choix</p>
<p class="p2">entre l'installation de départ et les investissements qu'on peut faire pour améliorer les</p>
<p class="p2">conditions de vie des élevages. Donc, ce serait quoi les investissements, là, en</p>
<p class="p2">l'occurrence, les plus rentables ? Alors, peut-être à l'installation, comment est-ce qu'on</p>
<p class="p2">pourrait bien.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Considérer une installation ? Et après, quelqu'un qui est déjà installé,</p>
<p class="p2">comment est-ce qu'il fait pour avoir, avec le moindre investissement possible, le</p>
<p class="p2">meilleur résultat ? C'est impossible de répondre à ta question parce que ça dépend</p>
<p class="p2">tellement des systèmes d'élevage, tellement des productions envisagées. Il n'y aura</p>
<p class="p2">pas du tout les mêmes réponses si on est en volaille, déjà de ponte ou de chair, si on</p>
<p class="p2">est en bovin, si on est en porcin. Moi, le meilleur investissement à faire déjà, c'est la</p>
<p class="p2">relation humain-animal. C'est le premier, vraiment. C'est un investissement qui ne coûte</p>
<p class="p2">pas grand-chose et qui joue tous les jours. tous les jours, et donc que les gens qui</p>
<p class="p2">s'installent, soit ils sont formés, c'est très bien, soit ils se forment sur la perception des</p>
<p class="p2">signes dont on parlait tout à l'heure, parce que comme ça, ils pourront diagnostiquer</p>
<p class="p2">précocement s'il y a un problème, ils pourront s'adapter, etc. avec l'environnement qu'ils</p>
<p class="p2">auront. Donc la relation humain-animal, pour moi, c'est un investissement, alors on ne</p>
<p class="p2">l'entend pas toujours comme un investissement, mais c'est un investissement dedépart extrêmement important, et travailler sur des animaux qui ont une bonne relation</p>
<p class="p2">à l'animal, qu'on va pouvoir manipuler sans qu'ils soient en état de stress. Donc, on va</p>
<p class="p2">investir à la fois sur notre propre formation et sur avoir des animaux qui ont une bonne</p>
<p class="p2">relation humain-animal. Donc, dès leur plus jeune âge, passer du temps avec eux, avoir</p>
<p class="p2">des comportements doux. Et ça, c'est un investissement pour l'avenir parce que ces</p>
<p class="p2">animaux-là, après, derrière, ils seront avec l'humain, et donc ils vont plus produire, on</p>
<p class="p2">va pouvoir diagnostiquer quand ils sont malades plus facilement, etc. Le deuxième</p>
<p class="p2">aspect, c'est des investissements bien évidemment matériels auxquels on pense, mais</p>
<p class="p2">là c'est très compliqué. Est-ce qu'il vaut mieux investir dans un bâtiment plein air avec</p>
<p class="p2">un bel accès à l'extérieur qui coûte moins cher, mais on va pouvoir mettre moins</p>
<p class="p2">d'animaux, Et puis, on a besoin de tout, en fait. On a besoin de tout. Non, le conseil,</p>
<p class="p2">moi, ça serait vraiment de travailler sur ces animaux, à la fois notre formation à nous et</p>
<p class="p2">avoir des animaux qui aient la meilleure génétique par rapport à la relation humain-</p>
<p class="p2">animal, le meilleur comportement. Alors, pour les animaux qui durent longtemps, qui</p>
<p class="p2">ont une durée de vie longue, les bovins, les porcins, c'est les prendre tout petits et les</p>
<p class="p2">habituer à nous. Pour les animaux, bien évidemment, qui durent moins longtemps, Les</p>
<p class="p2">volailles, c'est plus travailler sur la génétique et avoir des animaux qui soient moins</p>
<p class="p2">effrayés par l'humain. Cet investissement d'observation qu'on va pouvoir avoir, ça va</p>
<p class="p2">nous permettre d'adapter notre bâtiment et donc d'investir au fur et à mesure, step by</p>
<p class="p2">step. On ne pourra pas avoir le bâtiment idéal au début, ce n'est pas possible. Ça va</p>
<p class="p2">dépendre des animaux qu'on met dedans, ça va dépendre des conditions climatiques,</p>
<p class="p2">de plein de choses. Par contre, si on a appris à observer nos animaux, si on a une</p>
<p class="p2">bonne formation de départ là-dessus, si on a investi du temps là-dessus, on va pouvoir</p>
<p class="p2">adapter notre bâtiment au fur et à mesure pour qu'il soit le mieux possible en fonction</p>
<p class="p2">du système qu'on a choisi. Donc non, je n'aurais pas de conseils sur quel est le</p>
<p class="p2">meilleur système à prendre au début, ça va dépendre de plein de facteurs. Par contre,</p>
<p class="p2">on peut faire de l'accompagnement.Lennan Bate: Après pour accompagner les éleveurs, mais ça, il y a des gens qui le font</p>
<p class="p2">et ça sera du cas par cas, vraiment. Sur les cinq éléments que tu as donnés de la</p>
<p class="p2">définition du bien-être animal, il y a un des éléments qui me tient tout particulièrement</p>
<p class="p2">à cœur, c'est l'expression du comportement peut-être sauvage. Moi, ce que j'appelle</p>
<p class="p2">l'animalité, c'est-à-dire comment est-ce qu'on arrive à créer un environnement, peut-</p>
<p class="p2">être en enrichissant le milieu ou en créant quelque chose qui permet à l'animal</p>
<p class="p2">d'exprimer son besoin premier, typiquement pour les poules, de gratter, de chasser,</p>
<p class="p2">d'être en sociabilité, de prendre le soleil, etc. Et par exemple, pour les vaches, ce</p>
<p class="p2">besoin d'être en sociabilité, mais aussi de.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Se gratter. Alors c'est peut-être là-dessus que j'entends des petits</p>
<p class="p2">éléments pour enrichir le milieu et répondre à ces besoins d'expression du</p>
<p class="p2">comportement. L'expression du comportement naturel, tu as parlé d'animalité. On ne va</p>
<p class="p2">pas retrouver tout à fait les comportements à l'état sauvage parce que nos animaux ont</p>
<p class="p2">été sélectionnés et domestiqués. Donc, il faut faire attention. Par contre, on sait qu'il y a</p>
<p class="p2">un répertoire comportemental qu'il va falloir qu'ils expriment. Tu as parlé de</p>
<p class="p2">l'enrichissement. Il y a deux grands types. Il y en a plusieurs. Il y a l'enrichissement</p>
<p class="p2">social. On a domestiqué des espèces sociales. et donc il faut qu'elles soient avec des</p>
<p class="p2">congénères. Ça, c'est un premier cas. Et des animaux qui sont isolés n'auront pas une</p>
<p class="p2">expression normale du comportement parce qu'on a sélectionné des animaux qui sont</p>
<p class="p2">grégaires. Donc, il faut faire vivre les animaux en groupe. Ça, c'est le premier</p>
<p class="p2">enrichissement. C'est important. C'est à peu près le cas pour toutes les espèces</p>
<p class="p2">d'animaux de production. Les veaux laitiers, pas toujours. qui sont élevés de manière</p>
<p class="p2">isolée jusqu'à huit semaines réglementairement, c'est possible, mais on est en train de</p>
<p class="p2">revenir dessus. Sinon, les autres espèces, c'est à peu près le cas. Par contre, si tu</p>
<p class="p2">regardes le cheval, c'est souvent que le cheval, il est dans un box tout seul, alors que</p>
<p class="p2">c'est lui aussi une espèce sociale. Et donc, il faut absolument lui permettre derencontrer des congénères, idéalement de manière physique, mais à minima de</p>
<p class="p2">manière visuelle. Donc, enrichissement social. Deuxième, c'est l'enrichissement</p>
<p class="p2">physique qui va lui permettre d'exprimer des comportements comme tu le disais,</p>
<p class="p2">comportement de grattage, de fouissage, de pâturage pour les bovins. Et ça, le meilleur</p>
<p class="p2">investissement, c'est l'accès au plein air. Si nos animaux ont un accès au plein air, un</p>
<p class="p2">vrai plein air, s'entend, avec des arbres, avec une pâture, etc., ils vont pouvoir exprimer</p>
<p class="p2">Leur comportement, la poule va pouvoir gratter le sol, le cochon va pouvoir fouir le sol,</p>
<p class="p2">la vache va pouvoir pâturer. Ce n'est pas toujours possible, parce qu'on n'a pas un</p>
<p class="p2">système avec un parc scellaire autour de l'exploitation qui va pouvoir permettre un</p>
<p class="p2">accès à l'extérieur, ce n'est pas toujours possible. Dans ces cas-là, on va pouvoir faire</p>
<p class="p2">des enrichissements à l'intérieur du bâtiment. Pour les volailles, par exemple, dans les</p>
<p class="p2">systèmes sol, donc des animaux qui ne sortent pas à l'extérieur, on va pouvoir mettre</p>
<p class="p2">des balleaux de paille, des plateformes, des perchoirs pour qu'ils aient ce</p>
<p class="p2">comportement-là. On va pouvoir mettre de la litière pour qu'ils puissent gratter le sol,</p>
<p class="p2">etc. Ça, c'est le deuxième grand type. Et puis après, il y a un autre type</p>
<p class="p2">d'enrichissement qui est un enrichissement cognitif, où là, il va falloir permettre à</p>
<p class="p2">l'animal d'avoir des activités qui vont enrichir ses capacités cognitives. Donc là, on va</p>
<p class="p2">utiliser des jouets, par exemple, pour qu'ils puissent exprimer un comportement à peu</p>
<p class="p2">près normal. Si ce comportement n'est pas exprimé, derrière, on va avoir un non-</p>
<p class="p2">respect du budget temps, c'est-à-dire de la répartition des activités au cours de la</p>
<p class="p2">journée. Les animaux vont souvent développer des comportements anormaux, ou du</p>
<p class="p2">cannibalisme, ou des agressions trop importantes. Et donc, il faut essayer de favoriser</p>
<p class="p2">autant que possible le comportement naturel des animaux par les congénères, par</p>
<p class="p2">l'environnement physique, éventuellement par l'enrichissement cognitif. J'ai parlé des</p>
<p class="p2">différentes activités, mais ça peut être aussi des sons, ça peut être aussi des odeurs,</p>
<p class="p2">ça peut être des choses comme ça qui vont lui procurer un certain bien-être. Il y a des</p>
<p class="p2">choses assez simples à mettre en œuvre. Je parlais des ballots de paille.Lennan Bate: Ça a été bien montré que ça demande un peu d'investissement pour</p>
<p class="p2">l'éleveur, du temps de travail, etc. Mais ça marche plutôt bien. Alors j'aimerais qu'on</p>
<p class="p2">parle de l'abattage et des efforts qu'on peut faire sur l'abattage. Quelles sont les</p>
<p class="p2">pistes ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? Et peut-être que ça nous permettra aussi un petit</p>
<p class="p2">peu de parler de... Je sais qu'un de tes rôles, c'est expert auprès du.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Ministre au Parlement européen. Donc est-ce que vous arrivez à faire</p>
<p class="p2">bouger un peu les lignes et vers quoi est-ce qu'on peut évoluer sur ces questions-là ?</p>
<p class="p2">La question de l'abattage est toujours très compliquée. On ne parle pas de bien-être à</p>
<p class="p2">l'abattoir. Les animaux, on considère qu'ils ne peuvent pas être dans un état de bien-</p>
<p class="p2">être. On parle de protection animale ou de bien-traitance. On essaye de faire le mieux</p>
<p class="p2">possible. Mais quoi qu'il arrive, même dans les abattoirs que j'ai visités qui faisaient ça</p>
<p class="p2">le mieux possible, il y a toujours un état de stress. C'est très compliqué parce qu'on va,</p>
<p class="p2">sur l'abattage, avoir des notions liées aux animaux. la souffrance, la douleur qu'ils vont</p>
<p class="p2">ressentir et qu'on va essayer de minimiser, mais aussi beaucoup d'impacts sociétaux.</p>
<p class="p2">C'est très compliqué. Et puis les gens ne veulent pas trop entendre parler d'abattage.</p>
<p class="p2">Globalement, pour améliorer la protection animale à l'abattoir, il n'y a pas photo, il faut</p>
<p class="p2">procéder à un abattage avec étourdissement. C'est très compliqué à mettre en œuvre</p>
<p class="p2">parce qu'il y a d'autres critères que juste l'animal qui rentrent en jeu. Mais</p>
<p class="p2">l'étourdissement de l'animal est ce qui va permettre d'avoir la mort la moins</p>
<p class="p2">douloureuse ou avec le moins de souffrance. Et donc c'est vraiment quelque chose qu'il</p>
<p class="p2">faut essayer de mettre en place. En fonction des religions, on va accepter soit</p>
<p class="p2">l'étourdissement avant la saignée, soit certaines religions n'acceptent pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: L'Étourdissement.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Avant la saignée, mais acceptent l'étourdissement juste après la saignée.C'est-à-dire qu'on saigne l'animal et tout de suite derrière, on l'étourdit. C'est un</p>
<p class="p2">moindre mal. Voilà. Et donc, c'est vraiment le premier critère. Pour l'instant, on n'est pas</p>
<p class="p2">d'accord. Ça ne va pas être mis en place tout de suite. Certaines ONG travaillent très</p>
<p class="p2">bien sur le domaine Je vais citer l'OABA qui fait un super travail là-dessus, qui milite</p>
<p class="p2">pour ça depuis des années. Au niveau politique, pour l'instant, européen et français,</p>
<p class="p2">c'est trop compliqué à mettre en œuvre. Certains pays européens ont essayé, mais ça</p>
<p class="p2">a nécessité, après, donc ils l'ont mis en place, mais ça a nécessité pour eux d'importer</p>
<p class="p2">des viandes d'animaux qui avaient été abattues sans étourdissement, donc ce n'est</p>
<p class="p2">pas satisfaisant non plus. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, on sait que pour</p>
<p class="p2">les abattoirs, il y a des conceptions qui peuvent minimiser le stress de l'animal et qui</p>
<p class="p2">peuvent favoriser plus de confort pour l'animal. Et là, il y a une Américaine qui a</p>
<p class="p2">beaucoup travaillé sur ces questions-là, Temple Grandin ou Grandine, je ne sais pas</p>
<p class="p2">bien comment on dit, qui a travaillé sur les couloirs d'amnés au poste de saignée. des</p>
<p class="p2">couloirs qui sont plutôt circulaires, plutôt que longilignes, des parois pleines. Il y a des</p>
<p class="p2">aménagements qu'on peut mettre en place pour que l'animal puisse aller jusqu'au</p>
<p class="p2">poste de saignée le plus sereinement possible, si on peut dire. Voilà, c'est les deux</p>
<p class="p2">grands points. Et puis après, il y a bien entendu, là encore, je reviens à ma relation</p>
<p class="p2">humain-animal, avoir un meilleur comportement avec les animaux est aussi</p>
<p class="p2">fondamental. Mais il ne faut pas oublier que les gens qui travaillent à l'abattoir</p>
<p class="p2">manipulent des animaux qui ne veulent pas avancer de 4 heures du matin à midi, qu'il</p>
<p class="p2">n'y en a pas beaucoup d'entre nous qui voudraient faire leur métier et que donc, avoir</p>
<p class="p2">un comportement approprié toute la journée, 365 jours sur 365 jours, je ne suis pas sûr</p>
<p class="p2">qu'on y arriverait tous. Voilà. Donc, bien sûr, il faut qu'il l'ait. mais pour avoir travaillé</p>
<p class="p2">avec des animaux, tous ceux qui ont travaillé avec des animaux savent que de temps</p>
<p class="p2">en temps, ils sont pénibles, ils ne veulent pas avancer et qu'on aimerait bien qu'ils</p>
<p class="p2">avancent. Donc je ne leur jette pas la pierre, moi je ne voudrais pas faire leur métier.</p>
<p class="p2">Donc c'est les trois gros points, c'est l'abattage avec étourdissement, l'environnementphysique amélioré autant que possible, ça nécessite des investissements mais c'est</p>
<p class="p2">possible, et puis travailler sur la formation des opérateurs et sur un.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bien-Être optimale de ces opérateurs pour qu'ils soient dans une</p>
<p class="p2">situation, eux, la moins inconfortable possible pour qu'ils prennent le plus de sang</p>
<p class="p2">possible des animaux. Tu citais Temple Grandin, pour le dire à l'américaine.</p>
<p class="p2">Effectivement, Pauline Garcia nous en parlait aussi dans un précédent épisode. Moi, je</p>
<p class="p2">me demandais, est-ce qu'il y a de la place pour un abattage à la ferme ? Parce que</p>
<p class="p2">moi, je suis une petite exploitation. C'est vrai que pour moi, ce serait l'idéal de pouvoir,</p>
<p class="p2">dans le champ.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Abattre l'animal, il n'y a aucun stress. Pour tout le monde, c'est le plus</p>
<p class="p2">simple. Pour moi, c'est la panacée. Qu'est-ce qu'il en est ? Je ne vais pas être dans la</p>
<p class="p2">tendance du moment. Je ne suis pas hyper favorable à l'abattage à la ferme. C'est un</p>
<p class="p2">côté très intéressant intellectuellement. L'animal n'est pas transporté, il est abattu dans</p>
<p class="p2">son environnement avec son éleveur. C'est intellectuellement très intéressant. et très</p>
<p class="p2">sexy, si je peux me permettre. Ça marche bien. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup</p>
<p class="p2">de situations où les installations ne seront pas optimales pour l'animal, parce que</p>
<p class="p2">l'éleveur n'aura pas forcément le couloir de contention pour que les animaux soient</p>
<p class="p2">bien contenus. Il n'aura pas toutes ces installations. Ça, c'est un premier cas, parce que</p>
<p class="p2">ça nécessite de l'investissement. d'abattre des animaux, il faut qu'on puisse les</p>
<p class="p2">contenir, il faut qu'on puisse les saigner et il faut qu'on puisse procéder à la mise en</p>
<p class="p2">sécurité sanitaire le plus rapidement possible. Ça, c'est le premier point. Deuxième</p>
<p class="p2">point, il y a certaines espèces, pour moi, pour lesquelles c'est encore plus compliqué.</p>
<p class="p2">Parce que pour ces investissements-là, et puis faire venir... Alors, on parle souvent des</p>
<p class="p2">camions d'abattage. Pour faire venir un camion, il faut qu'il y ait un certain volume</p>
<p class="p2">d'abattage. on ne va pas abattre juste une vache. On va en abattre 5, 6, 7 pour que lecamion ne vienne pas pour rien et qu'on n'ait pas monté les barrières pour un seul</p>
<p class="p2">animal. En élevage bovin, on abat rarement plusieurs animaux d'un coup parce que la</p>
<p class="p2">vache, elle part à la réforme. Ce n'est pas comme un lot de poulets où ils partent tous</p>
<p class="p2">ensemble. C'est une vache, deux vaches éventuellement, toutes les semaines, toutes</p>
<p class="p2">les deux semaines, toutes les six semaines, peu importe. Si on veut un certain volume,</p>
<p class="p2">ça implique de faire venir d'autres animaux au lieu d'abattage. Donc, ils vont avoir du</p>
<p class="p2">transport, du chargement et du déchargement. Et ils vont avoir un déchargement, donc</p>
<p class="p2">sortir du camion, dans un endroit qui n'est pas forcément le plus optimisé possible.</p>
<p class="p2">Parce que l'éleveur n'aura pas une rampe bétonnée, il n'aura pas des couloirs avec des</p>
<p class="p2">parois pleines, il n'aura pas forcément des couloirs incurvés. Et donc, je ne suis pas sûr</p>
<p class="p2">que pour l'animal, toutes les situations soient le mieux possible en cas d'abattage à</p>
<p class="p2">l'affaire. Alors effectivement, moi je comprends l'éleveur qui veut y abattre chez lui</p>
<p class="p2">parce qu'il se dit, c'est mes animaux, je vais en prendre soin jusqu'au dernier moment</p>
<p class="p2">et quelque part, je veux m'occuper de cette partie-là plutôt que de la confier à</p>
<p class="p2">quelqu'un dont je ne sais pas bien comment ça se passe. Je comprends. Par contre, si</p>
<p class="p2">on fait ça, il y aura des situations qui seront optimales et puis il y aura des situations qui</p>
<p class="p2">ne seront pas optimales parce que l'investissement ne sera pas suffisant pour avoir des</p>
<p class="p2">bonnes installations, parce que l'éleveur n'aura peut-être pas été formé à faire comme il</p>
<p class="p2">faut exactement. Je vais prendre un exemple. On le voit avec « Quand on tue le cochon</p>
<p class="p2">à la ferme », qui est un abattage à la ferme. Il y a des éleveurs qui vont mettre un coup</p>
<p class="p2">de matador avant. Il y en a d'autres qui vont juste le saigner sans coup de matador. Il y</p>
<p class="p2">en a qui vont l'accrocher au tracteur alors qu'il est encore conscient et puis là ça hurle</p>
<p class="p2">pendant deux, trois minutes, alors qu'à l'abattoir, ça ne dure pas aussi longtemps. Je ne</p>
<p class="p2">suis pas aussi catégorique que ça. Je pense qu'il faut continuer à travailler sur la</p>
<p class="p2">question. Moi, il me semble que des placettes, donc des lieux où on va se rassembler,</p>
<p class="p2">qui sont adaptés, etc., sont intéressantes. Parce qu'on ne peut pas non plus avoir... On</p>
<p class="p2">a un maillage d'abattage qui est de moins en moins dense, de moins en moinsd'abattoir, parce que les investissements sont lourds, et en même temps, des fois, il y a</p>
<p class="p2">des incohérences. 600 kilomètres à des animaux pour qu'ils aillent se faire abattre et</p>
<p class="p2">qu'ils reviennent après. Il y a des incohérents, donc il y a des trucs à travailler. Mais</p>
<p class="p2">l'abattage à la ferme, proprement dit, je demande à voir, je ne suis pas hyper</p>
<p class="p2">convaincu. Le modèle économique fait qu'on aura des situations où les installations ne</p>
<p class="p2">seront pas conformes, pas.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Optimales, et donc le bien-être ne sera pas meilleur. Je ne sais pas si j'ai</p>
<p class="p2">été clair, parce que cette situation est compliquée, mais je suis partagé sur la question.</p>
<p class="p2">Tu parles de ces animaux qui font des kilomètres avant de revenir sur place.</p>
<p class="p2">Effectivement, il y a cette situation assez rigolote, enfin rigolote, cocasse, disons, au</p>
<p class="p2">intermarché du coin, qui achète de la viande à un éleveur d'ici. qu'il envoie à un abattoir</p>
<p class="p2">à centaines de kilomètres pour revenir peut-être à voir si la carcasse est la bonne,</p>
<p class="p2">vendue sous viande locale. Donc là-dessus, peut-être ça nous fait une transition. La</p>
<p class="p2">dernière fois, tu me disais.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Le système de filière et la distribution, c'est ça qui bloque l'évolution du</p>
<p class="p2">bien-être des élevages. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce que tu</p>
<p class="p2">voulais dire ? Si.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: La carcasse est bonne, normalement la traçabilité est optimale. On sait</p>
<p class="p2">exactement quels sont les animaux qui sont abattus et quelle est leur traçabilité. En</p>
<p class="p2">France, on est extrêmement efficace là-dessus. Je pousse un peu parce que l'éleveur</p>
<p class="p2">en question me.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Disait qu'il n'y avait plus son animal et qu'il y avait toujours la même</p>
<p class="p2">étiquette via le local. Ils avaient oublié d'enlever l'étiquette. C'est pour ça que je pousseun peu. Dans la majorité des cas, la traçabilité, même l'immense majorité des cas, la</p>
<p class="p2">traçabilité est bonne. Les filières et la distribution, ce qui bloque l'évolution. En fait,</p>
<p class="p2">avant ça, c'est le consommateur. C'est le consommateur parce que la filière et la</p>
<p class="p2">distribution répondent à une demande du consommateur. Des fois, ils sont un peu</p>
<p class="p2">bloquants et ils ne veulent pas évoluer trop vite. mais ils répondent à une demande du</p>
<p class="p2">consommateur. Un grand distributeur, s'il voit que les œufs de poules en cage ne se</p>
<p class="p2">vendent pas, il va a****** d'acheter des œufs de poules en cage. Donc, le geste citoyen</p>
<p class="p2">doit être corrélé au geste consommateur. Et ça, c'est deux fois par jour au minimum</p>
<p class="p2">qu'on peut faire ce geste-là. Et il faut qu'on mette plus de pouvoir d'achat dans notre</p>
<p class="p2">alimentation si on veut être cohérent avec nos attentes citoyennes. Là, on dépense à</p>
<p class="p2">peu près 15-20% maximum de notre budget dans l'alimentation. Avant, c'était bien plus.</p>
<p class="p2">On pourrait remonter un peu plus pour avoir des produits qui respectent plus l'animal et</p>
<p class="p2">qui respectent plus les éleveurs. Ça, c'est le premier point. Et après, la distribution va</p>
<p class="p2">s'adapter à cette question-là. Si la distribution s'adapte et évolue, Généralement, les</p>
<p class="p2">filières derrière évoluent aussi. Ils ont parfois de la résistance aux changements parce</p>
<p class="p2">qu'ils ont toujours fait comme ça, mais c'est pareil pour chacun d'entre nous. Ils ont</p>
<p class="p2">toujours fait comme ça, on leur a appris comme ça et que ça marche bien. C'est un peu</p>
<p class="p2">tout le monde qui doit faire évoluer le système, mais les filières, si elles évoluent toutes</p>
<p class="p2">seules et qu'il n'y a pas... qui n'a pas d'achat derrière, ils feront vite marche arrière. La</p>
<p class="p2">meilleure évolution, c'est celle qui associe les deux. Je vais prendre le cas de l'étiquette</p>
<p class="p2">bien-être animal, qui est encore assez discrète, confidentielle, que tout le monde ne</p>
<p class="p2">connaît pas, mais qui a associé des ONG au début, des distributeurs et des</p>
<p class="p2">producteurs. Ils ont créé une étiquette bien-être animal, d'abord sur le poulet de chair,</p>
<p class="p2">en associant un peu tout le monde, et donc pour avoir un marché, une distribution et</p>
<p class="p2">une production. C'est ce qui est le plus efficace. Alors, je leur dis, je ne veux pas</p>
<p class="p2">culpabiliser le consommateur, mais le consommateur, à un moment, il a les clés. La</p>
<p class="p2">majorité, tous, ne l'ont pas, mais une bonne majorité des consommateurs ont les cléspour être en accord avec leurs attentes et donc faire évoluer le système. Et là, le</p>
<p class="p2">problème, c'est que si on ne fait pas ça, et qu'on demande à nos éleveurs d'évoluer.</p>
<p class="p2">Eux, ils vont évoluer, mais ils auront un coût de production qui sera peut-être plus</p>
<p class="p2">important. Si les consommateurs ne l'achètent pas, on sera obligé d'importer des</p>
<p class="p2">produits, moins disant d'autres pays. Enfin, on a un système qui est... On marche sur la</p>
<p class="p2">tête au b*** d'un moment. Donc, il faut que le.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Consommateur évolue sur cette question-là, accepte de payer plus cher</p>
<p class="p2">ses produits alimentaires.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: C'Est plus facile à dire qu'à faire. Pour certains, je suis d'accord. Mais</p>
<p class="p2">c'est un levier absolument fondamental. Tu parlais du label bien-être animal. Est-ce qu'il</p>
<p class="p2">y en a d'autres que tu conseillerais ? En France, on a des productions sous signe de</p>
<p class="p2">qualité. Label rouge, bio, c'est des critères pour le bien évidemment d'un côté bio, d'un</p>
<p class="p2">côté pesticides, mais aussi d'un côté bien-être. Ils ont des normes plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Importantes. le label rouge, tout ça. Donc, si on peut acheter des produits</p>
<p class="p2">sous signe de qualité, c'est généralement.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Plus respectueux à la fois du bien-être et de l'environnement. C'est</p>
<p class="p2">extrêmement efficace. Tout à l'heure, tu parlais du One Welfare, le bien-être éleveur</p>
<p class="p2">animal. Est-ce que tu veux développer, dire d'autres choses autour de ça ? Je ne sais</p>
<p class="p2">pas combien de temps tu as, parce que moi, c'est un sujet qui que je trouve</p>
<p class="p2">passionnant et qui est hyper complexe. Je travaille sur le bien-être des animaux, tu l'as</p>
<p class="p2">dit, depuis presque 25 ans. Je trouvais qu'avant, c'était assez facile. Les situations</p>
<p class="p2">étaient assez faciles. Et puis, plus je progresse, plus je trouve que c'est complexe. Et</p>
<p class="p2">puis, si on a écouté un peu Jean Covici sur le rapport à l'agriculture, ou au sommet del'élevage de Cournon, début du mois, il dit que l'agriculture, c'est le domaine le plus</p>
<p class="p2">complexe que je connaisse. Et cette notion du One Welfare, elle aborde cette</p>
<p class="p2">complexité. Je vais prendre quelques exemples pour essayer de montrer qu'en fait,</p>
<p class="p2">c'est hyper complexe. Si on améliore, on l'a dit, le bien-être de l'animal, on va améliorer</p>
<p class="p2">le bien-être de l'éleveur. Donc on va associer bien-être humain, bien-être animal, dans</p>
<p class="p2">la branche One Welfare. Si on améliore le bien-être de l'éleveur, il aura un</p>
<p class="p2">comportement plus doux avec ses animaux, il sera dans un meilleur état mental il</p>
<p class="p2">interagira mieux avec ses animaux. Donc là, c'est gagnant-gagnant. OK, très bien. Si</p>
<p class="p2">on améliore le bien-être des animaux, on va améliorer aussi la préservation de</p>
<p class="p2">l'environnement. Ils seront moins malades, donc on aura moins de médicaments à</p>
<p class="p2">utiliser. Ils produiront mieux, donc il y aura besoin de moins d'intrants, donc de moins</p>
<p class="p2">de cultures, etc. Donc ça sera gagnant-gagnant aussi. Donc là, on a notre triptyque</p>
<p class="p2">bien-être de l'humain, bien-être des animaux, préservation de l'environnement. Facile.</p>
<p class="p2">Sauf que c'est plus compliqué que ça, il me semble. Tu as sûrement entendu parler de,</p>
<p class="p2">je vais prendre un exemple, de l'initiative citoyenne européenne pour la fin des cages,</p>
<p class="p2">pour qu'on sorte les animaux des cages. Moi, je trouve ça, je suis hyper favorable, je</p>
<p class="p2">trouve ça très bien pour les animaux, Et en 2025, on peut difficilement justifier de</p>
<p class="p2">laisser des animaux dans des cages pendant toute leur vie. Mais si on fait ça, il va</p>
<p class="p2">falloir plus de place. Il va falloir procurer de la litière. Et donc, on va avoir une emprise</p>
<p class="p2">agricole qui va vraisemblablement être plus importante, parce que les bâtiments</p>
<p class="p2">prendront plus de place, donc on va artificialiser le sol. Si on a de la litière, il faudra</p>
<p class="p2">faire des céréales en plus pour produire de la paille. Et donc, si on sort demain tous les</p>
<p class="p2">animaux des cages, ce qui est bien, on aura un impact potentiel sur l'environnement</p>
<p class="p2">avec une emprise agricole qui sera plus importante et des intrants, notamment pour la</p>
<p class="p2">litière, qui seront plus importants. Je reviens au shift project. Le shift project a fait des</p>
<p class="p2">calculs. L'impact carbone en équivalent CO2 est plus faible pour des poules élevées en</p>
<p class="p2">cage que pour des poules élevées en plein air. Là, on voit bien qu'à un moment, cen'est pas toujours gagnant-gagnant. Il va falloir faire des choix et aller vers des</p>
<p class="p2">systèmes où, effectivement, on va pouvoir améliorer à la fois le bien-être de l'animal</p>
<p class="p2">sans dégrader l'environnement. Après, on pourrait me rétorquer qu'on peut faire tous</p>
<p class="p2">de l'agroécologie. donc mettre des poules sous des arbres, etc., des systèmes</p>
<p class="p2">auxquels je suis favorable. Sauf qu'un Français mange 225 oeufs par an, en moyenne.</p>
<p class="p2">On est 65 millions de Français. Ça représente un paquet d'oeufs. Et si demain, on les</p>
<p class="p2">met tous en agroécologie, je ne suis pas sûr qu'on arrive à satisfaire la demande en</p>
<p class="p2">oeufs. Et il ne faudrait pas on émis des contraintes d'agroécologie, je suis hyper</p>
<p class="p2">favorable à, mais aucun doute, mais que ça ne satisfasse pas à la demande et qu'on</p>
<p class="p2">doive importer des oeufs, ce qu'on observe, notamment d'Ukraine, avec des poulaillers</p>
<p class="p2">énormes. Donc, cette notion de One Welfare, un seul bien-être, je suis hyper favorable.</p>
<p class="p2">Il y a plein de cas où ça marche super bien, sauf qu'on est dans un système où la</p>
<p class="p2">demande est forte. On est dans un système mondialisé et que si on ne répond pas à la</p>
<p class="p2">demande du consommateur, les distributeurs vont importer des produits qui sont</p>
<p class="p2">potentiellement moins disants. Après, on peut en parler des heures, il y a plein</p>
<p class="p2">d'exemples qui parlent de ça. Là encore, il faut avoir une approche pragmatique, il faut</p>
<p class="p2">évaluer les impacts. positif, négatif, sur l'humain, sur l'environnement, sur les animaux.</p>
<p class="p2">Et en fait, ça demande une évaluation et il faut sortir des dogmes en disant si c'est</p>
<p class="p2">absolument comme ça qu'il faut faire, ça résout tous les problèmes. Ça résout tous les</p>
<p class="p2">problèmes si on diminue la consommation, si on diminue la.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Demande, oui. Si on.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Reste à demande constante et à.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Consommation constante, on ne pourra pas à la fois satisfaire au bien-</p>
<p class="p2">être des animaux, satisfaire aux impacts environnementaux et au bien-être de l'éleveur.On ne pourra pas. Je pense que ce sera difficile. Effectivement, je pense que la</p>
<p class="p2">complexité dans la réflexion, elle est au cœur de tout ça. Il y a cette phrase qu'on</p>
<p class="p2">entend souvent dans le monde anglo-saxon qui dit que l'agriculture, ce n'est pas de</p>
<p class="p2">l'astrophysique, c'est beaucoup plus complexe. Et moi, ce que j'entends un peu dans ce</p>
<p class="p2">système, c'est qu'effectivement, il y a un besoin de changement de paradigme, c'est-à-</p>
<p class="p2">dire que Les poules, si on les met... Alors certes, si on réserve juste des prairies pour</p>
<p class="p2">les poules, c'est de l'espace, entre guillemets, gâché. Mais si on considère que</p>
<p class="p2">derrière, il peut y avoir des bovins qui viennent manger cette herbe, ou même des</p>
<p class="p2">cultures. Moi, j'ai des amis qui ont des poulaillers mobiles, qui les déplacent sur des</p>
<p class="p2">cultures, parce qu'ils font aussi de la grande culture. C'est de l'azote, c'est du</p>
<p class="p2">phosphore. Sur certaines prairies, on passe la herse. En fait, la poule, elle fait ce travail</p>
<p class="p2">très minutieux.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: C'est comme une petite herse. Mais effectivement, ça change un peu les</p>
<p class="p2">élevages. C'est-à-dire qu'on n'est plus sur des poulaillers à 14 000 poules. On est sur</p>
<p class="p2">des poulaillers à 200, 300 poules. Non, mais c'est même pas 14 000 poules. Un</p>
<p class="p2">poulailler, la taille moyenne d'un poulailler en système sol, c'est 60 000 poules. Et alors</p>
<p class="p2">là, tu abordes un point auquel je suis extrêmement sensible aussi. Le système que tu</p>
<p class="p2">décris, hyper favorable, très, très bien. Moi, je suis à fond. Je trouve ça super. Mais il</p>
<p class="p2">faut des éleveurs. Il faut des éleveurs. Et on sait qu'on va perdre 50 % de nos éleveurs</p>
<p class="p2">d'ici 2030. Et donc, il faut qu'il y en ait qui retournent. Il faut qu'on retourne faire notre</p>
<p class="p2">alimentation parce que des éleveurs qui ont 200 poules, il en faudra un paquet. pour</p>
<p class="p2">faire, je te disais, il en faudra beaucoup. Et ça, c'est une vraie problématique aussi.</p>
<p class="p2">Actuellement, ce n'est pas du tout ce qu'on observe. On observe une diminution du</p>
<p class="p2">nombre d'exploitations, une diminution des nombres d'éleveurs, une augmentation de</p>
<p class="p2">la taille des élevages. Quand on a une augmentation de la taille des élevages, avoir un</p>
<p class="p2">système agroécologique où, comme tu disais, elles sont juste après la culture pourretourner un peu la terre, remettre de l'azote, etc., On ne peut pas faire ça avec 60 000</p>
<p class="p2">poules parce que les parcellaires ne sont pas possibles, parce que l'entretien n'est pas</p>
<p class="p2">possible. Je ne veux pas être pessimiste du tout parce qu'il y a des solutions au cas par</p>
<p class="p2">cas. Mais par contre, il faut les étudier et il faut accepter de mettre le prix, il faut</p>
<p class="p2">accepter d'en manger moins aussi. Mais en manger moins, ça ne veut pas dire ne plus</p>
<p class="p2">en manger. Parce que faire pousser de la lentille, c'est compliqué, c'est aléatoire, alors</p>
<p class="p2">que de la production animale, ce n'est pas aléatoire. Et donc, quand on dit que demain,</p>
<p class="p2">on mangera tous des lentilles et du pois chiches en France, non, ce n'est pas vrai. Ce</p>
<p class="p2">n'est pas vrai. Quand tu me lances là-dessus, après, je ne m'arrête plus. Il y a toutes</p>
<p class="p2">ces problématiques-là. Je ne sais pas si dans l'interview, et pourtant elle est longue, on</p>
<p class="p2">aura le temps de faire prendre conscience aux gens cette complexité-là, mais ça</p>
<p class="p2">touche des aspects géopolitiques, des aspects renouvellement des générations, des</p>
<p class="p2">aspects environnement, des aspects bien-être de l'animal, des aspects travail de tous</p>
<p class="p2">les jours, concrètement, comment ça se passe, des aspects attente des citoyens. Enfin,</p>
<p class="p2">c'est hyper complexe, la situation. Le seul moyen d'y arriver, c'est de se parler, c'est de</p>
<p class="p2">se mettre autour de la table avec des gens qui sont plutôt pour faire comme ça,</p>
<p class="p2">d'autres qui sont plutôt pas pour faire comme ça. mais qu'on arrive à se parler. Et</p>
<p class="p2">actuellement, dans la.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Société, on n'arrive plus à se parler. On a une dichotomie de la société,</p>
<p class="p2">les pour et les contre. En fait, ça ne marchera jamais pour et contre, surtout sur le</p>
<p class="p2">domaine de l'agriculture. Oui, complètement. C'est tout l'idée de ce podcast, c'est</p>
<p class="p2">d'avoir une complexité, de sortir des dogmes, de remettre un peu plus de complexité,</p>
<p class="p2">plus de compréhension de ce vaste univers et de comprendre et d'avancer petit à petit,</p>
<p class="p2">d'entendre plein de points de vue et qu'ensemble, on combine un peu tous ces</p>
<p class="p2">modèles, toutes ces façons de faire pour qu'il y ait un maillage agricole français plus</p>
<p class="p2">complexe. Et.Luc Mounier: Je pense qu'il y a de la place pour à peu près tous les systèmes</p>
<p class="p2">d'élevage ou même de culture. Mais voilà, c'est après comment est-ce qu'on</p>
<p class="p2">complexifie ? C'est pas il y a de la place pour, c'est il est nécessaire d'avoir tous les</p>
<p class="p2">systèmes parce qu'il faut bien évidemment que l'agroécologie se développe. Mais il faut</p>
<p class="p2">aussi nourrir une ville comme Paris. Les Parisiens n'auront pas tous à côté de chez eux</p>
<p class="p2">le petit éleveur local qui va avoir ses 200 poules. Donc, il est nécessaire d'avoir tous les</p>
<p class="p2">systèmes. Évidemment, il faut que les systèmes qu'on a poussés depuis les années 70,</p>
<p class="p2">très industriels, évoluent vers des systèmes moins industriels. Mais ça ne se fera pas</p>
<p class="p2">tout de suite, même si.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On est pressé. Le monde fait qu'on est pressé. mais malheureusement ça</p>
<p class="p2">n'évoluera pas tout de suite. Ça va évoluer et donc il faut accompagner le changement,</p>
<p class="p2">il faut y aller, il faut parler, voilà. Complètement. Je pense qu'il y a à ce point, tu le</p>
<p class="p2">soulevais, c'est qu'il y a moins d'un pour cent d'agriculteurs en France. Et on demande</p>
<p class="p2">à ce, je crois, de mémoire, c'était le dernier chiffre que j'avais, c'était 0,6 pour cent de la</p>
<p class="p2">population active en français est agriculteur. Donc, après, on demande à ce moins d'un</p>
<p class="p2">pour cent de résoudre le problème le plus complexe de la France, de nourrir les</p>
<p class="p2">Français avec tous les enjeux de santé, d'environnement et tout que ça représente.</p>
<p class="p2">C'est sûr que c'est un défi difficile à relever. On pourrait en parler encore des heures.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Peut-être pour commencer à clôturer, est-ce qu'il y a un point dont tu</p>
<p class="p2">aurais encore aimé parler et que ce soit le moment de relever peut-être un élément</p>
<p class="p2">dont on n'a pas pu parler ? Non, je pense qu'on a fait à peu près le tour des grands</p>
<p class="p2">éléments. Je pense qu'il faut améliorer le bien-être des animaux parce que les</p>
<p class="p2">connaissances scientifiques ont évolué et il y a des choses qu'on ne connaissait pas</p>
<p class="p2">qu'on n'avait pas scientifiquement validé sur les animaux, qui maintenant sont clair, net,</p>
<p class="p2">validés. La conscience des animaux, les émotions chez les animaux, c'est des notionsassez récentes, mais maintenant, elles sont certaines, on le sait. Et donc, dans 50, 100</p>
<p class="p2">ans, on se retournera peut-être en disant, mais qu'est-ce qu'on a fait avec les animaux</p>
<p class="p2">qui ont une conscience, qui sont des êtres sensibles ? Donc, il faut évoluer sur cette</p>
<p class="p2">question-là, c'est sûr. Si je reprends juste avant ce qu'on a dit, il ne faut pas être</p>
<p class="p2">dogmatique. Il ne faut pas le faire au détriment des éleveurs, parce que s'il y a un truc</p>
<p class="p2">qu'on n'a pas dit, c'est que ce n'est pas la faute des éleveurs, le système dans lequel</p>
<p class="p2">on est. C'est la faute de tout le monde. Tout le monde a été dans ce système-là. À la</p>
<p class="p2">sortie de la guerre, on a dit aux éleveurs qu'il fallait produire. On a mis des</p>
<p class="p2">zootechniciens en leur disant, voilà comment on va produire. Le consommateur s'est</p>
<p class="p2">mis à manger de la viande midi soir, midi soir, à un prix défiant toute concurrence.</p>
<p class="p2">Donc, il était bien content. Les politiques ont été dans ce système-là. Donc, c'est la</p>
<p class="p2">faute de tout le monde. C'est la faute du système. Ce n'est pas la faute de l'éleveur. La</p>
<p class="p2">majorité des éleveurs que je connais aiment leurs animaux et aimeraient bien avoir un</p>
<p class="p2">système qui soit plus propice au bien-être des animaux. C'est évident, mais il faut aussi</p>
<p class="p2">qu'ils puissent manger, qu'ils puissent rembourser les investissements qu'ils ont faits.</p>
<p class="p2">Ça, c'est un point fondamental. Après, il y en a des éleveurs, comme dans toutes les</p>
<p class="p2">professions, qui font moins bien leur travail que d'autres. Comme dans toutes les</p>
<p class="p2">professions, ça existe. Mais globalement, ce n'est pas de leur faute. Et donc le système,</p>
<p class="p2">s'il doit évoluer, il ne doit pas se faire à leur détriment, il doit se faire en les</p>
<p class="p2">accompagnant. Et si on veut donner envie à des jeunes d'y aller, par rapport à ce qu'on</p>
<p class="p2">venait de dire, il faut donner envie, avec des systèmes plus vertueux, avec une prise en</p>
<p class="p2">compte du bien-être de l'éleveur plus importante. Donc ça, c'est aussi un point</p>
<p class="p2">important. Donc je reviens à mon truc, il faut améliorer le bien-être des animaux, il n'y a</p>
<p class="p2">pas de doute, il vaut mieux les prendre en considération. Et donc il y a certaines</p>
<p class="p2">pratiques, l'élevage en cage, les mutilations, qu'on sait qu'il faut faire évoluer. Ça</p>
<p class="p2">nécessite un consensus des compromis au niveau français. Et ce dont on n'a pas parlé,</p>
<p class="p2">c'est que tout ça se joue à l'échelle européenne. et qu'il faudra une meilleureapplication des directives européennes dans toute l'Europe. Il faudra plus de contrôles</p>
<p class="p2">dans toute l'Europe, parce qu'en France, on applique plutôt bien la réglementation, on</p>
<p class="p2">la contrôle plutôt bien. Certains pays, on le sait, notamment sur le transport des</p>
<p class="p2">animaux, le font moins bien. Donc la règle est commune, mais son application et son</p>
<p class="p2">contrôle n'est pas la même. Donc ça crée potentiellement des distorsions de</p>
<p class="p2">concurrence. Et on ne peut pas réfléchir que français, parce que la France ne sera pas</p>
<p class="p2">autonome sur son alimentation. Donc, il faut voir plus large. Et donc, il faut vraiment</p>
<p class="p2">qu'il y ait une politique européenne avec plus d'applications, plus de contrôles, pour</p>
<p class="p2">que tous les agriculteurs européens soient logés à la même enseigne. Ça, c'est aussi</p>
<p class="p2">un point important et qui vient complexifier encore un peu la situation, si je peux me</p>
<p class="p2">permettre. C'est un point dont on n'avait pas parlé et je pense que c'est aussi C'est</p>
<p class="p2">aussi important. Juste, on parle des clauses miroirs parce qu'il y a l'Europe, mais il y a</p>
<p class="p2">le reste du monde. On le voit avec le Mercosur. Le problème, moi, je suis hyper</p>
<p class="p2">favorable à mettre des clauses miroirs, c'est-à-dire des clauses de réciprocité qu'on</p>
<p class="p2">importe des produits qui respectent les mêmes règles que chez nous. Sauf que ça, ça</p>
<p class="p2">ne marche que s'il y a un contrôle de l'autre côté. S'il n'y a pas de contrôle de l'autre</p>
<p class="p2">côté, eux, ils vont signer un b*** de papier en disant on respecte. Mais voilà, on sait que</p>
<p class="p2">sur les antibiotiques au Brésil, ils ne sont pas du tout sur les mêmes niveaux</p>
<p class="p2">d'exigence que nous. Et donc le Mercosur va normalement interdire l'importation de</p>
<p class="p2">carcasses ayant reçu des antibiotiques. Mais quel est le contrôle qu'on en fait ? Moi, je</p>
<p class="p2">n'en sais rien. Alors s'il y a eu un audit de la Commission européenne qui a été voir sur</p>
<p class="p2">place ce qui se passait, du coup, ça a entraîné un arrêt.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Des exportations brésiliennes sur la viande. Mais pendant combien de</p>
<p class="p2">temps ? Parce que si on ne fait pas ça, on a des contreparties qu'il faut payer dans</p>
<p class="p2">l'accord du Mercosur, des pénalités. Donc voilà, ça complexifie le bazar. Pour aller un</p>
<p class="p2">peu plus loin ou en tout cas avoir des idées, découvrir un petit peu plus, je sais que tume disais la dernière fois, la chaire Bien-être animal, le site internet, a toute une page</p>
<p class="p2">sur les idées reçues pour débunker les différentes idées reçues et comprendre un petit</p>
<p class="p2">peu.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Le vrai du faux. Est-ce qu'il y a d'autres ressources que tu partagerais</p>
<p class="p2">comme ça, peut-être un livre ou des podcasts ou des vidéos ou des choses que peut-</p>
<p class="p2">être que toi tu partages pour aller plus loin dans toutes ces réflexions ? Certains</p>
<p class="p2">réseaux sociaux sont extrêmement efficaces parce qu'on peut avoir, même si on est</p>
<p class="p2">toujours dans une bulle informationnelle, on peut avoir différents points de vue. Donc, il</p>
<p class="p2">y a des gens à suivre sur les réseaux qui sont, de mon point de vue, extrêmement</p>
<p class="p2">pertinents, qui donnent des points de vue. Je méfie toujours des gens qui disent c'est</p>
<p class="p2">tout noir, c'est tout blanc. Et nous, les idées reçues qu'on débunk sur ou qu'on débriefe</p>
<p class="p2">sur la chair bien-être animale, c'est jamais oui, non, c'est toujours oui, mais non, mais il</p>
<p class="p2">y a ça. Après, si on veut creuser le bien-être des animaux de manière plus profonde,</p>
<p class="p2">mais là, je pense que tout ce qui est fait au niveau européen avec les centres</p>
<p class="p2">européens sur le bien-être ou au niveau français avec le CNR, le Centre National de</p>
<p class="p2">Référence Bien-être, est intéressant. Et puis après, moi, dans les autres Il y en a des</p>
<p class="p2">podcasts, alors ça n'a rien à voir avec le sujet d'aujourd'hui, mais je trouve que Seismic</p>
<p class="p2">de Julien Dévorex est extrêmement pertinent sur la complexité du monde. Et donc, ça</p>
<p class="p2">aborde des notions comme aujourd'hui. Non, je ne vais pas t'en donner un. Il faut être</p>
<p class="p2">curieux. Il faut tout écouter, il faut tout lire, il faut regarder tout ce qui passe. Il faut être</p>
<p class="p2">curieux, curieux, curieux, curieux. Il n'y a que comme ça. qu'on arrivera à comprendre</p>
<p class="p2">une partie du monde et à faire des.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Choix qui seront les plus raisonnés.</p>
<p class="p2">Luc Mounier: Possibles. Ton podcast en est un, mais il y en a plein d'autres. Il fautouvrir.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Notre champ et il faut être curieux, écouter le maximum de trucs et lire le</p>
<p class="p2">maximum de trucs. Voilà. Parfait. Merci Luc Mounier, merci. Merci à toi. J'espère que ça</p>
<p class="p2">a été clair pour tes auditeurs. Et puis voilà, merci.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p2"> </p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Le bien-être animal est aujourd’hui au cœur de nombreux débats, mais il reste souvent mal compris. Entre idées reçues, injonctions sociétales et réalités de terrain, une question essentielle demeure : de quoi parle-t-on vraiment quand on parle de bien-être animal ?
Pour en discuter, j’accueille Luc Mounier qui travail depuis plus de 25 ans à VetAgro Sup. Responsable de la chaire Bien-Être Animal et expert auprès du ministère et du Parlement européen, il travaille sur les filières bovines, porcines et volailles et nous aide à faire le lien entre science, élevage et société.
Dans cet épisode, nous allons revenir aux fondamentaux : comment définir les besoins des animaux, quel rôle joue l’éthologie, et en quoi le bien-être animal impacte la santé, la productivité, l’environnement et les choix de société.
Un échange pour dépasser les oppositions simplistes et remettre de la nuance au cœur du débat.LIENS : 
https://chaire-bea.vetagro-sup.fr/
 
https://www.cnr-bea.fr/
 
https://www.anses.fr/fr
 
https://www.sismique.fr/
Transcription : 
31 - Bien-être animal avec Luc Mounier
Luc Mounier: C'est pas la faute des éleveurs, le système dans lequel on est. C'est la
faute de tout le monde. Tout le monde a été dans ce système-là. A la sortie de la
guerre, on a dit aux éleveurs, il faut produire. On a mis des zootechniciens en leur
disant, voilà comment on va produire. Le consommateur s'est mis à manger de la
viande midi soir, midi soir, à un prix défiant toute concurrence. Donc, il était bien
content. Les politiques ont été dans ce système-là. Donc, c'est la faute de tout le
monde. C'est la faute du système. C'est pas la faute de l'éleveur. La majorité des
éleveurs que je connais, aiment leurs animaux et aimeraient bien avoir un système qui
soit plus propice au bien-être des animaux, c'est évident. Mais il faut aussi qu'ils
puissent manger, qu'ils puissent rembourser les investissements qu'ils ont fait.
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la
santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture
occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire
des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne
notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin
d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture
réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au
travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Le bien-
être animal est un terme omniprésent aujourd'hui, souvent débattu, parfois
instrumentalisé et surtout entouré de nombreuses idées reçues. J'ai donc demandé à
Luc Mounier, qui est enseignant bien-être animal chez Vetagro Sub depuis plus de 25
ans, de nous éclairer sur ce sujet complexe. Donc voici un épisode pour prendre du
recul, déconstruire les idées reçues et comprendre pourquoi une approche holistique
du bien-être animal est aujourd'hui essentielle, que ce soit pour les animaux, leséleveurs, l'environnement et notre société dans son ensemble. Tu enseignes le bien-
être animal depuis 25 ans chez Vetagrosup et t'es aussi responsable cher bien-être
animal. Alors avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter, peut-être nous
parler comment t'en es venu à devenir prof.
Luc Mounier: De bien-être animal ? Alors ça c'est une longue histoire et c'est
complètement le hasard. J'étais étudiant à l'école Veto à Lyon, donc qui est devenu
Vetagrosup. et je m'occupais pas mal des associations étudiantes. Et le directeur de
l'époque m'a dit, à la fin de mes études, « Mounier, ça serait pas mal que vous restiez.
» Et il m'a dit, il y a une discipline qui va se développer, et ça, c'était en 2000-2001.
C'est le bien-être animal. Moi, je voulais faire vétérinaire à la campagne, je voulais faire
vétérinaire rural, aller faire des césariennes, soigner des vaches, des choses]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <itunes:block>No</itunes:block>
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        <itunes:episodeType>full</itunes:episodeType>
            </item>
    <item>
        <title>30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif avec Sylvain Couderc</title>
        <itunes:title>30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif avec Sylvain Couderc</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/30-maraichage-rentabilite-et-systeme-bio-intensif-avec-sylvain-couderc/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/30-maraichage-rentabilite-et-systeme-bio-intensif-avec-sylvain-couderc/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 18 Dec 2025 10:38:57 -0400</pubDate>
        <guid isPermaLink="false">renoueepodcast.podbean.com/63f2041f-43fc-3b2b-be20-81262fa6a6d2</guid>
                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Sylvain Couderc</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.lesjardinsdelavalette.com/'>https://www.lesjardinsdelavalette.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed'>https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='http://www.spidplant.com'>www.spidplant.com</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"><a href='https://brinjel.com/fr/'>https://brinjel.com/fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">John Jeavons</p>
<p class="p3"><a href='https://johnjeavons.org/'>https://johnjeavons.org/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Eliot Coleman</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">JM Fortier</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Ben Hartman</p>
<p class="p3"><a href='https://www.claybottomfarm.com/books'>https://www.claybottomfarm.com/books</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Curtis Stone</p>
<p class="p3"><a href='https://theurbanfarmer.co/'>https://theurbanfarmer.co/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Richard Perkins</p>
<p class="p3"><a href='https://www.richardperkins.co/'>https://www.richardperkins.co/</a></p>
<p class="p3">

Transcription : 

</p>
<p class="p1">30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif</p>
<p class="p1">avec Sylvain Couderc</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Je trouve que parfois, ce n'est pas assez fait par les jeunes</p>
<p class="p2">maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et aller voir dans d'autres fermes parce</p>
<p class="p2">qu'il y a des choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit,</p>
<p class="p2">tu vas gagner des années.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Ayant</p>
<p class="p2">grandi en ville, ma première réelle reconnexion au vivant s'est faite avec les mains dans</p>
<p class="p2">la terre, à récolter mes premiers légumes. Pour reprendre conscience de la magie du</p>
<p class="p2">vivant et la générosité de la terre, rien de tel que de voir une graine germer devenir peu</p>
<p class="p2">à peu une salade ou une tomate. Ou bien de sortir de terre des pommes de terre ou</p>
<p class="p2">des carottes. Mon premier mentor, Léo Drevet, était maraîcher et mes premières</p>
<p class="p2">lectures ont donc assez naturellement été Elliot Colleman John Jeavons ou encore</p>
<p class="p2">Jean-Martin Fortier. Plus tard, j'ai beaucoup appris des approches de rentabilisation et</p>
<p class="p2">d'optimisation fonctionnelle d'autres maraîchers tels que Curtis Stone, Ben Hartmann</p>
<p class="p2">ou encore Richard Perkins. Le maraîchage est l'une des portes d'entrée les plus</p>
<p class="p2">fréquentes pour ceux qu'on appelle les NIMA, les nouveaux installés du monde</p>
<p class="p2">agricole, parce qu'il faut moins de terre et moins d'investissements pour se lancer, etaussi souvent parce que les légumes sont plus faciles d'accès que les animaux par</p>
<p class="p2">exemple. Pourtant, le maraîchage diversifié est extrêmement complexe. Les types de</p>
<p class="p2">sols, les microclimats, les dizaines et dizaines de légumes à maîtriser tout au long de la</p>
<p class="p2">saison et l'enjeu de la vente directe sont qu'un imperçu de tous les aspects qu'il faut</p>
<p class="p2">apprendre à maîtriser afin de créer une entreprise de maraîchage rentable. Entre la</p>
<p class="p2">culture en serre, le plein champ non irrigué, l'attraction animale, le biointensif et j'en</p>
<p class="p2">passe, les types de maraîchage sont multiples et complémentaires. Alors aujourd'hui</p>
<p class="p2">c'est la méthode biointensive dont nous allons parler et pour ce faire je reçois Sylvain</p>
<p class="p2">Coudert qui est fondateur des Jardins de la Valette, maraîcher biointensif, formateur et</p>
<p class="p2">cofondateur de Speedplant qui conçoit des outils professionnels pour maraîcher. Alors</p>
<p class="p2">bonne écoute ! Je me souviens d'une discussion avec un collègue maraîcher au</p>
<p class="p2">marché de Saint-Giron en Ariège où je suis. qui me disait non, mais vraiment, c'est pas</p>
<p class="p2">possible. Le maraîchage, ça paye pas. Vraiment, c'est pas possible de faire du</p>
<p class="p2">maraîchage et d'en vivre. Et j'ai été très frustré parce que moi, ça marche. Après, ça</p>
<p class="p2">demande pas mal de travail, de réflexion, d'aménagement. Il y a des décisions à faire,</p>
<p class="p2">des choix à faire. Et du coup, c'est un peu pour ça que je voulais en parler avec toi.</p>
<p class="p2">essayer de voir un peu décortiquer à quoi ça tient, qu'est-ce qu'il faut pour penser à</p>
<p class="p2">une entreprise maraîchère qui tourne et de pouvoir en vivre. Mais donc avant qu'on</p>
<p class="p2">creuse ce sujet plus en détail, est-ce que tu veux bien te présenter, nous parler de toi,</p>
<p class="p2">ton parcours, ce que tu fais et comment t'en es venu à.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Faire ça ? Donc moi je m'appelle Sylvain Coudert, je suis maraîcher</p>
<p class="p2">depuis 2012, fin 2011 exactement. Je me suis installé sur la ferme familiale, la ferme de</p>
<p class="p2">mes grands-parents. J'utilise la méthode buentensive depuis toujours, depuis le tout</p>
<p class="p2">début. Alors moi je ne suis pas issu du milieu maraîcher. J'ai fait des études</p>
<p class="p2">électrotechniques et je me suis reconverti, je crois que j'avais 27 ans à l'époque, dans</p>
<p class="p2">le maraîchage. Donc ça fait 12-13 ans maintenant que je suis maraîcher, donc je suistoujours maraîcher. Je développe aussi des formations depuis quatre ans maintenant à</p>
<p class="p2">côté, en parallèle de cette activité-là, pour transmettre ce que j'ai appris et ce qui me</p>
<p class="p2">semble bon.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Dans le maraîchage. Alors tu parles de la méthode biointensive, est-ce</p>
<p class="p2">que tu veux.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Bien la présenter, de quoi il s'agit ? La méthode biointensive, ça vient</p>
<p class="p2">d'un système des maraîchers parisiens, enfin maraîchers, on va dire citadins, au début</p>
<p class="p2">du siècle, ou plutôt dans les années 1800-1850, C'est un peu le début de la</p>
<p class="p2">spécialisation de l'agriculture. Peut-être que jusqu'avant les années 1800, les</p>
<p class="p2">agriculteurs étaient surtout en polyculture élevage et ils avaient des activités à côté où</p>
<p class="p2">ils pouvaient cultiver quelques légumes. D'ailleurs, c'est resté longtemps dans les</p>
<p class="p2">campagnes comme ça. Mais il y a eu à un moment donné cette spécialisation,</p>
<p class="p2">notamment dans les grandes villes, Paris, Londres, les grandes villes européennes,</p>
<p class="p2">Bruxelles. Il y a peut-être un problème de foncier à l'époque, mais c'était pas comme</p>
<p class="p2">aujourd'hui. Ils produisaient sur ces petites parcelles, apportaient leurs légumes à la</p>
<p class="p2">ville et revenaient. avec énormément de matière organique à l'époque, parce qu'à</p>
<p class="p2">l'époque c'était encore les chevaux qui dominaient les transports, et donc ils avaient</p>
<p class="p2">accès comme ça à une matière organique importante. Et ils ont développé des</p>
<p class="p2">techniques sur toute petite surface, donc c'était généralement des parcelles de moins</p>
<p class="p2">de 8000 m², très cultivées, et à plusieurs personnes, on a des écrits là-dessus, où ils</p>
<p class="p2">étaient assis, 7 travailleurs, moins de 8 millimètres carrés, et ils produisaient comme ça</p>
<p class="p2">plusieurs tonnes de légumes qu'ils apportaient dans les capitales. Et ce terme bio-</p>
<p class="p2">intensif, c'est un anglicisme qui a été rapporté je pense de Paris-Lutte ou Allemagne, je</p>
<p class="p2">ne sais pas ce que ça a été introduit. Ça vient de « biologic intensive method », «</p>
<p class="p2">French method » même au départ. Donc c'est d'avoir une vie intense. Alors c'est vraique quand on utilise le mot « intensif » en français, ce n'est pas toujours bien compris</p>
<p class="p2">et connoté. mais ça vient vraiment d'une activité biologique intense dans nos sols, ça</p>
<p class="p2">vient de là. Et c'est un terme que moi je garde et que j'emploie encore aujourd'hui pour</p>
<p class="p2">expliquer mon maraîchage parce que ça reprend justement cette méthodologie avec la</p>
<p class="p2">modernité.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De 2020-2025, mais ça vient de là, de cette base. Si on se balade dans</p>
<p class="p2">tes jardins, à travers ton maraîchage, à quoi ça ressemble ? Qu'est-ce qu'on verrait et</p>
<p class="p2">en quoi ce serait différent.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: D'Un autre type de maraîchage, peut-être plus classique, plus</p>
<p class="p2">conventionnel ? Oui, parce que c'est vrai que je parlais de l'origine, mais je n'ai pas</p>
<p class="p2">vraiment décrit ce que c'était. Déjà, peut-être quand même la taille, comme les</p>
<p class="p2">maraîchers du début, c'est que c'est tout petit. Moi, si on prend ma surface, grosso</p>
<p class="p2">modo, vue du ciel, de mes cultures, on est à moins de 5 000 mètres carrés. Donc ça,</p>
<p class="p2">c'est déjà le premier élément. Deux personnes à temps plein à travailler sur cette</p>
<p class="p2">surface, c'est une première spécificité, c'est la taille. Deuxième spécificité, c'est qu'on</p>
<p class="p2">est en planche permanente, c'est qu'il y a une standardisation et un découpage au fil</p>
<p class="p2">des ans, elles sont tout le temps là, tout le temps au même endroit. Elles font toutes 75</p>
<p class="p2">cm, avec des passepieds de 45 cm, et dans mon cas, elles font toutes 20 m. Donc ça,</p>
<p class="p2">c'est aussi une spécificité d'avoir cette standardisation. Alors, tu peux être en bio-</p>
<p class="p2">intensif et avoir des tailles un peu différentes, mais généralement, on retrouve ce</p>
<p class="p2">standard-là et surtout cette standardisation dans tous nos jardins, parce qu'on a</p>
<p class="p2">découpé notre parcelle, même si elle ne fait que 5000 m², de 12 planches qui vont</p>
<p class="p2">tourner en rotation sur 7 ans. Et dans mes serres, pareil, je vais avoir 6 blocs qui vont</p>
<p class="p2">tourner sur 6 ans. Donc toujours avec la même longueur, toujours cette même</p>
<p class="p2">standardisation. Ça, c'est vraiment un point qu'on retrouve partout dans la méthodebiointensive. La taille, donc petite, standardisée. Troisième point, je pense que c'est</p>
<p class="p2">l'apport quand même important de matières organiques, comme ils faisaient au début</p>
<p class="p2">du siècle. parce qu'on est sur petite surface, donc on a accès aujourd'hui à la matière</p>
<p class="p2">organique différente, nous dans notre cas ça va être du compost de déchets verts, qui</p>
<p class="p2">est aussi finalement produit par les villes, donc on est comme au début du siècle, on</p>
<p class="p2">récupère cette matière organique qui est produite par les villes ou par les citadins, et</p>
<p class="p2">que nous on va utiliser, c'est plus le fumier du transport, mais c'est quand même aussi</p>
<p class="p2">finalement un peu le même rôle qu'on récupère. Donc ça c'est un élément, c'est le</p>
<p class="p2">troisième élément. Et puis très diversifié, ça aussi. Souvent dans le maraîchage on va</p>
<p class="p2">trouver, déjà quand on parle de 10-15 légumes, on est déjà dans un système diversifié.</p>
<p class="p2">Moi j'ai envie de dire que nous on est plutôt des hyper-diversifiés où on monte</p>
<p class="p2">facilement à 40-45 légumes et je parle pas des.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Variétés où là on peut monter à plus d'une centaine de variétés. Alors il y</p>
<p class="p2">a pas mal de choses qu'on va pouvoir creuser. C'est drôle, moi j'ai récemment relu le</p>
<p class="p2">bouquin des jardiniers maraîchers du début du siècle et c'est extraordinaire de voir à</p>
<p class="p2">quel point chaque élément est un détail pensé, considéré à long terme. C'est-à-dire</p>
<p class="p2">qu'il y a une réelle réflexion sur comment rendre l'argent, comment elle sort, le temps</p>
<p class="p2">passé. Voilà, et c'est ce qu'on retrouve beaucoup là dans ce que tu décris, toute cette</p>
<p class="p2">réflexion sur la standardisation, sur les différents intérêts d'aménager les choses de la</p>
<p class="p2">sorte. Alors, peut-être en prenant chaque chose étape par étape, déjà tu parles de</p>
<p class="p2">petite surface. Alors quel.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Intérêt ça a d'avoir une petite surface et de cultiver une petite</p>
<p class="p2">surface ? Je pense que plus c'est petit, mieux on peut s'en occuper. C'est un peu mon</p>
<p class="p2">mantra, c'est cultiver moins mais produisez plus. Sur cette surface-là, on va essayer de</p>
<p class="p2">générer le maximum de légumes, donc de chiffre d'affaires, d'avoir une productivitémaximale sur cette surface-là. C'est vraiment du copier-coller de ce qu'ils faisaient au</p>
<p class="p2">début du siècle, c'est essayer d'enchaîner les cultures. Le fait que ce soit petit nous</p>
<p class="p2">permettra de mettre l'effort dans cette surface-là. Donc toute la matière organique que</p>
<p class="p2">je vais apporter, mes fertilisants, mes engrais verts, mes cultures qui vont être broyées</p>
<p class="p2">sur place, elles sont concentrées sur cette surface-là. Si c'était dilué sur 2 ou 3</p>
<p class="p2">hectares, sur plusieurs années j'aurais dilué ma fertilité. Ma fertilité c'est l'ensemble de</p>
<p class="p2">tous ces éléments, alors que là il va se concentrer sur cette petite surface. je ne sais</p>
<p class="p2">pas si on peut dire précis, mais toujours être attentif à l'ensemble du jardin de façon</p>
<p class="p2">rapide. J'aime bien dire que je fais mon tour de jardin en 10 minutes, et c'est vrai, en</p>
<p class="p2">moins de 10 minutes, je peux avoir un regard critique sur tout ce qui se passe sur mon</p>
<p class="p2">jardin, faire une liste de tâches ou faire une liste de problèmes, s'il y a des problèmes</p>
<p class="p2">ou de bonnes choses. Mais alors que si je dois gérer une grosse ferme avec de</p>
<p class="p2">nombreuses serres sur la globalité. Donc cette petite surface peut paraître une</p>
<p class="p2">contrainte et alors que c'est plutôt comme ça qu'on va arriver à être performant et on a</p>
<p class="p2">toujours cette tendance, et moi le premier, j'ai eu cette tendance plusieurs fois dans ma</p>
<p class="p2">petite carrière de maraîcher à vouloir agrandir, mettre un petit truc en plus là et à</p>
<p class="p2">chaque fois je me dis et voilà c'est encore un truc où tu.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Perds du temps, où tu mets de l'énergie et finalement ça rapporte rien.</p>
<p class="p2">J'adore ce proverbe qui dit que l'ombre du jardinier est le meilleur engrais. C'est très</p>
<p class="p2">juste. Plus on est présent, plus on est là, plus on est attentif, plus les plantes poussent.</p>
<p class="p2">Comment est-ce que tu fais pour avoir une telle petite.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Surface et d'avoir quand même une belle production, une</p>
<p class="p2">intensification sur tes surfaces ? C'est clair que la standardisation va aider. Le fait que</p>
<p class="p2">tout soit modernes comme de la planification avec des logiciels, moi j'utilise un bridgel,</p>
<p class="p2">ce logiciel français de planification qui va me permettre comme ça d'être le plus précispossible, alors lui c'est un outil mais à la réalité c'est à la base c'est quand même moi,</p>
<p class="p2">le maraîcher qui va connaître et calculer On va avoir des enchaînements très précis. Je</p>
<p class="p2">peux avoir un légume sur mon stand alors que j'ai déjà replanté là où il y avait le</p>
<p class="p2">légume. planification qui est très forte. On va semer en amont en pépinière, donc on va</p>
<p class="p2">avoir des temps comme ça qui vont être très serrés sur mes calendriers de culture et</p>
<p class="p2">ça me permet comme ça d'intensifier dans le temps mes cultures. C'est ça. La diversité</p>
<p class="p2">aussi, ça va permettre de jouer avec ça, les différents temps de culture. Il va y avoir des</p>
<p class="p2">cultures à cycle long, des cultures à cycle court que je vais pouvoir intercaler soit avant,</p>
<p class="p2">soit après, soit entre deux cultures. C'est vraiment ça, beaucoup d'outils aussi de</p>
<p class="p2">gestion, d'organisation. On pense en planche, on travaille en planche, c'est-à-dire que</p>
<p class="p2">tout est fait pour la planche, c'est-à-dire que toutes mes toiles tissées, mes filets anti-</p>
<p class="p2">insectes, mes arceaux, tout est dimensionné pour la planche. Donc en fait on a peut-</p>
<p class="p2">être cette charge.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mentale et cette rapidité d'action lorsqu'on veut changer de culture ou</p>
<p class="p2">enchaîner des cultures. Est-ce que tu peux expliquer pourquoi est-ce.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Que cette standardisation est vraiment au cœur de l'efficacité du</p>
<p class="p2">travail ? Le fait d'être standardisé, on ne va pas s'éparpiller dans le matériel, prenons</p>
<p class="p2">déjà rien que le matériel. Aujourd'hui, on utilise du coup de goutte, de l'aspersion, de la</p>
<p class="p2">micro-aspersion. Donc quand tu as des lignes de coup de goutte, si tu as des planches</p>
<p class="p2">de 20 mètres, de 18 mètres, de 42 mètres, un système différent, des fois tu es en</p>
<p class="p2">planche, des fois tu n'es pas en planche, tu vas avoir un attirail et une panoplie de</p>
<p class="p2">différents tuyaux qui va falloir si t'es bien organisé tu vas peut-être pouvoir avoir</p>
<p class="p2">différents trucs mais le fait d'avoir tout pareil donc moi tout Fevermat je sais que</p>
<p class="p2">n'importe quel goutte à goutte que je vais prendre il va pouvoir être déplacé dans</p>
<p class="p2">n'importe quelle partie de mon champ et là j'ai pris que l'exemple du goutte à goutte çava être pareil pour mes filets anti-insectes, ça va être pareil pour mes filets thermiques,</p>
<p class="p2">pour le nombre d'arceaux, je sais que moi une planche c'est 15 arceaux, c'est pas 12,</p>
<p class="p2">c'est pas 14, c'est pas 28, et ça sera toujours pareil, donc t'as deux planches c'est 30,</p>
<p class="p2">t'en as 4 c'est 60, c'est toujours, cette base c'est la planche. Donc ça c'est pour la</p>
<p class="p2">partie matérielle, donc ça déjà rien que ça, ceux qui connaissent le maraîchage et</p>
<p class="p2">quand ils vont dans leur hangar chercher un filet, t'arrives sur tes planches et tu dis ah</p>
<p class="p2">mais non il est trop long, ah mais non il est trop court, et qu'est-ce que ça fait, qui vont</p>
<p class="p2">être attaqués potentiellement par les insectes, donc qui vont être perdus. Ça, sur un</p>
<p class="p2">modèle biotensif, ça ne peut pas exister en fait, parce que tu sais que toutes tes</p>
<p class="p2">planches sont pareilles, que tous tes filets sont faits pour ça. Donc ça, c'est dans la</p>
<p class="p2">gestion matérielle, et puis après dans la gestion des fertilisants aussi, on va avoir cette</p>
<p class="p2">logique-là pareil. On sait que pour une planche de salade, c'est tant de kilos par</p>
<p class="p2">planche, et en fait on va avoir des sodoseurs avec tel ou tel fertilisant, ça va nous</p>
<p class="p2">permettre aussi de déléguer facilement, c'est-à-dire que je peux déléguer un employé,</p>
<p class="p2">un saisonnier qui est sur la ferme, voilà, t'as une planche de salade à préparer, il y a un</p>
<p class="p2">listing quoi, c'est une bâche, c'est voilà, tant d'arceaux, tant de fertilisants pour cette</p>
<p class="p2">culture-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc ça.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Ça va aussi beaucoup nous aider. Et puis dans la culture elle-même,</p>
<p class="p2">c'est-à-dire que lorsque 40 salades. J'ai des standards comme ça pour toutes mes</p>
<p class="p2">cultures. Ça simplifie la gestion au quotidien parce que maraîcher, c'est quand même</p>
<p class="p2">un sacré boulot. Il y a vraiment beaucoup de choses à penser. Ça peut être très</p>
<p class="p2">énergivore au niveau mental, au.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Niveau organisation, gestion. Et d'avoir ces outils-là, cettestandardisation, ça simplifie, ça clarifie les choses. Ouais, quand on regarde, quand on</p>
<p class="p2">analyse un petit peu 10 minutes par jour à chercher des tuyaux, à voir que ça, ça</p>
<p class="p2">compte, c'est pas le bon, etc.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: 10 minutes par jour sur l'année, c'est un mois entier de temps plein de</p>
<p class="p2">travail. Ouais.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: J'Ai pas fait ce calcul, mais c'est énorme. Mais c'est ça, ça va très vite.</p>
<p class="p2">Donc, tu parles de la diversification, notamment des cultures. À quoi ça ressemble ?</p>
<p class="p2">Explique nous ce.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Que tu fais, comment tu fais les choix de diversification et des</p>
<p class="p2">légumes que tu cultives ? Au niveau des légumes, c'est important. J'ai fait le choix dès</p>
<p class="p2">les premières années d'avoir une gamme de 45, je crois que je montais presque à 50</p>
<p class="p2">légumes différents, donc avec des choses un peu exotiques parfois. C'est quelque</p>
<p class="p2">chose que je conseille toujours, de vraiment commencer avec beaucoup de cultures</p>
<p class="p2">différentes, d'être hyper diversifié. Ça permet d'apporter une offre large et ça a cet</p>
<p class="p2">intérêt quand tu commences le maraîchage, et que tu as un petit noyau de personnes</p>
<p class="p2">d'offrir vraiment un éventail de légumes et dans la saisonnalité. Il faut savoir que quand</p>
<p class="p2">même le maraîchage biointensif c'est fait pour de la vente directe sur les marchés,</p>
<p class="p2">banlieues, etc. Et c'est toujours bon d'avoir quand même une diversité sur son stand et</p>
<p class="p2">d'avoir comme ça 30-50 légumes différents. Par contre, il va y avoir des choix au b***</p>
<p class="p2">d'un moment et rapidement il va falloir aller se diriger aussi vers les cultures qu'on va</p>
<p class="p2">parler à fort potentiel, à haut rendement, pour laisser de côté peut-être des cultures</p>
<p class="p2">qu'on est moins efficaces sans but intensif. Il y en a 2 ou 3 qui passent par l'esprit, la</p>
<p class="p2">pomme de terre par exemple, le poireau, l'eau de garde, ce sont des cultures qui ne</p>
<p class="p2">sont pas forcément qui sont demandés sur le marché, mais qui finalement rapportés aumètre carré cultivé sur nos petites surfaces ne sont pas intéressants. Donc je vais</p>
<p class="p2">toujours avoir dans mes planifications, d'une année sur l'autre, un regard sur mes</p>
<p class="p2">cultures à fort potentiel. Et je peux avoir comme ça une dizaine de cultures phares, je</p>
<p class="p2">peux t'en citer carottes potes, oignons potes, courgettes, du mesclun, de la salade par</p>
<p class="p2">exemple. à la plus forte rentabilité sur ma ferme. Donc ça, je ne veux pas faire</p>
<p class="p2">l'impasse. Par contre, si je vois que sur une planche, je n'ai pas la place, de faire un</p>
<p class="p2">légume secondaire type célérira ou quelque chose qui va être plutôt secondaire mais</p>
<p class="p2">non je priorise toujours mes top 10 de légumes. Donc il y a aussi cette vision dans le</p>
<p class="p2">maraîchage biointensif où on va privilégier les cultures à fort rendement et d'ailleurs on</p>
<p class="p2">dirait que si on allait jusqu'à l'extrême où on va vers ce qu'on appelle urban farming les</p>
<p class="p2">sélections de cultures à cycles très très courts. Alors c'est pas mon cas parce que je</p>
<p class="p2">pourrais pas déjà, parce que je suis pas dans un milieu urbain, je suis à la campagne</p>
<p class="p2">et dans mon marché il n'y aurait pas ce potentiel de vendre que des pousses</p>
<p class="p2">d'épinards et du tatsoi, mais voilà.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On a quand même ce regard-là sur quelle culture on doit faire, c'est vrai</p>
<p class="p2">que c'est important. On entend que tu fais l'impasse sur certains légumes, donc</p>
<p class="p2">comment.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Est-Ce que tu choisis les légumes que tu cultives et ceux que tu ne</p>
<p class="p2">cultives pas ? Le choix, il est quand même économique. C'est ce que.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je disais, le fait d'avoir un légume.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Qui va être plus rentable l'un par rapport à l'autre, ça, ça va être tu fais</p>
<p class="p2">pour t'en rendre compte et le voir ? On le calcule. On le calcule le rendement au mètre</p>
<p class="p2">carré d'une pomme de terre de garde par rapport à un rendement au mètre carré d'unesalade. Je fais un comparatif. Alors pour aller au b*** des choses, il faudrait prendre le</p>
<p class="p2">temps de travail, etc. C'est quelque chose qui n'est pas toujours facile sur des micro-</p>
<p class="p2">fermes d'imputer si on pense aux pommes de terre, aux poireaux, qui sont pour moi</p>
<p class="p2">des cultures qui ne sont pas très rentables, c'est le volume. C'est qu'on a un problème,</p>
<p class="p2">en fait, c'est que c'est des légumes qui vont être hyper consommés à l'automne. Si je</p>
<p class="p2">voulais produire pour ma clientèle, moi, je n'ai pas le nombre exact, mais par semaine,</p>
<p class="p2">je dois avoir à peu près 200 clients. Si je voulais produire du poireau pour 200 clients</p>
<p class="p2">pour leur soupe d'automne ou d'hiver, il me faudrait la moitié de mon jardin. Donc, ce</p>
<p class="p2">n'est pas Je vais en faire, j'en ai fait pendant longtemps, d'ailleurs cette année je n'en ai</p>
<p class="p2">pas assez, je ne fais plus de poireau d'automne, j'ai complètement arrêté. Je</p>
<p class="p2">m'amusais, parce que c'était vraiment ça, je m'amusais à faire trois planches, mais trois</p>
<p class="p2">planches en trois semaines, je n'avais plus de poireau. Donc je ne peux pas offrir du</p>
<p class="p2">poireau à mes clientèles pendant trois mois d'hiver, ce n'est pas possible, ça ne</p>
<p class="p2">fonctionnerait pas dans mon modèle Biointensive. Donc il y a aussi ce choix-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Qui est fait, est-ce qu'il y a un intérêt à fournir trois semaines du</p>
<p class="p2">poireau ? Ce n'est pas certain. Moi, c'est vrai que mon esprit fonctionne comme ça et</p>
<p class="p2">c'est vrai que j'ai pu beaucoup analyser chaque légume à réfléchir quels étaient les</p>
<p class="p2">facteurs limitants au maraîchage. C'était le temps de travail, le temps d'occupation de la</p>
<p class="p2">planche, que j'appelais un peu le loyer et donc le loyer changeait selon la saison. Et</p>
<p class="p2">puis la surface, le rendement au mètre carré. Et en fait, quand on regarde chacun de</p>
<p class="p2">ces éléments, c'est assez hallucinant de se rendre compte de certains légumes, de la</p>
<p class="p2">rentabilité de certains, qu'en fait d'autres qu'on pensait très rentables le sont beaucoup</p>
<p class="p2">moins rapportés au temps de travail. Et à partir de ça, on peut sélectionner et se dire</p>
<p class="p2">en fait, non, j'arrête de faire ce légume là, ou bien carrément. Plutôt que de se dire que</p>
<p class="p2">le prix de mes légumes est celui du voisin, de savoir réellement quel est le prix de mon</p>
<p class="p2">légume. Parce que moi, dans mon contexte, ça me coûte tant de produire ça, doncc'est ça mon prix. Et ça, c'est rarement quelque chose qui est fait. Je vois beaucoup de</p>
<p class="p2">maraîchers me dire que j'ai des navets parce qu'en hiver, les gens font un poteau-feu,</p>
<p class="p2">donc si j'ai des carottes et des poireaux, il faut bien que je leur offre des navets. Bah</p>
<p class="p2">non parce que potentiellement tes carottes elles payent pour tes navets et ainsi de</p>
<p class="p2">suite.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Et c'est là où on se retrouve à s'esclavagiser dans un système où on</p>
<p class="p2">fait tout parce qu'il faut bien. Oui, je suis entièrement d'accord avec toi. C'est pour ça</p>
<p class="p2">que j'ai des cultures que je ne fais plus. Et comme tu dis, c'est hallucinant des fois les</p>
<p class="p2">rentabilités au mètre carré de certaines cultures par rapport à d'autres. J'en ai deux à</p>
<p class="p2">l'esprit. Je pense par exemple aux brocolis. Et au Pak Choy, c'est assez dingue. Le</p>
<p class="p2">brocoli sur une plage de 20 mètres de long, ça a peut-être apporté au meilleur des cas</p>
<p class="p2">200 euros, peut-être les meilleures années. Je suis vraiment généreux. Alors qu'un Pak</p>
<p class="p2">Choy sur la même surface, ça va être plutôt autour de 1500. Donc on est sur des</p>
<p class="p2">choses qui n'ont rien à voir avec un cycle plus court en plus pour le Pak Choy. là, est-ce</p>
<p class="p2">qu'il faut du brocoli sur un stand ? Non, ce n'est pas sûr. Surtout si tu ne proposes pas</p>
<p class="p2">de pâques chorizo, c'est vraiment dommage parce qu'avec un tiers de planche, il te fait</p>
<p class="p2">ton brocoli. Mais oui, les gens veulent manger du brocoli.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ce n'est pas grave.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: En fait. Ça aussi, c'est quelque chose que parfois on oublie que ce</p>
<p class="p2">n'est pas grave de ne pas tout avoir. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas de brocoli ou pas</p>
<p class="p2">de pommes de terre ou pas de poireaux dans mon cas que je n'ai pas mes clients. Les</p>
<p class="p2">clients qu'on a, Dans mon marché, ils papillonnent et ils sont là pour ça, donc ils vont</p>
<p class="p2">chez des collègues. Ce n'est pas mes concurrents, c'est des collègues. Ils vont</p>
<p class="p2">chercher ailleurs. J'ai des collègues qui font très bien de la pomme de terre surplusieurs hectares, etc. Et c'est très bien. On ne produit pas tout. On ne produit pas de</p>
<p class="p2">fruits. Il y.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: A plein de choses qu'on ne produit pas. Il ne faut pas avoir peur de ne</p>
<p class="p2">pas avoir toute la gamme. Carrément. Et je pense que moi, souvent, quand je présente</p>
<p class="p2">le jardin, je dis mais ce n'est pas le seul modèle de maraîchage qui existe et qui</p>
<p class="p2">fonctionne. Au contraire, il y en a plein d'autres. Moi, ma sensibilité, elle est là-dessus.</p>
<p class="p2">J'ai envie de pouvoir travailler tout à la main. J'aime faire ce genre de légumes. Mais</p>
<p class="p2">voilà, il peut y avoir de l'attraction animale et c'est super. Et justement.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Il va compléter une offre que moi, je ne serais pas capable d'offrir à</p>
<p class="p2">une rentabilité qui serait viable pour moi. complètement aligné avec ça. Ce n'est pas le</p>
<p class="p2">seul modèle, on est entièrement d'accord. C'est un des modèles. C'est vrai que c'est</p>
<p class="p2">pareil, c'est le modèle qui m'aspire le plus et que j'ai embrassé depuis longtemps. Mais.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Heureusement que ce n'est pas le seul, c'est sûr. Pour certaines cultures,</p>
<p class="p2">il y.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: A des modèles plus efficaces, c'est évident. Selon toi, quelles seraient</p>
<p class="p2">les qualités qu'il faudrait pour un jardinier maraîcher en biointensif ? c'est super</p>
<p class="p2">organisé, d'avoir cette vision globale de la ferme, cette organisation, aimer cette</p>
<p class="p2">gestion de culture, je crois que c'est là le nerf, la clé elle est un peu là, c'est aimer cette</p>
<p class="p2">gestion, c'est vraiment avoir ce regard, cette organisation, de faire attention aux</p>
<p class="p2">choses, au déplacement, tu parlais de 10 minutes et on perdait un mois par an de</p>
<p class="p2">chercher des tuyaux, etc. Il faut avoir envie, moi je suis toujours dans un modèle</p>
<p class="p2">d'amélioration, donc il faut avoir aussi, j'ai l'impression, cette mentalité de vouloir</p>
<p class="p2">s'améliorer tout le temps, parce qu'on ne peut pas laisser des choses s'accumuler surles années, ça fait vraiment beaucoup d'heures de travail qui vont être au final, qui vont</p>
<p class="p2">faire que toute la rentabilité globale du système. Et donc je crois qu'une des qualités,</p>
<p class="p2">c'est peut-être avoir cette vision et cette organisation, Pour le maraîcher bio-intensif ou</p>
<p class="p2">pas, je pense que c'est aussi d'aller voir des fermes, de se former. Comme je disais, j'ai</p>
<p class="p2">fait électrotechnique, donc rien à voir. J'avais cette fibre pour le potager, parce que</p>
<p class="p2">malgré mes études en électrotechnique, j'avais un potager. Je suis parti faire un BPRA</p>
<p class="p2">pépiniériste, donc je n'étais pas encore dans le légume. de cultiver avec ce PPRA</p>
<p class="p2">Pépiniéris, que je faisais en alternance. C'était ça qui était surtout le gros point fort,</p>
<p class="p2">c'est que j'ai travaillé une semaine sur deux dans une entreprise où on cultivait. Je</p>
<p class="p2">conseille toujours de se former au moins une saison, un an en PPRA, c'est d'après moi</p>
<p class="p2">le minimum. C'est important, bien que l'apprentissage de la production peut se faire.</p>
<p class="p2">J'ai des exemples autour de moi qui n'étaient pas producteurs de légumes, mais</p>
<p class="p2">finalement ils ont fait un jardin biointensif, enfin ils sont maraîchers biointensifs, et ça a</p>
<p class="p2">décollé direct. Mais parce qu'ils avaient vraiment cette philosophie entrepreneuriale,</p>
<p class="p2">d'organisation, de planification, eux ils avaient vraiment par contre cette capacité</p>
<p class="p2">végétales, mais ils avaient tout le reste. Et peut-être que finalement, il y en a un qui est</p>
<p class="p2">plus important à voir. Peut-être cette fibre organisationnelle, entrepreneuriale où tu vois</p>
<p class="p2">une gestion globale de ta ferme. C'est peut-être.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Plus difficile, peut-être, à acquérir. Je ne sais pas. Alors que peut-être</p>
<p class="p2">l'aspect culture, finalement, peut s'apprendre un peu sur le tas. Et donc, quand tu dis</p>
<p class="p2">voir.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Des fermes, quel type de ferme est-ce que tu as vu? Est-ce que tu as</p>
<p class="p2">vu des choses inspirantes? Et c'est où? Moi, quand je me suis lancé maraîcher, j'étais</p>
<p class="p2">membre de l'APABA. Enfin, je suis toujours à l'APABA. L'APABA, c'est notre Gab à</p>
<p class="p2">Navéron. Et on avait la chance de pouvoir visiter les fermes, mais pas en bio-intensif. Iln'y en avait pas, en fait, à l'époque. Donc, vraiment, c'était juste voir des maraîchers,</p>
<p class="p2">discuter. Et vraiment, ça, c'est quelque chose que j'invite tout le temps à le faire. Et moi,</p>
<p class="p2">je le fais encore. C'est oui, en pleine saison, mais ce n'est pas grave. Tu pars une demi-</p>
<p class="p2">journée, tu pars une journée, voire trois jours de ta ferme et tu vas voir ailleurs ce qui</p>
<p class="p2">se passe. Parfois, tu attends le 3ème jour pour juste avoir une information qui va te faire</p>
<p class="p2">gagner des années. C'est pour moi important. Parfois, ce n'est pas assez fait par les</p>
<p class="p2">jeunes maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et dans d'autres fermes. Il y a des</p>
<p class="p2">choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit, tu vas</p>
<p class="p2">gagner des années. Et ça, c'est important. Visiter des fermes dans les réseaux,</p>
<p class="p2">localement, etc. Dès que tu as.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: L'Opportunité, j'ai toujours envie de dire, il faut y aller. Il ne faut pas avoir</p>
<p class="p2">peur de quitter sa ferme, au contraire. Et alors ça c'est quelque chose dont on n'a pas</p>
<p class="p2">encore parlé, mais est-ce que tu es d'accord pour partager un peu tes chiffres ? Quelle</p>
<p class="p2">est ta rentabilité ? Comment ça se passe.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Au niveau du chiffre d'affaires chez toi ? Et tout à l'heure tu parlais de</p>
<p class="p2">deux unités à temps plein, comment est-ce que ça s'organise ? Oui, nous au niveau</p>
<p class="p2">chiffre d'affaires, on va prendre l'an dernier, comme ça l'année elle était terminée, on</p>
<p class="p2">était en 2024, on est à 90 000 euros de chiffre d'affaires. C'est des légumes produits</p>
<p class="p2">sur la ferme, il n'y a pas d'achat-revente. C'est ce qu'on produit et ce qu'on vend en</p>
<p class="p2">direct sur nos deux marchés. Et niveau personnel, je parle de deux UTH, deux</p>
<p class="p2">équivalents de temps plein. Qu'est-ce que c'est ? C'est deux personnes qui en théorie</p>
<p class="p2">travailleraient 35 heures toute l'année sauf 5 semaines de congés payés. Donc ça c'est</p>
<p class="p2">la base. Sauf qu'en maraîchage ça c'est très difficile à faire parce qu'on a ce cycle</p>
<p class="p2">justement où on a un pic d'activité d'avril jusqu'à septembre où on a un pic plus fort.</p>
<p class="p2">Donc en fait ça fonctionne pas tout à fait comme ça, c'est-à-dire que ça c'est unéquivalent et nous on peut se retrouver à 3 personnes en même temps pendant la</p>
<p class="p2">période hivernale. C'est l'équivalent de 2 ETP mais parfois on peut monter à plus que</p>
<p class="p2">ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et à un moment donné où je vais être plutôt au repos et où là il y aura</p>
<p class="p2">vraiment 0,1 ou.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: 0,2 ETP parfois sur certaines périodes. Du coup, vous faites un</p>
<p class="p2">accordéon sur les saisons avec des moments où vous travaillez des horaires plus</p>
<p class="p2">longs ? Alors oui, les horaires plus longs, pour moi, dans le sens où moi, je ne dépasse</p>
<p class="p2">jamais 40 heures semaine. Ça, c'est vraiment dans les pics de production où je vais</p>
<p class="p2">avoir avec le marché, avec le bureau, avec tout compris, c'est-à-dire que ce n'est pas</p>
<p class="p2">que 40 heures au champ et loin de là. Ça, c'est vraiment les pics de production, donc</p>
<p class="p2">avril-mai notamment, où là, c'est vraiment le moment phare de la saison. Avril-mai-juin,</p>
<p class="p2">c'est C'est le moment où je conseille d'avoir de l'armée d'oeuvres en plus, car c'est le</p>
<p class="p2">moment très critique où on a beaucoup de cultures chronophages à mettre en place. À</p>
<p class="p2">cette période-là, j'ai quelqu'un qui est là sur la saison, plus des saisonniers. Ça va se</p>
<p class="p2">faire avec les saisonniers, donc avec les gens qui travaillent, où justement l'ETP</p>
<p class="p2">augmente et on va se retrouver à 3 ETP. Eux, ils vont être à 32 heures, moi à 40 par</p>
<p class="p2">exemple. Et alors qu'au mois de mars, on va être que 2 et au mois de février, il n'y a</p>
<p class="p2">personne par exemple. Là, on est à 0 ETP et janvier où je peux être tout seul, où je vais</p>
<p class="p2">avoir juste une plantation. en première semaine janvier où là je vais être à 0,1 ETP ou</p>
<p class="p2">0,2 ETP parce que j'aurais fait juste trois jours de plantation. Voilà comment c'est avec</p>
<p class="p2">le personnel que ça se lisse et aussi avec mes heures de travail à moi qui vont être</p>
<p class="p2">différentes suivant la saison. Mais jamais on n'a pas d'heure.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sup en fait, il n'y a pas.Sylvain Coudert: D'Heure sup, il n'y a pas de surcharge de travail, c'est juste on arrive</p>
<p class="p2">au 40 heures à un moment donné. Et comment tu fais pour respecter ça ? te donne le</p>
<p class="p2">secret, c'est qu'à 4h30, c'est terminé. C'est fait ou pas fait, c'est qu'on quitte le poste,</p>
<p class="p2">limite on lâche la binette des mains. Je suis assez extrême sur les horaires, mais</p>
<p class="p2">vraiment dans ce truc-là où le travail doit être fait. Si ce n'est pas fait, c'est qu'il y en</p>
<p class="p2">avait trop pour la journée et on reporte le demain. Alors le fait de se mettre ces horaires</p>
<p class="p2">là, ça fait quand même un gros avantage. Ces horaires sont vraiment arrivés aussi avec</p>
<p class="p2">l'emploi de saisonniers. Ça m'a forcé à avoir des horaires plus stricts parce que c'est</p>
<p class="p2">vrai que quand on est tout seul sur le ferme au départ, on peut un peu se laisser aller</p>
<p class="p2">et se dire bon mais j'irai après manger, des choses comme ça. C'est quelque chose</p>
<p class="p2">que j'ai fait un petit peu les premières années et je dis pas que les premières années</p>
<p class="p2">d'installation, l'année 1, 2 voire 3, il peut y avoir cette surcharge de travail quand mais</p>
<p class="p2">ça ne doit pas être une routine. moi c'est s'imposer des horaires et donc prioriser nos</p>
<p class="p2">actions. On a toute une gestion au niveau des tâches à faire avec mon logiciel Brunel</p>
<p class="p2">qui me dit ce que je dois faire mais aussi mon tour de fer de 10 minutes qui va me</p>
<p class="p2">montrer mais voilà on doit faire ça ça ça ça on va avoir un tableau où on va mettre</p>
<p class="p2">toutes les tâches de la semaine avec des priorités et voilà on avance tâche par tâche et</p>
<p class="p2">le fait d'avoir un temps limité donc tu priorises tes actions voilà c'est Après, c'est vrai</p>
<p class="p2">que ça fait quand même 12-13 ans que c'est comme ça, mais le fait d'avoir.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Des horaires, ça se contraint, je pense, comme la surface en fait. On est</p>
<p class="p2">contraint dans ses surfaces, on est contraint dans ses horaires, il faut que ça rentre. Et</p>
<p class="p2">du coup, on devient créatif, plus efficace. Et ça, c'est.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Effectivement sur les surfaces, mais aussi sur le temps. Quand on a</p>
<p class="p2">un horaire où on doit s'a******, on y arrive. On fait le maximum pour finir à temps. C'est</p>
<p class="p2">ça. C'est de la priorisation. Mais ça, c'est pas spécifique au maraîchage. On l'a vu dansplein de domaines, dans plein d'entreprises. Si tu me laisses huit heures et une</p>
<p class="p2">personne pour une tâche ou tu me laisses quatre heures, au final, c'est peut-être Le</p>
<p class="p2">gain qu'elle aura fait en.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Quatre heures de plus, il est très faible finalement. C'est un peu aussi la</p>
<p class="p2">loi de Pareto, 80-20 pour aller galier ces derniers pourcentages. Finalement, ce n'était</p>
<p class="p2">pas important. Tout à l'heure, tu parlais de la fertilité, la ville qui nous ramenait de la</p>
<p class="p2">fertilité de chez eux et en échange, en fait, nous, on leur redonne aussi de la fertilité à</p>
<p class="p2">travers des nutriments. Est-ce.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Que tu peux en parler ? Qu'est-ce qui se passe chez toi ? Quelles</p>
<p class="p2">évolutions tu as pu voir au niveau du sol ? Et puis aussi peut-être la qualité des</p>
<p class="p2">légumes ? que je disais, le compost de déchets verts qui est fait à quelques kilomètres</p>
<p class="p2">de chez moi, ça a tout changé. Au niveau du sol, c'est quand même assez fou. Il n'y a</p>
<p class="p2">même pas une heure, j'étais encore là en train de grattouiller le plat, je me dis c'est fou</p>
<p class="p2">ce sol alors que ce n'était pas du tout comme ça il y a 5-6 ans. Cet apport massif entre</p>
<p class="p2">guillemets de matières organiques où on va apporter les premières années.</p>
<p class="p2">Aujourd'hui, on en met moins. Mais vu qu'on ne retourne pas, on n'est pas dans un</p>
<p class="p2">système de labo, on n'est pas dans un système mécanisé, donc on travaille vraiment</p>
<p class="p2">juste en surface. Cette matière organique, elle est là, elle est toujours présente, elle est</p>
<p class="p2">là en surface. Et on va avoir cet horizon-là de 10-15 cm qui est un amas plein de terre</p>
<p class="p2">et de compost qui est complètement différent de mon sous-sol qui, lui, était quand</p>
<p class="p2">même très clair, très hydromorphe, battant. Et là, on se retrouve avec plus simple à</p>
<p class="p2">travailler, plus sombre, qui se réchauffe plus vite, des levées de semis plus belles, et</p>
<p class="p2">puis des cultures derrière qui répondent. C'est vraiment une force, et ça aussi c'est un</p>
<p class="p2">point qu'il ne faut pas mettre de côté, sur nos petits modèles on peut.Lennan Bate: Justement le faire, donc il faut se.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Servir de cet atout là, c'est beaucoup et là il y a d'autres techniques et</p>
<p class="p2">peut-être d'autres modèles à inventer qui existent d'ailleurs pour ça quoi. Et vous faites</p>
<p class="p2">des analyses de sol ? Il faudrait que j'en refasse une, parce que j'en fais une tous les 4</p>
<p class="p2">ans à peu près, et il est temps en 2026 de refaire une pour voir l'évolution. J'en avais</p>
<p class="p2">fait une au départ, juste avant le 1er travail de sol, on a des taux de moitié organique</p>
<p class="p2">qui ont fait x3, x4, une stabilisation de calcaire, etc. En 3-4 ans, tu vois l'évolution. C'est</p>
<p class="p2">une évolution plutôt de surface. Je n'ai pas changé la nature.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De mon sol sur un mètre de.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Profondeur, mais ça m'est égal. Ce n'est pas là que ça se passe. C'est</p>
<p class="p2">vraiment au niveau de la surface que ça se joue pour les légumes. Vous êtes à</p>
<p class="p2">combien de taux de matière organique ? On avait 1,5 à peu près de matière organique.</p>
<p class="p2">Et là, on doit être à 4, 5, quelque chose comme ça. C'est des sols avec 15% d'argile,</p>
<p class="p2">plutôt limon.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Hydromorphes, qui retiennent beaucoup l'eau pendant l'hiver, le</p>
<p class="p2">printemps. Des limons qui ne sont pas drainants, ce n'est pas des limons.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: De rivière. C'est vraiment des limons qui peuvent prendre un bloc,</p>
<p class="p2">justement, avec l'humidité. Alors ça, c'est un truc que je ne t'ai pas demandé, mais</p>
<p class="p2">vous cultivez combien de mois par an ? Au niveau de la commercialisation, c'est avril,</p>
<p class="p2">fin décembre. Ça peut bouger. On a fait plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais c'est plutôt tendance à se rétracter en ce moment, à finir un peuplus tôt. Donc tu as quand même des plantations en janvier sous serre, puis des</p>
<p class="p2">dernières plantations en septembre à peu près. Alors toi, tu fais de la formation et si</p>
<p class="p2">quelqu'un voulait s'installer, qu'est-ce que tu conseillerais ? Quelle est la meilleure.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Façon pour justement gagner du temps, de l'argent aussi, parce que</p>
<p class="p2">les erreurs, ça coûte cher au dos et en énergie, mais aussi en argent. Donc, qu'est-ce</p>
<p class="p2">que tu conseillerais de faire ? Comment est-ce qu'on s'installe efficacement ? de faire</p>
<p class="p2">un BPRA, je trouve que c'est quand même une porte d'entrée dans ce monde-là,</p>
<p class="p2">surtout lorsqu'on est non issu du milieu agricole, ça va nous permettre de rencontrer</p>
<p class="p2">aussi d'autres personnes dans les mêmes situations, d'échanger aussi avec des</p>
<p class="p2">potentiels futurs maraîchers.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Etc.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: D'avoir une première approche du végétal qui pour moi est</p>
<p class="p2">importante. Moi j'ai fait un BTS1 aussi en horticulture et je trouve que d'avoir quand</p>
<p class="p2">même quelques notions d'agronomie sans parler d'être agronome, je trouve que le</p>
<p class="p2">BPRA Ensuite, dans l'idéal, tu peux faire une saison chez un maraîcher. Et là, j'ai envie</p>
<p class="p2">de dire, peu importe le modèle, plutôt un maraîcher performant qui envoie du légume.</p>
<p class="p2">Je ne sais pas si c'est très clair, mais ce n'est pas forcément le modèle, le petit</p>
<p class="p2">maraîcher qui va s'installer. Ça peut être un conventionnel, même si tu veux faire du bio</p>
<p class="p2">plus tard, etc. Mais quelqu'un, voilà, une entreprise où ça produit du légume, où là, tu</p>
<p class="p2">vas avoir du palissage, tu vas avoir de l'exercice, tu vas avoir plus Et puis après, si tu</p>
<p class="p2">fais un modèle bio-intensif, j'ai envie de dire, il vaut mieux que tu fasses ma formation,</p>
<p class="p2">tu vas gagner quand même, pas mal d'années. Nous, on a formé, je ne sais pas, plus</p>
<p class="p2">de 300 personnes aujourd'hui et voilà, on a vraiment un taux de satisfaction qui est</p>
<p class="p2">énorme. Mais je mets aussi en garde parce que je ne vais pas dire, voilà, tu fais maformation et tu t'installes, c'est faux, ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, je ne conçois pas</p>
<p class="p2">qu'on puisse juste faire une formation en ligne et s'installer maraîcher, c'est un peu</p>
<p class="p2">risqué. Mais c'est vrai que si on fait la formation par micro-ferme, on va donner toutes</p>
<p class="p2">les clés, les plannings, les idées de culture, etc. Tout ça, c'est des choses que nous, on</p>
<p class="p2">a étudiées On a vraiment pris le temps de tout quantifier au.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Niveau de la liste du matériel, des semences, etc. Donc c'est vrai que ça</p>
<p class="p2">te permet quand.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Même d'avoir un bagage clé en main de ton installation, mais ça</p>
<p class="p2">n'empêche pas de faire quand même le reste en amont. Si tu devais revenir dix ans en</p>
<p class="p2">arrière et te donner un conseil, qu'est-ce que ce serait ? et ça c'est pas grave, j'ai</p>
<p class="p2">changé de ferme, mais mon conseil ça serait, et c'est toujours un peu le même que je</p>
<p class="p2">donne, de ne pas sous-investir, et pourtant c'est des modèles qui ne demandent pas un</p>
<p class="p2">gros investissement, c'est-à-dire que c'est important d'avoir vraiment le matériel dès le</p>
<p class="p2">début, moi la grosse erreur que j'ai faite c'était de ne pas avoir assez de serre il y a 10</p>
<p class="p2">ans, c'était vraiment le manque de serre, ça a été un point Le choix du lieu, rien ne</p>
<p class="p2">nous empêche.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De changer, c'est ce que j'ai fait. J'ai eu la chance d'avoir un lieu qu'on</p>
<p class="p2">m'a prêté, qui n'était pas un lieu idéal, mais ça m'a permis de m'installer. Mais faire</p>
<p class="p2">attention au choix du lieu, cet accès à l'eau. Je me souviens d'avoir entendu dire un</p>
<p class="p2">truc qui m'avait bien plu et bien parlé. Tu faisais cette métaphore sur un restaurant qui</p>
<p class="p2">n'allait pas ouvrir.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Ses portes au public avant d'avoir fini sa cuisine, sa salle à manger,</p>
<p class="p2">etc. Et que pourtant, en maraîchage, que deux fois, on le faisait. On n'avait pas fini depréparer son midi de travail et qu'on commençait à travailler. Ouais, c'est clair qu'on</p>
<p class="p2">l'est. on est très particulier les maraîchers. Je me rappelle quand j'ai dit ça, c'est</p>
<p class="p2">lorsqu'on dit la première année d'installation, est-ce qu'on doit, ça c'est sur la première</p>
<p class="p2">année d'installation, c'est ce que je conseille aujourd'hui, c'est que la première année</p>
<p class="p2">tu t'installes, tu mets tout en place et c'est vrai que c'est un conseil que j'aurais bien</p>
<p class="p2">aimé aussi avoir lorsque je me suis installé mais ça c'était il y a 13-14 Mais oui, j'aurais</p>
<p class="p2">dû juste prendre le temps de m'installer avant de vendre des légumes sur les marchés.</p>
<p class="p2">Et j'ai des exemples autour de moi qui ont fait la formation et qui ont justement fait ça,</p>
<p class="p2">de prendre le temps de s'installer. Et c'est juste incroyable. Du coup, l'année 1 de</p>
<p class="p2">commercialisation ou l'année 2 d'installation, on va dire, où de suite, ils sont à 30 000.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Euros de chiffre d'affaires et c'est parti. Ça va très, très vite par rapport à</p>
<p class="p2">ce que moi, j'ai pu faire il y a 14 ans. Oui, c'est sûr que la première année, on ne.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Devrait pas ouvrir nos portes. Pour honorer un podcasteur américain</p>
<p class="p2">qui s'appelle Chris Blanchard, qui est mort maintenant, il posait cette question souvent</p>
<p class="p2">à la fin qui était, c'est quoi ton outil favori ? Et j'ai envie de te la poser. Le premier truc</p>
<p class="p2">qui m'est venu, et pourtant ce n'est pas pour lui faire de la pub, mais le premier mot qui</p>
<p class="p2">m'est venu, c'est Bridgen. C'est l'outil de planification, sans citer de marque, mais je</p>
<p class="p2">crois que c'est l'outil qui a quand même fait, vu qu'il est américain, un game changer.</p>
<p class="p2">C'est l'outil qui a fait passer peut-être ma ferme à un autre stade.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Lorsque je suis passé de mon Excel qui était pourtant Costaud, on avait</p>
<p class="p2">vraiment peaufiné le truc avec des collègues et.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Tout, mais quand même, de ne passer un dossier de planification, ça</p>
<p class="p2">m'a fait un vrai changement sur la ferme. Alors, est-ce qu'il y a une chose que tutrouves difficile à entendre pour la plupart des agriculteurs et des agricultrices ? Il y a</p>
<p class="p2">l'éthique qui rentre beaucoup, je trouve, dans le maraîchage. C'est important d'avoir</p>
<p class="p2">l'éthique, c'est pas le truc. Mais il y a un gros mot, tu vois, quand on parle de rentabilité,</p>
<p class="p2">de gagner de l'argent, etc. Il y a quand même parfois un blocage à ce niveau-là. Et je</p>
<p class="p2">trouve que c'est dommage de ne pas pouvoir vraiment plus ouvrir ça au niveau des</p>
<p class="p2">agriculteurs. Et je peux, je conçois et je comprends qu'on n'ait pas besoin de gagner 2</p>
<p class="p2">000, 3 000 et qu'on peut gagner 500 euros par an et c'est très bien. Mais pour moi, ce</p>
<p class="p2">n'est pas un modèle qu'on peut promouvoir. En tout cas, je ne vois pas comment on</p>
<p class="p2">peut donner envie à des nouvelles générations de venir à la ferme se réinstaller</p>
<p class="p2">agriculteur, se dire tu vas déjà travailler pendant trois ans assez fort et puis après tu</p>
<p class="p2">vas continuer à travailler fort et gagner 500 euros, ben non c'est pas possible tu vois.</p>
<p class="p2">Donc c'est cet aspect travail, finances et oui on a un modèle économique et moi je le</p>
<p class="p2">défends et ouais il faut que je fasse des cultures rentables et je défends donc ce côté</p>
<p class="p2">là, aspect entrepreneurial entre guillemets quoi parce que on est loin d'être dans une</p>
<p class="p2">mutande nationale. C'est vraiment des toutes petites entreprises, mais c'est quelque</p>
<p class="p2">chose qui manque, je trouve, au maraîchage. Et on le voit, et c'est dommage, parce</p>
<p class="p2">que des fois, c'est pas grand-chose, en fait. C'est des petits caps à passer, et</p>
<p class="p2">finalement, derrière.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça fait toute la différence, et ça nous permet d'être encore maraîchers au</p>
<p class="p2">b*** de 15 ans, et dire, ben, ça va, tu vois. Ça roule, et on continue comme ça. Alors</p>
<p class="p2">que... Ce n'est pas toujours le cas, malheureusement, en maraîchage. Oui, parce que</p>
<p class="p2">l'attractivité du secteur agricole, elle est aussi grandement due au fait de pouvoir en</p>
<p class="p2">vivre. Et je pense que les jeunes, ils ne sont pas c***. Ils n'ont pas envie de s'installer</p>
<p class="p2">en maraîchage ou dans le milieu agricole parce que ça ne paye pas, parce que les</p>
<p class="p2">parents ont dit toute leur.Sylvain Coudert: Vie, surtout ne fais pas comme moi, ne t'installe pas agriculteur parce</p>
<p class="p2">que c'est pas rentable, parce que c'est difficile, parce que Il y a des fluctuations du prix</p>
<p class="p2">du marché qui rendent ce choix de vie très compliqué, donc c'est normal. Oui, c'est</p>
<p class="p2">assez normal et ça s'entend parce que c'est aussi une réalité d'une grosse partie des</p>
<p class="p2">agriculteurs. Mais parce qu'on a aussi cette vision assez caricaturale des agriculteurs</p>
<p class="p2">et qu'il y a peut-être d'autres modèles et d'autres façons de faire. Et voilà, moi, c'est ce</p>
<p class="p2">que je crois à travers le modèle bioétensif. Il y a quand même peut-être des début du</p>
<p class="p2">podcast, où ça va bien, où tu gagnes bien ta vie, et oui, il y a quand même d'autres</p>
<p class="p2">façons de produire. Et moi, je trouve que le modèle biotensif, à travers toutes les</p>
<p class="p2">fermes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Aujourd'Hui qui sont dans ce réseau-là, on le prouve. Les chiffres sont là,</p>
<p class="p2">on les montre, on le dit, après on est entendu ou pas entendu, mais en.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Tout cas, je trouve qu'il y a quand même une fenêtre dans cette</p>
<p class="p2">direction. Est-ce que tu veux partager des liens, des réseaux, des ressources en</p>
<p class="p2">particulier, peut-être notamment de tes formations, où les gens peuvent te contacter, te</p>
<p class="p2">suivre ? Le gros, c'est les jardins de la Valette, lesjardinelavalette.com. Là-dessus, c'est</p>
<p class="p2">un report story à peu près tout ce qu'on fait. Et là où on est très actif, c'est là où il y a</p>
<p class="p2">aussi la plateforme de formation, c'est ce que j'appelle le cercle du maraîchage. Et là,</p>
<p class="p2">on est plus de 1500 maraîchers à discuter. C'est gratuit. Tu tapes le cercle du</p>
<p class="p2">maraîchage sur Internet et tu tombes dessus. Il.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Suffit de s'inscrire. Et là, il y a tout un tas de maraîchers. C'est ouvert à</p>
<p class="p2">tout type de.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Maraîchage. Mais je vous avoue qu'il y a 80%.Lennan Bate: Ou 90% des conversations qui sont sur le bio-intensif. et puis le cercle du</p>
<p class="p2">maraîchage. Super. Merci pour tout le travail que tu fais et les formations que tu donnes</p>
<p class="p2">et l'inspiration. Merci Sylvain. Merci à toi. C'était cool de partager tout ça.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Sylvain Couderc</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.lesjardinsdelavalette.com/'>https://www.lesjardinsdelavalette.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed'>https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='http://www.spidplant.com'>www.spidplant.com</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"><a href='https://brinjel.com/fr/'>https://brinjel.com/fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">John Jeavons</p>
<p class="p3"><a href='https://johnjeavons.org/'>https://johnjeavons.org/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Eliot Coleman</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">JM Fortier</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Ben Hartman</p>
<p class="p3"><a href='https://www.claybottomfarm.com/books'>https://www.claybottomfarm.com/books</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Curtis Stone</p>
<p class="p3"><a href='https://theurbanfarmer.co/'>https://theurbanfarmer.co/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p4">Richard Perkins</p>
<p class="p3"><a href='https://www.richardperkins.co/'>https://www.richardperkins.co/</a></p>
<p class="p3"><br>
<br>
Transcription : <br>
<br>
</p>
<p class="p1">30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif</p>
<p class="p1">avec Sylvain Couderc</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Je trouve que parfois, ce n'est pas assez fait par les jeunes</p>
<p class="p2">maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et aller voir dans d'autres fermes parce</p>
<p class="p2">qu'il y a des choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit,</p>
<p class="p2">tu vas gagner des années.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Ayant</p>
<p class="p2">grandi en ville, ma première réelle reconnexion au vivant s'est faite avec les mains dans</p>
<p class="p2">la terre, à récolter mes premiers légumes. Pour reprendre conscience de la magie du</p>
<p class="p2">vivant et la générosité de la terre, rien de tel que de voir une graine germer devenir peu</p>
<p class="p2">à peu une salade ou une tomate. Ou bien de sortir de terre des pommes de terre ou</p>
<p class="p2">des carottes. Mon premier mentor, Léo Drevet, était maraîcher et mes premières</p>
<p class="p2">lectures ont donc assez naturellement été Elliot Colleman John Jeavons ou encore</p>
<p class="p2">Jean-Martin Fortier. Plus tard, j'ai beaucoup appris des approches de rentabilisation et</p>
<p class="p2">d'optimisation fonctionnelle d'autres maraîchers tels que Curtis Stone, Ben Hartmann</p>
<p class="p2">ou encore Richard Perkins. Le maraîchage est l'une des portes d'entrée les plus</p>
<p class="p2">fréquentes pour ceux qu'on appelle les NIMA, les nouveaux installés du monde</p>
<p class="p2">agricole, parce qu'il faut moins de terre et moins d'investissements pour se lancer, etaussi souvent parce que les légumes sont plus faciles d'accès que les animaux par</p>
<p class="p2">exemple. Pourtant, le maraîchage diversifié est extrêmement complexe. Les types de</p>
<p class="p2">sols, les microclimats, les dizaines et dizaines de légumes à maîtriser tout au long de la</p>
<p class="p2">saison et l'enjeu de la vente directe sont qu'un imperçu de tous les aspects qu'il faut</p>
<p class="p2">apprendre à maîtriser afin de créer une entreprise de maraîchage rentable. Entre la</p>
<p class="p2">culture en serre, le plein champ non irrigué, l'attraction animale, le biointensif et j'en</p>
<p class="p2">passe, les types de maraîchage sont multiples et complémentaires. Alors aujourd'hui</p>
<p class="p2">c'est la méthode biointensive dont nous allons parler et pour ce faire je reçois Sylvain</p>
<p class="p2">Coudert qui est fondateur des Jardins de la Valette, maraîcher biointensif, formateur et</p>
<p class="p2">cofondateur de Speedplant qui conçoit des outils professionnels pour maraîcher. Alors</p>
<p class="p2">bonne écoute ! Je me souviens d'une discussion avec un collègue maraîcher au</p>
<p class="p2">marché de Saint-Giron en Ariège où je suis. qui me disait non, mais vraiment, c'est pas</p>
<p class="p2">possible. Le maraîchage, ça paye pas. Vraiment, c'est pas possible de faire du</p>
<p class="p2">maraîchage et d'en vivre. Et j'ai été très frustré parce que moi, ça marche. Après, ça</p>
<p class="p2">demande pas mal de travail, de réflexion, d'aménagement. Il y a des décisions à faire,</p>
<p class="p2">des choix à faire. Et du coup, c'est un peu pour ça que je voulais en parler avec toi.</p>
<p class="p2">essayer de voir un peu décortiquer à quoi ça tient, qu'est-ce qu'il faut pour penser à</p>
<p class="p2">une entreprise maraîchère qui tourne et de pouvoir en vivre. Mais donc avant qu'on</p>
<p class="p2">creuse ce sujet plus en détail, est-ce que tu veux bien te présenter, nous parler de toi,</p>
<p class="p2">ton parcours, ce que tu fais et comment t'en es venu à.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Faire ça ? Donc moi je m'appelle Sylvain Coudert, je suis maraîcher</p>
<p class="p2">depuis 2012, fin 2011 exactement. Je me suis installé sur la ferme familiale, la ferme de</p>
<p class="p2">mes grands-parents. J'utilise la méthode buentensive depuis toujours, depuis le tout</p>
<p class="p2">début. Alors moi je ne suis pas issu du milieu maraîcher. J'ai fait des études</p>
<p class="p2">électrotechniques et je me suis reconverti, je crois que j'avais 27 ans à l'époque, dans</p>
<p class="p2">le maraîchage. Donc ça fait 12-13 ans maintenant que je suis maraîcher, donc je suistoujours maraîcher. Je développe aussi des formations depuis quatre ans maintenant à</p>
<p class="p2">côté, en parallèle de cette activité-là, pour transmettre ce que j'ai appris et ce qui me</p>
<p class="p2">semble bon.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Dans le maraîchage. Alors tu parles de la méthode biointensive, est-ce</p>
<p class="p2">que tu veux.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Bien la présenter, de quoi il s'agit ? La méthode biointensive, ça vient</p>
<p class="p2">d'un système des maraîchers parisiens, enfin maraîchers, on va dire citadins, au début</p>
<p class="p2">du siècle, ou plutôt dans les années 1800-1850, C'est un peu le début de la</p>
<p class="p2">spécialisation de l'agriculture. Peut-être que jusqu'avant les années 1800, les</p>
<p class="p2">agriculteurs étaient surtout en polyculture élevage et ils avaient des activités à côté où</p>
<p class="p2">ils pouvaient cultiver quelques légumes. D'ailleurs, c'est resté longtemps dans les</p>
<p class="p2">campagnes comme ça. Mais il y a eu à un moment donné cette spécialisation,</p>
<p class="p2">notamment dans les grandes villes, Paris, Londres, les grandes villes européennes,</p>
<p class="p2">Bruxelles. Il y a peut-être un problème de foncier à l'époque, mais c'était pas comme</p>
<p class="p2">aujourd'hui. Ils produisaient sur ces petites parcelles, apportaient leurs légumes à la</p>
<p class="p2">ville et revenaient. avec énormément de matière organique à l'époque, parce qu'à</p>
<p class="p2">l'époque c'était encore les chevaux qui dominaient les transports, et donc ils avaient</p>
<p class="p2">accès comme ça à une matière organique importante. Et ils ont développé des</p>
<p class="p2">techniques sur toute petite surface, donc c'était généralement des parcelles de moins</p>
<p class="p2">de 8000 m², très cultivées, et à plusieurs personnes, on a des écrits là-dessus, où ils</p>
<p class="p2">étaient assis, 7 travailleurs, moins de 8 millimètres carrés, et ils produisaient comme ça</p>
<p class="p2">plusieurs tonnes de légumes qu'ils apportaient dans les capitales. Et ce terme bio-</p>
<p class="p2">intensif, c'est un anglicisme qui a été rapporté je pense de Paris-Lutte ou Allemagne, je</p>
<p class="p2">ne sais pas ce que ça a été introduit. Ça vient de « biologic intensive method », «</p>
<p class="p2">French method » même au départ. Donc c'est d'avoir une vie intense. Alors c'est vraique quand on utilise le mot « intensif » en français, ce n'est pas toujours bien compris</p>
<p class="p2">et connoté. mais ça vient vraiment d'une activité biologique intense dans nos sols, ça</p>
<p class="p2">vient de là. Et c'est un terme que moi je garde et que j'emploie encore aujourd'hui pour</p>
<p class="p2">expliquer mon maraîchage parce que ça reprend justement cette méthodologie avec la</p>
<p class="p2">modernité.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De 2020-2025, mais ça vient de là, de cette base. Si on se balade dans</p>
<p class="p2">tes jardins, à travers ton maraîchage, à quoi ça ressemble ? Qu'est-ce qu'on verrait et</p>
<p class="p2">en quoi ce serait différent.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: D'Un autre type de maraîchage, peut-être plus classique, plus</p>
<p class="p2">conventionnel ? Oui, parce que c'est vrai que je parlais de l'origine, mais je n'ai pas</p>
<p class="p2">vraiment décrit ce que c'était. Déjà, peut-être quand même la taille, comme les</p>
<p class="p2">maraîchers du début, c'est que c'est tout petit. Moi, si on prend ma surface, grosso</p>
<p class="p2">modo, vue du ciel, de mes cultures, on est à moins de 5 000 mètres carrés. Donc ça,</p>
<p class="p2">c'est déjà le premier élément. Deux personnes à temps plein à travailler sur cette</p>
<p class="p2">surface, c'est une première spécificité, c'est la taille. Deuxième spécificité, c'est qu'on</p>
<p class="p2">est en planche permanente, c'est qu'il y a une standardisation et un découpage au fil</p>
<p class="p2">des ans, elles sont tout le temps là, tout le temps au même endroit. Elles font toutes 75</p>
<p class="p2">cm, avec des passepieds de 45 cm, et dans mon cas, elles font toutes 20 m. Donc ça,</p>
<p class="p2">c'est aussi une spécificité d'avoir cette standardisation. Alors, tu peux être en bio-</p>
<p class="p2">intensif et avoir des tailles un peu différentes, mais généralement, on retrouve ce</p>
<p class="p2">standard-là et surtout cette standardisation dans tous nos jardins, parce qu'on a</p>
<p class="p2">découpé notre parcelle, même si elle ne fait que 5000 m², de 12 planches qui vont</p>
<p class="p2">tourner en rotation sur 7 ans. Et dans mes serres, pareil, je vais avoir 6 blocs qui vont</p>
<p class="p2">tourner sur 6 ans. Donc toujours avec la même longueur, toujours cette même</p>
<p class="p2">standardisation. Ça, c'est vraiment un point qu'on retrouve partout dans la méthodebiointensive. La taille, donc petite, standardisée. Troisième point, je pense que c'est</p>
<p class="p2">l'apport quand même important de matières organiques, comme ils faisaient au début</p>
<p class="p2">du siècle. parce qu'on est sur petite surface, donc on a accès aujourd'hui à la matière</p>
<p class="p2">organique différente, nous dans notre cas ça va être du compost de déchets verts, qui</p>
<p class="p2">est aussi finalement produit par les villes, donc on est comme au début du siècle, on</p>
<p class="p2">récupère cette matière organique qui est produite par les villes ou par les citadins, et</p>
<p class="p2">que nous on va utiliser, c'est plus le fumier du transport, mais c'est quand même aussi</p>
<p class="p2">finalement un peu le même rôle qu'on récupère. Donc ça c'est un élément, c'est le</p>
<p class="p2">troisième élément. Et puis très diversifié, ça aussi. Souvent dans le maraîchage on va</p>
<p class="p2">trouver, déjà quand on parle de 10-15 légumes, on est déjà dans un système diversifié.</p>
<p class="p2">Moi j'ai envie de dire que nous on est plutôt des hyper-diversifiés où on monte</p>
<p class="p2">facilement à 40-45 légumes et je parle pas des.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Variétés où là on peut monter à plus d'une centaine de variétés. Alors il y</p>
<p class="p2">a pas mal de choses qu'on va pouvoir creuser. C'est drôle, moi j'ai récemment relu le</p>
<p class="p2">bouquin des jardiniers maraîchers du début du siècle et c'est extraordinaire de voir à</p>
<p class="p2">quel point chaque élément est un détail pensé, considéré à long terme. C'est-à-dire</p>
<p class="p2">qu'il y a une réelle réflexion sur comment rendre l'argent, comment elle sort, le temps</p>
<p class="p2">passé. Voilà, et c'est ce qu'on retrouve beaucoup là dans ce que tu décris, toute cette</p>
<p class="p2">réflexion sur la standardisation, sur les différents intérêts d'aménager les choses de la</p>
<p class="p2">sorte. Alors, peut-être en prenant chaque chose étape par étape, déjà tu parles de</p>
<p class="p2">petite surface. Alors quel.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Intérêt ça a d'avoir une petite surface et de cultiver une petite</p>
<p class="p2">surface ? Je pense que plus c'est petit, mieux on peut s'en occuper. C'est un peu mon</p>
<p class="p2">mantra, c'est cultiver moins mais produisez plus. Sur cette surface-là, on va essayer de</p>
<p class="p2">générer le maximum de légumes, donc de chiffre d'affaires, d'avoir une productivitémaximale sur cette surface-là. C'est vraiment du copier-coller de ce qu'ils faisaient au</p>
<p class="p2">début du siècle, c'est essayer d'enchaîner les cultures. Le fait que ce soit petit nous</p>
<p class="p2">permettra de mettre l'effort dans cette surface-là. Donc toute la matière organique que</p>
<p class="p2">je vais apporter, mes fertilisants, mes engrais verts, mes cultures qui vont être broyées</p>
<p class="p2">sur place, elles sont concentrées sur cette surface-là. Si c'était dilué sur 2 ou 3</p>
<p class="p2">hectares, sur plusieurs années j'aurais dilué ma fertilité. Ma fertilité c'est l'ensemble de</p>
<p class="p2">tous ces éléments, alors que là il va se concentrer sur cette petite surface. je ne sais</p>
<p class="p2">pas si on peut dire précis, mais toujours être attentif à l'ensemble du jardin de façon</p>
<p class="p2">rapide. J'aime bien dire que je fais mon tour de jardin en 10 minutes, et c'est vrai, en</p>
<p class="p2">moins de 10 minutes, je peux avoir un regard critique sur tout ce qui se passe sur mon</p>
<p class="p2">jardin, faire une liste de tâches ou faire une liste de problèmes, s'il y a des problèmes</p>
<p class="p2">ou de bonnes choses. Mais alors que si je dois gérer une grosse ferme avec de</p>
<p class="p2">nombreuses serres sur la globalité. Donc cette petite surface peut paraître une</p>
<p class="p2">contrainte et alors que c'est plutôt comme ça qu'on va arriver à être performant et on a</p>
<p class="p2">toujours cette tendance, et moi le premier, j'ai eu cette tendance plusieurs fois dans ma</p>
<p class="p2">petite carrière de maraîcher à vouloir agrandir, mettre un petit truc en plus là et à</p>
<p class="p2">chaque fois je me dis et voilà c'est encore un truc où tu.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Perds du temps, où tu mets de l'énergie et finalement ça rapporte rien.</p>
<p class="p2">J'adore ce proverbe qui dit que l'ombre du jardinier est le meilleur engrais. C'est très</p>
<p class="p2">juste. Plus on est présent, plus on est là, plus on est attentif, plus les plantes poussent.</p>
<p class="p2">Comment est-ce que tu fais pour avoir une telle petite.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Surface et d'avoir quand même une belle production, une</p>
<p class="p2">intensification sur tes surfaces ? C'est clair que la standardisation va aider. Le fait que</p>
<p class="p2">tout soit modernes comme de la planification avec des logiciels, moi j'utilise un bridgel,</p>
<p class="p2">ce logiciel français de planification qui va me permettre comme ça d'être le plus précispossible, alors lui c'est un outil mais à la réalité c'est à la base c'est quand même moi,</p>
<p class="p2">le maraîcher qui va connaître et calculer On va avoir des enchaînements très précis. Je</p>
<p class="p2">peux avoir un légume sur mon stand alors que j'ai déjà replanté là où il y avait le</p>
<p class="p2">légume. planification qui est très forte. On va semer en amont en pépinière, donc on va</p>
<p class="p2">avoir des temps comme ça qui vont être très serrés sur mes calendriers de culture et</p>
<p class="p2">ça me permet comme ça d'intensifier dans le temps mes cultures. C'est ça. La diversité</p>
<p class="p2">aussi, ça va permettre de jouer avec ça, les différents temps de culture. Il va y avoir des</p>
<p class="p2">cultures à cycle long, des cultures à cycle court que je vais pouvoir intercaler soit avant,</p>
<p class="p2">soit après, soit entre deux cultures. C'est vraiment ça, beaucoup d'outils aussi de</p>
<p class="p2">gestion, d'organisation. On pense en planche, on travaille en planche, c'est-à-dire que</p>
<p class="p2">tout est fait pour la planche, c'est-à-dire que toutes mes toiles tissées, mes filets anti-</p>
<p class="p2">insectes, mes arceaux, tout est dimensionné pour la planche. Donc en fait on a peut-</p>
<p class="p2">être cette charge.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mentale et cette rapidité d'action lorsqu'on veut changer de culture ou</p>
<p class="p2">enchaîner des cultures. Est-ce que tu peux expliquer pourquoi est-ce.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Que cette standardisation est vraiment au cœur de l'efficacité du</p>
<p class="p2">travail ? Le fait d'être standardisé, on ne va pas s'éparpiller dans le matériel, prenons</p>
<p class="p2">déjà rien que le matériel. Aujourd'hui, on utilise du coup de goutte, de l'aspersion, de la</p>
<p class="p2">micro-aspersion. Donc quand tu as des lignes de coup de goutte, si tu as des planches</p>
<p class="p2">de 20 mètres, de 18 mètres, de 42 mètres, un système différent, des fois tu es en</p>
<p class="p2">planche, des fois tu n'es pas en planche, tu vas avoir un attirail et une panoplie de</p>
<p class="p2">différents tuyaux qui va falloir si t'es bien organisé tu vas peut-être pouvoir avoir</p>
<p class="p2">différents trucs mais le fait d'avoir tout pareil donc moi tout Fevermat je sais que</p>
<p class="p2">n'importe quel goutte à goutte que je vais prendre il va pouvoir être déplacé dans</p>
<p class="p2">n'importe quelle partie de mon champ et là j'ai pris que l'exemple du goutte à goutte çava être pareil pour mes filets anti-insectes, ça va être pareil pour mes filets thermiques,</p>
<p class="p2">pour le nombre d'arceaux, je sais que moi une planche c'est 15 arceaux, c'est pas 12,</p>
<p class="p2">c'est pas 14, c'est pas 28, et ça sera toujours pareil, donc t'as deux planches c'est 30,</p>
<p class="p2">t'en as 4 c'est 60, c'est toujours, cette base c'est la planche. Donc ça c'est pour la</p>
<p class="p2">partie matérielle, donc ça déjà rien que ça, ceux qui connaissent le maraîchage et</p>
<p class="p2">quand ils vont dans leur hangar chercher un filet, t'arrives sur tes planches et tu dis ah</p>
<p class="p2">mais non il est trop long, ah mais non il est trop court, et qu'est-ce que ça fait, qui vont</p>
<p class="p2">être attaqués potentiellement par les insectes, donc qui vont être perdus. Ça, sur un</p>
<p class="p2">modèle biotensif, ça ne peut pas exister en fait, parce que tu sais que toutes tes</p>
<p class="p2">planches sont pareilles, que tous tes filets sont faits pour ça. Donc ça, c'est dans la</p>
<p class="p2">gestion matérielle, et puis après dans la gestion des fertilisants aussi, on va avoir cette</p>
<p class="p2">logique-là pareil. On sait que pour une planche de salade, c'est tant de kilos par</p>
<p class="p2">planche, et en fait on va avoir des sodoseurs avec tel ou tel fertilisant, ça va nous</p>
<p class="p2">permettre aussi de déléguer facilement, c'est-à-dire que je peux déléguer un employé,</p>
<p class="p2">un saisonnier qui est sur la ferme, voilà, t'as une planche de salade à préparer, il y a un</p>
<p class="p2">listing quoi, c'est une bâche, c'est voilà, tant d'arceaux, tant de fertilisants pour cette</p>
<p class="p2">culture-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc ça.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Ça va aussi beaucoup nous aider. Et puis dans la culture elle-même,</p>
<p class="p2">c'est-à-dire que lorsque 40 salades. J'ai des standards comme ça pour toutes mes</p>
<p class="p2">cultures. Ça simplifie la gestion au quotidien parce que maraîcher, c'est quand même</p>
<p class="p2">un sacré boulot. Il y a vraiment beaucoup de choses à penser. Ça peut être très</p>
<p class="p2">énergivore au niveau mental, au.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Niveau organisation, gestion. Et d'avoir ces outils-là, cettestandardisation, ça simplifie, ça clarifie les choses. Ouais, quand on regarde, quand on</p>
<p class="p2">analyse un petit peu 10 minutes par jour à chercher des tuyaux, à voir que ça, ça</p>
<p class="p2">compte, c'est pas le bon, etc.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: 10 minutes par jour sur l'année, c'est un mois entier de temps plein de</p>
<p class="p2">travail. Ouais.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: J'Ai pas fait ce calcul, mais c'est énorme. Mais c'est ça, ça va très vite.</p>
<p class="p2">Donc, tu parles de la diversification, notamment des cultures. À quoi ça ressemble ?</p>
<p class="p2">Explique nous ce.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Que tu fais, comment tu fais les choix de diversification et des</p>
<p class="p2">légumes que tu cultives ? Au niveau des légumes, c'est important. J'ai fait le choix dès</p>
<p class="p2">les premières années d'avoir une gamme de 45, je crois que je montais presque à 50</p>
<p class="p2">légumes différents, donc avec des choses un peu exotiques parfois. C'est quelque</p>
<p class="p2">chose que je conseille toujours, de vraiment commencer avec beaucoup de cultures</p>
<p class="p2">différentes, d'être hyper diversifié. Ça permet d'apporter une offre large et ça a cet</p>
<p class="p2">intérêt quand tu commences le maraîchage, et que tu as un petit noyau de personnes</p>
<p class="p2">d'offrir vraiment un éventail de légumes et dans la saisonnalité. Il faut savoir que quand</p>
<p class="p2">même le maraîchage biointensif c'est fait pour de la vente directe sur les marchés,</p>
<p class="p2">banlieues, etc. Et c'est toujours bon d'avoir quand même une diversité sur son stand et</p>
<p class="p2">d'avoir comme ça 30-50 légumes différents. Par contre, il va y avoir des choix au b***</p>
<p class="p2">d'un moment et rapidement il va falloir aller se diriger aussi vers les cultures qu'on va</p>
<p class="p2">parler à fort potentiel, à haut rendement, pour laisser de côté peut-être des cultures</p>
<p class="p2">qu'on est moins efficaces sans but intensif. Il y en a 2 ou 3 qui passent par l'esprit, la</p>
<p class="p2">pomme de terre par exemple, le poireau, l'eau de garde, ce sont des cultures qui ne</p>
<p class="p2">sont pas forcément qui sont demandés sur le marché, mais qui finalement rapportés aumètre carré cultivé sur nos petites surfaces ne sont pas intéressants. Donc je vais</p>
<p class="p2">toujours avoir dans mes planifications, d'une année sur l'autre, un regard sur mes</p>
<p class="p2">cultures à fort potentiel. Et je peux avoir comme ça une dizaine de cultures phares, je</p>
<p class="p2">peux t'en citer carottes potes, oignons potes, courgettes, du mesclun, de la salade par</p>
<p class="p2">exemple. à la plus forte rentabilité sur ma ferme. Donc ça, je ne veux pas faire</p>
<p class="p2">l'impasse. Par contre, si je vois que sur une planche, je n'ai pas la place, de faire un</p>
<p class="p2">légume secondaire type célérira ou quelque chose qui va être plutôt secondaire mais</p>
<p class="p2">non je priorise toujours mes top 10 de légumes. Donc il y a aussi cette vision dans le</p>
<p class="p2">maraîchage biointensif où on va privilégier les cultures à fort rendement et d'ailleurs on</p>
<p class="p2">dirait que si on allait jusqu'à l'extrême où on va vers ce qu'on appelle urban farming les</p>
<p class="p2">sélections de cultures à cycles très très courts. Alors c'est pas mon cas parce que je</p>
<p class="p2">pourrais pas déjà, parce que je suis pas dans un milieu urbain, je suis à la campagne</p>
<p class="p2">et dans mon marché il n'y aurait pas ce potentiel de vendre que des pousses</p>
<p class="p2">d'épinards et du tatsoi, mais voilà.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On a quand même ce regard-là sur quelle culture on doit faire, c'est vrai</p>
<p class="p2">que c'est important. On entend que tu fais l'impasse sur certains légumes, donc</p>
<p class="p2">comment.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Est-Ce que tu choisis les légumes que tu cultives et ceux que tu ne</p>
<p class="p2">cultives pas ? Le choix, il est quand même économique. C'est ce que.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Je disais, le fait d'avoir un légume.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Qui va être plus rentable l'un par rapport à l'autre, ça, ça va être tu fais</p>
<p class="p2">pour t'en rendre compte et le voir ? On le calcule. On le calcule le rendement au mètre</p>
<p class="p2">carré d'une pomme de terre de garde par rapport à un rendement au mètre carré d'unesalade. Je fais un comparatif. Alors pour aller au b*** des choses, il faudrait prendre le</p>
<p class="p2">temps de travail, etc. C'est quelque chose qui n'est pas toujours facile sur des micro-</p>
<p class="p2">fermes d'imputer si on pense aux pommes de terre, aux poireaux, qui sont pour moi</p>
<p class="p2">des cultures qui ne sont pas très rentables, c'est le volume. C'est qu'on a un problème,</p>
<p class="p2">en fait, c'est que c'est des légumes qui vont être hyper consommés à l'automne. Si je</p>
<p class="p2">voulais produire pour ma clientèle, moi, je n'ai pas le nombre exact, mais par semaine,</p>
<p class="p2">je dois avoir à peu près 200 clients. Si je voulais produire du poireau pour 200 clients</p>
<p class="p2">pour leur soupe d'automne ou d'hiver, il me faudrait la moitié de mon jardin. Donc, ce</p>
<p class="p2">n'est pas Je vais en faire, j'en ai fait pendant longtemps, d'ailleurs cette année je n'en ai</p>
<p class="p2">pas assez, je ne fais plus de poireau d'automne, j'ai complètement arrêté. Je</p>
<p class="p2">m'amusais, parce que c'était vraiment ça, je m'amusais à faire trois planches, mais trois</p>
<p class="p2">planches en trois semaines, je n'avais plus de poireau. Donc je ne peux pas offrir du</p>
<p class="p2">poireau à mes clientèles pendant trois mois d'hiver, ce n'est pas possible, ça ne</p>
<p class="p2">fonctionnerait pas dans mon modèle Biointensive. Donc il y a aussi ce choix-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Qui est fait, est-ce qu'il y a un intérêt à fournir trois semaines du</p>
<p class="p2">poireau ? Ce n'est pas certain. Moi, c'est vrai que mon esprit fonctionne comme ça et</p>
<p class="p2">c'est vrai que j'ai pu beaucoup analyser chaque légume à réfléchir quels étaient les</p>
<p class="p2">facteurs limitants au maraîchage. C'était le temps de travail, le temps d'occupation de la</p>
<p class="p2">planche, que j'appelais un peu le loyer et donc le loyer changeait selon la saison. Et</p>
<p class="p2">puis la surface, le rendement au mètre carré. Et en fait, quand on regarde chacun de</p>
<p class="p2">ces éléments, c'est assez hallucinant de se rendre compte de certains légumes, de la</p>
<p class="p2">rentabilité de certains, qu'en fait d'autres qu'on pensait très rentables le sont beaucoup</p>
<p class="p2">moins rapportés au temps de travail. Et à partir de ça, on peut sélectionner et se dire</p>
<p class="p2">en fait, non, j'arrête de faire ce légume là, ou bien carrément. Plutôt que de se dire que</p>
<p class="p2">le prix de mes légumes est celui du voisin, de savoir réellement quel est le prix de mon</p>
<p class="p2">légume. Parce que moi, dans mon contexte, ça me coûte tant de produire ça, doncc'est ça mon prix. Et ça, c'est rarement quelque chose qui est fait. Je vois beaucoup de</p>
<p class="p2">maraîchers me dire que j'ai des navets parce qu'en hiver, les gens font un poteau-feu,</p>
<p class="p2">donc si j'ai des carottes et des poireaux, il faut bien que je leur offre des navets. Bah</p>
<p class="p2">non parce que potentiellement tes carottes elles payent pour tes navets et ainsi de</p>
<p class="p2">suite.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Et c'est là où on se retrouve à s'esclavagiser dans un système où on</p>
<p class="p2">fait tout parce qu'il faut bien. Oui, je suis entièrement d'accord avec toi. C'est pour ça</p>
<p class="p2">que j'ai des cultures que je ne fais plus. Et comme tu dis, c'est hallucinant des fois les</p>
<p class="p2">rentabilités au mètre carré de certaines cultures par rapport à d'autres. J'en ai deux à</p>
<p class="p2">l'esprit. Je pense par exemple aux brocolis. Et au Pak Choy, c'est assez dingue. Le</p>
<p class="p2">brocoli sur une plage de 20 mètres de long, ça a peut-être apporté au meilleur des cas</p>
<p class="p2">200 euros, peut-être les meilleures années. Je suis vraiment généreux. Alors qu'un Pak</p>
<p class="p2">Choy sur la même surface, ça va être plutôt autour de 1500. Donc on est sur des</p>
<p class="p2">choses qui n'ont rien à voir avec un cycle plus court en plus pour le Pak Choy. là, est-ce</p>
<p class="p2">qu'il faut du brocoli sur un stand ? Non, ce n'est pas sûr. Surtout si tu ne proposes pas</p>
<p class="p2">de pâques chorizo, c'est vraiment dommage parce qu'avec un tiers de planche, il te fait</p>
<p class="p2">ton brocoli. Mais oui, les gens veulent manger du brocoli.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et ce n'est pas grave.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: En fait. Ça aussi, c'est quelque chose que parfois on oublie que ce</p>
<p class="p2">n'est pas grave de ne pas tout avoir. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas de brocoli ou pas</p>
<p class="p2">de pommes de terre ou pas de poireaux dans mon cas que je n'ai pas mes clients. Les</p>
<p class="p2">clients qu'on a, Dans mon marché, ils papillonnent et ils sont là pour ça, donc ils vont</p>
<p class="p2">chez des collègues. Ce n'est pas mes concurrents, c'est des collègues. Ils vont</p>
<p class="p2">chercher ailleurs. J'ai des collègues qui font très bien de la pomme de terre surplusieurs hectares, etc. Et c'est très bien. On ne produit pas tout. On ne produit pas de</p>
<p class="p2">fruits. Il y.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: A plein de choses qu'on ne produit pas. Il ne faut pas avoir peur de ne</p>
<p class="p2">pas avoir toute la gamme. Carrément. Et je pense que moi, souvent, quand je présente</p>
<p class="p2">le jardin, je dis mais ce n'est pas le seul modèle de maraîchage qui existe et qui</p>
<p class="p2">fonctionne. Au contraire, il y en a plein d'autres. Moi, ma sensibilité, elle est là-dessus.</p>
<p class="p2">J'ai envie de pouvoir travailler tout à la main. J'aime faire ce genre de légumes. Mais</p>
<p class="p2">voilà, il peut y avoir de l'attraction animale et c'est super. Et justement.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Il va compléter une offre que moi, je ne serais pas capable d'offrir à</p>
<p class="p2">une rentabilité qui serait viable pour moi. complètement aligné avec ça. Ce n'est pas le</p>
<p class="p2">seul modèle, on est entièrement d'accord. C'est un des modèles. C'est vrai que c'est</p>
<p class="p2">pareil, c'est le modèle qui m'aspire le plus et que j'ai embrassé depuis longtemps. Mais.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Heureusement que ce n'est pas le seul, c'est sûr. Pour certaines cultures,</p>
<p class="p2">il y.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: A des modèles plus efficaces, c'est évident. Selon toi, quelles seraient</p>
<p class="p2">les qualités qu'il faudrait pour un jardinier maraîcher en biointensif ? c'est super</p>
<p class="p2">organisé, d'avoir cette vision globale de la ferme, cette organisation, aimer cette</p>
<p class="p2">gestion de culture, je crois que c'est là le nerf, la clé elle est un peu là, c'est aimer cette</p>
<p class="p2">gestion, c'est vraiment avoir ce regard, cette organisation, de faire attention aux</p>
<p class="p2">choses, au déplacement, tu parlais de 10 minutes et on perdait un mois par an de</p>
<p class="p2">chercher des tuyaux, etc. Il faut avoir envie, moi je suis toujours dans un modèle</p>
<p class="p2">d'amélioration, donc il faut avoir aussi, j'ai l'impression, cette mentalité de vouloir</p>
<p class="p2">s'améliorer tout le temps, parce qu'on ne peut pas laisser des choses s'accumuler surles années, ça fait vraiment beaucoup d'heures de travail qui vont être au final, qui vont</p>
<p class="p2">faire que toute la rentabilité globale du système. Et donc je crois qu'une des qualités,</p>
<p class="p2">c'est peut-être avoir cette vision et cette organisation, Pour le maraîcher bio-intensif ou</p>
<p class="p2">pas, je pense que c'est aussi d'aller voir des fermes, de se former. Comme je disais, j'ai</p>
<p class="p2">fait électrotechnique, donc rien à voir. J'avais cette fibre pour le potager, parce que</p>
<p class="p2">malgré mes études en électrotechnique, j'avais un potager. Je suis parti faire un BPRA</p>
<p class="p2">pépiniériste, donc je n'étais pas encore dans le légume. de cultiver avec ce PPRA</p>
<p class="p2">Pépiniéris, que je faisais en alternance. C'était ça qui était surtout le gros point fort,</p>
<p class="p2">c'est que j'ai travaillé une semaine sur deux dans une entreprise où on cultivait. Je</p>
<p class="p2">conseille toujours de se former au moins une saison, un an en PPRA, c'est d'après moi</p>
<p class="p2">le minimum. C'est important, bien que l'apprentissage de la production peut se faire.</p>
<p class="p2">J'ai des exemples autour de moi qui n'étaient pas producteurs de légumes, mais</p>
<p class="p2">finalement ils ont fait un jardin biointensif, enfin ils sont maraîchers biointensifs, et ça a</p>
<p class="p2">décollé direct. Mais parce qu'ils avaient vraiment cette philosophie entrepreneuriale,</p>
<p class="p2">d'organisation, de planification, eux ils avaient vraiment par contre cette capacité</p>
<p class="p2">végétales, mais ils avaient tout le reste. Et peut-être que finalement, il y en a un qui est</p>
<p class="p2">plus important à voir. Peut-être cette fibre organisationnelle, entrepreneuriale où tu vois</p>
<p class="p2">une gestion globale de ta ferme. C'est peut-être.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Plus difficile, peut-être, à acquérir. Je ne sais pas. Alors que peut-être</p>
<p class="p2">l'aspect culture, finalement, peut s'apprendre un peu sur le tas. Et donc, quand tu dis</p>
<p class="p2">voir.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Des fermes, quel type de ferme est-ce que tu as vu? Est-ce que tu as</p>
<p class="p2">vu des choses inspirantes? Et c'est où? Moi, quand je me suis lancé maraîcher, j'étais</p>
<p class="p2">membre de l'APABA. Enfin, je suis toujours à l'APABA. L'APABA, c'est notre Gab à</p>
<p class="p2">Navéron. Et on avait la chance de pouvoir visiter les fermes, mais pas en bio-intensif. Iln'y en avait pas, en fait, à l'époque. Donc, vraiment, c'était juste voir des maraîchers,</p>
<p class="p2">discuter. Et vraiment, ça, c'est quelque chose que j'invite tout le temps à le faire. Et moi,</p>
<p class="p2">je le fais encore. C'est oui, en pleine saison, mais ce n'est pas grave. Tu pars une demi-</p>
<p class="p2">journée, tu pars une journée, voire trois jours de ta ferme et tu vas voir ailleurs ce qui</p>
<p class="p2">se passe. Parfois, tu attends le 3ème jour pour juste avoir une information qui va te faire</p>
<p class="p2">gagner des années. C'est pour moi important. Parfois, ce n'est pas assez fait par les</p>
<p class="p2">jeunes maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et dans d'autres fermes. Il y a des</p>
<p class="p2">choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit, tu vas</p>
<p class="p2">gagner des années. Et ça, c'est important. Visiter des fermes dans les réseaux,</p>
<p class="p2">localement, etc. Dès que tu as.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: L'Opportunité, j'ai toujours envie de dire, il faut y aller. Il ne faut pas avoir</p>
<p class="p2">peur de quitter sa ferme, au contraire. Et alors ça c'est quelque chose dont on n'a pas</p>
<p class="p2">encore parlé, mais est-ce que tu es d'accord pour partager un peu tes chiffres ? Quelle</p>
<p class="p2">est ta rentabilité ? Comment ça se passe.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Au niveau du chiffre d'affaires chez toi ? Et tout à l'heure tu parlais de</p>
<p class="p2">deux unités à temps plein, comment est-ce que ça s'organise ? Oui, nous au niveau</p>
<p class="p2">chiffre d'affaires, on va prendre l'an dernier, comme ça l'année elle était terminée, on</p>
<p class="p2">était en 2024, on est à 90 000 euros de chiffre d'affaires. C'est des légumes produits</p>
<p class="p2">sur la ferme, il n'y a pas d'achat-revente. C'est ce qu'on produit et ce qu'on vend en</p>
<p class="p2">direct sur nos deux marchés. Et niveau personnel, je parle de deux UTH, deux</p>
<p class="p2">équivalents de temps plein. Qu'est-ce que c'est ? C'est deux personnes qui en théorie</p>
<p class="p2">travailleraient 35 heures toute l'année sauf 5 semaines de congés payés. Donc ça c'est</p>
<p class="p2">la base. Sauf qu'en maraîchage ça c'est très difficile à faire parce qu'on a ce cycle</p>
<p class="p2">justement où on a un pic d'activité d'avril jusqu'à septembre où on a un pic plus fort.</p>
<p class="p2">Donc en fait ça fonctionne pas tout à fait comme ça, c'est-à-dire que ça c'est unéquivalent et nous on peut se retrouver à 3 personnes en même temps pendant la</p>
<p class="p2">période hivernale. C'est l'équivalent de 2 ETP mais parfois on peut monter à plus que</p>
<p class="p2">ça.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et à un moment donné où je vais être plutôt au repos et où là il y aura</p>
<p class="p2">vraiment 0,1 ou.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: 0,2 ETP parfois sur certaines périodes. Du coup, vous faites un</p>
<p class="p2">accordéon sur les saisons avec des moments où vous travaillez des horaires plus</p>
<p class="p2">longs ? Alors oui, les horaires plus longs, pour moi, dans le sens où moi, je ne dépasse</p>
<p class="p2">jamais 40 heures semaine. Ça, c'est vraiment dans les pics de production où je vais</p>
<p class="p2">avoir avec le marché, avec le bureau, avec tout compris, c'est-à-dire que ce n'est pas</p>
<p class="p2">que 40 heures au champ et loin de là. Ça, c'est vraiment les pics de production, donc</p>
<p class="p2">avril-mai notamment, où là, c'est vraiment le moment phare de la saison. Avril-mai-juin,</p>
<p class="p2">c'est C'est le moment où je conseille d'avoir de l'armée d'oeuvres en plus, car c'est le</p>
<p class="p2">moment très critique où on a beaucoup de cultures chronophages à mettre en place. À</p>
<p class="p2">cette période-là, j'ai quelqu'un qui est là sur la saison, plus des saisonniers. Ça va se</p>
<p class="p2">faire avec les saisonniers, donc avec les gens qui travaillent, où justement l'ETP</p>
<p class="p2">augmente et on va se retrouver à 3 ETP. Eux, ils vont être à 32 heures, moi à 40 par</p>
<p class="p2">exemple. Et alors qu'au mois de mars, on va être que 2 et au mois de février, il n'y a</p>
<p class="p2">personne par exemple. Là, on est à 0 ETP et janvier où je peux être tout seul, où je vais</p>
<p class="p2">avoir juste une plantation. en première semaine janvier où là je vais être à 0,1 ETP ou</p>
<p class="p2">0,2 ETP parce que j'aurais fait juste trois jours de plantation. Voilà comment c'est avec</p>
<p class="p2">le personnel que ça se lisse et aussi avec mes heures de travail à moi qui vont être</p>
<p class="p2">différentes suivant la saison. Mais jamais on n'a pas d'heure.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sup en fait, il n'y a pas.Sylvain Coudert: D'Heure sup, il n'y a pas de surcharge de travail, c'est juste on arrive</p>
<p class="p2">au 40 heures à un moment donné. Et comment tu fais pour respecter ça ? te donne le</p>
<p class="p2">secret, c'est qu'à 4h30, c'est terminé. C'est fait ou pas fait, c'est qu'on quitte le poste,</p>
<p class="p2">limite on lâche la binette des mains. Je suis assez extrême sur les horaires, mais</p>
<p class="p2">vraiment dans ce truc-là où le travail doit être fait. Si ce n'est pas fait, c'est qu'il y en</p>
<p class="p2">avait trop pour la journée et on reporte le demain. Alors le fait de se mettre ces horaires</p>
<p class="p2">là, ça fait quand même un gros avantage. Ces horaires sont vraiment arrivés aussi avec</p>
<p class="p2">l'emploi de saisonniers. Ça m'a forcé à avoir des horaires plus stricts parce que c'est</p>
<p class="p2">vrai que quand on est tout seul sur le ferme au départ, on peut un peu se laisser aller</p>
<p class="p2">et se dire bon mais j'irai après manger, des choses comme ça. C'est quelque chose</p>
<p class="p2">que j'ai fait un petit peu les premières années et je dis pas que les premières années</p>
<p class="p2">d'installation, l'année 1, 2 voire 3, il peut y avoir cette surcharge de travail quand mais</p>
<p class="p2">ça ne doit pas être une routine. moi c'est s'imposer des horaires et donc prioriser nos</p>
<p class="p2">actions. On a toute une gestion au niveau des tâches à faire avec mon logiciel Brunel</p>
<p class="p2">qui me dit ce que je dois faire mais aussi mon tour de fer de 10 minutes qui va me</p>
<p class="p2">montrer mais voilà on doit faire ça ça ça ça on va avoir un tableau où on va mettre</p>
<p class="p2">toutes les tâches de la semaine avec des priorités et voilà on avance tâche par tâche et</p>
<p class="p2">le fait d'avoir un temps limité donc tu priorises tes actions voilà c'est Après, c'est vrai</p>
<p class="p2">que ça fait quand même 12-13 ans que c'est comme ça, mais le fait d'avoir.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Des horaires, ça se contraint, je pense, comme la surface en fait. On est</p>
<p class="p2">contraint dans ses surfaces, on est contraint dans ses horaires, il faut que ça rentre. Et</p>
<p class="p2">du coup, on devient créatif, plus efficace. Et ça, c'est.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Effectivement sur les surfaces, mais aussi sur le temps. Quand on a</p>
<p class="p2">un horaire où on doit s'a******, on y arrive. On fait le maximum pour finir à temps. C'est</p>
<p class="p2">ça. C'est de la priorisation. Mais ça, c'est pas spécifique au maraîchage. On l'a vu dansplein de domaines, dans plein d'entreprises. Si tu me laisses huit heures et une</p>
<p class="p2">personne pour une tâche ou tu me laisses quatre heures, au final, c'est peut-être Le</p>
<p class="p2">gain qu'elle aura fait en.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Quatre heures de plus, il est très faible finalement. C'est un peu aussi la</p>
<p class="p2">loi de Pareto, 80-20 pour aller galier ces derniers pourcentages. Finalement, ce n'était</p>
<p class="p2">pas important. Tout à l'heure, tu parlais de la fertilité, la ville qui nous ramenait de la</p>
<p class="p2">fertilité de chez eux et en échange, en fait, nous, on leur redonne aussi de la fertilité à</p>
<p class="p2">travers des nutriments. Est-ce.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Que tu peux en parler ? Qu'est-ce qui se passe chez toi ? Quelles</p>
<p class="p2">évolutions tu as pu voir au niveau du sol ? Et puis aussi peut-être la qualité des</p>
<p class="p2">légumes ? que je disais, le compost de déchets verts qui est fait à quelques kilomètres</p>
<p class="p2">de chez moi, ça a tout changé. Au niveau du sol, c'est quand même assez fou. Il n'y a</p>
<p class="p2">même pas une heure, j'étais encore là en train de grattouiller le plat, je me dis c'est fou</p>
<p class="p2">ce sol alors que ce n'était pas du tout comme ça il y a 5-6 ans. Cet apport massif entre</p>
<p class="p2">guillemets de matières organiques où on va apporter les premières années.</p>
<p class="p2">Aujourd'hui, on en met moins. Mais vu qu'on ne retourne pas, on n'est pas dans un</p>
<p class="p2">système de labo, on n'est pas dans un système mécanisé, donc on travaille vraiment</p>
<p class="p2">juste en surface. Cette matière organique, elle est là, elle est toujours présente, elle est</p>
<p class="p2">là en surface. Et on va avoir cet horizon-là de 10-15 cm qui est un amas plein de terre</p>
<p class="p2">et de compost qui est complètement différent de mon sous-sol qui, lui, était quand</p>
<p class="p2">même très clair, très hydromorphe, battant. Et là, on se retrouve avec plus simple à</p>
<p class="p2">travailler, plus sombre, qui se réchauffe plus vite, des levées de semis plus belles, et</p>
<p class="p2">puis des cultures derrière qui répondent. C'est vraiment une force, et ça aussi c'est un</p>
<p class="p2">point qu'il ne faut pas mettre de côté, sur nos petits modèles on peut.Lennan Bate: Justement le faire, donc il faut se.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Servir de cet atout là, c'est beaucoup et là il y a d'autres techniques et</p>
<p class="p2">peut-être d'autres modèles à inventer qui existent d'ailleurs pour ça quoi. Et vous faites</p>
<p class="p2">des analyses de sol ? Il faudrait que j'en refasse une, parce que j'en fais une tous les 4</p>
<p class="p2">ans à peu près, et il est temps en 2026 de refaire une pour voir l'évolution. J'en avais</p>
<p class="p2">fait une au départ, juste avant le 1er travail de sol, on a des taux de moitié organique</p>
<p class="p2">qui ont fait x3, x4, une stabilisation de calcaire, etc. En 3-4 ans, tu vois l'évolution. C'est</p>
<p class="p2">une évolution plutôt de surface. Je n'ai pas changé la nature.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De mon sol sur un mètre de.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Profondeur, mais ça m'est égal. Ce n'est pas là que ça se passe. C'est</p>
<p class="p2">vraiment au niveau de la surface que ça se joue pour les légumes. Vous êtes à</p>
<p class="p2">combien de taux de matière organique ? On avait 1,5 à peu près de matière organique.</p>
<p class="p2">Et là, on doit être à 4, 5, quelque chose comme ça. C'est des sols avec 15% d'argile,</p>
<p class="p2">plutôt limon.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Hydromorphes, qui retiennent beaucoup l'eau pendant l'hiver, le</p>
<p class="p2">printemps. Des limons qui ne sont pas drainants, ce n'est pas des limons.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: De rivière. C'est vraiment des limons qui peuvent prendre un bloc,</p>
<p class="p2">justement, avec l'humidité. Alors ça, c'est un truc que je ne t'ai pas demandé, mais</p>
<p class="p2">vous cultivez combien de mois par an ? Au niveau de la commercialisation, c'est avril,</p>
<p class="p2">fin décembre. Ça peut bouger. On a fait plus.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Mais c'est plutôt tendance à se rétracter en ce moment, à finir un peuplus tôt. Donc tu as quand même des plantations en janvier sous serre, puis des</p>
<p class="p2">dernières plantations en septembre à peu près. Alors toi, tu fais de la formation et si</p>
<p class="p2">quelqu'un voulait s'installer, qu'est-ce que tu conseillerais ? Quelle est la meilleure.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Façon pour justement gagner du temps, de l'argent aussi, parce que</p>
<p class="p2">les erreurs, ça coûte cher au dos et en énergie, mais aussi en argent. Donc, qu'est-ce</p>
<p class="p2">que tu conseillerais de faire ? Comment est-ce qu'on s'installe efficacement ? de faire</p>
<p class="p2">un BPRA, je trouve que c'est quand même une porte d'entrée dans ce monde-là,</p>
<p class="p2">surtout lorsqu'on est non issu du milieu agricole, ça va nous permettre de rencontrer</p>
<p class="p2">aussi d'autres personnes dans les mêmes situations, d'échanger aussi avec des</p>
<p class="p2">potentiels futurs maraîchers.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Etc.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: D'avoir une première approche du végétal qui pour moi est</p>
<p class="p2">importante. Moi j'ai fait un BTS1 aussi en horticulture et je trouve que d'avoir quand</p>
<p class="p2">même quelques notions d'agronomie sans parler d'être agronome, je trouve que le</p>
<p class="p2">BPRA Ensuite, dans l'idéal, tu peux faire une saison chez un maraîcher. Et là, j'ai envie</p>
<p class="p2">de dire, peu importe le modèle, plutôt un maraîcher performant qui envoie du légume.</p>
<p class="p2">Je ne sais pas si c'est très clair, mais ce n'est pas forcément le modèle, le petit</p>
<p class="p2">maraîcher qui va s'installer. Ça peut être un conventionnel, même si tu veux faire du bio</p>
<p class="p2">plus tard, etc. Mais quelqu'un, voilà, une entreprise où ça produit du légume, où là, tu</p>
<p class="p2">vas avoir du palissage, tu vas avoir de l'exercice, tu vas avoir plus Et puis après, si tu</p>
<p class="p2">fais un modèle bio-intensif, j'ai envie de dire, il vaut mieux que tu fasses ma formation,</p>
<p class="p2">tu vas gagner quand même, pas mal d'années. Nous, on a formé, je ne sais pas, plus</p>
<p class="p2">de 300 personnes aujourd'hui et voilà, on a vraiment un taux de satisfaction qui est</p>
<p class="p2">énorme. Mais je mets aussi en garde parce que je ne vais pas dire, voilà, tu fais maformation et tu t'installes, c'est faux, ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, je ne conçois pas</p>
<p class="p2">qu'on puisse juste faire une formation en ligne et s'installer maraîcher, c'est un peu</p>
<p class="p2">risqué. Mais c'est vrai que si on fait la formation par micro-ferme, on va donner toutes</p>
<p class="p2">les clés, les plannings, les idées de culture, etc. Tout ça, c'est des choses que nous, on</p>
<p class="p2">a étudiées On a vraiment pris le temps de tout quantifier au.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Niveau de la liste du matériel, des semences, etc. Donc c'est vrai que ça</p>
<p class="p2">te permet quand.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Même d'avoir un bagage clé en main de ton installation, mais ça</p>
<p class="p2">n'empêche pas de faire quand même le reste en amont. Si tu devais revenir dix ans en</p>
<p class="p2">arrière et te donner un conseil, qu'est-ce que ce serait ? et ça c'est pas grave, j'ai</p>
<p class="p2">changé de ferme, mais mon conseil ça serait, et c'est toujours un peu le même que je</p>
<p class="p2">donne, de ne pas sous-investir, et pourtant c'est des modèles qui ne demandent pas un</p>
<p class="p2">gros investissement, c'est-à-dire que c'est important d'avoir vraiment le matériel dès le</p>
<p class="p2">début, moi la grosse erreur que j'ai faite c'était de ne pas avoir assez de serre il y a 10</p>
<p class="p2">ans, c'était vraiment le manque de serre, ça a été un point Le choix du lieu, rien ne</p>
<p class="p2">nous empêche.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: De changer, c'est ce que j'ai fait. J'ai eu la chance d'avoir un lieu qu'on</p>
<p class="p2">m'a prêté, qui n'était pas un lieu idéal, mais ça m'a permis de m'installer. Mais faire</p>
<p class="p2">attention au choix du lieu, cet accès à l'eau. Je me souviens d'avoir entendu dire un</p>
<p class="p2">truc qui m'avait bien plu et bien parlé. Tu faisais cette métaphore sur un restaurant qui</p>
<p class="p2">n'allait pas ouvrir.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Ses portes au public avant d'avoir fini sa cuisine, sa salle à manger,</p>
<p class="p2">etc. Et que pourtant, en maraîchage, que deux fois, on le faisait. On n'avait pas fini depréparer son midi de travail et qu'on commençait à travailler. Ouais, c'est clair qu'on</p>
<p class="p2">l'est. on est très particulier les maraîchers. Je me rappelle quand j'ai dit ça, c'est</p>
<p class="p2">lorsqu'on dit la première année d'installation, est-ce qu'on doit, ça c'est sur la première</p>
<p class="p2">année d'installation, c'est ce que je conseille aujourd'hui, c'est que la première année</p>
<p class="p2">tu t'installes, tu mets tout en place et c'est vrai que c'est un conseil que j'aurais bien</p>
<p class="p2">aimé aussi avoir lorsque je me suis installé mais ça c'était il y a 13-14 Mais oui, j'aurais</p>
<p class="p2">dû juste prendre le temps de m'installer avant de vendre des légumes sur les marchés.</p>
<p class="p2">Et j'ai des exemples autour de moi qui ont fait la formation et qui ont justement fait ça,</p>
<p class="p2">de prendre le temps de s'installer. Et c'est juste incroyable. Du coup, l'année 1 de</p>
<p class="p2">commercialisation ou l'année 2 d'installation, on va dire, où de suite, ils sont à 30 000.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Euros de chiffre d'affaires et c'est parti. Ça va très, très vite par rapport à</p>
<p class="p2">ce que moi, j'ai pu faire il y a 14 ans. Oui, c'est sûr que la première année, on ne.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Devrait pas ouvrir nos portes. Pour honorer un podcasteur américain</p>
<p class="p2">qui s'appelle Chris Blanchard, qui est mort maintenant, il posait cette question souvent</p>
<p class="p2">à la fin qui était, c'est quoi ton outil favori ? Et j'ai envie de te la poser. Le premier truc</p>
<p class="p2">qui m'est venu, et pourtant ce n'est pas pour lui faire de la pub, mais le premier mot qui</p>
<p class="p2">m'est venu, c'est Bridgen. C'est l'outil de planification, sans citer de marque, mais je</p>
<p class="p2">crois que c'est l'outil qui a quand même fait, vu qu'il est américain, un game changer.</p>
<p class="p2">C'est l'outil qui a fait passer peut-être ma ferme à un autre stade.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Lorsque je suis passé de mon Excel qui était pourtant Costaud, on avait</p>
<p class="p2">vraiment peaufiné le truc avec des collègues et.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Tout, mais quand même, de ne passer un dossier de planification, ça</p>
<p class="p2">m'a fait un vrai changement sur la ferme. Alors, est-ce qu'il y a une chose que tutrouves difficile à entendre pour la plupart des agriculteurs et des agricultrices ? Il y a</p>
<p class="p2">l'éthique qui rentre beaucoup, je trouve, dans le maraîchage. C'est important d'avoir</p>
<p class="p2">l'éthique, c'est pas le truc. Mais il y a un gros mot, tu vois, quand on parle de rentabilité,</p>
<p class="p2">de gagner de l'argent, etc. Il y a quand même parfois un blocage à ce niveau-là. Et je</p>
<p class="p2">trouve que c'est dommage de ne pas pouvoir vraiment plus ouvrir ça au niveau des</p>
<p class="p2">agriculteurs. Et je peux, je conçois et je comprends qu'on n'ait pas besoin de gagner 2</p>
<p class="p2">000, 3 000 et qu'on peut gagner 500 euros par an et c'est très bien. Mais pour moi, ce</p>
<p class="p2">n'est pas un modèle qu'on peut promouvoir. En tout cas, je ne vois pas comment on</p>
<p class="p2">peut donner envie à des nouvelles générations de venir à la ferme se réinstaller</p>
<p class="p2">agriculteur, se dire tu vas déjà travailler pendant trois ans assez fort et puis après tu</p>
<p class="p2">vas continuer à travailler fort et gagner 500 euros, ben non c'est pas possible tu vois.</p>
<p class="p2">Donc c'est cet aspect travail, finances et oui on a un modèle économique et moi je le</p>
<p class="p2">défends et ouais il faut que je fasse des cultures rentables et je défends donc ce côté</p>
<p class="p2">là, aspect entrepreneurial entre guillemets quoi parce que on est loin d'être dans une</p>
<p class="p2">mutande nationale. C'est vraiment des toutes petites entreprises, mais c'est quelque</p>
<p class="p2">chose qui manque, je trouve, au maraîchage. Et on le voit, et c'est dommage, parce</p>
<p class="p2">que des fois, c'est pas grand-chose, en fait. C'est des petits caps à passer, et</p>
<p class="p2">finalement, derrière.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça fait toute la différence, et ça nous permet d'être encore maraîchers au</p>
<p class="p2">b*** de 15 ans, et dire, ben, ça va, tu vois. Ça roule, et on continue comme ça. Alors</p>
<p class="p2">que... Ce n'est pas toujours le cas, malheureusement, en maraîchage. Oui, parce que</p>
<p class="p2">l'attractivité du secteur agricole, elle est aussi grandement due au fait de pouvoir en</p>
<p class="p2">vivre. Et je pense que les jeunes, ils ne sont pas c***. Ils n'ont pas envie de s'installer</p>
<p class="p2">en maraîchage ou dans le milieu agricole parce que ça ne paye pas, parce que les</p>
<p class="p2">parents ont dit toute leur.Sylvain Coudert: Vie, surtout ne fais pas comme moi, ne t'installe pas agriculteur parce</p>
<p class="p2">que c'est pas rentable, parce que c'est difficile, parce que Il y a des fluctuations du prix</p>
<p class="p2">du marché qui rendent ce choix de vie très compliqué, donc c'est normal. Oui, c'est</p>
<p class="p2">assez normal et ça s'entend parce que c'est aussi une réalité d'une grosse partie des</p>
<p class="p2">agriculteurs. Mais parce qu'on a aussi cette vision assez caricaturale des agriculteurs</p>
<p class="p2">et qu'il y a peut-être d'autres modèles et d'autres façons de faire. Et voilà, moi, c'est ce</p>
<p class="p2">que je crois à travers le modèle bioétensif. Il y a quand même peut-être des début du</p>
<p class="p2">podcast, où ça va bien, où tu gagnes bien ta vie, et oui, il y a quand même d'autres</p>
<p class="p2">façons de produire. Et moi, je trouve que le modèle biotensif, à travers toutes les</p>
<p class="p2">fermes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Aujourd'Hui qui sont dans ce réseau-là, on le prouve. Les chiffres sont là,</p>
<p class="p2">on les montre, on le dit, après on est entendu ou pas entendu, mais en.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Tout cas, je trouve qu'il y a quand même une fenêtre dans cette</p>
<p class="p2">direction. Est-ce que tu veux partager des liens, des réseaux, des ressources en</p>
<p class="p2">particulier, peut-être notamment de tes formations, où les gens peuvent te contacter, te</p>
<p class="p2">suivre ? Le gros, c'est les jardins de la Valette, lesjardinelavalette.com. Là-dessus, c'est</p>
<p class="p2">un report story à peu près tout ce qu'on fait. Et là où on est très actif, c'est là où il y a</p>
<p class="p2">aussi la plateforme de formation, c'est ce que j'appelle le cercle du maraîchage. Et là,</p>
<p class="p2">on est plus de 1500 maraîchers à discuter. C'est gratuit. Tu tapes le cercle du</p>
<p class="p2">maraîchage sur Internet et tu tombes dessus. Il.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Suffit de s'inscrire. Et là, il y a tout un tas de maraîchers. C'est ouvert à</p>
<p class="p2">tout type de.</p>
<p class="p2">Sylvain Coudert: Maraîchage. Mais je vous avoue qu'il y a 80%.Lennan Bate: Ou 90% des conversations qui sont sur le bio-intensif. et puis le cercle du</p>
<p class="p2">maraîchage. Super. Merci pour tout le travail que tu fais et les formations que tu donnes</p>
<p class="p2">et l'inspiration. Merci Sylvain. Merci à toi. C'était cool de partager tout ça.</p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Sylvain Couderc
 
https://www.lesjardinsdelavalette.com/
 
https://www.lecercle.lesjardinsdelavalette.com/feed
 
www.spidplant.com
 
https://brinjel.com/fr/
 
John Jeavons
https://johnjeavons.org/
 
Eliot Coleman
https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=eliot+coleman
 
JM Fortier
https://www.librairie-permaculturelle.fr/recherche?s=jean+martin+fortier
 
Ben Hartman
https://www.claybottomfarm.com/books
 
Curtis Stone
https://theurbanfarmer.co/
 
Richard Perkins
https://www.richardperkins.co/
Transcription : 
30 - Maraichage, rentabilité et système bio-intensif
avec Sylvain Couderc
Sylvain Coudert: Je trouve que parfois, ce n'est pas assez fait par les jeunes
maraîchers. Il faut vraiment aller voir ailleurs et aller voir dans d'autres fermes parce
qu'il y a des choses, tu vas peut-être le découvrir par toi-même, sauf que si on te le dit,
tu vas gagner des années.
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la
santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture
occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire
des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne
notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin
d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture
réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au
travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Ayant
grandi en ville, ma première réelle reconnexion au vivant s'est faite avec les mains dans
la terre, à récolter mes premiers légumes. Pour reprendre conscience de la magie du
vivant et la générosité de la terre, rien de tel que de voir une graine germer devenir peu
à peu une salade ou une tomate. Ou bien de sortir de terre des pommes de terre ou
des carottes. Mon premier mentor, Léo Drevet, était maraîcher et mes premières
lectures ont donc assez naturellement été Elliot Colleman John Jeavons ou encore
Jean-Martin Fortier. Plus tard, j'ai beaucoup appris des approches de rentabilisation et
d'optimisation fonctionnelle d'autres maraîchers tels que Curtis Stone, Ben Hartmann
ou encore Richard Perkins. Le maraîchage est l'une des portes d'entrée les plus
fréquentes pour ceux qu'on appelle les NIMA, les nouveaux installés du monde
agricole, parce qu'il faut moins de terre et moins d'investissements pour se lancer, etaussi souvent parce que les légumes sont plus faciles d'accès que les animaux par
exemple. Pourtant, le maraîchage diversifié est extrêmement complexe. Les types de
sols, les microclimats, les dizaines et dizaines de légumes à maîtriser tout au long de la
saison et l'enjeu de la vente directe sont qu'un imperçu de tous les aspects qu'il faut
apprendre à maîtriser afin de créer une entreprise de maraîchage rentable. Entre la
culture en serre, le plein champ non irrigué, l'attraction animale, le biointensif et j'en
passe, les types de maraîchage sont multiples et complémentaires. Alors aujourd'hui
c'est la méthode biointensive dont nous allons parler et pour ce faire je reçois Sylvain
Coudert qui est fondateur des Jardins de la Valette, maraîcher biointensif, formateur et
cofondateur de Speedplant qui conçoit des outils professionnels pour maraîcher. Alors
bonne écoute ! Je me souviens d'une discussion avec un collègue maraîcher au
marché de Saint-Giron en Ariège où je suis. qui me disait non, mais vraiment, c'est pas
possible. Le maraîchage, ça paye pas. Vraiment, c'est pas possible de faire du
maraîchage et d'en vivre. Et j'ai été très frustré parce que moi, ça marche. Après, ça
demande pas mal de travail, de réflexion, d'aménagement. Il y a des décisions à faire,
des choix à faire. Et du coup, c'est un peu pour ça que je voulais en parler avec toi.
essayer de voir un peu décortiquer à quoi ça tient, qu'est-ce qu'il faut pour penser à
une entreprise maraîchère qui tourne e]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>29 - Les liens entre microbiologie du sol et microbiote intestinal avec Nina Vinot</title>
        <itunes:title>29 - Les liens entre microbiologie du sol et microbiote intestinal avec Nina Vinot</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-29-les-liens-entre-microbiologie-du-sol-et-microbiote-intestinal-avec-nina-vinot/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-29-les-liens-entre-microbiologie-du-sol-et-microbiote-intestinal-avec-nina-vinot/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 03 Dec 2025 12:06:13 -0400</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Depuis le début de ce podcast, on explore l’importance de la vie du sol pour la vitalité des plantes, des animaux, et plus largement des systèmes agricoles. Aujourd’hui, nous allons faire un pas de plus, en traçant les parallèles entre ce qui se passe sous nos pieds et ce qui se passe dans nos entrailles.</p>
<p class="p1">C’est un sujet qui me tient très à coeur et pour nous guider dans cet univers où se croisent agronomie, biologie, santé humaine et philosophie du vivant, j’ai le plaisir d’accueillir Nina Vinot.</p>
<p class="p1">Ensemble, on abordera les sujets d’ensemencent microbien, pourquoi certains micro-organismes colonisent… et d’autres pas, de l’impact de notre alimentation et de nos pratiques agricoles. 
On regardera les parallèles que l’on peut faire entre sol, plante, animal et humain, bref un épisode qui aide à comprendre comment le vivant s’organise, se régule… et comment nos choix influencent tout le système.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Suivre le travail de Nina Vinot</p>
<p class="p3"><a href='https://www.linkedin.com/in/nina-vinot/?originalSubdomain=fr'>https://www.linkedin.com/in/nina-vinot/?originalSubdomain=fr</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2">Liens et références citées : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3">Marc andré Selosse
<a href='https://actes-sud.fr/contributeurs/marc-andre-selosse'>https://actes-sud.fr/contributeurs/marc-andre-selosse</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3">Pauline Woerhle
<a href='https://herbivor.fr/'>https://herbivor.fr/</a></p>
<p class="p1">Pour récouter le podcast avec Pauline Woerhle :</p>
<p class="p3"> <a href='https://open.spotify.com/episode/6IYHSC7jRW9DkUXAgu2QaR?si=f5cb33cab1ef4a02'>https://open.spotify.com/episode/6IYHSC7jRW9DkUXAgu2QaR?si=f5cb33cab1ef4a02</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Cyber Agrocare</p>
<p class="p3"><a href='https://www.cybele-agrocare.com/'>https://www.cybele-agrocare.com/</a></p>
<p class="p1">Bioprox HealthCare</p>
<p class="p3"><a href='https://www.bioprox-healthcare.com/'>https://www.bioprox-healthcare.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Americain Gut Project</p>
<p class="p3"><a href='https://journals.asm.org/doi/10.1128/msystems.00031-18'>https://journals.asm.org/doi/10.1128/msystems.00031-18</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">La pyramide de la santé des plantes de John Kempf</p>
<p class="p3"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/'>https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Plan Marval</p>
<p class="p3"><a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Plan_Marval_-_Indicateurs_des_sols_vivants'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Plan_Marval_-_Indicateurs_des_sols_vivants</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Elaine Ingham</p>
<p class="p3"><a href='https://www.soilfoodweb.com/'>https://www.soilfoodweb.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Podcast de Graeme Sait</p>
<p class="p3"><a href='https://open.spotify.com/show/4UD6j4HPoF3YIRJIZUjiBT'>https://open.spotify.com/show/4UD6j4HPoF3YIRJIZUjiBT</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Podcast de John Kempf</p>
<p class="p3"><a href='https://open.spotify.com/show/14s0owdUUxjTYUeNXpWnv8'>https://open.spotify.com/show/14s0owdUUxjTYUeNXpWnv8</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Livres cités : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">What your Food Ate, Biklé &amp; Montgomery</p>
<p class="p3"><a href='https://www.fnac.com/livre-numerique/a16393531/David-R-Montgomery-What-Your-Food-Ate-How-to-Heal-Our-Land-and-Reclaim-Our-Health'>https://www.fnac.com/livre-numerique/a16393531/David-R-Montgomery-What-Your-Food-Ate-How-to-Heal-Our-Land-and-Reclaim-Our-Health</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Jamais seul - Marc André Selosse</p>
<p class="p3"><a href='https://actes-sud.fr/jamais-seul'>https://actes-sud.fr/jamais-seul</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">L’origine du monde -  Marc André Selosse</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/ecosystemes-ecologie/833-livre-l-origine-du-monde-une-histoire-naturelle-du-sol-a-l-intention-de-ceux-qui-le-pietinent-marc-andre-selosse.html'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/ecosystemes-ecologie/833-livre-l-origine-du-monde-une-histoire-naturelle-du-sol-a-l-intention-de-ceux-qui-le-pietinent-marc-andre-selosse.html</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Une seule santé - Pierre Weill</p>
<p class="p3"><a href='https://actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/une-seule-sante'>https://actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/une-seule-sante</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Teaming with Microbes - Jeff Lowenfels (en français un sol vivant, un allié pour cultiver)</p>
<p class="p3"><a href='https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/un-sol-vivant-un-allie-pour-cultiver-9782812610363/'>https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/un-sol-vivant-un-allie-pour-cultiver-9782812610363/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">La révolution d’un seul brin de paille - Masanobu Fukuoaka</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/agriculture-naturelle/17-livre-la-revolution-d-un-seul-brin-de-paille-masanobu-fukuoka.html'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/agriculture-naturelle/17-livre-la-revolution-d-un-seul-brin-de-paille-masanobu-fukuoka.html</a></p>
<p class="p2">
Transcription : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Episode 29 - Les liens entre microbiologie du sol et</p>
<p class="p1">microbiote intestinal avec Nina Vinot</p>
<p class="p2">Nina Vino: Faire de l'écologie, ce n'est pas essayer de soigner la Terre comme si la</p>
<p class="p2">Terre était séparée de nous. C'est essayer de soigner l'ensemble de toutes ces</p>
<p class="p2">interrelations. Et je suis fondamentalement convaincue qu'on n'aura pas de santé</p>
<p class="p2">humaine sans passer par la santé des écosystèmes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Comme</p>
<p class="p2">je te disais la dernière fois, on a déjà bien établi sur le podcast l'importance de la</p>
<p class="p2">microbiologie du sol pour la santé des cultures et des animaux. Et donc à présent,</p>
<p class="p2">j'aimerais, Nina Vino, que tu nous aides à faire des parallèles entre la microbiologie du</p>
<p class="p2">sol et le microbiote intestinal. Donc avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu</p>
<p class="p2">peux te présenter et nous parler de ton.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Parcours ? J'ai une formation d'ingénieure agronome et pendant mon</p>
<p class="p2">parcours d'études, je me suis spécialisée en nutrition. Je m'intéressais à la santé,</p>
<p class="p2">même par la nutrition. Et après, j'ai distribué des ingrédients nutritionnels et très</p>
<p class="p2">rapidement, je suis tombée sur les probiotiques et je suis tombée amoureuse des</p>
<p class="p2">probiotiques. Je me suis dit, oh là là, mais ça change tout ce qu'on a appris en nutritionparce que tout ce qu'on mange passant par le microbiote peut être transformé et ça</p>
<p class="p2">peut changer la façon dont on absorbe, ça peut changer les métabolites qui en sont</p>
<p class="p2">issus. D'ailleurs, il y a des chiffres, je ne sais pas ce qu'ils valent, mais Bickley et</p>
<p class="p2">Montgomery ont dit qu'il y avait 40% des molécules circulant dans notre corps qui</p>
<p class="p2">viennent du microbiote. Effectivement, ça change un peu toute notre perspective sur la</p>
<p class="p2">nutrition. J'ai travaillé pendant une bonne dizaine d'années en tant que technico-</p>
<p class="p2">commerciale dans les probiotiques pour vendre la science des probiotiques à des</p>
<p class="p2">laboratoires de compléments alimentaires, des laboratoires pharmaceutiques. Et puis,</p>
<p class="p2">dans mon parcours, j'ai essayé d'élargir un petit peu la vision sur les micro-organismes.</p>
<p class="p2">Quels étaient les liens entre les micro-organismes et la santé planétaire, j'ai envie de</p>
<p class="p2">dire. J'étais aussi assez attirée. C'était important pour moi que mon travail ait du sens</p>
<p class="p2">en termes de durabilité, écologie, etc. Donc j'ai essayé de relier aussi un peu cet intérêt</p>
<p class="p2">pour les micro-organismes à la santé planétaire. C'est arrivé, j'ai envie de dire, par</p>
<p class="p2">plusieurs étapes, j'ai commencé à écrire des blogs en cherchant un peu les liens entre</p>
<p class="p2">les microbes et différents aspects de la santé humaine et puis de la santé planétaire.</p>
<p class="p2">Par exemple, les microbes par la pluie, les microbes et la santé des coraux. La vache</p>
<p class="p2">qui n'est pas… beaucoup d'influences de Marc-André Solos, la vache qui n'est pas</p>
<p class="p2">vraiment herbivore, mais qui élève des microbes dans le sang humain. Je crois que</p>
<p class="p2">Pauline Verlet, Interroger dit un peu la même chose. Donc voilà, plein de réflexions</p>
<p class="p2">finalement sur comment est-ce que notre coévolution avec les micro-organismes et leur</p>
<p class="p2">rôle de grands connecteurs du vivant peut être un levier dans d'autres choses que la</p>
<p class="p2">santé humaine, mais la santé aussi des sols, la souveraineté alimentaire, les cycles du</p>
<p class="p2">carbone, les cycles de l'azote, le levier de la biodiversité. le levier du climat aussi,</p>
<p class="p2">puisque la séquestration du carbone dans les sols est vraiment un levier du climat</p>
<p class="p2">important. Et c'est, je dirais, c'est il y a trois, à peu près trois-quatre ans, où j'avais lu</p>
<p class="p2">What Your Food Ate de Bickley Montgomery, et ça a été une grosse, grosse influence</p>
<p class="p2">pour me dire, mais en fait, la santé humaine, de toute façon, ne peut pas se faire sansla santé des sols, sans le microbiote des sols, Et est-ce qu'il n'y aura pas des parallèles</p>
<p class="p2">et des leviers entre ce que j'ai appris sur la microbiote intestinale, en grenouillant</p>
<p class="p2">pendant plus de dix ans dans les conférences sur les probiotiques et le microbiome, et</p>
<p class="p2">l'appliquer au microbiome des sols, et comprendre finalement quels parallèles peuvent</p>
<p class="p2">se faire. Et voilà comment je suis arrivée depuis l'an dernier chez Cybella Grocker, qui</p>
<p class="p2">travaille... C'est une entité légale séparée, mais c'est deux sociétés qui ont un même</p>
<p class="p2">ADN industriel de fermentation, avec Bioprox Healthcare, qui fait des probiotiques pour</p>
<p class="p2">la santé humaine, et Cybelle Agrocare, qui fait des biostimulants, des biofertilisants</p>
<p class="p2">pour l'agriculture. Et moi, je m'occupe du développement business pour.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les deux. Alors, ça fait 10-15 ans qu'on entend beaucoup parler de</p>
<p class="p2">microbiote intestinal. Mais alors, de quoi est-ce qu'on parle quand on parle de</p>
<p class="p2">microbiote.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Intestinal ? Et pourquoi est-ce que c'est important ? C'est une très vaste</p>
<p class="p2">question. Quand on parle de microbiote intestinal, on parle de tous les micro-</p>
<p class="p2">organismes qui peuplent notre intestin. Et ça peut être bactéries, champignons, virus,</p>
<p class="p2">c'est très large. Souvent, on fait une sorte de réductionnisme, on parle beaucoup des</p>
<p class="p2">bactéries et des champignons, mais le microbiote est plus large que ça. Et de tous les</p>
<p class="p2">liens avec notre santé, parce que le microbiote intestinal, c'est aussi là où on va avoir</p>
<p class="p2">70% de nos cellules immunitaires, c'est la première ligne de défense pour notre santé.</p>
<p class="p2">Tout ce qu'on mange peut être potentiellement pathogène, c'est pour ça qu'on a un</p>
<p class="p2">estomac hyperacide à pH2, c'est pour ça qu'on a toute cette résistance et toutes ces</p>
<p class="p2">cellules immunitaires au niveau du microbiote intestinal. Et puis c'est là où on va avoir</p>
<p class="p2">énormément de régulation de notre métabolisme, même de notre comportement au</p>
<p class="p2">niveau neurobiologique. On parle beaucoup des psychobiotiques depuis 5-10 ans.</p>
<p class="p2">C'est tous ces liens, en fait, entre le microbiote et le cerveau, et le comportement, etl'humeur, et la dépression. Et ça, il y a plein de mécanismes. Moi, j'ai tendance à aller</p>
<p class="p2">rapidement vers les mécanismes parce que je trouve que c'est assez éclairant sur</p>
<p class="p2">qu'est-ce qui se passe, comment ça se passe, comment ça nous constitue. Mais on sait</p>
<p class="p2">déjà qu'il y a des liens déjà au niveau au niveau neuronal, le nervague, qui est vraiment</p>
<p class="p2">l'autoroute de la communication bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Après, il y</p>
<p class="p2">a toutes les régulations endocrines, production d'hormones, qui va jouer au niveau</p>
<p class="p2">systémique. Toutes les régulations au niveau immunitaire, notamment inflammation, les</p>
<p class="p2">cytokines, quand les micro-organismes vont être en contact avec les cellules</p>
<p class="p2">dendritiques, de l'immunité au niveau intestinal, elles vont stimuler une réponse, et la</p>
<p class="p2">sécrétion d'interleukins, qui sont des messagers de l'inflammation, de la régulation</p>
<p class="p2">immunitaire, donc certaines qui vont être pro-inflammatoires, anti-inflammatoires.</p>
<p class="p2">L'inflammation peut jouer aussi sur la neuro-inflammation, donc liée sur le stress,</p>
<p class="p2">l'anxiété, la dépression. Les probiotiques, beaucoup de probiotiques vont avoir des</p>
<p class="p2">effets anti-inflammatoires, c'est une des raisons pour lesquelles ils sont intéressants, et</p>
<p class="p2">donc ils peuvent jouer aussi sur la prévention de ces choses-là. Ils peuvent jouer sur le</p>
<p class="p2">la perméabilité intestinale, et quand on a moins de perméabilité intestinale, on a moins</p>
<p class="p2">de translocation pathogène, et donc d'allumage de cette inflammation systémique. Il y a</p>
<p class="p2">certaines toxines qui viennent de pathobiontes dans l'intestin, des LPS,</p>
<p class="p2">l'hypopolysaccharide en particulier, mais pas que, qui vont allumer cette inflammation Il</p>
<p class="p2">y a toute la partie neurotransmetteurs. Beaucoup de probiotiques font soit des</p>
<p class="p2">neurotransmetteurs, soit des précurseurs de neurotransmetteurs, qui avec les</p>
<p class="p2">interactions avec le reste du microbiote peuvent être transformés en. Et ça s'ajoute par</p>
<p class="p2">exemple, on entend beaucoup parler du GABA, Gamma Amino Butyric Acide, qui est le</p>
<p class="p2">neurotransmetteur inhibiteur principal du système nerveux central. Ça veut dire qu'il Il</p>
<p class="p2">joue un rôle important dans la régulation du stress, de l'humeur, mais il est calmant en</p>
<p class="p2">fait. Il nous éteint un peu les signaux de stress. Donc il y a plein de liens clairs entre</p>
<p class="p2">microbiote et santé à plein de niveaux. Plein de liens avec le métabolisme, la santécardiovasculaire, la satiété. Dans la startup où je travaillais avant, on travaillait sur un</p>
<p class="p2">probiotique qui produit un mimétique d'une hormone de satiété. Donc ça joue sur la</p>
<p class="p2">sensation de satiété au mangement. Il y a plein de plantes et tous les aliments, fruits,</p>
<p class="p2">légumes, céréales qu'on peut manger. Être riches dans tous ces composés, les</p>
<p class="p2">polyphénols, les caroténoïdes, les flavonoïdes, l'oligopène, les anthocyanines, le</p>
<p class="p2">resveratrol, les caroténoïdes, tous ces antioxydants composés phénoliques, ils sont à</p>
<p class="p2">la fois prébiotiques, super importants pour la santé intestinale, mais aussi très</p>
<p class="p2">importants pour nous défendre, nous, contre les maladies de civilisation, les problèmes</p>
<p class="p2">cardiovasculaires, les problèmes métaboliques, les problèmes de</p>
<p class="p2">neurodégénérescence, les cancers, et en fait ils sont aussi très très liés à comment est-</p>
<p class="p2">ce qu'on cultive ces plantes, dans quel système de culture on les met, et finalement du</p>
<p class="p2">coup le microbiote intestinal est très lié directement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Au microbiote du sol. Super, tu fais la transition à ma question suivante.</p>
<p class="p2">Sur cette question de la satiété, je me souviens d'une étude, je ne me souviens plus du</p>
<p class="p2">pourcentage exact, mais une part de la population très importante aux États-Unis était</p>
<p class="p2">carencée en ces micro-organismes de la satiété. Ce qui peut-être expliquerait, entre</p>
<p class="p2">autres, l'obésité et les parts importantes d'obésité là-bas. Alors, comment est-ce.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Qu'On ensemence un microbiote intestinal ? Comment on lance l'émence ?</p>
<p class="p2">Déjà, je vais dire en mangeant des microbes. Il y a des recommandations qui disent</p>
<p class="p2">qu'on devra manger au moins 2 milliards de CFU par jour de microbes par</p>
<p class="p2">l'alimentation. Ce n'est pas énorme de milliards et en fait, c'était à l'IPC, l'International</p>
<p class="p2">Probiotic Conference à Athènes en juin dernier, Simone Guglielmetti qui a fait une</p>
<p class="p2">étude là-dessus et qui dit qu'en moyenne, il a trouvé que les gens mangeaient entre 2</p>
<p class="p2">et 7 milliards de CFU par jour. et il a regardé de quelles sources. Ce qui était</p>
<p class="p2">intéressant, c'est que 75% de ces micro-organismes alimentaires venaient de sourceslaitières, des yaourts, du kéfir. Il faut dire qu'un yaourt, ça représente, c'était autour de</p>
<p class="p2">10 puissance 9 CFU tout seul, parce que c'est à peu près 10 puissance 7 par gramme.</p>
<p class="p2">Un yaourt, ça fait 125 grammes. Donc déjà, un yaourt, ça te fait la moitié presque de ta</p>
<p class="p2">de ta dose par jour. Mais c'est aussi une question, pour moi, de diversité. C'est-à-dire</p>
<p class="p2">que, du coup, dans cette étude de William Macy, il dit qu'il y a 75% de notre prise</p>
<p class="p2">alimentaire dans le semencement de microbes qui viennent du dairy. Mais ça, c'est peu</p>
<p class="p2">de diversité. Si tu parles du yaourt, il y a deux souches, en gros. C'est lactobacillus</p>
<p class="p2">bulgaricus et stratococcus thermophilus. Si tu vas dans le kéfir, il y en a un peu plus.</p>
<p class="p2">Surtout si tu le fais toi-même et qu'il y a vraiment. Ce consortium de bactéries et de</p>
<p class="p2">levure, au niveau commercial en général c'est moins riche parce que c'est plus simple</p>
<p class="p2">de faire avec moins, c'est plus standardisable, etc. Par contre, quand tu regardes les</p>
<p class="p2">fruits et légumes, ça apporte un petit peu moins. Une pomme, par exemple, ça</p>
<p class="p2">t'apporte 100 millions de CFU, donc 10 puissance 8 par rapport aux 10 puissance 9 du</p>
<p class="p2">yaourt, mais c'est plus de diversité. Et c'est un peu pareil quand tu vas regarder. Tout</p>
<p class="p2">ce que t'apportes l'alimentation par les fruits et légumes, notamment les fruits et</p>
<p class="p2">légumes crus, parce que dès que tu vas cuire, tu vas détruire les cellules vivantes.</p>
<p class="p2">Après, ça peut aussi être intéressant de les prendre en post-biotique, les cellules</p>
<p class="p2">mortes apportent quand même des choses, mais si tu veux ensemencer des cellules</p>
<p class="p2">vivantes, c'est intéressant de les avoir crus. Mais c'est intéressant aussi de les avoir</p>
<p class="p2">pas trop lavées, ou peut-être avec un peu de terre dessus, c'est la question.</p>
<p class="p2">Finalement, si on va plus vers du bio, où on va beaucoup moins laver et plucher tout</p>
<p class="p2">ça, on a probablement une meilleure diversité. Donc pour moi, en semencer, c'est</p>
<p class="p2">chercher la quantité mais surtout la diversité. Et là, c'est super intéressant de regarder</p>
<p class="p2">les parallèles entre l'agriculture et l'alimentation. Il y avait l'American Gut Project, qui</p>
<p class="p2">avait montré que les gens qui mangeaient plus de 35 fruits, légumes, aliments dérivés</p>
<p class="p2">des plantes par semaine, 35 c'est pas en portions, c'est en nombre de plantes</p>
<p class="p2">différentes, avaient un micropiote bien plus diversifié que ceux qui en mangeaientmoins. Et donc ça pour moi c'est devenu un peu une cible, s'assurer que dans</p>
<p class="p2">l'alimentation qu'on a dans une semaine, entre les fruits et légumes, mais aussi les</p>
<p class="p2">herbes qu'on peut manger, les fruits secs, les céréales en particulier, les céréales</p>
<p class="p2">complètes, Est-ce qu'on arrive à 35 ? C'est un petit peu un jeu, un but, et je me dis que</p>
<p class="p2">c'est exactement le même parallèle qu'aujourd'hui on fait en agriculture avec les</p>
<p class="p2">couverts végétaux, où on parle beaucoup de diversité. Pourquoi ? Parce que la</p>
<p class="p2">diversité des couverts végétaux fait des diversités d'exudats rationnaires qui vont</p>
<p class="p2">nourrir une diversité de micro-organismes, et c'est exactement la même démarche</p>
<p class="p2">dans l'alimentation. On va prendre différentes fibres, différentes sources d'antioxydants</p>
<p class="p2">qui vont nourrir différents micro-organismes intestinaux. Et donc la logique</p>
<p class="p2">d'ensemencement, elle est double quand tu manges des fruits et légumes et des</p>
<p class="p2">produits plant-based, parce que non seulement tu vas apporter des micro-organismes,</p>
<p class="p2">mais aussi ce qui va les nourrir. Et ça c'est super important, prendre soin de ce</p>
<p class="p2">microbiote, c'est l'ensemencer, oui, mais c'est aussi lui apporter de quoi se nourrir. Et je</p>
<p class="p2">pense qu'il faut qu'on ait cette réflexion quand on pose ce microbe, que ce soit en</p>
<p class="p2">agriculture ou que ce soit en santé humaine, de quoi a besoin un micro-organisme pour</p>
<p class="p2">s'épanouir c'est un peu comme nous. Il a besoin de nutriments, d'eau, d'air ou pas, en</p>
<p class="p2">fonction s'il est anaérobi ou anaérobi. Dans le microbiote intestinal, on a des conditions</p>
<p class="p2">qui sont plutôt anaérobes. Dans le sol, elles sont plutôt aérobes. Donc ça ne va pas</p>
<p class="p2">être les mêmes taxes qui sont bénéficiaires. Donc c'est ces conditions-là, comment on</p>
<p class="p2">les nourrit, comment on leur donne une bonne niche pour qu'ils se développent ? J'ai</p>
<p class="p2">pas parlé des compléments alimentaires, parce qu'on est dans une démarche de</p>
<p class="p2">prendre soin de soi, donc c'est déjà par l'alimentation que ça passe, mais évidemment,</p>
<p class="p2">après, quand tu pars dans les compléments alimentaires et les probiotiques, tu vas</p>
<p class="p2">avoir la possibilité de choisir des souches qui sont bien plus ciblées pour une</p>
<p class="p2">problématique que tu cherches à améliorer. Ça peut être immunité, ça peut être Ça part</p>
<p class="p2">un peu dans plein de choses. Santé mentale, santé vaginale, santé urinaire, santé de lapeau. Tu peux aller dans tout.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Plein d'applications. Fertilité, atopie, allergie, asthme, plein de choses.</p>
<p class="p2">Alors c'est étrange parce que cet été, je suis parti un peu de la ferme et j'avais tout le</p>
<p class="p2">temps faim, c'est-à-dire que j'étais rassasié mais j'avais toujours faim, comme s'il y</p>
<p class="p2">avait une part de moi qui n'était pas nourrie. Et un jour j'ai mangé des mûres le long de</p>
<p class="p2">la route et d'un coup c'était comme si c'était ça qui me manquait. Alors de quoi il</p>
<p class="p2">s'agit ? Quand tu parles de... peut-être que c'était des antioxydants, peut-être que le</p>
<p class="p2">produit, les légumes que je mangeais étaient trop oxydés, trop vieux, Alors quand tu</p>
<p class="p2">parles du fait que même un micro-organisme mort nous apportait quelque chose, je le</p>
<p class="p2">mettrais en lien avec cette sensation que j'ai ressentie. A quel point est-ce qu'il faut que</p>
<p class="p2">l'alimentation soit vivante ? Et dans ce cas-là, qu'est-ce que c'est qu'une alimentation</p>
<p class="p2">vivante ? Ce serait quoi un légume réellement vivant, riche en micro-organismes.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Qui nous nourrirait pas juste sur un plan nutritif ? C'est une super bonne</p>
<p class="p2">question, je sais pas si je suis la meilleure personne pour y répondre mais je</p>
<p class="p2">comprends tout à fait ce que tu veux dire par cette sensation de satiété, de plénitude</p>
<p class="p2">quand t'as mangé ces baies. Moi je l'ai eue en mangeant de la salade du jardin pour la</p>
<p class="p2">première fois parce que j'ai fait une petite salade vraiment avec quelques feuilles de</p>
<p class="p2">laitue et puis quelques haricots qui venaient du jardin et pas grand chose dedans. Je</p>
<p class="p2">me suis dit oh là là je vais avoir faim. Et en fait une satiété qui m'a durée pendant des</p>
<p class="p2">heures pour quelques feuilles de salade et je me suis dit mais c'est pas possible la</p>
<p class="p2">salade pour moi c'est croquant, mais c'est que de l'eau, il n'y a rien dedans. En fait, en</p>
<p class="p2">fonction de la salade que tu manges, il peut y avoir vraiment un côté hyper satisfaisant,</p>
<p class="p2">hyper nutritif. D'où ça vient ? Je vais dire mon opinion personnelle, mais je ne sais pas</p>
<p class="p2">si les scientifiques diraient la même chose. Pour moi, il y a une question de calories</p>
<p class="p2">vides par rapport à calories pleines. Et donc, calories pleines, c'est plein demicronutriments intéressants. C'est des vitamines, c'est des minéraux, mais c'est aussi</p>
<p class="p2">des molécules plus complexes. On parlait tout à l'heure de tous ces polyphénols, tous</p>
<p class="p2">ces antioxydants, les caroténoïdes, les flavonoïdes, le resveratrol, etc. Notamment pour</p>
<p class="p2">avoir été pas mal influencée par What Your Food Ate, que en fonction de comment on</p>
<p class="p2">fait pousser les plantes, en fonction de comment est-ce que leur métabolisme</p>
<p class="p2">secondaire s'exprime, le métabolisme secondaire des plantes c'est leur système</p>
<p class="p2">immunitaire en fait. Donc si elles sont dans un milieu où elles n'ont pas besoin de</p>
<p class="p2">l'exprimer, où elles n'ont pas pas un microbiote très développé ou pas une attaque</p>
<p class="p2">d'insectes qui vient croquer une feuille et allumer ses défenses immunitaires, peut-être</p>
<p class="p2">qu'elles sont moins riches en tout ça. Apparemment, ce qui définit la richesse en</p>
<p class="p2">micronutriments, ce serait beaucoup la vie du sol. plus on travaille sur le sol vivant, plus</p>
<p class="p2">on aurait des produits qui sont riches dans tous ces composés-là. Plus on aurait des</p>
<p class="p2">plantes qui s'expriment, qui sont attentives à leur milieu et qui s'expriment. Ça va</p>
<p class="p2">dépendre aussi de comment tu les nourris. Là, il y a la jolie image du tonneau avec</p>
<p class="p2">chaque latte qui soit à différentes hauteurs, la plus basse faisant couler tout le reste.</p>
<p class="p2">C'est-à-dire que si tu mets du NPK très élevé dans ton sol, mais que ta plante va</p>
<p class="p2">manquer d'organes, de bords, de calcium, de je ne sais quoi, elle ne va pas pouvoir</p>
<p class="p2">tout utiliser, et ça va toujours être le nutriment limitant qui va limiter la santé de ta</p>
<p class="p2">plante. Et donc, plus tu vas avoir un sol vivant, riche en nutriments, et donc de la</p>
<p class="p2">rotation de culture, parce que si tu as mis la même culture pendant des années, elle a</p>
<p class="p2">mangé un peu la même chose pendant des années, ton sol s'est appauvri de tout ça.</p>
<p class="p2">Donc soit tu rapportes de tout ça. Qui vont pouvoir renourrir le sol. Et tu as la partie vie</p>
<p class="p2">du sol, une plante qui a un microbiote qui s'appuie sur son microbiote, plein de</p>
<p class="p2">bactéries, plein de mycorhizes qui vont aller chercher plus loin, qui vont absorber</p>
<p class="p2">mieux. Les mycorhizes en particulier, elles ont un arsenal enzymatique qui leur permet</p>
<p class="p2">de solubiliser énormément d'oligo-éléments auxquels la plante n'a pas forcément accès</p>
<p class="p2">elle-même avec sa toolbox. son outillage génétique. Donc, quand on a un sol vivant, laplante, elle peut s'appuyer sur toutes ces symbioses-là, elle va avoir un statut</p>
<p class="p2">nutritionnel meilleur. Il y a déjà la santé du sol, le contenu vraiment de ce qu'il y a dans</p>
<p class="p2">ton sol, mais il y a aussi les symbioses qu'elle peut faire, qui lui donnent accès, qui</p>
<p class="p2">peuvent débloquer des nutriments. Et à ce moment-là, ta plante, elle va être bien plus</p>
<p class="p2">riche en tous ces oligo-éléments, qui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sont aussi ceux qui nous satisfaient et qui font à nous une bonne santé.</p>
<p class="p2">Là on voit tout à fait le parallèle entre les enzymes que produisent les mycorhizes et</p>
<p class="p2">l'assimilation des nutriments dans l'intestin avec le microbiote intestinal. Et par rapport</p>
<p class="p2">à la santé des plantes, on en a pu en reparler, on en reparlera très certainement</p>
<p class="p2">encore et encore. Je renvoie au triangle de nutrition de la plante de John Kempf pour</p>
<p class="p2">comprendre toutes les interfaces et la complexité pour monter dans les degrés de</p>
<p class="p2">nutrition et de métabolisme secondaire des plantes. Alors peut-être on peut faire le lien</p>
<p class="p2">justement sur les probiotiques et voir comment est-ce que quand on mange un</p>
<p class="p2">probiotique, est-ce que c'est mort ? Et du coup, quel rôle ça a ? Et à quel point est-ce</p>
<p class="p2">qu'on influence le.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Microbiote intestinal quand on ensemence comme ça de manière artificielle</p>
<p class="p2">le corps ? J'ai plusieurs questions dans ce que j'entends de ta question. Un</p>
<p class="p2">probiotique, par définition, c'est vivant, et la définition du probiotique dit que ça doit</p>
<p class="p2">aussi arriver dans des quantités adéquates pour avoir un bénéfice sur l'autre. Il y a</p>
<p class="p2">beaucoup de questions dans le secteur probiotique sur l'importance de la colonisation,</p>
<p class="p2">de l'engraftement. Est-ce que c'est important qu'un probiotique colonise et reste</p>
<p class="p2">longtemps dans l'intestin pour avoir un bénéfice ? Aujourd'hui, la réponse des</p>
<p class="p2">scientifiques, c'est que non. Tentativement, quand on prend un probiotique et qu'on est</p>
<p class="p2">en bonne santé adulte, on a déjà un microbiote qui est très implanté, c'est déjà une</p>
<p class="p2">équipe qui gagne. Un probiotique aura peu de place pour s'implanter à long terme.D'autant que si tu considères que l'intestin, c'est un tube qui est couvert d'une épaisse</p>
<p class="p2">couche de mucus, et ce mucus-là, déjà il est dégradé par le microbiote, mais il est</p>
<p class="p2">aussi poussé, excrété, en continu, et donc il est changé tous les trois jours à peu près.</p>
<p class="p2">Donc même un probiotique qui arrive à se développer, se multiplier dans le mucus, il</p>
<p class="p2">finira quand même un peu par être évincé, sauf s'il arrive vraiment à se multiplier et</p>
<p class="p2">remonter le type au fur et à mesure qu'il est expulsé. Mais en général, on considère</p>
<p class="p2">qu'un probiotique ne va pas coloniser, à moins que tu arrives sur des niches qui sont</p>
<p class="p2">plus ouvertes, donc le nouveau-né. Le nouveau-né, au moment où il naît, il est presque</p>
<p class="p2">stérile, et donc là il y a une niche où tu vas pouvoir le coloniser à long terme. Et c'est</p>
<p class="p2">super important que les nouveaux-nés soient inoculés par des bifidobactéries, je pense</p>
<p class="p2">en particulier à l'infantis. Dès leur premier jour, parce que là ça va pouvoir avoir un</p>
<p class="p2">impact sur toute leur vie. Ou alors quand tu vas prendre un gros traitement antibiotique,</p>
<p class="p2">ou tu vas avoir une coloscopie, tu vas repasser sur un gros nettoyage, ou alors après</p>
<p class="p2">une grosse diarrhée, en gros ton microbiote est tout d'un coup très appauvri, donc là tu</p>
<p class="p2">vas pouvoir réensemencer potentiellement sur plus de temps. Ceci dit, si ton</p>
<p class="p2">probiotique ne colonise pas, ça ne veut pas dire qu'il n'est pas effectif, parce que dans</p>
<p class="p2">tous les cas, il va interagir avec ton microbiote, avec ton système immunitaire, et c'est</p>
<p class="p2">ça que tu lui demandes. Tu prends une bactérie pour qu'elle interagisse, et elle va</p>
<p class="p2">pouvoir le faire de plein de façons différentes, en fonction de la bactérie. Il y a des</p>
<p class="p2">actions d'inhibition directe, des peptides antimicrobiennes qu'elles produisent, donc ça</p>
<p class="p2">c'est vraiment comme si tu prenais un probiotique pour les petits antibiotiques</p>
<p class="p2">spécifiques qu'il va prendre pour inhiber des pathogènes. Là, tu as diminué la charge</p>
<p class="p2">de pathogènes. tu vas avoir une interaction avec les cellules intestinales pour qu'elles</p>
<p class="p2">expriment plus, par exemple, les jonctions serrées. Et là, tu vas avoir un effet sur</p>
<p class="p2">remettre l'intestin plus intègre, qu'il ait moins de porosité. La porosité, c'est pas bien</p>
<p class="p2">pour plein de choses, pour l'inflammation, pour plein de problématiques métaboliques.</p>
<p class="p2">Tu vas avoir le côté production d'acide lactique qui augmente aussi l'acidité au niveauintestinal et qui diminue la charge de pathogènes, tu vas avoir tous les</p>
<p class="p2">neurotransmetteurs qui peuvent produire, toute la partie régulation de l'immunité, soit</p>
<p class="p2">allumer le système immunitaire pour mieux combattre les pathogènes, ton système va</p>
<p class="p2">après apporter des signaux pour l'immunité innée et l'immunité adaptive pour répondre</p>
<p class="p2">à une infection possible, et comme ton probiotique n'est pas virulent, tu vas allumer le</p>
<p class="p2">système immunitaire, mais il va pas ensuite s'attaquer aux probiotiques, mais aux</p>
<p class="p2">autres pathogènes dans ton intestin. Ce dont on a parlé tout à l'heure sur les</p>
<p class="p2">neurotransmetteurs. Même si un probiotique va être tendanciellement transitoire, tu</p>
<p class="p2">peux avoir tous ces effets-là. Et dans ta question, tu avais « est-ce qu'il peut agir même</p>
<p class="p2">quand il est mort ? ». Alors oui, mais pas forcément sur les mêmes mécanismes. Un</p>
<p class="p2">probiotique mort, ça s'appelle un postbiotique. Et à ce moment-là, il y a différentes</p>
<p class="p2">façons de faire des post-peutiques. Ça peut être des lisas, des fragments. Et à ce</p>
<p class="p2">moment-là, ça peut aussi activer les cellules d'antibiotiques, les cellules de l'immunité</p>
<p class="p2">ou les PPMC, qui vont activer une réponse, stimuler la différenciation de l'infocyte pour</p>
<p class="p2">faire des cytokines, je parle un petit peu dans un langage scientifique, mais en gros</p>
<p class="p2">pour faire des signaux pro-inflammatoires ou anti-inflammatoires à nouveau. Et ça, ça</p>
<p class="p2">peut se faire directement avec les lysades, les morceaux de la membrane, puisque</p>
<p class="p2">c'est là où sont exprimées les molécules qui vont activer ou non cette différenciation</p>
<p class="p2">des réponses immunitaires. Et puis tu vas avoir tout ce que ton postbiotique peut</p>
<p class="p2">apporter aussi au niveau de son cytoplasme, parce que tu l'apportes, peut-être intègre,</p>
<p class="p2">mais il va être digéré, et donc il va libérer ce qu'il a dans son cytoplasme. Et donc là</p>
<p class="p2">pareil, tu peux avoir des métabolites d'intérêt. Par exemple, nous dans la start-up</p>
<p class="p2">Target 10, sur la production d'un peptide qui était pro-saciété, on s'est rendu compte</p>
<p class="p2">qu'on avait un meilleur effet quand on avait une partie du probiotique qui est apporté</p>
<p class="p2">vivant et une partie mort. Et probablement, ce qu'on se disait, c'est que le vivant, il doit</p>
<p class="p2">permettre une réplication au niveau intestinal, et donc un effet un peu plus sur le long</p>
<p class="p2">terme, à plusieurs jours. Et le mort, peut-être qu'il apporte un petit boost au moment oùtu l'ingères, parce qu'il se fait dégrader, et donc il libère une certaine quantité de ce</p>
<p class="p2">peptide. Donc il y a différents mécanismes qui jouent. Sur la partie il y a aussi les post-</p>
<p class="p2">biotiques qui peuvent prendre la place, une espèce de compétition pour le locus. S'ils</p>
<p class="p2">s'attachent à la paroi intestinale, ils prennent la place pour le pathogène et donc ils</p>
<p class="p2">bloquent l'adhésion. Et nous c'est ce qu'on a pu montrer chez Bioprofs avec des post-</p>
<p class="p2">biotiques. On a fait des essais sur des cellules épithéliales intestinales et des essais</p>
<p class="p2">sur des cellules épithéliales vaginales et.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On a vu quand on met des post-biotiques avant de mettre des</p>
<p class="p2">pathogènes, on.</p>
<p class="p2">Nina Vino: A une réduction de l'adhésion des pathogènes. Qu'est-ce qui favorise les</p>
<p class="p2">maladies d'un point de vue du microbiote ? J'ai envie de dire, un peu comme dans le</p>
<p class="p2">sol, s'il y a un consensus au niveau du microbiote intestinal et de ses liens avec la</p>
<p class="p2">santé, c'est sur la diversité. On considère que plus on a un microbiote diversifié,</p>
<p class="p2">meilleure est la santé. Il y a des associations Si on a moins de diversité intestinale, on a</p>
<p class="p2">plus de risques d'obésité, de maladies cardiovasculaires, de cancers, d'infections. Je</p>
<p class="p2">pense notamment à l'infection intestinale la plus grave, à SIDIF. Je ne sais plus</p>
<p class="p2">comment elle a changé de nom, je crois que c'était avant Clostridium difficile,</p>
<p class="p2">maintenant c'est autrement Clostridioides ou quelque chose comme ça. Une maladie</p>
<p class="p2">qui est souvent nosocromiale est associée à la prise d'antibiotiques, parce que tu</p>
<p class="p2">diminues ta diversité intestinale, et donc cette bactérie-là, qui est souvent une</p>
<p class="p2">commensale, qui est souvent dans notre intestin de base, elle peut prendre le dessus.</p>
<p class="p2">Et quand elle prend le dessus, elle devient un espèce de cheval de guerre à nous</p>
<p class="p2">donner des diarrhées où tu peux en mourir. C'est des diarrhées qui ne t'arrêtent pas,</p>
<p class="p2">elles deviennent sanguinolentes, et c'est une infection très grave. Et c'est lié à ce qu'on</p>
<p class="p2">ait perdu la diversité intestinale, qui finalement a une équipe qui lui empêche de sedévelopper. Elle peut être là, mais elle n'arrivera jamais à prendre le dessus, parce qu'il</p>
<p class="p2">n'y a pas la place, parce qu'il n'y a pas les nutriments, parce qu'il y a de la compétition</p>
<p class="p2">sur plein de niveaux, avec les bactéries qui sont déjà présentes. Et c'est ce qu'on voit</p>
<p class="p2">aussi dans les sols, quand on écoute le podcast de John Kemp, qui parle souvent de «</p>
<p class="p2">disease suppressive soils », les sols qui sont qui préviennent l'établissement des</p>
<p class="p2">maladies, c'est des sols qui sont riches au niveau microbien. Et donc.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Il y a une maladie qui arrive, elle n'arrive pas à se développer parce</p>
<p class="p2">qu'elle arrive déjà dans un milieu qui est presque saturé. Ok, donc on voit bien les</p>
<p class="p2">conditions de développement de ces bactéries, qu'elles retrouveraient en fait les</p>
<p class="p2">conditions parfaites pour se multiplier, autant dans la nourriture qu'on ingère, mais</p>
<p class="p2">aussi dans les conditions, si je comprends bien, de l'intestin, un peu comme dans un</p>
<p class="p2">sol. Si on est dans un sol anaérobie ou très acide, on va avoir un.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Développement de bactéries. Comment est-ce qu'on favorise un milieu</p>
<p class="p2">intestinal sain ? Est-ce que c'est juste avec les aliments ou est-ce qu'il y a d'autres</p>
<p class="p2">choses qu'on peut faire ? C'est intéressant comme question. Il y a d'autres choses</p>
<p class="p2">qu'on peut faire, mais qui sont pour moi encore assez mystérieuses. On s'est rendu</p>
<p class="p2">compte qu'on avait d'autres leviers que l'alimentation et la prise de micro-organismes.</p>
<p class="p2">Par exemple, bien dormir, ne pas être trop stressé, ça joue le sport, une activité</p>
<p class="p2">physique. Alors pas intense, c'est intéressant, il y a une espèce de courbe en U</p>
<p class="p2">inversée. Si on ne fait pas de sport, ça ne fait pas du bien au microbiote intestinal. Si on</p>
<p class="p2">fait du sport à très haut niveau, c'est aussi un stresseur pour le microbiote intestinal.</p>
<p class="p2">Déjà le sport à très haut niveau, ça peut causer des diarrhées, des problématiques</p>
<p class="p2">intestinales. Donc il y a une espèce de sport régulier, mais à un niveau d'intensité</p>
<p class="p2">intermédiaire qui est positif pour le microbiote. Ça, je saurais même pas t'expliquer</p>
<p class="p2">comment ça marche, mais c'est ce qu'on a observé. Et puis, il y a évidemment le lien àla nature. Être dehors, aller en forêt, toucher la terre, les plantes, là où il y a une</p>
<p class="p2">diversité microbienne, c'est hyper positif pour les microbiotes. Et moi qui m'intéresse un</p>
<p class="p2">peu au One Health, j'avais vu des présentations sur certaines des dernières</p>
<p class="p2">conférences, j'ai adoré les approches dans les Nordiques, Il y a Aki Sinkonen et Maria</p>
<p class="p2">Roslund, je crois, qui travaillent sur ça, qui travaillent sur des cours de récréation</p>
<p class="p2">revégétalisées, des bacs à sable où ils inoculent avec des micro-organismes. Et ça, ça</p>
<p class="p2">a permis d'avoir des enfants qui avaient un microbiote plus diversifié, un système</p>
<p class="p2">immunitaire qui marchait mieux. Ils ont observé jusqu'à une amélioration des</p>
<p class="p2">comportements, de la concentration des enfants en classe, une diminution de</p>
<p class="p2">l'agressivité, juste en changeant la cour de récré et en inoculant le bac à sable en gros.</p>
<p class="p2">Et il y a une étude, alors je crois qu'elle n'est pas encore publiée, mais c'était Maria</p>
<p class="p2">Hochland qui en parlait en juin, ils ont fait se laver les mains dans un sol riche, à des</p>
<p class="p2">gens avant leur repas et avant d'aller se coucher. En gros, au lieu de se laver les mains</p>
<p class="p2">avant d'aller manger, ils se trempaient les mains dans un sol riche. Après, ils avaient le</p>
<p class="p2">droit de se les rincer quand même pour ne pas manger avec les mains sales, mais se</p>
<p class="p2">les rincer sans savon, juste avec de l'eau. Ils ont été regarder ce que ça faisait au</p>
<p class="p2">niveau du microbiote. Ça enrichissait le microbiote intestinal, ça améliorait aussi les</p>
<p class="p2">paramètres de l'immunité et ça améliorait la réponse à la vaccination, qui est aussi liée</p>
<p class="p2">au microbiote. Et donc ça pose aussi la question, qu'est-ce qu'on peut faire pour se</p>
<p class="p2">redonner du contact avec ce ré-ensauvagé au niveau microbien ? Il y a d'autres études</p>
<p class="p2">sur, par exemple, les enfants et les colonies de cheval. Les enfants, quand ils sont en</p>
<p class="p2">contact avec un cheval, ils se prennent un peu du microbiote du cheval. Et ça, ça les ré-</p>
<p class="p2">enrichissait. Il y a d'autres... Ça me fait penser ça. à Francesco Di Piero, qui donne des</p>
<p class="p2">cours sur le microbiote et sur l'analyse des tests de microbiote intestinal en Italie. Et lui,</p>
<p class="p2">il fait pas mal de case studies et il disait qu'il y a une dame qui est arrivée</p>
<p class="p2">complètement dysbiotique, bourrée de fusobactéries, qui ne sont pas positives chez</p>
<p class="p2">elle. Les fusobactéries, elles sont liées au cancer colorectal et à pas mal depathologies. Et en fait, en cherchant dans son style de vie pourquoi est-ce qu'elle était</p>
<p class="p2">bourrée de fusobactéries, Il a compris que c'était une éleveuse de chiens qui vivait en</p>
<p class="p2">symbiose totale avec 4 ou 5 chiens qui dormaient avec elle, passaient son temps à leur</p>
<p class="p2">donner des friandises, à voir les mains dans leur gueule, etc. Et donc elle avait pris le</p>
<p class="p2">microbiote du chien. Et le microbiote du chien, il est hyper riche en physobactéries,</p>
<p class="p2">sauf que pour lui ça va, mais pour elle, elle en avait trop. Et donc au lieu de lui dire, je</p>
<p class="p2">me mange différemment, on prend des probiotiques ou on fait un traitement</p>
<p class="p2">antibiotique, il a dit, si tu pouvais mettre un petit peu plus d'hygiène entre toi et.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les chiens, je suis sûre que ça aiderait. En général, on va vers le ré-</p>
<p class="p2">ensauvagement, si tu veux. Là, c'était le contre-exemple parce que ça fait rire.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Il a y des extraits, oui. Alors, tu as mentionné le One Health. Qu'est-ce que</p>
<p class="p2">c'est le One Health pour toi et qu'est-ce que ça t'apporte cette réflexion ? Le One</p>
<p class="p2">Health, ou une seule santé, c'est le lien entre toutes les santés. C'est de dire que la</p>
<p class="p2">santé humaine n'est pas déconnectée de la santé de la plante, de la santé du sol, de la</p>
<p class="p2">santé de l'environnement, de la santé de l'animal, et qu'on ne pourra pas avoir l'un sans</p>
<p class="p2">les autres. Et moi, ce que ça m'inspire, c'est d'aller justement chercher ces liens.</p>
<p class="p2">Pourquoi est-ce que la santé du sol est si importante pour la santé humaine ? Et en</p>
<p class="p2">fait, je me rends compte, en plongeant un peu dans ce monde-là qui est fascinant, que</p>
<p class="p2">c'est quelque chose qu'on savait déjà depuis presque un siècle. J'ai vu des</p>
<p class="p2">publications, il y a Céline Pessy je crois, qui est une historienne de l'agriculture, qui a</p>
<p class="p2">beaucoup regardé les origines du bio, et en fait ça vient de l'après-guerre. Quand il y a</p>
<p class="p2">eu l'après-guerre et justement le changement des pratiques parce qu'on a eu accès au</p>
<p class="p2">pétrole à haute dose et puis au procédé à Haber-Bosch pour faire des fertilisants</p>
<p class="p2">azotés. On a changé l'approche à l'agriculture, on a mécanisé et on a apporté ces</p>
<p class="p2">produits physiques. Et donc il y a eu cette voie d'opposition qui est née en même tempsqu'il y a eu cette transformation de l'agriculture. Et dans cette voie de l'opposition, dès</p>
<p class="p2">l'après-guerre, pour les années 30 et les années 50, on a déjà vu des gens qui se</p>
<p class="p2">levaient pour dire attention, la santé humaine dépend de la santé des sols, et on</p>
<p class="p2">change la qualité nutritionnelle des aliments en changeant la façon dont on sélectionne</p>
<p class="p2">les plantes et dont on les élève, dont on les cultive. Donc pour moi, la santé unique,</p>
<p class="p2">c'est ça, c'est comment est-ce qu'on peut chercher un peu à changer le discours de</p>
<p class="p2">l'agriculture, pas plus de l'agriculture mais de l'environnement et de l'écologie. faire de</p>
<p class="p2">l'écologie, ce n'est pas essayer de soigner la terre comme si la terre était séparée de</p>
<p class="p2">nous. C'est essayer de soigner l'ensemble de toutes ces interrelations. Et je suis</p>
<p class="p2">fondamentalement convaincue qu'on n'aura pas de santé humaine sans passer par la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes. Et on commence à vraiment voir ce retour de bâton. Oui,</p>
<p class="p2">quand on a des microplastiques dans les sols, déjà ça joue sur la fertilité, mais ça joue</p>
<p class="p2">aussi sur la concentration de pathogènes qui vivent dans les microplastiques. Et il y a</p>
<p class="p2">une espèce de réaction en chaîne de domino, qui nous revient en pleine face, et ben</p>
<p class="p2">oui, moi aussi, tiens, on concentre les microplastiques, et qu'est-ce que ça fait sur notre</p>
<p class="p2">risque de neurodégénérescence, etc. Donc il y a plein de publications sur microbiote et</p>
<p class="p2">dégénérescence. Ah.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ben tiens, on voit maintenant les publications qui naissent sur les liens</p>
<p class="p2">entre les microplastiques dans les socs, qu'on retrouve ici.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Qu'On retrouve là, et la boucle est bouclée. Bon, super. On a couvert</p>
<p class="p2">beaucoup d'éléments. Est-ce qu'il y a des découvertes récentes qui t'ont</p>
<p class="p2">particulièrement intéressé, que tu aimerais pouvoir partager ici ? J'ai été assez</p>
<p class="p2">interpellée, mais je viens de t'en parler déjà par les travaux d'Aki Sinkonen et Maria</p>
<p class="p2">Roslund qui essayent de travailler sur la santé humaine par les inséminations de</p>
<p class="p2">microbes par l'environnement. avec des études sur quand on jardine, même lejardinage à l'intérieur, quand on met les mains dans la terre, et bien c'est pas la même</p>
<p class="p2">chose quand on met les mains dans une terre d'un compost riche, et quand on met les</p>
<p class="p2">mains dans une terre qui est appauvrie. C'est pas la même chose de se laver les mains</p>
<p class="p2">avant de manger avec de l'eau et du savon, ou de passer d'abord par être trompée</p>
<p class="p2">dans une terre riche. Et puis dans ces pensées One Health, il y a une réalisation que je</p>
<p class="p2">trouve intéressante, le One Health passe par les microbes qui connectent tous les</p>
<p class="p2">microbiomes. Et je trouve que c'est intéressant de penser de façon plus large. En fait,</p>
<p class="p2">même dans le secteur microbiote, on pense en silos. Et moi, je fais l'erreur tout le</p>
<p class="p2">temps. Parce que c'est difficile de s'extraire du langage. On a parlé pendant le podcast</p>
<p class="p2">de microbiote intestinal et de microbiote du sol et de microbiote de la pomme et de</p>
<p class="p2">microbiote de la plante. Mais en fait, est-ce qu'il n'y a pas un seul microbiote et des flux</p>
<p class="p2">entre toutes ces sous-parties du microbiote ? Le microbiote de la pomme, quand tu l'as</p>
<p class="p2">mangé la pomme, est-ce que ce n'est pas ton microbiote à toi ? Est-ce qu'on ne peut</p>
<p class="p2">pas essayer de dé-siloter cette pensée, même au niveau du microbiome, pour arriver à</p>
<p class="p2">connecter ce One Health, ses liens, ses flux, ses dynamiques ? Je ne suis pas en train</p>
<p class="p2">de rebondir sur une étude en particulier, mais j'ai envie de dire qu'il y a un changement</p>
<p class="p2">épistémique. Justement en parlant de changement épistémique, j'ai là un papier que j'ai</p>
<p class="p2">trouvé après le plan MARVAL, où il y a des travaux intéressants de Manuel Blouin, j'ai</p>
<p class="p2">regardé sur PubMed ce qu'avait fait Manuel Blouin, et j'ai trouvé une étude magnifique</p>
<p class="p2">qui dit « Epistemic revolution induced by microbiome studies and interdisciplinary view</p>
<p class="p2">». Et donc, comment est-ce que les études sur le microbiote sont à la source d'une</p>
<p class="p2">révolution épistémique, d'une révolution du savoir, de comment on pense la</p>
<p class="p2">connaissance, et comment on la pense de façon de plus en plus pluridisciplinaire et</p>
<p class="p2">désanthropomorphisé, en mettant justement ce microbe au cœur de plein de choses.</p>
<p class="p2">Et donc c'était comment est-ce qu'on peut exprimer le microbiome au travers de l'art ?</p>
<p class="p2">Comment est-ce qu'il s'exprime au travers d'un point de vue juridique ? Est-ce que</p>
<p class="p2">quand on essaie de donner des droits à la nature, on n'essaie pas aussi de défendreune biodiversité, on ne devrait pas aussi donner des droits à la diversité du microbiote,</p>
<p class="p2">c'est-à-dire défendre la diversité du microbiote, puisqu'elle appartient aussi à notre</p>
<p class="p2">santé et à cette santé planétaire ? Et donc poser des questions de.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Multidisciplinarité sur toutes.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Ces connexions qu'il y a entre plein de choses. Je recommande le papier, il</p>
<p class="p2">y a aussi le Shinrin-Yoku, Je ne sais pas si tu as entendu parler de Shinrin-yoku, le</p>
<p class="p2">bain de forêt j*******. Vas-y, vas-y, parle-nous-en. Le Shinrin-yoku, c'est donc la pratique</p>
<p class="p2">thérapeutique du bain de forêt qui a été démontré qu'elle stimule notre bien-être</p>
<p class="p2">émotionnel et mental, mais aussi nos défenses immunitaires. Il y a quelques éléments</p>
<p class="p2">On a trouvé des composés moléculaires qui font ça, mais c'est aussi lié à la pleine</p>
<p class="p2">conscience en fait. Tu vas dans la forêt, en ouvrant tous tes sens, tu entends les sons</p>
<p class="p2">de la forêt, tu touches. L'idéal c'est d'y aller sans rien, t'as pas de téléphone, pas</p>
<p class="p2">d'appareil photo, rien du tout, nu pied, et tu touches, tu sens les odeurs, tu vois, tu</p>
<p class="p2">écoutes, et ça c'est hyper thérapeutique. Et il y a une.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Composée aussi microbienne de lien, Mais il n'y a pas que ça. Cette</p>
<p class="p2">reconnexion à la nature, je pense qu'elle fait partie aussi de la dimension One Health,</p>
<p class="p2">une reconnexion qui.</p>
<p class="p2">Nina Vino: N'Est pas que physique, mais aussi émotionnelle. Alors, de plus en plus, tu</p>
<p class="p2">travailles avec des agriculteurs. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu sens être encore</p>
<p class="p2">très compliqué ou difficile à entendre ? Il y a un truc qui m'interpelle beaucoup et qui</p>
<p class="p2">encore peut regarder, pas seulement par les agriculteurs, mais par les filières, par les</p>
<p class="p2">semenciers, par toute la filière agricole. C'est dans quelles conditions est-ce qu'on a</p>
<p class="p2">sélectionné les variétés culturales ? On a souvent sélectionné dans des sols quin'étaient pas vivants. On a souvent sélectionné dans des conditions très fertilisées où</p>
<p class="p2">la plante, on lui apportait tout ce dont elle avait besoin pour produire au max. Du goutte</p>
<p class="p2">à goutte nutritionnel si tu veux. Est-ce que dans ces conditions-là, on a pu sélectionner</p>
<p class="p2">pour des plantes qui forment bien des symbioses ? Il faut qu'on se repose sur ces</p>
<p class="p2">questions-là pour arriver à sélectionner pour ce trait-là la capacité à former des</p>
<p class="p2">symbioses. C'est compliqué d'avoir un discours de ce type-là, parce qu'il y a tout un</p>
<p class="p2">screening à faire sur les variétés les plus répondantes et moins répondantes. Mais ça</p>
<p class="p2">fait partie de ce qu'on teste sur le terrain, il faut absolument prendre la variété en</p>
<p class="p2">compte. Et les semenciers devraient aussi apprendre à sélectionner sur sol vivant et je</p>
<p class="p2">me rends compte de la complexité que ça représente parce que sur sol vivant on</p>
<p class="p2">apporte une variabilité énorme et ce qui les intéresse eux c'est de diminuer la</p>
<p class="p2">variabilité au maximum pour vraiment voir les différences de.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Paramètres qui s'expriment, de caractéristiques recherchées. Mais si on</p>
<p class="p2">ne sélectionne pas.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Sur un.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sol vivant ou avec les biostimulants qu'on veut qu'ils soient capables de</p>
<p class="p2">s'associer avec la plante, comment est-ce qu'on va sélectionner sur.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Le trait de capacité à s'y associer ? On en revient aux semences paysannes</p>
<p class="p2">et aux semences population. Aussi, exactement. OK, on a couvert beaucoup de choses</p>
<p class="p2">déjà. Est-ce qu'il y a une question que je n'ai pas posée, auxquelles tu aurais aimé</p>
<p class="p2">répondre ? Peut-être celle des livres, des livres que je recommanderais, parce que ça a</p>
<p class="p2">beaucoup joué, moi, sur mon orientation, sur mon choix. De joindre le microbiote</p>
<p class="p2">intestinal et le microbiote du sol. Donc j'ai envie de recommander... J'en ai déjà parléplusieurs fois depuis qu'on se parle. Il y a What Your Food Ate qui m'a vraiment fait</p>
<p class="p2">comprendre que la qualité nutritionnelle et donc la santé intestinale et tous les</p>
<p class="p2">probiotiques et ces micronutriments importants dépendent de la façon dont on cultive. Il</p>
<p class="p2">y a les livres de Marc-André Solos. Pas mal influencé aussi, il n'y a jamais seul et</p>
<p class="p2">l'origine du monde. Une seule santé que tu as lue aussi depuis la réveille, qui connecte</p>
<p class="p2">beaucoup la nutrition animale à la santé animale et à la santé de l'homme qui mange</p>
<p class="p2">ses produits animaux. Teeming with microbes, pour les gens qui s'intéressent au</p>
<p class="p2">microbiote du sol, au thé de compost, c'est intéressant pour vraiment, bon, il y a</p>
<p class="p2">Teeming with microbes et puis tous les travaux de Leningham sur le Soil Food Web. Je</p>
<p class="p2">pense que c'est super important quand on veut travailler sur sol vivant, de comprendre</p>
<p class="p2">ces interactions trophiques, ça nous passe de la biodiversité. Et puis il y a évidemment</p>
<p class="p2">la révolution d'un seul.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Brin de paille qui m'a mise en dessus dessous, en connectant</p>
<p class="p2">l'agriculture, la philosophie. C'est un pionnier fukuoka de l'agriculture régénérative, mais</p>
<p class="p2">aussi un grand sage à moitié taoïste, bouddhiste, qui fait le lien entre la culture</p>
<p class="p2">humaine et la culture du sol. Génial, c'est une très, très belle liste.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Il y a de quoi se régaler là. Donc, tu as aussi un blog sur lequel tu partages</p>
<p class="p2">beaucoup de super ressources. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu aimerais</p>
<p class="p2">partager où les gens peuvent te suivre ou voir un petit peu ton travail ? Pour me suivre,</p>
<p class="p2">c'est clairement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sur LinkedIn, avec un blog où j'essaie.</p>
<p class="p2">Nina Vino: De partager l'enthousiasme et le levier que.Lennan Bate: Représentent les microbes dans la santé humaine et planétaire, et des</p>
<p class="p2">sols. Et puis dans les autres ressources, moi j'aime bien les podcasts de John Kemp et</p>
<p class="p2">de Graham Seitz. Merci beaucoup Nina, merci pour ton temps. Merci à toi Lennan, c'était</p>
<p class="p2">un plaisir.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Depuis le début de ce podcast, on explore l’importance de la vie du sol pour la vitalité des plantes, des animaux, et plus largement des systèmes agricoles. Aujourd’hui, nous allons faire un pas de plus, en traçant les parallèles entre ce qui se passe sous nos pieds et ce qui se passe dans nos entrailles.</p>
<p class="p1">C’est un sujet qui me tient très à coeur et pour nous guider dans cet univers où se croisent agronomie, biologie, santé humaine et philosophie du vivant, j’ai le plaisir d’accueillir Nina Vinot.</p>
<p class="p1">Ensemble, on abordera les sujets d’ensemencent microbien, pourquoi certains micro-organismes colonisent… et d’autres pas, de l’impact de notre alimentation et de nos pratiques agricoles. <br>
On regardera les parallèles que l’on peut faire entre sol, plante, animal et humain, bref un épisode qui aide à comprendre comment le vivant s’organise, se régule… et comment nos choix influencent tout le système.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">Suivre le travail de Nina Vinot</p>
<p class="p3"><a href='https://www.linkedin.com/in/nina-vinot/?originalSubdomain=fr'>https://www.linkedin.com/in/nina-vinot/?originalSubdomain=fr</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2">Liens et références citées : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3">Marc andré Selosse<br>
<a href='https://actes-sud.fr/contributeurs/marc-andre-selosse'>https://actes-sud.fr/contributeurs/marc-andre-selosse</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3">Pauline Woerhle<br>
<a href='https://herbivor.fr/'>https://herbivor.fr/</a></p>
<p class="p1">Pour récouter le podcast avec Pauline Woerhle :</p>
<p class="p3"> <a href='https://open.spotify.com/episode/6IYHSC7jRW9DkUXAgu2QaR?si=f5cb33cab1ef4a02'>https://open.spotify.com/episode/6IYHSC7jRW9DkUXAgu2QaR?si=f5cb33cab1ef4a02</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Cyber Agrocare</p>
<p class="p3"><a href='https://www.cybele-agrocare.com/'>https://www.cybele-agrocare.com/</a></p>
<p class="p1">Bioprox HealthCare</p>
<p class="p3"><a href='https://www.bioprox-healthcare.com/'>https://www.bioprox-healthcare.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Americain Gut Project</p>
<p class="p3"><a href='https://journals.asm.org/doi/10.1128/msystems.00031-18'>https://journals.asm.org/doi/10.1128/msystems.00031-18</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">La pyramide de la santé des plantes de John Kempf</p>
<p class="p3"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/'>https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Plan Marval</p>
<p class="p3"><a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Plan_Marval_-_Indicateurs_des_sols_vivants'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Plan_Marval_-_Indicateurs_des_sols_vivants</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Elaine Ingham</p>
<p class="p3"><a href='https://www.soilfoodweb.com/'>https://www.soilfoodweb.com/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Podcast de Graeme Sait</p>
<p class="p3"><a href='https://open.spotify.com/show/4UD6j4HPoF3YIRJIZUjiBT'>https://open.spotify.com/show/4UD6j4HPoF3YIRJIZUjiBT</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Podcast de John Kempf</p>
<p class="p3"><a href='https://open.spotify.com/show/14s0owdUUxjTYUeNXpWnv8'>https://open.spotify.com/show/14s0owdUUxjTYUeNXpWnv8</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Livres cités : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">What your Food Ate, Biklé &amp; Montgomery</p>
<p class="p3"><a href='https://www.fnac.com/livre-numerique/a16393531/David-R-Montgomery-What-Your-Food-Ate-How-to-Heal-Our-Land-and-Reclaim-Our-Health'>https://www.fnac.com/livre-numerique/a16393531/David-R-Montgomery-What-Your-Food-Ate-How-to-Heal-Our-Land-and-Reclaim-Our-Health</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Jamais seul - Marc André Selosse</p>
<p class="p3"><a href='https://actes-sud.fr/jamais-seul'>https://actes-sud.fr/jamais-seul</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">L’origine du monde -  Marc André Selosse</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/ecosystemes-ecologie/833-livre-l-origine-du-monde-une-histoire-naturelle-du-sol-a-l-intention-de-ceux-qui-le-pietinent-marc-andre-selosse.html'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/ecosystemes-ecologie/833-livre-l-origine-du-monde-une-histoire-naturelle-du-sol-a-l-intention-de-ceux-qui-le-pietinent-marc-andre-selosse.html</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Une seule santé - Pierre Weill</p>
<p class="p3"><a href='https://actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/une-seule-sante'>https://actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/une-seule-sante</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Teaming with Microbes - Jeff Lowenfels (en français un sol vivant, un allié pour cultiver)</p>
<p class="p3"><a href='https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/un-sol-vivant-un-allie-pour-cultiver-9782812610363/'>https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/un-sol-vivant-un-allie-pour-cultiver-9782812610363/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">La révolution d’un seul brin de paille - Masanobu Fukuoaka</p>
<p class="p3"><a href='https://www.librairie-permaculturelle.fr/agriculture-naturelle/17-livre-la-revolution-d-un-seul-brin-de-paille-masanobu-fukuoka.html'>https://www.librairie-permaculturelle.fr/agriculture-naturelle/17-livre-la-revolution-d-un-seul-brin-de-paille-masanobu-fukuoka.html</a></p>
<p class="p2"><br>
Transcription : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Episode 29 - Les liens entre microbiologie du sol et</p>
<p class="p1">microbiote intestinal avec Nina Vinot</p>
<p class="p2">Nina Vino: Faire de l'écologie, ce n'est pas essayer de soigner la Terre comme si la</p>
<p class="p2">Terre était séparée de nous. C'est essayer de soigner l'ensemble de toutes ces</p>
<p class="p2">interrelations. Et je suis fondamentalement convaincue qu'on n'aura pas de santé</p>
<p class="p2">humaine sans passer par la santé des écosystèmes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Comme</p>
<p class="p2">je te disais la dernière fois, on a déjà bien établi sur le podcast l'importance de la</p>
<p class="p2">microbiologie du sol pour la santé des cultures et des animaux. Et donc à présent,</p>
<p class="p2">j'aimerais, Nina Vino, que tu nous aides à faire des parallèles entre la microbiologie du</p>
<p class="p2">sol et le microbiote intestinal. Donc avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu</p>
<p class="p2">peux te présenter et nous parler de ton.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Parcours ? J'ai une formation d'ingénieure agronome et pendant mon</p>
<p class="p2">parcours d'études, je me suis spécialisée en nutrition. Je m'intéressais à la santé,</p>
<p class="p2">même par la nutrition. Et après, j'ai distribué des ingrédients nutritionnels et très</p>
<p class="p2">rapidement, je suis tombée sur les probiotiques et je suis tombée amoureuse des</p>
<p class="p2">probiotiques. Je me suis dit, oh là là, mais ça change tout ce qu'on a appris en nutritionparce que tout ce qu'on mange passant par le microbiote peut être transformé et ça</p>
<p class="p2">peut changer la façon dont on absorbe, ça peut changer les métabolites qui en sont</p>
<p class="p2">issus. D'ailleurs, il y a des chiffres, je ne sais pas ce qu'ils valent, mais Bickley et</p>
<p class="p2">Montgomery ont dit qu'il y avait 40% des molécules circulant dans notre corps qui</p>
<p class="p2">viennent du microbiote. Effectivement, ça change un peu toute notre perspective sur la</p>
<p class="p2">nutrition. J'ai travaillé pendant une bonne dizaine d'années en tant que technico-</p>
<p class="p2">commerciale dans les probiotiques pour vendre la science des probiotiques à des</p>
<p class="p2">laboratoires de compléments alimentaires, des laboratoires pharmaceutiques. Et puis,</p>
<p class="p2">dans mon parcours, j'ai essayé d'élargir un petit peu la vision sur les micro-organismes.</p>
<p class="p2">Quels étaient les liens entre les micro-organismes et la santé planétaire, j'ai envie de</p>
<p class="p2">dire. J'étais aussi assez attirée. C'était important pour moi que mon travail ait du sens</p>
<p class="p2">en termes de durabilité, écologie, etc. Donc j'ai essayé de relier aussi un peu cet intérêt</p>
<p class="p2">pour les micro-organismes à la santé planétaire. C'est arrivé, j'ai envie de dire, par</p>
<p class="p2">plusieurs étapes, j'ai commencé à écrire des blogs en cherchant un peu les liens entre</p>
<p class="p2">les microbes et différents aspects de la santé humaine et puis de la santé planétaire.</p>
<p class="p2">Par exemple, les microbes par la pluie, les microbes et la santé des coraux. La vache</p>
<p class="p2">qui n'est pas… beaucoup d'influences de Marc-André Solos, la vache qui n'est pas</p>
<p class="p2">vraiment herbivore, mais qui élève des microbes dans le sang humain. Je crois que</p>
<p class="p2">Pauline Verlet, Interroger dit un peu la même chose. Donc voilà, plein de réflexions</p>
<p class="p2">finalement sur comment est-ce que notre coévolution avec les micro-organismes et leur</p>
<p class="p2">rôle de grands connecteurs du vivant peut être un levier dans d'autres choses que la</p>
<p class="p2">santé humaine, mais la santé aussi des sols, la souveraineté alimentaire, les cycles du</p>
<p class="p2">carbone, les cycles de l'azote, le levier de la biodiversité. le levier du climat aussi,</p>
<p class="p2">puisque la séquestration du carbone dans les sols est vraiment un levier du climat</p>
<p class="p2">important. Et c'est, je dirais, c'est il y a trois, à peu près trois-quatre ans, où j'avais lu</p>
<p class="p2">What Your Food Ate de Bickley Montgomery, et ça a été une grosse, grosse influence</p>
<p class="p2">pour me dire, mais en fait, la santé humaine, de toute façon, ne peut pas se faire sansla santé des sols, sans le microbiote des sols, Et est-ce qu'il n'y aura pas des parallèles</p>
<p class="p2">et des leviers entre ce que j'ai appris sur la microbiote intestinale, en grenouillant</p>
<p class="p2">pendant plus de dix ans dans les conférences sur les probiotiques et le microbiome, et</p>
<p class="p2">l'appliquer au microbiome des sols, et comprendre finalement quels parallèles peuvent</p>
<p class="p2">se faire. Et voilà comment je suis arrivée depuis l'an dernier chez Cybella Grocker, qui</p>
<p class="p2">travaille... C'est une entité légale séparée, mais c'est deux sociétés qui ont un même</p>
<p class="p2">ADN industriel de fermentation, avec Bioprox Healthcare, qui fait des probiotiques pour</p>
<p class="p2">la santé humaine, et Cybelle Agrocare, qui fait des biostimulants, des biofertilisants</p>
<p class="p2">pour l'agriculture. Et moi, je m'occupe du développement business pour.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les deux. Alors, ça fait 10-15 ans qu'on entend beaucoup parler de</p>
<p class="p2">microbiote intestinal. Mais alors, de quoi est-ce qu'on parle quand on parle de</p>
<p class="p2">microbiote.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Intestinal ? Et pourquoi est-ce que c'est important ? C'est une très vaste</p>
<p class="p2">question. Quand on parle de microbiote intestinal, on parle de tous les micro-</p>
<p class="p2">organismes qui peuplent notre intestin. Et ça peut être bactéries, champignons, virus,</p>
<p class="p2">c'est très large. Souvent, on fait une sorte de réductionnisme, on parle beaucoup des</p>
<p class="p2">bactéries et des champignons, mais le microbiote est plus large que ça. Et de tous les</p>
<p class="p2">liens avec notre santé, parce que le microbiote intestinal, c'est aussi là où on va avoir</p>
<p class="p2">70% de nos cellules immunitaires, c'est la première ligne de défense pour notre santé.</p>
<p class="p2">Tout ce qu'on mange peut être potentiellement pathogène, c'est pour ça qu'on a un</p>
<p class="p2">estomac hyperacide à pH2, c'est pour ça qu'on a toute cette résistance et toutes ces</p>
<p class="p2">cellules immunitaires au niveau du microbiote intestinal. Et puis c'est là où on va avoir</p>
<p class="p2">énormément de régulation de notre métabolisme, même de notre comportement au</p>
<p class="p2">niveau neurobiologique. On parle beaucoup des psychobiotiques depuis 5-10 ans.</p>
<p class="p2">C'est tous ces liens, en fait, entre le microbiote et le cerveau, et le comportement, etl'humeur, et la dépression. Et ça, il y a plein de mécanismes. Moi, j'ai tendance à aller</p>
<p class="p2">rapidement vers les mécanismes parce que je trouve que c'est assez éclairant sur</p>
<p class="p2">qu'est-ce qui se passe, comment ça se passe, comment ça nous constitue. Mais on sait</p>
<p class="p2">déjà qu'il y a des liens déjà au niveau au niveau neuronal, le nervague, qui est vraiment</p>
<p class="p2">l'autoroute de la communication bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Après, il y</p>
<p class="p2">a toutes les régulations endocrines, production d'hormones, qui va jouer au niveau</p>
<p class="p2">systémique. Toutes les régulations au niveau immunitaire, notamment inflammation, les</p>
<p class="p2">cytokines, quand les micro-organismes vont être en contact avec les cellules</p>
<p class="p2">dendritiques, de l'immunité au niveau intestinal, elles vont stimuler une réponse, et la</p>
<p class="p2">sécrétion d'interleukins, qui sont des messagers de l'inflammation, de la régulation</p>
<p class="p2">immunitaire, donc certaines qui vont être pro-inflammatoires, anti-inflammatoires.</p>
<p class="p2">L'inflammation peut jouer aussi sur la neuro-inflammation, donc liée sur le stress,</p>
<p class="p2">l'anxiété, la dépression. Les probiotiques, beaucoup de probiotiques vont avoir des</p>
<p class="p2">effets anti-inflammatoires, c'est une des raisons pour lesquelles ils sont intéressants, et</p>
<p class="p2">donc ils peuvent jouer aussi sur la prévention de ces choses-là. Ils peuvent jouer sur le</p>
<p class="p2">la perméabilité intestinale, et quand on a moins de perméabilité intestinale, on a moins</p>
<p class="p2">de translocation pathogène, et donc d'allumage de cette inflammation systémique. Il y a</p>
<p class="p2">certaines toxines qui viennent de pathobiontes dans l'intestin, des LPS,</p>
<p class="p2">l'hypopolysaccharide en particulier, mais pas que, qui vont allumer cette inflammation Il</p>
<p class="p2">y a toute la partie neurotransmetteurs. Beaucoup de probiotiques font soit des</p>
<p class="p2">neurotransmetteurs, soit des précurseurs de neurotransmetteurs, qui avec les</p>
<p class="p2">interactions avec le reste du microbiote peuvent être transformés en. Et ça s'ajoute par</p>
<p class="p2">exemple, on entend beaucoup parler du GABA, Gamma Amino Butyric Acide, qui est le</p>
<p class="p2">neurotransmetteur inhibiteur principal du système nerveux central. Ça veut dire qu'il Il</p>
<p class="p2">joue un rôle important dans la régulation du stress, de l'humeur, mais il est calmant en</p>
<p class="p2">fait. Il nous éteint un peu les signaux de stress. Donc il y a plein de liens clairs entre</p>
<p class="p2">microbiote et santé à plein de niveaux. Plein de liens avec le métabolisme, la santécardiovasculaire, la satiété. Dans la startup où je travaillais avant, on travaillait sur un</p>
<p class="p2">probiotique qui produit un mimétique d'une hormone de satiété. Donc ça joue sur la</p>
<p class="p2">sensation de satiété au mangement. Il y a plein de plantes et tous les aliments, fruits,</p>
<p class="p2">légumes, céréales qu'on peut manger. Être riches dans tous ces composés, les</p>
<p class="p2">polyphénols, les caroténoïdes, les flavonoïdes, l'oligopène, les anthocyanines, le</p>
<p class="p2">resveratrol, les caroténoïdes, tous ces antioxydants composés phénoliques, ils sont à</p>
<p class="p2">la fois prébiotiques, super importants pour la santé intestinale, mais aussi très</p>
<p class="p2">importants pour nous défendre, nous, contre les maladies de civilisation, les problèmes</p>
<p class="p2">cardiovasculaires, les problèmes métaboliques, les problèmes de</p>
<p class="p2">neurodégénérescence, les cancers, et en fait ils sont aussi très très liés à comment est-</p>
<p class="p2">ce qu'on cultive ces plantes, dans quel système de culture on les met, et finalement du</p>
<p class="p2">coup le microbiote intestinal est très lié directement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Au microbiote du sol. Super, tu fais la transition à ma question suivante.</p>
<p class="p2">Sur cette question de la satiété, je me souviens d'une étude, je ne me souviens plus du</p>
<p class="p2">pourcentage exact, mais une part de la population très importante aux États-Unis était</p>
<p class="p2">carencée en ces micro-organismes de la satiété. Ce qui peut-être expliquerait, entre</p>
<p class="p2">autres, l'obésité et les parts importantes d'obésité là-bas. Alors, comment est-ce.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Qu'On ensemence un microbiote intestinal ? Comment on lance l'émence ?</p>
<p class="p2">Déjà, je vais dire en mangeant des microbes. Il y a des recommandations qui disent</p>
<p class="p2">qu'on devra manger au moins 2 milliards de CFU par jour de microbes par</p>
<p class="p2">l'alimentation. Ce n'est pas énorme de milliards et en fait, c'était à l'IPC, l'International</p>
<p class="p2">Probiotic Conference à Athènes en juin dernier, Simone Guglielmetti qui a fait une</p>
<p class="p2">étude là-dessus et qui dit qu'en moyenne, il a trouvé que les gens mangeaient entre 2</p>
<p class="p2">et 7 milliards de CFU par jour. et il a regardé de quelles sources. Ce qui était</p>
<p class="p2">intéressant, c'est que 75% de ces micro-organismes alimentaires venaient de sourceslaitières, des yaourts, du kéfir. Il faut dire qu'un yaourt, ça représente, c'était autour de</p>
<p class="p2">10 puissance 9 CFU tout seul, parce que c'est à peu près 10 puissance 7 par gramme.</p>
<p class="p2">Un yaourt, ça fait 125 grammes. Donc déjà, un yaourt, ça te fait la moitié presque de ta</p>
<p class="p2">de ta dose par jour. Mais c'est aussi une question, pour moi, de diversité. C'est-à-dire</p>
<p class="p2">que, du coup, dans cette étude de William Macy, il dit qu'il y a 75% de notre prise</p>
<p class="p2">alimentaire dans le semencement de microbes qui viennent du dairy. Mais ça, c'est peu</p>
<p class="p2">de diversité. Si tu parles du yaourt, il y a deux souches, en gros. C'est lactobacillus</p>
<p class="p2">bulgaricus et stratococcus thermophilus. Si tu vas dans le kéfir, il y en a un peu plus.</p>
<p class="p2">Surtout si tu le fais toi-même et qu'il y a vraiment. Ce consortium de bactéries et de</p>
<p class="p2">levure, au niveau commercial en général c'est moins riche parce que c'est plus simple</p>
<p class="p2">de faire avec moins, c'est plus standardisable, etc. Par contre, quand tu regardes les</p>
<p class="p2">fruits et légumes, ça apporte un petit peu moins. Une pomme, par exemple, ça</p>
<p class="p2">t'apporte 100 millions de CFU, donc 10 puissance 8 par rapport aux 10 puissance 9 du</p>
<p class="p2">yaourt, mais c'est plus de diversité. Et c'est un peu pareil quand tu vas regarder. Tout</p>
<p class="p2">ce que t'apportes l'alimentation par les fruits et légumes, notamment les fruits et</p>
<p class="p2">légumes crus, parce que dès que tu vas cuire, tu vas détruire les cellules vivantes.</p>
<p class="p2">Après, ça peut aussi être intéressant de les prendre en post-biotique, les cellules</p>
<p class="p2">mortes apportent quand même des choses, mais si tu veux ensemencer des cellules</p>
<p class="p2">vivantes, c'est intéressant de les avoir crus. Mais c'est intéressant aussi de les avoir</p>
<p class="p2">pas trop lavées, ou peut-être avec un peu de terre dessus, c'est la question.</p>
<p class="p2">Finalement, si on va plus vers du bio, où on va beaucoup moins laver et plucher tout</p>
<p class="p2">ça, on a probablement une meilleure diversité. Donc pour moi, en semencer, c'est</p>
<p class="p2">chercher la quantité mais surtout la diversité. Et là, c'est super intéressant de regarder</p>
<p class="p2">les parallèles entre l'agriculture et l'alimentation. Il y avait l'American Gut Project, qui</p>
<p class="p2">avait montré que les gens qui mangeaient plus de 35 fruits, légumes, aliments dérivés</p>
<p class="p2">des plantes par semaine, 35 c'est pas en portions, c'est en nombre de plantes</p>
<p class="p2">différentes, avaient un micropiote bien plus diversifié que ceux qui en mangeaientmoins. Et donc ça pour moi c'est devenu un peu une cible, s'assurer que dans</p>
<p class="p2">l'alimentation qu'on a dans une semaine, entre les fruits et légumes, mais aussi les</p>
<p class="p2">herbes qu'on peut manger, les fruits secs, les céréales en particulier, les céréales</p>
<p class="p2">complètes, Est-ce qu'on arrive à 35 ? C'est un petit peu un jeu, un but, et je me dis que</p>
<p class="p2">c'est exactement le même parallèle qu'aujourd'hui on fait en agriculture avec les</p>
<p class="p2">couverts végétaux, où on parle beaucoup de diversité. Pourquoi ? Parce que la</p>
<p class="p2">diversité des couverts végétaux fait des diversités d'exudats rationnaires qui vont</p>
<p class="p2">nourrir une diversité de micro-organismes, et c'est exactement la même démarche</p>
<p class="p2">dans l'alimentation. On va prendre différentes fibres, différentes sources d'antioxydants</p>
<p class="p2">qui vont nourrir différents micro-organismes intestinaux. Et donc la logique</p>
<p class="p2">d'ensemencement, elle est double quand tu manges des fruits et légumes et des</p>
<p class="p2">produits plant-based, parce que non seulement tu vas apporter des micro-organismes,</p>
<p class="p2">mais aussi ce qui va les nourrir. Et ça c'est super important, prendre soin de ce</p>
<p class="p2">microbiote, c'est l'ensemencer, oui, mais c'est aussi lui apporter de quoi se nourrir. Et je</p>
<p class="p2">pense qu'il faut qu'on ait cette réflexion quand on pose ce microbe, que ce soit en</p>
<p class="p2">agriculture ou que ce soit en santé humaine, de quoi a besoin un micro-organisme pour</p>
<p class="p2">s'épanouir c'est un peu comme nous. Il a besoin de nutriments, d'eau, d'air ou pas, en</p>
<p class="p2">fonction s'il est anaérobi ou anaérobi. Dans le microbiote intestinal, on a des conditions</p>
<p class="p2">qui sont plutôt anaérobes. Dans le sol, elles sont plutôt aérobes. Donc ça ne va pas</p>
<p class="p2">être les mêmes taxes qui sont bénéficiaires. Donc c'est ces conditions-là, comment on</p>
<p class="p2">les nourrit, comment on leur donne une bonne niche pour qu'ils se développent ? J'ai</p>
<p class="p2">pas parlé des compléments alimentaires, parce qu'on est dans une démarche de</p>
<p class="p2">prendre soin de soi, donc c'est déjà par l'alimentation que ça passe, mais évidemment,</p>
<p class="p2">après, quand tu pars dans les compléments alimentaires et les probiotiques, tu vas</p>
<p class="p2">avoir la possibilité de choisir des souches qui sont bien plus ciblées pour une</p>
<p class="p2">problématique que tu cherches à améliorer. Ça peut être immunité, ça peut être Ça part</p>
<p class="p2">un peu dans plein de choses. Santé mentale, santé vaginale, santé urinaire, santé de lapeau. Tu peux aller dans tout.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Plein d'applications. Fertilité, atopie, allergie, asthme, plein de choses.</p>
<p class="p2">Alors c'est étrange parce que cet été, je suis parti un peu de la ferme et j'avais tout le</p>
<p class="p2">temps faim, c'est-à-dire que j'étais rassasié mais j'avais toujours faim, comme s'il y</p>
<p class="p2">avait une part de moi qui n'était pas nourrie. Et un jour j'ai mangé des mûres le long de</p>
<p class="p2">la route et d'un coup c'était comme si c'était ça qui me manquait. Alors de quoi il</p>
<p class="p2">s'agit ? Quand tu parles de... peut-être que c'était des antioxydants, peut-être que le</p>
<p class="p2">produit, les légumes que je mangeais étaient trop oxydés, trop vieux, Alors quand tu</p>
<p class="p2">parles du fait que même un micro-organisme mort nous apportait quelque chose, je le</p>
<p class="p2">mettrais en lien avec cette sensation que j'ai ressentie. A quel point est-ce qu'il faut que</p>
<p class="p2">l'alimentation soit vivante ? Et dans ce cas-là, qu'est-ce que c'est qu'une alimentation</p>
<p class="p2">vivante ? Ce serait quoi un légume réellement vivant, riche en micro-organismes.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Qui nous nourrirait pas juste sur un plan nutritif ? C'est une super bonne</p>
<p class="p2">question, je sais pas si je suis la meilleure personne pour y répondre mais je</p>
<p class="p2">comprends tout à fait ce que tu veux dire par cette sensation de satiété, de plénitude</p>
<p class="p2">quand t'as mangé ces baies. Moi je l'ai eue en mangeant de la salade du jardin pour la</p>
<p class="p2">première fois parce que j'ai fait une petite salade vraiment avec quelques feuilles de</p>
<p class="p2">laitue et puis quelques haricots qui venaient du jardin et pas grand chose dedans. Je</p>
<p class="p2">me suis dit oh là là je vais avoir faim. Et en fait une satiété qui m'a durée pendant des</p>
<p class="p2">heures pour quelques feuilles de salade et je me suis dit mais c'est pas possible la</p>
<p class="p2">salade pour moi c'est croquant, mais c'est que de l'eau, il n'y a rien dedans. En fait, en</p>
<p class="p2">fonction de la salade que tu manges, il peut y avoir vraiment un côté hyper satisfaisant,</p>
<p class="p2">hyper nutritif. D'où ça vient ? Je vais dire mon opinion personnelle, mais je ne sais pas</p>
<p class="p2">si les scientifiques diraient la même chose. Pour moi, il y a une question de calories</p>
<p class="p2">vides par rapport à calories pleines. Et donc, calories pleines, c'est plein demicronutriments intéressants. C'est des vitamines, c'est des minéraux, mais c'est aussi</p>
<p class="p2">des molécules plus complexes. On parlait tout à l'heure de tous ces polyphénols, tous</p>
<p class="p2">ces antioxydants, les caroténoïdes, les flavonoïdes, le resveratrol, etc. Notamment pour</p>
<p class="p2">avoir été pas mal influencée par What Your Food Ate, que en fonction de comment on</p>
<p class="p2">fait pousser les plantes, en fonction de comment est-ce que leur métabolisme</p>
<p class="p2">secondaire s'exprime, le métabolisme secondaire des plantes c'est leur système</p>
<p class="p2">immunitaire en fait. Donc si elles sont dans un milieu où elles n'ont pas besoin de</p>
<p class="p2">l'exprimer, où elles n'ont pas pas un microbiote très développé ou pas une attaque</p>
<p class="p2">d'insectes qui vient croquer une feuille et allumer ses défenses immunitaires, peut-être</p>
<p class="p2">qu'elles sont moins riches en tout ça. Apparemment, ce qui définit la richesse en</p>
<p class="p2">micronutriments, ce serait beaucoup la vie du sol. plus on travaille sur le sol vivant, plus</p>
<p class="p2">on aurait des produits qui sont riches dans tous ces composés-là. Plus on aurait des</p>
<p class="p2">plantes qui s'expriment, qui sont attentives à leur milieu et qui s'expriment. Ça va</p>
<p class="p2">dépendre aussi de comment tu les nourris. Là, il y a la jolie image du tonneau avec</p>
<p class="p2">chaque latte qui soit à différentes hauteurs, la plus basse faisant couler tout le reste.</p>
<p class="p2">C'est-à-dire que si tu mets du NPK très élevé dans ton sol, mais que ta plante va</p>
<p class="p2">manquer d'organes, de bords, de calcium, de je ne sais quoi, elle ne va pas pouvoir</p>
<p class="p2">tout utiliser, et ça va toujours être le nutriment limitant qui va limiter la santé de ta</p>
<p class="p2">plante. Et donc, plus tu vas avoir un sol vivant, riche en nutriments, et donc de la</p>
<p class="p2">rotation de culture, parce que si tu as mis la même culture pendant des années, elle a</p>
<p class="p2">mangé un peu la même chose pendant des années, ton sol s'est appauvri de tout ça.</p>
<p class="p2">Donc soit tu rapportes de tout ça. Qui vont pouvoir renourrir le sol. Et tu as la partie vie</p>
<p class="p2">du sol, une plante qui a un microbiote qui s'appuie sur son microbiote, plein de</p>
<p class="p2">bactéries, plein de mycorhizes qui vont aller chercher plus loin, qui vont absorber</p>
<p class="p2">mieux. Les mycorhizes en particulier, elles ont un arsenal enzymatique qui leur permet</p>
<p class="p2">de solubiliser énormément d'oligo-éléments auxquels la plante n'a pas forcément accès</p>
<p class="p2">elle-même avec sa toolbox. son outillage génétique. Donc, quand on a un sol vivant, laplante, elle peut s'appuyer sur toutes ces symbioses-là, elle va avoir un statut</p>
<p class="p2">nutritionnel meilleur. Il y a déjà la santé du sol, le contenu vraiment de ce qu'il y a dans</p>
<p class="p2">ton sol, mais il y a aussi les symbioses qu'elle peut faire, qui lui donnent accès, qui</p>
<p class="p2">peuvent débloquer des nutriments. Et à ce moment-là, ta plante, elle va être bien plus</p>
<p class="p2">riche en tous ces oligo-éléments, qui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sont aussi ceux qui nous satisfaient et qui font à nous une bonne santé.</p>
<p class="p2">Là on voit tout à fait le parallèle entre les enzymes que produisent les mycorhizes et</p>
<p class="p2">l'assimilation des nutriments dans l'intestin avec le microbiote intestinal. Et par rapport</p>
<p class="p2">à la santé des plantes, on en a pu en reparler, on en reparlera très certainement</p>
<p class="p2">encore et encore. Je renvoie au triangle de nutrition de la plante de John Kempf pour</p>
<p class="p2">comprendre toutes les interfaces et la complexité pour monter dans les degrés de</p>
<p class="p2">nutrition et de métabolisme secondaire des plantes. Alors peut-être on peut faire le lien</p>
<p class="p2">justement sur les probiotiques et voir comment est-ce que quand on mange un</p>
<p class="p2">probiotique, est-ce que c'est mort ? Et du coup, quel rôle ça a ? Et à quel point est-ce</p>
<p class="p2">qu'on influence le.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Microbiote intestinal quand on ensemence comme ça de manière artificielle</p>
<p class="p2">le corps ? J'ai plusieurs questions dans ce que j'entends de ta question. Un</p>
<p class="p2">probiotique, par définition, c'est vivant, et la définition du probiotique dit que ça doit</p>
<p class="p2">aussi arriver dans des quantités adéquates pour avoir un bénéfice sur l'autre. Il y a</p>
<p class="p2">beaucoup de questions dans le secteur probiotique sur l'importance de la colonisation,</p>
<p class="p2">de l'engraftement. Est-ce que c'est important qu'un probiotique colonise et reste</p>
<p class="p2">longtemps dans l'intestin pour avoir un bénéfice ? Aujourd'hui, la réponse des</p>
<p class="p2">scientifiques, c'est que non. Tentativement, quand on prend un probiotique et qu'on est</p>
<p class="p2">en bonne santé adulte, on a déjà un microbiote qui est très implanté, c'est déjà une</p>
<p class="p2">équipe qui gagne. Un probiotique aura peu de place pour s'implanter à long terme.D'autant que si tu considères que l'intestin, c'est un tube qui est couvert d'une épaisse</p>
<p class="p2">couche de mucus, et ce mucus-là, déjà il est dégradé par le microbiote, mais il est</p>
<p class="p2">aussi poussé, excrété, en continu, et donc il est changé tous les trois jours à peu près.</p>
<p class="p2">Donc même un probiotique qui arrive à se développer, se multiplier dans le mucus, il</p>
<p class="p2">finira quand même un peu par être évincé, sauf s'il arrive vraiment à se multiplier et</p>
<p class="p2">remonter le type au fur et à mesure qu'il est expulsé. Mais en général, on considère</p>
<p class="p2">qu'un probiotique ne va pas coloniser, à moins que tu arrives sur des niches qui sont</p>
<p class="p2">plus ouvertes, donc le nouveau-né. Le nouveau-né, au moment où il naît, il est presque</p>
<p class="p2">stérile, et donc là il y a une niche où tu vas pouvoir le coloniser à long terme. Et c'est</p>
<p class="p2">super important que les nouveaux-nés soient inoculés par des bifidobactéries, je pense</p>
<p class="p2">en particulier à l'infantis. Dès leur premier jour, parce que là ça va pouvoir avoir un</p>
<p class="p2">impact sur toute leur vie. Ou alors quand tu vas prendre un gros traitement antibiotique,</p>
<p class="p2">ou tu vas avoir une coloscopie, tu vas repasser sur un gros nettoyage, ou alors après</p>
<p class="p2">une grosse diarrhée, en gros ton microbiote est tout d'un coup très appauvri, donc là tu</p>
<p class="p2">vas pouvoir réensemencer potentiellement sur plus de temps. Ceci dit, si ton</p>
<p class="p2">probiotique ne colonise pas, ça ne veut pas dire qu'il n'est pas effectif, parce que dans</p>
<p class="p2">tous les cas, il va interagir avec ton microbiote, avec ton système immunitaire, et c'est</p>
<p class="p2">ça que tu lui demandes. Tu prends une bactérie pour qu'elle interagisse, et elle va</p>
<p class="p2">pouvoir le faire de plein de façons différentes, en fonction de la bactérie. Il y a des</p>
<p class="p2">actions d'inhibition directe, des peptides antimicrobiennes qu'elles produisent, donc ça</p>
<p class="p2">c'est vraiment comme si tu prenais un probiotique pour les petits antibiotiques</p>
<p class="p2">spécifiques qu'il va prendre pour inhiber des pathogènes. Là, tu as diminué la charge</p>
<p class="p2">de pathogènes. tu vas avoir une interaction avec les cellules intestinales pour qu'elles</p>
<p class="p2">expriment plus, par exemple, les jonctions serrées. Et là, tu vas avoir un effet sur</p>
<p class="p2">remettre l'intestin plus intègre, qu'il ait moins de porosité. La porosité, c'est pas bien</p>
<p class="p2">pour plein de choses, pour l'inflammation, pour plein de problématiques métaboliques.</p>
<p class="p2">Tu vas avoir le côté production d'acide lactique qui augmente aussi l'acidité au niveauintestinal et qui diminue la charge de pathogènes, tu vas avoir tous les</p>
<p class="p2">neurotransmetteurs qui peuvent produire, toute la partie régulation de l'immunité, soit</p>
<p class="p2">allumer le système immunitaire pour mieux combattre les pathogènes, ton système va</p>
<p class="p2">après apporter des signaux pour l'immunité innée et l'immunité adaptive pour répondre</p>
<p class="p2">à une infection possible, et comme ton probiotique n'est pas virulent, tu vas allumer le</p>
<p class="p2">système immunitaire, mais il va pas ensuite s'attaquer aux probiotiques, mais aux</p>
<p class="p2">autres pathogènes dans ton intestin. Ce dont on a parlé tout à l'heure sur les</p>
<p class="p2">neurotransmetteurs. Même si un probiotique va être tendanciellement transitoire, tu</p>
<p class="p2">peux avoir tous ces effets-là. Et dans ta question, tu avais « est-ce qu'il peut agir même</p>
<p class="p2">quand il est mort ? ». Alors oui, mais pas forcément sur les mêmes mécanismes. Un</p>
<p class="p2">probiotique mort, ça s'appelle un postbiotique. Et à ce moment-là, il y a différentes</p>
<p class="p2">façons de faire des post-peutiques. Ça peut être des lisas, des fragments. Et à ce</p>
<p class="p2">moment-là, ça peut aussi activer les cellules d'antibiotiques, les cellules de l'immunité</p>
<p class="p2">ou les PPMC, qui vont activer une réponse, stimuler la différenciation de l'infocyte pour</p>
<p class="p2">faire des cytokines, je parle un petit peu dans un langage scientifique, mais en gros</p>
<p class="p2">pour faire des signaux pro-inflammatoires ou anti-inflammatoires à nouveau. Et ça, ça</p>
<p class="p2">peut se faire directement avec les lysades, les morceaux de la membrane, puisque</p>
<p class="p2">c'est là où sont exprimées les molécules qui vont activer ou non cette différenciation</p>
<p class="p2">des réponses immunitaires. Et puis tu vas avoir tout ce que ton postbiotique peut</p>
<p class="p2">apporter aussi au niveau de son cytoplasme, parce que tu l'apportes, peut-être intègre,</p>
<p class="p2">mais il va être digéré, et donc il va libérer ce qu'il a dans son cytoplasme. Et donc là</p>
<p class="p2">pareil, tu peux avoir des métabolites d'intérêt. Par exemple, nous dans la start-up</p>
<p class="p2">Target 10, sur la production d'un peptide qui était pro-saciété, on s'est rendu compte</p>
<p class="p2">qu'on avait un meilleur effet quand on avait une partie du probiotique qui est apporté</p>
<p class="p2">vivant et une partie mort. Et probablement, ce qu'on se disait, c'est que le vivant, il doit</p>
<p class="p2">permettre une réplication au niveau intestinal, et donc un effet un peu plus sur le long</p>
<p class="p2">terme, à plusieurs jours. Et le mort, peut-être qu'il apporte un petit boost au moment oùtu l'ingères, parce qu'il se fait dégrader, et donc il libère une certaine quantité de ce</p>
<p class="p2">peptide. Donc il y a différents mécanismes qui jouent. Sur la partie il y a aussi les post-</p>
<p class="p2">biotiques qui peuvent prendre la place, une espèce de compétition pour le locus. S'ils</p>
<p class="p2">s'attachent à la paroi intestinale, ils prennent la place pour le pathogène et donc ils</p>
<p class="p2">bloquent l'adhésion. Et nous c'est ce qu'on a pu montrer chez Bioprofs avec des post-</p>
<p class="p2">biotiques. On a fait des essais sur des cellules épithéliales intestinales et des essais</p>
<p class="p2">sur des cellules épithéliales vaginales et.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On a vu quand on met des post-biotiques avant de mettre des</p>
<p class="p2">pathogènes, on.</p>
<p class="p2">Nina Vino: A une réduction de l'adhésion des pathogènes. Qu'est-ce qui favorise les</p>
<p class="p2">maladies d'un point de vue du microbiote ? J'ai envie de dire, un peu comme dans le</p>
<p class="p2">sol, s'il y a un consensus au niveau du microbiote intestinal et de ses liens avec la</p>
<p class="p2">santé, c'est sur la diversité. On considère que plus on a un microbiote diversifié,</p>
<p class="p2">meilleure est la santé. Il y a des associations Si on a moins de diversité intestinale, on a</p>
<p class="p2">plus de risques d'obésité, de maladies cardiovasculaires, de cancers, d'infections. Je</p>
<p class="p2">pense notamment à l'infection intestinale la plus grave, à SIDIF. Je ne sais plus</p>
<p class="p2">comment elle a changé de nom, je crois que c'était avant Clostridium difficile,</p>
<p class="p2">maintenant c'est autrement Clostridioides ou quelque chose comme ça. Une maladie</p>
<p class="p2">qui est souvent nosocromiale est associée à la prise d'antibiotiques, parce que tu</p>
<p class="p2">diminues ta diversité intestinale, et donc cette bactérie-là, qui est souvent une</p>
<p class="p2">commensale, qui est souvent dans notre intestin de base, elle peut prendre le dessus.</p>
<p class="p2">Et quand elle prend le dessus, elle devient un espèce de cheval de guerre à nous</p>
<p class="p2">donner des diarrhées où tu peux en mourir. C'est des diarrhées qui ne t'arrêtent pas,</p>
<p class="p2">elles deviennent sanguinolentes, et c'est une infection très grave. Et c'est lié à ce qu'on</p>
<p class="p2">ait perdu la diversité intestinale, qui finalement a une équipe qui lui empêche de sedévelopper. Elle peut être là, mais elle n'arrivera jamais à prendre le dessus, parce qu'il</p>
<p class="p2">n'y a pas la place, parce qu'il n'y a pas les nutriments, parce qu'il y a de la compétition</p>
<p class="p2">sur plein de niveaux, avec les bactéries qui sont déjà présentes. Et c'est ce qu'on voit</p>
<p class="p2">aussi dans les sols, quand on écoute le podcast de John Kemp, qui parle souvent de «</p>
<p class="p2">disease suppressive soils », les sols qui sont qui préviennent l'établissement des</p>
<p class="p2">maladies, c'est des sols qui sont riches au niveau microbien. Et donc.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Il y a une maladie qui arrive, elle n'arrive pas à se développer parce</p>
<p class="p2">qu'elle arrive déjà dans un milieu qui est presque saturé. Ok, donc on voit bien les</p>
<p class="p2">conditions de développement de ces bactéries, qu'elles retrouveraient en fait les</p>
<p class="p2">conditions parfaites pour se multiplier, autant dans la nourriture qu'on ingère, mais</p>
<p class="p2">aussi dans les conditions, si je comprends bien, de l'intestin, un peu comme dans un</p>
<p class="p2">sol. Si on est dans un sol anaérobie ou très acide, on va avoir un.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Développement de bactéries. Comment est-ce qu'on favorise un milieu</p>
<p class="p2">intestinal sain ? Est-ce que c'est juste avec les aliments ou est-ce qu'il y a d'autres</p>
<p class="p2">choses qu'on peut faire ? C'est intéressant comme question. Il y a d'autres choses</p>
<p class="p2">qu'on peut faire, mais qui sont pour moi encore assez mystérieuses. On s'est rendu</p>
<p class="p2">compte qu'on avait d'autres leviers que l'alimentation et la prise de micro-organismes.</p>
<p class="p2">Par exemple, bien dormir, ne pas être trop stressé, ça joue le sport, une activité</p>
<p class="p2">physique. Alors pas intense, c'est intéressant, il y a une espèce de courbe en U</p>
<p class="p2">inversée. Si on ne fait pas de sport, ça ne fait pas du bien au microbiote intestinal. Si on</p>
<p class="p2">fait du sport à très haut niveau, c'est aussi un stresseur pour le microbiote intestinal.</p>
<p class="p2">Déjà le sport à très haut niveau, ça peut causer des diarrhées, des problématiques</p>
<p class="p2">intestinales. Donc il y a une espèce de sport régulier, mais à un niveau d'intensité</p>
<p class="p2">intermédiaire qui est positif pour le microbiote. Ça, je saurais même pas t'expliquer</p>
<p class="p2">comment ça marche, mais c'est ce qu'on a observé. Et puis, il y a évidemment le lien àla nature. Être dehors, aller en forêt, toucher la terre, les plantes, là où il y a une</p>
<p class="p2">diversité microbienne, c'est hyper positif pour les microbiotes. Et moi qui m'intéresse un</p>
<p class="p2">peu au One Health, j'avais vu des présentations sur certaines des dernières</p>
<p class="p2">conférences, j'ai adoré les approches dans les Nordiques, Il y a Aki Sinkonen et Maria</p>
<p class="p2">Roslund, je crois, qui travaillent sur ça, qui travaillent sur des cours de récréation</p>
<p class="p2">revégétalisées, des bacs à sable où ils inoculent avec des micro-organismes. Et ça, ça</p>
<p class="p2">a permis d'avoir des enfants qui avaient un microbiote plus diversifié, un système</p>
<p class="p2">immunitaire qui marchait mieux. Ils ont observé jusqu'à une amélioration des</p>
<p class="p2">comportements, de la concentration des enfants en classe, une diminution de</p>
<p class="p2">l'agressivité, juste en changeant la cour de récré et en inoculant le bac à sable en gros.</p>
<p class="p2">Et il y a une étude, alors je crois qu'elle n'est pas encore publiée, mais c'était Maria</p>
<p class="p2">Hochland qui en parlait en juin, ils ont fait se laver les mains dans un sol riche, à des</p>
<p class="p2">gens avant leur repas et avant d'aller se coucher. En gros, au lieu de se laver les mains</p>
<p class="p2">avant d'aller manger, ils se trempaient les mains dans un sol riche. Après, ils avaient le</p>
<p class="p2">droit de se les rincer quand même pour ne pas manger avec les mains sales, mais se</p>
<p class="p2">les rincer sans savon, juste avec de l'eau. Ils ont été regarder ce que ça faisait au</p>
<p class="p2">niveau du microbiote. Ça enrichissait le microbiote intestinal, ça améliorait aussi les</p>
<p class="p2">paramètres de l'immunité et ça améliorait la réponse à la vaccination, qui est aussi liée</p>
<p class="p2">au microbiote. Et donc ça pose aussi la question, qu'est-ce qu'on peut faire pour se</p>
<p class="p2">redonner du contact avec ce ré-ensauvagé au niveau microbien ? Il y a d'autres études</p>
<p class="p2">sur, par exemple, les enfants et les colonies de cheval. Les enfants, quand ils sont en</p>
<p class="p2">contact avec un cheval, ils se prennent un peu du microbiote du cheval. Et ça, ça les ré-</p>
<p class="p2">enrichissait. Il y a d'autres... Ça me fait penser ça. à Francesco Di Piero, qui donne des</p>
<p class="p2">cours sur le microbiote et sur l'analyse des tests de microbiote intestinal en Italie. Et lui,</p>
<p class="p2">il fait pas mal de case studies et il disait qu'il y a une dame qui est arrivée</p>
<p class="p2">complètement dysbiotique, bourrée de fusobactéries, qui ne sont pas positives chez</p>
<p class="p2">elle. Les fusobactéries, elles sont liées au cancer colorectal et à pas mal depathologies. Et en fait, en cherchant dans son style de vie pourquoi est-ce qu'elle était</p>
<p class="p2">bourrée de fusobactéries, Il a compris que c'était une éleveuse de chiens qui vivait en</p>
<p class="p2">symbiose totale avec 4 ou 5 chiens qui dormaient avec elle, passaient son temps à leur</p>
<p class="p2">donner des friandises, à voir les mains dans leur gueule, etc. Et donc elle avait pris le</p>
<p class="p2">microbiote du chien. Et le microbiote du chien, il est hyper riche en physobactéries,</p>
<p class="p2">sauf que pour lui ça va, mais pour elle, elle en avait trop. Et donc au lieu de lui dire, je</p>
<p class="p2">me mange différemment, on prend des probiotiques ou on fait un traitement</p>
<p class="p2">antibiotique, il a dit, si tu pouvais mettre un petit peu plus d'hygiène entre toi et.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les chiens, je suis sûre que ça aiderait. En général, on va vers le ré-</p>
<p class="p2">ensauvagement, si tu veux. Là, c'était le contre-exemple parce que ça fait rire.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Il a y des extraits, oui. Alors, tu as mentionné le One Health. Qu'est-ce que</p>
<p class="p2">c'est le One Health pour toi et qu'est-ce que ça t'apporte cette réflexion ? Le One</p>
<p class="p2">Health, ou une seule santé, c'est le lien entre toutes les santés. C'est de dire que la</p>
<p class="p2">santé humaine n'est pas déconnectée de la santé de la plante, de la santé du sol, de la</p>
<p class="p2">santé de l'environnement, de la santé de l'animal, et qu'on ne pourra pas avoir l'un sans</p>
<p class="p2">les autres. Et moi, ce que ça m'inspire, c'est d'aller justement chercher ces liens.</p>
<p class="p2">Pourquoi est-ce que la santé du sol est si importante pour la santé humaine ? Et en</p>
<p class="p2">fait, je me rends compte, en plongeant un peu dans ce monde-là qui est fascinant, que</p>
<p class="p2">c'est quelque chose qu'on savait déjà depuis presque un siècle. J'ai vu des</p>
<p class="p2">publications, il y a Céline Pessy je crois, qui est une historienne de l'agriculture, qui a</p>
<p class="p2">beaucoup regardé les origines du bio, et en fait ça vient de l'après-guerre. Quand il y a</p>
<p class="p2">eu l'après-guerre et justement le changement des pratiques parce qu'on a eu accès au</p>
<p class="p2">pétrole à haute dose et puis au procédé à Haber-Bosch pour faire des fertilisants</p>
<p class="p2">azotés. On a changé l'approche à l'agriculture, on a mécanisé et on a apporté ces</p>
<p class="p2">produits physiques. Et donc il y a eu cette voie d'opposition qui est née en même tempsqu'il y a eu cette transformation de l'agriculture. Et dans cette voie de l'opposition, dès</p>
<p class="p2">l'après-guerre, pour les années 30 et les années 50, on a déjà vu des gens qui se</p>
<p class="p2">levaient pour dire attention, la santé humaine dépend de la santé des sols, et on</p>
<p class="p2">change la qualité nutritionnelle des aliments en changeant la façon dont on sélectionne</p>
<p class="p2">les plantes et dont on les élève, dont on les cultive. Donc pour moi, la santé unique,</p>
<p class="p2">c'est ça, c'est comment est-ce qu'on peut chercher un peu à changer le discours de</p>
<p class="p2">l'agriculture, pas plus de l'agriculture mais de l'environnement et de l'écologie. faire de</p>
<p class="p2">l'écologie, ce n'est pas essayer de soigner la terre comme si la terre était séparée de</p>
<p class="p2">nous. C'est essayer de soigner l'ensemble de toutes ces interrelations. Et je suis</p>
<p class="p2">fondamentalement convaincue qu'on n'aura pas de santé humaine sans passer par la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes. Et on commence à vraiment voir ce retour de bâton. Oui,</p>
<p class="p2">quand on a des microplastiques dans les sols, déjà ça joue sur la fertilité, mais ça joue</p>
<p class="p2">aussi sur la concentration de pathogènes qui vivent dans les microplastiques. Et il y a</p>
<p class="p2">une espèce de réaction en chaîne de domino, qui nous revient en pleine face, et ben</p>
<p class="p2">oui, moi aussi, tiens, on concentre les microplastiques, et qu'est-ce que ça fait sur notre</p>
<p class="p2">risque de neurodégénérescence, etc. Donc il y a plein de publications sur microbiote et</p>
<p class="p2">dégénérescence. Ah.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ben tiens, on voit maintenant les publications qui naissent sur les liens</p>
<p class="p2">entre les microplastiques dans les socs, qu'on retrouve ici.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Qu'On retrouve là, et la boucle est bouclée. Bon, super. On a couvert</p>
<p class="p2">beaucoup d'éléments. Est-ce qu'il y a des découvertes récentes qui t'ont</p>
<p class="p2">particulièrement intéressé, que tu aimerais pouvoir partager ici ? J'ai été assez</p>
<p class="p2">interpellée, mais je viens de t'en parler déjà par les travaux d'Aki Sinkonen et Maria</p>
<p class="p2">Roslund qui essayent de travailler sur la santé humaine par les inséminations de</p>
<p class="p2">microbes par l'environnement. avec des études sur quand on jardine, même lejardinage à l'intérieur, quand on met les mains dans la terre, et bien c'est pas la même</p>
<p class="p2">chose quand on met les mains dans une terre d'un compost riche, et quand on met les</p>
<p class="p2">mains dans une terre qui est appauvrie. C'est pas la même chose de se laver les mains</p>
<p class="p2">avant de manger avec de l'eau et du savon, ou de passer d'abord par être trompée</p>
<p class="p2">dans une terre riche. Et puis dans ces pensées One Health, il y a une réalisation que je</p>
<p class="p2">trouve intéressante, le One Health passe par les microbes qui connectent tous les</p>
<p class="p2">microbiomes. Et je trouve que c'est intéressant de penser de façon plus large. En fait,</p>
<p class="p2">même dans le secteur microbiote, on pense en silos. Et moi, je fais l'erreur tout le</p>
<p class="p2">temps. Parce que c'est difficile de s'extraire du langage. On a parlé pendant le podcast</p>
<p class="p2">de microbiote intestinal et de microbiote du sol et de microbiote de la pomme et de</p>
<p class="p2">microbiote de la plante. Mais en fait, est-ce qu'il n'y a pas un seul microbiote et des flux</p>
<p class="p2">entre toutes ces sous-parties du microbiote ? Le microbiote de la pomme, quand tu l'as</p>
<p class="p2">mangé la pomme, est-ce que ce n'est pas ton microbiote à toi ? Est-ce qu'on ne peut</p>
<p class="p2">pas essayer de dé-siloter cette pensée, même au niveau du microbiome, pour arriver à</p>
<p class="p2">connecter ce One Health, ses liens, ses flux, ses dynamiques ? Je ne suis pas en train</p>
<p class="p2">de rebondir sur une étude en particulier, mais j'ai envie de dire qu'il y a un changement</p>
<p class="p2">épistémique. Justement en parlant de changement épistémique, j'ai là un papier que j'ai</p>
<p class="p2">trouvé après le plan MARVAL, où il y a des travaux intéressants de Manuel Blouin, j'ai</p>
<p class="p2">regardé sur PubMed ce qu'avait fait Manuel Blouin, et j'ai trouvé une étude magnifique</p>
<p class="p2">qui dit « Epistemic revolution induced by microbiome studies and interdisciplinary view</p>
<p class="p2">». Et donc, comment est-ce que les études sur le microbiote sont à la source d'une</p>
<p class="p2">révolution épistémique, d'une révolution du savoir, de comment on pense la</p>
<p class="p2">connaissance, et comment on la pense de façon de plus en plus pluridisciplinaire et</p>
<p class="p2">désanthropomorphisé, en mettant justement ce microbe au cœur de plein de choses.</p>
<p class="p2">Et donc c'était comment est-ce qu'on peut exprimer le microbiome au travers de l'art ?</p>
<p class="p2">Comment est-ce qu'il s'exprime au travers d'un point de vue juridique ? Est-ce que</p>
<p class="p2">quand on essaie de donner des droits à la nature, on n'essaie pas aussi de défendreune biodiversité, on ne devrait pas aussi donner des droits à la diversité du microbiote,</p>
<p class="p2">c'est-à-dire défendre la diversité du microbiote, puisqu'elle appartient aussi à notre</p>
<p class="p2">santé et à cette santé planétaire ? Et donc poser des questions de.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Multidisciplinarité sur toutes.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Ces connexions qu'il y a entre plein de choses. Je recommande le papier, il</p>
<p class="p2">y a aussi le Shinrin-Yoku, Je ne sais pas si tu as entendu parler de Shinrin-yoku, le</p>
<p class="p2">bain de forêt j*******. Vas-y, vas-y, parle-nous-en. Le Shinrin-yoku, c'est donc la pratique</p>
<p class="p2">thérapeutique du bain de forêt qui a été démontré qu'elle stimule notre bien-être</p>
<p class="p2">émotionnel et mental, mais aussi nos défenses immunitaires. Il y a quelques éléments</p>
<p class="p2">On a trouvé des composés moléculaires qui font ça, mais c'est aussi lié à la pleine</p>
<p class="p2">conscience en fait. Tu vas dans la forêt, en ouvrant tous tes sens, tu entends les sons</p>
<p class="p2">de la forêt, tu touches. L'idéal c'est d'y aller sans rien, t'as pas de téléphone, pas</p>
<p class="p2">d'appareil photo, rien du tout, nu pied, et tu touches, tu sens les odeurs, tu vois, tu</p>
<p class="p2">écoutes, et ça c'est hyper thérapeutique. Et il y a une.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Composée aussi microbienne de lien, Mais il n'y a pas que ça. Cette</p>
<p class="p2">reconnexion à la nature, je pense qu'elle fait partie aussi de la dimension One Health,</p>
<p class="p2">une reconnexion qui.</p>
<p class="p2">Nina Vino: N'Est pas que physique, mais aussi émotionnelle. Alors, de plus en plus, tu</p>
<p class="p2">travailles avec des agriculteurs. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu sens être encore</p>
<p class="p2">très compliqué ou difficile à entendre ? Il y a un truc qui m'interpelle beaucoup et qui</p>
<p class="p2">encore peut regarder, pas seulement par les agriculteurs, mais par les filières, par les</p>
<p class="p2">semenciers, par toute la filière agricole. C'est dans quelles conditions est-ce qu'on a</p>
<p class="p2">sélectionné les variétés culturales ? On a souvent sélectionné dans des sols quin'étaient pas vivants. On a souvent sélectionné dans des conditions très fertilisées où</p>
<p class="p2">la plante, on lui apportait tout ce dont elle avait besoin pour produire au max. Du goutte</p>
<p class="p2">à goutte nutritionnel si tu veux. Est-ce que dans ces conditions-là, on a pu sélectionner</p>
<p class="p2">pour des plantes qui forment bien des symbioses ? Il faut qu'on se repose sur ces</p>
<p class="p2">questions-là pour arriver à sélectionner pour ce trait-là la capacité à former des</p>
<p class="p2">symbioses. C'est compliqué d'avoir un discours de ce type-là, parce qu'il y a tout un</p>
<p class="p2">screening à faire sur les variétés les plus répondantes et moins répondantes. Mais ça</p>
<p class="p2">fait partie de ce qu'on teste sur le terrain, il faut absolument prendre la variété en</p>
<p class="p2">compte. Et les semenciers devraient aussi apprendre à sélectionner sur sol vivant et je</p>
<p class="p2">me rends compte de la complexité que ça représente parce que sur sol vivant on</p>
<p class="p2">apporte une variabilité énorme et ce qui les intéresse eux c'est de diminuer la</p>
<p class="p2">variabilité au maximum pour vraiment voir les différences de.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Paramètres qui s'expriment, de caractéristiques recherchées. Mais si on</p>
<p class="p2">ne sélectionne pas.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Sur un.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sol vivant ou avec les biostimulants qu'on veut qu'ils soient capables de</p>
<p class="p2">s'associer avec la plante, comment est-ce qu'on va sélectionner sur.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Le trait de capacité à s'y associer ? On en revient aux semences paysannes</p>
<p class="p2">et aux semences population. Aussi, exactement. OK, on a couvert beaucoup de choses</p>
<p class="p2">déjà. Est-ce qu'il y a une question que je n'ai pas posée, auxquelles tu aurais aimé</p>
<p class="p2">répondre ? Peut-être celle des livres, des livres que je recommanderais, parce que ça a</p>
<p class="p2">beaucoup joué, moi, sur mon orientation, sur mon choix. De joindre le microbiote</p>
<p class="p2">intestinal et le microbiote du sol. Donc j'ai envie de recommander... J'en ai déjà parléplusieurs fois depuis qu'on se parle. Il y a What Your Food Ate qui m'a vraiment fait</p>
<p class="p2">comprendre que la qualité nutritionnelle et donc la santé intestinale et tous les</p>
<p class="p2">probiotiques et ces micronutriments importants dépendent de la façon dont on cultive. Il</p>
<p class="p2">y a les livres de Marc-André Solos. Pas mal influencé aussi, il n'y a jamais seul et</p>
<p class="p2">l'origine du monde. Une seule santé que tu as lue aussi depuis la réveille, qui connecte</p>
<p class="p2">beaucoup la nutrition animale à la santé animale et à la santé de l'homme qui mange</p>
<p class="p2">ses produits animaux. Teeming with microbes, pour les gens qui s'intéressent au</p>
<p class="p2">microbiote du sol, au thé de compost, c'est intéressant pour vraiment, bon, il y a</p>
<p class="p2">Teeming with microbes et puis tous les travaux de Leningham sur le Soil Food Web. Je</p>
<p class="p2">pense que c'est super important quand on veut travailler sur sol vivant, de comprendre</p>
<p class="p2">ces interactions trophiques, ça nous passe de la biodiversité. Et puis il y a évidemment</p>
<p class="p2">la révolution d'un seul.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Brin de paille qui m'a mise en dessus dessous, en connectant</p>
<p class="p2">l'agriculture, la philosophie. C'est un pionnier fukuoka de l'agriculture régénérative, mais</p>
<p class="p2">aussi un grand sage à moitié taoïste, bouddhiste, qui fait le lien entre la culture</p>
<p class="p2">humaine et la culture du sol. Génial, c'est une très, très belle liste.</p>
<p class="p2">Nina Vino: Il y a de quoi se régaler là. Donc, tu as aussi un blog sur lequel tu partages</p>
<p class="p2">beaucoup de super ressources. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu aimerais</p>
<p class="p2">partager où les gens peuvent te suivre ou voir un petit peu ton travail ? Pour me suivre,</p>
<p class="p2">c'est clairement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sur LinkedIn, avec un blog où j'essaie.</p>
<p class="p2">Nina Vino: De partager l'enthousiasme et le levier que.Lennan Bate: Représentent les microbes dans la santé humaine et planétaire, et des</p>
<p class="p2">sols. Et puis dans les autres ressources, moi j'aime bien les podcasts de John Kemp et</p>
<p class="p2">de Graham Seitz. Merci beaucoup Nina, merci pour ton temps. Merci à toi Lennan, c'était</p>
<p class="p2">un plaisir.</p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Depuis le début de ce podcast, on explore l’importance de la vie du sol pour la vitalité des plantes, des animaux, et plus largement des systèmes agricoles. Aujourd’hui, nous allons faire un pas de plus, en traçant les parallèles entre ce qui se passe sous nos pieds et ce qui se passe dans nos entrailles.
C’est un sujet qui me tient très à coeur et pour nous guider dans cet univers où se croisent agronomie, biologie, santé humaine et philosophie du vivant, j’ai le plaisir d’accueillir Nina Vinot.
Ensemble, on abordera les sujets d’ensemencent microbien, pourquoi certains micro-organismes colonisent… et d’autres pas, de l’impact de notre alimentation et de nos pratiques agricoles. On regardera les parallèles que l’on peut faire entre sol, plante, animal et humain, bref un épisode qui aide à comprendre comment le vivant s’organise, se régule… et comment nos choix influencent tout le système.
 
Suivre le travail de Nina Vinot
https://www.linkedin.com/in/nina-vinot/?originalSubdomain=fr
 
Liens et références citées : 
 
Marc andré Selossehttps://actes-sud.fr/contributeurs/marc-andre-selosse
 
Pauline Woerhlehttps://herbivor.fr/
Pour récouter le podcast avec Pauline Woerhle :
 https://open.spotify.com/episode/6IYHSC7jRW9DkUXAgu2QaR?si=f5cb33cab1ef4a02
 
Cyber Agrocare
https://www.cybele-agrocare.com/
Bioprox HealthCare
https://www.bioprox-healthcare.com/
 
Americain Gut Project
https://journals.asm.org/doi/10.1128/msystems.00031-18
 
La pyramide de la santé des plantes de John Kempf
https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/
 
Plan Marval
https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Plan_Marval_-_Indicateurs_des_sols_vivants
 
Elaine Ingham
https://www.soilfoodweb.com/
 
Podcast de Graeme Sait
https://open.spotify.com/show/4UD6j4HPoF3YIRJIZUjiBT
 
Podcast de John Kempf
https://open.spotify.com/show/14s0owdUUxjTYUeNXpWnv8
 
 
Livres cités : 
 
What your Food Ate, Biklé &amp; Montgomery
https://www.fnac.com/livre-numerique/a16393531/David-R-Montgomery-What-Your-Food-Ate-How-to-Heal-Our-Land-and-Reclaim-Our-Health
 
Jamais seul - Marc André Selosse
https://actes-sud.fr/jamais-seul
 
L’origine du monde -  Marc André Selosse
https://www.librairie-permaculturelle.fr/ecosystemes-ecologie/833-livre-l-origine-du-monde-une-histoire-naturelle-du-sol-a-l-intention-de-ceux-qui-le-pietinent-marc-andre-selosse.html
 
Une seule santé - Pierre Weill
https://actes-sud.fr/catalogue/nature-et-environnement/une-seule-sante
 
Teaming with Microbes - Jeff Lowenfels (en français un sol vivant, un allié pour cultiver)
https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/un-sol-vivant-un-allie-pour-cultiver-9782812610363/
 
 
La révolution d’un seul brin de paille - Masanobu Fukuoaka
https://www.librairie-permaculturelle.fr/agriculture-naturelle/17-livre-la-revolution-d-un-seul-brin-de-paille-masanobu-fukuoka.html
Transcription : 
 
Episode 29 - Les liens entre microbiologie du sol et
microbiote intestinal avec Nina Vinot
Nina Vino: Faire de l'écologie, ce n'est pas essayer de soigner la Terre comme si la
Terre était séparée de nous. C'est essayer de soigner l'ensemble de toutes ces
interrelations. Et je suis fondamentalement convaincue qu'on n'aura pas de santé
humaine sans passer par la santé des écosystèmes.
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la
santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture
occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire
des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne
notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin
d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture
réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au
travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Comme
je te disais la dernière fois, o]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
        <itunes:explicit>false</itunes:explicit>
        <itunes:block>No</itunes:block>
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        <itunes:episodeType>full</itunes:episodeType>
            </item>
    <item>
        <title>28 - Des méthodes novatrices pour les cultures industriels avec Baptiste Maitre</title>
        <itunes:title>28 - Des méthodes novatrices pour les cultures industriels avec Baptiste Maitre</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/28-des-methodes-novatrices-pour-les-cultures-industriels-avec-baptiste-maitre/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/28-des-methodes-novatrices-pour-les-cultures-industriels-avec-baptiste-maitre/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 10:04:55 -0400</pubDate>
        <guid isPermaLink="false">renoueepodcast.podbean.com/45c3b726-07df-3ab9-855e-543a662a4fe3</guid>
                                    <description><![CDATA[<p>Et si l’on pouvait concilier des plantes saines et vigoureuses, un sol vivant et des coûts de production maîtrisés ?</p>
<p>Entre l’équilibre chimique, la structure du sol, les couverts végétaux, la nutrition des plantes et les techniques culturales, les leviers à activer sont nombreux. Baptiste Maitre, formateur en agronomie et spécialiste de la fertilité des sols, nous parle dans cet épisode de méthodes et protocoles qu’il met au point avec un groupe d’agriculteurs particulièrement dynamiques du Nord de la France.</p>
<p>Une discussion très clair autour de leviers agronomiques concrets mis en œuvre par ce collectif et Baptiste. L’une des pratiques qui a particulièrement retenu mon attention : le broyage-compostage de surface des engrais verts qui avait été discuté dans un précédent interview de John Kempf.


</p>
<p class="p1">Baptiste Maitre</p>
<p class="p2"><a href='https://www.facebook.com/p/Ver-des-sols-vivants-100057237647959/'>https://www.facebook.com/p/Ver-des-sols-vivants-100057237647959/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.ver-des-sols-vivants.fr/'>https://www.ver-des-sols-vivants.fr/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.linkedin.com/in/baptiste-maitre-221a471a/'>https://www.linkedin.com/in/baptiste-maitre-221a471a/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Fredéric Thomas</p>
<p class="p2"><a href='https://agriculture-de-conservation.com/-Frederic-Thomas-.html'>https://agriculture-de-conservation.com/-Frederic-Thomas-.html</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Friedrich &amp; Manfred Wenz</p>
<p class="p2"><a href='https://agriculture-de-conservation.com/Chez-Friedrich-et-Manfred-Wenz-25,324.html'>https://agriculture-de-conservation.com/Chez-Friedrich-et-Manfred-Wenz-25,324.html</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Francis Bucaille</p>
<p class="p2"><a href='https://www.podbean.com/ew/pb-7upw8-163425a'>https://www.podbean.com/ew/pb-7upw8-163425a</a></p>
<p class="p2"><a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Utilisateur:Francis_Bucaille'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Utilisateur:Francis_Bucaille</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Méthode Merci - Méthode d’estimation des restitutions par les cultures intermédiaires</p>
<p class="p2"><a href='https://methode-merci.fr/'>https://methode-merci.fr/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">La pyramide de la santé des plantes de John Kempf</p>
<p class="p2"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/'>https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">“Carence en Manganese après usage de Glyphosate”</p>
<p class="p2"><a href='https://www.agro-league.com/blog/le-manganese-est-essentiel'>https://www.agro-league.com/blog/le-manganese-est-essentiel</a>


Transcription : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">28 - Des méthodes novatrices pour les cultures</p>
<p class="p1">industriels avec Baptiste Maitre</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Pour</p>
<p class="p2">cet épisode, je reçois Baptiste Maître formateur en agronomie et spécialiste de la</p>
<p class="p2">fertilité des sols. Soyez prévenus, il s'agit d'une discussion technique où l'on parle de</p>
<p class="p2">fertilité des sols, de technique culturelle, notamment en culture industrielle. Cette</p>
<p class="p2">discussion a eu lieu au moment de la loi Duplon, de juillet 2025, qui proposait</p>
<p class="p2">notamment la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide organochloré de la famille</p>
<p class="p2">des néonicotinoïdes. L'argument pour son utilisation étant l'absence d'alternatives ou</p>
<p class="p2">de solutions face à certains ravageurs pour, en particulier, les cultures de betteraves</p>
<p class="p2">sucrières et de noisettes. Une pétition, contre sa réintroduction, a alors récolté plus de</p>
<p class="p2">2 100 000 signatures. Quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a</p>
<p class="p2">invalidé cette mesure, la jugeant contraire à la charte de l'environnement. Pour</p>
<p class="p2">recontextualiser, en 2016, une pétition qui réclamait l'interdiction des néonicotinoïdes</p>
<p class="p2">en France avait recueilli, elle, environ 130 000 signatures. Autant dire que la</p>
<p class="p2">conscience collective évolue. La dernière fois qu'on s'était parlé, j'avais été très inspiré</p>
<p class="p2">par tous les protocoles que tu mettais en place avec les agriculteurs que tu</p>
<p class="p2">accompagnes. Notamment, tu m'as parlé de 2-3 techniques assez chouettes, donc</p>
<p class="p2">j'aimerais bien qu'on discute plus en détail. Mais peut-être pour commencer, tu peux teprésenter, nous parler un petit peu de l'étendue de ton travail et comment t'en es arrivé</p>
<p class="p2">à faire ce que tu fais.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Super content d'être avec toi. Baptiste Maitre, moi je suis agronome</p>
<p class="p2">indépendant, ça fait 8 ans maintenant que j'ai créé ma société qui s'appelle Vers des</p>
<p class="p2">sols vivants. J'ai un parcours un peu atypique parce que mes parents ne sont pas issus</p>
<p class="p2">du milieu agricole, mais j'ai toujours été passionné par l'agriculture. J'ai fait un lycée à</p>
<p class="p2">l'école, j'ai fait un BTS technologie végétale. mais c'était très phyto, c'était dans les</p>
<p class="p2">années 2010, donc du coup très... telle matière active pour telle maladie, etc. Et j'ai pas</p>
<p class="p2">non plus une fibre commerciale forte, donc je me voyais pas faire technico-commercial.</p>
<p class="p2">Et donc le déclic, ça a été le DVD de Frédéric Thomas sur l'agriculture de conservation</p>
<p class="p2">des sols, où je me suis dit, c'est... C'est de l'agronomie que je veux faire et pas de la</p>
<p class="p2">phytotechnie. Et donc après j'ai tapé bêtement licence pour continuer mes études. Je</p>
<p class="p2">suis tombé sur la formation à Amiens avec Thierry Tétu, sur une formation agriculteur</p>
<p class="p2">de conservation des sols, une licence professionnelle. Donc je me suis inscrit, j'ai fait</p>
<p class="p2">un apprentissage à l'institut technique de la betterave, donc du coup ça m'a commencé</p>
<p class="p2">à mettre le pied à l'étrier dans les cultures industrielles. On verra par la suite que c'est</p>
<p class="p2">ce qui oriente aujourd'hui mon travail. Et puis ensuite j'ai refait une licence pro, pas tant</p>
<p class="p2">pour le côté scolaire mais plus pour le côté contrat d'apprentissage et là j'étais à l'INRA</p>
<p class="p2">de Grignon et j'ai travaillé sur l'impact des systèmes de culture sur les populations de</p>
<p class="p2">vers de terre. Je me suis pris d'amour un peu pour les vers de terre et ça venait</p>
<p class="p2">compléter la corde agronomique. C'était un peu le chef d'orchestre et d'où le jeu de</p>
<p class="p2">mots vers des sols vivants avec le vers pour rendre hommage à ça parce que c'était</p>
<p class="p2">vraiment passionnant. Mais par contre, les verres de terre, c'est un peu limité. Si je</p>
<p class="p2">venais à approcher les agriculteurs juste avec cette corde et cette fibre verre de terre,</p>
<p class="p2">c'était un peu juste. Du coup, j'ai rajouté des cordes à mon arc. Je suis passé par la</p>
<p class="p2">pédologie à l'INRA d'Orléans, sur le réseau de mesure de la qualité des sols. Là, j'ai vudes sols du nord au sud, de l'est à l'ouest. Du coup, ça m'a permis de mettre le doigt</p>
<p class="p2">dans les sols et de vraiment les décrire. Par contre, Il manque souvent dans la</p>
<p class="p2">pédologie l'approche aussi agronomie pour faire les liens entre ce qu'on voit et ce</p>
<p class="p2">qu'on... Et moi avec mon cursus et ma curiosité, je voyais que je pouvais commencer à</p>
<p class="p2">faire des liens donc ça orientait un peu la suite de mon parcours et ça m'a renforcé</p>
<p class="p2">dans cette idée-là. Je passais par la chambre d'agriculture où j'étais responsable de la</p>
<p class="p2">fertilité des sols et puis ensuite j'ai eu l'opportunité de travailler sur un projet qui</p>
<p class="p2">s'appelait Sol Vert. L'objectif c'était de faire de la... l'agriculture de conservation des</p>
<p class="p2">sols, entre guillemets, en système pommes de terre, betterave, légumes d'industrie. Et</p>
<p class="p2">donc là, j'ai vraiment mis le pied dans la culture industrielle. J'avais déjà vu la betterave,</p>
<p class="p2">mais là, de faire des pommes de terre, faire des épinards, des haricots verts. Et donc</p>
<p class="p2">ça ne m'a jamais lâché après les cultures industrielles. Et donc aujourd'hui, c'est une</p>
<p class="p2">grosse partie de mon activité. Comment on peut faire ? Parce que le discours, c'était</p>
<p class="p2">vraiment de dire, vous, vous êtes en patate, en pétrave, donc vous ne pourrez jamais</p>
<p class="p2">faire du semi direct. Ce n'était pas un discours qui me convenait. Et donc, du coup, j'ai</p>
<p class="p2">cherché à creuser un peu comment est-ce qu'on peut adapter à ces cultures-là. toutes</p>
<p class="p2">les méthodes agronomiques qu'on connaît, les couverts végétaux, la réduction du</p>
<p class="p2">travail du sol, comment on peut améliorer les structures de sol. Et puis voilà où j'en suis</p>
<p class="p2">aujourd'hui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Peut-être rentrons directement dans le vif de ce sujet, parce</p>
<p class="p2">qu'effectivement, c'est passionnant. Quel est ton protocole ? Qu'est-ce que vous mettez</p>
<p class="p2">en place sur ces cultures-là ? Parlez-nous un petit peu des techniques que vous avez</p>
<p class="p2">mises en place.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: On a essayé de construire et on s'est beaucoup inspiré. La plupart des</p>
<p class="p2">agriculteurs que j'accompagne, ils ont suivi une formation avec deux agronomesallemands, Friedrich Wenz et Nasser Ditmar, qui ont amené un peu le concept</p>
<p class="p2">d'agriculture régénérative avant l'agri-bashing qu'on peut entendre. Ce que j'aime bien,</p>
<p class="p2">c'est que ça repose un peu le cadre de comment on régénère les sols. Et du coup, en</p>
<p class="p2">premier lieu, il y a vraiment l'état d'équilibre des sols. J'ai passé trois jours avec Francis</p>
<p class="p2">Bucaille, il y a récemment, et du coup, on a beaucoup reparlé d'équilibrer les sols, de</p>
<p class="p2">s'assurer que ce soit bien équilibré, notamment au niveau des bases. Regardez le</p>
<p class="p2">calcium, le magnésium. le soufre, etc. Donc il y a vraiment cette idée de comment mon</p>
<p class="p2">sol est équilibré chimiquement, et puis après on empile des leviers pour pouvoir</p>
<p class="p2">améliorer ça. Donc le deuxième point c'est vraiment la structure du sol. Donc une fois</p>
<p class="p2">qu'on a regardé un peu l'équilibre chimique, il faut aller regarder la structure parce qu'il</p>
<p class="p2">faut quand même que les racines puissent descendre dans le sol. Et donc là on vient si</p>
<p class="p2">besoin, et c'est vraiment Il ne faut pas être dogmatique, c'est-à-dire que s'il y a besoin</p>
<p class="p2">on vient fissurer avec une dent fissuratrice ou un décompacteur. Et là, ce qu'on a</p>
<p class="p2">rajouté, en fait, c'est qu'on vient injecter derrière la dente de fissuration des micro-</p>
<p class="p2">organismes pour aider à restructurer les sols. Alors, je fais des raccourcis, mais en</p>
<p class="p2">gros, on oxyde le sol quand on vient le travailler. Les micro-organismes, ils sont plutôt</p>
<p class="p2">réducteurs. Et donc, on vient rééquilibrer le sol suite à une intervention, suite à un</p>
<p class="p2">travail du sol. Donc, du coup, ça, c'est vraiment le deuxième pilier. Et c'est le premier</p>
<p class="p2">endroit où on peut On peut utiliser des micro-organismes, notamment des E.M. Là on</p>
<p class="p2">utilise, donc après il y a différents E.M. On peut mettre de l'aliphophère, on peut mettre</p>
<p class="p2">de... Là on a beaucoup travaillé au début avec des fermes en ficheur. Il y a les E.M.</p>
<p class="p2">agritons, enfin il y a plein de recettes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Alors peut-être pour ceux qui ne connaissent pas, tu peux brièvement</p>
<p class="p2">présenter les E.M..</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: L'Aliphophère, tout ça L'idée, en fait, c'est de travailler surtout avec desbactéries lactiques. ? Ce que j'aime bien dedans, c'est qu'on peut être autonome d'une</p>
<p class="p2">certaine façon. L'aliphophère, en fait, c'est de la litière forestière fermentée. et du coup</p>
<p class="p2">l'objectif c'est d'aller chercher de la litière en forêt, de la faire fermenter avec du son, de</p>
<p class="p2">la mélasse et des micro-organismes qu'on en semence. On fait une base solide et à</p>
<p class="p2">partir de cette base solide, c'est compliqué à l'utiliser comme tel, donc du coup on peut</p>
<p class="p2">la faire passer en phase liquide et du coup la phase liquide nous permet de prêt à</p>
<p class="p2">pouvoir les pendre et de mettre ça dans des cuves et pendre ça derrière. Et c'est</p>
<p class="p2">surtout les bactéries lactiques qui sont intéressantes et qui servent un peu d'amorce.</p>
<p class="p2">On en a beaucoup discuté avec Francis et il dit pour lui, les bactéries lactiques, elles</p>
<p class="p2">réveillent la dormance des champignons. et donc du coup ça a vraiment ce rôle-là de</p>
<p class="p2">dynamiser l'activité biologique. Pour moi c'est un starter, ça vient amener quelque</p>
<p class="p2">chose qui ensuite enclenche des chaînes trophiques qui vont ensuite permettre au sol</p>
<p class="p2">de se réveiller, de s'activer au niveau biologique. Et donc après il y a différentes</p>
<p class="p2">souches, on peut utiliser, donc là je parle de l'aliphophère, mais on peut utiliser Les</p>
<p class="p2">fermes en ficheurs, c'est une base de micro-organismes qui ont été sélectionnées sur</p>
<p class="p2">des plantes. On peut aussi utiliser du cannais qui est plutôt sur une base levain. Après il</p>
<p class="p2">y a différentes souches origines, mais le principe c'est un peu toujours le même, c'est</p>
<p class="p2">de faire travailler des micro-organismes en anaérobie, parce que la particularité de ces</p>
<p class="p2">micro-organismes c'est qu'ils sont en anaérobie facultative, donc on peut les multiplier</p>
<p class="p2">en anaérobie. et ensuite on les utilise plutôt en aérobie. On verra qu'en fissuration, on</p>
<p class="p2">essaye aussi en même temps d'injecter de l'air pour qu'ils puissent travailler en aérobie</p>
<p class="p2">et orienter le métabolisme du sol vers tirer toute la grosse partie des bactéries neutres</p>
<p class="p2">vers quelque chose qui régénère et pas qui dégénère le sol. Donc ça, c'est la deuxième</p>
<p class="p2">étape. Du coup, on utilise les micro-organismes à ce moment-là. Ensuite, dans l'étape</p>
<p class="p2">de régénération du sol, on parle de couverts végétaux. On voit qu'au niveau</p>
<p class="p2">agronomique, il y a un intérêt à avoir toujours des racines vivantes dans les sols pour</p>
<p class="p2">pouvoir entretenir, dynamiser cette activité biologique et la structure de sol. Et puisensuite, une fois qu'on a bien réussi les couverts, c'est comment est-ce qu'on fait pour</p>
<p class="p2">gérer la biomasse qu'on a faite. Et donc là, il y a la technique du compostage de</p>
<p class="p2">surface. Le compostage de surface, c'est vraiment broyer le couvert. faire en un</p>
<p class="p2">passage, détruire le couvert, le scalper, et injecter des micro-organismes pour orienter</p>
<p class="p2">la digestion du couvert et sa maturation, et aller plus vers une phase d'humification</p>
<p class="p2">qu'une phase de fermentation. Du coup, les micro-organismes sont là pour orienter et</p>
<p class="p2">accompagner. Souvent, on broie le couvert, on pulvérise des ferments, et on vient</p>
<p class="p2">scalper avec un rotavator sur 3 à 5 cm selon la biomasse à enfouir pour mettre en</p>
<p class="p2">digestion l'énergie qui est contenue, et il n'y a rien de tel que les micro-organismes</p>
<p class="p2">pour orienter la digestion et libérer toute la partie minérale, parce que quand on fait...</p>
<p class="p2">J'utilise beaucoup la méthode MERCI, c'est une méthode pour mesurer la biomasse</p>
<p class="p2">produite par les couverts végétaux, donc ça consiste à prendre un mètre carré, on</p>
<p class="p2">coupe toute la partie aérienne, on les pèse espèce par espèce, et ça nous donne...</p>
<p class="p2">Mon couvert a produit 5 tonnes de matière sèche, Et ce qui est intéressant, c'est que</p>
<p class="p2">ça vient aussi nous dire, il y a tant d'azote, il y a tant de potasse, il y a tant de</p>
<p class="p2">phosphore, il y a tant de magnésium. Et du coup, c'est de se dire, j'ai emmagasiné ça.</p>
<p class="p2">Après, on ne sait pas quand est-ce que ça va être relargué et à quel moment ça va être</p>
<p class="p2">disponible pour la culture. Mais en tout cas, j'ai remis dans le système de la fertilité et</p>
<p class="p2">j'essaye de la faire travailler par l'activité biologique parce que c'est elle qui va être à</p>
<p class="p2">même de la libérer et de la rendre assimilable pour les plantes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc cette pratique, qu'est-ce qui se passe au niveau du sol ? Tu</p>
<p class="p2">parles d'humification, donc en fait c'est une sorte de compostage de surface par le</p>
<p class="p2">déclenchement avec ces micro-organismes. Qu'est-ce que vous observez après coup ?</p>
<p class="p2">Quel est le type d'emmerdement ? Qu'est-ce qui se passe justement au niveau de la</p>
<p class="p2">fertilité du sol avec cette pratique ?Baptiste Maître: L'objectif, c'est vraiment en un passage, et c'était un peu l'objectif des</p>
<p class="p2">agriculteurs, c'était de pouvoir détruire le couvert rapidement sans avoir à... vraiment</p>
<p class="p2">allonger le temps de couverture des sols. En fait, la technique, elle nous a permis de</p>
<p class="p2">passer d'un couvert, par exemple, pour une pomme de terre qu'on va détruire en</p>
<p class="p2">janvier, février, soit mécaniquement, s'il y a du gel, soit chimiquement, selon les</p>
<p class="p2">conditions météo, à un temps de couverture où on peut aller jusqu'à 15 jours avant</p>
<p class="p2">l'implantation. Donc, en fait, on gagne le gros du couvert, il pousse en mars. Et donc du</p>
<p class="p2">coup, comme on plante les pommes de terre, on commence début avril ou au 15 avril,</p>
<p class="p2">on parle de la date optimum de plantation, donc du coup, on peut allonger le temps de</p>
<p class="p2">couverture, détruire le couvert farmers, et en fait, il a eu tout le début de printemps pour</p>
<p class="p2">exploser. Ce que ça nous a permis d'observer, c'est qu'on a pu augmenter la biomasse</p>
<p class="p2">produite par les couverts végétaux, et j'ai des agriculteurs qui ont une stratégie plutôt</p>
<p class="p2">double couvert, donc en fait ils sèment un couvert au c** de la machine, de la</p>
<p class="p2">moissonneuse batteuse, le couvert il pousse jusqu'au fin septembre, en ce moment</p>
<p class="p2">dans 15 jours ils vont commencer à les détruire, et ils resèment un couvert parce que</p>
<p class="p2">l'objectif c'est qu'on ait toujours une date optimum, donc soit on prend la technique on</p>
<p class="p2">fait un couvert relais où on met toutes les espèces et ça se développe, soit on fait un</p>
<p class="p2">double couvert en disant je mets des plantes qui poussent bien l'été, je les détruis, et je</p>
<p class="p2">remets des plantes qui poussent bien l'hiver. Et donc là on a pu produire, souvent le</p>
<p class="p2">premier couvert on fait 3-4 tonnes de matière sèche, le deuxième couvert on arrive à</p>
<p class="p2">monter jusqu'à 10 tonnes, alors si on va un peu trop loin on se rend compte que ça</p>
<p class="p2">amène des blocages, c'est pas spécialement l'optimum, mais en tout cas ça permet de</p>
<p class="p2">dire le potentiel. et ensuite on plante la pomme de terre 15 jours après, parce que je</p>
<p class="p2">parle de 15 jours parce qu'il faut que le temps que les micro-organismes digèrent. Donc</p>
<p class="p2">il y a une phase un peu comme un compost, il n'est pas mûr tout de suite, du coup il y</p>
<p class="p2">a une phase de digestion, c'est pour ça qu'on dit que là on a une phase de 15 jours, on</p>
<p class="p2">voit vraiment la terre qui évolue, en fait on a fait des observations, toute la partie verte,après 15 jours on ne la trouve plus, donc ça veut dire qu'elle a été digérée, il ne reste</p>
<p class="p2">plus que la paille, et puis ensuite on voit une terre qui s'affine, on a presque un lit de</p>
<p class="p2">semences, comme on travaille sur trois centimètres, si on voulait venir semer des</p>
<p class="p2">petites graines, on a un lit de semences qui est prêt à accueillir la graine. Donc ça c'est</p>
<p class="p2">vraiment une technique qui nous permet d'allonger le temps de couverture des sols, de</p>
<p class="p2">travailler plus tard et du coup en meilleure condition. pas aspirer du gel, et surtout on</p>
<p class="p2">n'a plus, je vous ai pas parlé de chimie, pour détruire le couvert végétal. Donc du coup,</p>
<p class="p2">pour ceux qui sont en agriculture biologique, ils ont une stratégie pour pouvoir scalper</p>
<p class="p2">le couvert. Alors souvent, il faut quand même des fois repasser parce que c'est pas non</p>
<p class="p2">plus miraculeux, mais pour des pommes de terre où on sait qu'on va retravailler le sol,</p>
<p class="p2">ça va bien. Après pour d'autres cultures, les agriculteurs bio que j'accompagne, ils</p>
<p class="p2">repassent avec un scalpeur pour finir le travail et être sûr de ne pas avoir de problème</p>
<p class="p2">d'enherbement, enfin en tout cas démarrer sur une base plutôt saine.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors qu'est-ce que vous voyez en profondeur sur la structure du sol et</p>
<p class="p2">sur la fertilité du sol, peut-être même sur les cultures ensuite ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: On n'a pas fait d'observation cette année. J'ai un essai en cours, mais</p>
<p class="p2">je n'ai pas encore les résultats que j'ai prélevés hier, mais de composter avec</p>
<p class="p2">différentes sources de micro-organismes pour voir un peu l'intérêt. Et s'il y a des</p>
<p class="p2">choses sur le rendement, je n'ai jamais vu trop sur le rendement. Après, on voit qu'on a</p>
<p class="p2">quand même une structure de sol qui est différente et puis on peut les injecter en</p>
<p class="p2">pommes de terre aussi dans la réalplantation. Et donc, on voit qu'on a une structure un</p>
<p class="p2">peu plus vivante. On trouve plus facilement des champignons quand on se balade au</p>
<p class="p2">mois de juin. Donc, on voit qu'il y a un activateur au niveau de de l'activité biologique.</p>
<p class="p2">Le sol est quand même grumeleux. Après, ce n'est pas ce levier-là qui va permettre de</p>
<p class="p2">faire du rendement, par exemple, en plus. C'est plus on joue plus sur l'activitébiologique. Et j'ai parlé en plus de l'utiliser au moment de la fissuration. Et là, ce qu'on</p>
<p class="p2">observe, c'est qu'on a vraiment un avant et un après. On voit une structure plus</p>
<p class="p2">grumeleuse. On a fait des comparatifs avec et sans, parce qu'on a un peu des</p>
<p class="p2">symptômes et on croit un peu ce qu'on voit. Il faut aussi se rendre compte par soi-</p>
<p class="p2">même des choses. Et là, on voit vraiment qu'au niveau de la structure, on a une</p>
<p class="p2">structure plus grumeleuse. Au pénétromètre, on a l'horizon qui a été travaillé, qui est</p>
<p class="p2">meilleur. Et on voit vraiment, en plus, à injecter ces micro-organismes Derrière la dent</p>
<p class="p2">de fissuration, on voit une structure qui... C'est vraiment au niveau de la structure. Et</p>
<p class="p2">donc, il dit structure, il dit infiltration de l'eau, etc. Enracinement... Et du coup, je pense</p>
<p class="p2">qu'on amène une résilience. Mais après, il faut plusieurs années pour pouvoir le</p>
<p class="p2">mesurer. Mais les agriculteurs qui l'utilisent, ils voient vraiment... Ils disent, on voit les</p>
<p class="p2">parcelles qu'on a eues et qu'on n'a pas eues assez rapidement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est-à-dire, qu'est-ce qu'ils observent ? Est-ce que c'est la qualité de la</p>
<p class="p2">culture ? La résistance à des attaques, peut-être ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Non, pas spécialement. On n'a peut-être pas été assez fins dans cette</p>
<p class="p2">observation. Mais par contre, il voit qu'au niveau de la portance, au niveau de la</p>
<p class="p2">souplesse du sol quand on marche dessus, à la bêche, on sent vraiment qu'il y a eu un</p>
<p class="p2">travail et qu'on a passé un cap. On n'a pas juste fissuré et puis après le sol, il peut se</p>
<p class="p2">refondrer. On a moins de migration de limon aussi. Moi, je travaille beaucoup dans dans</p>
<p class="p2">le nord de la France, donc du coup des sols très limonneux et on a quand même</p>
<p class="p2">souvent des sols fragiles au niveau des limons. On a des migrations de limon qui sont</p>
<p class="p2">plus structurées par le complexe argillomique et donc du coup on voit des migrations</p>
<p class="p2">de limon et les ferments permettent de limiter, en tout cas on voit qu'il y a moins ce</p>
<p class="p2">phénomène-là qui peut arriver dans les sols. Donc on amène une On a des sols qui</p>
<p class="p2">sont aussi moins battants, ils sont moins plaqués. L'hiver, quand on assemet descéréales, les sols des voisins peuvent être glacés. Là, on voit qu'au niveau infiltration</p>
<p class="p2">de l'eau, on a retrouvé de la verticalité. J'aime bien utiliser ce terme d'une capacité à</p>
<p class="p2">boire du sol. Je n'ai pas fait de mesures d'infiltration, mais il y avait déjà des études qui</p>
<p class="p2">avaient été faites où on voit que le sol est capable d'absorber plus d'eau. Et ce n'est</p>
<p class="p2">pas une fois plus ou deux fois plus, ça peut être jusqu'à dix fois plus d'eau. Donc du</p>
<p class="p2">coup, avec les épisodes orageux qu'on a de plus en plus, des pluies qui sont de plus en</p>
<p class="p2">plus importantes, on est encore en tête l'année dernière où il a plu deux fois plus que</p>
<p class="p2">d'habitude. Du coup, si on n'a pas des bonnes structures, on sait que ça fragilise et on</p>
<p class="p2">perd de la résilience.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bien sûr. La dernière fois, tu me parlais également de levier</p>
<p class="p2">d'amélioration par la nutrition. Qu'est-ce que tu peux nous dire là-dessus ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: C'est le quatrième axe. On a parlé équilibre chimique, on a parlé</p>
<p class="p2">structure de sol, on a parlé mettre des couverts végétaux, on a parlé de détruire les</p>
<p class="p2">couverts végétaux, et après c'est optimiser la nutrition. On voit qu'on a vraiment des</p>
<p class="p2">leviers d'action pour accompagner la nutrition des plantes. J'ai beaucoup travaillé sur</p>
<p class="p2">les travaux de John Kent qui parle de la pyramide de santé du végétal où plus la plante</p>
<p class="p2">est en bonne santé, plus elle est capable de se défendre. C'est un peu comme pour</p>
<p class="p2">nous, dès qu'on est bien nourri, on a un système immunitaire qui est plus performant</p>
<p class="p2">que si on a des carences où là on va être plus sensible à certaines maladies. Donc du</p>
<p class="p2">coup, l'idée c'est vraiment de retravailler cet aspect nutritif des végétaux. Et donc là,</p>
<p class="p2">j'utilise beaucoup l'analyse de sève. On dit sève, mais en fait, c'est un jus de feuilles. Et</p>
<p class="p2">donc, du coup, on prend un échantillon de feuilles, on l'envoie au laboratoire et là, ça</p>
<p class="p2">nous renvoie une vingtaine d'éléments nutritifs, calcium, phosphore, magnésium, et</p>
<p class="p2">aussi tous les oligo-éléments, le manganèse, le zinc, le bord, etc. Et du coup, ça</p>
<p class="p2">permet aussi d'affiner et de comprendre le lien entre ce qu'on a vu dans la premièreétape, l'équilibre chimique des sols, et est-ce que ce qu'il y a dans le sol passe bien au</p>
<p class="p2">niveau du végétal, parce que c'est pas parce que tout est dans le sol que tout est</p>
<p class="p2">disponible, on sait qu'il y a des blocages, le pH peut aussi intervenir, et</p>
<p class="p2">l'oxydoréduction, il y a des moments où c'est pas disponible. La carence en</p>
<p class="p2">manganèse, par exemple, elle est intéressante à observer. On voit souvent, elle est</p>
<p class="p2">facile à détecter parce que souvent ça fait des vagues et c'est plus beau là où on</p>
<p class="p2">passe, où les roues sont passées. En fait, les roues sont passées, elles ont rappuyé le</p>
<p class="p2">sol, donc le sol est un peu plus réduit. Et donc, du coup, le manganèse est disponible.</p>
<p class="p2">Mais si le sol est trop oxydé, je pense au sol de craie où on a souvent des carences en</p>
<p class="p2">manganèse parce que le sol est trop soufflé. Du coup, le manganèse n'est pas</p>
<p class="p2">disponible parce que le sol est trop oxydé. Donc, du coup, ça a tout cette toute cette</p>
<p class="p2">mécanique. Et donc du coup, on sait que le manganèse, s'il n'y en a pas, il n'y a pas de</p>
<p class="p2">photosynthèse. Parce que le manganèse, il est indispensable à l'enzyme qui coupe la</p>
<p class="p2">molécule d'eau pour pouvoir lancer la photosynthèse. Donc s'il n'y a pas de</p>
<p class="p2">manganèse, il n'y a pas de photosynthèse. D'où les retards de croissance entre les</p>
<p class="p2">passages de roues rapuyer et les passages de sol où il n'y a pas eu de rapuis. Avec les</p>
<p class="p2">agriculteurs que je accompagne, on travaille vraiment sur cette approche nutritive pour</p>
<p class="p2">amener aussi de la résilience et du coup aller le plus loin possible dans nourrir et</p>
<p class="p2">optimiser la nutrition pour avoir des plantes en bonne santé et donc moins sensibles à</p>
<p class="p2">des maladies. Et donc par de la nutrition on arrive à arriver à à réduire le nombre</p>
<p class="p2">d'interventions chimiques pour les conventionnels et à trouver aussi des solutions</p>
<p class="p2">quand on est en bio où on voit des plantes mieux nourries et donc moins sensibles et</p>
<p class="p2">moins vulnérables aux maladies.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Récemment, on a pas mal parlé des produits de synthèse en agriculture,</p>
<p class="p2">notamment chez la betterave, les noisettes un peu aussi. Ce qu'on peut observer, c'est</p>
<p class="p2">notamment sur cette histoire du manganèse, le glyphosate précipite le manganèse,donc on va voir très vite une baisse de manganèse dans les plantes et puis dans le sol,</p>
<p class="p2">une fois qu'on a appliqué du glyphosate. Et c'est ce qu'on peut voir aussi sur plein</p>
<p class="p2">d'autres produits de synthèse, c'est qu'ils vont en réalité diminuer la capacité</p>
<p class="p2">photosynthétique de la plante. et donc la rendre en réalité plus vulnérable à des</p>
<p class="p2">attaques, notamment d'insectes. C'était Francis Chaboussou qui parlait de ça avec son</p>
<p class="p2">principe de tromphobiose. Donc, quels seraient les leviers pour éventuellement se</p>
<p class="p2">passer de produits de synthèse, notamment sur, peut-être pour commencer au bas de</p>
<p class="p2">la pyramide, les insectes piqueurs-suceurs ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: L'approche est basée sur essayer de coupler plusieurs leviers. Dans la</p>
<p class="p2">dernière étape de régénération des sols, on parle de la nutrition, mais on travaille aussi</p>
<p class="p2">beaucoup avec des extraits fermentés de plantes, avec de la vitamine C, avec des</p>
<p class="p2">acides aminés. On couple les leviers. et on essaye d'amener de la diversité au niveau</p>
<p class="p2">nutritif. Donc du coup, on construit avec les agriculteurs des itinéraires techniques où</p>
<p class="p2">on essaye d'actionner plusieurs leviers. C'est-à-dire que ce n'est pas juste j'amène du</p>
<p class="p2">manganèse et ma plante va aller mieux, mais on essaye de jouer sur tous les leviers.</p>
<p class="p2">Les extraits fermentés de plantes sont vraiment un levier intéressant. L'alifofer qu'on a</p>
<p class="p2">utilisé pour le sol, on l'utilise aussi en végétation. il y a vraiment diversifié l'approche</p>
<p class="p2">nutritionnelle pour accompagner au mieux le végétal. Donc du coup en fait c'est plutôt</p>
<p class="p2">une approche où ou le fait d'avoir travaillé l'oxydoréduction, on comprend un peu les</p>
<p class="p2">mécanismes. Donc OK, si j'amène des produits chimiques, je vais oxyder ma plante. Et</p>
<p class="p2">la bonne santé, on sait qu'elle est plutôt en milieu acide réduit, donc c'est comment est-</p>
<p class="p2">ce que je vais faire pour maintenir le plus longtemps possible ma plante en milieu acide</p>
<p class="p2">réduit et éviter qu'elle s'oxyde et du coup qu'elle devienne sensible à des maladies de</p>
<p class="p2">la végétation. Donc l'approche, c'est plutôt de se dire, par exemple, le désherbage, c'est</p>
<p class="p2">un poste sur lequel c'est compliqué. On n'arrive pas, on n'a pas trouvé encore de</p>
<p class="p2">palliatif. Donc ok, je désherbe, mais notamment à l'automne sur des céréales. Parcontre, dès que j'ai fini le désherbage, 10-15 jours après, je viens rééquilibrer ma plante</p>
<p class="p2">pour pour qu'elle passe l'hiver par exemple en milieu acide réduit. Ou alors je vais</p>
<p class="p2">rajouter un peu d'acide aminé dans mon désherbage pour que la plante elle se</p>
<p class="p2">détoxifie plus vite. On voit bien qu'il y a des programmes ou des produits qui ont</p>
<p class="p2">tendance à marquer un peu les cultures et pendant 10-20 jours elles sont bloquées,</p>
<p class="p2">c'est de trouver le palliatif pour essayer de les débloquer et qu'on repart tout de suite</p>
<p class="p2">dans de la photosynthèse et un milieu équilibré. Donc c'est plutôt jouer sur ces leviers</p>
<p class="p2">d'action en essayant d'accompagner au mieux la plante et en ayant compris un peu ce</p>
<p class="p2">qu'on fait. C'est ce qu'on fait quand on Ok, je veux travailler le moins possible mon sol,</p>
<p class="p2">mais il ne faut pas que je sois dogmatique non plus, et du coup il faut que j'aille jusqu'à</p>
<p class="p2">accompagner. Donc si je travaille le sol, comment est-ce que je peux accompagner ?</p>
<p class="p2">Donc là, les fermes en lactique, ça peut être un levier pour pouvoir aider. à rééquilibrer</p>
<p class="p2">le sol, parce que je viens réduire le milieu, donc c'est un peu pareil pour les plantes,</p>
<p class="p2">c'est accompagné par la nutrition, on sait que la plupart des oligo-éléments sont</p>
<p class="p2">réducteurs, donc on amène un côté équilibre de la plante, et puis après l'enjeu c'est de</p>
<p class="p2">les rendre biodisponibles pour que la plante puisse les avoir, et c'est là où l'analyse de</p>
<p class="p2">sel va permettre de contrôler un peu si ce que j'ai apporté a bien été efficace, assimilé,</p>
<p class="p2">et du coup permet à la plante d'en disposer pour pouvoir amener une résistance aux</p>
<p class="p2">maladies et une appétence. Pour l'anecdote, j'ai fait des essais aussi avec du thé de</p>
<p class="p2">compost oxygéné. C'était un essai où on cherchait la dose optimum parce qu'on</p>
<p class="p2">découvrait la technique. Donc on avait fait pas du tout de thé de compost, du thé de</p>
<p class="p2">compost à 30 litres, du thé de compost à 50 litres. plus j'avançais, c'était une parcelle</p>
<p class="p2">de pommes de terre, plus j'avançais dans l'essai, moins il y avait de doryphores. Donc</p>
<p class="p2">à 0 il y avait des doryphores comme dans toute la parcelle. À 30, il y avait un peu moins</p>
<p class="p2">de dorifort, et à 50, il y avait encore moins de dorifort. Et le pulvé avait pris un virage, et</p>
<p class="p2">du coup, les doriforts restaient vraiment dans le virage, ils ne rentraient pas dans la</p>
<p class="p2">bande qui avait reçu du thé de compost. Et le thé de compost, en oxygéné, on sait qu'ily a des micro-organismes, il y a des oligo-éléments, et du coup, on avait une couleur</p>
<p class="p2">de feuille de pomme de terre qui était différente, et du coup, une appétence qui était</p>
<p class="p2">moins importante. En travaillant sur ce rééquilibrage nutritif, on peut arriver à diminuer</p>
<p class="p2">la pétence des plantes parce que les plantes ne tombent pas malades, elles sont</p>
<p class="p2">malades parce qu'elles sont à un niveau qui favorise le ravageur. On sait que chaque</p>
<p class="p2">micro-organisme se développe à un niveau de pH et d'oxydoréduction particulier, donc</p>
<p class="p2">si on sort le milieu de cette zone-là, on a moins de place pour que le pathogène puisse</p>
<p class="p2">se développer ou le ravageur.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est effectivement une observation qui est très agréable à voir quand on</p>
<p class="p2">voit une parcelle qui n'a pas une seule attaque d'insectes et qu'on voit les insectes</p>
<p class="p2">voler, chercher, se poser sur la feuille et puis repartir parce qu'effectivement c'est pas</p>
<p class="p2">leur nourriture, qu'ils sont pas intéressés par cette plante.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Et pour revenir sur le cas du puceron, on comprend vraiment le lien</p>
<p class="p2">avec le sucre. En fait, si on a une plante qui est en bonne santé, elle fait beaucoup de</p>
<p class="p2">photosynthèse. Qui dit beaucoup de photosynthèse dit beaucoup de sucre. Et en fait,</p>
<p class="p2">qu'est-ce que le puceron déteste, c'est le sucre. Donc s'il y a trop de sucre, il va plutôt</p>
<p class="p2">chercher à p***** une autre plante plutôt qu'une plante qui est gorgée en sucre, parce</p>
<p class="p2">qu'il n'a pas de système digestif pour pouvoir assimiler ou réguler le taux de sucre, il</p>
<p class="p2">n'a pas de pancréas comme nous, et donc du coup il risque de faire une cirrhose si il</p>
<p class="p2">mange trop de sucre, parce qu'il ne sait pas le réguler. Donc si on a bien accompagné</p>
<p class="p2">la nutrition des plantes, on peut le démarrer. Après, la difficulté c'est toujours dans les</p>
<p class="p2">stades jeunes, parce que dès qu'il y a des feuilles, on peut arriver à intervenir et</p>
<p class="p2">accompagner, mais il y a des ravageurs qui attaquent vraiment au stade plantule, et là</p>
<p class="p2">c'est plus compliqué. On fait des essais avec des enrobages de semences, mais ce</p>
<p class="p2">n'est pas encore non plus la panacée, mais ça peut être un levier pour essayerd'accompagner. en disant autour de la graine je mets tout ce qu'il faut mais il y a peut-</p>
<p class="p2">être encore des trous dans la raquette et il faut optimiser ce levier là mais ça peut être</p>
<p class="p2">aussi un levier de travail sur l'assemence pour pouvoir améliorer cette vigueur au</p>
<p class="p2">démarrage et avoir tous les éléments pour pouvoir démarrer la culture.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Effectivement, je crois que c'est un des gros leviers, c'est la qualité de la</p>
<p class="p2">semence, et je sais que John Kempf avait pas mal travaillé là-dessus, notamment avec</p>
<p class="p2">certains produits qu'il a développés, où il apporte pas mal d'oligo-éléments sous forme</p>
<p class="p2">K-LAT pour que la graine absorbe tout ça, et effectivement quand elle démarre, elle a</p>
<p class="p2">tout de suite un équilibre protéinique bien plus complet, et donc est moins susceptible</p>
<p class="p2">d'être attaquée sur des stades jeunes. Alors peut-être on va retourner les choses dans</p>
<p class="p2">l'autre sens. Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour... Quel serait le protocole pour favoriser</p>
<p class="p2">au maximum les pucerons dans ma parcelle ? Comment je ferais pour être sûr d'avoir</p>
<p class="p2">des problèmes ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Ce qui les attire vraiment fort c'est l'azote libre dans la plante. En fait il</p>
<p class="p2">faut une photosynthèse, il faut peu de sucre dans la sève et beaucoup d'azote libre. En</p>
<p class="p2">fait le puceron c'est un peu pour moi le détox de la plante entre guillemets. Souvent</p>
<p class="p2">c'est qu'il y a un problème d'assimilation de l'azote. où la plante s'est gavée en azote, et</p>
<p class="p2">elle ne s'est pas la transformée en fait pour que la protéosynthèse, c'est vraiment la</p>
<p class="p2">deuxième étape après la photosynthèse, la protéosynthèse, c'est comment est-ce que</p>
<p class="p2">je peux transformer l'azote de la plante, parce que l'azote normalement dans la plante,</p>
<p class="p2">elle ne reste pas libre, elle est transformée en acide aminé pour faire des parois, du</p>
<p class="p2">squelette, et donc si j'ai beaucoup d'azote libre dans la plante, Ça veut dire que la</p>
<p class="p2">protéosynthèse ne fonctionne pas bien. Et le puceron, comme il adore ça, il vient un</p>
<p class="p2">peu détoxifier la plante en absorbant de l'azote libre. Donc plus j'ai d'azote libre, plus</p>
<p class="p2">ma plante va être sensible aux pucerons, va être répétante pour les pucerons.Lennan Bate: Tout à l'heure tu parlais du thé de compost, on entend souvent que le</p>
<p class="p2">risque c'est la suroxydation, et notamment sur des sols qui vont être travaillés, donc on</p>
<p class="p2">va risquer de suroxyder encore plus ces sols. Est-ce qu'il y a des situations où ce serait</p>
<p class="p2">intéressant d'appliquer des thés de compost, peut-être sur des prairies non travaillées,</p>
<p class="p2">ou comment ça se passe ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Oui, de toute façon, même sur toutes les cultures, c'est un outil qui est</p>
<p class="p2">intéressant, qui aide vraiment la plante. Il y a un peu tout qui est disponible. Ce n'est</p>
<p class="p2">pas parce que c'est oxygéné que c'est forcément oxydé. On a un peu fait le raccourci</p>
<p class="p2">en disant qu'il y a de l'oxygène, c'est oxydé. C'est un peu un abus de langage. Si on</p>
<p class="p2">écoute Olivier Husson, il en parle très bien. et beaucoup mieux que moi. Mais du coup,</p>
<p class="p2">ça veut dire que c'est pas parce que c'est oxydé, c'est plutôt avoir des micro-</p>
<p class="p2">organismes qu'on a multipliés en aérobie. Et donc du coup, le seul inconvénient de</p>
<p class="p2">cette technique, c'est qu'il faut vraiment les épandre en aérobie. C'est-à-dire que c'est</p>
<p class="p2">pas un produit qu'on va pouvoir stocker, et donc dès qu'il est prêt, il faut intervenir, mais</p>
<p class="p2">ça veut dire qu'il faut avoir anticipé les conditions de météo pour être sûr qu'au b*** de</p>
<p class="p2">24 ou 36 heures, on ait bien les bonnes conditions. Donc dans la mise en œuvre, ce</p>
<p class="p2">n'est pas évident. Et puis, il faut faire des gros volumes. Dans le côté pratico-pratique,</p>
<p class="p2">ce n'est pas toujours par là qu'il faut commencer. C'est pour ça que j'aime bien plutôt</p>
<p class="p2">travailler avec des extraits fermentés, parce qu'on les multiplie un peu comme les</p>
<p class="p2">fermes en lactique, en anaerobie. Une fois que c'est fini, on ferme l'IBC, on peut les</p>
<p class="p2">stocker pendant un en voir deux ans. Et ensuite, dès qu'on en a besoin, on ouvre le</p>
<p class="p2">bidon et c'est parti. Alors que le thé de composte oxygéné, il faut arriver, il faut faire</p>
<p class="p2">chauffer l'eau, il faut préparer le système, il faut 24 à 36 heures pour que la</p>
<p class="p2">multiplication se fasse en aérobie. Et ensuite, il faut être sûr, comme les météos sont de</p>
<p class="p2">moins en moins fiables, c'est une technique qui est qui est intéressante, on a vu</p>
<p class="p2">vraiment les bénéfices, mais les agriculteurs n'ont pas persévéré plus que ça danscette technique parce que c'est un peu trop compliqué à mettre en œuvre sur des</p>
<p class="p2">grosses surfaces. Sur des petites surfaces, ça peut se gérer, mais sur des grosses</p>
<p class="p2">surfaces, ça devient compliqué. Dès qu'on ascend 200 hectares de pommes de terre, il</p>
<p class="p2">faut trouver l'organisation, on ne peut pas le mélanger avec le fongicide, donc il faut</p>
<p class="p2">refaire un passage. ça complexifie un peu les choses. Donc je pense que dans la phase</p>
<p class="p2">de régénération, il faut d'abord démarrer par ce qu'on a dit, équilibrer ses sols au</p>
<p class="p2">niveau de la chimie, regarder les structures de sol, travailler avec les déferments</p>
<p class="p2">lactiques et puis ensuite on peut amener ça. Mais en tout cas, on a quand même vu</p>
<p class="p2">des bénéfices, donc ce n'est pas une technique inintéressante, mais c'est la façon de la</p>
<p class="p2">mettre en œuvre à grande échelle.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: La VINFA, je crois qu'on parlait également de l'importance de la qualité</p>
<p class="p2">de l'eau.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: En fait, la qualité de l'eau, elle est vraiment centrale dans tout ce qu'on</p>
<p class="p2">fait. On passe par l'eau pour mettre des produits de synthèse, on passe par l'eau pour</p>
<p class="p2">multiplier des micro-organismes, et on sait que la qualité de l'eau, elle est</p>
<p class="p2">indispensable. Mais déjà, rien que si on s'intéresse un peu aux produits de synthèse,</p>
<p class="p2">on sait que la demi-vie des produits, elle évolue en fonction du pH. Et donc, il y a des</p>
<p class="p2">produits où, à pH 7, la demi-vie du produit, elle est de 30 minutes ou 5 minutes. Du</p>
<p class="p2">coup, ça veut dire que, rien que déjà en modifiant le pH, on améliore la durée du</p>
<p class="p2">produit. En tout cas, on ne perd pas la moitié des molécules parce qu'elles sont</p>
<p class="p2">mobilisées. Et puis après il y a aussi toute la partie minéralité de l'eau qui peut aussi</p>
<p class="p2">nous amener des problématiques, notamment le calcium. Moi je travaille dans les</p>
<p class="p2">Hauts-de-France, on a des eaux très calcaires et on sait que le calcium peut mobiliser</p>
<p class="p2">ou capter des éléments, donc du coup on perd aussi de ces choses-là. Donc dès qu'on</p>
<p class="p2">ramène une filtration, qu'on gère la conductivité, qu'on gère le pH, on retrouve déjà del'efficacité et on pourrait arriver à à diminuer les doses. Donc du coup, la qualité de</p>
<p class="p2">l'eau, elle est vraiment primordiale. Et après, quand on cherche à multiplier des micro-</p>
<p class="p2">organismes, c'est encore plus vrai parce que c'est un peu un garde-fou. Si vous mettez</p>
<p class="p2">des micro-organismes et du sucre dans de l'eau et que vous voyez qu'il ne se passe</p>
<p class="p2">rien, ça veut dire qu'il y a une problématique. Et ça pose vraiment vraiment en question</p>
<p class="p2">et on voit qu'on regagne de l'efficacité en mettant des systèmes de vortex où on</p>
<p class="p2">améliore l'eau et donc du coup la capacité à multiplier des micro-organismes, elle est</p>
<p class="p2">plus réceptive à accueillir la vie.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Alors parlez-nous un petit peu de ton groupe de travail, des agris avec</p>
<p class="p2">qui tu travailles, qu'est-ce que vous faites, je sais que vous faites des rencontres, parlez-</p>
<p class="p2">nous un petit peu de ça.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Il y a des groupes où on se voit 5-6 fois dans l'année. J'ai 3-4 groupes</p>
<p class="p2">ou 5-6 groupes comme ça. C'est des groupes un peu locaux. Moi je suis plutôt</p>
<p class="p2">l'animateur et puis après j'apporte du savoir. L'idée en fait à chaque fois c'est de faire</p>
<p class="p2">des tours de plaine pour échanger sur de la technique à différents moments de l'année.</p>
<p class="p2">On essaie aussi dans ces groupes-là d'avoir une partie expérimentation, c'est-à-dire</p>
<p class="p2">amener que chacun fasse un essai pour alimenter le groupe et puis faire avancer un</p>
<p class="p2">peu les choses. Après, il n'y a pas de contrainte sur le sujet, chacun travaille un peu sur</p>
<p class="p2">ce qu'il a envie, c'est bien de pas mettre de cadre de ce côté-là. Par contre, moi, je</p>
<p class="p2">m'engage à faire le suivi et du coup, parce que souvent, c'est ce qui manque. de... Il y a</p>
<p class="p2">beaucoup de gens qui font des essais, mais 80% du temps, les essais ne sont pas</p>
<p class="p2">capitalisés parce qu'il n'y a personne pour aller mesurer ou être là, dire attention, on a</p>
<p class="p2">ça. Moi, je fais un peu le garde-fou en disant, il y a l'essai, quand est-ce qu'il faut le</p>
<p class="p2">récolter ? Et le fait d'être là, ça permet de mesurer et d'avoir des données. Et après on</p>
<p class="p2">est plutôt partisan des bandes que des micro-parcelles, parce que c'est plus compliquéà mettre en œuvre. Donc on essaye de faire des bandes. C'est pas toujours évident,</p>
<p class="p2">surtout en pulvérisation, ça veut dire qu'il faut avoir un bidon en plus dans son tracteur</p>
<p class="p2">ou son pulvé. Mais du coup ça c'est vraiment important. Et donc ça c'est des groupes</p>
<p class="p2">un peu locaux qu'on que j'anime et après on essaye aussi d'organiser avec ces</p>
<p class="p2">groupes là, notamment tous ceux qui ont fait la formation Vens pour essayer de garder</p>
<p class="p2">la dynamique et comme il y a eu toute la France qui a été on essaye d'organiser des</p>
<p class="p2">rencontres une fois par an de deux jours, un peu en mode séminaire. Et là, l'objectif,</p>
<p class="p2">c'est d'échanger sur les acquis de l'année. Du coup, c'est l'occasion de présenter un</p>
<p class="p2">peu plus largement les essais qui ont été mis en place par les différents groupes,</p>
<p class="p2">alimenter un peu les discussions et puis dire au fur et à mesure comment est-ce que toi</p>
<p class="p2">tu fais pour réussir tes couverts ? Comment est-ce que toi tu fais pour réussir tes</p>
<p class="p2">fermentations ? Est-ce qu'on chauffe ? Est-ce qu'on ne chauffe pas ? On se pose plein</p>
<p class="p2">de questions et du coup ça permet d'avoir le groupe qui alimente les supports de</p>
<p class="p2">discussion et du coup toute la partie R&amp;D, et puis donner aussi des objectifs ou</p>
<p class="p2">essayer de mutualiser des choses. Là, on va lancer, par exemple, des analyses avec un</p>
<p class="p2">laboratoire en microbiologie pour se dire, est-ce qu'il y a une différence si on chauffe ou</p>
<p class="p2">pas les pharma-lactiques, et du coup, est-ce qu'on a la même diversité de micro-</p>
<p class="p2">organismes ? Est-ce que si on remultipliait des souches qu'on a déjà, on ne perd pas</p>
<p class="p2">en qualité ? Du coup, c'est des questions qui reviennent souvent. Et donc là, on s'est</p>
<p class="p2">dit, on paye des analyses et puis on va pouvoir travailler et avoir les réponses et ne pas</p>
<p class="p2">se reposer de ces questions-là tous les ans. Mais ça permet vraiment de continuer</p>
<p class="p2">d'échanger, de partager. et d'avoir des petits tips de... Bah tiens, moi, j'ai trouvé qu'en</p>
<p class="p2">faisant comme ça, ça se passe mieux, ou tiens, j'ai eu tel résultat, ou moi pas du tout.</p>
<p class="p2">Du coup, ça permet d'alimenter le débat et de faire avancer l'agronomie.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bien sûr. Et est-ce que vous commencez à avoir des protocoles bien</p>
<p class="p2">établis ?Baptiste Maître: Oui, de plus en plus. On commence à avoir vraiment des stratégies.</p>
<p class="p2">Après, c'est toujours à adapter en fonction du contexte, des années de recul, etc. Mais</p>
<p class="p2">on commence vraiment à avoir des stratégies qui se dégagent sur de</p>
<p class="p2">l'accompagnement. Il y a deux ou trois agriculteurs qui arrivent à se passer des</p>
<p class="p2">fongicides, des insecticides sur des céréales depuis deux ou trois ans. Et on sait qu'on</p>
<p class="p2">a eu quand même une diversité On a eu des années sèches, des années humides, des</p>
<p class="p2">années avec de la maladie, des années sans maladie. Ce qu'on a observé, c'est qu'il</p>
<p class="p2">n'y a pas d'impact sur le rendement. Il n'y a pas la carotte en disant on va faire plus de</p>
<p class="p2">rendement, mais on maintient les potentiels et du coup on ne passe pas plus, parce</p>
<p class="p2">que c'est aussi un argument. Et on a des plantes en bonne santé. Et on maintient les</p>
<p class="p2">niveaux d'équilibre. Et comme on arrive à autoproduire des produits, on arrive à baisser</p>
<p class="p2">aussi un peu les coûts des itinéraires techniques.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est ça. A défaut d'augmenter la productivité, on peut baisser les</p>
<p class="p2">charges et augmenter le bénéfice derrière. Ça, c'est quand même le plus important. Et</p>
<p class="p2">alors, est-ce que vous avez des objectifs à long terme que tu aimerais réussir à</p>
<p class="p2">accomplir ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Je travaille beaucoup sur les cultures d'industrie, donc arriver à trouver</p>
<p class="p2">un itinéraire technique en pommes de terre, par exemple, où on baisse fortement les</p>
<p class="p2">fongicides un peu en routine, c'est des sujets qui m'animent et sur lesquels Je travaille,</p>
<p class="p2">c'est vraiment amener de la résilience au-delà de ça. Là c'est un peu la carotte et un</p>
<p class="p2">peu l'objectif, enfin un des objectifs, mais c'est vraiment amener de la résilience. Là on</p>
<p class="p2">voit, j'ai fait pas mal de tours de plaine. Cet été, on voit beaucoup de structures un peu</p>
<p class="p2">abîmées avec des limons qui migrent, un peu fragilisés. Du coup, c'est vraiment trouver</p>
<p class="p2">ces stratégies pour régénérer les sols et amener de la résilience et protéger un peu</p>
<p class="p2">plus ces agro-systèmes. dans ces cultures industrielles, parce qu'on parle beaucoup autravail du sol, le fait de faire de la tarfine, mais il y a aussi le fait d'irriguer les cultures</p>
<p class="p2">qui abîment aussi les structures, donc il faut trouver un peu tous ces palliatifs et arriver</p>
<p class="p2">à toucher plus de monde et à sensibiliser à ces sujets et qu'il y a des choses qui</p>
<p class="p2">existent et des techniques à mettre en oeuvre pour amener cette résilience.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça c'est sûr. Est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas couvert que tu aurais</p>
<p class="p2">aimé pouvoir parler ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Non, je pense qu'on a fait un bon tour d'horizon et ça donne un peu</p>
<p class="p2">des bases, j'espère, pour aller vers de la régénération des sols.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Alors, où est-ce qu'on te retrouve si on veut pouvoir te contacter, suivre</p>
<p class="p2">un peu ton travail et puis peut-être même faire appel à toi pour tes services et tes</p>
<p class="p2">expertises ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: J'ai une page Facebook, Verdesolsvivants, je suis sur LinkedIn aussi,</p>
<p class="p2">j'ai un site internet aussi qui s'appelle verdesolsvivants.fr.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super. Je suis certain que tu pourras mettre en relation aussi avec</p>
<p class="p2">d'autres groupes d'agriculteurs avec qui il pourrait y avoir des échanges. Je pense très</p>
<p class="p2">souvent dans ces émulsions-là et dans ces partages de connaissances-là qu'on arrive</p>
<p class="p2">à avancer puisqu'on n'est pas seul. Il y a plein de questions qu'on se pose. qui ne sont</p>
<p class="p2">pas forcément évidentes et peut-être que d'autres y ont déjà répondu ou ont déjà des</p>
<p class="p2">éléments de réponse.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: C'est vraiment dans mon ADN de mettre en lien un peu tout ce que je</p>
<p class="p2">vois. Je bourlingue beaucoup enfin en tout cas je bouge beaucoup donc du coup c'estde connecter et de dire bah tiens, untel il s'en est sorti comme ça avec cette</p>
<p class="p2">problématique, untel il a fait comme ça, tiens untel il se pose aussi la question, tu</p>
<p class="p2">devrais l'appeler. Du coup je fais beaucoup de mise en lien et de mise en relation dans</p>
<p class="p2">mes retours ou dans les formations que je peux animer ou mettre en oeuvre.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super, ouais, j'en doute pas. C'est comme ça qu'on avance le plus vite.</p>
<p class="p2">Merci beaucoup Baptiste.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Merci.</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p>Et si l’on pouvait concilier des plantes saines et vigoureuses, un sol vivant et des coûts de production maîtrisés ?</p>
<p>Entre l’équilibre chimique, la structure du sol, les couverts végétaux, la nutrition des plantes et les techniques culturales, les leviers à activer sont nombreux. Baptiste Maitre, formateur en agronomie et spécialiste de la fertilité des sols, nous parle dans cet épisode de méthodes et protocoles qu’il met au point avec un groupe d’agriculteurs particulièrement dynamiques du Nord de la France.</p>
<p>Une discussion très clair autour de leviers agronomiques concrets mis en œuvre par ce collectif et Baptiste. L’une des pratiques qui a particulièrement retenu mon attention : le broyage-compostage de surface des engrais verts qui avait été discuté dans un précédent interview de John Kempf.<br>
<br>
<br>
</p>
<p class="p1">Baptiste Maitre</p>
<p class="p2"><a href='https://www.facebook.com/p/Ver-des-sols-vivants-100057237647959/'>https://www.facebook.com/p/Ver-des-sols-vivants-100057237647959/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.ver-des-sols-vivants.fr/'>https://www.ver-des-sols-vivants.fr/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.linkedin.com/in/baptiste-maitre-221a471a/'>https://www.linkedin.com/in/baptiste-maitre-221a471a/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Fredéric Thomas</p>
<p class="p2"><a href='https://agriculture-de-conservation.com/-Frederic-Thomas-.html'>https://agriculture-de-conservation.com/-Frederic-Thomas-.html</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Friedrich &amp; Manfred Wenz</p>
<p class="p2"><a href='https://agriculture-de-conservation.com/Chez-Friedrich-et-Manfred-Wenz-25,324.html'>https://agriculture-de-conservation.com/Chez-Friedrich-et-Manfred-Wenz-25,324.html</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Francis Bucaille</p>
<p class="p2"><a href='https://www.podbean.com/ew/pb-7upw8-163425a'>https://www.podbean.com/ew/pb-7upw8-163425a</a></p>
<p class="p2"><a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Utilisateur:Francis_Bucaille'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Utilisateur:Francis_Bucaille</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Méthode Merci - Méthode d’estimation des restitutions par les cultures intermédiaires</p>
<p class="p2"><a href='https://methode-merci.fr/'>https://methode-merci.fr/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">La pyramide de la santé des plantes de John Kempf</p>
<p class="p2"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/'>https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">“Carence en Manganese après usage de Glyphosate”</p>
<p class="p2"><a href='https://www.agro-league.com/blog/le-manganese-est-essentiel'>https://www.agro-league.com/blog/le-manganese-est-essentiel</a><br>
<br>
<br>
Transcription : </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">28 - Des méthodes novatrices pour les cultures</p>
<p class="p1">industriels avec Baptiste Maitre</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la</p>
<p class="p2">santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture</p>
<p class="p2">occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire</p>
<p class="p2">des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne</p>
<p class="p2">notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin</p>
<p class="p2">d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture</p>
<p class="p2">réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au</p>
<p class="p2">travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Pour</p>
<p class="p2">cet épisode, je reçois Baptiste Maître formateur en agronomie et spécialiste de la</p>
<p class="p2">fertilité des sols. Soyez prévenus, il s'agit d'une discussion technique où l'on parle de</p>
<p class="p2">fertilité des sols, de technique culturelle, notamment en culture industrielle. Cette</p>
<p class="p2">discussion a eu lieu au moment de la loi Duplon, de juillet 2025, qui proposait</p>
<p class="p2">notamment la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide organochloré de la famille</p>
<p class="p2">des néonicotinoïdes. L'argument pour son utilisation étant l'absence d'alternatives ou</p>
<p class="p2">de solutions face à certains ravageurs pour, en particulier, les cultures de betteraves</p>
<p class="p2">sucrières et de noisettes. Une pétition, contre sa réintroduction, a alors récolté plus de</p>
<p class="p2">2 100 000 signatures. Quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a</p>
<p class="p2">invalidé cette mesure, la jugeant contraire à la charte de l'environnement. Pour</p>
<p class="p2">recontextualiser, en 2016, une pétition qui réclamait l'interdiction des néonicotinoïdes</p>
<p class="p2">en France avait recueilli, elle, environ 130 000 signatures. Autant dire que la</p>
<p class="p2">conscience collective évolue. La dernière fois qu'on s'était parlé, j'avais été très inspiré</p>
<p class="p2">par tous les protocoles que tu mettais en place avec les agriculteurs que tu</p>
<p class="p2">accompagnes. Notamment, tu m'as parlé de 2-3 techniques assez chouettes, donc</p>
<p class="p2">j'aimerais bien qu'on discute plus en détail. Mais peut-être pour commencer, tu peux teprésenter, nous parler un petit peu de l'étendue de ton travail et comment t'en es arrivé</p>
<p class="p2">à faire ce que tu fais.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Super content d'être avec toi. Baptiste Maitre, moi je suis agronome</p>
<p class="p2">indépendant, ça fait 8 ans maintenant que j'ai créé ma société qui s'appelle Vers des</p>
<p class="p2">sols vivants. J'ai un parcours un peu atypique parce que mes parents ne sont pas issus</p>
<p class="p2">du milieu agricole, mais j'ai toujours été passionné par l'agriculture. J'ai fait un lycée à</p>
<p class="p2">l'école, j'ai fait un BTS technologie végétale. mais c'était très phyto, c'était dans les</p>
<p class="p2">années 2010, donc du coup très... telle matière active pour telle maladie, etc. Et j'ai pas</p>
<p class="p2">non plus une fibre commerciale forte, donc je me voyais pas faire technico-commercial.</p>
<p class="p2">Et donc le déclic, ça a été le DVD de Frédéric Thomas sur l'agriculture de conservation</p>
<p class="p2">des sols, où je me suis dit, c'est... C'est de l'agronomie que je veux faire et pas de la</p>
<p class="p2">phytotechnie. Et donc après j'ai tapé bêtement licence pour continuer mes études. Je</p>
<p class="p2">suis tombé sur la formation à Amiens avec Thierry Tétu, sur une formation agriculteur</p>
<p class="p2">de conservation des sols, une licence professionnelle. Donc je me suis inscrit, j'ai fait</p>
<p class="p2">un apprentissage à l'institut technique de la betterave, donc du coup ça m'a commencé</p>
<p class="p2">à mettre le pied à l'étrier dans les cultures industrielles. On verra par la suite que c'est</p>
<p class="p2">ce qui oriente aujourd'hui mon travail. Et puis ensuite j'ai refait une licence pro, pas tant</p>
<p class="p2">pour le côté scolaire mais plus pour le côté contrat d'apprentissage et là j'étais à l'INRA</p>
<p class="p2">de Grignon et j'ai travaillé sur l'impact des systèmes de culture sur les populations de</p>
<p class="p2">vers de terre. Je me suis pris d'amour un peu pour les vers de terre et ça venait</p>
<p class="p2">compléter la corde agronomique. C'était un peu le chef d'orchestre et d'où le jeu de</p>
<p class="p2">mots vers des sols vivants avec le vers pour rendre hommage à ça parce que c'était</p>
<p class="p2">vraiment passionnant. Mais par contre, les verres de terre, c'est un peu limité. Si je</p>
<p class="p2">venais à approcher les agriculteurs juste avec cette corde et cette fibre verre de terre,</p>
<p class="p2">c'était un peu juste. Du coup, j'ai rajouté des cordes à mon arc. Je suis passé par la</p>
<p class="p2">pédologie à l'INRA d'Orléans, sur le réseau de mesure de la qualité des sols. Là, j'ai vudes sols du nord au sud, de l'est à l'ouest. Du coup, ça m'a permis de mettre le doigt</p>
<p class="p2">dans les sols et de vraiment les décrire. Par contre, Il manque souvent dans la</p>
<p class="p2">pédologie l'approche aussi agronomie pour faire les liens entre ce qu'on voit et ce</p>
<p class="p2">qu'on... Et moi avec mon cursus et ma curiosité, je voyais que je pouvais commencer à</p>
<p class="p2">faire des liens donc ça orientait un peu la suite de mon parcours et ça m'a renforcé</p>
<p class="p2">dans cette idée-là. Je passais par la chambre d'agriculture où j'étais responsable de la</p>
<p class="p2">fertilité des sols et puis ensuite j'ai eu l'opportunité de travailler sur un projet qui</p>
<p class="p2">s'appelait Sol Vert. L'objectif c'était de faire de la... l'agriculture de conservation des</p>
<p class="p2">sols, entre guillemets, en système pommes de terre, betterave, légumes d'industrie. Et</p>
<p class="p2">donc là, j'ai vraiment mis le pied dans la culture industrielle. J'avais déjà vu la betterave,</p>
<p class="p2">mais là, de faire des pommes de terre, faire des épinards, des haricots verts. Et donc</p>
<p class="p2">ça ne m'a jamais lâché après les cultures industrielles. Et donc aujourd'hui, c'est une</p>
<p class="p2">grosse partie de mon activité. Comment on peut faire ? Parce que le discours, c'était</p>
<p class="p2">vraiment de dire, vous, vous êtes en patate, en pétrave, donc vous ne pourrez jamais</p>
<p class="p2">faire du semi direct. Ce n'était pas un discours qui me convenait. Et donc, du coup, j'ai</p>
<p class="p2">cherché à creuser un peu comment est-ce qu'on peut adapter à ces cultures-là. toutes</p>
<p class="p2">les méthodes agronomiques qu'on connaît, les couverts végétaux, la réduction du</p>
<p class="p2">travail du sol, comment on peut améliorer les structures de sol. Et puis voilà où j'en suis</p>
<p class="p2">aujourd'hui.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Peut-être rentrons directement dans le vif de ce sujet, parce</p>
<p class="p2">qu'effectivement, c'est passionnant. Quel est ton protocole ? Qu'est-ce que vous mettez</p>
<p class="p2">en place sur ces cultures-là ? Parlez-nous un petit peu des techniques que vous avez</p>
<p class="p2">mises en place.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: On a essayé de construire et on s'est beaucoup inspiré. La plupart des</p>
<p class="p2">agriculteurs que j'accompagne, ils ont suivi une formation avec deux agronomesallemands, Friedrich Wenz et Nasser Ditmar, qui ont amené un peu le concept</p>
<p class="p2">d'agriculture régénérative avant l'agri-bashing qu'on peut entendre. Ce que j'aime bien,</p>
<p class="p2">c'est que ça repose un peu le cadre de comment on régénère les sols. Et du coup, en</p>
<p class="p2">premier lieu, il y a vraiment l'état d'équilibre des sols. J'ai passé trois jours avec Francis</p>
<p class="p2">Bucaille, il y a récemment, et du coup, on a beaucoup reparlé d'équilibrer les sols, de</p>
<p class="p2">s'assurer que ce soit bien équilibré, notamment au niveau des bases. Regardez le</p>
<p class="p2">calcium, le magnésium. le soufre, etc. Donc il y a vraiment cette idée de comment mon</p>
<p class="p2">sol est équilibré chimiquement, et puis après on empile des leviers pour pouvoir</p>
<p class="p2">améliorer ça. Donc le deuxième point c'est vraiment la structure du sol. Donc une fois</p>
<p class="p2">qu'on a regardé un peu l'équilibre chimique, il faut aller regarder la structure parce qu'il</p>
<p class="p2">faut quand même que les racines puissent descendre dans le sol. Et donc là on vient si</p>
<p class="p2">besoin, et c'est vraiment Il ne faut pas être dogmatique, c'est-à-dire que s'il y a besoin</p>
<p class="p2">on vient fissurer avec une dent fissuratrice ou un décompacteur. Et là, ce qu'on a</p>
<p class="p2">rajouté, en fait, c'est qu'on vient injecter derrière la dente de fissuration des micro-</p>
<p class="p2">organismes pour aider à restructurer les sols. Alors, je fais des raccourcis, mais en</p>
<p class="p2">gros, on oxyde le sol quand on vient le travailler. Les micro-organismes, ils sont plutôt</p>
<p class="p2">réducteurs. Et donc, on vient rééquilibrer le sol suite à une intervention, suite à un</p>
<p class="p2">travail du sol. Donc, du coup, ça, c'est vraiment le deuxième pilier. Et c'est le premier</p>
<p class="p2">endroit où on peut On peut utiliser des micro-organismes, notamment des E.M. Là on</p>
<p class="p2">utilise, donc après il y a différents E.M. On peut mettre de l'aliphophère, on peut mettre</p>
<p class="p2">de... Là on a beaucoup travaillé au début avec des fermes en ficheur. Il y a les E.M.</p>
<p class="p2">agritons, enfin il y a plein de recettes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Alors peut-être pour ceux qui ne connaissent pas, tu peux brièvement</p>
<p class="p2">présenter les E.M..</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: L'Aliphophère, tout ça L'idée, en fait, c'est de travailler surtout avec desbactéries lactiques. ? Ce que j'aime bien dedans, c'est qu'on peut être autonome d'une</p>
<p class="p2">certaine façon. L'aliphophère, en fait, c'est de la litière forestière fermentée. et du coup</p>
<p class="p2">l'objectif c'est d'aller chercher de la litière en forêt, de la faire fermenter avec du son, de</p>
<p class="p2">la mélasse et des micro-organismes qu'on en semence. On fait une base solide et à</p>
<p class="p2">partir de cette base solide, c'est compliqué à l'utiliser comme tel, donc du coup on peut</p>
<p class="p2">la faire passer en phase liquide et du coup la phase liquide nous permet de prêt à</p>
<p class="p2">pouvoir les pendre et de mettre ça dans des cuves et pendre ça derrière. Et c'est</p>
<p class="p2">surtout les bactéries lactiques qui sont intéressantes et qui servent un peu d'amorce.</p>
<p class="p2">On en a beaucoup discuté avec Francis et il dit pour lui, les bactéries lactiques, elles</p>
<p class="p2">réveillent la dormance des champignons. et donc du coup ça a vraiment ce rôle-là de</p>
<p class="p2">dynamiser l'activité biologique. Pour moi c'est un starter, ça vient amener quelque</p>
<p class="p2">chose qui ensuite enclenche des chaînes trophiques qui vont ensuite permettre au sol</p>
<p class="p2">de se réveiller, de s'activer au niveau biologique. Et donc après il y a différentes</p>
<p class="p2">souches, on peut utiliser, donc là je parle de l'aliphophère, mais on peut utiliser Les</p>
<p class="p2">fermes en ficheurs, c'est une base de micro-organismes qui ont été sélectionnées sur</p>
<p class="p2">des plantes. On peut aussi utiliser du cannais qui est plutôt sur une base levain. Après il</p>
<p class="p2">y a différentes souches origines, mais le principe c'est un peu toujours le même, c'est</p>
<p class="p2">de faire travailler des micro-organismes en anaérobie, parce que la particularité de ces</p>
<p class="p2">micro-organismes c'est qu'ils sont en anaérobie facultative, donc on peut les multiplier</p>
<p class="p2">en anaérobie. et ensuite on les utilise plutôt en aérobie. On verra qu'en fissuration, on</p>
<p class="p2">essaye aussi en même temps d'injecter de l'air pour qu'ils puissent travailler en aérobie</p>
<p class="p2">et orienter le métabolisme du sol vers tirer toute la grosse partie des bactéries neutres</p>
<p class="p2">vers quelque chose qui régénère et pas qui dégénère le sol. Donc ça, c'est la deuxième</p>
<p class="p2">étape. Du coup, on utilise les micro-organismes à ce moment-là. Ensuite, dans l'étape</p>
<p class="p2">de régénération du sol, on parle de couverts végétaux. On voit qu'au niveau</p>
<p class="p2">agronomique, il y a un intérêt à avoir toujours des racines vivantes dans les sols pour</p>
<p class="p2">pouvoir entretenir, dynamiser cette activité biologique et la structure de sol. Et puisensuite, une fois qu'on a bien réussi les couverts, c'est comment est-ce qu'on fait pour</p>
<p class="p2">gérer la biomasse qu'on a faite. Et donc là, il y a la technique du compostage de</p>
<p class="p2">surface. Le compostage de surface, c'est vraiment broyer le couvert. faire en un</p>
<p class="p2">passage, détruire le couvert, le scalper, et injecter des micro-organismes pour orienter</p>
<p class="p2">la digestion du couvert et sa maturation, et aller plus vers une phase d'humification</p>
<p class="p2">qu'une phase de fermentation. Du coup, les micro-organismes sont là pour orienter et</p>
<p class="p2">accompagner. Souvent, on broie le couvert, on pulvérise des ferments, et on vient</p>
<p class="p2">scalper avec un rotavator sur 3 à 5 cm selon la biomasse à enfouir pour mettre en</p>
<p class="p2">digestion l'énergie qui est contenue, et il n'y a rien de tel que les micro-organismes</p>
<p class="p2">pour orienter la digestion et libérer toute la partie minérale, parce que quand on fait...</p>
<p class="p2">J'utilise beaucoup la méthode MERCI, c'est une méthode pour mesurer la biomasse</p>
<p class="p2">produite par les couverts végétaux, donc ça consiste à prendre un mètre carré, on</p>
<p class="p2">coupe toute la partie aérienne, on les pèse espèce par espèce, et ça nous donne...</p>
<p class="p2">Mon couvert a produit 5 tonnes de matière sèche, Et ce qui est intéressant, c'est que</p>
<p class="p2">ça vient aussi nous dire, il y a tant d'azote, il y a tant de potasse, il y a tant de</p>
<p class="p2">phosphore, il y a tant de magnésium. Et du coup, c'est de se dire, j'ai emmagasiné ça.</p>
<p class="p2">Après, on ne sait pas quand est-ce que ça va être relargué et à quel moment ça va être</p>
<p class="p2">disponible pour la culture. Mais en tout cas, j'ai remis dans le système de la fertilité et</p>
<p class="p2">j'essaye de la faire travailler par l'activité biologique parce que c'est elle qui va être à</p>
<p class="p2">même de la libérer et de la rendre assimilable pour les plantes.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et donc cette pratique, qu'est-ce qui se passe au niveau du sol ? Tu</p>
<p class="p2">parles d'humification, donc en fait c'est une sorte de compostage de surface par le</p>
<p class="p2">déclenchement avec ces micro-organismes. Qu'est-ce que vous observez après coup ?</p>
<p class="p2">Quel est le type d'emmerdement ? Qu'est-ce qui se passe justement au niveau de la</p>
<p class="p2">fertilité du sol avec cette pratique ?Baptiste Maître: L'objectif, c'est vraiment en un passage, et c'était un peu l'objectif des</p>
<p class="p2">agriculteurs, c'était de pouvoir détruire le couvert rapidement sans avoir à... vraiment</p>
<p class="p2">allonger le temps de couverture des sols. En fait, la technique, elle nous a permis de</p>
<p class="p2">passer d'un couvert, par exemple, pour une pomme de terre qu'on va détruire en</p>
<p class="p2">janvier, février, soit mécaniquement, s'il y a du gel, soit chimiquement, selon les</p>
<p class="p2">conditions météo, à un temps de couverture où on peut aller jusqu'à 15 jours avant</p>
<p class="p2">l'implantation. Donc, en fait, on gagne le gros du couvert, il pousse en mars. Et donc du</p>
<p class="p2">coup, comme on plante les pommes de terre, on commence début avril ou au 15 avril,</p>
<p class="p2">on parle de la date optimum de plantation, donc du coup, on peut allonger le temps de</p>
<p class="p2">couverture, détruire le couvert farmers, et en fait, il a eu tout le début de printemps pour</p>
<p class="p2">exploser. Ce que ça nous a permis d'observer, c'est qu'on a pu augmenter la biomasse</p>
<p class="p2">produite par les couverts végétaux, et j'ai des agriculteurs qui ont une stratégie plutôt</p>
<p class="p2">double couvert, donc en fait ils sèment un couvert au c** de la machine, de la</p>
<p class="p2">moissonneuse batteuse, le couvert il pousse jusqu'au fin septembre, en ce moment</p>
<p class="p2">dans 15 jours ils vont commencer à les détruire, et ils resèment un couvert parce que</p>
<p class="p2">l'objectif c'est qu'on ait toujours une date optimum, donc soit on prend la technique on</p>
<p class="p2">fait un couvert relais où on met toutes les espèces et ça se développe, soit on fait un</p>
<p class="p2">double couvert en disant je mets des plantes qui poussent bien l'été, je les détruis, et je</p>
<p class="p2">remets des plantes qui poussent bien l'hiver. Et donc là on a pu produire, souvent le</p>
<p class="p2">premier couvert on fait 3-4 tonnes de matière sèche, le deuxième couvert on arrive à</p>
<p class="p2">monter jusqu'à 10 tonnes, alors si on va un peu trop loin on se rend compte que ça</p>
<p class="p2">amène des blocages, c'est pas spécialement l'optimum, mais en tout cas ça permet de</p>
<p class="p2">dire le potentiel. et ensuite on plante la pomme de terre 15 jours après, parce que je</p>
<p class="p2">parle de 15 jours parce qu'il faut que le temps que les micro-organismes digèrent. Donc</p>
<p class="p2">il y a une phase un peu comme un compost, il n'est pas mûr tout de suite, du coup il y</p>
<p class="p2">a une phase de digestion, c'est pour ça qu'on dit que là on a une phase de 15 jours, on</p>
<p class="p2">voit vraiment la terre qui évolue, en fait on a fait des observations, toute la partie verte,après 15 jours on ne la trouve plus, donc ça veut dire qu'elle a été digérée, il ne reste</p>
<p class="p2">plus que la paille, et puis ensuite on voit une terre qui s'affine, on a presque un lit de</p>
<p class="p2">semences, comme on travaille sur trois centimètres, si on voulait venir semer des</p>
<p class="p2">petites graines, on a un lit de semences qui est prêt à accueillir la graine. Donc ça c'est</p>
<p class="p2">vraiment une technique qui nous permet d'allonger le temps de couverture des sols, de</p>
<p class="p2">travailler plus tard et du coup en meilleure condition. pas aspirer du gel, et surtout on</p>
<p class="p2">n'a plus, je vous ai pas parlé de chimie, pour détruire le couvert végétal. Donc du coup,</p>
<p class="p2">pour ceux qui sont en agriculture biologique, ils ont une stratégie pour pouvoir scalper</p>
<p class="p2">le couvert. Alors souvent, il faut quand même des fois repasser parce que c'est pas non</p>
<p class="p2">plus miraculeux, mais pour des pommes de terre où on sait qu'on va retravailler le sol,</p>
<p class="p2">ça va bien. Après pour d'autres cultures, les agriculteurs bio que j'accompagne, ils</p>
<p class="p2">repassent avec un scalpeur pour finir le travail et être sûr de ne pas avoir de problème</p>
<p class="p2">d'enherbement, enfin en tout cas démarrer sur une base plutôt saine.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Et alors qu'est-ce que vous voyez en profondeur sur la structure du sol et</p>
<p class="p2">sur la fertilité du sol, peut-être même sur les cultures ensuite ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: On n'a pas fait d'observation cette année. J'ai un essai en cours, mais</p>
<p class="p2">je n'ai pas encore les résultats que j'ai prélevés hier, mais de composter avec</p>
<p class="p2">différentes sources de micro-organismes pour voir un peu l'intérêt. Et s'il y a des</p>
<p class="p2">choses sur le rendement, je n'ai jamais vu trop sur le rendement. Après, on voit qu'on a</p>
<p class="p2">quand même une structure de sol qui est différente et puis on peut les injecter en</p>
<p class="p2">pommes de terre aussi dans la réalplantation. Et donc, on voit qu'on a une structure un</p>
<p class="p2">peu plus vivante. On trouve plus facilement des champignons quand on se balade au</p>
<p class="p2">mois de juin. Donc, on voit qu'il y a un activateur au niveau de de l'activité biologique.</p>
<p class="p2">Le sol est quand même grumeleux. Après, ce n'est pas ce levier-là qui va permettre de</p>
<p class="p2">faire du rendement, par exemple, en plus. C'est plus on joue plus sur l'activitébiologique. Et j'ai parlé en plus de l'utiliser au moment de la fissuration. Et là, ce qu'on</p>
<p class="p2">observe, c'est qu'on a vraiment un avant et un après. On voit une structure plus</p>
<p class="p2">grumeleuse. On a fait des comparatifs avec et sans, parce qu'on a un peu des</p>
<p class="p2">symptômes et on croit un peu ce qu'on voit. Il faut aussi se rendre compte par soi-</p>
<p class="p2">même des choses. Et là, on voit vraiment qu'au niveau de la structure, on a une</p>
<p class="p2">structure plus grumeleuse. Au pénétromètre, on a l'horizon qui a été travaillé, qui est</p>
<p class="p2">meilleur. Et on voit vraiment, en plus, à injecter ces micro-organismes Derrière la dent</p>
<p class="p2">de fissuration, on voit une structure qui... C'est vraiment au niveau de la structure. Et</p>
<p class="p2">donc, il dit structure, il dit infiltration de l'eau, etc. Enracinement... Et du coup, je pense</p>
<p class="p2">qu'on amène une résilience. Mais après, il faut plusieurs années pour pouvoir le</p>
<p class="p2">mesurer. Mais les agriculteurs qui l'utilisent, ils voient vraiment... Ils disent, on voit les</p>
<p class="p2">parcelles qu'on a eues et qu'on n'a pas eues assez rapidement.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est-à-dire, qu'est-ce qu'ils observent ? Est-ce que c'est la qualité de la</p>
<p class="p2">culture ? La résistance à des attaques, peut-être ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Non, pas spécialement. On n'a peut-être pas été assez fins dans cette</p>
<p class="p2">observation. Mais par contre, il voit qu'au niveau de la portance, au niveau de la</p>
<p class="p2">souplesse du sol quand on marche dessus, à la bêche, on sent vraiment qu'il y a eu un</p>
<p class="p2">travail et qu'on a passé un cap. On n'a pas juste fissuré et puis après le sol, il peut se</p>
<p class="p2">refondrer. On a moins de migration de limon aussi. Moi, je travaille beaucoup dans dans</p>
<p class="p2">le nord de la France, donc du coup des sols très limonneux et on a quand même</p>
<p class="p2">souvent des sols fragiles au niveau des limons. On a des migrations de limon qui sont</p>
<p class="p2">plus structurées par le complexe argillomique et donc du coup on voit des migrations</p>
<p class="p2">de limon et les ferments permettent de limiter, en tout cas on voit qu'il y a moins ce</p>
<p class="p2">phénomène-là qui peut arriver dans les sols. Donc on amène une On a des sols qui</p>
<p class="p2">sont aussi moins battants, ils sont moins plaqués. L'hiver, quand on assemet descéréales, les sols des voisins peuvent être glacés. Là, on voit qu'au niveau infiltration</p>
<p class="p2">de l'eau, on a retrouvé de la verticalité. J'aime bien utiliser ce terme d'une capacité à</p>
<p class="p2">boire du sol. Je n'ai pas fait de mesures d'infiltration, mais il y avait déjà des études qui</p>
<p class="p2">avaient été faites où on voit que le sol est capable d'absorber plus d'eau. Et ce n'est</p>
<p class="p2">pas une fois plus ou deux fois plus, ça peut être jusqu'à dix fois plus d'eau. Donc du</p>
<p class="p2">coup, avec les épisodes orageux qu'on a de plus en plus, des pluies qui sont de plus en</p>
<p class="p2">plus importantes, on est encore en tête l'année dernière où il a plu deux fois plus que</p>
<p class="p2">d'habitude. Du coup, si on n'a pas des bonnes structures, on sait que ça fragilise et on</p>
<p class="p2">perd de la résilience.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bien sûr. La dernière fois, tu me parlais également de levier</p>
<p class="p2">d'amélioration par la nutrition. Qu'est-ce que tu peux nous dire là-dessus ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: C'est le quatrième axe. On a parlé équilibre chimique, on a parlé</p>
<p class="p2">structure de sol, on a parlé mettre des couverts végétaux, on a parlé de détruire les</p>
<p class="p2">couverts végétaux, et après c'est optimiser la nutrition. On voit qu'on a vraiment des</p>
<p class="p2">leviers d'action pour accompagner la nutrition des plantes. J'ai beaucoup travaillé sur</p>
<p class="p2">les travaux de John Kent qui parle de la pyramide de santé du végétal où plus la plante</p>
<p class="p2">est en bonne santé, plus elle est capable de se défendre. C'est un peu comme pour</p>
<p class="p2">nous, dès qu'on est bien nourri, on a un système immunitaire qui est plus performant</p>
<p class="p2">que si on a des carences où là on va être plus sensible à certaines maladies. Donc du</p>
<p class="p2">coup, l'idée c'est vraiment de retravailler cet aspect nutritif des végétaux. Et donc là,</p>
<p class="p2">j'utilise beaucoup l'analyse de sève. On dit sève, mais en fait, c'est un jus de feuilles. Et</p>
<p class="p2">donc, du coup, on prend un échantillon de feuilles, on l'envoie au laboratoire et là, ça</p>
<p class="p2">nous renvoie une vingtaine d'éléments nutritifs, calcium, phosphore, magnésium, et</p>
<p class="p2">aussi tous les oligo-éléments, le manganèse, le zinc, le bord, etc. Et du coup, ça</p>
<p class="p2">permet aussi d'affiner et de comprendre le lien entre ce qu'on a vu dans la premièreétape, l'équilibre chimique des sols, et est-ce que ce qu'il y a dans le sol passe bien au</p>
<p class="p2">niveau du végétal, parce que c'est pas parce que tout est dans le sol que tout est</p>
<p class="p2">disponible, on sait qu'il y a des blocages, le pH peut aussi intervenir, et</p>
<p class="p2">l'oxydoréduction, il y a des moments où c'est pas disponible. La carence en</p>
<p class="p2">manganèse, par exemple, elle est intéressante à observer. On voit souvent, elle est</p>
<p class="p2">facile à détecter parce que souvent ça fait des vagues et c'est plus beau là où on</p>
<p class="p2">passe, où les roues sont passées. En fait, les roues sont passées, elles ont rappuyé le</p>
<p class="p2">sol, donc le sol est un peu plus réduit. Et donc, du coup, le manganèse est disponible.</p>
<p class="p2">Mais si le sol est trop oxydé, je pense au sol de craie où on a souvent des carences en</p>
<p class="p2">manganèse parce que le sol est trop soufflé. Du coup, le manganèse n'est pas</p>
<p class="p2">disponible parce que le sol est trop oxydé. Donc, du coup, ça a tout cette toute cette</p>
<p class="p2">mécanique. Et donc du coup, on sait que le manganèse, s'il n'y en a pas, il n'y a pas de</p>
<p class="p2">photosynthèse. Parce que le manganèse, il est indispensable à l'enzyme qui coupe la</p>
<p class="p2">molécule d'eau pour pouvoir lancer la photosynthèse. Donc s'il n'y a pas de</p>
<p class="p2">manganèse, il n'y a pas de photosynthèse. D'où les retards de croissance entre les</p>
<p class="p2">passages de roues rapuyer et les passages de sol où il n'y a pas eu de rapuis. Avec les</p>
<p class="p2">agriculteurs que je accompagne, on travaille vraiment sur cette approche nutritive pour</p>
<p class="p2">amener aussi de la résilience et du coup aller le plus loin possible dans nourrir et</p>
<p class="p2">optimiser la nutrition pour avoir des plantes en bonne santé et donc moins sensibles à</p>
<p class="p2">des maladies. Et donc par de la nutrition on arrive à arriver à à réduire le nombre</p>
<p class="p2">d'interventions chimiques pour les conventionnels et à trouver aussi des solutions</p>
<p class="p2">quand on est en bio où on voit des plantes mieux nourries et donc moins sensibles et</p>
<p class="p2">moins vulnérables aux maladies.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Récemment, on a pas mal parlé des produits de synthèse en agriculture,</p>
<p class="p2">notamment chez la betterave, les noisettes un peu aussi. Ce qu'on peut observer, c'est</p>
<p class="p2">notamment sur cette histoire du manganèse, le glyphosate précipite le manganèse,donc on va voir très vite une baisse de manganèse dans les plantes et puis dans le sol,</p>
<p class="p2">une fois qu'on a appliqué du glyphosate. Et c'est ce qu'on peut voir aussi sur plein</p>
<p class="p2">d'autres produits de synthèse, c'est qu'ils vont en réalité diminuer la capacité</p>
<p class="p2">photosynthétique de la plante. et donc la rendre en réalité plus vulnérable à des</p>
<p class="p2">attaques, notamment d'insectes. C'était Francis Chaboussou qui parlait de ça avec son</p>
<p class="p2">principe de tromphobiose. Donc, quels seraient les leviers pour éventuellement se</p>
<p class="p2">passer de produits de synthèse, notamment sur, peut-être pour commencer au bas de</p>
<p class="p2">la pyramide, les insectes piqueurs-suceurs ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: L'approche est basée sur essayer de coupler plusieurs leviers. Dans la</p>
<p class="p2">dernière étape de régénération des sols, on parle de la nutrition, mais on travaille aussi</p>
<p class="p2">beaucoup avec des extraits fermentés de plantes, avec de la vitamine C, avec des</p>
<p class="p2">acides aminés. On couple les leviers. et on essaye d'amener de la diversité au niveau</p>
<p class="p2">nutritif. Donc du coup, on construit avec les agriculteurs des itinéraires techniques où</p>
<p class="p2">on essaye d'actionner plusieurs leviers. C'est-à-dire que ce n'est pas juste j'amène du</p>
<p class="p2">manganèse et ma plante va aller mieux, mais on essaye de jouer sur tous les leviers.</p>
<p class="p2">Les extraits fermentés de plantes sont vraiment un levier intéressant. L'alifofer qu'on a</p>
<p class="p2">utilisé pour le sol, on l'utilise aussi en végétation. il y a vraiment diversifié l'approche</p>
<p class="p2">nutritionnelle pour accompagner au mieux le végétal. Donc du coup en fait c'est plutôt</p>
<p class="p2">une approche où ou le fait d'avoir travaillé l'oxydoréduction, on comprend un peu les</p>
<p class="p2">mécanismes. Donc OK, si j'amène des produits chimiques, je vais oxyder ma plante. Et</p>
<p class="p2">la bonne santé, on sait qu'elle est plutôt en milieu acide réduit, donc c'est comment est-</p>
<p class="p2">ce que je vais faire pour maintenir le plus longtemps possible ma plante en milieu acide</p>
<p class="p2">réduit et éviter qu'elle s'oxyde et du coup qu'elle devienne sensible à des maladies de</p>
<p class="p2">la végétation. Donc l'approche, c'est plutôt de se dire, par exemple, le désherbage, c'est</p>
<p class="p2">un poste sur lequel c'est compliqué. On n'arrive pas, on n'a pas trouvé encore de</p>
<p class="p2">palliatif. Donc ok, je désherbe, mais notamment à l'automne sur des céréales. Parcontre, dès que j'ai fini le désherbage, 10-15 jours après, je viens rééquilibrer ma plante</p>
<p class="p2">pour pour qu'elle passe l'hiver par exemple en milieu acide réduit. Ou alors je vais</p>
<p class="p2">rajouter un peu d'acide aminé dans mon désherbage pour que la plante elle se</p>
<p class="p2">détoxifie plus vite. On voit bien qu'il y a des programmes ou des produits qui ont</p>
<p class="p2">tendance à marquer un peu les cultures et pendant 10-20 jours elles sont bloquées,</p>
<p class="p2">c'est de trouver le palliatif pour essayer de les débloquer et qu'on repart tout de suite</p>
<p class="p2">dans de la photosynthèse et un milieu équilibré. Donc c'est plutôt jouer sur ces leviers</p>
<p class="p2">d'action en essayant d'accompagner au mieux la plante et en ayant compris un peu ce</p>
<p class="p2">qu'on fait. C'est ce qu'on fait quand on Ok, je veux travailler le moins possible mon sol,</p>
<p class="p2">mais il ne faut pas que je sois dogmatique non plus, et du coup il faut que j'aille jusqu'à</p>
<p class="p2">accompagner. Donc si je travaille le sol, comment est-ce que je peux accompagner ?</p>
<p class="p2">Donc là, les fermes en lactique, ça peut être un levier pour pouvoir aider. à rééquilibrer</p>
<p class="p2">le sol, parce que je viens réduire le milieu, donc c'est un peu pareil pour les plantes,</p>
<p class="p2">c'est accompagné par la nutrition, on sait que la plupart des oligo-éléments sont</p>
<p class="p2">réducteurs, donc on amène un côté équilibre de la plante, et puis après l'enjeu c'est de</p>
<p class="p2">les rendre biodisponibles pour que la plante puisse les avoir, et c'est là où l'analyse de</p>
<p class="p2">sel va permettre de contrôler un peu si ce que j'ai apporté a bien été efficace, assimilé,</p>
<p class="p2">et du coup permet à la plante d'en disposer pour pouvoir amener une résistance aux</p>
<p class="p2">maladies et une appétence. Pour l'anecdote, j'ai fait des essais aussi avec du thé de</p>
<p class="p2">compost oxygéné. C'était un essai où on cherchait la dose optimum parce qu'on</p>
<p class="p2">découvrait la technique. Donc on avait fait pas du tout de thé de compost, du thé de</p>
<p class="p2">compost à 30 litres, du thé de compost à 50 litres. plus j'avançais, c'était une parcelle</p>
<p class="p2">de pommes de terre, plus j'avançais dans l'essai, moins il y avait de doryphores. Donc</p>
<p class="p2">à 0 il y avait des doryphores comme dans toute la parcelle. À 30, il y avait un peu moins</p>
<p class="p2">de dorifort, et à 50, il y avait encore moins de dorifort. Et le pulvé avait pris un virage, et</p>
<p class="p2">du coup, les doriforts restaient vraiment dans le virage, ils ne rentraient pas dans la</p>
<p class="p2">bande qui avait reçu du thé de compost. Et le thé de compost, en oxygéné, on sait qu'ily a des micro-organismes, il y a des oligo-éléments, et du coup, on avait une couleur</p>
<p class="p2">de feuille de pomme de terre qui était différente, et du coup, une appétence qui était</p>
<p class="p2">moins importante. En travaillant sur ce rééquilibrage nutritif, on peut arriver à diminuer</p>
<p class="p2">la pétence des plantes parce que les plantes ne tombent pas malades, elles sont</p>
<p class="p2">malades parce qu'elles sont à un niveau qui favorise le ravageur. On sait que chaque</p>
<p class="p2">micro-organisme se développe à un niveau de pH et d'oxydoréduction particulier, donc</p>
<p class="p2">si on sort le milieu de cette zone-là, on a moins de place pour que le pathogène puisse</p>
<p class="p2">se développer ou le ravageur.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est effectivement une observation qui est très agréable à voir quand on</p>
<p class="p2">voit une parcelle qui n'a pas une seule attaque d'insectes et qu'on voit les insectes</p>
<p class="p2">voler, chercher, se poser sur la feuille et puis repartir parce qu'effectivement c'est pas</p>
<p class="p2">leur nourriture, qu'ils sont pas intéressés par cette plante.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Et pour revenir sur le cas du puceron, on comprend vraiment le lien</p>
<p class="p2">avec le sucre. En fait, si on a une plante qui est en bonne santé, elle fait beaucoup de</p>
<p class="p2">photosynthèse. Qui dit beaucoup de photosynthèse dit beaucoup de sucre. Et en fait,</p>
<p class="p2">qu'est-ce que le puceron déteste, c'est le sucre. Donc s'il y a trop de sucre, il va plutôt</p>
<p class="p2">chercher à p***** une autre plante plutôt qu'une plante qui est gorgée en sucre, parce</p>
<p class="p2">qu'il n'a pas de système digestif pour pouvoir assimiler ou réguler le taux de sucre, il</p>
<p class="p2">n'a pas de pancréas comme nous, et donc du coup il risque de faire une cirrhose si il</p>
<p class="p2">mange trop de sucre, parce qu'il ne sait pas le réguler. Donc si on a bien accompagné</p>
<p class="p2">la nutrition des plantes, on peut le démarrer. Après, la difficulté c'est toujours dans les</p>
<p class="p2">stades jeunes, parce que dès qu'il y a des feuilles, on peut arriver à intervenir et</p>
<p class="p2">accompagner, mais il y a des ravageurs qui attaquent vraiment au stade plantule, et là</p>
<p class="p2">c'est plus compliqué. On fait des essais avec des enrobages de semences, mais ce</p>
<p class="p2">n'est pas encore non plus la panacée, mais ça peut être un levier pour essayerd'accompagner. en disant autour de la graine je mets tout ce qu'il faut mais il y a peut-</p>
<p class="p2">être encore des trous dans la raquette et il faut optimiser ce levier là mais ça peut être</p>
<p class="p2">aussi un levier de travail sur l'assemence pour pouvoir améliorer cette vigueur au</p>
<p class="p2">démarrage et avoir tous les éléments pour pouvoir démarrer la culture.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Effectivement, je crois que c'est un des gros leviers, c'est la qualité de la</p>
<p class="p2">semence, et je sais que John Kempf avait pas mal travaillé là-dessus, notamment avec</p>
<p class="p2">certains produits qu'il a développés, où il apporte pas mal d'oligo-éléments sous forme</p>
<p class="p2">K-LAT pour que la graine absorbe tout ça, et effectivement quand elle démarre, elle a</p>
<p class="p2">tout de suite un équilibre protéinique bien plus complet, et donc est moins susceptible</p>
<p class="p2">d'être attaquée sur des stades jeunes. Alors peut-être on va retourner les choses dans</p>
<p class="p2">l'autre sens. Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour... Quel serait le protocole pour favoriser</p>
<p class="p2">au maximum les pucerons dans ma parcelle ? Comment je ferais pour être sûr d'avoir</p>
<p class="p2">des problèmes ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Ce qui les attire vraiment fort c'est l'azote libre dans la plante. En fait il</p>
<p class="p2">faut une photosynthèse, il faut peu de sucre dans la sève et beaucoup d'azote libre. En</p>
<p class="p2">fait le puceron c'est un peu pour moi le détox de la plante entre guillemets. Souvent</p>
<p class="p2">c'est qu'il y a un problème d'assimilation de l'azote. où la plante s'est gavée en azote, et</p>
<p class="p2">elle ne s'est pas la transformée en fait pour que la protéosynthèse, c'est vraiment la</p>
<p class="p2">deuxième étape après la photosynthèse, la protéosynthèse, c'est comment est-ce que</p>
<p class="p2">je peux transformer l'azote de la plante, parce que l'azote normalement dans la plante,</p>
<p class="p2">elle ne reste pas libre, elle est transformée en acide aminé pour faire des parois, du</p>
<p class="p2">squelette, et donc si j'ai beaucoup d'azote libre dans la plante, Ça veut dire que la</p>
<p class="p2">protéosynthèse ne fonctionne pas bien. Et le puceron, comme il adore ça, il vient un</p>
<p class="p2">peu détoxifier la plante en absorbant de l'azote libre. Donc plus j'ai d'azote libre, plus</p>
<p class="p2">ma plante va être sensible aux pucerons, va être répétante pour les pucerons.Lennan Bate: Tout à l'heure tu parlais du thé de compost, on entend souvent que le</p>
<p class="p2">risque c'est la suroxydation, et notamment sur des sols qui vont être travaillés, donc on</p>
<p class="p2">va risquer de suroxyder encore plus ces sols. Est-ce qu'il y a des situations où ce serait</p>
<p class="p2">intéressant d'appliquer des thés de compost, peut-être sur des prairies non travaillées,</p>
<p class="p2">ou comment ça se passe ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Oui, de toute façon, même sur toutes les cultures, c'est un outil qui est</p>
<p class="p2">intéressant, qui aide vraiment la plante. Il y a un peu tout qui est disponible. Ce n'est</p>
<p class="p2">pas parce que c'est oxygéné que c'est forcément oxydé. On a un peu fait le raccourci</p>
<p class="p2">en disant qu'il y a de l'oxygène, c'est oxydé. C'est un peu un abus de langage. Si on</p>
<p class="p2">écoute Olivier Husson, il en parle très bien. et beaucoup mieux que moi. Mais du coup,</p>
<p class="p2">ça veut dire que c'est pas parce que c'est oxydé, c'est plutôt avoir des micro-</p>
<p class="p2">organismes qu'on a multipliés en aérobie. Et donc du coup, le seul inconvénient de</p>
<p class="p2">cette technique, c'est qu'il faut vraiment les épandre en aérobie. C'est-à-dire que c'est</p>
<p class="p2">pas un produit qu'on va pouvoir stocker, et donc dès qu'il est prêt, il faut intervenir, mais</p>
<p class="p2">ça veut dire qu'il faut avoir anticipé les conditions de météo pour être sûr qu'au b*** de</p>
<p class="p2">24 ou 36 heures, on ait bien les bonnes conditions. Donc dans la mise en œuvre, ce</p>
<p class="p2">n'est pas évident. Et puis, il faut faire des gros volumes. Dans le côté pratico-pratique,</p>
<p class="p2">ce n'est pas toujours par là qu'il faut commencer. C'est pour ça que j'aime bien plutôt</p>
<p class="p2">travailler avec des extraits fermentés, parce qu'on les multiplie un peu comme les</p>
<p class="p2">fermes en lactique, en anaerobie. Une fois que c'est fini, on ferme l'IBC, on peut les</p>
<p class="p2">stocker pendant un en voir deux ans. Et ensuite, dès qu'on en a besoin, on ouvre le</p>
<p class="p2">bidon et c'est parti. Alors que le thé de composte oxygéné, il faut arriver, il faut faire</p>
<p class="p2">chauffer l'eau, il faut préparer le système, il faut 24 à 36 heures pour que la</p>
<p class="p2">multiplication se fasse en aérobie. Et ensuite, il faut être sûr, comme les météos sont de</p>
<p class="p2">moins en moins fiables, c'est une technique qui est qui est intéressante, on a vu</p>
<p class="p2">vraiment les bénéfices, mais les agriculteurs n'ont pas persévéré plus que ça danscette technique parce que c'est un peu trop compliqué à mettre en œuvre sur des</p>
<p class="p2">grosses surfaces. Sur des petites surfaces, ça peut se gérer, mais sur des grosses</p>
<p class="p2">surfaces, ça devient compliqué. Dès qu'on ascend 200 hectares de pommes de terre, il</p>
<p class="p2">faut trouver l'organisation, on ne peut pas le mélanger avec le fongicide, donc il faut</p>
<p class="p2">refaire un passage. ça complexifie un peu les choses. Donc je pense que dans la phase</p>
<p class="p2">de régénération, il faut d'abord démarrer par ce qu'on a dit, équilibrer ses sols au</p>
<p class="p2">niveau de la chimie, regarder les structures de sol, travailler avec les déferments</p>
<p class="p2">lactiques et puis ensuite on peut amener ça. Mais en tout cas, on a quand même vu</p>
<p class="p2">des bénéfices, donc ce n'est pas une technique inintéressante, mais c'est la façon de la</p>
<p class="p2">mettre en œuvre à grande échelle.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: La VINFA, je crois qu'on parlait également de l'importance de la qualité</p>
<p class="p2">de l'eau.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: En fait, la qualité de l'eau, elle est vraiment centrale dans tout ce qu'on</p>
<p class="p2">fait. On passe par l'eau pour mettre des produits de synthèse, on passe par l'eau pour</p>
<p class="p2">multiplier des micro-organismes, et on sait que la qualité de l'eau, elle est</p>
<p class="p2">indispensable. Mais déjà, rien que si on s'intéresse un peu aux produits de synthèse,</p>
<p class="p2">on sait que la demi-vie des produits, elle évolue en fonction du pH. Et donc, il y a des</p>
<p class="p2">produits où, à pH 7, la demi-vie du produit, elle est de 30 minutes ou 5 minutes. Du</p>
<p class="p2">coup, ça veut dire que, rien que déjà en modifiant le pH, on améliore la durée du</p>
<p class="p2">produit. En tout cas, on ne perd pas la moitié des molécules parce qu'elles sont</p>
<p class="p2">mobilisées. Et puis après il y a aussi toute la partie minéralité de l'eau qui peut aussi</p>
<p class="p2">nous amener des problématiques, notamment le calcium. Moi je travaille dans les</p>
<p class="p2">Hauts-de-France, on a des eaux très calcaires et on sait que le calcium peut mobiliser</p>
<p class="p2">ou capter des éléments, donc du coup on perd aussi de ces choses-là. Donc dès qu'on</p>
<p class="p2">ramène une filtration, qu'on gère la conductivité, qu'on gère le pH, on retrouve déjà del'efficacité et on pourrait arriver à à diminuer les doses. Donc du coup, la qualité de</p>
<p class="p2">l'eau, elle est vraiment primordiale. Et après, quand on cherche à multiplier des micro-</p>
<p class="p2">organismes, c'est encore plus vrai parce que c'est un peu un garde-fou. Si vous mettez</p>
<p class="p2">des micro-organismes et du sucre dans de l'eau et que vous voyez qu'il ne se passe</p>
<p class="p2">rien, ça veut dire qu'il y a une problématique. Et ça pose vraiment vraiment en question</p>
<p class="p2">et on voit qu'on regagne de l'efficacité en mettant des systèmes de vortex où on</p>
<p class="p2">améliore l'eau et donc du coup la capacité à multiplier des micro-organismes, elle est</p>
<p class="p2">plus réceptive à accueillir la vie.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Alors parlez-nous un petit peu de ton groupe de travail, des agris avec</p>
<p class="p2">qui tu travailles, qu'est-ce que vous faites, je sais que vous faites des rencontres, parlez-</p>
<p class="p2">nous un petit peu de ça.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Il y a des groupes où on se voit 5-6 fois dans l'année. J'ai 3-4 groupes</p>
<p class="p2">ou 5-6 groupes comme ça. C'est des groupes un peu locaux. Moi je suis plutôt</p>
<p class="p2">l'animateur et puis après j'apporte du savoir. L'idée en fait à chaque fois c'est de faire</p>
<p class="p2">des tours de plaine pour échanger sur de la technique à différents moments de l'année.</p>
<p class="p2">On essaie aussi dans ces groupes-là d'avoir une partie expérimentation, c'est-à-dire</p>
<p class="p2">amener que chacun fasse un essai pour alimenter le groupe et puis faire avancer un</p>
<p class="p2">peu les choses. Après, il n'y a pas de contrainte sur le sujet, chacun travaille un peu sur</p>
<p class="p2">ce qu'il a envie, c'est bien de pas mettre de cadre de ce côté-là. Par contre, moi, je</p>
<p class="p2">m'engage à faire le suivi et du coup, parce que souvent, c'est ce qui manque. de... Il y a</p>
<p class="p2">beaucoup de gens qui font des essais, mais 80% du temps, les essais ne sont pas</p>
<p class="p2">capitalisés parce qu'il n'y a personne pour aller mesurer ou être là, dire attention, on a</p>
<p class="p2">ça. Moi, je fais un peu le garde-fou en disant, il y a l'essai, quand est-ce qu'il faut le</p>
<p class="p2">récolter ? Et le fait d'être là, ça permet de mesurer et d'avoir des données. Et après on</p>
<p class="p2">est plutôt partisan des bandes que des micro-parcelles, parce que c'est plus compliquéà mettre en œuvre. Donc on essaye de faire des bandes. C'est pas toujours évident,</p>
<p class="p2">surtout en pulvérisation, ça veut dire qu'il faut avoir un bidon en plus dans son tracteur</p>
<p class="p2">ou son pulvé. Mais du coup ça c'est vraiment important. Et donc ça c'est des groupes</p>
<p class="p2">un peu locaux qu'on que j'anime et après on essaye aussi d'organiser avec ces</p>
<p class="p2">groupes là, notamment tous ceux qui ont fait la formation Vens pour essayer de garder</p>
<p class="p2">la dynamique et comme il y a eu toute la France qui a été on essaye d'organiser des</p>
<p class="p2">rencontres une fois par an de deux jours, un peu en mode séminaire. Et là, l'objectif,</p>
<p class="p2">c'est d'échanger sur les acquis de l'année. Du coup, c'est l'occasion de présenter un</p>
<p class="p2">peu plus largement les essais qui ont été mis en place par les différents groupes,</p>
<p class="p2">alimenter un peu les discussions et puis dire au fur et à mesure comment est-ce que toi</p>
<p class="p2">tu fais pour réussir tes couverts ? Comment est-ce que toi tu fais pour réussir tes</p>
<p class="p2">fermentations ? Est-ce qu'on chauffe ? Est-ce qu'on ne chauffe pas ? On se pose plein</p>
<p class="p2">de questions et du coup ça permet d'avoir le groupe qui alimente les supports de</p>
<p class="p2">discussion et du coup toute la partie R&amp;D, et puis donner aussi des objectifs ou</p>
<p class="p2">essayer de mutualiser des choses. Là, on va lancer, par exemple, des analyses avec un</p>
<p class="p2">laboratoire en microbiologie pour se dire, est-ce qu'il y a une différence si on chauffe ou</p>
<p class="p2">pas les pharma-lactiques, et du coup, est-ce qu'on a la même diversité de micro-</p>
<p class="p2">organismes ? Est-ce que si on remultipliait des souches qu'on a déjà, on ne perd pas</p>
<p class="p2">en qualité ? Du coup, c'est des questions qui reviennent souvent. Et donc là, on s'est</p>
<p class="p2">dit, on paye des analyses et puis on va pouvoir travailler et avoir les réponses et ne pas</p>
<p class="p2">se reposer de ces questions-là tous les ans. Mais ça permet vraiment de continuer</p>
<p class="p2">d'échanger, de partager. et d'avoir des petits tips de... Bah tiens, moi, j'ai trouvé qu'en</p>
<p class="p2">faisant comme ça, ça se passe mieux, ou tiens, j'ai eu tel résultat, ou moi pas du tout.</p>
<p class="p2">Du coup, ça permet d'alimenter le débat et de faire avancer l'agronomie.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bien sûr. Et est-ce que vous commencez à avoir des protocoles bien</p>
<p class="p2">établis ?Baptiste Maître: Oui, de plus en plus. On commence à avoir vraiment des stratégies.</p>
<p class="p2">Après, c'est toujours à adapter en fonction du contexte, des années de recul, etc. Mais</p>
<p class="p2">on commence vraiment à avoir des stratégies qui se dégagent sur de</p>
<p class="p2">l'accompagnement. Il y a deux ou trois agriculteurs qui arrivent à se passer des</p>
<p class="p2">fongicides, des insecticides sur des céréales depuis deux ou trois ans. Et on sait qu'on</p>
<p class="p2">a eu quand même une diversité On a eu des années sèches, des années humides, des</p>
<p class="p2">années avec de la maladie, des années sans maladie. Ce qu'on a observé, c'est qu'il</p>
<p class="p2">n'y a pas d'impact sur le rendement. Il n'y a pas la carotte en disant on va faire plus de</p>
<p class="p2">rendement, mais on maintient les potentiels et du coup on ne passe pas plus, parce</p>
<p class="p2">que c'est aussi un argument. Et on a des plantes en bonne santé. Et on maintient les</p>
<p class="p2">niveaux d'équilibre. Et comme on arrive à autoproduire des produits, on arrive à baisser</p>
<p class="p2">aussi un peu les coûts des itinéraires techniques.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est ça. A défaut d'augmenter la productivité, on peut baisser les</p>
<p class="p2">charges et augmenter le bénéfice derrière. Ça, c'est quand même le plus important. Et</p>
<p class="p2">alors, est-ce que vous avez des objectifs à long terme que tu aimerais réussir à</p>
<p class="p2">accomplir ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Je travaille beaucoup sur les cultures d'industrie, donc arriver à trouver</p>
<p class="p2">un itinéraire technique en pommes de terre, par exemple, où on baisse fortement les</p>
<p class="p2">fongicides un peu en routine, c'est des sujets qui m'animent et sur lesquels Je travaille,</p>
<p class="p2">c'est vraiment amener de la résilience au-delà de ça. Là c'est un peu la carotte et un</p>
<p class="p2">peu l'objectif, enfin un des objectifs, mais c'est vraiment amener de la résilience. Là on</p>
<p class="p2">voit, j'ai fait pas mal de tours de plaine. Cet été, on voit beaucoup de structures un peu</p>
<p class="p2">abîmées avec des limons qui migrent, un peu fragilisés. Du coup, c'est vraiment trouver</p>
<p class="p2">ces stratégies pour régénérer les sols et amener de la résilience et protéger un peu</p>
<p class="p2">plus ces agro-systèmes. dans ces cultures industrielles, parce qu'on parle beaucoup autravail du sol, le fait de faire de la tarfine, mais il y a aussi le fait d'irriguer les cultures</p>
<p class="p2">qui abîment aussi les structures, donc il faut trouver un peu tous ces palliatifs et arriver</p>
<p class="p2">à toucher plus de monde et à sensibiliser à ces sujets et qu'il y a des choses qui</p>
<p class="p2">existent et des techniques à mettre en oeuvre pour amener cette résilience.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ça c'est sûr. Est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas couvert que tu aurais</p>
<p class="p2">aimé pouvoir parler ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Non, je pense qu'on a fait un bon tour d'horizon et ça donne un peu</p>
<p class="p2">des bases, j'espère, pour aller vers de la régénération des sols.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Alors, où est-ce qu'on te retrouve si on veut pouvoir te contacter, suivre</p>
<p class="p2">un peu ton travail et puis peut-être même faire appel à toi pour tes services et tes</p>
<p class="p2">expertises ?</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: J'ai une page Facebook, Verdesolsvivants, je suis sur LinkedIn aussi,</p>
<p class="p2">j'ai un site internet aussi qui s'appelle verdesolsvivants.fr.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super. Je suis certain que tu pourras mettre en relation aussi avec</p>
<p class="p2">d'autres groupes d'agriculteurs avec qui il pourrait y avoir des échanges. Je pense très</p>
<p class="p2">souvent dans ces émulsions-là et dans ces partages de connaissances-là qu'on arrive</p>
<p class="p2">à avancer puisqu'on n'est pas seul. Il y a plein de questions qu'on se pose. qui ne sont</p>
<p class="p2">pas forcément évidentes et peut-être que d'autres y ont déjà répondu ou ont déjà des</p>
<p class="p2">éléments de réponse.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: C'est vraiment dans mon ADN de mettre en lien un peu tout ce que je</p>
<p class="p2">vois. Je bourlingue beaucoup enfin en tout cas je bouge beaucoup donc du coup c'estde connecter et de dire bah tiens, untel il s'en est sorti comme ça avec cette</p>
<p class="p2">problématique, untel il a fait comme ça, tiens untel il se pose aussi la question, tu</p>
<p class="p2">devrais l'appeler. Du coup je fais beaucoup de mise en lien et de mise en relation dans</p>
<p class="p2">mes retours ou dans les formations que je peux animer ou mettre en oeuvre.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super, ouais, j'en doute pas. C'est comme ça qu'on avance le plus vite.</p>
<p class="p2">Merci beaucoup Baptiste.</p>
<p class="p2">Baptiste Maître: Merci.</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p2"> </p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[Et si l’on pouvait concilier des plantes saines et vigoureuses, un sol vivant et des coûts de production maîtrisés ?
Entre l’équilibre chimique, la structure du sol, les couverts végétaux, la nutrition des plantes et les techniques culturales, les leviers à activer sont nombreux. Baptiste Maitre, formateur en agronomie et spécialiste de la fertilité des sols, nous parle dans cet épisode de méthodes et protocoles qu’il met au point avec un groupe d’agriculteurs particulièrement dynamiques du Nord de la France.
Une discussion très clair autour de leviers agronomiques concrets mis en œuvre par ce collectif et Baptiste. L’une des pratiques qui a particulièrement retenu mon attention : le broyage-compostage de surface des engrais verts qui avait été discuté dans un précédent interview de John Kempf.
Baptiste Maitre
https://www.facebook.com/p/Ver-des-sols-vivants-100057237647959/
https://www.ver-des-sols-vivants.fr/
https://www.linkedin.com/in/baptiste-maitre-221a471a/
 
 
Fredéric Thomas
https://agriculture-de-conservation.com/-Frederic-Thomas-.html
 
Friedrich &amp; Manfred Wenz
https://agriculture-de-conservation.com/Chez-Friedrich-et-Manfred-Wenz-25,324.html
 
Francis Bucaille
https://www.podbean.com/ew/pb-7upw8-163425a
https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Utilisateur:Francis_Bucaille
 
Méthode Merci - Méthode d’estimation des restitutions par les cultures intermédiaires
https://methode-merci.fr/
 
La pyramide de la santé des plantes de John Kempf
https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/
 
“Carence en Manganese après usage de Glyphosate”
https://www.agro-league.com/blog/le-manganese-est-essentielTranscription : 
 
28 - Des méthodes novatrices pour les cultures
industriels avec Baptiste Maitre
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast qui explore les liens profonds entre la
santé des écosystèmes, des plantes, des animaux et la santé humaine. L'agriculture
occupe une place centrale dans nos vies. Qu'il s'agisse de nous nourrir, de produire
des fibres pour le textile ou de cultiver des plantes pour nous soigner, elle façonne
notre société à bien des égards. Mais alors comment repenser notre relation vivant afin
d'honorer sa capacité exceptionnelle à se régénérer et construire une agriculture
réellement bénéfique pour tous ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble au
travers de discussions avec celles et ceux qui œuvrent pour une santé globale. Pour
cet épisode, je reçois Baptiste Maître formateur en agronomie et spécialiste de la
fertilité des sols. Soyez prévenus, il s'agit d'une discussion technique où l'on parle de
fertilité des sols, de technique culturelle, notamment en culture industrielle. Cette
discussion a eu lieu au moment de la loi Duplon, de juillet 2025, qui proposait
notamment la réintroduction de l'acétamipride, un insecticide organochloré de la famille
des néonicotinoïdes. L'argument pour son utilisation étant l'absence d'alternatives ou
de solutions face à certains ravageurs pour, en particulier, les cultures de betteraves
sucrières et de noisettes. Une pétition, contre sa réintroduction, a alors récolté plus de
2 100 000 signatures. Quelques semaines plus tard, le Conseil constitutionnel a
invalidé cette mesure, la jugeant contraire à la charte de l'environnement. Pour
recontextualiser, en 2016, une pétition qui réclamait l'interdiction des néonicotinoïdes
en France avait recueilli, elle, environ 130 000 signatures. Autant dire que la
conscience collective évolue. La dernière fois qu'on s'était parlé, j'avais été très inspiré
par tous les protocoles que tu mettais en place avec les agriculteurs que tu
accompagnes. Notamment, tu m'as parlé de 2-3 techniques assez chouettes, donc
j'aimerais bien qu'on discute plus en détail. Mais peut-être pour commencer, tu peux teprésenter, nous parler un petit peu de l'étendue de ton travail et comment t'en es arrivé
à faire ce que tu fais.
Baptiste Maître: Super content d'être avec toi. Baptiste]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <itunes:block>No</itunes:block>
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            </item>
    <item>
        <title>27 - Comment nos pratiques agricoles impactent l’environnement avec Philippe Pointereau</title>
        <itunes:title>27 - Comment nos pratiques agricoles impactent l’environnement avec Philippe Pointereau</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/27-comment-nos-pratiques-agricoles-impactent-l-environnement-avec-philippe-pointereau/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 22 Oct 2025 05:17:59 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">LIENS : 

<a href='https://osez-agroecologie.org/'>https://osez-agroecologie.org/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://afterres.org/'>https://afterres.org/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://terresdesources.fr/'>https://terresdesources.fr/</a>

</p>
<p class="p1">Comprendre les impacts de notre alimentation et de l’agriculture est un enjeu majeur pour préserver la santé des écosystèmes et celle des êtres humains. Évaluer et quantifier la diversité des modèles agricoles existant en France était une première étape essentielle pour ouvrir le débat et faire des choix éclairés. C’est, entre autre, ce que Philippe Pointereau a fait, en consacrant sa vie à interroger les pratiques agroécologiques, à promouvoir les énergies renouvelables et à analyser leur empreinte sur le territoire français. À travers cet entretien, il partage avec nous son parcours, ses réflexions et sa vision d’une agriculture qui intègre pleinement la santé des écosystèmes et celle des Hommes.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">LIENS : <br>
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<a href='https://osez-agroecologie.org/'>https://osez-agroecologie.org/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://afterres.org/'>https://afterres.org/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://terresdesources.fr/'>https://terresdesources.fr/</a><br>
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<p class="p1">Comprendre les impacts de notre alimentation et de l’agriculture est un enjeu majeur pour préserver la santé des écosystèmes et celle des êtres humains. Évaluer et quantifier la diversité des modèles agricoles existant en France était une première étape essentielle pour ouvrir le débat et faire des choix éclairés. C’est, entre autre, ce que Philippe Pointereau a fait, en consacrant sa vie à interroger les pratiques agroécologiques, à promouvoir les énergies renouvelables et à analyser leur empreinte sur le territoire français. À travers cet entretien, il partage avec nous son parcours, ses réflexions et sa vision d’une agriculture qui intègre pleinement la santé des écosystèmes et celle des Hommes.</p>
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        <itunes:summary><![CDATA[LIENS : https://osez-agroecologie.org/
https://afterres.org/
https://terresdesources.fr/
Comprendre les impacts de notre alimentation et de l’agriculture est un enjeu majeur pour préserver la santé des écosystèmes et celle des êtres humains. Évaluer et quantifier la diversité des modèles agricoles existant en France était une première étape essentielle pour ouvrir le débat et faire des choix éclairés. C’est, entre autre, ce que Philippe Pointereau a fait, en consacrant sa vie à interroger les pratiques agroécologiques, à promouvoir les énergies renouvelables et à analyser leur empreinte sur le territoire français. À travers cet entretien, il partage avec nous son parcours, ses réflexions et sa vision d’une agriculture qui intègre pleinement la santé des écosystèmes et celle des Hommes.]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>26 - Pour une forêt vivante et productive avec Héloïse Dubois</title>
        <itunes:title>26 - Pour une forêt vivante et productive avec Héloïse Dubois</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/26-pour-une-foret-vivante-et-productive-avec-heloise-dubois/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 09 Oct 2025 07:15:30 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Il est évident que toutes les forêts ne se valent pas en termes de biodiversité et de services écosystémiques. Est-il alors possible d’allier biodiversité, robustesse des systèmes sylvicoles et rentabilité de l’industrie ?</p>
<p class="p1">C’est ce que je tente, entre autres, de comprendre avec Héloïse Dubois, experte passionnée en gestion forestière et environnementale, qui réfléchit à une approche de sylviculture durable, fondée sur la biodiversité, la régénération naturelle et l’observation continue.
Formée aux côtés de José Layon, maître sylviculteur depuis plus de 40 ans, elle nous parle de l’équilibre délicat entre productivité, rentabilité et respect du vivant.</p>
<p class="p1">Dans cette discussion, on évoque :</p>
<ul class="ul1">
<li class="li1">la gestion forestière responsable et innovante</li>
<li class="li1">l’importance du sol, de l’eau et des cycles naturels</li>
<li class="li1">la transmission du savoir : formation, accompagnement et lien entre terrain et recherche</li>
</ul>
<p class="p1">Une conversation riche, ancrée dans la réalité du terrain et animée par la passion de comprendre et d’agir pour des forêts vivantes et résilientes.


</p>
<p>LIENS :</p>
<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-dubois-dr-ir-9a9b8584/?original_referer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F&amp;originalSubdomain=be'>https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-dubois-dr-ir-9a9b8584/?original_referer=https%3A%2F%2Fwww%2Egoogle%2Ecom%2F&amp;originalSubdomain=be</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://librairie.cnpf.fr/produit/659/9782931178157/sylviculture-du-bouleau'>https://librairie.cnpf.fr/produit/659/9782931178157/sylviculture-du-bouleau</a></p>
<p class="p1"> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Il est évident que toutes les forêts ne se valent pas en termes de biodiversité et de services écosystémiques. Est-il alors possible d’allier biodiversité, robustesse des systèmes sylvicoles et rentabilité de l’industrie ?</p>
<p class="p1">C’est ce que je tente, entre autres, de comprendre avec Héloïse Dubois, experte passionnée en gestion forestière et environnementale, qui réfléchit à une approche de sylviculture durable, fondée sur la biodiversité, la régénération naturelle et l’observation continue.<br>
Formée aux côtés de José Layon, maître sylviculteur depuis plus de 40 ans, elle nous parle de l’équilibre délicat entre productivité, rentabilité et respect du vivant.</p>
<p class="p1">Dans cette discussion, on évoque :</p>
<ul class="ul1">
<li class="li1">la gestion forestière responsable et innovante</li>
<li class="li1">l’importance du sol, de l’eau et des cycles naturels</li>
<li class="li1">la transmission du savoir : formation, accompagnement et lien entre terrain et recherche</li>
</ul>
<p class="p1">Une conversation riche, ancrée dans la réalité du terrain et animée par la passion de comprendre et d’agir pour des forêts vivantes et résilientes.<br>
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<p>LIENS :</p>
<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-dubois-dr-ir-9a9b8584/?original_referer=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F&amp;originalSubdomain=be'>https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-dubois-dr-ir-9a9b8584/?original_referer=https%3A%2F%2Fwww%2Egoogle%2Ecom%2F&amp;originalSubdomain=be</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://librairie.cnpf.fr/produit/659/9782931178157/sylviculture-du-bouleau'>https://librairie.cnpf.fr/produit/659/9782931178157/sylviculture-du-bouleau</a></p>
<p class="p1"> </p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Il est évident que toutes les forêts ne se valent pas en termes de biodiversité et de services écosystémiques. Est-il alors possible d’allier biodiversité, robustesse des systèmes sylvicoles et rentabilité de l’industrie ?
C’est ce que je tente, entre autres, de comprendre avec Héloïse Dubois, experte passionnée en gestion forestière et environnementale, qui réfléchit à une approche de sylviculture durable, fondée sur la biodiversité, la régénération naturelle et l’observation continue.Formée aux côtés de José Layon, maître sylviculteur depuis plus de 40 ans, elle nous parle de l’équilibre délicat entre productivité, rentabilité et respect du vivant.
Dans cette discussion, on évoque :

la gestion forestière responsable et innovante
l’importance du sol, de l’eau et des cycles naturels
la transmission du savoir : formation, accompagnement et lien entre terrain et recherche

Une conversation riche, ancrée dans la réalité du terrain et animée par la passion de comprendre et d’agir pour des forêts vivantes et résilientes.
LIENS :
https://www.linkedin.com/in/h%C3%A9lo%C3%AFse-dubois-dr-ir-9a9b8584/?original_referer=https%3A%2F%2Fwww%2Egoogle%2Ecom%2F&amp;originalSubdomain=be
 
https://librairie.cnpf.fr/produit/659/9782931178157/sylviculture-du-bouleau
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>25 - Prendre soin de la mer - le Paysan Marin avec Benjamin Denjean &amp; Tristan Macquet - Partie 2</title>
        <itunes:title>25 - Prendre soin de la mer - le Paysan Marin avec Benjamin Denjean &amp; Tristan Macquet - Partie 2</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://lepaysanmarin.fr/'>https://lepaysanmarin.fr/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.instagram.com/lepaysanmarin/'>https://www.instagram.com/lepaysanmarin/</a></p>
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        <title>25 - Prendre soin de la mer - le Paysan Marin avec Benjamin Denjean &amp; Tristan Macquet - Partie 1</title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://lepaysanmarin.fr/'>https://lepaysanmarin.fr/</a></p>
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<p class="p1"> </p>
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>24 - Une trajectoire de transformations agricoles avec Philippe Collin</title>
        <itunes:title>24 - Une trajectoire de transformations agricoles avec Philippe Collin</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Aujourd’hui c’est Philippe Collin, agriculteur dans la Haute-Marne qui nous parle de son parcours.</p>
<p class="p1">Dans la famille de Philippe, on a l’habitude des collectifs et on a pas peur de monter des projets, ni de la complexité. Philippe de déroge pas à la règle puisqu’il a fondé ou co-fondé une SCIC pour valorisé les grains des cultures en tourteaux, en huiles et en farines, une entreprise en polyculture élevage sur 300 ha, une unité de méthanisation et j’en passe. </p>
<p class="p1">De l’agriculture hyper-intensive à l’agriculture bio et de conservation des sols, Philippe nous parle de sa transition et des raisons qui l’ont mené à changer d’approche. 

Philippe a une grande curiosité et une volonté constante de se remettre en question et d’améliorer ses pratiques. Autant dire que cet épisode est très inspirant. 

Un témoignage plein de sagesse et d’un optimisme bien réfléchis.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Aujourd’hui c’est Philippe Collin, agriculteur dans la Haute-Marne qui nous parle de son parcours.</p>
<p class="p1">Dans la famille de Philippe, on a l’habitude des collectifs et on a pas peur de monter des projets, ni de la complexité. Philippe de déroge pas à la règle puisqu’il a fondé ou co-fondé une SCIC pour valorisé les grains des cultures en tourteaux, en huiles et en farines, une entreprise en polyculture élevage sur 300 ha, une unité de méthanisation et j’en passe. </p>
<p class="p1">De l’agriculture hyper-intensive à l’agriculture bio et de conservation des sols, Philippe nous parle de sa transition et des raisons qui l’ont mené à changer d’approche. <br>
<br>
Philippe a une grande curiosité et une volonté constante de se remettre en question et d’améliorer ses pratiques. Autant dire que cet épisode est très inspirant. <br>
<br>
Un témoignage plein de sagesse et d’un optimisme bien réfléchis.</p>
]]></content:encoded>
                                    
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Dans la famille de Philippe, on a l’habitude des collectifs et on a pas peur de monter des projets, ni de la complexité. Philippe de déroge pas à la règle puisqu’il a fondé ou co-fondé une SCIC pour valorisé les grains des cultures en tourteaux, en huiles et en farines, une entreprise en polyculture élevage sur 300 ha, une unité de méthanisation et j’en passe. 
De l’agriculture hyper-intensive à l’agriculture bio et de conservation des sols, Philippe nous parle de sa transition et des raisons qui l’ont mené à changer d’approche. Philippe a une grande curiosité et une volonté constante de se remettre en question et d’améliorer ses pratiques. Autant dire que cet épisode est très inspirant. Un témoignage plein de sagesse et d’un optimisme bien réfléchis.]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>23 - Un dialogue avec les orques avec Isabelle Brasseur</title>
        <itunes:title>23 - Un dialogue avec les orques avec Isabelle Brasseur</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/23-un-dialogue-avec-les-orques-avec-isabelle-brasseur/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 09 Jul 2025 08:16:15 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1"> </p>
<p class="p1">J’aime les histoires qui font relativiser les difficultés que l’on a pu rencontrer. Car comment faire une prise de sang à un animal de 3 tonnes, qui ne peut pas être anesthésié et qui vit dans l’eau ? </p>
<p class="p1">C’est notamment ce dont Isabelle Brasseur, biologiste de formation, forte de plus de 30 ans d’expérience auprès des animaux marins nous parle dans cet épisode.</p>
<p class="p1">Ancienne chargée d’éducation, de sensibilisation et de recherche au sein du parc Marineland, Isabelle partage avec passion comment les techniques d’apprentissage – notamment le conditionnement opérant – permettent de transformer la relation entre l’humain et l’animal.</p>
<p class="p1">Nous avons notamment parlé de :
🔹 L’importance de l’apprentissage dans les soins animaliers
🔹 Les spécificités et défis liés aux animaux aquatiques
🔹 La manière dont une meilleure compréhension de l’animal peut enrichir nos pratiques et améliorer son bien-être
🔹 Sa transition vers l’accompagnement et la formation des professionnels en liens avec les animaux

<a href='https://www.linkedin.com/in/isabellebrasseur/'>https://www.linkedin.com/in/isabellebrasseur/</a>

</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1"> </p>
<p class="p1">J’aime les histoires qui font relativiser les difficultés que l’on a pu rencontrer. Car comment faire une prise de sang à un animal de 3 tonnes, qui ne peut pas être anesthésié et qui vit dans l’eau ? </p>
<p class="p1">C’est notamment ce dont Isabelle Brasseur, biologiste de formation, forte de plus de 30 ans d’expérience auprès des animaux marins nous parle dans cet épisode.</p>
<p class="p1">Ancienne chargée d’éducation, de sensibilisation et de recherche au sein du parc Marineland, Isabelle partage avec passion comment les techniques d’apprentissage – notamment le conditionnement opérant – permettent de transformer la relation entre l’humain et l’animal.</p>
<p class="p1">Nous avons notamment parlé de :<br>
🔹 L’importance de l’apprentissage dans les soins animaliers<br>
🔹 Les spécificités et défis liés aux animaux aquatiques<br>
🔹 La manière dont une meilleure compréhension de l’animal peut enrichir nos pratiques et améliorer son bien-être<br>
🔹 Sa transition vers l’accompagnement et la formation des professionnels en liens avec les animaux<br>
<br>
<a href='https://www.linkedin.com/in/isabellebrasseur/'>https://www.linkedin.com/in/isabellebrasseur/</a><br>
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        <itunes:summary><![CDATA[ 
J’aime les histoires qui font relativiser les difficultés que l’on a pu rencontrer. Car comment faire une prise de sang à un animal de 3 tonnes, qui ne peut pas être anesthésié et qui vit dans l’eau ? 
C’est notamment ce dont Isabelle Brasseur, biologiste de formation, forte de plus de 30 ans d’expérience auprès des animaux marins nous parle dans cet épisode.
Ancienne chargée d’éducation, de sensibilisation et de recherche au sein du parc Marineland, Isabelle partage avec passion comment les techniques d’apprentissage – notamment le conditionnement opérant – permettent de transformer la relation entre l’humain et l’animal.
Nous avons notamment parlé de :🔹 L’importance de l’apprentissage dans les soins animaliers🔹 Les spécificités et défis liés aux animaux aquatiques🔹 La manière dont une meilleure compréhension de l’animal peut enrichir nos pratiques et améliorer son bien-être🔹 Sa transition vers l’accompagnement et la formation des professionnels en liens avec les animauxhttps://www.linkedin.com/in/isabellebrasseur/]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>22 - Raconter l'agriculture Régénérative avec Éléonore de Lambertye</title>
        <itunes:title>22 - Raconter l'agriculture Régénérative avec Éléonore de Lambertye</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/22-raconter-lagriculture-regenerative-avec-eleonore-de-lambertye/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/22-raconter-lagriculture-regenerative-avec-eleonore-de-lambertye/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 25 Jun 2025 11:58:10 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">J’ai eu le plaisir d’échanger avec Éléonore de Lambertye, étudiante à AgroParisTech, bientôt diplômée… et déjà cinéaste. Éléonore nous offre un très beau documentaire : Sol couvert d’espoir, dans lequel elle part à la rencontre de paysan.nes passionné.es qui prennent soin des écosystèmes. 
Sensible aux enjeux agricoles, Éléonore fait le pont entre monde agricole et monde citadin en offrant un regard tendre et respectueux de ce métier.</p>
<p class="p1">Son action de sensibilisation ne s’arrête pas là : elle a co-fondé un bootcamp afin de permettre aux jeunes <a href='http://citadin.es'>citadin.es</a> de réfléchir en profondeur aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">LIENS : </p>
<p class="p1"><a href='https://www.sols-couverts-d-espoir.fr/'>https://www.sols-couverts-d-espoir.fr/</a></p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">J’ai eu le plaisir d’échanger avec Éléonore de Lambertye, étudiante à AgroParisTech, bientôt diplômée… et déjà cinéaste. Éléonore nous offre un très beau documentaire : Sol couvert d’espoir, dans lequel elle part à la rencontre de paysan.nes passionné.es qui prennent soin des écosystèmes. <br>
Sensible aux enjeux agricoles, Éléonore fait le pont entre monde agricole et monde citadin en offrant un regard tendre et respectueux de ce métier.</p>
<p class="p1">Son action de sensibilisation ne s’arrête pas là : elle a co-fondé un bootcamp afin de permettre aux jeunes <a href='http://citadin.es'>citadin.es</a> de réfléchir en profondeur aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1">LIENS : </p>
<p class="p1"><a href='https://www.sols-couverts-d-espoir.fr/'>https://www.sols-couverts-d-espoir.fr/</a></p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[J’ai eu le plaisir d’échanger avec Éléonore de Lambertye, étudiante à AgroParisTech, bientôt diplômée… et déjà cinéaste. Éléonore nous offre un très beau documentaire : Sol couvert d’espoir, dans lequel elle part à la rencontre de paysan.nes passionné.es qui prennent soin des écosystèmes. Sensible aux enjeux agricoles, Éléonore fait le pont entre monde agricole et monde citadin en offrant un regard tendre et respectueux de ce métier.
Son action de sensibilisation ne s’arrête pas là : elle a co-fondé un bootcamp afin de permettre aux jeunes citadin.es de réfléchir en profondeur aux enjeux agricoles et alimentaires d’aujourd’hui.
 
LIENS : 
https://www.sols-couverts-d-espoir.fr/]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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            </item>
    <item>
        <title>21 - Lire le sol autrement : microscope, chromatographie et décisions agronomiques avec Marie-Thérèse Gässler</title>
        <itunes:title>21 - Lire le sol autrement : microscope, chromatographie et décisions agronomiques avec Marie-Thérèse Gässler</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/21-lire-le-sol-autrement-microscope-chromatographie-et-decisions-agronomiques-avec-marie-therese-gassler/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 11 Jun 2025 07:06:35 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">J’ai eu le plaisir d’échanger avec Marie-Thérèse Gassler, agricultrice en grandes cultures et pionnière de l’agriculture de conservation des sols (ACS) depuis plus de 30 ans aux côtés de son père.</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, on parle de :
🔬 L’importance de l’analyse et de l’interprétation des sols, plantes et microbiologie
🧪 Des outils comme le microscope et la chromatographie
🌿 De l’interaction essentielle plante-sol et de la vie du sol
🌾 Des couverts végétaux et de leur diversification
📈 Et de l’évolution de leurs pratiques grâce au suivi biologique sur l’exploitation</p>
<p class="p1">Marie-Thérèse partage aussi son approche de la formation, son regard sur l’agriculture régénérative, et comment reconnecter avec l’observation du vivant pour mieux décider.</p>
<p class="p1">Un épisode riche, technique et inspirant pour tous ceux qui veulent comprendre, agir et régénérer.

</p>
<p class="p1">LIENS</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/'>https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://www.elisol.fr/'>https://www.elisol.fr/</a>

<a href='https://www.gassler-techniquesdusol.fr/'>https://www.gassler-techniquesdusol.fr/</a> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">J’ai eu le plaisir d’échanger avec Marie-Thérèse Gassler, agricultrice en grandes cultures et pionnière de l’agriculture de conservation des sols (ACS) depuis plus de 30 ans aux côtés de son père.</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, on parle de :<br>
🔬 L’importance de l’analyse et de l’interprétation des sols, plantes et microbiologie<br>
🧪 Des outils comme le microscope et la chromatographie<br>
🌿 De l’interaction essentielle plante-sol et de la vie du sol<br>
🌾 Des couverts végétaux et de leur diversification<br>
📈 Et de l’évolution de leurs pratiques grâce au suivi biologique sur l’exploitation</p>
<p class="p1">Marie-Thérèse partage aussi son approche de la formation, son regard sur l’agriculture régénérative, et comment reconnecter avec l’observation du vivant pour mieux décider.</p>
<p class="p1">Un épisode riche, technique et inspirant pour tous ceux qui veulent comprendre, agir et régénérer.<br>
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<p class="p1">LIENS</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/'>https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://www.elisol.fr/'>https://www.elisol.fr/</a><br>
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<a href='https://www.gassler-techniquesdusol.fr/'>https://www.gassler-techniquesdusol.fr/</a> </p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[J’ai eu le plaisir d’échanger avec Marie-Thérèse Gassler, agricultrice en grandes cultures et pionnière de l’agriculture de conservation des sols (ACS) depuis plus de 30 ans aux côtés de son père.
Dans cet épisode, on parle de :🔬 L’importance de l’analyse et de l’interprétation des sols, plantes et microbiologie🧪 Des outils comme le microscope et la chromatographie🌿 De l’interaction essentielle plante-sol et de la vie du sol🌾 Des couverts végétaux et de leur diversification📈 Et de l’évolution de leurs pratiques grâce au suivi biologique sur l’exploitation
Marie-Thérèse partage aussi son approche de la formation, son regard sur l’agriculture régénérative, et comment reconnecter avec l’observation du vivant pour mieux décider.
Un épisode riche, technique et inspirant pour tous ceux qui veulent comprendre, agir et régénérer.
LIENS
 
https://www.verdeterreprod.fr/john-kempf-sante-des-sols-nutrition-des-plantes-traduit-en-francais/
https://www.elisol.fr/https://www.gassler-techniquesdusol.fr/ ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>20 - L’agriculture face à la complexité de l’eau avec Olivier Hébrard</title>
        <itunes:title>20 - L’agriculture face à la complexité de l’eau avec Olivier Hébrard</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/20-l-agriculture-face-a-la-complexite-de-l-eau-avec-olivier-hebrard/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/20-l-agriculture-face-a-la-complexite-de-l-eau-avec-olivier-hebrard/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 28 May 2025 05:53:02 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">L’agriculture face à la complexité de l’eau avec Olivier Hébrard, agroécologue, pédologue, hydrologue… et paysan.</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, on parle eau sous toutes ses formes :
🌊 sa qualité, souvent oubliée mais déterminante
💧 sa circulation complexe à travers les horizons du sol
🌱 les pratiques agricoles qui la protègent… ou la perturbent
🚜 et les promesses – mais aussi les dérives – de l’hydrologie régénérative</p>
<p class="p1">Olivier partage un regard lucide, exigeant, mais profondément inspirant, fruit de ses expériences en recherche, en conseil agroécologique, et sur son propre terrain vivrier. Il nous parle aussi, en creux, de son attachement à la paysannerie, de ses doutes sur certaines modes, et de son espérance discrète mais ferme en une agriculture du soin.</p>
<p class="p1">Un échange dense, sincère, pour réapprendre à lire l’eau, soigner les sols, et peut-être réenraciner notre rapport au vivant.

</p>
<p class="p1">Le livre de Tristan Gooley</p>
<p class="p2"><a href='https://www.babelio.com/livres/Gooley-How-to-read-water/1198535'>https://www.babelio.com/livres/Gooley-How-to-read-water/1198535</a></p>
<p class="p1">

</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">L’agriculture face à la complexité de l’eau avec Olivier Hébrard, agroécologue, pédologue, hydrologue… et paysan.</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, on parle eau sous toutes ses formes :<br>
🌊 sa qualité, souvent oubliée mais déterminante<br>
💧 sa circulation complexe à travers les horizons du sol<br>
🌱 les pratiques agricoles qui la protègent… ou la perturbent<br>
🚜 et les promesses – mais aussi les dérives – de l’hydrologie régénérative</p>
<p class="p1">Olivier partage un regard lucide, exigeant, mais profondément inspirant, fruit de ses expériences en recherche, en conseil agroécologique, et sur son propre terrain vivrier. Il nous parle aussi, en creux, de son attachement à la paysannerie, de ses doutes sur certaines modes, et de son espérance discrète mais ferme en une agriculture du soin.</p>
<p class="p1">Un échange dense, sincère, pour réapprendre à lire l’eau, soigner les sols, et peut-être réenraciner notre rapport au vivant.<br>
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</p>
<p class="p1">Le livre de Tristan Gooley</p>
<p class="p2"><a href='https://www.babelio.com/livres/Gooley-How-to-read-water/1198535'>https://www.babelio.com/livres/Gooley-How-to-read-water/1198535</a></p>
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        <itunes:summary><![CDATA[L’agriculture face à la complexité de l’eau avec Olivier Hébrard, agroécologue, pédologue, hydrologue… et paysan.
Dans cet épisode, on parle eau sous toutes ses formes :🌊 sa qualité, souvent oubliée mais déterminante💧 sa circulation complexe à travers les horizons du sol🌱 les pratiques agricoles qui la protègent… ou la perturbent🚜 et les promesses – mais aussi les dérives – de l’hydrologie régénérative
Olivier partage un regard lucide, exigeant, mais profondément inspirant, fruit de ses expériences en recherche, en conseil agroécologique, et sur son propre terrain vivrier. Il nous parle aussi, en creux, de son attachement à la paysannerie, de ses doutes sur certaines modes, et de son espérance discrète mais ferme en une agriculture du soin.
Un échange dense, sincère, pour réapprendre à lire l’eau, soigner les sols, et peut-être réenraciner notre rapport au vivant.
Le livre de Tristan Gooley
https://www.babelio.com/livres/Gooley-How-to-read-water/1198535
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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            </item>
    <item>
        <title>19 - L’agriculture sans énergies fossiles avec Guillaume Tant - 2ème Partie</title>
        <itunes:title>19 - L’agriculture sans énergies fossiles avec Guillaume Tant - 2ème Partie</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/19-l-agriculture-sans-energies-fossiles-avec-guillaume-tant-2eme-partie/#comments</comments>        <pubDate>Fri, 16 May 2025 05:30:49 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles.</p>
<p class="p1">Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">🎧 Au programme :</p>
<ul class="ul1">
<li class="li1">Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield</li>
<li class="li1">La place du pétrole dans l’agriculture moderne</li>
<li class="li1">Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables</li>
<li class="li1">L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives</li>
<li class="li1">Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiques

Liens : 


<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/'>https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://lagregat.fr/'>https://lagregat.fr/</a></p>
</li>
</ul>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles.</p>
<p class="p1">Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">🎧 Au programme :</p>
<ul class="ul1">
<li class="li1">Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield</li>
<li class="li1">La place du pétrole dans l’agriculture moderne</li>
<li class="li1">Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables</li>
<li class="li1">L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives</li>
<li class="li1">Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiques<br>
<br>
Liens : <br>
<br>

<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/'>https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://lagregat.fr/'>https://lagregat.fr/</a></p>
</li>
</ul>
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        <itunes:summary><![CDATA[Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles.
Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.
 
🎧 Au programme :

Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield
La place du pétrole dans l’agriculture moderne
Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables
L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives
Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiquesLiens : 
https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/
https://lagregat.fr/

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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>19 - L’agriculture sans énergies fossiles avec Guillaume Tant - 1er Partie</title>
        <itunes:title>19 - L’agriculture sans énergies fossiles avec Guillaume Tant - 1er Partie</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/l-agriculture-sans-energies-fossiles-avec-guillaume-tant-1er-partie/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 15 May 2025 03:57:57 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles.</p>
<p class="p1">Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">🎧 Au programme :</p>
<ul class="ul1">
<li class="li1">Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield</li>
<li class="li1">La place du pétrole dans l’agriculture moderne</li>
<li class="li1">Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables</li>
<li class="li1">L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives</li>
<li class="li1">Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiques

Liens : 


<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/'>https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://lagregat.fr/'>https://lagregat.fr/</a></p>
</li>
</ul>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles.</p>
<p class="p1">Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.</p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">🎧 Au programme :</p>
<ul class="ul1">
<li class="li1">Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield</li>
<li class="li1">La place du pétrole dans l’agriculture moderne</li>
<li class="li1">Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables</li>
<li class="li1">L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives</li>
<li class="li1">Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiques<br>
<br>
Liens : <br>
<br>

<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/'>https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://lagregat.fr/'>https://lagregat.fr/</a></p>
</li>
</ul>
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        <itunes:summary><![CDATA[Guillaume Tant est consultant agronome, conférencier, et lauréat de la prestigieuse bourse Nuffield, qui lui a permis de parcourir le monde à la recherche de solutions agricoles sans dépendance aux énergies fossiles.
Au cours de notre discussion, Guillaume partage avec passion et précision les nombreux apprentissages issus de son parcours, en France et à l’international. Un échange dense, riche en réflexions et en pistes d'action concrètes pour penser une agriculture plus résiliente, plus rentable et réellement durable.
 
🎧 Au programme :

Le fonctionnement et les objectifs de la bourse Nuffield
La place du pétrole dans l’agriculture moderne
Des réflexions pour développer des systèmes agricoles fertiles, performants et économiquement viables
L’importance de la biologie des sols, de la fermentation et d'autres pratiques régénératives
Comment engager le changement vers une agriculture vertueuse, en dépassant les freins culturels, techniques et économiquesLiens : 
https://www.linkedin.com/in/guillaume-tant-57123b135/
https://lagregat.fr/

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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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            </item>
    <item>
        <title>18 - Parler bovin : apprendre leur langage pour transformer nos pratiques avec Pauline Garcia</title>
        <itunes:title>18 - Parler bovin : apprendre leur langage pour transformer nos pratiques avec Pauline Garcia</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/18-quand-comprendre-les-bovins-peut-tout-changer-avec-pauline-garcia/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/18-quand-comprendre-les-bovins-peut-tout-changer-avec-pauline-garcia/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 30 Apr 2025 03:19:32 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Quand on parle de vaches, on pense souvent production, rendement, ou rusticité. Mais qui prend vraiment le temps d’observer leur langage, leurs comportements, leurs interactions ?</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, je reçois Pauline Garcia, éleveuse, formatrice et autrice passionnée, qui œuvre à faire connaître l’éthologie bovine — ou comment les vaches se comportent, perçoivent leur environnement, et communiquent.</p>
<p class="p1">J’ai eu la chance de suivre une formation auprès de Pauline. Cette expérience a profondément transformé ma relation avec mon troupeau. Grâce à son approche sensible et rigoureuse, j’ai découvert de nouvelles façons d’entrer en lien avec les bovins, de leur offrir un cadre de confiance, et de travailler en coopération plutôt qu’en domination.</p>
<p class="p1">🌿 Dans cet épisode, on y parle de : 
– communication et comportement des bovins
– gestion sans stress du troupeau et de l’individu
– confiance, sécurité et observation
– mais aussi plaisir au travail, éthique de la relation, et respect du vivant.

</p>
<p class="p1">Le Site de Pauline : <a href='https://www.etho-diversite.fr/'>https://www.etho-diversite.fr/</a>

Les livres : </p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.36239__/fr/boutique/produit.html'>https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.36239__/fr/boutique/produit.html</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.45430__/fr/boutique/produit.html'>https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.45430__/fr/boutique/produit.html</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.44182__/fr/boutique/produit.html'>https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.44182__/fr/boutique/produit.html</a>

Temple Grandin : <a href='https://www.youtube.com/watch?v=1XmTkMnltoA'>https://www.youtube.com/watch?v=1XmTkMnltoA</a> </p>
<p class="p1">


</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Quand on parle de vaches, on pense souvent production, rendement, ou rusticité. Mais qui prend vraiment le temps d’observer leur langage, leurs comportements, leurs interactions ?</p>
<p class="p1">Dans cet épisode, je reçois Pauline Garcia, éleveuse, formatrice et autrice passionnée, qui œuvre à faire connaître l’éthologie bovine — ou comment les vaches se comportent, perçoivent leur environnement, et communiquent.</p>
<p class="p1">J’ai eu la chance de suivre une formation auprès de Pauline. Cette expérience a profondément transformé ma relation avec mon troupeau. Grâce à son approche sensible et rigoureuse, j’ai découvert de nouvelles façons d’entrer en lien avec les bovins, de leur offrir un cadre de confiance, et de travailler en coopération plutôt qu’en domination.</p>
<p class="p1">🌿 Dans cet épisode, on y parle de : <br>
– communication et comportement des bovins<br>
– gestion sans stress du troupeau et de l’individu<br>
– confiance, sécurité et observation<br>
– mais aussi plaisir au travail, éthique de la relation, et respect du vivant.<br>
<br>
</p>
<p class="p1">Le Site de Pauline : <a href='https://www.etho-diversite.fr/'>https://www.etho-diversite.fr/</a><br>
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Les livres : </p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.36239__/fr/boutique/produit.html'>https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.36239__/fr/boutique/produit.html</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.45430__/fr/boutique/produit.html'>https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.45430__/fr/boutique/produit.html</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.44182__/fr/boutique/produit.html'>https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.44182__/fr/boutique/produit.html</a><br>
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Temple Grandin : <a href='https://www.youtube.com/watch?v=1XmTkMnltoA'>https://www.youtube.com/watch?v=1XmTkMnltoA</a> </p>
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Dans cet épisode, je reçois Pauline Garcia, éleveuse, formatrice et autrice passionnée, qui œuvre à faire connaître l’éthologie bovine — ou comment les vaches se comportent, perçoivent leur environnement, et communiquent.
J’ai eu la chance de suivre une formation auprès de Pauline. Cette expérience a profondément transformé ma relation avec mon troupeau. Grâce à son approche sensible et rigoureuse, j’ai découvert de nouvelles façons d’entrer en lien avec les bovins, de leur offrir un cadre de confiance, et de travailler en coopération plutôt qu’en domination.
🌿 Dans cet épisode, on y parle de : – communication et comportement des bovins– gestion sans stress du troupeau et de l’individu– confiance, sécurité et observation– mais aussi plaisir au travail, éthique de la relation, et respect du vivant.
Le Site de Pauline : https://www.etho-diversite.fr/Les livres : 
https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.36239__/fr/boutique/produit.html
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https://www.editions-france-agricole.fr/site/gfaed/BOVIN__gfaed.4464.44182__/fr/boutique/produit.htmlTemple Grandin : https://www.youtube.com/watch?v=1XmTkMnltoA 
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>17 - Réensauvager la ville et sélectionner des brebis robustes avec Sylvain Fabiani</title>
        <itunes:title>17 - Réensauvager la ville et sélectionner des brebis robustes avec Sylvain Fabiani</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/17-reensauvager-la-ville-et-selectionner-des-brebis-robustes-avec-sylvain-fabiani/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 16 Apr 2025 12:30:40 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://www.geodesheep.com/fr/solognot-426.html'>https://www.geodesheep.com/fr/solognot-426.html</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.labrebisperrette.com/'>https://www.labrebisperrette.com/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.assoafbc.fr/new_site/index.html'>https://www.assoafbc.fr/new_site/index.html</a>

</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://www.geodesheep.com/fr/solognot-426.html'>https://www.geodesheep.com/fr/solognot-426.html</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.labrebisperrette.com/'>https://www.labrebisperrette.com/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.assoafbc.fr/new_site/index.html'>https://www.assoafbc.fr/new_site/index.html</a><br>
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https://www.labrebisperrette.com/
https://www.assoafbc.fr/new_site/index.html]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>16 - L’héritage bourguignon réinventé : rencontre avec Armand Heitz</title>
        <itunes:title>16 - L’héritage bourguignon réinventé : rencontre avec Armand Heitz</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/16-l-heritage-bourguignon-reinvente-rencontre-avec-armand-heitz/</link>
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                                    <description><![CDATA[<p>Dans cet épisode, j’ai le plaisir d’échanger avec Armand Heitz, vigneron et innovateur en Bourgogne, qui a repris le domaine viticole familial avec une vision audacieuse.</p>
<p>Armand est le premier de sa famille à cultiver lui-même ses vignes, et sa volonté d'excellence la mené à tester de nombreuses pratiques novatrices. Dans cet épisode, il nous parle de :</p>
<p>
🍇 L'heritage du vignoble bourguignon.
🌱 Ses pratiques innovantes, parfois en rupture avec les standards des appellations.
✨ Sa vision de la viticulture et sa recherche d'un équilibre économique.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p>Dans cet épisode, j’ai le plaisir d’échanger avec Armand Heitz, vigneron et innovateur en Bourgogne, qui a repris le domaine viticole familial avec une vision audacieuse.</p>
<p>Armand est le premier de sa famille à cultiver lui-même ses vignes, et sa volonté d'excellence la mené à tester de nombreuses pratiques novatrices. Dans cet épisode, il nous parle de :</p>
<p><br>
🍇 L'heritage du vignoble bourguignon.<br>
🌱 Ses pratiques innovantes, parfois en rupture avec les standards des appellations.<br>
✨ Sa vision de la viticulture et sa recherche d'un équilibre économique.</p>
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Armand est le premier de sa famille à cultiver lui-même ses vignes, et sa volonté d'excellence la mené à tester de nombreuses pratiques novatrices. Dans cet épisode, il nous parle de :
🍇 L'heritage du vignoble bourguignon.🌱 Ses pratiques innovantes, parfois en rupture avec les standards des appellations.✨ Sa vision de la viticulture et sa recherche d'un équilibre économique.]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>15 - La transparence, moteur d'une consommation plus responsable avec Planet-Score, par Sabine Bonnot - Partie 2</title>
        <itunes:title>15 - La transparence, moteur d'une consommation plus responsable avec Planet-Score, par Sabine Bonnot - Partie 2</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Dans cet épisode de Renouée Podcast, Sabine Bonnot nous partage son parcours engagé dans la transition agricole et alimentaire. Elle revient sur la création de Planet-Score, un label novateur qui éclaire les consommateur.ices sur l’impact environnemental, la biodiversité et la santé humaine des produits alimentaires. Découvrez comment cet outil apporte plus de transparence et aide à faire des choix responsables face aux défis de l’agroalimentaire. 🎧

Episode en deux parties. 


Planet score https://www.planet-score.org/ </p>
<p class="p1">UFC que choisir https://www.quechoisir.org/ </p>
<p class="p1">Michel Duru : https://agricultureduvivant.org/le-mouvement/le-conseil-scientifique/michel-duru-directeur-de-recherche-a-linrae/ </p>
<p class="p2">Vignoble de la famille d’Exea : https://www.familledexea.fr/ </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Dans cet épisode de Renouée Podcast, Sabine Bonnot nous partage son parcours engagé dans la transition agricole et alimentaire. Elle revient sur la création de Planet-Score, un label novateur qui éclaire les consommateur.ices sur l’impact environnemental, la biodiversité et la santé humaine des produits alimentaires. Découvrez comment cet outil apporte plus de transparence et aide à faire des choix responsables face aux défis de l’agroalimentaire. 🎧<br>
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Episode en deux parties. <br>
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Planet score https://www.planet-score.org/ </p>
<p class="p1">UFC que choisir https://www.quechoisir.org/ </p>
<p class="p1">Michel Duru : https://agricultureduvivant.org/le-mouvement/le-conseil-scientifique/michel-duru-directeur-de-recherche-a-linrae/ </p>
<p class="p2">Vignoble de la famille d’Exea : https://www.familledexea.fr/ </p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Dans cet épisode de Renouée Podcast, Sabine Bonnot nous partage son parcours engagé dans la transition agricole et alimentaire. Elle revient sur la création de Planet-Score, un label novateur qui éclaire les consommateur.ices sur l’impact environnemental, la biodiversité et la santé humaine des produits alimentaires. Découvrez comment cet outil apporte plus de transparence et aide à faire des choix responsables face aux défis de l’agroalimentaire. 🎧Episode en deux parties. Planet score https://www.planet-score.org/ 
UFC que choisir https://www.quechoisir.org/ 
Michel Duru : https://agricultureduvivant.org/le-mouvement/le-conseil-scientifique/michel-duru-directeur-de-recherche-a-linrae/ 
Vignoble de la famille d’Exea : https://www.familledexea.fr/ ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>15 - La transparence, moteur d'une consommation plus responsable avec Planet-Score, par Sabine Bonnot - Partie 1</title>
        <itunes:title>15 - La transparence, moteur d'une consommation plus responsable avec Planet-Score, par Sabine Bonnot - Partie 1</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/15-la-transparence-moteur-dune-consommation-plus-responsable-avec-le-planet-score-par-sabine-bonnot-partie-1/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 19 Dec 2024 04:34:50 -0400</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Dans cet épisode de Renouée Podcast, Sabine Bonnot nous partage son parcours engagé dans la transition agricole et alimentaire. Elle revient sur la création de Planet-Score, un label novateur qui éclaire les consommateur.ices sur l’impact environnemental, la biodiversité et la santé humaine des produits alimentaires. Découvrez comment cet outil apporte plus de transparence et aide à faire des choix responsables face aux défis de l’agroalimentaire. 🎧

Episode en deux parties. 


Planet score https://www.planet-score.org/ </p>
<p class="p1">UFC que choisir https://www.quechoisir.org/ </p>
<p class="p1">Michel Duru : https://agricultureduvivant.org/le-mouvement/le-conseil-scientifique/michel-duru-directeur-de-recherche-a-linrae/ </p>
<p class="p2">Vignoble de la famille d’Exea : https://www.familledexea.fr/ </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Dans cet épisode de Renouée Podcast, Sabine Bonnot nous partage son parcours engagé dans la transition agricole et alimentaire. Elle revient sur la création de Planet-Score, un label novateur qui éclaire les consommateur.ices sur l’impact environnemental, la biodiversité et la santé humaine des produits alimentaires. Découvrez comment cet outil apporte plus de transparence et aide à faire des choix responsables face aux défis de l’agroalimentaire. 🎧<br>
<br>
Episode en deux parties. <br>
<br>
<br>
Planet score https://www.planet-score.org/ </p>
<p class="p1">UFC que choisir https://www.quechoisir.org/ </p>
<p class="p1">Michel Duru : https://agricultureduvivant.org/le-mouvement/le-conseil-scientifique/michel-duru-directeur-de-recherche-a-linrae/ </p>
<p class="p2">Vignoble de la famille d’Exea : https://www.familledexea.fr/ </p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[Dans cet épisode de Renouée Podcast, Sabine Bonnot nous partage son parcours engagé dans la transition agricole et alimentaire. Elle revient sur la création de Planet-Score, un label novateur qui éclaire les consommateur.ices sur l’impact environnemental, la biodiversité et la santé humaine des produits alimentaires. Découvrez comment cet outil apporte plus de transparence et aide à faire des choix responsables face aux défis de l’agroalimentaire. 🎧Episode en deux parties. Planet score https://www.planet-score.org/ 
UFC que choisir https://www.quechoisir.org/ 
Michel Duru : https://agricultureduvivant.org/le-mouvement/le-conseil-scientifique/michel-duru-directeur-de-recherche-a-linrae/ 
Vignoble de la famille d’Exea : https://www.familledexea.fr/ ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>14 - Plus d’insectes pour moins de ravageur, la lutte biologique avec Johanna Villenave-Chasset</title>
        <itunes:title>14 - Plus d’insectes pour moins de ravageur, la lutte biologique avec Johanna Villenave-Chasset</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-14-plus-d-insectes-pour-moins-de-ravageur-la-lutte-biologique-avec-johanna-villenave-chasset/#comments</comments>        <pubDate>Mon, 09 Dec 2024 13:24:57 -0400</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Nos populations d’insectes s’amenuisent, nous disent les scientifiques. Pourtant, les insectes ravageurs causent des dégâts très coûteux chaque année sur les cultures.
Pourrait-il y avoir un lien ? Oui, mais ne soyons pas simpliste. Les populations d’insectes sont extrêmement nombreuses, et nous ne comprenons pas encore toutes leurs particularités ni leur place dans l’écosystème.</p>
<p class="p1">Lorsqu’on entend que de nombreux arthropodes entretiennent une relation mutualiste avec les bactéries fixatrices d'azote présentes dans leurs intestins, et que celles-ci peuvent fixer jusqu'à 40 kg d’azote par hectare et par an dans un écosystème sain, on se rend compte qu’il s’agit là d’une contribution non négligeable pour un système agricole. Et ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.</p>
<p class="p1">Johanna Villenave-Chasset nous parle de sa passion pour la nature et de sa découverte du rôle que jouent les insectes dans celle-ci.</p>
<p class="p1">Encore un épisode qui donnera envie à plus d’un.e de découvrir en détail les merveilles de la nature et du vivant !

</p>
<p class="p1">Knepp Rewilding</p>
<p class="p2"><a href='https://www.youtube.com/watch?v=KIYlYORu9CE'>https://www.youtube.com/watch?v=KIYlYORu9CE</a></p>
<p class="p2"><a href='https://knepp.co.uk/rewilding/'>https://knepp.co.uk/rewilding/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Outils de reconnaissance : </p>
<p class="p2"><a href='https://plantnet.org/en/'>https://plantnet.org/en/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://birdnet.cornell.edu/'>https://birdnet.cornell.edu/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://pictureinsect.com/fr/'>https://pictureinsect.com/fr/</a></p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Nos populations d’insectes s’amenuisent, nous disent les scientifiques. Pourtant, les insectes ravageurs causent des dégâts très coûteux chaque année sur les cultures.<br>
Pourrait-il y avoir un lien ? Oui, mais ne soyons pas simpliste. Les populations d’insectes sont extrêmement nombreuses, et nous ne comprenons pas encore toutes leurs particularités ni leur place dans l’écosystème.</p>
<p class="p1">Lorsqu’on entend que de nombreux arthropodes entretiennent une relation mutualiste avec les bactéries fixatrices d'azote présentes dans leurs intestins, et que celles-ci peuvent fixer jusqu'à 40 kg d’azote par hectare et par an dans un écosystème sain, on se rend compte qu’il s’agit là d’une contribution non négligeable pour un système agricole. Et ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.</p>
<p class="p1">Johanna Villenave-Chasset nous parle de sa passion pour la nature et de sa découverte du rôle que jouent les insectes dans celle-ci.</p>
<p class="p1">Encore un épisode qui donnera envie à plus d’un.e de découvrir en détail les merveilles de la nature et du vivant !<br>
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</p>
<p class="p1">Knepp Rewilding</p>
<p class="p2"><a href='https://www.youtube.com/watch?v=KIYlYORu9CE'>https://www.youtube.com/watch?v=KIYlYORu9CE</a></p>
<p class="p2"><a href='https://knepp.co.uk/rewilding/'>https://knepp.co.uk/rewilding/</a></p>
<p class="p3"> </p>
<p class="p1">Outils de reconnaissance : </p>
<p class="p2"><a href='https://plantnet.org/en/'>https://plantnet.org/en/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://birdnet.cornell.edu/'>https://birdnet.cornell.edu/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://pictureinsect.com/fr/'>https://pictureinsect.com/fr/</a></p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Nos populations d’insectes s’amenuisent, nous disent les scientifiques. Pourtant, les insectes ravageurs causent des dégâts très coûteux chaque année sur les cultures.Pourrait-il y avoir un lien ? Oui, mais ne soyons pas simpliste. Les populations d’insectes sont extrêmement nombreuses, et nous ne comprenons pas encore toutes leurs particularités ni leur place dans l’écosystème.
Lorsqu’on entend que de nombreux arthropodes entretiennent une relation mutualiste avec les bactéries fixatrices d'azote présentes dans leurs intestins, et que celles-ci peuvent fixer jusqu'à 40 kg d’azote par hectare et par an dans un écosystème sain, on se rend compte qu’il s’agit là d’une contribution non négligeable pour un système agricole. Et ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.
Johanna Villenave-Chasset nous parle de sa passion pour la nature et de sa découverte du rôle que jouent les insectes dans celle-ci.
Encore un épisode qui donnera envie à plus d’un.e de découvrir en détail les merveilles de la nature et du vivant !
Knepp Rewilding
https://www.youtube.com/watch?v=KIYlYORu9CE
https://knepp.co.uk/rewilding/
 
Outils de reconnaissance : 
https://plantnet.org/en/
https://birdnet.cornell.edu/
https://pictureinsect.com/fr/]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>13 - La pédologie pour penser intelligemment le territoire avec Patrick Le Gouée</title>
        <itunes:title>13 - La pédologie pour penser intelligemment le territoire avec Patrick Le Gouée</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-13-la-pedologie-pour-penser-intelligemment-le-territoire-avec-patrick-le-gouee/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-13-la-pedologie-pour-penser-intelligemment-le-territoire-avec-patrick-le-gouee/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 07 Nov 2024 07:40:35 -0400</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p2">Muse ADEME</p>
<p class="p3"><a href='https://librairie.ademe.fr/urbanisme-territoires-et-sols/5415-muse-integrer-la-multifonctionnalite-des-sols-dans-les-documents-d-urbanisme.html'>https://librairie.ademe.fr/urbanisme-territoires-et-sols/5415-muse-integrer-la-multifonctionnalite-des-sols-dans-les-documents-d-urbanisme.html</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p3">Le Sol une ressource pour la vie
<a href='https://www.o2d-environnement.com/wp-content/uploads/2017/10/INRA-le-sol-une-ressource-pour-la-vie.pdf'>https://www.o2d-environnement.com/wp-content/uploads/2017/10/INRA-le-sol-une-ressource-pour-la-vie.pdf</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p2">AFES
Association Française pour l'Étude du Sol</p>
<p class="p3"><a href='https://www.afes.fr/'>https://www.afes.fr/</a></p>
<p class="p1"> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p2">Muse ADEME</p>
<p class="p3"><a href='https://librairie.ademe.fr/urbanisme-territoires-et-sols/5415-muse-integrer-la-multifonctionnalite-des-sols-dans-les-documents-d-urbanisme.html'>https://librairie.ademe.fr/urbanisme-territoires-et-sols/5415-muse-integrer-la-multifonctionnalite-des-sols-dans-les-documents-d-urbanisme.html</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p3">Le Sol une ressource pour la vie<br>
<a href='https://www.o2d-environnement.com/wp-content/uploads/2017/10/INRA-le-sol-une-ressource-pour-la-vie.pdf'>https://www.o2d-environnement.com/wp-content/uploads/2017/10/INRA-le-sol-une-ressource-pour-la-vie.pdf</a></p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p2">AFES<br>
Association Française pour l'Étude du Sol</p>
<p class="p3"><a href='https://www.afes.fr/'>https://www.afes.fr/</a></p>
<p class="p1"> </p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[Muse ADEME
https://librairie.ademe.fr/urbanisme-territoires-et-sols/5415-muse-integrer-la-multifonctionnalite-des-sols-dans-les-documents-d-urbanisme.html
 
Le Sol une ressource pour la viehttps://www.o2d-environnement.com/wp-content/uploads/2017/10/INRA-le-sol-une-ressource-pour-la-vie.pdf
 
AFESAssociation Française pour l'Étude du Sol
https://www.afes.fr/
 ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>12 - Des solutions fondées sur la nature pour des élevages plus résilients avec Pauline Woehrle</title>
        <itunes:title>12 - Des solutions fondées sur la nature pour des élevages plus résilients avec Pauline Woehrle</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-12-des-solutions-fondees-sur-la-nature-pour-des-elevages-plus-resilients-avec-pauline-woehrle/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-12-des-solutions-fondees-sur-la-nature-pour-des-elevages-plus-resilients-avec-pauline-woehrle/#comments</comments>        <pubDate>Sat, 12 Oct 2024 06:31:07 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Pauline est ingénieur agronome, mais a, avant tout, une passion contagieuse pour les vaches et la nature. Elle s’inspire des écosystèmes et des fonctionnements des cycles naturels pour accompagner les éleveurs et les éleveuses à résoudre des problèmes spécifiques, augmenter leur rentabilité et la santé globale de leur cheptel.
 
Lors de cette discussion, nous abordons entre autre, les sujets du sol, du microbiome des animaux et des humains, de la relation humain/animaux, et comment s’inspirer des cycles naturels pour nos élevages. </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.geda35.fr/'>https://www.geda35.fr/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://herbivor.fr/'>https://herbivor.fr/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://www.instagram.com/herbivor_sfn/'>https://www.instagram.com/herbivor_sfn/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://holoflux.hub.inrae.fr/'>https://holoflux.hub.inrae.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Enfin, pour voir des vaches manger des algues : <a href='https://www.youtube.com/watch?v=c0FSW2CWcwY'>https://www.youtube.com/watch?v=c0FSW2CWcwY</a></p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Pauline est ingénieur agronome, mais a, avant tout, une passion contagieuse pour les vaches et la nature. Elle s’inspire des écosystèmes et des fonctionnements des cycles naturels pour accompagner les éleveurs et les éleveuses à résoudre des problèmes spécifiques, augmenter leur rentabilité et la santé globale de leur cheptel.<br>
 <br>
Lors de cette discussion, nous abordons entre autre, les sujets du sol, du microbiome des animaux et des humains, de la relation humain/animaux, et comment s’inspirer des cycles naturels pour nos élevages. </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p3"><a href='https://www.geda35.fr/'>https://www.geda35.fr/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://herbivor.fr/'>https://herbivor.fr/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://www.instagram.com/herbivor_sfn/'>https://www.instagram.com/herbivor_sfn/</a></p>
<p class="p3"><a href='https://holoflux.hub.inrae.fr/'>https://holoflux.hub.inrae.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Enfin, pour voir des vaches manger des algues : <a href='https://www.youtube.com/watch?v=c0FSW2CWcwY'>https://www.youtube.com/watch?v=c0FSW2CWcwY</a></p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[Pauline est ingénieur agronome, mais a, avant tout, une passion contagieuse pour les vaches et la nature. Elle s’inspire des écosystèmes et des fonctionnements des cycles naturels pour accompagner les éleveurs et les éleveuses à résoudre des problèmes spécifiques, augmenter leur rentabilité et la santé globale de leur cheptel. Lors de cette discussion, nous abordons entre autre, les sujets du sol, du microbiome des animaux et des humains, de la relation humain/animaux, et comment s’inspirer des cycles naturels pour nos élevages. 
 
https://www.geda35.fr/
https://herbivor.fr/
https://www.instagram.com/herbivor_sfn/
https://holoflux.hub.inrae.fr/
 
Enfin, pour voir des vaches manger des algues : https://www.youtube.com/watch?v=c0FSW2CWcwY]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>11 - Le cheval, interprète d'une relation bovin-humain avec Cecilia Girard</title>
        <itunes:title>11 - Le cheval, interprète d'une relation bovin-humain avec Cecilia Girard</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-11-le-cheval-interprete-dune-relation-bovin-humain-avec-cecilia-girard/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-11-le-cheval-interprete-dune-relation-bovin-humain-avec-cecilia-girard/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 26 Sep 2024 03:39:21 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://www.instagram.com/galataram/'>https://www.instagram.com/galataram/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.youtube.com/@galataram'>https://www.youtube.com/@galataram</a></p>
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                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://www.instagram.com/galataram/'>https://www.instagram.com/galataram/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.youtube.com/@galataram'>https://www.youtube.com/@galataram</a></p>
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    <item>
        <title>10 - Mettre en lumière les experimentations et les innovations agricoles, Triple Performance, un wiki de l'agroécologie par Bertrand Gorge</title>
        <itunes:title>10 - Mettre en lumière les experimentations et les innovations agricoles, Triple Performance, un wiki de l'agroécologie par Bertrand Gorge</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/mettre-en-lumiere-les-experimentations-et-les-innovations-agricoles-triple-performance-un-wiki-de-lagroecologie-par-bertrand-gorge/</link>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Si vous avez un jour cherché la définition d’un terme agricole ou que vous avez voulu en savoir plus sur une pratique dont vous avez entendu parler, il y a de forte chance que vous soyez tombé sur le site Triple Performance. </p>
<p class="p1">Cette encyclopédie collaboratrice agricole est un outil fantastique car il présente des expériences de nombreux agriculteurs et agricultrices et permet le partage des trouvailles.</p>
<p class="p1">Bertrand Gorge qui a contribué à la création de cet outil, nous parle de son parcours personnel, de la formation en ligne à la création de cet outil au service d’une agriculture qui se pose des questions et qui innove.</p>
<p class="p1">Il est l’un des exemples de comment, ceux autrefois détachés du monde agricole, rejoignent aujourd’hui le grand mouvement de cette agriculture qui régénère les liens entre les paysages et tous ceux qui les habitent et les font vivre. C’est un témoignage que je trouve passionnant et qui invite tout ceux qui comprennent l’importance de soutenir ceux qui produisent une nourriture de qualité, de santé, et qui prennent soin des écosystèmes, de mille manières …car le monde paysan est vaste et qu’il y a de nombreux moyens de le rejoindre, à sa façon. 

<a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance</a>


</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Si vous avez un jour cherché la définition d’un terme agricole ou que vous avez voulu en savoir plus sur une pratique dont vous avez entendu parler, il y a de forte chance que vous soyez tombé sur le site Triple Performance. </p>
<p class="p1">Cette encyclopédie collaboratrice agricole est un outil fantastique car il présente des expériences de nombreux agriculteurs et agricultrices et permet le partage des trouvailles.</p>
<p class="p1">Bertrand Gorge qui a contribué à la création de cet outil, nous parle de son parcours personnel, de la formation en ligne à la création de cet outil au service d’une agriculture qui se pose des questions et qui innove.</p>
<p class="p1">Il est l’un des exemples de comment, ceux autrefois détachés du monde agricole, rejoignent aujourd’hui le grand mouvement de cette agriculture qui régénère les liens entre les paysages et tous ceux qui les habitent et les font vivre. C’est un témoignage que je trouve passionnant et qui invite tout ceux qui comprennent l’importance de soutenir ceux qui produisent une nourriture de qualité, de santé, et qui prennent soin des écosystèmes, de mille manières …car le monde paysan est vaste et qu’il y a de nombreux moyens de le rejoindre, à sa façon. <br>
<br>
<a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance</a><br>
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</p>
]]></content:encoded>
                                    
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        <itunes:summary><![CDATA[Si vous avez un jour cherché la définition d’un terme agricole ou que vous avez voulu en savoir plus sur une pratique dont vous avez entendu parler, il y a de forte chance que vous soyez tombé sur le site Triple Performance. 
Cette encyclopédie collaboratrice agricole est un outil fantastique car il présente des expériences de nombreux agriculteurs et agricultrices et permet le partage des trouvailles.
Bertrand Gorge qui a contribué à la création de cet outil, nous parle de son parcours personnel, de la formation en ligne à la création de cet outil au service d’une agriculture qui se pose des questions et qui innove.
Il est l’un des exemples de comment, ceux autrefois détachés du monde agricole, rejoignent aujourd’hui le grand mouvement de cette agriculture qui régénère les liens entre les paysages et tous ceux qui les habitent et les font vivre. C’est un témoignage que je trouve passionnant et qui invite tout ceux qui comprennent l’importance de soutenir ceux qui produisent une nourriture de qualité, de santé, et qui prennent soin des écosystèmes, de mille manières …car le monde paysan est vaste et qu’il y a de nombreux moyens de le rejoindre, à sa façon. https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>Episode 9 - Comme réponse à de nombreux enjeux, l'agroforesterie, agriculture d'hier et de demain avec Alain Canet</title>
        <itunes:title>Episode 9 - Comme réponse à de nombreux enjeux, l'agroforesterie, agriculture d'hier et de demain avec Alain Canet</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-9-comme-reponse-a-de-nombreux-enjeux-lagroforesterie-agriculture-dhier-et-de-demain-avec-alain-canet/</link>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Nous traversons des stress hydriques de plus en plus fréquents et intenses, la pression des ravageurs peut sembler insoutenable sur certaines cultures et les sols perdent en structure et en résilience. Il semblerait que nos systèmes agricoles manquent cruellement d’un des piliers des écosystèmes naturels : les arbres. 

Alors comment remettre de l’arbre dans notre agriculture ?</p>
<p class="p1">Pour nous donner des pistes, Alain Canet, qui a passé sa vie a comprendre, redécouvrir et adapter les multiples usage de l’arbre pour nos production agricole nous parle d'agroforesterie.

Alain a une capacité extraordinaire à parler des multiples formes que peuvent prendre les arbres dans nos agro-écosystèmes, et de ceux qui ont sut les regarder et les étudier avec attention. Tel un vieille arbre plein de mycorhizes, Alain créé les liens entre de nombreuses approches et écosystèmes cultivées, c’est un réel plaisir de l’écouter. </p>
<p class="p1">SOURCES : </p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions.ird.fr/auteur/528/mohamed-alifriqui'>Mohamed Alifriqui</a>
Ernst Zucker</p>
<p class="p3">Genevieve Michon</p>
<p class="p1"><a href='https://www.actes-sud.fr/contributeurs/genevieve-michon'>https://www.actes-sud.fr/contributeurs/genevieve-michon</a></p>
<p class="p3">Dominique Mansion</p>
<p class="p1"><a href='https://ap32.fr/produit/les-trognes-larbre-paysan-aux-mille-usages-dominique-mansion/'>https://ap32.fr/produit/les-trognes-larbre-paysan-aux-mille-usages-dominique-mansion/</a></p>
<p class="p3">Arbres et civilisation</p>
<p class="p1"><a href='https://www.arbresetcivilisation.fr/'>https://www.arbresetcivilisation.fr/</a></p>
<p class="p3">Maurice chaudière</p>
<p class="p3">Hervé Coves</p>
<p class="p3">Francis Hallé</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Nous traversons des stress hydriques de plus en plus fréquents et intenses, la pression des ravageurs peut sembler insoutenable sur certaines cultures et les sols perdent en structure et en résilience. Il semblerait que nos systèmes agricoles manquent cruellement d’un des piliers des écosystèmes naturels : les arbres. <br>
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Alors comment remettre de l’arbre dans notre agriculture ?</p>
<p class="p1">Pour nous donner des pistes, Alain Canet, qui a passé sa vie a comprendre, redécouvrir et adapter les multiples usage de l’arbre pour nos production agricole nous parle d'agroforesterie.<br>
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Alain a une capacité extraordinaire à parler des multiples formes que peuvent prendre les arbres dans nos agro-écosystèmes, et de ceux qui ont sut les regarder et les étudier avec attention. Tel un vieille arbre plein de mycorhizes, Alain créé les liens entre de nombreuses approches et écosystèmes cultivées, c’est un réel plaisir de l’écouter. </p>
<p class="p1">SOURCES : </p>
<p class="p1"><a href='https://www.editions.ird.fr/auteur/528/mohamed-alifriqui'>Mohamed Alifriqui</a><br>
Ernst Zucker</p>
<p class="p3">Genevieve Michon</p>
<p class="p1"><a href='https://www.actes-sud.fr/contributeurs/genevieve-michon'>https://www.actes-sud.fr/contributeurs/genevieve-michon</a></p>
<p class="p3">Dominique Mansion</p>
<p class="p1"><a href='https://ap32.fr/produit/les-trognes-larbre-paysan-aux-mille-usages-dominique-mansion/'>https://ap32.fr/produit/les-trognes-larbre-paysan-aux-mille-usages-dominique-mansion/</a></p>
<p class="p3">Arbres et civilisation</p>
<p class="p1"><a href='https://www.arbresetcivilisation.fr/'>https://www.arbresetcivilisation.fr/</a></p>
<p class="p3">Maurice chaudière</p>
<p class="p3">Hervé Coves</p>
<p class="p3">Francis Hallé</p>
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Pour nous donner des pistes, Alain Canet, qui a passé sa vie a comprendre, redécouvrir et adapter les multiples usage de l’arbre pour nos production agricole nous parle d'agroforesterie.Alain a une capacité extraordinaire à parler des multiples formes que peuvent prendre les arbres dans nos agro-écosystèmes, et de ceux qui ont sut les regarder et les étudier avec attention. Tel un vieille arbre plein de mycorhizes, Alain créé les liens entre de nombreuses approches et écosystèmes cultivées, c’est un réel plaisir de l’écouter. 
SOURCES : 
Mohamed AlifriquiErnst Zucker
Genevieve Michon
https://www.actes-sud.fr/contributeurs/genevieve-michon
Dominique Mansion
https://ap32.fr/produit/les-trognes-larbre-paysan-aux-mille-usages-dominique-mansion/
Arbres et civilisation
https://www.arbresetcivilisation.fr/
Maurice chaudière
Hervé Coves
Francis Hallé]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>Episode 8 - La génétique clé de voute d'une agriculture résiliente avec Pierre-Henri Gouyon</title>
        <itunes:title>Episode 8 - La génétique clé de voute d'une agriculture résiliente avec Pierre-Henri Gouyon</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-8-la-genetique-cle-de-voute-dune-agriculture-resiliente-avec-pierre-henri-gouyon/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-8-la-genetique-cle-de-voute-dune-agriculture-resiliente-avec-pierre-henri-gouyon/#comments</comments>        <pubDate>Wed, 07 Aug 2024 06:17:47 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">La génétique est au coeur du monde vivant et de l’agriculture puisque nous avons adapté des espèces depuis bien longtemps, de manière plus ou moins consciente pour répondre à nos goûts, usages et contextes géographiques. Aujourd’hui, tout produit issus de la culture est le résultat d’une longue selection sur les expressions de variations génétiques. </p>
<p class="p1">Dans le temps, les paysans et paysannes semaient les semences de l’an passé. Ces semences étaient donc les descendances des plantes qui avaient poussé dans ce même contexte bien spécifique. A travers la France, il y a avait des milliers d’espèces variétales, aujourd’hui pour le blé dur, une seul variété occupe plus de 50% de la sole française en 2023..
Que se passe-t-il lorsque le blé n’est plus rattaché au terroir ? </p>
<p class="p1">Quels sont les risques pour les agriculteur.ices qui ne sont plus autonome dans leur production et le choix de leurs semences ? </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Trop souvent, la dimension “graine” et génétique est survolée dans l’agriculture de régénération, alors que la graine est une unité extraordinaire de nutriments et de vie pour permettre à la future plante de s’implanter et de cultiver son environnement : la rhizosphère. 

Dans cet épisode, Pierre Henry Gouyon nous parle de l’importance de la génétique dans le monde agricole. Une discussion essentielle au coeur des enjeux de résilience. 



Liens : 

Les semences paysannes : https://www.semencespaysannes.org/</p>
<p class="p1">Goliath le film : https://www.senscritique.com/film/goliath/43293531</p>
<p class="p1">

</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">La génétique est au coeur du monde vivant et de l’agriculture puisque nous avons adapté des espèces depuis bien longtemps, de manière plus ou moins consciente pour répondre à nos goûts, usages et contextes géographiques. Aujourd’hui, tout produit issus de la culture est le résultat d’une longue selection sur les expressions de variations génétiques. </p>
<p class="p1">Dans le temps, les paysans et paysannes semaient les semences de l’an passé. Ces semences étaient donc les descendances des plantes qui avaient poussé dans ce même contexte bien spécifique. A travers la France, il y a avait des milliers d’espèces variétales, aujourd’hui pour le blé dur, une seul variété occupe plus de 50% de la sole française en 2023..<br>
Que se passe-t-il lorsque le blé n’est plus rattaché au terroir ? </p>
<p class="p1">Quels sont les risques pour les agriculteur.ices qui ne sont plus autonome dans leur production et le choix de leurs semences ? </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Trop souvent, la dimension “graine” et génétique est survolée dans l’agriculture de régénération, alors que la graine est une unité extraordinaire de nutriments et de vie pour permettre à la future plante de s’implanter et de cultiver son environnement : la rhizosphère. <br>
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Dans cet épisode, Pierre Henry Gouyon nous parle de l’importance de la génétique dans le monde agricole. Une discussion essentielle au coeur des enjeux de résilience. <br>
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Liens : <br>
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Les semences paysannes : https://www.semencespaysannes.org/</p>
<p class="p1">Goliath le film : https://www.senscritique.com/film/goliath/43293531</p>
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        <itunes:summary><![CDATA[La génétique est au coeur du monde vivant et de l’agriculture puisque nous avons adapté des espèces depuis bien longtemps, de manière plus ou moins consciente pour répondre à nos goûts, usages et contextes géographiques. Aujourd’hui, tout produit issus de la culture est le résultat d’une longue selection sur les expressions de variations génétiques. 
Dans le temps, les paysans et paysannes semaient les semences de l’an passé. Ces semences étaient donc les descendances des plantes qui avaient poussé dans ce même contexte bien spécifique. A travers la France, il y a avait des milliers d’espèces variétales, aujourd’hui pour le blé dur, une seul variété occupe plus de 50% de la sole française en 2023..Que se passe-t-il lorsque le blé n’est plus rattaché au terroir ? 
Quels sont les risques pour les agriculteur.ices qui ne sont plus autonome dans leur production et le choix de leurs semences ? 
 
Trop souvent, la dimension “graine” et génétique est survolée dans l’agriculture de régénération, alors que la graine est une unité extraordinaire de nutriments et de vie pour permettre à la future plante de s’implanter et de cultiver son environnement : la rhizosphère. Dans cet épisode, Pierre Henry Gouyon nous parle de l’importance de la génétique dans le monde agricole. Une discussion essentielle au coeur des enjeux de résilience. Liens : Les semences paysannes : https://www.semencespaysannes.org/
Goliath le film : https://www.senscritique.com/film/goliath/43293531
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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    <item>
        <title>Episode 7 - Un outil de suivie de la santé des plantes à porté de main avec Philippe Cousin</title>
        <itunes:title>Episode 7 - Un outil de suivie de la santé des plantes à porté de main avec Philippe Cousin</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-7-un-outil-de-suivie-de-la-sante-des-plantes-a-porte-de-main-avec-philippe-cousin/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-7-un-outil-de-suivie-de-la-sante-des-plantes-a-porte-de-main-avec-philippe-cousin/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 25 Jul 2024 07:24:34 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">L’agroécologie est monté en force depuis quelques dizaines d’années grâce aux travaux de recherche de nombreux scientifiques, qui ont notamment pu croiser et interpreter les analyses de nombreuses situations de cultures en contexte par des analyse de sève ou bien des tissus végétatif de la plante. 
Ces analyses, que l’on sait à présent bien lire, sont cependant couteuses. Entre 60 et 130euros le test, il s’agit souvent là d’un frein à cet approche nutritionnelle pour la plus part des agriculteurs et agricultrices. 
L’outil que développe Philippe Cousin et son équipe, Senseen, permettrait aux agriculteurices de tester dans le champs l’état de santé de leurs cultures et des actions bénéfiques ou non de l’application de certains produits. 

Un tel outil pourrait notamment permettre de maintenir sa culture en pleine santé tout au long de la saison grâce à des aspersions foliaires ciblées qui, dans de nombreux cas, permettrait de se passer de produits phytosanitaires, de réduire ses couts en intrants (notamment d’apports azotés). 

C’est une promesse bien réjouissante dont Philippe Cousin nous parle dans ce nouvelle épisode de Renouée Podcast.

</p>
<p class="p1"><a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Claude et Lydia Bourguignon <a href='https://www.youtube.com/watch?v=OWnT1bkHQto'>https://www.youtube.com/watch?v=OWnT1bkHQto</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Des tomates en sol vivant : <a href='https://www.youtube.com/watch?v=C7zZNzKU4_o'>https://www.youtube.com/watch?v=C7zZNzKU4_o</a>  </p>
<p class="p1">
<a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Sant%C3%A9_des_plantes_par_le_RedOx,_par_Olivier_Husson'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Sant%C3%A9_des_plantes_par_le_RedOx,_par_Olivier_Husson</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://centre-national-agroecologie.fr/'>https://centre-national-agroecologie.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/'>https://www.verdeterreprod.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://blog.nutri-tech.com.au/south-africans-pioneer-nutrient-dense-food/'>https://blog.nutri-tech.com.au/south-africans-pioneer-nutrient-dense-food/</a> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://agricultureduvivant.org/'>https://agricultureduvivant.org/</a> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://houseofagroecology.org/fr/'>https://houseofagroecology.org/fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://farmingforclimate.org/'>https://farmingforclimate.org/</a></p>
<p class="p1">

</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">L’agroécologie est monté en force depuis quelques dizaines d’années grâce aux travaux de recherche de nombreux scientifiques, qui ont notamment pu croiser et interpreter les analyses de nombreuses situations de cultures en contexte par des analyse de sève ou bien des tissus végétatif de la plante. <br>
Ces analyses, que l’on sait à présent bien lire, sont cependant couteuses. Entre 60 et 130euros le test, il s’agit souvent là d’un frein à cet approche nutritionnelle pour la plus part des agriculteurs et agricultrices. <br>
L’outil que développe Philippe Cousin et son équipe, Senseen, permettrait aux agriculteurices de tester dans le champs l’état de santé de leurs cultures et des actions bénéfiques ou non de l’application de certains produits. <br>
<br>
Un tel outil pourrait notamment permettre de maintenir sa culture en pleine santé tout au long de la saison grâce à des aspersions foliaires ciblées qui, dans de nombreux cas, permettrait de se passer de produits phytosanitaires, de réduire ses couts en intrants (notamment d’apports azotés). <br>
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C’est une promesse bien réjouissante dont Philippe Cousin nous parle dans ce nouvelle épisode de Renouée Podcast.<br>
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<p class="p1"><a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Claude et Lydia Bourguignon <a href='https://www.youtube.com/watch?v=OWnT1bkHQto'>https://www.youtube.com/watch?v=OWnT1bkHQto</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1">Des tomates en sol vivant : <a href='https://www.youtube.com/watch?v=C7zZNzKU4_o'>https://www.youtube.com/watch?v=C7zZNzKU4_o</a>  </p>
<p class="p1"><br>
<a href='https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Sant%C3%A9_des_plantes_par_le_RedOx,_par_Olivier_Husson'>https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Sant%C3%A9_des_plantes_par_le_RedOx,_par_Olivier_Husson</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://centre-national-agroecologie.fr/'>https://centre-national-agroecologie.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/'>https://www.verdeterreprod.fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://blog.nutri-tech.com.au/south-africans-pioneer-nutrient-dense-food/'>https://blog.nutri-tech.com.au/south-africans-pioneer-nutrient-dense-food/</a> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://agricultureduvivant.org/'>https://agricultureduvivant.org/</a> </p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://houseofagroecology.org/fr/'>https://houseofagroecology.org/fr/</a></p>
<p class="p2"> </p>
<p class="p1"><a href='https://farmingforclimate.org/'>https://farmingforclimate.org/</a></p>
<p class="p1"><br>
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]]></content:encoded>
                                    
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https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Triple_Performance
 
Claude et Lydia Bourguignon https://www.youtube.com/watch?v=OWnT1bkHQto
 
Des tomates en sol vivant : https://www.youtube.com/watch?v=C7zZNzKU4_o  
https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Sant%C3%A9_des_plantes_par_le_RedOx,_par_Olivier_Husson
 
https://centre-national-agroecologie.fr/
 
https://www.verdeterreprod.fr/
 
https://blog.nutri-tech.com.au/south-africans-pioneer-nutrient-dense-food/ 
 
https://agricultureduvivant.org/ 
 
https://houseofagroecology.org/fr/
 
https://farmingforclimate.org/
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>Episode 6 - 40 ans de passion et de conservation de variétés d'arbres fruitiers avec Evelyne Leterme</title>
        <itunes:title>Episode 6 - 40 ans de passion et de conservation de variétés d'arbres fruitiers avec Evelyne Leterme</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p>Les livres d'Evelyne Leterme : <a href='https://www.lerouergue.com/auteurs/leterme-evelyne'>https://www.lerouergue.com/auteurs/leterme-evelyne</a></p>
<p> </p>
<p>Les formations données par Evelyne Leterme : <a href='https://www.gaiaformation.com/haie-fruitiere/'>https://www.gaiaformation.com/haie-fruitiere/</a></p>
<p> </p>
<p> </p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p>Les livres d'Evelyne Leterme : <a href='https://www.lerouergue.com/auteurs/leterme-evelyne'>https://www.lerouergue.com/auteurs/leterme-evelyne</a></p>
<p> </p>
<p>Les formations données par Evelyne Leterme : <a href='https://www.gaiaformation.com/haie-fruitiere/'>https://www.gaiaformation.com/haie-fruitiere/</a></p>
<p> </p>
<p> </p>
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Les formations données par Evelyne Leterme : https://www.gaiaformation.com/haie-fruitiere/
 
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        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>Episode 5 - Vers une vétérinaire qui regarde l'ensemble de la ferme pour soigner l'animal avec Lucile Brochot et Coralie Amar</title>
        <itunes:title>Episode 5 - Vers une vétérinaire qui regarde l'ensemble de la ferme pour soigner l'animal avec Lucile Brochot et Coralie Amar</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Il est aujourd’hui évident que les causes de maladies, de parasitisme, de stress, etc.. ne sont pas des facteurs isolés dans les élevages. On sait que ces troubles sont les symptômes d’un écosystème en déséquilibre, voire en carence ou malade. 
De moins en moins d’éveur.euses souhaitent maintenir leur troupeau en état par le recourt systématique à la chimie. Mais cette approche plus naturel nécessite donc d’adopter un regard d’ensemble sur l’élevage : l’animal, la génétique, le pâturage, les cycles, la nutrition, etc… </p>
<p class="p1">
Comment peut-on passer d’un cercle vicieux où l’on a systématiquement recourt aux agents chimiques à un cercle régénératif où l’écosystème animal/environnement est sain et résilient ? 
C’est Coralie Amar et Lucile Brochot qui nous en parle dans cet épisode.</p>
<p class="p1"><a href='https://www.giezoneverte.com/'>https://www.giezoneverte.com/</a>
<a href='https://formation.verdeterreprod.fr/bundles/parasitisme-elevage'>https://formation.verdeterreprod.fr/bundles/parasitisme-elevage</a> </p>
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De moins en moins d’éveur.euses souhaitent maintenir leur troupeau en état par le recourt systématique à la chimie. Mais cette approche plus naturel nécessite donc d’adopter un regard d’ensemble sur l’élevage : l’animal, la génétique, le pâturage, les cycles, la nutrition, etc… </p>
<p class="p1"><br>
Comment peut-on passer d’un cercle vicieux où l’on a systématiquement recourt aux agents chimiques à un cercle régénératif où l’écosystème animal/environnement est sain et résilient ? <br>
C’est Coralie Amar et Lucile Brochot qui nous en parle dans cet épisode.</p>
<p class="p1"><a href='https://www.giezoneverte.com/'>https://www.giezoneverte.com/</a><br>
<a href='https://formation.verdeterreprod.fr/bundles/parasitisme-elevage'>https://formation.verdeterreprod.fr/bundles/parasitisme-elevage</a> </p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Il est aujourd’hui évident que les causes de maladies, de parasitisme, de stress, etc.. ne sont pas des facteurs isolés dans les élevages. On sait que ces troubles sont les symptômes d’un écosystème en déséquilibre, voire en carence ou malade. De moins en moins d’éveur.euses souhaitent maintenir leur troupeau en état par le recourt systématique à la chimie. Mais cette approche plus naturel nécessite donc d’adopter un regard d’ensemble sur l’élevage : l’animal, la génétique, le pâturage, les cycles, la nutrition, etc… 
Comment peut-on passer d’un cercle vicieux où l’on a systématiquement recourt aux agents chimiques à un cercle régénératif où l’écosystème animal/environnement est sain et résilient ? C’est Coralie Amar et Lucile Brochot qui nous en parle dans cet épisode.
https://www.giezoneverte.com/https://formation.verdeterreprod.fr/bundles/parasitisme-elevage ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline Riolo</title>
        <itunes:title>Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline Riolo</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Aujourd’hui, plus de la moitié des installations agricoles se font en collectif... Pourtant peu de solutions légales existent pour construire ces modèles agricoles collectifs qui permettent aux agriculteur.rices de mutualiser le temps de travail, les compétences, les gardes, les moyens de ventes, etc. Autant de questions qui sont au coeur de la résilience d’un projet agricole, car la charge de travail et la nécessité de cumuler toutes les compétences rendent le métier de paysan individuel très dur. 

<a href='https://www.linkedin.com/in/celine-riolo/'>Céline RIOLO</a> co-directrices pour <a href='https://www.linkedin.com/company/les-fermes-partagees/'>Les Fermes Partagées</a>, explore les possibles pour penser des modèles agricoles coopératifs, entre cadre légal, dynamique sociale et volonté politique.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"><a href='https://lesfermespartagees.coop/'>https://lesfermespartagees.coop/</a>

</p>
<p class="p1">Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline</p>
<p class="p1">Riolo</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast consacré à l'agriculture des</p>
<p class="p2">régénérations, qui donne la parole à celles et ceux qui innovent et incarnent des</p>
<p class="p2">pratiques agricoles pour plus de résilience et d'autonomie. Je suis votre hôte, David</p>
<p class="p2">Bates. Alors aujourd'hui, on va parler d'accession à la terre, de passation de propriétés,</p>
<p class="p2">des solutions que l'entreprise coopérative Ferme Partager propose. Mais tout d'abord,</p>
<p class="p2">est-ce que tu peux commencer par te présenter et nous parler de ton parcours en</p>
<p class="p2">quelques mots ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Bien sûr. Donc Céline Riolo, je travaille pour les Femmes Partagées, que</p>
<p class="p2">j'ai rejoint en 2022. Et du coup, avant ça, moi, j'ai travaillé pendant plus d'une dizaine</p>
<p class="p2">d'années dans une autre coopérative qui s'appelle une coopérative d'activité et</p>
<p class="p2">d'emploi à Graines-de-Sol, dans le sud-ouest de Lyon. et c'était loin du secteur agricole.</p>
<p class="p2">Mais pour autant, c'est à travers cette expérience que j'ai découvert vraiment la</p>
<p class="p2">coopération, puisque je venais d'une toute autre industrie et d'un tout autre métier. Et</p>
<p class="p2">après quelques années d'expérience, j'ai fait une bifurcation, c'est comme ça qu'on</p>
<p class="p2">l'appelle maintenant. Et j'ai vraiment trouvé du sens dans mon projet professionnel et</p>
<p class="p2">ce à quoi je contribuais à travers ces formes coopératives. Et j'ai voulu aller plus loin en</p>
<p class="p2">trouvant un nouvel engagement professionnel qui alliait à un engagement militant que</p>
<p class="p2">j'avais depuis quelques années au sein du réseau des AMAP et celui que j'avais dans</p>
<p class="p2">mon activité professionnelle. Et c'est comme ça que j'ai rejoint en 2022 les Fermes</p>
<p class="p2">Partagées.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc, Ferme Partagée, c'est une entreprise coopérative, une SCOP ?Céline Riolo: Une SQIC.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ah, une SQIC ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Oui, Société Coopérative d'Intérêt Collectif.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Génial. Peut-être que tu peux commencer par nous expliquer un petit peu</p>
<p class="p2">ces différents termes et ce que ça représente.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Les sociétés coopératives, les SIC et les SCOP, donc cette dernière, les</p>
<p class="p2">SIC, c'est une société coopérative d'intérêt collectif et les SCOP, ce sont des sociétés</p>
<p class="p2">coopératives, originellement, on disait plutôt ouvrières et de production, mais avec</p>
<p class="p2">l'évolution des formes de coopératives et des champs surtout dans lesquels elles</p>
<p class="p2">s'inscrivent, on dit plutôt maintenant les sociétés coopératives et participatives. Ces</p>
<p class="p2">sociétés-là, ce sont des sociétés de droit qu'on appelle commerciales, mais qui</p>
<p class="p2">fonctionnent avec des principes coopératifs qui sont basés sur la démocratie en</p>
<p class="p2">entreprise, sous un principe de une personne est égale à une voix, peu importe le</p>
<p class="p2">nombre de parts sociales et de capital qu'on a. Donc ça, c'est vraiment un des</p>
<p class="p2">principes fondateurs. C'est aussi l'appropriation de l'outil de travail par les salariés qui</p>
<p class="p2">travaillent à l'intérieur. En coopérative, on est non seulement salarié, c'est-à-dire sous le</p>
<p class="p2">couvert d'un contrat de travail et d'une protection sociale d'un salarié, mais également</p>
<p class="p2">propriétaire de cet outil de production en ayant cette casquette d'associé. c'est-à-dire</p>
<p class="p2">qu'on est à la fois travailleur et propriétaire de l'outil de production, donc on peut</p>
<p class="p2">participer et co-construire toutes les directions et les orientations stratégiques de son</p>
<p class="p2">entreprise. Donc ça, c'est la deuxième spécificité des coopératives. Et la troisième</p>
<p class="p2">spécificité des coopératives, c'est la répartition de la richesse qui se matérialise de</p>
<p class="p2">différentes manières. D'une part, Une coopérative est non cessible, c'est-à-dire qu'ellene peut pas être rachetée et il y a un désintérêt financier aux associés lié à ce potentiel</p>
<p class="p2">rachat et à l'investissement qu'ils font dans une coopérative. Je m'explique. Quand tu</p>
<p class="p2">investis dans une entreprise coopérative, tu acquiers ce qu'on appelle des parts</p>
<p class="p2">sociales, c'est l'équivalent un peu d'actions. Si tu souhaites repartir de la coopérative,</p>
<p class="p2">on va te racheter tes parts sociales au prix où tu les as acquis. Du coup, on sort d'un</p>
<p class="p2">système de revalorisation et de spéculation. Et de la même manière, si un jour la</p>
<p class="p2">coopérative est amenée à disparaître, à être achetée ou quoi que ce soit, ce qu'on va</p>
<p class="p2">appeler le boni de liquidation, donc ce qui reste, l'argent qui a été créé une fois que</p>
<p class="p2">toutes les dettes ont été payées, et bien ça, ça vient alimenter le fonds coopératif ou</p>
<p class="p2">des associations ou une coopérative qui aurait été qui fait à peu près la même activité,</p>
<p class="p2">mais en aucun cas n'est redistribué aux associés. Du coup, on voit bien que les</p>
<p class="p2">associés, quand ils investissent, on sort d'une recherche de lucrativité liée à la</p>
<p class="p2">valorisation des parts sociales de l'entreprise. Et ça aussi, c'est très important,</p>
<p class="p2">puisqu'on voit bien que ces formes coopératives sortent du champ spéculatif et de la</p>
<p class="p2">création de valeurs par le capital. Donc ça, c'est vraiment les spécificités des</p>
<p class="p2">coopératives. Et les SIGS, c'est une forme de coopérative un peu particulière,</p>
<p class="p2">puisqu'elle va réunir non seulement les travailleurs de la société, s'il y en a, mais</p>
<p class="p2">également toutes les parties prenantes de l'écosystème, c'est-à-dire ceux qui vont</p>
<p class="p2">bénéficier du service de la coopérative et aussi d'autres parties prenantes, que peuvent</p>
<p class="p2">être des collectivités locales, des soutiens, des amis, fournisseurs, enfin vraiment, il y a</p>
<p class="p2">cette diversité-là. Et l'idée, c'est de réunir au sein de ces formes-là, de ces coopératives-</p>
<p class="p2">là, l'ensemble des différents intérêts pour contribuer, comme son nom l'indique, à</p>
<p class="p2">l'intérêt collectif. Une des dernières spécificités des SIC, c'est également la lucrativité</p>
<p class="p2">limitée. L'intérêt de ces formes coopératives-là, ce n'est pas une recherche de</p>
<p class="p2">bénéfices. Donc l'objectif, on est bien sur des sociétés commerciales, donc il y a un</p>
<p class="p2">objet de production de chiffres d'affaires, c'est une forme commerciale. Pour autant, sa</p>
<p class="p2">finalité ne va pas être d'essayer de maximiser son résultat, mais bien d'être à l'équilibreet d'avoir une lucrativité limitée. Cette lucrativité limitée se matérialise notamment que</p>
<p class="p2">si l'entreprise fait du résultat, fait du bénéfice, à la fin la plupart des sociétés</p>
<p class="p2">coopératives d'intérêt collectif réinjectent l'intégralité de ce bénéfice dans des réserves</p>
<p class="p2">qui sont ce qu'on appelle impartageables. Ça aussi, c'est une autre spécificité des</p>
<p class="p2">coopératives, c'est qu'au fur et à mesure, une partie du résultat, une partie du bénéfice</p>
<p class="p2">des coopératives reste dans l'entreprise, donc ça crée des outils de production qui sont</p>
<p class="p2">extrêmement stables par rapport aux différents aléas et problématiques auxquels elles</p>
<p class="p2">pourraient être confrontées, et que quoi qu'il arrive, ces réserves-là, elles ne seront</p>
<p class="p2">jamais redistribuées aux associés.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les scopes, c'est quelque chose qu'on peut voir dans pas mal de</p>
<p class="p2">domaines. Mais ce qui me semble, c'est que par exemple dans les domaines</p>
<p class="p2">immobiliers, c'est encore assez jeune. Et ensuite également peut-être dans les</p>
<p class="p2">modèles agricoles. Est-ce que tu as un avis là-dessus ? Et peut-être quels sont les</p>
<p class="p2">enjeux et les dangers ? Je sais que par exemple en immobilier, Il y a cette peur un peu</p>
<p class="p2">qu'on crée un modèle hors spéculation immobilière et donc à quoi ça ressemble ? C'est</p>
<p class="p2">beau, c'est une utopie, on a envie de l'imaginer, mais qui va commencer à se lancer</p>
<p class="p2">dans ce grand bain hors cadre spéculatif immobilier par exemple ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Alors effectivement, les formes coopératives, ça existe depuis longtemps</p>
<p class="p2">dans plein de secteurs d'activité. Dans l'immobilier pour porter le foncier et les</p>
<p class="p2">investissements immobiliers, effectivement, c'est assez récent. Mais par contre, dans le</p>
<p class="p2">BTP, dans toutes les entreprises autour, ça existe depuis très longtemps. Et de la</p>
<p class="p2">même manière, dans le secteur agricole, c'est des formes qui étaient jusqu'à présent,</p>
<p class="p2">et qui le sont toujours, extrêmement marginales et très peu utilisées. En fait, on</p>
<p class="p2">propose des autres modèles. C'est ça où c'est complètement déstabilisant par rapport</p>
<p class="p2">au fonctionnement de la société. C'est qu'on propose à travers ces modèles-là de sortird'un schéma de capitalisation. Et c'est ce sur quoi est basé l'immobilier. On achète</p>
<p class="p2">dans la perspective de pouvoir, avec l'augmentation du prix de l'immobilier, faire une</p>
<p class="p2">plus-value pour acheter ensuite une plus grosse maison, etc. Et bien là, on rompt avec</p>
<p class="p2">ce système-là et du coup, on rompt avec cette création de valeur qui est vraiment très</p>
<p class="p2">artificielle, puisqu'on ne fait que racheter constamment du capital, du capital, du capital,</p>
<p class="p2">mais en fin de compte, c'est toujours le même bien ou presque. Et du coup, ça coupe</p>
<p class="p2">ce... Ce modèle-là, qui est complètement basé et qui est partout autour de nous, sur le</p>
<p class="p2">fait que quand on investit de l'argent, on attend une rentabilité de l'argent, que cet</p>
<p class="p2">argent nous rapporte lui-même de l'argent. Proposer des formes coopératives dans</p>
<p class="p2">l'immobilier ou dans l'agriculture, c'est rompre avec ces modèles-là de capitalisation. Et</p>
<p class="p2">c'est vraiment un changement de paradigme parce qu'on propose de regarder les</p>
<p class="p2">choses sous un autre angle pour justement répondre à des enjeux que le poids de</p>
<p class="p2">l'immobilier a pris une part considérable dans les portefeuilles des ménages, de nous,</p>
<p class="p2">des consommateurs et des consommatrices que nous sommes, à tel point qu'on est</p>
<p class="p2">obligé de diminuer les autres arbitrages. Et de la même manière, dans l'agriculture,</p>
<p class="p2">toute la capitalisation qui s'est mise en œuvre, soutenue aussi par des politiques</p>
<p class="p2">agricoles qui ont favorisé les investissements, qui ont favorisé l'augmentation des tailles</p>
<p class="p2">des fermes, etc. On se retrouve avec des fermes qui ont des actifs qui sont ultra</p>
<p class="p2">capitalisés tellement que Quand des nouvelles personnes veulent reprendre ces</p>
<p class="p2">fermes-là ou quand il y a un associé qui parle d'un gars et qu'il faut sortir un ticket de</p>
<p class="p2">400 voire de plus de 1 million, de 450 000 pardon, voire de plus de 1 million, on n'a pas</p>
<p class="p2">les moyens parce qu'en parallèle, le niveau de rémunération, ce qui est lié aux produits</p>
<p class="p2">du travail, lui n'a pas augmenté dans la même proportion. Donc on voit bien que si on</p>
<p class="p2">veut amener de la cohérence et une soutenabilité dans les modèles qu'on veut</p>
<p class="p2">défendre, il faut proposer des nouveaux modèles. Et c'est ça qu'on essaye de faire.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, tout à fait. Là, il y a vraiment cet enjeu d'accessibilité, de passationdes fermes qui est au cœur d'une solution de Scope. Est-ce que tu pourrais présenter</p>
<p class="p2">justement à quoi ça ressemblerait ? Aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui</p>
<p class="p2">partent à la retraite, qui voudraient pouvoir passer leurs fermes soit à leurs enfants, soit</p>
<p class="p2">à des repreneurs. Mais voilà, c'est des millions, c'est un million, disons, pour de</p>
<p class="p2">grosses fermes laitières. Comment ça pourrait fonctionner ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Alors, du coup, il faut savoir déjà que pour être une coopérative, il faut être</p>
<p class="p2">plusieurs. Donc c'est un projet collectif. Donc c'est une première chose. Et de par ce</p>
<p class="p2">collectif là, on voit bien que ça permet d'augmenter les capacités d'investissement et de</p>
<p class="p2">reprise de ces fermes. Donc ça, c'est un premier point. Un premier enjeu face à la</p>
<p class="p2">transmission et à la nécessité d'avoir beaucoup plus de personnes qui reprennent les</p>
<p class="p2">fermes et du coup au fait qu'il y a autant de fermes en transmission, le fait de s'appuyer</p>
<p class="p2">sur le collectif est une solution pour reprendre ces fermes de taille moyenne à grande.</p>
<p class="p2">Donc ça c'est une première chose. Deuxième chose, les aspirations des personnes qui</p>
<p class="p2">veulent reprendre les fermes ne sont plus forcément aussi les mêmes que les</p>
<p class="p2">agriculteurs et agricultrices qui étaient en place jusqu'à présent. Il y a à la fois une</p>
<p class="p2">recherche d'un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, et de dire</p>
<p class="p2">comment le collectif est une solution pour permettre une soutenabilité dans la vivabilité</p>
<p class="p2">d'une activité agricole. Donc ça, c'est une deuxième chose. Et la forme coopérative,</p>
<p class="p2">L'enjeu à la reprise reste le même, c'est-à-dire que le montant pour reprendre une</p>
<p class="p2">ferme, quand vous montez une coopérative, il va falloir aller construire un plan de</p>
<p class="p2">financement sur les montants que tu as cités tout à l'heure. Cependant, ce qui est</p>
<p class="p2">intéressant, c'est que En reprenant une ferme sous forme coopérative, par la suite, on</p>
<p class="p2">pense déjà à la transmission et au renouvellement des générations d'associés.</p>
<p class="p2">Pourquoi ? Parce que certes, il y aura ce plan de financement initial qui est porté par</p>
<p class="p2">l'outil collectif et non plus des individus associés ensemble, mais vraiment par l'outil</p>
<p class="p2">collectif. Et du coup, c'est l'outil collectif qui restera et qui perdurera. Et du coup, aurenouvellement des associés, les associés vont repartir avec leur capital social, qui</p>
<p class="p2">dans une ferme sous forme coopérative est beaucoup moindre que dans un GAEC par</p>
<p class="p2">exemple. Ils vont repartir avec leur capital social et un nouvel associé pourra bénéficier,</p>
<p class="p2">en tout cas accéder à cet outil de production qui restera sur place, en investissant</p>
<p class="p2">uniquement le capital social qui est nécessaire au démarrage. Sur des fermes par</p>
<p class="p2">exemple qui existent sous forme coopérative depuis plusieurs années, on voit que le</p>
<p class="p2">ticket d'entrée, du coup l'acquisition de part sociale nécessaire au démarrage et à</p>
<p class="p2">l'entrée dans la coopérative en tant qu'associé, il est entre 10 000 et 25 000 euros. Il y</p>
<p class="p2">a combien de fermes où le ticket d'entrée pour accéder à un outil de production qui est</p>
<p class="p2">fonctionnel, etc. Et à ce niveau-là, je crois vraiment pas beaucoup Donc, on voit bien</p>
<p class="p2">qu'au-delà du moment de reprise qui nécessite d'avoir quand même une capacité de</p>
<p class="p2">financement importante pour la coopérative, c'est vraiment par la suite dans la vie et</p>
<p class="p2">dans le renouvellement des générations d'associés que c'est extrêmement facilité</p>
<p class="p2">puisqu'on ne recapitalise pas. Et l'intention c'est de ne pas partir avec un patrimoine, de</p>
<p class="p2">ne pas constituer un patrimoine tout au long de sa vie professionnelle de paysan-</p>
<p class="p2">paysanne, mais bien de vivre au fur et à mesure de son outil de travail, en ayant un</p>
<p class="p2">statut de salarié, en ayant un revenu en tant que salarié, et que par la suite quand vous</p>
<p class="p2">allez sortir et repartir de la coopérative, vous aurez cotisé et acquis des droits sociaux.</p>
<p class="p2">qui vous permettra de rebondir sur le pôle emploi, par exemple, si vous étiez au pôle</p>
<p class="p2">emploi, ou partir à la retraite avec une retraite qui est calculée sur les droits d'un</p>
<p class="p2">salarié, donc qui est beaucoup plus intéressante que si vous êtes au micro-BA, par</p>
<p class="p2">exemple.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ok, c'est intéressant. On pourra creuser un petit peu là-dessus. Sur le</p>
<p class="p2">plan de quelqu'un qui revendrait ses parts, est-ce qu'il y a toujours le risque de</p>
<p class="p2">l'inflation ? Comment est-ce que ça s'est calculé ?Céline Riolo: Ça peut l'être, quand tout à l'heure je disais qu'il n'y avait pas de</p>
<p class="p2">revalorisation de part sociale. Si, ça peut l'être, mais par contre il ne va pas y avoir une</p>
<p class="p2">revalorisation comme on va la voir dans les GAEC ou au fur et à mesure. de l'avis du</p>
<p class="p2">GAIC, votre compte courant d'associés peut augmenter, etc. Ça, ça n'existe pas. On ne</p>
<p class="p2">peut pas avoir de compte courant négatif en coopérative. Et du coup, quand vous</p>
<p class="p2">repartez, vous repartez avec vos parts sociales peut-être augmentées d'un</p>
<p class="p2">pourcentage indexé sur l'inflation, si vous avez décidé d'inclure ça dans vos statuts.</p>
<p class="p2">Mais c'est tout. Mais en tout cas, c'est la grande différence avec des formes GAIC. Pour</p>
<p class="p2">être précise, il est possible aussi en GAEC de limiter ses concourants d'associés et de</p>
<p class="p2">s'assurer à ce qu'ils ne prennent pas des proportions trop importantes, ou de caper</p>
<p class="p2">aussi la revalorisation des parts sociales et de l'actif. Mais ce n'est pas inscrit de fait</p>
<p class="p2">dans ces formes-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: J'ai peut-être un petit doute là-dessus, mais dans le GAEC, il faut que</p>
<p class="p2">chacun des associés amène les mêmes proportions d'investissement ? Est-ce que</p>
<p class="p2">c'est le même cas de figure dans une scope ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Dans une coopérative, en fait, le montant du départ social peut être</p>
<p class="p2">différent. Par contre, il y a un minimum selon la catégorie d'associés que vous êtes. Ça,</p>
<p class="p2">c'est une première chose. Par contre, ça peut induire d'autres choses. On n'oublie pas</p>
<p class="p2">qu'on est dans un collectif de travailleuses-travailleurs et le fait d'avoir une personne qui</p>
<p class="p2">aurait beaucoup plus de capital et beaucoup plus investi que d'autres peut créer des</p>
<p class="p2">relations de pouvoir au sein de ce collectif. Et du coup, nous, on va être en vigilance</p>
<p class="p2">quand on va accompagner les collectifs, que ces situations-là ne créent pas des biais</p>
<p class="p2">et des rapports de pouvoir et de domination au sein des collectifs. C'est possible, mais</p>
<p class="p2">est-ce que c'est souhaitable ? Ça, c'est une autre question.Lennan Bate: Même au-delà de rapports de domination, etc., ça peut être angoissant</p>
<p class="p2">pour certains d'avoir plus de billes dans l'ensemble et de se sentir plus responsable,</p>
<p class="p2">avoir plus de risques de perdre, etc., que les autres. Donc, en fait, c'est super cette idée</p>
<p class="p2">d'égalité, une voix, une personne. Enfin, une personne, une voix. Et c'est un principe</p>
<p class="p2">qui est génial, mais il y a aussi, c'est sûr, l'argent. Et ça, il ne faut pas non plus</p>
<p class="p2">complètement le nier.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Exactement. Il y a en plus d'autres formes de pouvoir qui peuvent exister</p>
<p class="p2">au-delà de cette intention démocratique dans les formes coopératives, il ne faut pas les</p>
<p class="p2">nier, il faut justement les nommer, en avoir conscience et savoir comment on arrive à</p>
<p class="p2">limiter ça si l'intention c'est vraiment d'être dans une entreprise avec un fonctionnement</p>
<p class="p2">démocratique et partagé.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc une ferme partagée, une ferme collective, ça fait rêver. Mais quels</p>
<p class="p2">sont les enjeux de ce genre de propriété et de gouvernance ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Ils sont multiples. L'une des premières choses, c'est que, comme je le</p>
<p class="p2">disais tout à l'heure, ces formes coopératives sont encore extrêmement innovantes et</p>
<p class="p2">rares dans le secteur agricole, parce qu'on est vraiment sur une liste d'innovation</p>
<p class="p2">sociale. L'innovation sociale, c'est l'innovation organisationnelle, c'est comment quelque</p>
<p class="p2">chose qui existe dans d'autres secteurs d'activité, donc les SCOP et les SIC, est</p>
<p class="p2">appliqué à un secteur dans lequel il n'est pas, et du coup se retrouve confronté face à</p>
<p class="p2">des freins et des problématiques. Et c'est exactement le cas aujourd'hui, les SCOP et</p>
<p class="p2">les SIC ne peuvent pas accéder comme les autres formes agricoles, aux mêmes aides,</p>
<p class="p2">soutiens, etc., qu'il peut y avoir. Donc ça c'est une première chose. Et puis comme tout</p>
<p class="p2">collectif, alors là c'est pas forcément spécifique aux coopératives, comme tout collectif,</p>
<p class="p2">le collectif est un atelier à part entière au sein de la ferme. Donc il faut en prendre soin,il faut l'entretenir comme on va entretenir ces machines. On voit très bien le fait que ces</p>
<p class="p2">tracteurs, il faut l'amener à la révision. L'atelier collectif, vie collective, doit être</p>
<p class="p2">entretenu, doit faire l'objet de temps dédié et s'engager dans une ferme collective. C'est</p>
<p class="p2">aussi être prêt à consacrer du temps, de l'énergie et des moyens à cet atelier à part</p>
<p class="p2">entière. Sinon, on risque de se retrouver dans des situations où il y a des mauvaises</p>
<p class="p2">communications, où tous les individus du collectif ne vont pas dans la même direction,</p>
<p class="p2">et ça va créer des conflits, des tensions, un éclatement du collectif comme on peut en</p>
<p class="p2">voir malheureusement par ailleurs. Ces difficultés auxquelles sont confrontées les</p>
<p class="p2">collectifs agricoles ne sont pas spécifique au statut, on peut le retrouver quel que soit le</p>
<p class="p2">statut. Par contre, ce dont on se rend compte dans ceux qui utilisent la terminologie</p>
<p class="p2">ferme collective et qui se définissent comme une ferme collective, c'est que</p>
<p class="p2">généralement, ils ont conscience de cette nécessité-là de prendre du temps et de</p>
<p class="p2">construire cet atelier collectif et sont prêts à y consacrer des moyens et du temps,</p>
<p class="p2">comme sur les autres ateliers.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Qu'est-ce que les fermes partagées proposent pour accompagner des</p>
<p class="p2">porteurs de projets collectifs, des fermes en devenir de collectif ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Il faudrait peut-être juste donner un petit brin d'histoire sur les fermes</p>
<p class="p2">partagées, de où on vient en fait. Nous on vient d'une idée qui a été portée au</p>
<p class="p2">démarrage par le GRAP et une coopérative qui est le Groupement Régional pour une</p>
<p class="p2">Alimentation de Proximité. C'est un groupe coopératif qui travaille plutôt sur la filière</p>
<p class="p2">aval, donc tout ce qui est épicerie transformateur de produits agroalimentaires, avec</p>
<p class="p2">une charte et un engagement pour une alimentation saine, locale et biologique. sur la</p>
<p class="p2">région Aura. Et ça fait, ils ont dix ans maintenant, le GRAP, on a fêté leur anniversaire</p>
<p class="p2">l'année dernière. Et ils ont toujours eu cette préoccupation de dire, c'est bien de pouvoir</p>
<p class="p2">distribuer, de transformer et de proposer une alimentation saine, mais comment c'estproduit et comment on peut, nous, à l'aval de cette chaîne, contribuer à l'émergence et</p>
<p class="p2">à la bonne vie de fermes locales qui produisent en bio. Et du coup, répondre aussi à un</p>
<p class="p2">enjeu de comment sécuriser les approvisionnements de nos épiceries, nos restaurants,</p>
<p class="p2">etc. À partir de cette réflexion-là, ils ont engagé une étude de faisabilité en 2019 en</p>
<p class="p2">disant, est-ce qu'il est possible que le modèle que nous, on a développé dans la filière</p>
<p class="p2">Aval, soit pertinent, intéressant pour le secteur agricole ? Pour s'assurer d'une part de</p>
<p class="p2">la faisabilité et d'autre part, est-ce que ça répondait à un besoin et une attente du</p>
<p class="p2">secteur face aux enjeux auxquels il était confronté ? Et en faisant et en réalisant cette</p>
<p class="p2">étude, ils ont pris contact avec un certain nombre de fermes, de fermes collectives, et</p>
<p class="p2">notamment trois fermes qui seront les fermes fondatrices des fermes partagées, que</p>
<p class="p2">sont la ferme des Volonteux, la ferme de Chalonne, et une ferme qui était en cours de</p>
<p class="p2">construction, qui était la ferme de la Clé des Sables. Et ces trois fermes-là, elles ont</p>
<p class="p2">pour point commun d'avoir choisi des fermes coopératives pour leurs fermes. Un peu</p>
<p class="p2">envers et contre tout, c'est un peu les fermes pionnières qui se sont dit, mais en fait,</p>
<p class="p2">ces formes-là répondent à des enjeux de transmissibilité de la ferme, protection sociale</p>
<p class="p2">des paysans, des paysannes, et de rester à la fois maître de son outil de production, de</p>
<p class="p2">créer de l'entraide, de la résilience au sein de ces fermes, et aussi a****** avec</p>
<p class="p2">l'hypocrisie d'une ferme, une exploitation, c'est du 100% agricole. On voit bien qu'il y a</p>
<p class="p2">des montages hyper complexes qui se mettent en œuvre autour de la ferme, pour avoir</p>
<p class="p2">une SAS, une SARL qui va faire de la transfo, qui va faire de la prestation de services,</p>
<p class="p2">qui va faire de la commercialisation, tout ce que vous voulez. Et du coup, ça a pour</p>
<p class="p2">effet de disperser la valeur ajoutée, de dire au lieu que ce soit la ferme, la ferme et la</p>
<p class="p2">production agricole, c'est toujours le bas du chariot qui récupère les miettes, mais toute</p>
<p class="p2">la création de la valeur ajoutée, c'est tout le autour et toutes les autres structures. Et là,</p>
<p class="p2">c'est comment on ramène la valeur ajoutée au sein de la ferme qui, grâce à elle,</p>
<p class="p2">permet toute la création de valeur de toute la chaîne qui est autour. Et du coup,</p>
<p class="p2">comment on remet ça dans la ferme. Et les status scopes, c'est ce qu'ils permettent. Ilspermettent d'avoir une seule et même structure qui permet de recréer, de remettre au</p>
<p class="p2">centre toute cette valeur ajoutée. Mais ces trois fermes-là, elles se sont montées</p>
<p class="p2">vraiment toutes seules, bien évidemment accompagnées par les ADR, les chambres,</p>
<p class="p2">les AFOG, mais il n'y avait personne, aucun interlocuteur pour les conseiller, les outiller</p>
<p class="p2">sur les spécificités des formes coopératives en agriculture, puisque ça n'existait pas. et</p>
<p class="p2">échalonne à maintenant 15 ans les volonteux presque autant et on voit bien que c'est</p>
<p class="p2">des modèles qui fonctionnent, qui sont résilients, qui ont vu se succéder des</p>
<p class="p2">générations d'associés et qui sont encore présents, qui continuent à développer des</p>
<p class="p2">modèles agricoles justes et qui tapent pour tous. où les paysans, les paysannes qui</p>
<p class="p2">travaillent à l'intérieur sont fiers du projet qu'ils mettent en œuvre. Et du coup, c'est à</p>
<p class="p2">partir de là qu'ils ont dit qu'on a besoin de se mutualiser et mettre en commun nos</p>
<p class="p2">moyens pour rendre possible l'émergence de ce modèle-là, encore plus. Pour nous</p>
<p class="p2">accompagner, nous, parce qu'on a besoin de continuer à être accompagnés dans la vie</p>
<p class="p2">de notre structure, mais également pour accompagner tous les collectifs qui sont</p>
<p class="p2">intéressés par ces formes-là, qui nous sursollicitent parce qu'ils ont entendu parler de</p>
<p class="p2">nous, et du coup auxquels nous, on n'a pas forcément tous les outils pour les</p>
<p class="p2">accompagner et les former. On n'a pas forcément le temps et la disponibilité, mais on</p>
<p class="p2">est prêts à aussi partager ce qu'on a mis en œuvre dans nos fermes. Et c'est comme</p>
<p class="p2">ça qu'est née les fermes partagées. Et du coup, de là, c'est ce qu'on fait nous au</p>
<p class="p2">quotidien. Le gros socle de ce qu'on propose, c'est de l'accompagnement, de</p>
<p class="p2">l'accompagnement à l'émergence de fermes collectives et coopératives, et également</p>
<p class="p2">de l'accompagnement à la pérennisation et au développement de ces fermes-là. C'est-</p>
<p class="p2">à-dire qu'on ne va pas s'attarder de les accompagner une fois qu'elles sont créées,</p>
<p class="p2">mais on leur propose d'être membres de notre coopérative et nous, on va les</p>
<p class="p2">accompagner, ce qu'on va appeler au long cours. Cet accompagnement, il peut porter</p>
<p class="p2">sur les aspects économiques, de gouvernance, d'organisation juridique de la ferme, où</p>
<p class="p2">on va prendre vraiment ce projet collectif comme un tout. Donc, s'il y a del'entremêlement avec, je ne sais pas moi, de l'habitation, avec d'autres formes de</p>
<p class="p2">structures juridiques, etc., on fait vraiment ce qu'on va appeler un accompagnement</p>
<p class="p2">holistique sur l'ensemble de la ferme. Donc ça c'est une première chose. Une deuxième</p>
<p class="p2">chose qu'on fait c'est essayer de faire réseau entre toutes ces fermes-là et du coup on</p>
<p class="p2">va animer des temps de rencontres entre les fermes collectives pour qu'elles puissent</p>
<p class="p2">échanger sur leurs pratiques, sur leurs difficultés qu'elles rencontrent, vraiment sur les</p>
<p class="p2">spécificités de ces fermes collectives. Donc ce n'est pas tant sur leur production, etc.,</p>
<p class="p2">mais ça va être plus sur le capital humain, sur la répartition de la valeur, la répartition</p>
<p class="p2">du travail, sur leur organisation juridique, économique, enfin tous ces éléments-là. La</p>
<p class="p2">troisième chose qu'on fait, c'est de porter un plaidoyer pour essayer de faire entendre</p>
<p class="p2">la voix de ces fermes collectives et faire entendre aussi leurs souhaits et leurs besoins</p>
<p class="p2">d'avoir cette forme-là de coopérative agricole qui soit pleinement reconnue et qui leur</p>
<p class="p2">permette d'accéder au même droit que les autres formes agricoles.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est un enjeu vraiment important et c'est difficile de trouver des</p>
<p class="p2">informations là-dessus. C'est quelque chose qui est encore, comme tu le disais, assez</p>
<p class="p2">nouveau. Et effectivement, quand on se renseigne, quand on cherche des gens pour</p>
<p class="p2">nous aiguiller, on ne trouve pas facilement. Donc c'est super de faire tout ce travail-là.</p>
<p class="p2">J'avais une petite question sur la partie comptabilité. Dans les formes, notamment de</p>
<p class="p2">Scope, on est au réel dans la comptabilité agricole. Et ça, je sais que ça peut être</p>
<p class="p2">quelque chose qui peut freiner beaucoup de gens. beaucoup de gens veulent se mettre</p>
<p class="p2">en GAEC, éviter des formes de société un peu moins traditionnelles, justement pour</p>
<p class="p2">continuer à bénéficier du micro-bénéfice agricole, qui était aussi appelé le forfait. Qu'est-</p>
<p class="p2">ce que tu peux dire là-dessus, sur ce forfait et sur les implications d'être au réel ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Il est certain que le micro-OBA est une niche fiscale qui a ses avantages,</p>
<p class="p2">c'est-à-dire d'améliorer le résultat, la ligne du bas au sein des fermes, et qui a desinconvénients, c'est de diminuer certes les cotisations sociales qui vont avec et du coup</p>
<p class="p2">de fait la protection sociale qui est proposée à son issue. C'est sûr que nous, ce qu'on</p>
<p class="p2">vient défendre sur les formes coopératives, c'est de la protection sociale, c'est</p>
<p class="p2">comment on recrée la protection sociale. Après, il faut avoir un modèle économique,</p>
<p class="p2">une viabilité sur la ferme qui le permette. Pour les fermes qui sont au micro-BA et qui</p>
<p class="p2">cherchent de l'optimisation et qui font que de la production agricole, l'ISCOP ce n'est</p>
<p class="p2">pas une réponse, ce n'est pas quelque chose qui va répondre à leurs besoins et à leurs</p>
<p class="p2">attentes. Par contre, s'ils ont envie de développer la ferme autrement, d'intégrer tous</p>
<p class="p2">ces services complémentaires qu'ils font par ailleurs, où ils sont limite avec la</p>
<p class="p2">réglementation, la législation, et qui veulent aussi vraiment de la protection sociale,</p>
<p class="p2">avoir un statut de salarié, profiter d'une potentialité de développer pleinement leur</p>
<p class="p2">ferme collective, alors la forme coopérative va répondre à leurs aspirations. Et puis</p>
<p class="p2">c'est un projet politique, il ne faut pas se mentir, c'est proposer un autre rapport à la</p>
<p class="p2">ferme, un autre rapport à cet outil de production agricole où, comme on le disait tout à</p>
<p class="p2">l'heure, on sort d'un schéma de patrimonialisation. On n'est pas là pour créer un capital</p>
<p class="p2">et un patrimoine qu'on transmettra à nos enfants, mais plutôt on est un agriculteur, on</p>
<p class="p2">est un paysan, on travaille dans cette ferme collective à un temps donné, mais la ferme</p>
<p class="p2">est plus importante que moi et la pérennisation de la ferme et de l'outil de production va</p>
<p class="p2">au-delà de moi. Et du coup, si on est mu par cette conviction-là, c'est des formes qui</p>
<p class="p2">font sens et qui vont répondre aux aspirations et aux attentes d'une nouvelle génération</p>
<p class="p2">de paysans et de paysannes qui souhaitent s'installer.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ce n'est pas quelque chose que je maîtrise à 100%, mais il me semble</p>
<p class="p2">bien que dans le micro BA, il y a des seuils où on cotise pour la retraite, avec des</p>
<p class="p2">systèmes de points, et le seuil dans lequel la grande majorité se trouve, c'est vraiment</p>
<p class="p2">le moins intéressant en termes de points. C'est quelque chose qu'ils ont encore du mal</p>
<p class="p2">à... Ça a été revalorisé, mais c'est quelque chose qu'ils ont encore du mal à... a changé.Effectivement, on est peut-être gagnant d'un côté.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Mais perdant à long terme. Mais c'est aussi pour ça que ces modèles-là</p>
<p class="p2">s'appuient beaucoup sur la patrimonialisation et le fait de constituer un capital. Il est</p>
<p class="p2">nécessaire, ce capital, quand on part à la retraite et qu'on a peu ou pas cotisé pendant</p>
<p class="p2">toute la vie de son exploitation. Donc, ça s'entend et ça se comprend. Et des modèles</p>
<p class="p2">qui ont été construits pendant 40 ans là-dessus, ils ne vont pas passer en coopérative</p>
<p class="p2">à la fin de leur carrière. Très clairement où il va y avoir en tout cas un rachat du</p>
<p class="p2">patrimoine pour permettre d'avoir ce matelas-là nécessaire pour pouvoir avoir une</p>
<p class="p2">retraite à peu près décente. Donc c'est une réalité et on ne conteste pas. Nous ce qu'on</p>
<p class="p2">propose c'est simplement de répondre aux aspirations. Certains veulent développer</p>
<p class="p2">d'autres types de modèles et on demande simplement à ne pas être empêchés à</p>
<p class="p2">développer ce type de modèle-là. puisqu'il a montré sa pertinence et son intérêt dans</p>
<p class="p2">d'autres secteurs d'activité en dehors de l'agricole. Et vu ce à quoi est confronté à</p>
<p class="p2">aujourd'hui les agriculteurs, enfin, les deux dernières semaines en sont bien</p>
<p class="p2">l'illustration, il y a des vrais enjeux de rémunération. La solution qu'on propose n'est pas</p>
<p class="p2">une solution à tous ces problèmes-là, puisqu'il y a un problème structurel dans notre</p>
<p class="p2">société de la valorisation de l'alimentation durable, saine, locale, etc. Donc il y a un vrai</p>
<p class="p2">enjeu payer l'alimentation au juste prix et à sa juste valeur, mais pour autant, à l'endroit</p>
<p class="p2">où ces personnes, les personnes qui souhaitent s'installer, ont le pouvoir d'agir sur ces</p>
<p class="p2">formes-là, en choisissant de s'installer en collectif, sous forme collective, et en</p>
<p class="p2">choisissant tout particulièrement une forme coopérative, ils font vraiment le choix de</p>
<p class="p2">dire, nous on porte ce projet-là parce qu'on pense qu'il est possible de faire autrement</p>
<p class="p2">dans le secteur agricole, et on va essayer d'améliorer nos conditions de travail, nos</p>
<p class="p2">conditions de rémunération, et de ramener toute la valeur en son sein, là où elle devrait</p>
<p class="p2">être, c'est-à-dire au sein de la ferme.Lennan Bate: On pourrait penser que les investissements de capitalisation, par nature</p>
<p class="p2">plutôt à long terme, du type un nouveau bâtiment, des arbres pour du bois d'oeuvre,</p>
<p class="p2">etc., ne sont pas dans l'intérêt d'un projet collectif, où la capitalisation n'est justement</p>
<p class="p2">pas valorisée de la même manière. Mais dans la réalité, qu'est-ce que tu peux nous</p>
<p class="p2">dire sur ce type d'investissement dans un cadre de ferme coopérative ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: En soi, la ferme coopérative, l'outil de production, il est collectif et il</p>
<p class="p2">restera au collectif. Toutes les décisions qui sont prises, sont prises au-delà de mon</p>
<p class="p2">propre intérêt personnel et individuel au sein de la ferme. pour le projet collectif qui est</p>
<p class="p2">mis en œuvre. Donc si c'est au service du projet collectif parce que planter un verger</p>
<p class="p2">qui donnera dans 5 ans, 10 ou même pour des noyés dans 20 ans, si c'est dans le</p>
<p class="p2">sens de la construction du projet collectif, cet investissement va se faire même si la</p>
<p class="p2">rentabilité et la viabilité n'est pas immédiate. Si je reprends l'une des fermes même</p>
<p class="p2">deux, on peut, par exemple, qui sont sous forme coopérative et qui font partie des</p>
<p class="p2">fermes partagées. La ferme des Volonteux, là, vient d'investir dans un bâtiment. On</p>
<p class="p2">peut se dire, c'est un investissement à très long terme, un bâtiment. Ça s'amortit sur 35</p>
<p class="p2">ans, etc. Pourquoi le porter là, maintenant, aujourd'hui, au vu du collectif qu'on est ?</p>
<p class="p2">Puisque l'amortissement et le gain qu'il va réellement apporter, il n'est non pas sur</p>
<p class="p2">notre génération, non, mais il sera peut-être sur la génération Mais parce que</p>
<p class="p2">justement, c'est ça, c'est l'intérêt collectif qui est mis au centre, ce n'est pas l'intérêt</p>
<p class="p2">immédiat de la ferme. Bien évidemment, tout ce type d'investissement-là va être fait sur</p>
<p class="p2">une rationalité économique en disant comment je ne me mets pas dans le rouge</p>
<p class="p2">aujourd'hui en portant cet investissement-là et comment je construis des modèles</p>
<p class="p2">économiques qui nous permettra d'être sans ces charges-là potentiellement dans une</p>
<p class="p2">trentaine d'années et comment ça améliorera aussi l'économie de la ferme. Donc ce</p>
<p class="p2">n'est pas du tout un frein, bien au contraire. En tout cas, je n'ai jamais vu d'exemple de</p>
<p class="p2">fermes coopératives où ça a empêché les investissements de par cet investissementcollectif et ce détachement au rapport patrimonial, bien au contraire, puisque c'est</p>
<p class="p2">l'intérêt collectif et le maintien de la ferme qui prime avant toute chose et qui prime au-</p>
<p class="p2">delà de nous, notre temps qu'on fait dans la ferme.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On pourrait dire que c'est même dans l'ADN d'une ferme collective de</p>
<p class="p2">valoriser, de réfléchir et d'améliorer l'outil de production, de vivre les communautés.</p>
<p class="p2">Peut-être que tu pourrais présenter la ferme des Volonteux. C'est bien celle qui est</p>
<p class="p2">dans la Drôme ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Oui, tout à fait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ils sont à Beaumont-les-Valences.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Ils sont à Beaumont-les-Valences, donc c'est un projet qui au démarrage</p>
<p class="p2">a été porté par un paysan tout seul, c'est Rémi Léger, qui en 2009, après une première</p>
<p class="p2">carrière professionnelle, a décidé de reprendre la ferme de ses grands-parents, mais</p>
<p class="p2">qui n'était plus en exploitation depuis longtemps. Et déjà avec la perspective et</p>
<p class="p2">l'intention d'en faire une ferme collective et une ferme coopérative. Dès le démarrage, il</p>
<p class="p2">connaissait les coopératives, il connaissait déjà leur type de fonctionnement, il avait</p>
<p class="p2">travaillé en collectif, etc. Et pour lui, c'était une évidence que c'était ce type de projet-là</p>
<p class="p2">qui avait du sens par rapport à tout ce qu'on vient de dire sur le secteur agri. Donc, en</p>
<p class="p2">2009, il s'est lancé en créant une EI au démarrage. Et en fait, dès qu'il a fédéré autour</p>
<p class="p2">de ce projet-là d'autres associés, ils se sont transformés en 2011. Ils sont passés sous</p>
<p class="p2">Formscope. Et voilà, donc au démarrage il était tout seul et puis aujourd'hui ils sont</p>
<p class="p2">disassociés. Il y a des activités de maraîchage, d'arboriculture, il y a une épiterie, il y a</p>
<p class="p2">une herboristerie, il y a une pépinière, il y a un petit peu d'élevage. Qu'est-ce qu'il y a</p>
<p class="p2">d'autre ? Je vais en oublier certainement parce que c'est… Ah, il y a un fournil avec unpaysan boulanger. Aujourd'hui la ferme c'est 25 actifs qui travaillent dessus, c'est un</p>
<p class="p2">gros million d'euros de chiffre d'affaires et c'est surtout au-delà d'un lieu de production</p>
<p class="p2">de produits bons, bio, locaux, un lieu de vie parce que c'est aussi un tiers-lieu dans</p>
<p class="p2">lequel viennent se rencontrer les gens, vivre, manger les bons produits de la ferme et</p>
<p class="p2">se rencontrer à la fois les paysans et les habitants. Et c'est fou, sur ces fermes</p>
<p class="p2">collectives-là, je trouve que ça a un point commun, c'est qu'au-delà d'être des lieux de</p>
<p class="p2">production, c'est des lieux de vie, c'est des lieux pour faire ruralité et pour qu'il existe</p>
<p class="p2">une vie dans ces villages. C'est super chouette. Alors là, on pourrait me répondre oui,</p>
<p class="p2">mais Beaumont-les-Valences, c'est vraiment dans la banlieue de Valence. Ce n'est pas</p>
<p class="p2">vraiment la ruralité. OK, alors il y en a d'autres. Quand on parle de Chalonne,</p>
<p class="p2">Chalonne, ils sont au pied du buget. Là, c'est un tout petit village qui s'appelle Charette.</p>
<p class="p2">Et de la même manière, en fait, il y a un marché à la ferme toutes les semaines. Il y a</p>
<p class="p2">les fêtes, les fêtes de printemps, les fêtes d'été. En fait, tout est prétexte à faire la fête</p>
<p class="p2">et à faire venir du monde. sur la ferme, c'est vraiment des lieux de partage et des</p>
<p class="p2">fermes qui sont ouvertes sur les territoires parce que généralement, ils fonctionnent en</p>
<p class="p2">circuit court et généralement, cet engagement de faire collectif, ça se vit au-delà du</p>
<p class="p2">collectif de la ferme. On fait collectif aussi avec les autres fermes du territoire, avec les</p>
<p class="p2">habitants du territoire, avec les associations qui font vivre ces ruralités-là. Et c'est</p>
<p class="p2">chouette ce que ça produit quand même. comme rencontre et comme vie.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, mais c'est un peu comme il y a quelques générations, mais le</p>
<p class="p2">monde paysan agricole était plein de fêtes, plein de collectifs, plein de communautés,</p>
<p class="p2">plein de moments, plein d'excuses pour boire un coup, manger un b*** et puis partager,</p>
<p class="p2">en.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Fait, faire ensemble et partager et tout. Ça marque aussi avec ces fêtes-</p>
<p class="p2">là, les saisonnalités, le rythme de vie de la ferme et nos rythmes à nous. Et jepartageais aussi... avec une personne qui venait des Ardennes et qui partageait qu'elle</p>
<p class="p2">avait pris la nationale entre Rotel et son village et que c'était une grande nationale,</p>
<p class="p2">toute droite, avec des champs et avec une seule ferme. Mais en fait, il y a une ferme</p>
<p class="p2">avec zéro personne autour pendant 20 kilomètres. Et du coup, on est vraiment à</p>
<p class="p2">l'encontre de ces modèles-là. On sort des modèles où les fermes sont des fermes-</p>
<p class="p2">usines qui sont uniquement là pour produire, mais les fermes collectives, ce qu'elles</p>
<p class="p2">cherchent à faire, et c'est vraiment dans leurs ADN, c'est recréer de la vie, de la</p>
<p class="p2">proximité, d'être certes des lieux de production, et des lieux de production</p>
<p class="p2">économiquement viables, soutenables et tout ça, ça c'est la réalité, mais c'est</p>
<p class="p2">également des lieux de vie, des lieux pour recréer des liens sociaux, et ça c'est</p>
<p class="p2">extrêmement important dans ce qui est vécu dans ces fermes collectives.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est certain que sur peu de surface, on peut densifier et faire beaucoup</p>
<p class="p2">d'activités. Je vois chez nous, on a 6 hectares, il y a déjà du maraîchage, des brebis,</p>
<p class="p2">des vaches, des fruitiers, des poules. Et en fait, on pourrait encore en rajouter de la</p>
<p class="p2">pépinière. Il y a de quoi faire, mais il faudrait être nombreux encore. Ce n'est pas</p>
<p class="p2">suffisant.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: On voit bien en tout cas que ces fermes-là attirent. Alors bien évidemment</p>
<p class="p2">qu'il y a cette image de la vie à la campagne, c'est facile, ça reste des métiers qui sont</p>
<p class="p2">durs, qui sont éprouvants dans le corps, qui demandent du temps, de l'énergie, de</p>
<p class="p2">l'investissement, du surinvestissement certainement, un peu d'auto-exploitation aussi.</p>
<p class="p2">Mais en tout cas, elles attirent. Il y a beaucoup de personnes qui sollicite ces fermes</p>
<p class="p2">pour être accueillies en leur sein, pour voir comment ça se passe, pour pouvoir</p>
<p class="p2">partager un temps plus ou moins long la vie d'une ferme collective. Et du coup, ça</p>
<p class="p2">permet aussi d'attirer des nouvelles personnes et aussi des personnes, ceux qu'on va</p>
<p class="p2">appeler les NIMA, les non-issues du milieu agricole, qui ont envie, ont un désir peut-être un peu fantasmé au démarrage du retour à la terre et de retrouver un métier de</p>
<p class="p2">paysan-paysanne. mais pour autant qui trouve une forme d'expression et de réalisation</p>
<p class="p2">dans ces farm collectives qui leur rend à la fois accessible et désirable le fait de</p>
<p class="p2">s'engager dans l'agriculture. Et ça, je pense qu'au vu des années qui nous attendent,</p>
<p class="p2">voilà, en 2000 à aujourd'hui, il y a plus d'un tiers des exploitants qui ont plus de 55 ans</p>
<p class="p2">en 2026. On considère qu'il y a 36% des personnes qui auront atteint l'âge de la retraite</p>
<p class="p2">dans la région. C'est un vrai enjeu. Qui sait ? On installe. Qui a envie de devenir paysan-</p>
<p class="p2">paysanne ? Et du coup, les fermes collectives, à mon sens, est une réponse aussi à la</p>
<p class="p2">désirabilité de ce métier-là et de cette activité.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les grands enjeux, alors c'est certes de faire fonctionner toutes ces</p>
<p class="p2">activités ensemble, mais à la limite, je trouve surtout une question humaine, le facteur</p>
<p class="p2">humain, de réussir à gérer. On a été élevé dans des sociétés très individualistes, on n'a</p>
<p class="p2">pas appris à communiquer, à vivre en commun. Donc il y a beaucoup à réinventer sur</p>
<p class="p2">ce point de vue-là, et ça c'est vraiment un enjeu. Et en plus de ça, avec la difficulté</p>
<p class="p2">d'inventer des modèles agricoles, je parle là social, structure juridique, dans à peu près</p>
<p class="p2">un vide juridique où on se fait jouer, mais ce n'est pas évident.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Oui, et puis ça amène à des avantages des fois extrêmement complexes</p>
<p class="p2">pour pouvoir permettre ça. Alors qu'en Italie, où les formes coopératives existent et</p>
<p class="p2">peuvent pleinement bénéficier des avantages agricoles, tout en ayant une forme</p>
<p class="p2">commerciale sous forme coopérative, on voit bien qu'il y a cette diversité-là qui se met</p>
<p class="p2">en œuvre et toutes les inquiétudes qui sont portées en disant « ah mais ça va,</p>
<p class="p2">détourner l'activité agricole, c'est un cheval de Troie pour permettre », ben non en fait, il</p>
<p class="p2">existe des outils déjà, si vous êtes sur une terre agricole, vous ne pouvez pas faire</p>
<p class="p2">autre chose. L'activité principale doit être la production agricole. Et puis, nous, on a des</p>
<p class="p2">exemples sur des fermes collectives où on travaille avec la SAFER, où la SAFERintervient. Il y a des charges pour jouer pleinement son rôle de maintenir une activité</p>
<p class="p2">agricole et de s'assurer que c'est bien une activité agricole qui sera développée sur ces</p>
<p class="p2">fermes-là. Et on voit que quand on travaille ensemble, il est possible d'installer des</p>
<p class="p2">nouveaux collectifs et de préserver cette activité de production agricole.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Pour clarifier, parce que c'était quand même assez génial quand tu l'as</p>
<p class="p2">dit, toutes les activités de la ferme des Volonteux, l'épicerie, etc. sont toutes portées par</p>
<p class="p2">une seule structure juridique.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Exactement. Donc aux Volonteux, mais comme à la Clé des Sables,</p>
<p class="p2">comme à Chalonne, toutes les activités sont portées au sein d'une seule et même</p>
<p class="p2">structure. Ça veut dire quoi ? Ça signifie que toute la création de richesses, elle vient</p>
<p class="p2">dans cette fermes au sein de cette structure coopérative, donc à son scope, et du coup</p>
<p class="p2">permet aussi le partage des richesses. Parce qu'une activité de paysan boulanger ou</p>
<p class="p2">de dépicerie est plus rémunératrice que des activités d'arbeau, surtout certaines</p>
<p class="p2">années. Et on voit bien que ça permet l'entraide, la mutualisation des moyens. Et du</p>
<p class="p2">coup, ça permet à chacun des ateliers d'exister, de subsister au-delà d'une pure</p>
<p class="p2">logique économique individualiste s'ils étaient en structure autonome et à part entière.</p>
<p class="p2">Il y a cette solidarité-là. Je parlais par exemple de l'arboriculture. Il y a eu des</p>
<p class="p2">problématiques. Il y a trois ans, tout a gelé. Il y a eu quasiment peu ou pas de</p>
<p class="p2">production. Le fait qu'il y ait l'activité d'épicerie qui permettait aussi d'acheter des fruits</p>
<p class="p2">ailleurs et de continuer à en vendre ailleurs, etc. a permis à la ferme de résister et</p>
<p class="p2">d'amortir un peu plus sainement ces difficultés et ces aléas climatiques. C'est pas une</p>
<p class="p2">solution miracle pour autant, c'est-à-dire que c'est des fermes qui sont et qui restent</p>
<p class="p2">ancrées dans des économies de marché sur lesquelles tu peux pas fixer non plus ton</p>
<p class="p2">prix n'importe comment, tu es bien obligé de regarder la mercuriale et les prix qui sont</p>
<p class="p2">fixés par ailleurs. Donc c'est pas une solution miracle pour autant. de la partage de lavaleur qui sont remis là. Il y a la possibilité aussi de faire du conseil de la prestation en</p>
<p class="p2">dehors de la ferme. Alors, quand ça a lieu sur la ferme, c'est bon, c'est OK, parce qu'on</p>
<p class="p2">est dans la continuité de la production agricole, c'est admis. Mais par contre, le fait</p>
<p class="p2">d'aller donner des cours à l'extérieur, au lycée, au CFPPA, pour essayer de parler de</p>
<p class="p2">ces formes d'installation-là et de montrer que ça existe, si t'es en Gaelic, tu ne peux</p>
<p class="p2">pas le faire. Et bien là, en coopératif, ça rentre directement dans l'économat de la</p>
<p class="p2">ferme. Tu remets là où devrait être la valeur ajoutée et la création de valeur, c'est-à-dire</p>
<p class="p2">au sein d'une seule et même structure.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sur les modèles juridiques qui inspirent de plus en plus le monde</p>
<p class="p2">agricole, ou du moins qu'on essaye d'adapter dans le monde agricole, il y a les CAE.</p>
<p class="p2">Est-ce que tu peux nous donner un peu ton avis sur ce que ça représente et les enjeux</p>
<p class="p2">que présente la CAE ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Du coup, les CAE, c'est les coopératives d'activité et d'emploi. C'est une</p>
<p class="p2">forme d'installation un peu particulière où vous n'allez pas créer vous-même votre</p>
<p class="p2">structure juridique, mais vous allez bénéficier d'une structure juridique qui est déjà</p>
<p class="p2">existante et qui, par son existante, permet de mutualiser des moyens. Donc, les</p>
<p class="p2">moyens qui vont être mutualisés, c'est tous les moyens qu'on va appeler support la</p>
<p class="p2">comptabilité, la gestion sociale, le fait d'être accompagné tout au long de la mise en</p>
<p class="p2">place de son activité. Au démarrage, ça a l'avantage de de ne pas tout faire tout seul</p>
<p class="p2">déjà et de ne pas se prendre toutes les activités à faire, parce que quand on s'installe</p>
<p class="p2">dans le paysan, on est un chef d'entreprise à part entière, donc au-delà de la</p>
<p class="p2">production agricole, il faut faire la commercialisation, la comptabilité, la gestion sociale,</p>
<p class="p2">tout ce qui est juridique. Vous devez tout savoir sur tout et aussi produire, il ne faut pas</p>
<p class="p2">oublier. Et le fait d'intégrer ces structures-là, ça permet déjà de se décharger d'une</p>
<p class="p2">partie, donc c'est quand même intéressant. Ça permet aussi de se tester, d'êtreaccompagné pendant le lancement de son activité, donc de minimiser les risques et les</p>
<p class="p2">billes qu'on va prendre tout seul parce qu'à la fois on est à l'accompagner et à la fois,</p>
<p class="p2">comme il y a une structure juridique qui est existante et qui nous met à disposition son</p>
<p class="p2">statut, de ne pas se retrouver sur la paille si vraiment ça ne fonctionne pas. Donc ça,</p>
<p class="p2">c'est un avantage. Le fait d'intégrer aussi une CAE, ça permet de bénéficier, de</p>
<p class="p2">continuer à bénéficier de son pôle emploi au démarrage de son activité. Donc ça aussi,</p>
<p class="p2">ça rend plus facile le lancement. Donc ça, c'est le démarrage. Et puis si l'activité</p>
<p class="p2">fonctionnent bien, etc. Vous avez la possibilité de changer de statut au démarrage</p>
<p class="p2">quand on rentre en CAE, on signe ce qu'on appelle un contrat d'appui au projet</p>
<p class="p2">d'entreprise, ça s'appelle le CAPE, et ce CAPE il est régi par le code du commerce, il</p>
<p class="p2">n'est pas régi par... et du coup il ne modifie pas votre statut social. Mais dans un</p>
<p class="p2">second temps, une fois que l'activité est mise en place, viable, génère du résultat, etc.,</p>
<p class="p2">vous pouvez devenir salarié de votre propre activité à travers un statut spécifique au</p>
<p class="p2">CAE qui est le statut d'entrepreneur salarié. Du coup, là, vous retrouvez un peu le</p>
<p class="p2">même statut qu'en scope ou en CIC où vous êtes salarié de votre activité et à la fois</p>
<p class="p2">votre propre Et ça, c'est possible même si on est tout seul sur son activité ou un mini-</p>
<p class="p2">collectif, du coup difficilement compatible avec une forme coopérative, à travers cette</p>
<p class="p2">mutualisation moyenne que propose la CAE. Bon, on voit bien, moi je suis</p>
<p class="p2">complètement parti-pris et fan de ce type de statut-là, cependant, tout comme les</p>
<p class="p2">SCOP et les SIC, les CAE sont confrontées à la non-reconnaissance de leur spécificité</p>
<p class="p2">et de leur fonctionnement, c'est-à-dire que ne sont pas considérés, les entrepreneurs</p>
<p class="p2">en CAE, les paysans et les paysannes en CAE, comme des chefs d'exploitation. Et du</p>
<p class="p2">coup, de ce fait-là, ils n'ont pas accès à l'ADGA, ils n'ont pas accès à toutes les aides</p>
<p class="p2">de la PAC comme ils pourraient avoir accès s'ils étaient en ERL ou en EI.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les choses doivent se faire doucement.Céline Riolo: Ce serait bien que ça aille un petit peu plus vite, mais... Effectivement.</p>
<p class="p2">Après, le modèle des CEE, il a été créé maintenant il y a 25 ans, mais il a été légalisé,</p>
<p class="p2">enfin, ça a été reconnu et inscrit dans la loi il y a dix ans seulement. Et ça, dans</p>
<p class="p2">d'autres secteurs d'activité, pas trop dans le secteur agricole, c'était vraiment dans les</p>
<p class="p2">autres secteurs. Et l'application de ce modèle-là dans le secteur agricole, c'est encore</p>
<p class="p2">plus récent. Donc on voit bien que le temps législatif et réglementaire n'est pas le</p>
<p class="p2">même que le temps de l'innovation et de la mise en œuvre des porteurs de projets. Et</p>
<p class="p2">du coup, il y a un espace de temps qui est un peu... frustrant en fonction de où on se</p>
<p class="p2">trouve, mais il faut l'entendre. Il y a une fédération qui est créée autour des CEE et</p>
<p class="p2">également le réseau des espaces test agricoles de RINETA essaye de faire entendre et</p>
<p class="p2">faire valoir la reconnaissance de ces formes-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On arrive bientôt à la fin de notre heure de bavardage. Si tu devais choisir</p>
<p class="p2">une idée reçue du monde agricole qui, selon toi, est fausse, quelle serait-elle ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Que les fermes collectives, c'est des projets de hippies.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Vous n'allez pas ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: C'est peut-être des idéalistes, certainement. En tout cas, ils veulent faire</p>
<p class="p2">société autrement et vivre de l'agriculture autrement. Ça, c'est une certitude. Mais pour</p>
<p class="p2">autant, c'est des entrepreneurs qui sont les pieds ancrés dans la terre. Et ces hommes</p>
<p class="p2">et ces femmes qui mettent en place ces projets-là, ils sont aux prises aussi avec la</p>
<p class="p2">réalité de la société et du marché auxquels ils sont confrontés. Et du coup, venez voir,</p>
<p class="p2">venez pousser la porte des fermes collectives et regardez ce que ça produit comme</p>
<p class="p2">richesse économique, d'une part, mais aussi comme richesse humaine. Et puis, on en</p>
<p class="p2">reparle.Lennan Bate: Je suis tout à fait d'accord. Je crois que c'est en incarnant des utopies</p>
<p class="p2">qu'on les rend concrètes et réelles. C'est comme ça qu'on fait avancer les choses. Mais</p>
<p class="p2">tout ce qui n'existe pas est une utopie avant d'exister. Tout à fait.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Et ça se met en œuvre de plus en plus. Ce week-end, on a réuni pour la</p>
<p class="p2">deuxième fois le réseau émergent des fermes collectives dans notre région, en Rhône-</p>
<p class="p2">Alpes. Il y avait 140 personnes. Du coup, ça fait plus d'une trentaine de femmes</p>
<p class="p2">collectives qui se sont réunies pour partager pendant trois jours sur ce qu'elles vivent,</p>
<p class="p2">ce qu'elles traversent et échanger sur leurs pratiques pour aussi s'améliorer, se</p>
<p class="p2">réinterroger, voir ce qui fonctionne ailleurs, comment elles peuvent aussi partager ce</p>
<p class="p2">qui fonctionne chez elles. Et quand on voit Ce qui est déjà mis en œuvre et du coup</p>
<p class="p2">tous les élans et les attraits qu'il y a autour des porteurs et porteuses de projets sur ces</p>
<p class="p2">formes-là, je pense qu'il y a quelque chose d'intéressant pour la société et pour</p>
<p class="p2">l'agriculture.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Est-ce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas demandé ou un sujet sur</p>
<p class="p2">lequel tu aurais aimé parler ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Peut-être les difficultés, alors on en a parlé un petit peu, les difficultés</p>
<p class="p2">auxquelles elles sont confrontées, mais il y a les difficultés humaines qu'il ne faut pas</p>
<p class="p2">sous-estimer avec la nécessité de prendre soin et du temps sur cet atelier humain.</p>
<p class="p2">Mais il y a peut-être aussi à aujourd'hui les difficultés législatives et réglementaires</p>
<p class="p2">auxquelles elles sont confrontées qui obligent créer des montages et des complexités</p>
<p class="p2">dans leurs installations et leurs formes qui pourraient, à travers pas grand-chose, être</p>
<p class="p2">beaucoup plus simplifiées et rendre possible et faciliter ces formes collectives-là. Je</p>
<p class="p2">pense que ça, c'est quelque chose qu'il faut porter et donner à voir. S'il y a aussi autre</p>
<p class="p2">chose, c'est comment on forme et on transmet ces formes d'installation-là. Et du coup,c'est vraiment quelque chose qui est porté, non pas au sein du réseau et au sein des</p>
<p class="p2">fermes collectives, elles ont envie de transmettre, elles ont envie d'accompagner les</p>
<p class="p2">collectifs qui se mettent en œuvre à créer leurs propres collectifs, sachant qu'il n'y a</p>
<p class="p2">pas un modèle de fermes collectives, il y a une multitude de modèles. Et l'idée, c'est de</p>
<p class="p2">trouver et s'inspirer de tout ce qui existe pour pouvoir construire sa propre ferme</p>
<p class="p2">collective. Et ça revient un petit peu à ce qu'on nous a partagé pendant les rencontres</p>
<p class="p2">des fermes collectives ce week-end. Pourquoi les lycées agricoles avaient été créés</p>
<p class="p2">après la Seconde Guerre mondiale ? En fait, c'est parce qu'il n'y avait plus personne</p>
<p class="p2">pour transmettre les savoirs dans les fermes. Et du coup, ils ont été créés là pour pallier</p>
<p class="p2">le fait qu'il n'y avait plus personne dans les fermes pour expliquer comment on</p>
<p class="p2">produisait, etc. Alors bien soutenu aussi par les industriels. Et du coup, on a sorti des</p>
<p class="p2">fermes la transmission des savoirs et le fait que ces fermes collectives-là, elles ont</p>
<p class="p2">envie de se réapproprier et que ce soit elles aussi qui transmettent, accompagnées</p>
<p class="p2">aussi par des professionnels de la formation, de l'enseignement, etc., mais sur ces</p>
<p class="p2">formes d'installation-là. je trouve que ça remet aussi du sens et de la valeur là où elle</p>
<p class="p2">doit être, c'est-à-dire au sein des exploitations, au sein des fermes et non plus, encore</p>
<p class="p2">une fois, autour avec l'accaparement de la valeur. Et ça, c'est quelque chose qui donne</p>
<p class="p2">de l'espoir aussi dans la transmission des futures générations et des futurs porteurs de</p>
<p class="p2">projets.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est effectivement quelque chose qu'on voit dans les lycées agricoles,</p>
<p class="p2">alors bien qu'ils soient à la page et qu'ils cherchent à toujours être être au courant,</p>
<p class="p2">mais en réalité ils sont toujours un peu hors tard, ils sont un cran derrière ceux qui</p>
<p class="p2">innovent réellement et qui trouvent des nouvelles façons de faire. Comment est-ce</p>
<p class="p2">qu'on peut vous contacter, trouver des informations sur des ressources que vous</p>
<p class="p2">partagez ? Comment est-ce que les auditeurs et auditrices pourraient prendre contact</p>
<p class="p2">avec vous ?Céline Riolo: On a un site internet maintenant, comme toute bonne entreprise qui se</p>
<p class="p2">doit. Du coup, ça s'appelle lesfermepartager.coop, C-O-O-P, sur lequel il y a un petit</p>
<p class="p2">peu l'explication de qui on est, ce qu'on défend comme vision et ce qu'on propose. Il y a</p>
<p class="p2">un formulaire de contact pour pouvoir nous envoyer un petit mail, nous appeler. Voilà,</p>
<p class="p2">donc c'est déjà une bonne porte d'entrée. Et puis après, nous, on travaille avec tout un</p>
<p class="p2">réseau, puisque pour accompagner ce type de ferme-là, ce type de projet-là, il ne faut</p>
<p class="p2">pas être tout seul. Et nous, on s'inscrit aussi en complémentarité et en partenariat avec</p>
<p class="p2">tous les acteurs qui existent, que ce soit avec une entrée sous forme coopérative par</p>
<p class="p2">les unions régionales des coopératives. Ça, c'est une première chose. que ce soit par</p>
<p class="p2">les acteurs du secteur agricole plus traditionnels ou alternatifs que sont les chambres</p>
<p class="p2">ou les ADR. Du coup, nous, on travaille ensemble. Et l'idée, c'est de pouvoir juste</p>
<p class="p2">apporter cette petite pierre à l'édifice complémentaire sur les installations collectives et</p>
<p class="p2">coopératives. Vous pouvez me contacter, directeur, aussi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super. Je mettrai tous les liens en bas de notre épisode. Merci, merci</p>
<p class="p2">Céline.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Merci à toi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: J'espère que cette écoute a éveillé des questionnements, apporté de</p>
<p class="p2">nouvelles perspectives et aiguisé votre curiosité. Je suis convaincu que c'est en</p>
<p class="p2">partageant de nouveaux points de vue, en découvrant les histoires et expériences de</p>
<p class="p2">nombreuses autres agricultrices et chercheureuses, que nous pourrons engager une</p>
<p class="p2">transition et renforcer nos pratiques pour une agriculture résiliente afin de produire une</p>
<p class="p2">alimentation qui participe réellement à la santé des humains et des écosystèmes.</p>
<p class="p2">Alors, merci à vous de participer à concrétiser cette utopie. Pour soutenir le podcast,</p>
<p class="p2">n'hésitez pas à vous abonner et à mettre une note sur l'épisode. D'ici là, je vous dis trèsbonne semaine et à très vite pour le prochain épisode.</p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Aujourd’hui, plus de la moitié des installations agricoles se font en collectif... Pourtant peu de solutions légales existent pour construire ces modèles agricoles collectifs qui permettent aux agriculteur.rices de mutualiser le temps de travail, les compétences, les gardes, les moyens de ventes, etc. Autant de questions qui sont au coeur de la résilience d’un projet agricole, car la charge de travail et la nécessité de cumuler toutes les compétences rendent le métier de paysan individuel très dur. <br>
<br>
<a href='https://www.linkedin.com/in/celine-riolo/'>Céline RIOLO</a> co-directrices pour <a href='https://www.linkedin.com/company/les-fermes-partagees/'>Les Fermes Partagées</a>, explore les possibles pour penser des modèles agricoles coopératifs, entre cadre légal, dynamique sociale et volonté politique.</p>
<p class="p1"> </p>
<p class="p1"><a href='https://lesfermespartagees.coop/'>https://lesfermespartagees.coop/</a><br>
<br>
</p>
<p class="p1">Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline</p>
<p class="p1">Riolo</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast consacré à l'agriculture des</p>
<p class="p2">régénérations, qui donne la parole à celles et ceux qui innovent et incarnent des</p>
<p class="p2">pratiques agricoles pour plus de résilience et d'autonomie. Je suis votre hôte, David</p>
<p class="p2">Bates. Alors aujourd'hui, on va parler d'accession à la terre, de passation de propriétés,</p>
<p class="p2">des solutions que l'entreprise coopérative Ferme Partager propose. Mais tout d'abord,</p>
<p class="p2">est-ce que tu peux commencer par te présenter et nous parler de ton parcours en</p>
<p class="p2">quelques mots ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Bien sûr. Donc Céline Riolo, je travaille pour les Femmes Partagées, que</p>
<p class="p2">j'ai rejoint en 2022. Et du coup, avant ça, moi, j'ai travaillé pendant plus d'une dizaine</p>
<p class="p2">d'années dans une autre coopérative qui s'appelle une coopérative d'activité et</p>
<p class="p2">d'emploi à Graines-de-Sol, dans le sud-ouest de Lyon. et c'était loin du secteur agricole.</p>
<p class="p2">Mais pour autant, c'est à travers cette expérience que j'ai découvert vraiment la</p>
<p class="p2">coopération, puisque je venais d'une toute autre industrie et d'un tout autre métier. Et</p>
<p class="p2">après quelques années d'expérience, j'ai fait une bifurcation, c'est comme ça qu'on</p>
<p class="p2">l'appelle maintenant. Et j'ai vraiment trouvé du sens dans mon projet professionnel et</p>
<p class="p2">ce à quoi je contribuais à travers ces formes coopératives. Et j'ai voulu aller plus loin en</p>
<p class="p2">trouvant un nouvel engagement professionnel qui alliait à un engagement militant que</p>
<p class="p2">j'avais depuis quelques années au sein du réseau des AMAP et celui que j'avais dans</p>
<p class="p2">mon activité professionnelle. Et c'est comme ça que j'ai rejoint en 2022 les Fermes</p>
<p class="p2">Partagées.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc, Ferme Partagée, c'est une entreprise coopérative, une SCOP ?Céline Riolo: Une SQIC.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ah, une SQIC ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Oui, Société Coopérative d'Intérêt Collectif.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Génial. Peut-être que tu peux commencer par nous expliquer un petit peu</p>
<p class="p2">ces différents termes et ce que ça représente.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Les sociétés coopératives, les SIC et les SCOP, donc cette dernière, les</p>
<p class="p2">SIC, c'est une société coopérative d'intérêt collectif et les SCOP, ce sont des sociétés</p>
<p class="p2">coopératives, originellement, on disait plutôt ouvrières et de production, mais avec</p>
<p class="p2">l'évolution des formes de coopératives et des champs surtout dans lesquels elles</p>
<p class="p2">s'inscrivent, on dit plutôt maintenant les sociétés coopératives et participatives. Ces</p>
<p class="p2">sociétés-là, ce sont des sociétés de droit qu'on appelle commerciales, mais qui</p>
<p class="p2">fonctionnent avec des principes coopératifs qui sont basés sur la démocratie en</p>
<p class="p2">entreprise, sous un principe de une personne est égale à une voix, peu importe le</p>
<p class="p2">nombre de parts sociales et de capital qu'on a. Donc ça, c'est vraiment un des</p>
<p class="p2">principes fondateurs. C'est aussi l'appropriation de l'outil de travail par les salariés qui</p>
<p class="p2">travaillent à l'intérieur. En coopérative, on est non seulement salarié, c'est-à-dire sous le</p>
<p class="p2">couvert d'un contrat de travail et d'une protection sociale d'un salarié, mais également</p>
<p class="p2">propriétaire de cet outil de production en ayant cette casquette d'associé. c'est-à-dire</p>
<p class="p2">qu'on est à la fois travailleur et propriétaire de l'outil de production, donc on peut</p>
<p class="p2">participer et co-construire toutes les directions et les orientations stratégiques de son</p>
<p class="p2">entreprise. Donc ça, c'est la deuxième spécificité des coopératives. Et la troisième</p>
<p class="p2">spécificité des coopératives, c'est la répartition de la richesse qui se matérialise de</p>
<p class="p2">différentes manières. D'une part, Une coopérative est non cessible, c'est-à-dire qu'ellene peut pas être rachetée et il y a un désintérêt financier aux associés lié à ce potentiel</p>
<p class="p2">rachat et à l'investissement qu'ils font dans une coopérative. Je m'explique. Quand tu</p>
<p class="p2">investis dans une entreprise coopérative, tu acquiers ce qu'on appelle des parts</p>
<p class="p2">sociales, c'est l'équivalent un peu d'actions. Si tu souhaites repartir de la coopérative,</p>
<p class="p2">on va te racheter tes parts sociales au prix où tu les as acquis. Du coup, on sort d'un</p>
<p class="p2">système de revalorisation et de spéculation. Et de la même manière, si un jour la</p>
<p class="p2">coopérative est amenée à disparaître, à être achetée ou quoi que ce soit, ce qu'on va</p>
<p class="p2">appeler le boni de liquidation, donc ce qui reste, l'argent qui a été créé une fois que</p>
<p class="p2">toutes les dettes ont été payées, et bien ça, ça vient alimenter le fonds coopératif ou</p>
<p class="p2">des associations ou une coopérative qui aurait été qui fait à peu près la même activité,</p>
<p class="p2">mais en aucun cas n'est redistribué aux associés. Du coup, on voit bien que les</p>
<p class="p2">associés, quand ils investissent, on sort d'une recherche de lucrativité liée à la</p>
<p class="p2">valorisation des parts sociales de l'entreprise. Et ça aussi, c'est très important,</p>
<p class="p2">puisqu'on voit bien que ces formes coopératives sortent du champ spéculatif et de la</p>
<p class="p2">création de valeurs par le capital. Donc ça, c'est vraiment les spécificités des</p>
<p class="p2">coopératives. Et les SIGS, c'est une forme de coopérative un peu particulière,</p>
<p class="p2">puisqu'elle va réunir non seulement les travailleurs de la société, s'il y en a, mais</p>
<p class="p2">également toutes les parties prenantes de l'écosystème, c'est-à-dire ceux qui vont</p>
<p class="p2">bénéficier du service de la coopérative et aussi d'autres parties prenantes, que peuvent</p>
<p class="p2">être des collectivités locales, des soutiens, des amis, fournisseurs, enfin vraiment, il y a</p>
<p class="p2">cette diversité-là. Et l'idée, c'est de réunir au sein de ces formes-là, de ces coopératives-</p>
<p class="p2">là, l'ensemble des différents intérêts pour contribuer, comme son nom l'indique, à</p>
<p class="p2">l'intérêt collectif. Une des dernières spécificités des SIC, c'est également la lucrativité</p>
<p class="p2">limitée. L'intérêt de ces formes coopératives-là, ce n'est pas une recherche de</p>
<p class="p2">bénéfices. Donc l'objectif, on est bien sur des sociétés commerciales, donc il y a un</p>
<p class="p2">objet de production de chiffres d'affaires, c'est une forme commerciale. Pour autant, sa</p>
<p class="p2">finalité ne va pas être d'essayer de maximiser son résultat, mais bien d'être à l'équilibreet d'avoir une lucrativité limitée. Cette lucrativité limitée se matérialise notamment que</p>
<p class="p2">si l'entreprise fait du résultat, fait du bénéfice, à la fin la plupart des sociétés</p>
<p class="p2">coopératives d'intérêt collectif réinjectent l'intégralité de ce bénéfice dans des réserves</p>
<p class="p2">qui sont ce qu'on appelle impartageables. Ça aussi, c'est une autre spécificité des</p>
<p class="p2">coopératives, c'est qu'au fur et à mesure, une partie du résultat, une partie du bénéfice</p>
<p class="p2">des coopératives reste dans l'entreprise, donc ça crée des outils de production qui sont</p>
<p class="p2">extrêmement stables par rapport aux différents aléas et problématiques auxquels elles</p>
<p class="p2">pourraient être confrontées, et que quoi qu'il arrive, ces réserves-là, elles ne seront</p>
<p class="p2">jamais redistribuées aux associés.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les scopes, c'est quelque chose qu'on peut voir dans pas mal de</p>
<p class="p2">domaines. Mais ce qui me semble, c'est que par exemple dans les domaines</p>
<p class="p2">immobiliers, c'est encore assez jeune. Et ensuite également peut-être dans les</p>
<p class="p2">modèles agricoles. Est-ce que tu as un avis là-dessus ? Et peut-être quels sont les</p>
<p class="p2">enjeux et les dangers ? Je sais que par exemple en immobilier, Il y a cette peur un peu</p>
<p class="p2">qu'on crée un modèle hors spéculation immobilière et donc à quoi ça ressemble ? C'est</p>
<p class="p2">beau, c'est une utopie, on a envie de l'imaginer, mais qui va commencer à se lancer</p>
<p class="p2">dans ce grand bain hors cadre spéculatif immobilier par exemple ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Alors effectivement, les formes coopératives, ça existe depuis longtemps</p>
<p class="p2">dans plein de secteurs d'activité. Dans l'immobilier pour porter le foncier et les</p>
<p class="p2">investissements immobiliers, effectivement, c'est assez récent. Mais par contre, dans le</p>
<p class="p2">BTP, dans toutes les entreprises autour, ça existe depuis très longtemps. Et de la</p>
<p class="p2">même manière, dans le secteur agricole, c'est des formes qui étaient jusqu'à présent,</p>
<p class="p2">et qui le sont toujours, extrêmement marginales et très peu utilisées. En fait, on</p>
<p class="p2">propose des autres modèles. C'est ça où c'est complètement déstabilisant par rapport</p>
<p class="p2">au fonctionnement de la société. C'est qu'on propose à travers ces modèles-là de sortird'un schéma de capitalisation. Et c'est ce sur quoi est basé l'immobilier. On achète</p>
<p class="p2">dans la perspective de pouvoir, avec l'augmentation du prix de l'immobilier, faire une</p>
<p class="p2">plus-value pour acheter ensuite une plus grosse maison, etc. Et bien là, on rompt avec</p>
<p class="p2">ce système-là et du coup, on rompt avec cette création de valeur qui est vraiment très</p>
<p class="p2">artificielle, puisqu'on ne fait que racheter constamment du capital, du capital, du capital,</p>
<p class="p2">mais en fin de compte, c'est toujours le même bien ou presque. Et du coup, ça coupe</p>
<p class="p2">ce... Ce modèle-là, qui est complètement basé et qui est partout autour de nous, sur le</p>
<p class="p2">fait que quand on investit de l'argent, on attend une rentabilité de l'argent, que cet</p>
<p class="p2">argent nous rapporte lui-même de l'argent. Proposer des formes coopératives dans</p>
<p class="p2">l'immobilier ou dans l'agriculture, c'est rompre avec ces modèles-là de capitalisation. Et</p>
<p class="p2">c'est vraiment un changement de paradigme parce qu'on propose de regarder les</p>
<p class="p2">choses sous un autre angle pour justement répondre à des enjeux que le poids de</p>
<p class="p2">l'immobilier a pris une part considérable dans les portefeuilles des ménages, de nous,</p>
<p class="p2">des consommateurs et des consommatrices que nous sommes, à tel point qu'on est</p>
<p class="p2">obligé de diminuer les autres arbitrages. Et de la même manière, dans l'agriculture,</p>
<p class="p2">toute la capitalisation qui s'est mise en œuvre, soutenue aussi par des politiques</p>
<p class="p2">agricoles qui ont favorisé les investissements, qui ont favorisé l'augmentation des tailles</p>
<p class="p2">des fermes, etc. On se retrouve avec des fermes qui ont des actifs qui sont ultra</p>
<p class="p2">capitalisés tellement que Quand des nouvelles personnes veulent reprendre ces</p>
<p class="p2">fermes-là ou quand il y a un associé qui parle d'un gars et qu'il faut sortir un ticket de</p>
<p class="p2">400 voire de plus de 1 million, de 450 000 pardon, voire de plus de 1 million, on n'a pas</p>
<p class="p2">les moyens parce qu'en parallèle, le niveau de rémunération, ce qui est lié aux produits</p>
<p class="p2">du travail, lui n'a pas augmenté dans la même proportion. Donc on voit bien que si on</p>
<p class="p2">veut amener de la cohérence et une soutenabilité dans les modèles qu'on veut</p>
<p class="p2">défendre, il faut proposer des nouveaux modèles. Et c'est ça qu'on essaye de faire.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, tout à fait. Là, il y a vraiment cet enjeu d'accessibilité, de passationdes fermes qui est au cœur d'une solution de Scope. Est-ce que tu pourrais présenter</p>
<p class="p2">justement à quoi ça ressemblerait ? Aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui</p>
<p class="p2">partent à la retraite, qui voudraient pouvoir passer leurs fermes soit à leurs enfants, soit</p>
<p class="p2">à des repreneurs. Mais voilà, c'est des millions, c'est un million, disons, pour de</p>
<p class="p2">grosses fermes laitières. Comment ça pourrait fonctionner ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Alors, du coup, il faut savoir déjà que pour être une coopérative, il faut être</p>
<p class="p2">plusieurs. Donc c'est un projet collectif. Donc c'est une première chose. Et de par ce</p>
<p class="p2">collectif là, on voit bien que ça permet d'augmenter les capacités d'investissement et de</p>
<p class="p2">reprise de ces fermes. Donc ça, c'est un premier point. Un premier enjeu face à la</p>
<p class="p2">transmission et à la nécessité d'avoir beaucoup plus de personnes qui reprennent les</p>
<p class="p2">fermes et du coup au fait qu'il y a autant de fermes en transmission, le fait de s'appuyer</p>
<p class="p2">sur le collectif est une solution pour reprendre ces fermes de taille moyenne à grande.</p>
<p class="p2">Donc ça c'est une première chose. Deuxième chose, les aspirations des personnes qui</p>
<p class="p2">veulent reprendre les fermes ne sont plus forcément aussi les mêmes que les</p>
<p class="p2">agriculteurs et agricultrices qui étaient en place jusqu'à présent. Il y a à la fois une</p>
<p class="p2">recherche d'un équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, et de dire</p>
<p class="p2">comment le collectif est une solution pour permettre une soutenabilité dans la vivabilité</p>
<p class="p2">d'une activité agricole. Donc ça, c'est une deuxième chose. Et la forme coopérative,</p>
<p class="p2">L'enjeu à la reprise reste le même, c'est-à-dire que le montant pour reprendre une</p>
<p class="p2">ferme, quand vous montez une coopérative, il va falloir aller construire un plan de</p>
<p class="p2">financement sur les montants que tu as cités tout à l'heure. Cependant, ce qui est</p>
<p class="p2">intéressant, c'est que En reprenant une ferme sous forme coopérative, par la suite, on</p>
<p class="p2">pense déjà à la transmission et au renouvellement des générations d'associés.</p>
<p class="p2">Pourquoi ? Parce que certes, il y aura ce plan de financement initial qui est porté par</p>
<p class="p2">l'outil collectif et non plus des individus associés ensemble, mais vraiment par l'outil</p>
<p class="p2">collectif. Et du coup, c'est l'outil collectif qui restera et qui perdurera. Et du coup, aurenouvellement des associés, les associés vont repartir avec leur capital social, qui</p>
<p class="p2">dans une ferme sous forme coopérative est beaucoup moindre que dans un GAEC par</p>
<p class="p2">exemple. Ils vont repartir avec leur capital social et un nouvel associé pourra bénéficier,</p>
<p class="p2">en tout cas accéder à cet outil de production qui restera sur place, en investissant</p>
<p class="p2">uniquement le capital social qui est nécessaire au démarrage. Sur des fermes par</p>
<p class="p2">exemple qui existent sous forme coopérative depuis plusieurs années, on voit que le</p>
<p class="p2">ticket d'entrée, du coup l'acquisition de part sociale nécessaire au démarrage et à</p>
<p class="p2">l'entrée dans la coopérative en tant qu'associé, il est entre 10 000 et 25 000 euros. Il y</p>
<p class="p2">a combien de fermes où le ticket d'entrée pour accéder à un outil de production qui est</p>
<p class="p2">fonctionnel, etc. Et à ce niveau-là, je crois vraiment pas beaucoup Donc, on voit bien</p>
<p class="p2">qu'au-delà du moment de reprise qui nécessite d'avoir quand même une capacité de</p>
<p class="p2">financement importante pour la coopérative, c'est vraiment par la suite dans la vie et</p>
<p class="p2">dans le renouvellement des générations d'associés que c'est extrêmement facilité</p>
<p class="p2">puisqu'on ne recapitalise pas. Et l'intention c'est de ne pas partir avec un patrimoine, de</p>
<p class="p2">ne pas constituer un patrimoine tout au long de sa vie professionnelle de paysan-</p>
<p class="p2">paysanne, mais bien de vivre au fur et à mesure de son outil de travail, en ayant un</p>
<p class="p2">statut de salarié, en ayant un revenu en tant que salarié, et que par la suite quand vous</p>
<p class="p2">allez sortir et repartir de la coopérative, vous aurez cotisé et acquis des droits sociaux.</p>
<p class="p2">qui vous permettra de rebondir sur le pôle emploi, par exemple, si vous étiez au pôle</p>
<p class="p2">emploi, ou partir à la retraite avec une retraite qui est calculée sur les droits d'un</p>
<p class="p2">salarié, donc qui est beaucoup plus intéressante que si vous êtes au micro-BA, par</p>
<p class="p2">exemple.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ok, c'est intéressant. On pourra creuser un petit peu là-dessus. Sur le</p>
<p class="p2">plan de quelqu'un qui revendrait ses parts, est-ce qu'il y a toujours le risque de</p>
<p class="p2">l'inflation ? Comment est-ce que ça s'est calculé ?Céline Riolo: Ça peut l'être, quand tout à l'heure je disais qu'il n'y avait pas de</p>
<p class="p2">revalorisation de part sociale. Si, ça peut l'être, mais par contre il ne va pas y avoir une</p>
<p class="p2">revalorisation comme on va la voir dans les GAEC ou au fur et à mesure. de l'avis du</p>
<p class="p2">GAIC, votre compte courant d'associés peut augmenter, etc. Ça, ça n'existe pas. On ne</p>
<p class="p2">peut pas avoir de compte courant négatif en coopérative. Et du coup, quand vous</p>
<p class="p2">repartez, vous repartez avec vos parts sociales peut-être augmentées d'un</p>
<p class="p2">pourcentage indexé sur l'inflation, si vous avez décidé d'inclure ça dans vos statuts.</p>
<p class="p2">Mais c'est tout. Mais en tout cas, c'est la grande différence avec des formes GAIC. Pour</p>
<p class="p2">être précise, il est possible aussi en GAEC de limiter ses concourants d'associés et de</p>
<p class="p2">s'assurer à ce qu'ils ne prennent pas des proportions trop importantes, ou de caper</p>
<p class="p2">aussi la revalorisation des parts sociales et de l'actif. Mais ce n'est pas inscrit de fait</p>
<p class="p2">dans ces formes-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: J'ai peut-être un petit doute là-dessus, mais dans le GAEC, il faut que</p>
<p class="p2">chacun des associés amène les mêmes proportions d'investissement ? Est-ce que</p>
<p class="p2">c'est le même cas de figure dans une scope ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Dans une coopérative, en fait, le montant du départ social peut être</p>
<p class="p2">différent. Par contre, il y a un minimum selon la catégorie d'associés que vous êtes. Ça,</p>
<p class="p2">c'est une première chose. Par contre, ça peut induire d'autres choses. On n'oublie pas</p>
<p class="p2">qu'on est dans un collectif de travailleuses-travailleurs et le fait d'avoir une personne qui</p>
<p class="p2">aurait beaucoup plus de capital et beaucoup plus investi que d'autres peut créer des</p>
<p class="p2">relations de pouvoir au sein de ce collectif. Et du coup, nous, on va être en vigilance</p>
<p class="p2">quand on va accompagner les collectifs, que ces situations-là ne créent pas des biais</p>
<p class="p2">et des rapports de pouvoir et de domination au sein des collectifs. C'est possible, mais</p>
<p class="p2">est-ce que c'est souhaitable ? Ça, c'est une autre question.Lennan Bate: Même au-delà de rapports de domination, etc., ça peut être angoissant</p>
<p class="p2">pour certains d'avoir plus de billes dans l'ensemble et de se sentir plus responsable,</p>
<p class="p2">avoir plus de risques de perdre, etc., que les autres. Donc, en fait, c'est super cette idée</p>
<p class="p2">d'égalité, une voix, une personne. Enfin, une personne, une voix. Et c'est un principe</p>
<p class="p2">qui est génial, mais il y a aussi, c'est sûr, l'argent. Et ça, il ne faut pas non plus</p>
<p class="p2">complètement le nier.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Exactement. Il y a en plus d'autres formes de pouvoir qui peuvent exister</p>
<p class="p2">au-delà de cette intention démocratique dans les formes coopératives, il ne faut pas les</p>
<p class="p2">nier, il faut justement les nommer, en avoir conscience et savoir comment on arrive à</p>
<p class="p2">limiter ça si l'intention c'est vraiment d'être dans une entreprise avec un fonctionnement</p>
<p class="p2">démocratique et partagé.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Donc une ferme partagée, une ferme collective, ça fait rêver. Mais quels</p>
<p class="p2">sont les enjeux de ce genre de propriété et de gouvernance ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Ils sont multiples. L'une des premières choses, c'est que, comme je le</p>
<p class="p2">disais tout à l'heure, ces formes coopératives sont encore extrêmement innovantes et</p>
<p class="p2">rares dans le secteur agricole, parce qu'on est vraiment sur une liste d'innovation</p>
<p class="p2">sociale. L'innovation sociale, c'est l'innovation organisationnelle, c'est comment quelque</p>
<p class="p2">chose qui existe dans d'autres secteurs d'activité, donc les SCOP et les SIC, est</p>
<p class="p2">appliqué à un secteur dans lequel il n'est pas, et du coup se retrouve confronté face à</p>
<p class="p2">des freins et des problématiques. Et c'est exactement le cas aujourd'hui, les SCOP et</p>
<p class="p2">les SIC ne peuvent pas accéder comme les autres formes agricoles, aux mêmes aides,</p>
<p class="p2">soutiens, etc., qu'il peut y avoir. Donc ça c'est une première chose. Et puis comme tout</p>
<p class="p2">collectif, alors là c'est pas forcément spécifique aux coopératives, comme tout collectif,</p>
<p class="p2">le collectif est un atelier à part entière au sein de la ferme. Donc il faut en prendre soin,il faut l'entretenir comme on va entretenir ces machines. On voit très bien le fait que ces</p>
<p class="p2">tracteurs, il faut l'amener à la révision. L'atelier collectif, vie collective, doit être</p>
<p class="p2">entretenu, doit faire l'objet de temps dédié et s'engager dans une ferme collective. C'est</p>
<p class="p2">aussi être prêt à consacrer du temps, de l'énergie et des moyens à cet atelier à part</p>
<p class="p2">entière. Sinon, on risque de se retrouver dans des situations où il y a des mauvaises</p>
<p class="p2">communications, où tous les individus du collectif ne vont pas dans la même direction,</p>
<p class="p2">et ça va créer des conflits, des tensions, un éclatement du collectif comme on peut en</p>
<p class="p2">voir malheureusement par ailleurs. Ces difficultés auxquelles sont confrontées les</p>
<p class="p2">collectifs agricoles ne sont pas spécifique au statut, on peut le retrouver quel que soit le</p>
<p class="p2">statut. Par contre, ce dont on se rend compte dans ceux qui utilisent la terminologie</p>
<p class="p2">ferme collective et qui se définissent comme une ferme collective, c'est que</p>
<p class="p2">généralement, ils ont conscience de cette nécessité-là de prendre du temps et de</p>
<p class="p2">construire cet atelier collectif et sont prêts à y consacrer des moyens et du temps,</p>
<p class="p2">comme sur les autres ateliers.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Qu'est-ce que les fermes partagées proposent pour accompagner des</p>
<p class="p2">porteurs de projets collectifs, des fermes en devenir de collectif ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Il faudrait peut-être juste donner un petit brin d'histoire sur les fermes</p>
<p class="p2">partagées, de où on vient en fait. Nous on vient d'une idée qui a été portée au</p>
<p class="p2">démarrage par le GRAP et une coopérative qui est le Groupement Régional pour une</p>
<p class="p2">Alimentation de Proximité. C'est un groupe coopératif qui travaille plutôt sur la filière</p>
<p class="p2">aval, donc tout ce qui est épicerie transformateur de produits agroalimentaires, avec</p>
<p class="p2">une charte et un engagement pour une alimentation saine, locale et biologique. sur la</p>
<p class="p2">région Aura. Et ça fait, ils ont dix ans maintenant, le GRAP, on a fêté leur anniversaire</p>
<p class="p2">l'année dernière. Et ils ont toujours eu cette préoccupation de dire, c'est bien de pouvoir</p>
<p class="p2">distribuer, de transformer et de proposer une alimentation saine, mais comment c'estproduit et comment on peut, nous, à l'aval de cette chaîne, contribuer à l'émergence et</p>
<p class="p2">à la bonne vie de fermes locales qui produisent en bio. Et du coup, répondre aussi à un</p>
<p class="p2">enjeu de comment sécuriser les approvisionnements de nos épiceries, nos restaurants,</p>
<p class="p2">etc. À partir de cette réflexion-là, ils ont engagé une étude de faisabilité en 2019 en</p>
<p class="p2">disant, est-ce qu'il est possible que le modèle que nous, on a développé dans la filière</p>
<p class="p2">Aval, soit pertinent, intéressant pour le secteur agricole ? Pour s'assurer d'une part de</p>
<p class="p2">la faisabilité et d'autre part, est-ce que ça répondait à un besoin et une attente du</p>
<p class="p2">secteur face aux enjeux auxquels il était confronté ? Et en faisant et en réalisant cette</p>
<p class="p2">étude, ils ont pris contact avec un certain nombre de fermes, de fermes collectives, et</p>
<p class="p2">notamment trois fermes qui seront les fermes fondatrices des fermes partagées, que</p>
<p class="p2">sont la ferme des Volonteux, la ferme de Chalonne, et une ferme qui était en cours de</p>
<p class="p2">construction, qui était la ferme de la Clé des Sables. Et ces trois fermes-là, elles ont</p>
<p class="p2">pour point commun d'avoir choisi des fermes coopératives pour leurs fermes. Un peu</p>
<p class="p2">envers et contre tout, c'est un peu les fermes pionnières qui se sont dit, mais en fait,</p>
<p class="p2">ces formes-là répondent à des enjeux de transmissibilité de la ferme, protection sociale</p>
<p class="p2">des paysans, des paysannes, et de rester à la fois maître de son outil de production, de</p>
<p class="p2">créer de l'entraide, de la résilience au sein de ces fermes, et aussi a****** avec</p>
<p class="p2">l'hypocrisie d'une ferme, une exploitation, c'est du 100% agricole. On voit bien qu'il y a</p>
<p class="p2">des montages hyper complexes qui se mettent en œuvre autour de la ferme, pour avoir</p>
<p class="p2">une SAS, une SARL qui va faire de la transfo, qui va faire de la prestation de services,</p>
<p class="p2">qui va faire de la commercialisation, tout ce que vous voulez. Et du coup, ça a pour</p>
<p class="p2">effet de disperser la valeur ajoutée, de dire au lieu que ce soit la ferme, la ferme et la</p>
<p class="p2">production agricole, c'est toujours le bas du chariot qui récupère les miettes, mais toute</p>
<p class="p2">la création de la valeur ajoutée, c'est tout le autour et toutes les autres structures. Et là,</p>
<p class="p2">c'est comment on ramène la valeur ajoutée au sein de la ferme qui, grâce à elle,</p>
<p class="p2">permet toute la création de valeur de toute la chaîne qui est autour. Et du coup,</p>
<p class="p2">comment on remet ça dans la ferme. Et les status scopes, c'est ce qu'ils permettent. Ilspermettent d'avoir une seule et même structure qui permet de recréer, de remettre au</p>
<p class="p2">centre toute cette valeur ajoutée. Mais ces trois fermes-là, elles se sont montées</p>
<p class="p2">vraiment toutes seules, bien évidemment accompagnées par les ADR, les chambres,</p>
<p class="p2">les AFOG, mais il n'y avait personne, aucun interlocuteur pour les conseiller, les outiller</p>
<p class="p2">sur les spécificités des formes coopératives en agriculture, puisque ça n'existait pas. et</p>
<p class="p2">échalonne à maintenant 15 ans les volonteux presque autant et on voit bien que c'est</p>
<p class="p2">des modèles qui fonctionnent, qui sont résilients, qui ont vu se succéder des</p>
<p class="p2">générations d'associés et qui sont encore présents, qui continuent à développer des</p>
<p class="p2">modèles agricoles justes et qui tapent pour tous. où les paysans, les paysannes qui</p>
<p class="p2">travaillent à l'intérieur sont fiers du projet qu'ils mettent en œuvre. Et du coup, c'est à</p>
<p class="p2">partir de là qu'ils ont dit qu'on a besoin de se mutualiser et mettre en commun nos</p>
<p class="p2">moyens pour rendre possible l'émergence de ce modèle-là, encore plus. Pour nous</p>
<p class="p2">accompagner, nous, parce qu'on a besoin de continuer à être accompagnés dans la vie</p>
<p class="p2">de notre structure, mais également pour accompagner tous les collectifs qui sont</p>
<p class="p2">intéressés par ces formes-là, qui nous sursollicitent parce qu'ils ont entendu parler de</p>
<p class="p2">nous, et du coup auxquels nous, on n'a pas forcément tous les outils pour les</p>
<p class="p2">accompagner et les former. On n'a pas forcément le temps et la disponibilité, mais on</p>
<p class="p2">est prêts à aussi partager ce qu'on a mis en œuvre dans nos fermes. Et c'est comme</p>
<p class="p2">ça qu'est née les fermes partagées. Et du coup, de là, c'est ce qu'on fait nous au</p>
<p class="p2">quotidien. Le gros socle de ce qu'on propose, c'est de l'accompagnement, de</p>
<p class="p2">l'accompagnement à l'émergence de fermes collectives et coopératives, et également</p>
<p class="p2">de l'accompagnement à la pérennisation et au développement de ces fermes-là. C'est-</p>
<p class="p2">à-dire qu'on ne va pas s'attarder de les accompagner une fois qu'elles sont créées,</p>
<p class="p2">mais on leur propose d'être membres de notre coopérative et nous, on va les</p>
<p class="p2">accompagner, ce qu'on va appeler au long cours. Cet accompagnement, il peut porter</p>
<p class="p2">sur les aspects économiques, de gouvernance, d'organisation juridique de la ferme, où</p>
<p class="p2">on va prendre vraiment ce projet collectif comme un tout. Donc, s'il y a del'entremêlement avec, je ne sais pas moi, de l'habitation, avec d'autres formes de</p>
<p class="p2">structures juridiques, etc., on fait vraiment ce qu'on va appeler un accompagnement</p>
<p class="p2">holistique sur l'ensemble de la ferme. Donc ça c'est une première chose. Une deuxième</p>
<p class="p2">chose qu'on fait c'est essayer de faire réseau entre toutes ces fermes-là et du coup on</p>
<p class="p2">va animer des temps de rencontres entre les fermes collectives pour qu'elles puissent</p>
<p class="p2">échanger sur leurs pratiques, sur leurs difficultés qu'elles rencontrent, vraiment sur les</p>
<p class="p2">spécificités de ces fermes collectives. Donc ce n'est pas tant sur leur production, etc.,</p>
<p class="p2">mais ça va être plus sur le capital humain, sur la répartition de la valeur, la répartition</p>
<p class="p2">du travail, sur leur organisation juridique, économique, enfin tous ces éléments-là. La</p>
<p class="p2">troisième chose qu'on fait, c'est de porter un plaidoyer pour essayer de faire entendre</p>
<p class="p2">la voix de ces fermes collectives et faire entendre aussi leurs souhaits et leurs besoins</p>
<p class="p2">d'avoir cette forme-là de coopérative agricole qui soit pleinement reconnue et qui leur</p>
<p class="p2">permette d'accéder au même droit que les autres formes agricoles.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est un enjeu vraiment important et c'est difficile de trouver des</p>
<p class="p2">informations là-dessus. C'est quelque chose qui est encore, comme tu le disais, assez</p>
<p class="p2">nouveau. Et effectivement, quand on se renseigne, quand on cherche des gens pour</p>
<p class="p2">nous aiguiller, on ne trouve pas facilement. Donc c'est super de faire tout ce travail-là.</p>
<p class="p2">J'avais une petite question sur la partie comptabilité. Dans les formes, notamment de</p>
<p class="p2">Scope, on est au réel dans la comptabilité agricole. Et ça, je sais que ça peut être</p>
<p class="p2">quelque chose qui peut freiner beaucoup de gens. beaucoup de gens veulent se mettre</p>
<p class="p2">en GAEC, éviter des formes de société un peu moins traditionnelles, justement pour</p>
<p class="p2">continuer à bénéficier du micro-bénéfice agricole, qui était aussi appelé le forfait. Qu'est-</p>
<p class="p2">ce que tu peux dire là-dessus, sur ce forfait et sur les implications d'être au réel ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Il est certain que le micro-OBA est une niche fiscale qui a ses avantages,</p>
<p class="p2">c'est-à-dire d'améliorer le résultat, la ligne du bas au sein des fermes, et qui a desinconvénients, c'est de diminuer certes les cotisations sociales qui vont avec et du coup</p>
<p class="p2">de fait la protection sociale qui est proposée à son issue. C'est sûr que nous, ce qu'on</p>
<p class="p2">vient défendre sur les formes coopératives, c'est de la protection sociale, c'est</p>
<p class="p2">comment on recrée la protection sociale. Après, il faut avoir un modèle économique,</p>
<p class="p2">une viabilité sur la ferme qui le permette. Pour les fermes qui sont au micro-BA et qui</p>
<p class="p2">cherchent de l'optimisation et qui font que de la production agricole, l'ISCOP ce n'est</p>
<p class="p2">pas une réponse, ce n'est pas quelque chose qui va répondre à leurs besoins et à leurs</p>
<p class="p2">attentes. Par contre, s'ils ont envie de développer la ferme autrement, d'intégrer tous</p>
<p class="p2">ces services complémentaires qu'ils font par ailleurs, où ils sont limite avec la</p>
<p class="p2">réglementation, la législation, et qui veulent aussi vraiment de la protection sociale,</p>
<p class="p2">avoir un statut de salarié, profiter d'une potentialité de développer pleinement leur</p>
<p class="p2">ferme collective, alors la forme coopérative va répondre à leurs aspirations. Et puis</p>
<p class="p2">c'est un projet politique, il ne faut pas se mentir, c'est proposer un autre rapport à la</p>
<p class="p2">ferme, un autre rapport à cet outil de production agricole où, comme on le disait tout à</p>
<p class="p2">l'heure, on sort d'un schéma de patrimonialisation. On n'est pas là pour créer un capital</p>
<p class="p2">et un patrimoine qu'on transmettra à nos enfants, mais plutôt on est un agriculteur, on</p>
<p class="p2">est un paysan, on travaille dans cette ferme collective à un temps donné, mais la ferme</p>
<p class="p2">est plus importante que moi et la pérennisation de la ferme et de l'outil de production va</p>
<p class="p2">au-delà de moi. Et du coup, si on est mu par cette conviction-là, c'est des formes qui</p>
<p class="p2">font sens et qui vont répondre aux aspirations et aux attentes d'une nouvelle génération</p>
<p class="p2">de paysans et de paysannes qui souhaitent s'installer.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ce n'est pas quelque chose que je maîtrise à 100%, mais il me semble</p>
<p class="p2">bien que dans le micro BA, il y a des seuils où on cotise pour la retraite, avec des</p>
<p class="p2">systèmes de points, et le seuil dans lequel la grande majorité se trouve, c'est vraiment</p>
<p class="p2">le moins intéressant en termes de points. C'est quelque chose qu'ils ont encore du mal</p>
<p class="p2">à... Ça a été revalorisé, mais c'est quelque chose qu'ils ont encore du mal à... a changé.Effectivement, on est peut-être gagnant d'un côté.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Mais perdant à long terme. Mais c'est aussi pour ça que ces modèles-là</p>
<p class="p2">s'appuient beaucoup sur la patrimonialisation et le fait de constituer un capital. Il est</p>
<p class="p2">nécessaire, ce capital, quand on part à la retraite et qu'on a peu ou pas cotisé pendant</p>
<p class="p2">toute la vie de son exploitation. Donc, ça s'entend et ça se comprend. Et des modèles</p>
<p class="p2">qui ont été construits pendant 40 ans là-dessus, ils ne vont pas passer en coopérative</p>
<p class="p2">à la fin de leur carrière. Très clairement où il va y avoir en tout cas un rachat du</p>
<p class="p2">patrimoine pour permettre d'avoir ce matelas-là nécessaire pour pouvoir avoir une</p>
<p class="p2">retraite à peu près décente. Donc c'est une réalité et on ne conteste pas. Nous ce qu'on</p>
<p class="p2">propose c'est simplement de répondre aux aspirations. Certains veulent développer</p>
<p class="p2">d'autres types de modèles et on demande simplement à ne pas être empêchés à</p>
<p class="p2">développer ce type de modèle-là. puisqu'il a montré sa pertinence et son intérêt dans</p>
<p class="p2">d'autres secteurs d'activité en dehors de l'agricole. Et vu ce à quoi est confronté à</p>
<p class="p2">aujourd'hui les agriculteurs, enfin, les deux dernières semaines en sont bien</p>
<p class="p2">l'illustration, il y a des vrais enjeux de rémunération. La solution qu'on propose n'est pas</p>
<p class="p2">une solution à tous ces problèmes-là, puisqu'il y a un problème structurel dans notre</p>
<p class="p2">société de la valorisation de l'alimentation durable, saine, locale, etc. Donc il y a un vrai</p>
<p class="p2">enjeu payer l'alimentation au juste prix et à sa juste valeur, mais pour autant, à l'endroit</p>
<p class="p2">où ces personnes, les personnes qui souhaitent s'installer, ont le pouvoir d'agir sur ces</p>
<p class="p2">formes-là, en choisissant de s'installer en collectif, sous forme collective, et en</p>
<p class="p2">choisissant tout particulièrement une forme coopérative, ils font vraiment le choix de</p>
<p class="p2">dire, nous on porte ce projet-là parce qu'on pense qu'il est possible de faire autrement</p>
<p class="p2">dans le secteur agricole, et on va essayer d'améliorer nos conditions de travail, nos</p>
<p class="p2">conditions de rémunération, et de ramener toute la valeur en son sein, là où elle devrait</p>
<p class="p2">être, c'est-à-dire au sein de la ferme.Lennan Bate: On pourrait penser que les investissements de capitalisation, par nature</p>
<p class="p2">plutôt à long terme, du type un nouveau bâtiment, des arbres pour du bois d'oeuvre,</p>
<p class="p2">etc., ne sont pas dans l'intérêt d'un projet collectif, où la capitalisation n'est justement</p>
<p class="p2">pas valorisée de la même manière. Mais dans la réalité, qu'est-ce que tu peux nous</p>
<p class="p2">dire sur ce type d'investissement dans un cadre de ferme coopérative ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: En soi, la ferme coopérative, l'outil de production, il est collectif et il</p>
<p class="p2">restera au collectif. Toutes les décisions qui sont prises, sont prises au-delà de mon</p>
<p class="p2">propre intérêt personnel et individuel au sein de la ferme. pour le projet collectif qui est</p>
<p class="p2">mis en œuvre. Donc si c'est au service du projet collectif parce que planter un verger</p>
<p class="p2">qui donnera dans 5 ans, 10 ou même pour des noyés dans 20 ans, si c'est dans le</p>
<p class="p2">sens de la construction du projet collectif, cet investissement va se faire même si la</p>
<p class="p2">rentabilité et la viabilité n'est pas immédiate. Si je reprends l'une des fermes même</p>
<p class="p2">deux, on peut, par exemple, qui sont sous forme coopérative et qui font partie des</p>
<p class="p2">fermes partagées. La ferme des Volonteux, là, vient d'investir dans un bâtiment. On</p>
<p class="p2">peut se dire, c'est un investissement à très long terme, un bâtiment. Ça s'amortit sur 35</p>
<p class="p2">ans, etc. Pourquoi le porter là, maintenant, aujourd'hui, au vu du collectif qu'on est ?</p>
<p class="p2">Puisque l'amortissement et le gain qu'il va réellement apporter, il n'est non pas sur</p>
<p class="p2">notre génération, non, mais il sera peut-être sur la génération Mais parce que</p>
<p class="p2">justement, c'est ça, c'est l'intérêt collectif qui est mis au centre, ce n'est pas l'intérêt</p>
<p class="p2">immédiat de la ferme. Bien évidemment, tout ce type d'investissement-là va être fait sur</p>
<p class="p2">une rationalité économique en disant comment je ne me mets pas dans le rouge</p>
<p class="p2">aujourd'hui en portant cet investissement-là et comment je construis des modèles</p>
<p class="p2">économiques qui nous permettra d'être sans ces charges-là potentiellement dans une</p>
<p class="p2">trentaine d'années et comment ça améliorera aussi l'économie de la ferme. Donc ce</p>
<p class="p2">n'est pas du tout un frein, bien au contraire. En tout cas, je n'ai jamais vu d'exemple de</p>
<p class="p2">fermes coopératives où ça a empêché les investissements de par cet investissementcollectif et ce détachement au rapport patrimonial, bien au contraire, puisque c'est</p>
<p class="p2">l'intérêt collectif et le maintien de la ferme qui prime avant toute chose et qui prime au-</p>
<p class="p2">delà de nous, notre temps qu'on fait dans la ferme.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On pourrait dire que c'est même dans l'ADN d'une ferme collective de</p>
<p class="p2">valoriser, de réfléchir et d'améliorer l'outil de production, de vivre les communautés.</p>
<p class="p2">Peut-être que tu pourrais présenter la ferme des Volonteux. C'est bien celle qui est</p>
<p class="p2">dans la Drôme ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Oui, tout à fait.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Ils sont à Beaumont-les-Valences.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Ils sont à Beaumont-les-Valences, donc c'est un projet qui au démarrage</p>
<p class="p2">a été porté par un paysan tout seul, c'est Rémi Léger, qui en 2009, après une première</p>
<p class="p2">carrière professionnelle, a décidé de reprendre la ferme de ses grands-parents, mais</p>
<p class="p2">qui n'était plus en exploitation depuis longtemps. Et déjà avec la perspective et</p>
<p class="p2">l'intention d'en faire une ferme collective et une ferme coopérative. Dès le démarrage, il</p>
<p class="p2">connaissait les coopératives, il connaissait déjà leur type de fonctionnement, il avait</p>
<p class="p2">travaillé en collectif, etc. Et pour lui, c'était une évidence que c'était ce type de projet-là</p>
<p class="p2">qui avait du sens par rapport à tout ce qu'on vient de dire sur le secteur agri. Donc, en</p>
<p class="p2">2009, il s'est lancé en créant une EI au démarrage. Et en fait, dès qu'il a fédéré autour</p>
<p class="p2">de ce projet-là d'autres associés, ils se sont transformés en 2011. Ils sont passés sous</p>
<p class="p2">Formscope. Et voilà, donc au démarrage il était tout seul et puis aujourd'hui ils sont</p>
<p class="p2">disassociés. Il y a des activités de maraîchage, d'arboriculture, il y a une épiterie, il y a</p>
<p class="p2">une herboristerie, il y a une pépinière, il y a un petit peu d'élevage. Qu'est-ce qu'il y a</p>
<p class="p2">d'autre ? Je vais en oublier certainement parce que c'est… Ah, il y a un fournil avec unpaysan boulanger. Aujourd'hui la ferme c'est 25 actifs qui travaillent dessus, c'est un</p>
<p class="p2">gros million d'euros de chiffre d'affaires et c'est surtout au-delà d'un lieu de production</p>
<p class="p2">de produits bons, bio, locaux, un lieu de vie parce que c'est aussi un tiers-lieu dans</p>
<p class="p2">lequel viennent se rencontrer les gens, vivre, manger les bons produits de la ferme et</p>
<p class="p2">se rencontrer à la fois les paysans et les habitants. Et c'est fou, sur ces fermes</p>
<p class="p2">collectives-là, je trouve que ça a un point commun, c'est qu'au-delà d'être des lieux de</p>
<p class="p2">production, c'est des lieux de vie, c'est des lieux pour faire ruralité et pour qu'il existe</p>
<p class="p2">une vie dans ces villages. C'est super chouette. Alors là, on pourrait me répondre oui,</p>
<p class="p2">mais Beaumont-les-Valences, c'est vraiment dans la banlieue de Valence. Ce n'est pas</p>
<p class="p2">vraiment la ruralité. OK, alors il y en a d'autres. Quand on parle de Chalonne,</p>
<p class="p2">Chalonne, ils sont au pied du buget. Là, c'est un tout petit village qui s'appelle Charette.</p>
<p class="p2">Et de la même manière, en fait, il y a un marché à la ferme toutes les semaines. Il y a</p>
<p class="p2">les fêtes, les fêtes de printemps, les fêtes d'été. En fait, tout est prétexte à faire la fête</p>
<p class="p2">et à faire venir du monde. sur la ferme, c'est vraiment des lieux de partage et des</p>
<p class="p2">fermes qui sont ouvertes sur les territoires parce que généralement, ils fonctionnent en</p>
<p class="p2">circuit court et généralement, cet engagement de faire collectif, ça se vit au-delà du</p>
<p class="p2">collectif de la ferme. On fait collectif aussi avec les autres fermes du territoire, avec les</p>
<p class="p2">habitants du territoire, avec les associations qui font vivre ces ruralités-là. Et c'est</p>
<p class="p2">chouette ce que ça produit quand même. comme rencontre et comme vie.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Oui, mais c'est un peu comme il y a quelques générations, mais le</p>
<p class="p2">monde paysan agricole était plein de fêtes, plein de collectifs, plein de communautés,</p>
<p class="p2">plein de moments, plein d'excuses pour boire un coup, manger un b*** et puis partager,</p>
<p class="p2">en.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Fait, faire ensemble et partager et tout. Ça marque aussi avec ces fêtes-</p>
<p class="p2">là, les saisonnalités, le rythme de vie de la ferme et nos rythmes à nous. Et jepartageais aussi... avec une personne qui venait des Ardennes et qui partageait qu'elle</p>
<p class="p2">avait pris la nationale entre Rotel et son village et que c'était une grande nationale,</p>
<p class="p2">toute droite, avec des champs et avec une seule ferme. Mais en fait, il y a une ferme</p>
<p class="p2">avec zéro personne autour pendant 20 kilomètres. Et du coup, on est vraiment à</p>
<p class="p2">l'encontre de ces modèles-là. On sort des modèles où les fermes sont des fermes-</p>
<p class="p2">usines qui sont uniquement là pour produire, mais les fermes collectives, ce qu'elles</p>
<p class="p2">cherchent à faire, et c'est vraiment dans leurs ADN, c'est recréer de la vie, de la</p>
<p class="p2">proximité, d'être certes des lieux de production, et des lieux de production</p>
<p class="p2">économiquement viables, soutenables et tout ça, ça c'est la réalité, mais c'est</p>
<p class="p2">également des lieux de vie, des lieux pour recréer des liens sociaux, et ça c'est</p>
<p class="p2">extrêmement important dans ce qui est vécu dans ces fermes collectives.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est certain que sur peu de surface, on peut densifier et faire beaucoup</p>
<p class="p2">d'activités. Je vois chez nous, on a 6 hectares, il y a déjà du maraîchage, des brebis,</p>
<p class="p2">des vaches, des fruitiers, des poules. Et en fait, on pourrait encore en rajouter de la</p>
<p class="p2">pépinière. Il y a de quoi faire, mais il faudrait être nombreux encore. Ce n'est pas</p>
<p class="p2">suffisant.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: On voit bien en tout cas que ces fermes-là attirent. Alors bien évidemment</p>
<p class="p2">qu'il y a cette image de la vie à la campagne, c'est facile, ça reste des métiers qui sont</p>
<p class="p2">durs, qui sont éprouvants dans le corps, qui demandent du temps, de l'énergie, de</p>
<p class="p2">l'investissement, du surinvestissement certainement, un peu d'auto-exploitation aussi.</p>
<p class="p2">Mais en tout cas, elles attirent. Il y a beaucoup de personnes qui sollicite ces fermes</p>
<p class="p2">pour être accueillies en leur sein, pour voir comment ça se passe, pour pouvoir</p>
<p class="p2">partager un temps plus ou moins long la vie d'une ferme collective. Et du coup, ça</p>
<p class="p2">permet aussi d'attirer des nouvelles personnes et aussi des personnes, ceux qu'on va</p>
<p class="p2">appeler les NIMA, les non-issues du milieu agricole, qui ont envie, ont un désir peut-être un peu fantasmé au démarrage du retour à la terre et de retrouver un métier de</p>
<p class="p2">paysan-paysanne. mais pour autant qui trouve une forme d'expression et de réalisation</p>
<p class="p2">dans ces farm collectives qui leur rend à la fois accessible et désirable le fait de</p>
<p class="p2">s'engager dans l'agriculture. Et ça, je pense qu'au vu des années qui nous attendent,</p>
<p class="p2">voilà, en 2000 à aujourd'hui, il y a plus d'un tiers des exploitants qui ont plus de 55 ans</p>
<p class="p2">en 2026. On considère qu'il y a 36% des personnes qui auront atteint l'âge de la retraite</p>
<p class="p2">dans la région. C'est un vrai enjeu. Qui sait ? On installe. Qui a envie de devenir paysan-</p>
<p class="p2">paysanne ? Et du coup, les fermes collectives, à mon sens, est une réponse aussi à la</p>
<p class="p2">désirabilité de ce métier-là et de cette activité.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les grands enjeux, alors c'est certes de faire fonctionner toutes ces</p>
<p class="p2">activités ensemble, mais à la limite, je trouve surtout une question humaine, le facteur</p>
<p class="p2">humain, de réussir à gérer. On a été élevé dans des sociétés très individualistes, on n'a</p>
<p class="p2">pas appris à communiquer, à vivre en commun. Donc il y a beaucoup à réinventer sur</p>
<p class="p2">ce point de vue-là, et ça c'est vraiment un enjeu. Et en plus de ça, avec la difficulté</p>
<p class="p2">d'inventer des modèles agricoles, je parle là social, structure juridique, dans à peu près</p>
<p class="p2">un vide juridique où on se fait jouer, mais ce n'est pas évident.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Oui, et puis ça amène à des avantages des fois extrêmement complexes</p>
<p class="p2">pour pouvoir permettre ça. Alors qu'en Italie, où les formes coopératives existent et</p>
<p class="p2">peuvent pleinement bénéficier des avantages agricoles, tout en ayant une forme</p>
<p class="p2">commerciale sous forme coopérative, on voit bien qu'il y a cette diversité-là qui se met</p>
<p class="p2">en œuvre et toutes les inquiétudes qui sont portées en disant « ah mais ça va,</p>
<p class="p2">détourner l'activité agricole, c'est un cheval de Troie pour permettre », ben non en fait, il</p>
<p class="p2">existe des outils déjà, si vous êtes sur une terre agricole, vous ne pouvez pas faire</p>
<p class="p2">autre chose. L'activité principale doit être la production agricole. Et puis, nous, on a des</p>
<p class="p2">exemples sur des fermes collectives où on travaille avec la SAFER, où la SAFERintervient. Il y a des charges pour jouer pleinement son rôle de maintenir une activité</p>
<p class="p2">agricole et de s'assurer que c'est bien une activité agricole qui sera développée sur ces</p>
<p class="p2">fermes-là. Et on voit que quand on travaille ensemble, il est possible d'installer des</p>
<p class="p2">nouveaux collectifs et de préserver cette activité de production agricole.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Pour clarifier, parce que c'était quand même assez génial quand tu l'as</p>
<p class="p2">dit, toutes les activités de la ferme des Volonteux, l'épicerie, etc. sont toutes portées par</p>
<p class="p2">une seule structure juridique.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Exactement. Donc aux Volonteux, mais comme à la Clé des Sables,</p>
<p class="p2">comme à Chalonne, toutes les activités sont portées au sein d'une seule et même</p>
<p class="p2">structure. Ça veut dire quoi ? Ça signifie que toute la création de richesses, elle vient</p>
<p class="p2">dans cette fermes au sein de cette structure coopérative, donc à son scope, et du coup</p>
<p class="p2">permet aussi le partage des richesses. Parce qu'une activité de paysan boulanger ou</p>
<p class="p2">de dépicerie est plus rémunératrice que des activités d'arbeau, surtout certaines</p>
<p class="p2">années. Et on voit bien que ça permet l'entraide, la mutualisation des moyens. Et du</p>
<p class="p2">coup, ça permet à chacun des ateliers d'exister, de subsister au-delà d'une pure</p>
<p class="p2">logique économique individualiste s'ils étaient en structure autonome et à part entière.</p>
<p class="p2">Il y a cette solidarité-là. Je parlais par exemple de l'arboriculture. Il y a eu des</p>
<p class="p2">problématiques. Il y a trois ans, tout a gelé. Il y a eu quasiment peu ou pas de</p>
<p class="p2">production. Le fait qu'il y ait l'activité d'épicerie qui permettait aussi d'acheter des fruits</p>
<p class="p2">ailleurs et de continuer à en vendre ailleurs, etc. a permis à la ferme de résister et</p>
<p class="p2">d'amortir un peu plus sainement ces difficultés et ces aléas climatiques. C'est pas une</p>
<p class="p2">solution miracle pour autant, c'est-à-dire que c'est des fermes qui sont et qui restent</p>
<p class="p2">ancrées dans des économies de marché sur lesquelles tu peux pas fixer non plus ton</p>
<p class="p2">prix n'importe comment, tu es bien obligé de regarder la mercuriale et les prix qui sont</p>
<p class="p2">fixés par ailleurs. Donc c'est pas une solution miracle pour autant. de la partage de lavaleur qui sont remis là. Il y a la possibilité aussi de faire du conseil de la prestation en</p>
<p class="p2">dehors de la ferme. Alors, quand ça a lieu sur la ferme, c'est bon, c'est OK, parce qu'on</p>
<p class="p2">est dans la continuité de la production agricole, c'est admis. Mais par contre, le fait</p>
<p class="p2">d'aller donner des cours à l'extérieur, au lycée, au CFPPA, pour essayer de parler de</p>
<p class="p2">ces formes d'installation-là et de montrer que ça existe, si t'es en Gaelic, tu ne peux</p>
<p class="p2">pas le faire. Et bien là, en coopératif, ça rentre directement dans l'économat de la</p>
<p class="p2">ferme. Tu remets là où devrait être la valeur ajoutée et la création de valeur, c'est-à-dire</p>
<p class="p2">au sein d'une seule et même structure.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Sur les modèles juridiques qui inspirent de plus en plus le monde</p>
<p class="p2">agricole, ou du moins qu'on essaye d'adapter dans le monde agricole, il y a les CAE.</p>
<p class="p2">Est-ce que tu peux nous donner un peu ton avis sur ce que ça représente et les enjeux</p>
<p class="p2">que présente la CAE ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Du coup, les CAE, c'est les coopératives d'activité et d'emploi. C'est une</p>
<p class="p2">forme d'installation un peu particulière où vous n'allez pas créer vous-même votre</p>
<p class="p2">structure juridique, mais vous allez bénéficier d'une structure juridique qui est déjà</p>
<p class="p2">existante et qui, par son existante, permet de mutualiser des moyens. Donc, les</p>
<p class="p2">moyens qui vont être mutualisés, c'est tous les moyens qu'on va appeler support la</p>
<p class="p2">comptabilité, la gestion sociale, le fait d'être accompagné tout au long de la mise en</p>
<p class="p2">place de son activité. Au démarrage, ça a l'avantage de de ne pas tout faire tout seul</p>
<p class="p2">déjà et de ne pas se prendre toutes les activités à faire, parce que quand on s'installe</p>
<p class="p2">dans le paysan, on est un chef d'entreprise à part entière, donc au-delà de la</p>
<p class="p2">production agricole, il faut faire la commercialisation, la comptabilité, la gestion sociale,</p>
<p class="p2">tout ce qui est juridique. Vous devez tout savoir sur tout et aussi produire, il ne faut pas</p>
<p class="p2">oublier. Et le fait d'intégrer ces structures-là, ça permet déjà de se décharger d'une</p>
<p class="p2">partie, donc c'est quand même intéressant. Ça permet aussi de se tester, d'êtreaccompagné pendant le lancement de son activité, donc de minimiser les risques et les</p>
<p class="p2">billes qu'on va prendre tout seul parce qu'à la fois on est à l'accompagner et à la fois,</p>
<p class="p2">comme il y a une structure juridique qui est existante et qui nous met à disposition son</p>
<p class="p2">statut, de ne pas se retrouver sur la paille si vraiment ça ne fonctionne pas. Donc ça,</p>
<p class="p2">c'est un avantage. Le fait d'intégrer aussi une CAE, ça permet de bénéficier, de</p>
<p class="p2">continuer à bénéficier de son pôle emploi au démarrage de son activité. Donc ça aussi,</p>
<p class="p2">ça rend plus facile le lancement. Donc ça, c'est le démarrage. Et puis si l'activité</p>
<p class="p2">fonctionnent bien, etc. Vous avez la possibilité de changer de statut au démarrage</p>
<p class="p2">quand on rentre en CAE, on signe ce qu'on appelle un contrat d'appui au projet</p>
<p class="p2">d'entreprise, ça s'appelle le CAPE, et ce CAPE il est régi par le code du commerce, il</p>
<p class="p2">n'est pas régi par... et du coup il ne modifie pas votre statut social. Mais dans un</p>
<p class="p2">second temps, une fois que l'activité est mise en place, viable, génère du résultat, etc.,</p>
<p class="p2">vous pouvez devenir salarié de votre propre activité à travers un statut spécifique au</p>
<p class="p2">CAE qui est le statut d'entrepreneur salarié. Du coup, là, vous retrouvez un peu le</p>
<p class="p2">même statut qu'en scope ou en CIC où vous êtes salarié de votre activité et à la fois</p>
<p class="p2">votre propre Et ça, c'est possible même si on est tout seul sur son activité ou un mini-</p>
<p class="p2">collectif, du coup difficilement compatible avec une forme coopérative, à travers cette</p>
<p class="p2">mutualisation moyenne que propose la CAE. Bon, on voit bien, moi je suis</p>
<p class="p2">complètement parti-pris et fan de ce type de statut-là, cependant, tout comme les</p>
<p class="p2">SCOP et les SIC, les CAE sont confrontées à la non-reconnaissance de leur spécificité</p>
<p class="p2">et de leur fonctionnement, c'est-à-dire que ne sont pas considérés, les entrepreneurs</p>
<p class="p2">en CAE, les paysans et les paysannes en CAE, comme des chefs d'exploitation. Et du</p>
<p class="p2">coup, de ce fait-là, ils n'ont pas accès à l'ADGA, ils n'ont pas accès à toutes les aides</p>
<p class="p2">de la PAC comme ils pourraient avoir accès s'ils étaient en ERL ou en EI.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Les choses doivent se faire doucement.Céline Riolo: Ce serait bien que ça aille un petit peu plus vite, mais... Effectivement.</p>
<p class="p2">Après, le modèle des CEE, il a été créé maintenant il y a 25 ans, mais il a été légalisé,</p>
<p class="p2">enfin, ça a été reconnu et inscrit dans la loi il y a dix ans seulement. Et ça, dans</p>
<p class="p2">d'autres secteurs d'activité, pas trop dans le secteur agricole, c'était vraiment dans les</p>
<p class="p2">autres secteurs. Et l'application de ce modèle-là dans le secteur agricole, c'est encore</p>
<p class="p2">plus récent. Donc on voit bien que le temps législatif et réglementaire n'est pas le</p>
<p class="p2">même que le temps de l'innovation et de la mise en œuvre des porteurs de projets. Et</p>
<p class="p2">du coup, il y a un espace de temps qui est un peu... frustrant en fonction de où on se</p>
<p class="p2">trouve, mais il faut l'entendre. Il y a une fédération qui est créée autour des CEE et</p>
<p class="p2">également le réseau des espaces test agricoles de RINETA essaye de faire entendre et</p>
<p class="p2">faire valoir la reconnaissance de ces formes-là.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: On arrive bientôt à la fin de notre heure de bavardage. Si tu devais choisir</p>
<p class="p2">une idée reçue du monde agricole qui, selon toi, est fausse, quelle serait-elle ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Que les fermes collectives, c'est des projets de hippies.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Vous n'allez pas ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: C'est peut-être des idéalistes, certainement. En tout cas, ils veulent faire</p>
<p class="p2">société autrement et vivre de l'agriculture autrement. Ça, c'est une certitude. Mais pour</p>
<p class="p2">autant, c'est des entrepreneurs qui sont les pieds ancrés dans la terre. Et ces hommes</p>
<p class="p2">et ces femmes qui mettent en place ces projets-là, ils sont aux prises aussi avec la</p>
<p class="p2">réalité de la société et du marché auxquels ils sont confrontés. Et du coup, venez voir,</p>
<p class="p2">venez pousser la porte des fermes collectives et regardez ce que ça produit comme</p>
<p class="p2">richesse économique, d'une part, mais aussi comme richesse humaine. Et puis, on en</p>
<p class="p2">reparle.Lennan Bate: Je suis tout à fait d'accord. Je crois que c'est en incarnant des utopies</p>
<p class="p2">qu'on les rend concrètes et réelles. C'est comme ça qu'on fait avancer les choses. Mais</p>
<p class="p2">tout ce qui n'existe pas est une utopie avant d'exister. Tout à fait.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Et ça se met en œuvre de plus en plus. Ce week-end, on a réuni pour la</p>
<p class="p2">deuxième fois le réseau émergent des fermes collectives dans notre région, en Rhône-</p>
<p class="p2">Alpes. Il y avait 140 personnes. Du coup, ça fait plus d'une trentaine de femmes</p>
<p class="p2">collectives qui se sont réunies pour partager pendant trois jours sur ce qu'elles vivent,</p>
<p class="p2">ce qu'elles traversent et échanger sur leurs pratiques pour aussi s'améliorer, se</p>
<p class="p2">réinterroger, voir ce qui fonctionne ailleurs, comment elles peuvent aussi partager ce</p>
<p class="p2">qui fonctionne chez elles. Et quand on voit Ce qui est déjà mis en œuvre et du coup</p>
<p class="p2">tous les élans et les attraits qu'il y a autour des porteurs et porteuses de projets sur ces</p>
<p class="p2">formes-là, je pense qu'il y a quelque chose d'intéressant pour la société et pour</p>
<p class="p2">l'agriculture.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Est-ce qu'il y a quelque chose que je n'ai pas demandé ou un sujet sur</p>
<p class="p2">lequel tu aurais aimé parler ?</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Peut-être les difficultés, alors on en a parlé un petit peu, les difficultés</p>
<p class="p2">auxquelles elles sont confrontées, mais il y a les difficultés humaines qu'il ne faut pas</p>
<p class="p2">sous-estimer avec la nécessité de prendre soin et du temps sur cet atelier humain.</p>
<p class="p2">Mais il y a peut-être aussi à aujourd'hui les difficultés législatives et réglementaires</p>
<p class="p2">auxquelles elles sont confrontées qui obligent créer des montages et des complexités</p>
<p class="p2">dans leurs installations et leurs formes qui pourraient, à travers pas grand-chose, être</p>
<p class="p2">beaucoup plus simplifiées et rendre possible et faciliter ces formes collectives-là. Je</p>
<p class="p2">pense que ça, c'est quelque chose qu'il faut porter et donner à voir. S'il y a aussi autre</p>
<p class="p2">chose, c'est comment on forme et on transmet ces formes d'installation-là. Et du coup,c'est vraiment quelque chose qui est porté, non pas au sein du réseau et au sein des</p>
<p class="p2">fermes collectives, elles ont envie de transmettre, elles ont envie d'accompagner les</p>
<p class="p2">collectifs qui se mettent en œuvre à créer leurs propres collectifs, sachant qu'il n'y a</p>
<p class="p2">pas un modèle de fermes collectives, il y a une multitude de modèles. Et l'idée, c'est de</p>
<p class="p2">trouver et s'inspirer de tout ce qui existe pour pouvoir construire sa propre ferme</p>
<p class="p2">collective. Et ça revient un petit peu à ce qu'on nous a partagé pendant les rencontres</p>
<p class="p2">des fermes collectives ce week-end. Pourquoi les lycées agricoles avaient été créés</p>
<p class="p2">après la Seconde Guerre mondiale ? En fait, c'est parce qu'il n'y avait plus personne</p>
<p class="p2">pour transmettre les savoirs dans les fermes. Et du coup, ils ont été créés là pour pallier</p>
<p class="p2">le fait qu'il n'y avait plus personne dans les fermes pour expliquer comment on</p>
<p class="p2">produisait, etc. Alors bien soutenu aussi par les industriels. Et du coup, on a sorti des</p>
<p class="p2">fermes la transmission des savoirs et le fait que ces fermes collectives-là, elles ont</p>
<p class="p2">envie de se réapproprier et que ce soit elles aussi qui transmettent, accompagnées</p>
<p class="p2">aussi par des professionnels de la formation, de l'enseignement, etc., mais sur ces</p>
<p class="p2">formes d'installation-là. je trouve que ça remet aussi du sens et de la valeur là où elle</p>
<p class="p2">doit être, c'est-à-dire au sein des exploitations, au sein des fermes et non plus, encore</p>
<p class="p2">une fois, autour avec l'accaparement de la valeur. Et ça, c'est quelque chose qui donne</p>
<p class="p2">de l'espoir aussi dans la transmission des futures générations et des futurs porteurs de</p>
<p class="p2">projets.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: C'est effectivement quelque chose qu'on voit dans les lycées agricoles,</p>
<p class="p2">alors bien qu'ils soient à la page et qu'ils cherchent à toujours être être au courant,</p>
<p class="p2">mais en réalité ils sont toujours un peu hors tard, ils sont un cran derrière ceux qui</p>
<p class="p2">innovent réellement et qui trouvent des nouvelles façons de faire. Comment est-ce</p>
<p class="p2">qu'on peut vous contacter, trouver des informations sur des ressources que vous</p>
<p class="p2">partagez ? Comment est-ce que les auditeurs et auditrices pourraient prendre contact</p>
<p class="p2">avec vous ?Céline Riolo: On a un site internet maintenant, comme toute bonne entreprise qui se</p>
<p class="p2">doit. Du coup, ça s'appelle lesfermepartager.coop, C-O-O-P, sur lequel il y a un petit</p>
<p class="p2">peu l'explication de qui on est, ce qu'on défend comme vision et ce qu'on propose. Il y a</p>
<p class="p2">un formulaire de contact pour pouvoir nous envoyer un petit mail, nous appeler. Voilà,</p>
<p class="p2">donc c'est déjà une bonne porte d'entrée. Et puis après, nous, on travaille avec tout un</p>
<p class="p2">réseau, puisque pour accompagner ce type de ferme-là, ce type de projet-là, il ne faut</p>
<p class="p2">pas être tout seul. Et nous, on s'inscrit aussi en complémentarité et en partenariat avec</p>
<p class="p2">tous les acteurs qui existent, que ce soit avec une entrée sous forme coopérative par</p>
<p class="p2">les unions régionales des coopératives. Ça, c'est une première chose. que ce soit par</p>
<p class="p2">les acteurs du secteur agricole plus traditionnels ou alternatifs que sont les chambres</p>
<p class="p2">ou les ADR. Du coup, nous, on travaille ensemble. Et l'idée, c'est de pouvoir juste</p>
<p class="p2">apporter cette petite pierre à l'édifice complémentaire sur les installations collectives et</p>
<p class="p2">coopératives. Vous pouvez me contacter, directeur, aussi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: Super. Je mettrai tous les liens en bas de notre épisode. Merci, merci</p>
<p class="p2">Céline.</p>
<p class="p2">Céline Riolo: Merci à toi.</p>
<p class="p2">Lennan Bate: J'espère que cette écoute a éveillé des questionnements, apporté de</p>
<p class="p2">nouvelles perspectives et aiguisé votre curiosité. Je suis convaincu que c'est en</p>
<p class="p2">partageant de nouveaux points de vue, en découvrant les histoires et expériences de</p>
<p class="p2">nombreuses autres agricultrices et chercheureuses, que nous pourrons engager une</p>
<p class="p2">transition et renforcer nos pratiques pour une agriculture résiliente afin de produire une</p>
<p class="p2">alimentation qui participe réellement à la santé des humains et des écosystèmes.</p>
<p class="p2">Alors, merci à vous de participer à concrétiser cette utopie. Pour soutenir le podcast,</p>
<p class="p2">n'hésitez pas à vous abonner et à mettre une note sur l'épisode. D'ici là, je vous dis trèsbonne semaine et à très vite pour le prochain épisode.</p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Aujourd’hui, plus de la moitié des installations agricoles se font en collectif... Pourtant peu de solutions légales existent pour construire ces modèles agricoles collectifs qui permettent aux agriculteur.rices de mutualiser le temps de travail, les compétences, les gardes, les moyens de ventes, etc. Autant de questions qui sont au coeur de la résilience d’un projet agricole, car la charge de travail et la nécessité de cumuler toutes les compétences rendent le métier de paysan individuel très dur. Céline RIOLO co-directrices pour Les Fermes Partagées, explore les possibles pour penser des modèles agricoles coopératifs, entre cadre légal, dynamique sociale et volonté politique.
 
https://lesfermespartagees.coop/
Episode 4 - Vers des fermes coopératives avec Céline
Riolo
Lennan Bate: Bienvenue sur Renoué, le podcast consacré à l'agriculture des
régénérations, qui donne la parole à celles et ceux qui innovent et incarnent des
pratiques agricoles pour plus de résilience et d'autonomie. Je suis votre hôte, David
Bates. Alors aujourd'hui, on va parler d'accession à la terre, de passation de propriétés,
des solutions que l'entreprise coopérative Ferme Partager propose. Mais tout d'abord,
est-ce que tu peux commencer par te présenter et nous parler de ton parcours en
quelques mots ?
Céline Riolo: Bien sûr. Donc Céline Riolo, je travaille pour les Femmes Partagées, que
j'ai rejoint en 2022. Et du coup, avant ça, moi, j'ai travaillé pendant plus d'une dizaine
d'années dans une autre coopérative qui s'appelle une coopérative d'activité et
d'emploi à Graines-de-Sol, dans le sud-ouest de Lyon. et c'était loin du secteur agricole.
Mais pour autant, c'est à travers cette expérience que j'ai découvert vraiment la
coopération, puisque je venais d'une toute autre industrie et d'un tout autre métier. Et
après quelques années d'expérience, j'ai fait une bifurcation, c'est comme ça qu'on
l'appelle maintenant. Et j'ai vraiment trouvé du sens dans mon projet professionnel et
ce à quoi je contribuais à travers ces formes coopératives. Et j'ai voulu aller plus loin en
trouvant un nouvel engagement professionnel qui alliait à un engagement militant que
j'avais depuis quelques années au sein du réseau des AMAP et celui que j'avais dans
mon activité professionnelle. Et c'est comme ça que j'ai rejoint en 2022 les Fermes
Partagées.
Lennan Bate: Donc, Ferme Partagée, c'est une entreprise coopérative, une SCOP ?Céline Riolo: Une SQIC.
Lennan Bate: Ah, une SQIC ?
Céline Riolo: Oui, Société Coopérative d'Intérêt Collectif.
Lennan Bate: Génial. Peut-être que tu peux commencer par nous expliquer un petit peu
ces différents termes et ce que ça représente.
Céline Riolo: Les sociétés coopératives, les SIC et les SCOP, donc cette dernière, les
SIC, c'est une société coopérative d'intérêt collectif et les SCOP, ce sont des sociétés
coopératives, originellement, on disait plutôt ouvrières et de production, mais avec
l'évolution des formes de coopératives et des champs surtout dans lesquels elles
s'inscrivent, on dit plutôt maintenant les sociétés coopératives et participatives. Ces
sociétés-là, ce sont des sociétés de droit qu'on appelle commerciales, mais qui
fonctionnent avec des principes coopératifs qui sont basés sur la démocratie en
entreprise, sous un principe de une personne est égale à une voix, peu importe le
nombre de parts sociales et de capital qu'on a. Donc ça, c'est vraiment un des
principes fondateurs. C'est aussi l'appropriation de l'outil de travail par les salariés qui
travaillent à l'intérieur. En coopérative, on est non seulement salarié, c'est-à-dire sous le
couvert d'un contrat de travail et d'une protection sociale d'un salarié, mais également
propriétaire de cet outil de production en ayant cette casquette d'associé. c'est-à-dire
qu'on est à la fois travailleur et propriétaire de l'outil de production, donc on peut
participer et co-construire toutes les directions et les orientations stratégiques de son
entreprise. Donc ça, c'est ]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <itunes:block>No</itunes:block>
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        <itunes:episodeType>full</itunes:episodeType>
            </item>
    <item>
        <title>Episode 3 - Améliorer son système de pâturage afin d’améliorer sa productivité avec Mathieu Bessière</title>
        <itunes:title>Episode 3 - Améliorer son système de pâturage afin d’améliorer sa productivité avec Mathieu Bessière</itunes:title>
        <link>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-3-mathieu-bessiere/</link>
                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-3-mathieu-bessiere/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 13 Jun 2024 09:04:54 -0300</pubDate>
        <guid isPermaLink="false">renoueepodcast.podbean.com/d10eed13-c99c-3c66-a465-2801e9a875b3</guid>
                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Au delà de l’optimisation de l’utilisation des pâtures, le pâturage tournant dynamique nous invite à regarder de plus près la relation herbe - animal - sol, à nous intéresser à la complexité de ces inter-relations. Technique qui nous permet d'observer une amélioration de nos patures, de la santé de nos animaux et de la rentabilité de notre entreprise. Et c'est ce dont nous parle Mathieu Bessière dans cet épisode.

Arbres et paysage 66 : <a href='https://ap66.org/'>https://ap66.org/</a></p>
<p class="p1">Arbres et paysage 32 : <a href='https://ap32.fr/'>https://ap32.fr/</a></p>
<p class="p1">Rhizobium : <a href='https://www.sarlrhizobium.fr/'>https://www.sarlrhizobium.fr/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/mathieu-bessiere/'>https://www.verdeterreprod.fr/mathieu-bessiere/</a></p>
]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Au delà de l’optimisation de l’utilisation des pâtures, le pâturage tournant dynamique nous invite à regarder de plus près la relation herbe - animal - sol, à nous intéresser à la complexité de ces inter-relations. Technique qui nous permet d'observer une amélioration de nos patures, de la santé de nos animaux et de la rentabilité de notre entreprise. Et c'est ce dont nous parle Mathieu Bessière dans cet épisode.<br>
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Arbres et paysage 66 : <a href='https://ap66.org/'>https://ap66.org/</a></p>
<p class="p1">Arbres et paysage 32 : <a href='https://ap32.fr/'>https://ap32.fr/</a></p>
<p class="p1">Rhizobium : <a href='https://www.sarlrhizobium.fr/'>https://www.sarlrhizobium.fr/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.verdeterreprod.fr/mathieu-bessiere/'>https://www.verdeterreprod.fr/mathieu-bessiere/</a></p>
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        <itunes:summary><![CDATA[Au delà de l’optimisation de l’utilisation des pâtures, le pâturage tournant dynamique nous invite à regarder de plus près la relation herbe - animal - sol, à nous intéresser à la complexité de ces inter-relations. Technique qui nous permet d'observer une amélioration de nos patures, de la santé de nos animaux et de la rentabilité de notre entreprise. Et c'est ce dont nous parle Mathieu Bessière dans cet épisode.Arbres et paysage 66 : https://ap66.org/
Arbres et paysage 32 : https://ap32.fr/
Rhizobium : https://www.sarlrhizobium.fr/
https://www.verdeterreprod.fr/mathieu-bessiere/]]></itunes:summary>
        <itunes:author>Lennan Bate</itunes:author>
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        <title>Episode 2 - Revitaliser les sols avec Francis Bucaille</title>
        <itunes:title>Episode 2 - Revitaliser les sols avec Francis Bucaille</itunes:title>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/francis-bucaille-3a883433/'>Francis BUCAILLE</a> auteur du livre Revitaliser les sols, nous parle de ces différentes composantes qui caractérisent un sol vivant et fertile. A travers cet entretient, Francis nous explique comment diagnostiquer son sol, comprendre les interactions et mettre en place des stratégies pour répondre aux enjeux actuels de manque de fertilité, de sécheresse et de santé de nos cultures.

<a href='https://www.agribooster.net/'>https://www.agribooster.net/</a></p>
<p class="p1"><a href='https://www.gaiago.eu/contact-protection-sol'>https://www.gaiago.eu/contact-protection-sol</a></p>
<p class="p1"><a href='mailto:contact@gaiago.eu'>contact@gaiago.eu</a></p>
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                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><a href='https://www.linkedin.com/in/francis-bucaille-3a883433/'>Francis BUCAILLE</a> auteur du livre Revitaliser les sols, nous parle de ces différentes composantes qui caractérisent un sol vivant et fertile. A travers cet entretient, Francis nous explique comment diagnostiquer son sol, comprendre les interactions et mettre en place des stratégies pour répondre aux enjeux actuels de manque de fertilité, de sécheresse et de santé de nos cultures.<br>
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        <title>Episode 1 - Questionner le rapport à l'eau, à la terre et au métier de paysanne avec Marlène Vissac</title>
        <itunes:title>Episode 1 - Questionner le rapport à l'eau, à la terre et au métier de paysanne avec Marlène Vissac</itunes:title>
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                    <comments>https://renoueepodcast.podbean.com/e/episode-1-marlene-vissac/#comments</comments>        <pubDate>Thu, 23 May 2024 08:32:56 -0300</pubDate>
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                                    <description><![CDATA[<p class="p1">Daniel Zimmer l'empreinte eau : <a href='https://www.eclm.fr/livre/l-empreinte-eau/'>https://www.eclm.fr/livre/l-empreinte-eau/</a> </p>
<p class="p1">Noemie Calais Plutôt Nourrir : <a href='https://www.leporcnoirdenoemie.fr/livre'>https://www.leporcnoirdenoemie.fr/livre</a> </p>
<p class="p2"><a href='https://www.hydronomie.fr/'>https://www.hydronomie.fr/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.phacelia.fr/'>https://www.phacelia.fr/</a>


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<p>Episode 1 - Questionner le rapport à l'eau, à la terre et au métier de paysanne avec Marlène Vissac</p>
<p>Lennan Bate: Bonjour Marlène, est-ce que tu peux commencer par nous parler de toi, de ton parcours et de ton travail actuel ?</p>
<p>Marlène Vissac: Bonjour, je suis Marlène, merci de m'inviter à participer à ce podcast. Qui je suis ? J'ai plusieurs casquettes professionnelles. La première, je suis technicienne hydronomie. Et la deuxième, je suis agricultrice, élevage, j'élève des ovins pour la viande, entre autres. Qu'est-ce que je fais ? J'essaye de partager ces activités dans mon quotidien. Technicienne d'hydronomie, ça veut dire que j'accompagne des agriculteurs qui sont soucieux de faire révoluer leurs pratiques en vue d'augmenter la résilience de leurs outils de production. Et ça m'amène à faire des audits, ça m'amène à former des gens, des agriculteurs, entre autres. Et puis, la plus grande partie de mon temps va se passer à la rénovation de la ferme et à la gestion du troupeau. Voilà.</p>
<p>Lennan Bate:Tu es technicienne en hydronomie et tu travailles notamment avec une pratique qui s'appelle le Keyline Design. Est-ce que tu peux expliquer pour ceux qui ne connaissent pas ce que c'est que le Keyline Design ?</p>






<p>Marlène Vissac: Le Keyline Design, c'est une méthodologie de conception qui nous vient de l'Australie. Son fondateur, qui s'appelle Perceval Alfred Jomans, qui est décédé maintenant, a défini, selon lui, des critères établis par ordre de priorité à considérer pour pouvoir établir la conception, l'aménagement du paysage d'une ferme, d'une ville. Ça s'étend à plein d'échelles. Et le Key Line Design repose, donc cette méthodologie prend en considération le climat, la topographie, l'eau, pour arriver ensuite à la définition des accès, des infrastructures, des systèmes on va dire agroforestiques, qu'ils soient bosqués, haies, etc. Mais toutes ces approches se rejoignent, comment je dirais, il y a la méthodologie mais qui s'inscrit dans une approche très globale. Et là, je rezoome sur l'aspect plus agricole. qu'un aménagement ne se suffit pas, il est nécessaire de définir des objectifs et des itinéraires techniques pour que l'aménagement réponde aux objectifs qu'on s'était fixés. Et du coup, le Key Line Design, ça entend la régénération des sols, l'augmentation de la fertilité des sols, l'augmentation de la diversité, mais aussi du rendement des prairies. et puis tout ça en essayant de diminuer les érosions au sein du paysage, donc les érosions qu'elles soient d'ordre éolienne comme hydrique. Et du coup, M. Jomans avait décelé en fait dans le paysage un point bien particulier où la topographie et l'hydrologie se rencontrent, au bénéfice du paysage pour répondre à tous ces objectifs-là en utilisant la moindre énergie possible, en s'appuyant sur la gravité. A l'intérieur, on va retrouver une méthodologie de conception, on va retrouver des recommandations d'itinéraire technique, et pour les aménagements, on va s'appuyer sur la topographie, le relief, la circulation de l'eau, pour pouvoir créer une conception qui soit la plus résiliente possible.</p>
<p>Lennan Bate: L'échelle de la permanence, comment elle s'ancre dans une réflexion globale de la ferme ?</p>






<p>Marlène Vissac: Ok, alors là je vais revenir au XXIe siècle, jusqu'ici au Mons, je vais te parler un peu de comment moi je l'utilise et comment elle devient un outil aussi de transition agricole. C'est que chaque élément de cette échelle de la permanence relative est pris par ordre de priorité, c'est-à-dire que le climat c'est le maître du jeu. et qu'en fonction du climat, va s'être formée une topographie, etc. Quels sont les paramètres sur lesquels, en tant qu'humain, on a un impact mais avec quasiment aucune maîtrise ? Et sur ce paramètre-là, quels vont être les impacts sur les autres paramètres ? Et par exemple le climat, dans la transition agricole pour laquelle j'œuvre au sein de mon métier de technicienne mais aussi en tant qu'Èleveuse, c'est quelles sont les ressources climatiques et quelles sont les contraintes climatiques qui me permettent de définir les choix de production, déjà. Et ça, je trouve que c'est quelque chose qui n'a l'air de rien de nouveau, mais qui est quand même très innovant au XXIe siècle, puisque la majorité des paysages et les politiques agricoles communes ont plutôt soutenu le développement, initié du développement et initié de la prise en charge ou du soutien financier. au regard des productions qui devenaient les plus rentables dans un contexte de marché global. Or, par exemple, la France a été découpée comme ça. Les territoires, il y a par exemple la Bretagne qui est célèbre pour ses légumes et son porc. Il y a le pourtour de Toulouse qui est reconnu pour ses céréales et ses oléagineuses, etc. Ou le massin de Montauban pour tout ce qui va être fruitier. Et en fait, ça a été positionné sur des données agronomiques, sur quelles étaient les portances des sols et du coup, qu'est-ce qu'on pouvait atteindre comme objectif à partir de la portance des sols. Mais ce qu'on avait fondamentalement oublié, c'est que l'ensemble, par exemple, des précipitations C'était l'ensemble des précipitations d'un bassin versant qui allait être utilisé pour soutenir les productions de Toulouse, par exemple. Si on reprend l'exemple de Toulouse, les agronomes ont défini que le bassin allait produire tant de quinto à l'hectare et attendu telle céréale, telle oléagineuse, etc. en se basant sur à la fois les ressources du sol de la région toulousaine, mais de toute l'eau du bassin versant, de la partie amont du bassin versant. Il se trouve par exemple que je suis éleveuse en tête de bassin versant d'Adour-et-Garonne et qu'en Aveyron, parce que du coup je me situe en Aveyron, en Aveyron on a des restrictions d'usage d'eau un mois, un mois et demi avant le reste du territoire du bassin versant d'Adour-et- Garonne parce qu'il faut maintenir le débit de la Garonne qui va soutenir les productions agricoles de Toulouse. Et du coup ça crée en fait une énorme disparité économique, ça crée une énorme disparité sur la diversité et la biodiversité des paysages, et sur l'appropriation ou la mobilisation de ressources qui sont, de mon point de vue, un bien commun. Donc pourquoi est-ce que le climat, considérer le climat aujourd'hui comme innovant ? Eh bien, notamment ça, qu'est-ce qu'on a comme ressources et comme contraintes climatiques sur les territoires ? et à quoi peuvent être destinées ces ressources et ne plus les compter dans une échelle globale et restreindre des territoires pour en enrichir d'autres. Voilà, et puis dans une autre mesure, c'est aussi que jusqu'à présent, il y avait très peu de questions concernant la ressource en eau, parce que quand on ouvre les robinets, ça coule et on ne se pose pas trop de problèmes, pas trop de questions. Or, il y a de plus en plus de départements qui ne voient plus l'eau du tout couler au robinet. Comment est-ce qu'on peut maintenir une souveraineté alimentaire dans un territoire qui se réchauffe de plus en plus, qui a des précipitations de plus en plus disparates dans l'année, et de façon à la répartir avec tous les vivants, parce que les humains c'est une chose dans le monde agricole, mais il y a les animaux domestiques qui font partie des élevages, mais il y a aussi toute la faune sauvage aussi. Donc voilà comment Comment ça devient un outil ? Eh bien, ne serait-ce que de poser la question à tous les agriculteurs que je connais et je leur demande combien de volume d'eau ils dépensent par an. Généralement, je n'ai pas beaucoup de réponses à cette question, à part un coût de facture, mais pas un volume d'eau. Et du coup, je les accompagne à réfléchir, qu'est-ce qu'on a comme précipitation sur le territoire ? Qu'est-ce qu'on peut stocker in situ de la ferme ? Et du coup, quelle production on peut définir derrière ? Voilà, c'est un peu comme ça que je considère que c'est un outil de conception innovant parce que ça demande de revoir complètement notre approche du paysage, notre approche du développement agricole et les filières et la répartition des ressources et des productions agricoles.</p>






<p>Lennan Bate: La question du réchauffement climatique, des sécheresses, etc., on va l'aborder un peu plus tard. Mais d'abord, j'aimerais bien me poser et comprendre qu'est-ce qui diffère... Cette approche est née en Australie, dans un contexte climatique et géographique très spécifique. Qu'est-ce qui diffère de cette approche, cette technique en Australie, de ce qu'on peut faire aujourd'hui ici en France ?</p>
<p>Marlène Vissac: Alors déjà, on n'est pas sur les mêmes surfaces. Les fermes australiennes, c'est plusieurs centaines d'hectares. Et chez nous, les fermes de centaines d'hectares qui sont d'un seul morceau, elles se font quand même assez rares ou en tout cas, peut-être plus localisées dans le nord que chez moi, dans le grand sud-ouest. Donc voilà, il y a déjà une notion d'échelle qui demande, c'est ce qui fait la possibilité de le réaliser ou pas, d'ailleurs, cette approche Keyline. Ensuite, on ne s'inscrit pas non plus dans les mêmes carcans socio-économiques. C'est-à-dire qu'en Australie, c'est un pays qui est très libéral en termes d'économie, et les agriculteurs n'ont pas les mêmes aides ou les mêmes soutiens qu'on peut avoir en Europe, notamment. Ce qui va différer c'est la volonté de prendre un risque d'être innovant et d'avoir aussi les capacités de gérer de la transition, une capacité financière dans un premier temps et puis une capacité technique aussi, parce que quand on a hérité ou quand on a fait le rachat d'une ferme, en fonction de son état, on n'a pas forcément imaginer qu'on allait transformer ou alors investir sur, je ne sais pas, par exemple, l'implantation d'arbres qui va donner un bénéfice assuré à la ferme, mais probablement à la fin de la carrière de celui qui l'aura montée. Et du coup, comment est-ce qu'on le valorise, en fait ? Ça, c'est très différent. Ce n'est pas du tout les mêmes approches parce que, voilà, pas les mêmes enjeux, pas les mêmes développements socio- économiques. Voilà, je dirais que c'est surtout ça. En France, par exemple, ça fait depuis la première période de Covid où les formations baissent vachement en fréquentation. Deux ans de Covid, ça met à mal une trésorerie. Deux ans de sécheresse, ça fait descendre aussi les productions. Et du coup, qu'est-ce qu'on est prêt à investir ? En France, c'est la question qui est posée. Et puis pour finir, En Australie, comme les fermes sont immenses, la gouvernance des paysages va passer par les gestionnaires des paysages. En France, c'est très découpé, la gouvernance de la gestion des paysages et la gestion de l'eau notamment. C'est une poignée d'agriculteurs qui va être rassemblée autour de la table et des discussions et des prises de décisions. et c'est souvent des agriculteurs qui ont une certaine puissance économique ou un certain rayonnement, qui se seront fédérés autour d'entreprises ou de coopératives irrigantes, et les enjeux peuvent ne pas tout à fait être les mêmes.</p>






<p>Lennan Bate: En Australie, on a plus facilement une réflexion sur l'ensemble du bassin versant, parce que c'est l'unité de la ferme, qu'en France où on est partagé à plusieurs agricultrices. sur un même bassin versant. Il y a une réflexion plus complexe sur une communauté. C'est ça ?</p>
<p>Marlène Vissac: Exactement. C'est plus complexe à l'échelle d'une communauté. On est entre deux eaux. Il y a des territoires très abîmés par les sécheresses ou les inondations qui ne s'arrêtent plus dans le nord de la France. Et ça ne rassemble pas la nation. En Australie, déjà, on est sur un pays qui est immense, beaucoup plus grand que la France. Et en fait, les sécheresses et les incendies, ça fait plusieurs années qu'ils les ont. Et donc, les enjeux, encore une fois, ne sont pas les mêmes. C'est-à-dire qu'on n'a plus le temps de se poser la question, est-ce qu'on prend le risque ou pas ? Puisque le risque, il est déjà là, en fait. En France, on se tâtonne encore un peu. Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on n'y va pas ? Est-ce que c'est à l'échelle individuelle que ça doit se prendre ou est-ce que c'est à l'échelle de quelque chose de beaucoup plus global, de communautaire ? Et il n'y a pas de prise de position, que ce soit au niveau des politiques, que ce soit au niveau des acteurs territoriaux, que ce soit au niveau des agriculteurs. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'initiative ÉPARS en France. Il y a aussi plein de contre-exemples à ce que je vais dire, mais ça n'est pas malheureusement encore une majorité et ça ne représente pas comment je dirais, un élan et une prise d'initiative, j'ai presque envie de dire générale, voilà.</p>






<p>Lennan Bate: Selon toi, pourquoi est-ce que dans un climat où en Australie ils ont très peu de subventions et d'aides agricoles, comment ça se fait qu'ils ont l'air de prendre plus de risques à mettre en place et à investir dans leurs fermes qu'en France où on est quand même soutenu, on a un coussin financier et qu'on prend moins de risques au niveau de la gestion de l'eau ?</p>
<p>Marlène Vissac: Alors oui, on a des coussins financiers en France, en Europe, mais qui demandent beaucoup, beaucoup de conditions. Et parfois, c'est des conditions qui engagent sur 4 ans, 5 ans, 7 ans, et ces conditions ne peuvent pas se rompre comme ça. Donc déjà, il y a une contrainte sur la condition. Et comment on appelle ça ? Quand on a reçu des subventions, on doit prouver qu'elles ont été utilisées à bonne et due forme, etc. Donc voilà, il y a ça qui est très gênante. Ensuite, quand on a des subventions à la calamité et pas de subventions à l'investissement, ça ne pousse pas les personnes à être innovantes. C'est qu'il y a un choix aussi politique sur comment vont être rétribuées ces subventions. Voilà, 2022-2023, des aides calamités qui ont qui ne vont pas combler les déficits de tout le monde, mais qui sont là pour compenser tout ou partie. Mais il n'y a pas de subvention à la réalisation d'une réserve collinaire collective sur un territoire, par exemple. Ça, ça n'existe pas. On peut demander des subventions, mais ça va être des subventions qui vont être très, très basses et qui demandent d'avoir aussi un statut juridique autour de ça. C'est des choses qui sont assez vieilles France, en fait, finalement. Les statuts juridiques, ils n'ont pas tellement évolué. C'est-à-dire que si tu veux faire un ouvrage collectif, il faut que tu te mettes dans une société, dans un gag, dans un regroupement. C'est des choses qui sont assez lourdes à porter. Je dirais que c'est principalement ces trois axes-là. La subvention qui est au mauvais endroit, la subvention qui n'est pas du tout incitatrice, et puis les formules juridiques qui sont plus adaptées et qui ont du mal à être visitées. Encore une fois, quand on est sur des grands territoires en Australie, c'est facile d'avoir quatre personnes autour de la table pour parler d'un bassin versant. Si on devait parler du bassin versant de la rivière Aveyron, on ne serait pas trois ou quatre autour de la table, on serait des centaines avec des prorogatives différentes. Et c'est aussi des savoir-être et savoir-vivre ensemble qui sont plus... qui sont plus difficiles aussi à, comment je dirais, à reconnecter quand on n'a pas l'habitude de décider, de prendre des décisions collectivement. Qu'est-ce qui se passe quand on est plusieurs dizaines autour d'une table à ne pas être outillé et avoir des intérêts d'abord individuels et puis éventuellement à l'échelle de plus global. Mais il faut que tout ça, ça se rencontre et ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile. Regretter Hubert Reeves qui appelait ça le PFH, c'est effectivement, ça va être Une des premières barrières quoi, ouais.</p>






<p>Lennan Bate: Alors avant de parler de solution, j'aimerais qu'on définisse bien les termes. Yeoman s'est connu pour avoir mis en place sur sa ferme Yeobarney en Australie tout un système de récupération d'eau à travers une dizaine de bassins de rétention et tout un système d'irrigation par gravité en utilisant ses bassins communicants. Et après plus de 60 ans sans utilisation ni entretien, ça fonctionne encore très très bien. Aujourd'hui, on parle beaucoup de mégabassines. Alors, est-ce que</p>






<p>tu peux définir pour nous la différence entre retenue collinaire et mégabassine ?</p>
<p>Marlène Vissac: OK. Alors, les réserves collinaires, c'est des réserves qui sont faites... Déjà, c'est à beaucoup plus petite échelle, ça ne représente pas plusieurs dizaines d'hectares en surface, c'est des choses qui sont beaucoup plus petites, et qui sont placées en fait sur les flancs de colline, tel que son nom l'indique, souvent, en tout cas. C'est-à-dire qu'on s'appuie sur la topographie pour avoir, je vulgarise la chose et j'essaye de lui donner une image, c'est que quand on est dans une vallée très encaissée et que c'est pertinent ici de collecter les eaux de ruissellement, il suffit entre guillemets de faire un mur pour fermer en fait cette vallée très encaissée. Donc en termes de dépenses énergétiques de construction, c'est assez minimaliste. et l'objectif c'est qu'elle fonctionne le plus possible par gravité, c'est-à-dire qu'elle distribue l'eau en gravité et avec le moins d'énergie potentielle. Donc on va plutôt retrouver les réserves collinaires encore une fois sur les hauteurs. plutôt en haut de bassin, c'est des ouvrages qui sont petits et qui vont collecter du ruissellement. Il y a plein d'avantages et plein d'inconvénients sur ce type d'ouvrage. C'est souvent des ouvrages qui sont individuels, qui vont être financés et gérés à l'échelle d'une ferme. Les mégabassines, ce sont des ouvrages qui font plusieurs dizaines d'hectares. La majorité d'entre elles, celles qui sont construites en France ou qui ont eu un projet de construction, parce que là, ces deux derniers mois, j'ai un peu arrêté de suivre où on en était sur les autorisations et les arrêts d'autorisation sur les constructions, mais l'ensemble était plutôt placé en bas de bassin versant. Souvenez-vous de Saint-Sauline, par exemple, on est pratiquement au bord de la mer, on est en très basse altitude et ces méga bassines ont pour intérêt de collecter, enfin de collecter, non, de sortir les eaux souterraines hivernales sous prétexte qu'il y ait une abondance de pluie en hiver et que donc les nappes se remplissent très très vite et donc les nappes potentiellement débordent. Donc on va prendre le débordement de ces nappes pour les mettre dans ces mégabassines qui sont en surface et soutenir les besoins d'irrigation du territoire. Donc ça fonctionne avec la bon nombre d'énergie, de matériaux, et puis ça va fonctionner aussi par pompage. Donc voilà, il y a de l'énergie qui est utilisée pour l'extraction au niveau de la nappe, comme l'utilisation pour l'irrigation. Et je précise sur l'irrigation, parce que les réserves collinaires, on va les retrouver dans différents territoires et ça peut être aussi 100% dédié à de l'abreuvement, un petit outillage électrique, comme faire fonctionner un petit moulin, un petit alternateur, comme aller sur l'irrigation. Les mégabassines ont été construites principalement pour l'irrigation. et sur des stations, sur des fermes qui pensent qu'avoir une réserve pleine d'eau et d'ouvrir les vannes va suffire à faire cultiver ce qu'il y a à cultiver et ne va pas avoir de regard sur les érosions, les salinisations. Là on m'arrive sur des détails techniques sur les dégâts que ça peut faire sur un sol. Donc ça aussi, là j'ai dépeint un bon nombre d'inconvénients. Le gros avantage de la méga bassine, c'est qu'elle permet de soutenir un système qui fait de la production à bas prix alimentaire. Et elle soutient un modèle économique qui peut être une force active d'un territoire comme en Charente, par exemple, où la majorité des gens sont agriculteurs. Les réserves collinaires vont avoir le gros inconvénient de faire de l'arrêt de sédimentation et puis ne permettent pas toujours la continuité écologique. Et ça fait partie aussi d'une privatisation d'un bien commun. Et les deux vont rassembler des problématiques qui vont être réchauffement des eaux, évapotranspiration des eaux, potentiellement prolifération d'algues, de moustiques, etc. Après, ça engendre pour les deux modèles, ça va engendrer toutes les problématiques qu'on connaît, avoir de l'eau mise en surface sans un écosystème naturel qui va s'établir autour puisque c'est des ouvrages qui sont artificiels et maintenus en l'état.</p>






<p>Lennan Bate: Dans les méga-vaccines, il y a eu une étude sur le développement des cyanobactéries et des algues dans ces eaux, qui les rendent impropres à l'utilisation, à l'irrigation, etc. Ce sont des eaux qu'on récupère dans les sous-sols, qu'on stocke en surface. On n'est pas sur des ruissellements et un captage qui ralentit le flux de l'eau et laisse repartir derrière.</p>






<p>Marlène Vissac: Puisqu'On a tendance un peu aussi à oublier, ou peut-être que c'est vulgarisé à bonne essence, c'est qu'il y a plein de sortes de nappes dans le sous-sol. Il y a des nappes qu'on appelle des nappes captives, il y a des nappes qui sont en mouvement, il y a des nappes qui sont en surface, il y a des nappes qui sont en profondeur. Et en fait, depuis 2022, beaucoup d'hydrogéologues se rendent compte que ce qui est scanné et échographié depuis la surface ne correspond pas forcément au volume d'eau. Il y a eu des Dans les rôles à côté de chez moi, il y a plusieurs hydrogéologues qui sont descendus en spéléo parce qu'ils ne comprenaient plus du tout pourquoi est-ce que dans certaines communes, il n'y avait pas beaucoup d'eau alors que ce qu'ils sondaient dans les nappes, le volume était censé être présent. Et en fait, on sait faire plein de choses. On sait envoyer des trucs sur Mars, on sait travailler des champs agricoles en drone, mais on ne s'est pas intéressé du tout au fonctionnement de la circulation des eaux souterraines de France. Et puis, il ne faut pas oublier aussi que Il y a un âge, une goutte d'eau, elle ne rentre pas comme ça dans les sols aussi facilement que ça. Il y a Daniel Zimmer qui a écrit l'empreinte eau que je vous recommande de lire, qui a collecté en fait des données, et autour de l'âge de l'eau en moyenne sur Terre, donc sur la planète, une goutte d'eau souterraine a en moyenne 3500 ans. Donc ce n'est pas anodin, ce qu'on appelle le débordement de nappes, ça arrive sur des nappes qui sont superficielles, qui sont connectées à des cours d'eau, et donc le fait qu'on pompe d'un côté, inévitablement va assécher de l'autre, parce qu'on va se parler de la mémo, et le temps de remplissage de ces nappes ne se fond pas à chaque fois qu'il y a une grosse flotte en hiver. On va parler des nappes superficielles, mais on ne va pas du tout parler des nappes profondes, il va falloir que la goutte passe par toutes les couilles de sol, Et en fonction de l'urbanisation développante ou des itinéraires techniques agricoles, les sols et la géologie, la goutte va mettre plus ou moins de temps à franchir ça. Donc ce n'est pas anodin d'aller prélever une eau qui a plusieurs milliers d'années, qui a été privée d'UV, qui a été filtrée dans des sols, et d'un coup de la mettre sous les rayons UV, à la surface. Et du coup, dans l'eau, il y a des composantes qui sont oubliées et qui donnent des conditions favorables au développement de certaines cyanobactéries qui sont nocives. Il y a les cyanobactéries, mais il y a aussi les moustiques, et ça peut être vite un fléau sanitaire, il ne faut pas l'oublier.</p>






<p>Lennan Bate: Tu fais très bien de le rappeler, et même à des petites échelles, tu parlais de 10 000 hectares pour des méga-bassines, mais même à des petites échelles, de pomper de l'eau souterraine pour la stocker en surface, ça ne fait pas tout à fait sens.</p>
<p>Marlène Vissac: Tout à fait. Et on est bien d'accord que tout le monde a besoin de boire, mais je rêve secrètement d'une humanité un peu décoloniale et qui serait en mesure de se rendre compte qu'elle n'est pas la seule à avoir soif. Et comment est-ce qu'on peut répondre à nos besoins sans aller priver les autres, en fait, nos besoins. Ça, c'est mon petit rêve, quoi.</p>
<p>Lennan Bate: Qu'est-ce qu'un individu, une petite ferme, pourrait faire pour commencer à réhydrater son paysage ? Répondre à des enjeux de problèmes d'hydratation sur sa ferme ?</p>
<p>Marlène Vissac: Très vaste question. Je vais essayer d'être concise.</p>
<p>Lennan Bate: Tu peux parler de tes clients et des situations que tu as pu couvrir ?</p>






<p>Marlène Vissac: Alors déjà, ce que j'aime rappeler à tout le monde, c'est que même si c'est très angoissant de voir l'évolution climatique arriver, voire même d'être très présente sur certains territoires, Pour autant, ce n'est pas parce qu'on a des volumes d'eau que, quand on ouvre les vannes, l'eau va être utilisée. J'ai bon nombre d'exemples de maraîchers qui, l'année dernière, m'appelaient en catastrophe en me disant « je ne comprends pas, j'irrigue et ça ne pousse pas, mes légumes n'arrivent pas à maturité, il y a un arrêt de croissance ». Et pourtant, une plante qui fait de la photosynthèse, elle a de la lumière, elle a un sol et elle a de l'eau, pourquoi elle ne pousse pas ? Donc en fait, mon premier conseil, c'est de rentrer en contact avec le sol. On a aussi beaucoup oublié ça, c'est-à-dire que qu'on soit maraîcher, céréalier, éleveur, la première chose qu'on fait, c'est qu'on élève des sols, des sols vivants, des sols poreux, des sols qui sont en capacité de séquestrer du carbone. C'est le premier levier sur la résilience. et que ce soit en fait dans des territoires fortement inondés comme sur des territoires qui sont plutôt voués à de grandes sécheresses. Donc voilà, c'est de se reconnecter à son sol, de comprendre comment ça marche, où est-ce qu'il en est dans son état d'évolution, quelles en sont les carences et comment est l'activité biologique. Ça, c'est mon premier conseil. Ensuite, le deuxième conseil, c'est de s'intéresser au climat. Alors là, tu vois, je prends les choses un peu à l'envers sur l'échelle de la permanence relative, à partir du moment où tu as compris comment fonctionnait ton sol et dans quel état d'évolution et biologique il est, et que tu as compris aussi le climat, c'est-à-dire c'est quand qu'il va faire très chaud, c'est quand qu'il va faire très sec, c'est quand qu'il va y avoir beaucoup d'eau, et comment elles sont réparties en fait ces périodes de grande activité biologique et de ralentissement biologique. Et en fait, rien qu'en vous en connectant, c'est facile à dire, En faisant connecter ces deux gros paramètres, c'est de définir qu'est-ce qui va être possible de faire et de ne pas le prendre à l'inverse. Ce n'est pas parce que j'ai envie de manger des tomates et de la mozzarella que je vais faire des champs de tomates et je vais avoir des bufflonnes en Aveyron. Ce n'est pas du tout cohérent. Ça répond à ma demande, mais ce n'est pas du tout pertinent au vu des ressources de mon territoire. Donc voilà quel sol j'ai et quel climat j'ai et à partir de là, quelle production je peux établir. Alors ça va à l'opposé de toutes les recommandations à l'installation et comment les filières sont fichues. Et c'est bien dommage. C'est pour ça que je parle d'une transition agricole et pas de transition écologique. C'est vraiment une transition agricole dont on en chante. Ensuite, c'est de repérer quelles sont les contraintes. On a tous des contraintes, mais quelles sont les contraintes les plus dommageables ? Est-ce que c'est la présence d'un vent régulièrement et qui est très asséchant ? Est-ce que c'est le dénivelé ? des forts volumes de ruissellement très condensés sur une année, de façon à définir ensuite les stratégies qui vont être adaptées. Qu'est-ce que j'ai comme sol et à quoi je suis soumis en climat ? Et quelles sont mes contraintes ? Et du coup, voilà, là, on va pouvoir commencer à ouvrir les boîtes à outils et définir quelles stratégies on peut mettre en place. Mais si on ne sait pas poser un objectif et qu'on n'a pas conscience de nos moyens et de nos ressources, alors c'est difficile de définir des stratégies. Et après, des stratégies, il en existe plein. Si on est éleveur, ça va être sur la conduite des prairies, sur l'immunité des troupeaux, etc. Si on est maraîcher, ça va être le travail sur des variétés avec des semences qui sont reproductibles et issues localement. Ça va être aussi de travailler sur les limites de l'évapotranspiration du légume de production, donc c'est la mise à l'ombre. Sur les céréaliers, quand c'est possible de travailler en sommet direct sous couvert pour maintenir des sols en état de photosynthèse le plus longtemps dans l'année. Mais là, on peut y amener de l'arbre, on peut y amener de l'arbre avec différents motifs. Comme ça, on peut combiner les différents effets. Travailler sur le ruissellement, l'érosion éolienne et hydrique, sur la stabilisation des humus, sur l'ombre portée, sur le ralentissement des vents, sur l'effet tampon, etc. Ok. Ça peut après aller sur de l'aménagement structurel beaucoup plus fort. Ça peut être aller construire des ouvrages d'hydraulique douce. On a parlé des réserves collinaires, mais comment est-ce qu'on les connecte ensemble ? Comment on fait circuler l'eau, des points de concentration vers les points les plus asséchants ? On peut être sur de la baissière, on peut être sur du motif keyline. Ça, c'est magique, je trouve, parce qu'au XXIe siècle, on a un passif énorme parce que 15 000 ans d'histoire de domestication, donc on a un passif énorme. à suivre. On a une technologie à notre portée parce qu'on finit de plus en plus vieux et on se fait de moins en moins mal. Et on a la magie du voyage et d'Internet qui nous fait circuler bon nombre de stratégies, que ce soit des pays plus au sud, plus au nord, etc. Et donc, en fait, on a un panel des possibles. La boîte à outils, elle en est pleine, en fait. Mais il n'y a pas de solution miracle, déjà, parce qu'on est tous dans un bocal fermé. La Terre, il va faire chaud pour tout le monde, etc. Donc voilà, on n'a pas de solution miracle, on a plein d'outils, mais encore une fois, il faut se donner les moyens de faire rencontrer quels sont les moyens et quelles sont les possibilités. Sans ça, c'est continuer dans la même roue.</p>






<p>Lennan Bate: C'est super que tu rappelles l'importance du contexte propre de chaque individu, et que la réponse ne sera pas universelle, mais vraiment spécifique. En stratégie holistique, en anglais c'est Holistic Management du Savory Institute, ils donnent cette image parlante d'une grande chaîne qui composerait l'ensemble. il faut adresser le maillon le plus faible. C'est-à-dire qu'on aura beau renforcer tous les maillons de la chaîne, si on n'a pas adressé le maillon qui est le plus faible, la structure, la solidité de la chaîne sera toujours très mauvaise. Et ça, ce sera réellement spécifique au contexte et à l'individu.</p>
<p>Marlène Vissac: Oui, tout à fait. Et ça, c'est ce qui me tient à cœur, c'est de... s'il y a
des agriculteurs qui nous entendent et s'il y a des consommateurs, c'est-à-dire s'il y a les productoristes et puis les bouches, en fait, il faut considérer que... Je trouve que le milieu agricole, c'est le métier, c'est en tout cas la filière professionnelle la plus jugée, la plus stigmatisée, la plus médiatisée, celle sur laquelle on pose énormément d'attentes. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le milieu agricole, il est régi à plein de réglementations et à des phénomènes de société. Et en fait, je vais donner un exemple hyper terre à terre qui me concerne directement. Moi, je suis éleveuse d'eau, je vends donc des agneaux pour la viande. j'ai beaucoup de difficultés à vendre et à valoriser mon produit, parce que dans le territoire, on n'est pas habitué à manger de l'agneau. Apparemment, la viande serait responsable de la plus grande des pollutions sur Terre, donc voilà, c'est mal de manger de la viande, parce qu'il n'y a pas de distingos sur les filières et comment est-ce qu'on travaille l'animal, etc. Et pourtant, en fait, sur mon territoire, eh ben j'ai pas la possibilité de faire autre chose en fait. Anciennement, on produisait beaucoup de veau parce que les prairies étaient grasses et du coup, il y avait beaucoup... la ressource était suffisante pour faire de l'élevage bovin, mais les prairies ayant été parfois négligées, mal conduites, à volonté de plus de rendement, remplacées par du riz gras, etc. En fait, ça soutient plus le bovin. Pour moi, il n'y a pas de maintien des paysages ouverts sans animaux, il n'y a pas de fertilité des sols maintenues sans la présence d'animaux et avec une gestion bien évidemment maîtrisée. Et donc voilà, en fait, j'en sauvage ma ferme, je travaille à sa régénération sur les sols, à maintenir une activité économique sur un territoire qui est en déprise agricole. Mais ce qui me manque, c'est la bouche qui soutient ma filière, en fait. Et du coup, si la bouche ne peut pas soutenir ma filière, alors je suis tributaire des subventions et donc j'ai une marge de manœuvre beaucoup plus limitante. Et du coup, ce que j'aimerais rappeler aussi, c'est que dans les solutions, en fait, techniquement, on les a. Mais parfois, ce qui nous empêche de les mettre en place, c'est finalement qui s'intéresse ? Finalement, qui sait que ça va mobiliser et qui va se réunir autour de ce projet et valoriser ce produit ? Quand, comme tout le monde, on cherche à économiser de moindres centimes et les chiffres sont assez effroyables. C'est-à-dire que l'alimentation, en 20 ans, 30 ans, la part financière dédiée à l'alimentation, elle a juste été hyper coupée. On a tous des super smartphones, des voitures hybrides, on part tous en vacances et on fait l'impasse sur une qualité alimentaire. Mais en fait, cette qualité alimentaire, elle est aussi représentative d'une qualité de travail sur le paysage. Et donc, c'est quelque chose qui est sociétal et qui ne repose pas que sur les gestionnaires de paysage. Parce qu'encore une fois, Les gestionnaires de paysages répondent à une demande et ce serait bien que les bouches puissent le soutenir. Et toutes les bouches, pas que les bouches qui ont les moyens de s'offrir de l'agneau bio. Ce serait génial qu'on puisse tous participer à la diffusion de ces aliments de bonne qualité et qui font du bien à tous les écosystèmes, qui rendent des services bénéfiques aux écosystèmes et qu'elles soient en plus disponibles à la portée de toutes les bourses. Voilà, ça, c'est mon deuxième rêve. J'en pose beaucoup en début d'année. J'ai le droit de faire tous mes vœux. Mais oui, voilà, de ne pas oublier ça, de ne pas oublier ça, parce que quand on produit, on produit pour nourrir et qui on nourrit. Et je suis comme Noémie Calé, plutôt nourrir qu'autre chose. Mais ça fait du bien de se sentir soutenu aussi par les personnes qu'on nourrit. Et ça ne sera pas saint l'autre finalement. Parce que si on réfléchit, quelles sont les ressources d'un territoire et que ce territoire, je ne sais pas, on pourrait parler par exemple de motoban, habitué à avoir des stations fruitières très abondantes et du coup des fruits assez accessibles pour le territoire du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Sauf que les productions fruitières ne peuvent plus être soutenues à cause de l'évolution climatique. Que va devenir ce territoire en fait ? Que va devenir ce territoire ? Est-ce que les bouches vont pouvoir supporter ce changement-là ? On a tous envie de manger des tomates l'été, mais est-ce que tous les sols sont propices à la culture de tomates ? Et est-ce que toutes les précipitations et tous les contextes climatiques sont propices à cultiver la tomate ? On aime tout ça, mais un peu de sobriété ne nous ferait pas de mal, peut-être. Voilà.</p>






<p>Lennan Bate: Tu fais très bien de rappeler l'importance de ne pas tous les efforts sur le</p>






<p>dos des paysannes. Si on veut avoir une agriculture de régénération, ça doit passer par tout le monde. Les clients sont en première ligne, puisque sans eux on n'existe pas. C'est très important de rappeler que l'effort est collectif. On ne peut pas demander systématiquement aux agriculteurs de travailler différemment. d'apprendre, de découvrir des nouvelles méthodes, etc. Si, de l'autre côté, la clientèle ne fait pas d'eux- mêmes, et elle aussi demande, elle aussi cherche, comprend.</p>
<p>Marlène Vissac: La situation climatique, elle impacte toutes les vies, encore une fois. En tant qu'agricultrice, paysanne, on a bien reçu le message, on sait ce qu'il faut faire. Maintenant, on ne pourra pas y arriver de notre côté, encore une fois, s'il n'y a pas le soutien de la société, parce que c'est une démarche 100% sociétale.</p>
<p>Lennan Bate: Bon, alors ça fait une bonne transition pour nous parler de chez toi, ta ferme et tes brebis de race Rayol.</p>
<p>Marlène Vissac: Ouais, alors je suis basée dans le Ségala, j'en ai un peu dit, un territoire hyper connu avant pour la qualité de son veau du Ségala. Et puis, des fermes qui, dans les années 90 et 2000, ont bien grossi. Tant est si bien grossi qu'il n'y a aucun enfant qui veut reprendre. Et puis, ça fait des fermes intransmissibles parce qu'énormes et trop chères. et puis avec des prairies mal en point et qui ont du mal à soutenir de l'élevage de plein air. Donc voilà, moi je me suis installée dans une vieille ferme, je rénove des vieux bâtiments qui datent du siècle dernier. Et donc j'élève une race de brebis qui s'appelle la brebis rayole, donc comme tu l'as dit, qui est plutôt originaire des Cévennes. Son berceau de développement, c'était les Cévennes. Et comme le changement climatique est bien là, ben voilà, elles ont été importées de l'autre côté du massif central. Je fais partie du programme de conservation de la race, parce qu'en fait, sur toutes les races domestiques en Europe, il reste seulement 5% des races qui ont été domestiquées. Et voilà, par des années et des années de travail, des milliers d'années de travail de l'humain, c'est des races qui disparaissent. Il n'y a pas que la biodiversité sauvage, mais il y a aussi la biodiversité domestique qui est en train de disparaître. Et je suis fascinée par ces brebis pour différentes raisons. Déjà, je les trouve magnifiques. Elles ont un port très gracieux. Elles ont des cornes. Et voilà, je suis amoureuse des bêtes à cornes et amoureuse de voir qu'il y a des bêtes encore qui ont des cornes. C'est une race qui est très rustique, c'est-à-dire qu'elle marche bien, elle fait une belle production de viande, une belle production de laine, elle valorise très bien tout et elle s'adapte à toutes les saisons pour aller chercher l'alimentation dont elle a besoin. Et donc c'est un régal à travailler, puis c'est des brebis qui sont, encore une fois, comme je disais, vachement rustiques et donc qui ont une immunité très développée. Elles ont été facilement détrônées par d'autres races qui sont arrivées avec beaucoup plus de production de lait, beaucoup plus de production de viande. Et moi, je ne vise pas la quantité, mais la qualité. Et du coup, voilà, je démarre avec un tout petit cheptel, parce que j'ai envie que mes prochaines mères soient nées à la ferme et du coup, se soient adaptées au climat d'ici, à l'alimentation d'ici, à l'eau d'ici, à la bergère d'ici, etc. Envie de voir aussi naître mes mères et d'apprendre à les connaître, parce que tout le monde a son petit caractère et tout le monde a sa petite stratégie immunitaire. Je travaille en 100% herbes, c'est-à-dire que mes bêtes ne voient pas un grain d'orge, de céréales, de compléments ou quoi que ce soit. Elles ne mangent pas d'ensilage, elles ne mangent rien d'enrubané. Elles sont le plus possible dehors. Et puis elles sont travaillées en pâturage tournant dynamique, qui est une méthode de gestion des sols et des ressources, mais qui va aller aussi dans le sens de la santé du troupeau. C'est-à-dire que je travaille sur des déplacements, des paddocks journaliers qui sont très petits, de façon à ce que les brebis aillent sur toutes les herbes possibles, qu'elles n'aient pas le choix, qu'elles ne fassent pas du sélectif comme on dit. et de les sortir au moment où la plante n'est pas atteinte dans ses réserves pour qu'elle puisse en fait reprendre croissance à partir de ses réserves à elle, sans aller dans l'épuisement du sol. Donc du coup, ça entretient une qualité fourragère importante, un rendement important, ça n'épuise pas les sols. Et puis le fait que ce soit des petits padocs, eh bien du coup, il y a aussi les déjections et les urines qui sont réparties sur l'ensemble du sol. Du coup, ça fait un ensemencement naturel en termes de protéines, de micro-organismes, de minéraux et du coup voilà, l'animal régénère le sol qui régénère l'animal, on s'inscrit dans un cercle vertueux. Et puis le fait de faire des petits padocs, les brebis ne repassent pas là où elles ont mangé pendant un certain temps, donc du coup ça permet de faire ce qu'on appelle des vides sanitaires, donc rompre des cycles sur certains parasites comme l'ostre, comme la douve, voilà là on est sur des parasites spécifiques aux ovins. Et c'est une ferme qui a été bien bien ouverte, on a des haies mais on n'a rien à l'intérieur, donc l'été dernier c'était une grande joie de chercher de l'ombre partout, donc cette année j'ai planté Pour le moment je travaille sur 10 hectares et là cette année j'ai planté sur 1 hectare 40 plusieurs arbres fourragés et mélifères sur motif Key Lime parce que j'ai une parcelle qui est en fond de vallée et qui du coup est très sujette à l'érosion. Et au vent, on a de plus en plus l'impact du vent du Sirocco, le vent du sud. Voilà, il y a un petit rucher de conservation aussi. pour sauvegarder l'abeille locale et lui proposer un habitat qui puisse répondre à ses besoins éthologiques et de pouvoir se faire une santé avant de recoloniser les écosystèmes. Puis après, il y a une petite partie PAM, mais qui est plus dédiée aux femmes sorcières que j'accompagne, mais voilà le gros de l'action de la ferme. Une petite chose, mais pas des moindres, c'est qu'il y a une école paysanne qui est en train de s'installer au sein de la ferme. pour pouvoir créer des formations en immersion dans la ferme et d'accompagner ce qu'on appelle dans le jargon les NIMA, les non-issus du milieu d'agricole, à l'installation agricole. Parce qu'apprendre le métier dans une salle de lycée institutionnelle, ça ne fait pas tout. Donc voilà, il y a des formations qui vont être présentées, proposées en immersion au sein de la ferme.</p>






<p>Lennan Bate: Donc des formations d'élevage, de pomme, des.</p>
<p>Marlène Vissac: Formations techniques sur des gestes techniques PAM et élevage, une formation plutôt longue, à peu près 400 heures sur le montage d'un projet agricole, et puis la formation certifiante aux reconnaissances des compétences hydronormie qui va commencer cette année 2024. 3 formats de formation.</p>
<p>Lennan Bate: Est-ce que tu peux nous parler du travail de génétique que tu dois faire sur le troupeau des rayolles ? Je sais qu'il y a un cahier des charges sur les races protégées, est-ce que tu en fais partie ?</p>
<p>Marlène Vissac: Sur la Raiole, on fait partie en Aveyron, Aveyron-Lotte-Gare-Ardèche, je pense que j'ai oublié personne. On est regroupé dans une association où... On est des éleveurs de trois races à la conservation du massif central et donc on sélectionne entre nous les béliers qui ont déjà les caractéristiques physiques et physiologiques de la race. Alors pour les rayolles, par exemple, on va regarder le chanfrein musqué, le développement des cornes, la répartition de la laine sur la tête, sur les jambes, etc. à partir du moment où le reproducteur répond aux caractéristiques physiques et physiologiques, mais aussi présente un beau développement, il a une belle croissance, il va être proposé à la vente chez les éleveurs Rayol. J'en ai fait les frais cette année, mais il y a les obligations après-sanitaires. Cette année, chez les bovins et les ovins, on a été atteint par un parasite diffusé par le moustique qui s'appelle la FCO, la fièvre catarhal-ovine à la base, mais qui se transmet maintenant aux bovins. Et du coup, il y a eu une vaccination obligatoire chez les reproducteurs avec les inconvénients d'une vaccination. Bref, après, on va d'abord travailler sur comment se développe le bélier, ses caractéristiques physiologiques. Et puis ensuite, quand il arrive à la ferme, comment je travaille. je place les animaux qui arrivent en quarantaine. Alors la quarantaine, elle ressemble plutôt à une quinzaine ou une vingtaine de jours où j'isole en fait l'animal. Alors j'ai toujours un petit mouton et il s'appelle Mario tellement qu'il est génial, qu'il va tenir compagnie parce qu'un mouton tout seul est extrêmement malheureux. Et du coup, ils vont passer un temps ensemble pour une vie de parasitaire. Et puis après, comment moi je travaille avec mes animaux leur robustesse et leur génétique, donc le reproducteur ne montra jamais sur ses filles. Donc voilà, j'ai un gros turnover de bélier. J'ai un troupeau de multi-âge, c'est-à-dire que j'ai des mères qui ont 10 ans et j'ai des mères qui ont moins de 1 an. Et ça, ça me tient à cœur aussi. Et même si j'ai des mères qui sont très maigres, très affaiblies, elles font quand même des magnifiques agneaux. Et du coup, je vais aussi chercher cette rusticité-là. Je ne garde pas systématiquement que les belles brebis parce que ça ferait une sélection hyper... il y aurait une beauté, il y aurait un plein développement, mais pas forcément une grande rigueur. Et donc j'ai quelques bêtes comme ça que je garde, que personne ne m'achèterait et que j'adore, et elles font vraiment des superbes agneaux. Et puis après je vais travailler sur l'immunité, donc comme je le précisais, je considère toujours que le ruminant c'est un polygastrique, donc je fais attention à leur période de chôme, je fais attention à leur alimentation, je supplémente en minéraux, etc. Elles sont en plein air, elles visitent plein de choses, elles sont touchées par plein d'humains pour qu'elles gagnent en sociabilité aussi. Ce qui fait pour moi un gage de réussite génétique, immunitaire et sociale de l'animal. Je ne fais pas que de la mise en réforme et d'ailleurs chez moi, les bêtes meurent à la ferme, personne ne part en réforme. ou tenir compagnie à des personnes âgées qui ne veulent plus tondre, sinon elles meurent de leur bonne mort. Donc je vais travailler sur tous ces aspects, et mon troupeau il ne ressemble à rien, j'ai des boîtantes, j'ai des grosses, j'ai des mecs, j'ai des corps nus, j'ai des moins corps nus, j'ai toutes les couleurs, et j'aime ça en fait, cette diversité là.</p>






<p>Lennan Bate: Donc comment tu sélectionnes tes mères et tes nouvelles génétiques ?</p>






<p>Est-ce que tu as des critères, notamment tu parlais des critères physiologiques ?</p>
<p>Marlène Vissac: Alors les critères physiologiques, si je veux les faire reconnaître en tant que reproductrice et si je voudrais les vendre, là-dessus je ne suis pas tout à fait en accord avec le syndicat des trois races et les procédures d'identification. Il y a des annuels que je trouve vraiment hyper intéressants en termes de physiologie et celles- là, ça m'intéresserait de les faire identifier en rayon. ne serait-ce que pour le syndicat, pour la race, etc. Cette notion de conservation. Après, dans ma manière de travailler, j'ai des brebis qui ressemblent à rien, enfin pas du tout aux rayolles, mais j'adore leur caractère, j'adore comment elles grandissent, avec quoi elles se valorisent, en fait. Et ça, pour moi, c'est un plus grand gage de qualité. En fait, j'ai deux niveaux, j'ai deux échelles, on va dire.</p>
<p>Lennan Bate: Par rapport aux subventions, je sais que certaines races ont des aides. Est-ce que tu demandes ces aides ? Est-ce que c'est une contrainte sur le cahier des charges ? Comment est-ce que tu te situes sur cette question de subvention et du prix à payer dans les choix stratégiques pour toucher ces subventions ?</p>
<p>Marlène Vissac: Pour le moment, je touche pas à la primovine, parce que c'est des histoires de délais, pas de délai, mais de date et de nombre de têtes à telle date. Donc jusqu'en 2025, je ne toucherai pas l'aide au vide, donc ça ne me concerne pas. Et du coup, je ne peux difficilement répondre à ta question parce que je ne suis pas encore au fait de ces subventions-là. Maintenant, comment je dirais ? Je suis bien contente de toucher des subventions et des aides de l'APAC parce que c'est ce qui fait que je vis de mon métier et c'est ce qui fait aussi que je peux produire une viande à coût relativement que j'estime raisonnable mais il est hors de question que ça vienne entacher mon objectif de travail et mes valeurs. Je préfère moins bien vivre financièrement, mais être heureuse de ce que je fais tous les jours et être en conscience et en cohérence, que d'aller chercher de la prima tuva. Parce que j'ai un design économique qui me le permet et que je suis une tête brûlée, que je n'ai pas d'enfant et tout ça. Sur les questions plus techniques sur comment marchent ces subventions, malheureusement, je ne peux pas encore te répondre.</p>






<p>Lennan Bate: Pourquoi est-ce que c'est important de garder cette race ?</p>
<p>Marlène Vissac: Ce qui me touche le plus, c'est le côté matrimoine et patrimoine, c'est- à-dire qu'on domestique du vivant depuis 15 000 ans et il y a eu des évolutions de races qui ont été maintenues et conservées pour différentes raisons, et notamment la rusticité, la vigueur de l'animal. Et je trouve hyper dommage de voir que des animaux qui ont des durées de vie très courtes, qui ont des immunités très basses et qui sont de grosses productrices, mais qui n'apportent rien en fait C'est que de la souffrance, finalement, quoi. C'est trois ans de vie avec des problématiques énormes et qui engendre des effets sanitaires importants parce qu'un animal qui est vacciné, qui est traité, c'est de la pollution derrière, c'est de la façon de polluer, c'est des déjections qui polluent le sol. Encore une fois, c'est du plastique, c'est plein de choses. C'est des labos qui s'enrichissent toujours de ça. Et du coup, on perd en résilience en tant que paysans quand on travaille que sur des races très fragilisées, très productives, mais très fragilisées. Les dépenses véto, elles sont très basses. Et donc, voilà, c'est à la fois ce côté patrimoine de tous ces savoir-faire et toutes Tout ce temps qui a été établi à ça, comment l'humain, avant, il travaillait avec son paysage, avec le climat, qu'on a complètement perdu. C'est comme une espèce de relique de musée. Et puis après, c'est quelque chose qui répond à des contraintes qualitatives et sanitaires. Je fais partie de celles qui ont été les moins touchées en Auvain sur la FCO, j'ai perdu seulement une bête sur mon tropeau. Tout autour de moi c'était l'hécatombe. Je suis contente d'avoir une race rustique, je n'ai pas beaucoup de têtes, je n'ai pas beaucoup de viandes, mais en fait j'ai des bêtes qui se battent contre un virus, et ça c'est tout ce qui compte en fait. Parce que dans 20 ans, 30 ans, les Holstein, les Lacones et je ne sais quelle autre race, qu'est-ce que ça va... Je ne sais pas, en fait, si on va vraiment pouvoir encore se nourrir de ça. C'est des baies de toute manière qui sont de moins en moins adaptées à l'extérieur, donc c'est des paysages qui voient de moins en moins d'animaux à la maîtrise de la fertilisation. Donc ça me tient à cœur. Et puis dans cette problématique de où je vis et qu'est-ce que je peux produire, eh bien la brebis en fait elle répond à ça. C'est-à-dire que je suis sur un territoire à quatre saisons, mais on va dire que l'été est vraiment puissamment marqué. Ça a donné chez nous des foins l'année dernière assez tardif, mais ils ne repoussent seulement en novembre. Donc de juin à novembre, voilà, pas de repousse parce que trop de chaleur. mes brebis, elles ont mangé de la ronce, elles ont mangé du frêne, elles ont mangé de la laitue sauvage, elles ont mangé de la feuille de rumex, elles ont quand même été dehors, elles sortaient la nuit et pas le jour, etc. Et elles ont fait de magnifiques agneaux, elles ont très bien grossi. Et donc ce qui me plaît aussi, c'est qu'avec très peu d'énergie dépensée, voilà ce qu'on peut produire aussi en termes alimentaires et en termes de régénération des sols. Donc je préfère travailler avec des vieilles carnes, comme diraient certains, qui donnent du fil à retordre à mon chien, à moi aussi, etc. Mais qui vont soutenir un paysage, soutenir une économie, soutenir un territoire dans les besoins alimentaires. Voilà, ça c'est mon engagement en tant que paysanne.</p>






<p>Lennan Bate:C'est sûr que dans le contexte du changement climatique et des difficultés climatiques qu'on rencontre, l'importance de la diversité, elle est justement pour plus de résilience, pour plus d'adaptation. C'est vraiment ça, là-dessus, il n'y a pas de doute. J'aimerais juste rappeler une chose, parce qu'à un moment donné, tu parlais d'antibiotiques dans les élevages, et je crois que c'est important de rappeler que 70%</p>






<p>des antibiotiques qui sont utilisés sont utilisés pour la viande, pour les filières viande, sont utilisés pour faire grossir plus vite les animaux. C'est une pollution extrêmement importante à tous les degrés. On ingère beaucoup d'antibiotiques quand on mange la viande de cette filière, sans compter tous les frais humains, symboliques et de souffrance derrière. Est-ce que tu veux partager des choses que tu fais, ou est-ce qu'on peut retrouver ton travail, tes formations, etc. Je pourrais mettre tout dans les liens, mais en tous les cas, si tu veux déjà parler de trucs qui viennent.</p>
<p>Marlène Vissac: La grande nouvelle de l'année 2024, c'est l'apparution de mon livre qui va parler des techniques d'hydronomie, tout ce qui s'apparente à la gestion de l'eau verte et de l'eau bleue, et comment est-ce qu'on peut cultiver de l'eau verte pour restaurer l'eau bleue. Ça va être édité par Imagine un Colibri. La fin de la première ligne droite, il y aura d'autres lignes droites, mais en tout cas la sortie, ce sera pour 2024. Donc si vous voulez être tenu au courant, vous pouvez aller sur le site hydronomie.fr et vous abonner à la newsletter. Et du coup, vous aurez toutes les infos les plus fraîches possible. Les formations d'hydronomie, elles commencent là en 2024, en février. où on va aller dans l'Aude. C'est une ferme que j'accompagne depuis trois ans. On a déjà réalisé un motif qu'il a, on a déjà réalisé des baissières et on va continuer l'aménagement de cette parcelle-là, qui représente un gros bassin versant pour le coup, donc c'est un très beau terrain de jeu avec la construction d'une réserve collinaire. Donc voilà, n'hésitez pas à vous inscrire, il reste quelques places. C'est des formations qui sont finançables par Viva, par d'autres opcos. Quoi d'autre ? Si vous voulez suivre les aventures de la ferme, il y a les réseaux sociaux, il y a le site de la ferme faceliaecompagnie.com. J'ai été un peu absente du blog de la ferme, j'ai beaucoup travaillé sur hydronomie cet hiver. Vous pouvez être plus présente sur les réseaux sociaux, il y a un Instagram, il y a un Facebook de la ferme. Il y a la possibilité de venir aux rencontres hydronomiques qui auront lieu le 5 mai dans le sud d'Aveyron. Cette année j'ai envie de provoquer la rencontre entre agriculteuristes et pépiniéristes. D'un côté il y a les producteurs d'arbres et d'autre ceux qui cherchent des arbres pour les planter. Il y a plein d'enjeux à révéler et que chaque filière se rencontre pour pouvoir répondre aux besoins des agris et aux pépiniéristes et faire en sorte qu'il y ait de plus en plus d'arbres dans nos outils de production et dans nos paysages. Ça c'est le 5 mai et il y a aussi toutes les infos sur le site hydronomie.fr. Et puis voilà les petites formations qui vont avoir lieu à l'école paysanne. On commence cette année par les PPAM avec de la distillation, mais là c'est des ateliers en non mixité femmes dans un premier temps. Et là les dates sont en train de s'organiser. Comme je suis seule à bord de tout ça, j'ai parfois un peu de retard sur mes échéances. Je suis mon propre patron, c'est mes échéances à moi, mais des fois j'ai un peu de retard.</p>






<p>Lennan Bate: Génial, quel programme ! Super, je mettrai tous les liens et puis on pourra retrouver tout ça et te suivre sur l'année. Parfait, merci beaucoup Marlène !</p>
<p>Marlène Vissac: Avec plaisir, salut !</p>


]]></description>
                                                            <content:encoded><![CDATA[<p class="p1">Daniel Zimmer l'empreinte eau : <a href='https://www.eclm.fr/livre/l-empreinte-eau/'>https://www.eclm.fr/livre/l-empreinte-eau/</a> </p>
<p class="p1">Noemie Calais Plutôt Nourrir : <a href='https://www.leporcnoirdenoemie.fr/livre'>https://www.leporcnoirdenoemie.fr/livre</a> </p>
<p class="p2"><a href='https://www.hydronomie.fr/'>https://www.hydronomie.fr/</a></p>
<p class="p2"><a href='https://www.phacelia.fr/'>https://www.phacelia.fr/</a><br>
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<p>Episode 1 - Questionner le rapport à l'eau, à la terre et au métier de paysanne avec Marlène Vissac</p>
<p>Lennan Bate: Bonjour Marlène, est-ce que tu peux commencer par nous parler de toi, de ton parcours et de ton travail actuel ?</p>
<p>Marlène Vissac: Bonjour, je suis Marlène, merci de m'inviter à participer à ce podcast. Qui je suis ? J'ai plusieurs casquettes professionnelles. La première, je suis technicienne hydronomie. Et la deuxième, je suis agricultrice, élevage, j'élève des ovins pour la viande, entre autres. Qu'est-ce que je fais ? J'essaye de partager ces activités dans mon quotidien. Technicienne d'hydronomie, ça veut dire que j'accompagne des agriculteurs qui sont soucieux de faire révoluer leurs pratiques en vue d'augmenter la résilience de leurs outils de production. Et ça m'amène à faire des audits, ça m'amène à former des gens, des agriculteurs, entre autres. Et puis, la plus grande partie de mon temps va se passer à la rénovation de la ferme et à la gestion du troupeau. Voilà.</p>
<p>Lennan Bate:Tu es technicienne en hydronomie et tu travailles notamment avec une pratique qui s'appelle le Keyline Design. Est-ce que tu peux expliquer pour ceux qui ne connaissent pas ce que c'est que le Keyline Design ?</p>






<p>Marlène Vissac: Le Keyline Design, c'est une méthodologie de conception qui nous vient de l'Australie. Son fondateur, qui s'appelle Perceval Alfred Jomans, qui est décédé maintenant, a défini, selon lui, des critères établis par ordre de priorité à considérer pour pouvoir établir la conception, l'aménagement du paysage d'une ferme, d'une ville. Ça s'étend à plein d'échelles. Et le Key Line Design repose, donc cette méthodologie prend en considération le climat, la topographie, l'eau, pour arriver ensuite à la définition des accès, des infrastructures, des systèmes on va dire agroforestiques, qu'ils soient bosqués, haies, etc. Mais toutes ces approches se rejoignent, comment je dirais, il y a la méthodologie mais qui s'inscrit dans une approche très globale. Et là, je rezoome sur l'aspect plus agricole. qu'un aménagement ne se suffit pas, il est nécessaire de définir des objectifs et des itinéraires techniques pour que l'aménagement réponde aux objectifs qu'on s'était fixés. Et du coup, le Key Line Design, ça entend la régénération des sols, l'augmentation de la fertilité des sols, l'augmentation de la diversité, mais aussi du rendement des prairies. et puis tout ça en essayant de diminuer les érosions au sein du paysage, donc les érosions qu'elles soient d'ordre éolienne comme hydrique. Et du coup, M. Jomans avait décelé en fait dans le paysage un point bien particulier où la topographie et l'hydrologie se rencontrent, au bénéfice du paysage pour répondre à tous ces objectifs-là en utilisant la moindre énergie possible, en s'appuyant sur la gravité. A l'intérieur, on va retrouver une méthodologie de conception, on va retrouver des recommandations d'itinéraire technique, et pour les aménagements, on va s'appuyer sur la topographie, le relief, la circulation de l'eau, pour pouvoir créer une conception qui soit la plus résiliente possible.</p>
<p>Lennan Bate: L'échelle de la permanence, comment elle s'ancre dans une réflexion globale de la ferme ?</p>






<p>Marlène Vissac: Ok, alors là je vais revenir au XXIe siècle, jusqu'ici au Mons, je vais te parler un peu de comment moi je l'utilise et comment elle devient un outil aussi de transition agricole. C'est que chaque élément de cette échelle de la permanence relative est pris par ordre de priorité, c'est-à-dire que le climat c'est le maître du jeu. et qu'en fonction du climat, va s'être formée une topographie, etc. Quels sont les paramètres sur lesquels, en tant qu'humain, on a un impact mais avec quasiment aucune maîtrise ? Et sur ce paramètre-là, quels vont être les impacts sur les autres paramètres ? Et par exemple le climat, dans la transition agricole pour laquelle j'œuvre au sein de mon métier de technicienne mais aussi en tant qu'Èleveuse, c'est quelles sont les ressources climatiques et quelles sont les contraintes climatiques qui me permettent de définir les choix de production, déjà. Et ça, je trouve que c'est quelque chose qui n'a l'air de rien de nouveau, mais qui est quand même très innovant au XXIe siècle, puisque la majorité des paysages et les politiques agricoles communes ont plutôt soutenu le développement, initié du développement et initié de la prise en charge ou du soutien financier. au regard des productions qui devenaient les plus rentables dans un contexte de marché global. Or, par exemple, la France a été découpée comme ça. Les territoires, il y a par exemple la Bretagne qui est célèbre pour ses légumes et son porc. Il y a le pourtour de Toulouse qui est reconnu pour ses céréales et ses oléagineuses, etc. Ou le massin de Montauban pour tout ce qui va être fruitier. Et en fait, ça a été positionné sur des données agronomiques, sur quelles étaient les portances des sols et du coup, qu'est-ce qu'on pouvait atteindre comme objectif à partir de la portance des sols. Mais ce qu'on avait fondamentalement oublié, c'est que l'ensemble, par exemple, des précipitations C'était l'ensemble des précipitations d'un bassin versant qui allait être utilisé pour soutenir les productions de Toulouse, par exemple. Si on reprend l'exemple de Toulouse, les agronomes ont défini que le bassin allait produire tant de quinto à l'hectare et attendu telle céréale, telle oléagineuse, etc. en se basant sur à la fois les ressources du sol de la région toulousaine, mais de toute l'eau du bassin versant, de la partie amont du bassin versant. Il se trouve par exemple que je suis éleveuse en tête de bassin versant d'Adour-et-Garonne et qu'en Aveyron, parce que du coup je me situe en Aveyron, en Aveyron on a des restrictions d'usage d'eau un mois, un mois et demi avant le reste du territoire du bassin versant d'Adour-et- Garonne parce qu'il faut maintenir le débit de la Garonne qui va soutenir les productions agricoles de Toulouse. Et du coup ça crée en fait une énorme disparité économique, ça crée une énorme disparité sur la diversité et la biodiversité des paysages, et sur l'appropriation ou la mobilisation de ressources qui sont, de mon point de vue, un bien commun. Donc pourquoi est-ce que le climat, considérer le climat aujourd'hui comme innovant ? Eh bien, notamment ça, qu'est-ce qu'on a comme ressources et comme contraintes climatiques sur les territoires ? et à quoi peuvent être destinées ces ressources et ne plus les compter dans une échelle globale et restreindre des territoires pour en enrichir d'autres. Voilà, et puis dans une autre mesure, c'est aussi que jusqu'à présent, il y avait très peu de questions concernant la ressource en eau, parce que quand on ouvre les robinets, ça coule et on ne se pose pas trop de problèmes, pas trop de questions. Or, il y a de plus en plus de départements qui ne voient plus l'eau du tout couler au robinet. Comment est-ce qu'on peut maintenir une souveraineté alimentaire dans un territoire qui se réchauffe de plus en plus, qui a des précipitations de plus en plus disparates dans l'année, et de façon à la répartir avec tous les vivants, parce que les humains c'est une chose dans le monde agricole, mais il y a les animaux domestiques qui font partie des élevages, mais il y a aussi toute la faune sauvage aussi. Donc voilà comment Comment ça devient un outil ? Eh bien, ne serait-ce que de poser la question à tous les agriculteurs que je connais et je leur demande combien de volume d'eau ils dépensent par an. Généralement, je n'ai pas beaucoup de réponses à cette question, à part un coût de facture, mais pas un volume d'eau. Et du coup, je les accompagne à réfléchir, qu'est-ce qu'on a comme précipitation sur le territoire ? Qu'est-ce qu'on peut stocker in situ de la ferme ? Et du coup, quelle production on peut définir derrière ? Voilà, c'est un peu comme ça que je considère que c'est un outil de conception innovant parce que ça demande de revoir complètement notre approche du paysage, notre approche du développement agricole et les filières et la répartition des ressources et des productions agricoles.</p>






<p>Lennan Bate: La question du réchauffement climatique, des sécheresses, etc., on va l'aborder un peu plus tard. Mais d'abord, j'aimerais bien me poser et comprendre qu'est-ce qui diffère... Cette approche est née en Australie, dans un contexte climatique et géographique très spécifique. Qu'est-ce qui diffère de cette approche, cette technique en Australie, de ce qu'on peut faire aujourd'hui ici en France ?</p>
<p>Marlène Vissac: Alors déjà, on n'est pas sur les mêmes surfaces. Les fermes australiennes, c'est plusieurs centaines d'hectares. Et chez nous, les fermes de centaines d'hectares qui sont d'un seul morceau, elles se font quand même assez rares ou en tout cas, peut-être plus localisées dans le nord que chez moi, dans le grand sud-ouest. Donc voilà, il y a déjà une notion d'échelle qui demande, c'est ce qui fait la possibilité de le réaliser ou pas, d'ailleurs, cette approche Keyline. Ensuite, on ne s'inscrit pas non plus dans les mêmes carcans socio-économiques. C'est-à-dire qu'en Australie, c'est un pays qui est très libéral en termes d'économie, et les agriculteurs n'ont pas les mêmes aides ou les mêmes soutiens qu'on peut avoir en Europe, notamment. Ce qui va différer c'est la volonté de prendre un risque d'être innovant et d'avoir aussi les capacités de gérer de la transition, une capacité financière dans un premier temps et puis une capacité technique aussi, parce que quand on a hérité ou quand on a fait le rachat d'une ferme, en fonction de son état, on n'a pas forcément imaginer qu'on allait transformer ou alors investir sur, je ne sais pas, par exemple, l'implantation d'arbres qui va donner un bénéfice assuré à la ferme, mais probablement à la fin de la carrière de celui qui l'aura montée. Et du coup, comment est-ce qu'on le valorise, en fait ? Ça, c'est très différent. Ce n'est pas du tout les mêmes approches parce que, voilà, pas les mêmes enjeux, pas les mêmes développements socio- économiques. Voilà, je dirais que c'est surtout ça. En France, par exemple, ça fait depuis la première période de Covid où les formations baissent vachement en fréquentation. Deux ans de Covid, ça met à mal une trésorerie. Deux ans de sécheresse, ça fait descendre aussi les productions. Et du coup, qu'est-ce qu'on est prêt à investir ? En France, c'est la question qui est posée. Et puis pour finir, En Australie, comme les fermes sont immenses, la gouvernance des paysages va passer par les gestionnaires des paysages. En France, c'est très découpé, la gouvernance de la gestion des paysages et la gestion de l'eau notamment. C'est une poignée d'agriculteurs qui va être rassemblée autour de la table et des discussions et des prises de décisions. et c'est souvent des agriculteurs qui ont une certaine puissance économique ou un certain rayonnement, qui se seront fédérés autour d'entreprises ou de coopératives irrigantes, et les enjeux peuvent ne pas tout à fait être les mêmes.</p>






<p>Lennan Bate: En Australie, on a plus facilement une réflexion sur l'ensemble du bassin versant, parce que c'est l'unité de la ferme, qu'en France où on est partagé à plusieurs agricultrices. sur un même bassin versant. Il y a une réflexion plus complexe sur une communauté. C'est ça ?</p>
<p>Marlène Vissac: Exactement. C'est plus complexe à l'échelle d'une communauté. On est entre deux eaux. Il y a des territoires très abîmés par les sécheresses ou les inondations qui ne s'arrêtent plus dans le nord de la France. Et ça ne rassemble pas la nation. En Australie, déjà, on est sur un pays qui est immense, beaucoup plus grand que la France. Et en fait, les sécheresses et les incendies, ça fait plusieurs années qu'ils les ont. Et donc, les enjeux, encore une fois, ne sont pas les mêmes. C'est-à-dire qu'on n'a plus le temps de se poser la question, est-ce qu'on prend le risque ou pas ? Puisque le risque, il est déjà là, en fait. En France, on se tâtonne encore un peu. Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on n'y va pas ? Est-ce que c'est à l'échelle individuelle que ça doit se prendre ou est-ce que c'est à l'échelle de quelque chose de beaucoup plus global, de communautaire ? Et il n'y a pas de prise de position, que ce soit au niveau des politiques, que ce soit au niveau des acteurs territoriaux, que ce soit au niveau des agriculteurs. Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'initiative ÉPARS en France. Il y a aussi plein de contre-exemples à ce que je vais dire, mais ça n'est pas malheureusement encore une majorité et ça ne représente pas comment je dirais, un élan et une prise d'initiative, j'ai presque envie de dire générale, voilà.</p>






<p>Lennan Bate: Selon toi, pourquoi est-ce que dans un climat où en Australie ils ont très peu de subventions et d'aides agricoles, comment ça se fait qu'ils ont l'air de prendre plus de risques à mettre en place et à investir dans leurs fermes qu'en France où on est quand même soutenu, on a un coussin financier et qu'on prend moins de risques au niveau de la gestion de l'eau ?</p>
<p>Marlène Vissac: Alors oui, on a des coussins financiers en France, en Europe, mais qui demandent beaucoup, beaucoup de conditions. Et parfois, c'est des conditions qui engagent sur 4 ans, 5 ans, 7 ans, et ces conditions ne peuvent pas se rompre comme ça. Donc déjà, il y a une contrainte sur la condition. Et comment on appelle ça ? Quand on a reçu des subventions, on doit prouver qu'elles ont été utilisées à bonne et due forme, etc. Donc voilà, il y a ça qui est très gênante. Ensuite, quand on a des subventions à la calamité et pas de subventions à l'investissement, ça ne pousse pas les personnes à être innovantes. C'est qu'il y a un choix aussi politique sur comment vont être rétribuées ces subventions. Voilà, 2022-2023, des aides calamités qui ont qui ne vont pas combler les déficits de tout le monde, mais qui sont là pour compenser tout ou partie. Mais il n'y a pas de subvention à la réalisation d'une réserve collinaire collective sur un territoire, par exemple. Ça, ça n'existe pas. On peut demander des subventions, mais ça va être des subventions qui vont être très, très basses et qui demandent d'avoir aussi un statut juridique autour de ça. C'est des choses qui sont assez vieilles France, en fait, finalement. Les statuts juridiques, ils n'ont pas tellement évolué. C'est-à-dire que si tu veux faire un ouvrage collectif, il faut que tu te mettes dans une société, dans un gag, dans un regroupement. C'est des choses qui sont assez lourdes à porter. Je dirais que c'est principalement ces trois axes-là. La subvention qui est au mauvais endroit, la subvention qui n'est pas du tout incitatrice, et puis les formules juridiques qui sont plus adaptées et qui ont du mal à être visitées. Encore une fois, quand on est sur des grands territoires en Australie, c'est facile d'avoir quatre personnes autour de la table pour parler d'un bassin versant. Si on devait parler du bassin versant de la rivière Aveyron, on ne serait pas trois ou quatre autour de la table, on serait des centaines avec des prorogatives différentes. Et c'est aussi des savoir-être et savoir-vivre ensemble qui sont plus... qui sont plus difficiles aussi à, comment je dirais, à reconnecter quand on n'a pas l'habitude de décider, de prendre des décisions collectivement. Qu'est-ce qui se passe quand on est plusieurs dizaines autour d'une table à ne pas être outillé et avoir des intérêts d'abord individuels et puis éventuellement à l'échelle de plus global. Mais il faut que tout ça, ça se rencontre et ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile. Regretter Hubert Reeves qui appelait ça le PFH, c'est effectivement, ça va être Une des premières barrières quoi, ouais.</p>






<p>Lennan Bate: Alors avant de parler de solution, j'aimerais qu'on définisse bien les termes. Yeoman s'est connu pour avoir mis en place sur sa ferme Yeobarney en Australie tout un système de récupération d'eau à travers une dizaine de bassins de rétention et tout un système d'irrigation par gravité en utilisant ses bassins communicants. Et après plus de 60 ans sans utilisation ni entretien, ça fonctionne encore très très bien. Aujourd'hui, on parle beaucoup de mégabassines. Alors, est-ce que</p>






<p>tu peux définir pour nous la différence entre retenue collinaire et mégabassine ?</p>
<p>Marlène Vissac: OK. Alors, les réserves collinaires, c'est des réserves qui sont faites... Déjà, c'est à beaucoup plus petite échelle, ça ne représente pas plusieurs dizaines d'hectares en surface, c'est des choses qui sont beaucoup plus petites, et qui sont placées en fait sur les flancs de colline, tel que son nom l'indique, souvent, en tout cas. C'est-à-dire qu'on s'appuie sur la topographie pour avoir, je vulgarise la chose et j'essaye de lui donner une image, c'est que quand on est dans une vallée très encaissée et que c'est pertinent ici de collecter les eaux de ruissellement, il suffit entre guillemets de faire un mur pour fermer en fait cette vallée très encaissée. Donc en termes de dépenses énergétiques de construction, c'est assez minimaliste. et l'objectif c'est qu'elle fonctionne le plus possible par gravité, c'est-à-dire qu'elle distribue l'eau en gravité et avec le moins d'énergie potentielle. Donc on va plutôt retrouver les réserves collinaires encore une fois sur les hauteurs. plutôt en haut de bassin, c'est des ouvrages qui sont petits et qui vont collecter du ruissellement. Il y a plein d'avantages et plein d'inconvénients sur ce type d'ouvrage. C'est souvent des ouvrages qui sont individuels, qui vont être financés et gérés à l'échelle d'une ferme. Les mégabassines, ce sont des ouvrages qui font plusieurs dizaines d'hectares. La majorité d'entre elles, celles qui sont construites en France ou qui ont eu un projet de construction, parce que là, ces deux derniers mois, j'ai un peu arrêté de suivre où on en était sur les autorisations et les arrêts d'autorisation sur les constructions, mais l'ensemble était plutôt placé en bas de bassin versant. Souvenez-vous de Saint-Sauline, par exemple, on est pratiquement au bord de la mer, on est en très basse altitude et ces méga bassines ont pour intérêt de collecter, enfin de collecter, non, de sortir les eaux souterraines hivernales sous prétexte qu'il y ait une abondance de pluie en hiver et que donc les nappes se remplissent très très vite et donc les nappes potentiellement débordent. Donc on va prendre le débordement de ces nappes pour les mettre dans ces mégabassines qui sont en surface et soutenir les besoins d'irrigation du territoire. Donc ça fonctionne avec la bon nombre d'énergie, de matériaux, et puis ça va fonctionner aussi par pompage. Donc voilà, il y a de l'énergie qui est utilisée pour l'extraction au niveau de la nappe, comme l'utilisation pour l'irrigation. Et je précise sur l'irrigation, parce que les réserves collinaires, on va les retrouver dans différents territoires et ça peut être aussi 100% dédié à de l'abreuvement, un petit outillage électrique, comme faire fonctionner un petit moulin, un petit alternateur, comme aller sur l'irrigation. Les mégabassines ont été construites principalement pour l'irrigation. et sur des stations, sur des fermes qui pensent qu'avoir une réserve pleine d'eau et d'ouvrir les vannes va suffire à faire cultiver ce qu'il y a à cultiver et ne va pas avoir de regard sur les érosions, les salinisations. Là on m'arrive sur des détails techniques sur les dégâts que ça peut faire sur un sol. Donc ça aussi, là j'ai dépeint un bon nombre d'inconvénients. Le gros avantage de la méga bassine, c'est qu'elle permet de soutenir un système qui fait de la production à bas prix alimentaire. Et elle soutient un modèle économique qui peut être une force active d'un territoire comme en Charente, par exemple, où la majorité des gens sont agriculteurs. Les réserves collinaires vont avoir le gros inconvénient de faire de l'arrêt de sédimentation et puis ne permettent pas toujours la continuité écologique. Et ça fait partie aussi d'une privatisation d'un bien commun. Et les deux vont rassembler des problématiques qui vont être réchauffement des eaux, évapotranspiration des eaux, potentiellement prolifération d'algues, de moustiques, etc. Après, ça engendre pour les deux modèles, ça va engendrer toutes les problématiques qu'on connaît, avoir de l'eau mise en surface sans un écosystème naturel qui va s'établir autour puisque c'est des ouvrages qui sont artificiels et maintenus en l'état.</p>






<p>Lennan Bate: Dans les méga-vaccines, il y a eu une étude sur le développement des cyanobactéries et des algues dans ces eaux, qui les rendent impropres à l'utilisation, à l'irrigation, etc. Ce sont des eaux qu'on récupère dans les sous-sols, qu'on stocke en surface. On n'est pas sur des ruissellements et un captage qui ralentit le flux de l'eau et laisse repartir derrière.</p>






<p>Marlène Vissac: Puisqu'On a tendance un peu aussi à oublier, ou peut-être que c'est vulgarisé à bonne essence, c'est qu'il y a plein de sortes de nappes dans le sous-sol. Il y a des nappes qu'on appelle des nappes captives, il y a des nappes qui sont en mouvement, il y a des nappes qui sont en surface, il y a des nappes qui sont en profondeur. Et en fait, depuis 2022, beaucoup d'hydrogéologues se rendent compte que ce qui est scanné et échographié depuis la surface ne correspond pas forcément au volume d'eau. Il y a eu des Dans les rôles à côté de chez moi, il y a plusieurs hydrogéologues qui sont descendus en spéléo parce qu'ils ne comprenaient plus du tout pourquoi est-ce que dans certaines communes, il n'y avait pas beaucoup d'eau alors que ce qu'ils sondaient dans les nappes, le volume était censé être présent. Et en fait, on sait faire plein de choses. On sait envoyer des trucs sur Mars, on sait travailler des champs agricoles en drone, mais on ne s'est pas intéressé du tout au fonctionnement de la circulation des eaux souterraines de France. Et puis, il ne faut pas oublier aussi que Il y a un âge, une goutte d'eau, elle ne rentre pas comme ça dans les sols aussi facilement que ça. Il y a Daniel Zimmer qui a écrit l'empreinte eau que je vous recommande de lire, qui a collecté en fait des données, et autour de l'âge de l'eau en moyenne sur Terre, donc sur la planète, une goutte d'eau souterraine a en moyenne 3500 ans. Donc ce n'est pas anodin, ce qu'on appelle le débordement de nappes, ça arrive sur des nappes qui sont superficielles, qui sont connectées à des cours d'eau, et donc le fait qu'on pompe d'un côté, inévitablement va assécher de l'autre, parce qu'on va se parler de la mémo, et le temps de remplissage de ces nappes ne se fond pas à chaque fois qu'il y a une grosse flotte en hiver. On va parler des nappes superficielles, mais on ne va pas du tout parler des nappes profondes, il va falloir que la goutte passe par toutes les couilles de sol, Et en fonction de l'urbanisation développante ou des itinéraires techniques agricoles, les sols et la géologie, la goutte va mettre plus ou moins de temps à franchir ça. Donc ce n'est pas anodin d'aller prélever une eau qui a plusieurs milliers d'années, qui a été privée d'UV, qui a été filtrée dans des sols, et d'un coup de la mettre sous les rayons UV, à la surface. Et du coup, dans l'eau, il y a des composantes qui sont oubliées et qui donnent des conditions favorables au développement de certaines cyanobactéries qui sont nocives. Il y a les cyanobactéries, mais il y a aussi les moustiques, et ça peut être vite un fléau sanitaire, il ne faut pas l'oublier.</p>






<p>Lennan Bate: Tu fais très bien de le rappeler, et même à des petites échelles, tu parlais de 10 000 hectares pour des méga-bassines, mais même à des petites échelles, de pomper de l'eau souterraine pour la stocker en surface, ça ne fait pas tout à fait sens.</p>
<p>Marlène Vissac: Tout à fait. Et on est bien d'accord que tout le monde a besoin de boire, mais je rêve secrètement d'une humanité un peu décoloniale et qui serait en mesure de se rendre compte qu'elle n'est pas la seule à avoir soif. Et comment est-ce qu'on peut répondre à nos besoins sans aller priver les autres, en fait, nos besoins. Ça, c'est mon petit rêve, quoi.</p>
<p>Lennan Bate: Qu'est-ce qu'un individu, une petite ferme, pourrait faire pour commencer à réhydrater son paysage ? Répondre à des enjeux de problèmes d'hydratation sur sa ferme ?</p>
<p>Marlène Vissac: Très vaste question. Je vais essayer d'être concise.</p>
<p>Lennan Bate: Tu peux parler de tes clients et des situations que tu as pu couvrir ?</p>






<p>Marlène Vissac: Alors déjà, ce que j'aime rappeler à tout le monde, c'est que même si c'est très angoissant de voir l'évolution climatique arriver, voire même d'être très présente sur certains territoires, Pour autant, ce n'est pas parce qu'on a des volumes d'eau que, quand on ouvre les vannes, l'eau va être utilisée. J'ai bon nombre d'exemples de maraîchers qui, l'année dernière, m'appelaient en catastrophe en me disant « je ne comprends pas, j'irrigue et ça ne pousse pas, mes légumes n'arrivent pas à maturité, il y a un arrêt de croissance ». Et pourtant, une plante qui fait de la photosynthèse, elle a de la lumière, elle a un sol et elle a de l'eau, pourquoi elle ne pousse pas ? Donc en fait, mon premier conseil, c'est de rentrer en contact avec le sol. On a aussi beaucoup oublié ça, c'est-à-dire que qu'on soit maraîcher, céréalier, éleveur, la première chose qu'on fait, c'est qu'on élève des sols, des sols vivants, des sols poreux, des sols qui sont en capacité de séquestrer du carbone. C'est le premier levier sur la résilience. et que ce soit en fait dans des territoires fortement inondés comme sur des territoires qui sont plutôt voués à de grandes sécheresses. Donc voilà, c'est de se reconnecter à son sol, de comprendre comment ça marche, où est-ce qu'il en est dans son état d'évolution, quelles en sont les carences et comment est l'activité biologique. Ça, c'est mon premier conseil. Ensuite, le deuxième conseil, c'est de s'intéresser au climat. Alors là, tu vois, je prends les choses un peu à l'envers sur l'échelle de la permanence relative, à partir du moment où tu as compris comment fonctionnait ton sol et dans quel état d'évolution et biologique il est, et que tu as compris aussi le climat, c'est-à-dire c'est quand qu'il va faire très chaud, c'est quand qu'il va faire très sec, c'est quand qu'il va y avoir beaucoup d'eau, et comment elles sont réparties en fait ces périodes de grande activité biologique et de ralentissement biologique. Et en fait, rien qu'en vous en connectant, c'est facile à dire, En faisant connecter ces deux gros paramètres, c'est de définir qu'est-ce qui va être possible de faire et de ne pas le prendre à l'inverse. Ce n'est pas parce que j'ai envie de manger des tomates et de la mozzarella que je vais faire des champs de tomates et je vais avoir des bufflonnes en Aveyron. Ce n'est pas du tout cohérent. Ça répond à ma demande, mais ce n'est pas du tout pertinent au vu des ressources de mon territoire. Donc voilà quel sol j'ai et quel climat j'ai et à partir de là, quelle production je peux établir. Alors ça va à l'opposé de toutes les recommandations à l'installation et comment les filières sont fichues. Et c'est bien dommage. C'est pour ça que je parle d'une transition agricole et pas de transition écologique. C'est vraiment une transition agricole dont on en chante. Ensuite, c'est de repérer quelles sont les contraintes. On a tous des contraintes, mais quelles sont les contraintes les plus dommageables ? Est-ce que c'est la présence d'un vent régulièrement et qui est très asséchant ? Est-ce que c'est le dénivelé ? des forts volumes de ruissellement très condensés sur une année, de façon à définir ensuite les stratégies qui vont être adaptées. Qu'est-ce que j'ai comme sol et à quoi je suis soumis en climat ? Et quelles sont mes contraintes ? Et du coup, voilà, là, on va pouvoir commencer à ouvrir les boîtes à outils et définir quelles stratégies on peut mettre en place. Mais si on ne sait pas poser un objectif et qu'on n'a pas conscience de nos moyens et de nos ressources, alors c'est difficile de définir des stratégies. Et après, des stratégies, il en existe plein. Si on est éleveur, ça va être sur la conduite des prairies, sur l'immunité des troupeaux, etc. Si on est maraîcher, ça va être le travail sur des variétés avec des semences qui sont reproductibles et issues localement. Ça va être aussi de travailler sur les limites de l'évapotranspiration du légume de production, donc c'est la mise à l'ombre. Sur les céréaliers, quand c'est possible de travailler en sommet direct sous couvert pour maintenir des sols en état de photosynthèse le plus longtemps dans l'année. Mais là, on peut y amener de l'arbre, on peut y amener de l'arbre avec différents motifs. Comme ça, on peut combiner les différents effets. Travailler sur le ruissellement, l'érosion éolienne et hydrique, sur la stabilisation des humus, sur l'ombre portée, sur le ralentissement des vents, sur l'effet tampon, etc. Ok. Ça peut après aller sur de l'aménagement structurel beaucoup plus fort. Ça peut être aller construire des ouvrages d'hydraulique douce. On a parlé des réserves collinaires, mais comment est-ce qu'on les connecte ensemble ? Comment on fait circuler l'eau, des points de concentration vers les points les plus asséchants ? On peut être sur de la baissière, on peut être sur du motif keyline. Ça, c'est magique, je trouve, parce qu'au XXIe siècle, on a un passif énorme parce que 15 000 ans d'histoire de domestication, donc on a un passif énorme. à suivre. On a une technologie à notre portée parce qu'on finit de plus en plus vieux et on se fait de moins en moins mal. Et on a la magie du voyage et d'Internet qui nous fait circuler bon nombre de stratégies, que ce soit des pays plus au sud, plus au nord, etc. Et donc, en fait, on a un panel des possibles. La boîte à outils, elle en est pleine, en fait. Mais il n'y a pas de solution miracle, déjà, parce qu'on est tous dans un bocal fermé. La Terre, il va faire chaud pour tout le monde, etc. Donc voilà, on n'a pas de solution miracle, on a plein d'outils, mais encore une fois, il faut se donner les moyens de faire rencontrer quels sont les moyens et quelles sont les possibilités. Sans ça, c'est continuer dans la même roue.</p>






<p>Lennan Bate: C'est super que tu rappelles l'importance du contexte propre de chaque individu, et que la réponse ne sera pas universelle, mais vraiment spécifique. En stratégie holistique, en anglais c'est Holistic Management du Savory Institute, ils donnent cette image parlante d'une grande chaîne qui composerait l'ensemble. il faut adresser le maillon le plus faible. C'est-à-dire qu'on aura beau renforcer tous les maillons de la chaîne, si on n'a pas adressé le maillon qui est le plus faible, la structure, la solidité de la chaîne sera toujours très mauvaise. Et ça, ce sera réellement spécifique au contexte et à l'individu.</p>
<p>Marlène Vissac: Oui, tout à fait. Et ça, c'est ce qui me tient à cœur, c'est de... s'il y a<br>
des agriculteurs qui nous entendent et s'il y a des consommateurs, c'est-à-dire s'il y a les productoristes et puis les bouches, en fait, il faut considérer que... Je trouve que le milieu agricole, c'est le métier, c'est en tout cas la filière professionnelle la plus jugée, la plus stigmatisée, la plus médiatisée, celle sur laquelle on pose énormément d'attentes. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le milieu agricole, il est régi à plein de réglementations et à des phénomènes de société. Et en fait, je vais donner un exemple hyper terre à terre qui me concerne directement. Moi, je suis éleveuse d'eau, je vends donc des agneaux pour la viande. j'ai beaucoup de difficultés à vendre et à valoriser mon produit, parce que dans le territoire, on n'est pas habitué à manger de l'agneau. Apparemment, la viande serait responsable de la plus grande des pollutions sur Terre, donc voilà, c'est mal de manger de la viande, parce qu'il n'y a pas de distingos sur les filières et comment est-ce qu'on travaille l'animal, etc. Et pourtant, en fait, sur mon territoire, eh ben j'ai pas la possibilité de faire autre chose en fait. Anciennement, on produisait beaucoup de veau parce que les prairies étaient grasses et du coup, il y avait beaucoup... la ressource était suffisante pour faire de l'élevage bovin, mais les prairies ayant été parfois négligées, mal conduites, à volonté de plus de rendement, remplacées par du riz gras, etc. En fait, ça soutient plus le bovin. Pour moi, il n'y a pas de maintien des paysages ouverts sans animaux, il n'y a pas de fertilité des sols maintenues sans la présence d'animaux et avec une gestion bien évidemment maîtrisée. Et donc voilà, en fait, j'en sauvage ma ferme, je travaille à sa régénération sur les sols, à maintenir une activité économique sur un territoire qui est en déprise agricole. Mais ce qui me manque, c'est la bouche qui soutient ma filière, en fait. Et du coup, si la bouche ne peut pas soutenir ma filière, alors je suis tributaire des subventions et donc j'ai une marge de manœuvre beaucoup plus limitante. Et du coup, ce que j'aimerais rappeler aussi, c'est que dans les solutions, en fait, techniquement, on les a. Mais parfois, ce qui nous empêche de les mettre en place, c'est finalement qui s'intéresse ? Finalement, qui sait que ça va mobiliser et qui va se réunir autour de ce projet et valoriser ce produit ? Quand, comme tout le monde, on cherche à économiser de moindres centimes et les chiffres sont assez effroyables. C'est-à-dire que l'alimentation, en 20 ans, 30 ans, la part financière dédiée à l'alimentation, elle a juste été hyper coupée. On a tous des super smartphones, des voitures hybrides, on part tous en vacances et on fait l'impasse sur une qualité alimentaire. Mais en fait, cette qualité alimentaire, elle est aussi représentative d'une qualité de travail sur le paysage. Et donc, c'est quelque chose qui est sociétal et qui ne repose pas que sur les gestionnaires de paysage. Parce qu'encore une fois, Les gestionnaires de paysages répondent à une demande et ce serait bien que les bouches puissent le soutenir. Et toutes les bouches, pas que les bouches qui ont les moyens de s'offrir de l'agneau bio. Ce serait génial qu'on puisse tous participer à la diffusion de ces aliments de bonne qualité et qui font du bien à tous les écosystèmes, qui rendent des services bénéfiques aux écosystèmes et qu'elles soient en plus disponibles à la portée de toutes les bourses. Voilà, ça, c'est mon deuxième rêve. J'en pose beaucoup en début d'année. J'ai le droit de faire tous mes vœux. Mais oui, voilà, de ne pas oublier ça, de ne pas oublier ça, parce que quand on produit, on produit pour nourrir et qui on nourrit. Et je suis comme Noémie Calé, plutôt nourrir qu'autre chose. Mais ça fait du bien de se sentir soutenu aussi par les personnes qu'on nourrit. Et ça ne sera pas saint l'autre finalement. Parce que si on réfléchit, quelles sont les ressources d'un territoire et que ce territoire, je ne sais pas, on pourrait parler par exemple de motoban, habitué à avoir des stations fruitières très abondantes et du coup des fruits assez accessibles pour le territoire du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Sauf que les productions fruitières ne peuvent plus être soutenues à cause de l'évolution climatique. Que va devenir ce territoire en fait ? Que va devenir ce territoire ? Est-ce que les bouches vont pouvoir supporter ce changement-là ? On a tous envie de manger des tomates l'été, mais est-ce que tous les sols sont propices à la culture de tomates ? Et est-ce que toutes les précipitations et tous les contextes climatiques sont propices à cultiver la tomate ? On aime tout ça, mais un peu de sobriété ne nous ferait pas de mal, peut-être. Voilà.</p>






<p>Lennan Bate: Tu fais très bien de rappeler l'importance de ne pas tous les efforts sur le</p>






<p>dos des paysannes. Si on veut avoir une agriculture de régénération, ça doit passer par tout le monde. Les clients sont en première ligne, puisque sans eux on n'existe pas. C'est très important de rappeler que l'effort est collectif. On ne peut pas demander systématiquement aux agriculteurs de travailler différemment. d'apprendre, de découvrir des nouvelles méthodes, etc. Si, de l'autre côté, la clientèle ne fait pas d'eux- mêmes, et elle aussi demande, elle aussi cherche, comprend.</p>
<p>Marlène Vissac: La situation climatique, elle impacte toutes les vies, encore une fois. En tant qu'agricultrice, paysanne, on a bien reçu le message, on sait ce qu'il faut faire. Maintenant, on ne pourra pas y arriver de notre côté, encore une fois, s'il n'y a pas le soutien de la société, parce que c'est une démarche 100% sociétale.</p>
<p>Lennan Bate: Bon, alors ça fait une bonne transition pour nous parler de chez toi, ta ferme et tes brebis de race Rayol.</p>
<p>Marlène Vissac: Ouais, alors je suis basée dans le Ségala, j'en ai un peu dit, un territoire hyper connu avant pour la qualité de son veau du Ségala. Et puis, des fermes qui, dans les années 90 et 2000, ont bien grossi. Tant est si bien grossi qu'il n'y a aucun enfant qui veut reprendre. Et puis, ça fait des fermes intransmissibles parce qu'énormes et trop chères. et puis avec des prairies mal en point et qui ont du mal à soutenir de l'élevage de plein air. Donc voilà, moi je me suis installée dans une vieille ferme, je rénove des vieux bâtiments qui datent du siècle dernier. Et donc j'élève une race de brebis qui s'appelle la brebis rayole, donc comme tu l'as dit, qui est plutôt originaire des Cévennes. Son berceau de développement, c'était les Cévennes. Et comme le changement climatique est bien là, ben voilà, elles ont été importées de l'autre côté du massif central. Je fais partie du programme de conservation de la race, parce qu'en fait, sur toutes les races domestiques en Europe, il reste seulement 5% des races qui ont été domestiquées. Et voilà, par des années et des années de travail, des milliers d'années de travail de l'humain, c'est des races qui disparaissent. Il n'y a pas que la biodiversité sauvage, mais il y a aussi la biodiversité domestique qui est en train de disparaître. Et je suis fascinée par ces brebis pour différentes raisons. Déjà, je les trouve magnifiques. Elles ont un port très gracieux. Elles ont des cornes. Et voilà, je suis amoureuse des bêtes à cornes et amoureuse de voir qu'il y a des bêtes encore qui ont des cornes. C'est une race qui est très rustique, c'est-à-dire qu'elle marche bien, elle fait une belle production de viande, une belle production de laine, elle valorise très bien tout et elle s'adapte à toutes les saisons pour aller chercher l'alimentation dont elle a besoin. Et donc c'est un régal à travailler, puis c'est des brebis qui sont, encore une fois, comme je disais, vachement rustiques et donc qui ont une immunité très développée. Elles ont été facilement détrônées par d'autres races qui sont arrivées avec beaucoup plus de production de lait, beaucoup plus de production de viande. Et moi, je ne vise pas la quantité, mais la qualité. Et du coup, voilà, je démarre avec un tout petit cheptel, parce que j'ai envie que mes prochaines mères soient nées à la ferme et du coup, se soient adaptées au climat d'ici, à l'alimentation d'ici, à l'eau d'ici, à la bergère d'ici, etc. Envie de voir aussi naître mes mères et d'apprendre à les connaître, parce que tout le monde a son petit caractère et tout le monde a sa petite stratégie immunitaire. Je travaille en 100% herbes, c'est-à-dire que mes bêtes ne voient pas un grain d'orge, de céréales, de compléments ou quoi que ce soit. Elles ne mangent pas d'ensilage, elles ne mangent rien d'enrubané. Elles sont le plus possible dehors. Et puis elles sont travaillées en pâturage tournant dynamique, qui est une méthode de gestion des sols et des ressources, mais qui va aller aussi dans le sens de la santé du troupeau. C'est-à-dire que je travaille sur des déplacements, des paddocks journaliers qui sont très petits, de façon à ce que les brebis aillent sur toutes les herbes possibles, qu'elles n'aient pas le choix, qu'elles ne fassent pas du sélectif comme on dit. et de les sortir au moment où la plante n'est pas atteinte dans ses réserves pour qu'elle puisse en fait reprendre croissance à partir de ses réserves à elle, sans aller dans l'épuisement du sol. Donc du coup, ça entretient une qualité fourragère importante, un rendement important, ça n'épuise pas les sols. Et puis le fait que ce soit des petits padocs, eh bien du coup, il y a aussi les déjections et les urines qui sont réparties sur l'ensemble du sol. Du coup, ça fait un ensemencement naturel en termes de protéines, de micro-organismes, de minéraux et du coup voilà, l'animal régénère le sol qui régénère l'animal, on s'inscrit dans un cercle vertueux. Et puis le fait de faire des petits padocs, les brebis ne repassent pas là où elles ont mangé pendant un certain temps, donc du coup ça permet de faire ce qu'on appelle des vides sanitaires, donc rompre des cycles sur certains parasites comme l'ostre, comme la douve, voilà là on est sur des parasites spécifiques aux ovins. Et c'est une ferme qui a été bien bien ouverte, on a des haies mais on n'a rien à l'intérieur, donc l'été dernier c'était une grande joie de chercher de l'ombre partout, donc cette année j'ai planté Pour le moment je travaille sur 10 hectares et là cette année j'ai planté sur 1 hectare 40 plusieurs arbres fourragés et mélifères sur motif Key Lime parce que j'ai une parcelle qui est en fond de vallée et qui du coup est très sujette à l'érosion. Et au vent, on a de plus en plus l'impact du vent du Sirocco, le vent du sud. Voilà, il y a un petit rucher de conservation aussi. pour sauvegarder l'abeille locale et lui proposer un habitat qui puisse répondre à ses besoins éthologiques et de pouvoir se faire une santé avant de recoloniser les écosystèmes. Puis après, il y a une petite partie PAM, mais qui est plus dédiée aux femmes sorcières que j'accompagne, mais voilà le gros de l'action de la ferme. Une petite chose, mais pas des moindres, c'est qu'il y a une école paysanne qui est en train de s'installer au sein de la ferme. pour pouvoir créer des formations en immersion dans la ferme et d'accompagner ce qu'on appelle dans le jargon les NIMA, les non-issus du milieu d'agricole, à l'installation agricole. Parce qu'apprendre le métier dans une salle de lycée institutionnelle, ça ne fait pas tout. Donc voilà, il y a des formations qui vont être présentées, proposées en immersion au sein de la ferme.</p>






<p>Lennan Bate: Donc des formations d'élevage, de pomme, des.</p>
<p>Marlène Vissac: Formations techniques sur des gestes techniques PAM et élevage, une formation plutôt longue, à peu près 400 heures sur le montage d'un projet agricole, et puis la formation certifiante aux reconnaissances des compétences hydronormie qui va commencer cette année 2024. 3 formats de formation.</p>
<p>Lennan Bate: Est-ce que tu peux nous parler du travail de génétique que tu dois faire sur le troupeau des rayolles ? Je sais qu'il y a un cahier des charges sur les races protégées, est-ce que tu en fais partie ?</p>
<p>Marlène Vissac: Sur la Raiole, on fait partie en Aveyron, Aveyron-Lotte-Gare-Ardèche, je pense que j'ai oublié personne. On est regroupé dans une association où... On est des éleveurs de trois races à la conservation du massif central et donc on sélectionne entre nous les béliers qui ont déjà les caractéristiques physiques et physiologiques de la race. Alors pour les rayolles, par exemple, on va regarder le chanfrein musqué, le développement des cornes, la répartition de la laine sur la tête, sur les jambes, etc. à partir du moment où le reproducteur répond aux caractéristiques physiques et physiologiques, mais aussi présente un beau développement, il a une belle croissance, il va être proposé à la vente chez les éleveurs Rayol. J'en ai fait les frais cette année, mais il y a les obligations après-sanitaires. Cette année, chez les bovins et les ovins, on a été atteint par un parasite diffusé par le moustique qui s'appelle la FCO, la fièvre catarhal-ovine à la base, mais qui se transmet maintenant aux bovins. Et du coup, il y a eu une vaccination obligatoire chez les reproducteurs avec les inconvénients d'une vaccination. Bref, après, on va d'abord travailler sur comment se développe le bélier, ses caractéristiques physiologiques. Et puis ensuite, quand il arrive à la ferme, comment je travaille. je place les animaux qui arrivent en quarantaine. Alors la quarantaine, elle ressemble plutôt à une quinzaine ou une vingtaine de jours où j'isole en fait l'animal. Alors j'ai toujours un petit mouton et il s'appelle Mario tellement qu'il est génial, qu'il va tenir compagnie parce qu'un mouton tout seul est extrêmement malheureux. Et du coup, ils vont passer un temps ensemble pour une vie de parasitaire. Et puis après, comment moi je travaille avec mes animaux leur robustesse et leur génétique, donc le reproducteur ne montra jamais sur ses filles. Donc voilà, j'ai un gros turnover de bélier. J'ai un troupeau de multi-âge, c'est-à-dire que j'ai des mères qui ont 10 ans et j'ai des mères qui ont moins de 1 an. Et ça, ça me tient à cœur aussi. Et même si j'ai des mères qui sont très maigres, très affaiblies, elles font quand même des magnifiques agneaux. Et du coup, je vais aussi chercher cette rusticité-là. Je ne garde pas systématiquement que les belles brebis parce que ça ferait une sélection hyper... il y aurait une beauté, il y aurait un plein développement, mais pas forcément une grande rigueur. Et donc j'ai quelques bêtes comme ça que je garde, que personne ne m'achèterait et que j'adore, et elles font vraiment des superbes agneaux. Et puis après je vais travailler sur l'immunité, donc comme je le précisais, je considère toujours que le ruminant c'est un polygastrique, donc je fais attention à leur période de chôme, je fais attention à leur alimentation, je supplémente en minéraux, etc. Elles sont en plein air, elles visitent plein de choses, elles sont touchées par plein d'humains pour qu'elles gagnent en sociabilité aussi. Ce qui fait pour moi un gage de réussite génétique, immunitaire et sociale de l'animal. Je ne fais pas que de la mise en réforme et d'ailleurs chez moi, les bêtes meurent à la ferme, personne ne part en réforme. ou tenir compagnie à des personnes âgées qui ne veulent plus tondre, sinon elles meurent de leur bonne mort. Donc je vais travailler sur tous ces aspects, et mon troupeau il ne ressemble à rien, j'ai des boîtantes, j'ai des grosses, j'ai des mecs, j'ai des corps nus, j'ai des moins corps nus, j'ai toutes les couleurs, et j'aime ça en fait, cette diversité là.</p>






<p>Lennan Bate: Donc comment tu sélectionnes tes mères et tes nouvelles génétiques ?</p>






<p>Est-ce que tu as des critères, notamment tu parlais des critères physiologiques ?</p>
<p>Marlène Vissac: Alors les critères physiologiques, si je veux les faire reconnaître en tant que reproductrice et si je voudrais les vendre, là-dessus je ne suis pas tout à fait en accord avec le syndicat des trois races et les procédures d'identification. Il y a des annuels que je trouve vraiment hyper intéressants en termes de physiologie et celles- là, ça m'intéresserait de les faire identifier en rayon. ne serait-ce que pour le syndicat, pour la race, etc. Cette notion de conservation. Après, dans ma manière de travailler, j'ai des brebis qui ressemblent à rien, enfin pas du tout aux rayolles, mais j'adore leur caractère, j'adore comment elles grandissent, avec quoi elles se valorisent, en fait. Et ça, pour moi, c'est un plus grand gage de qualité. En fait, j'ai deux niveaux, j'ai deux échelles, on va dire.</p>
<p>Lennan Bate: Par rapport aux subventions, je sais que certaines races ont des aides. Est-ce que tu demandes ces aides ? Est-ce que c'est une contrainte sur le cahier des charges ? Comment est-ce que tu te situes sur cette question de subvention et du prix à payer dans les choix stratégiques pour toucher ces subventions ?</p>
<p>Marlène Vissac: Pour le moment, je touche pas à la primovine, parce que c'est des histoires de délais, pas de délai, mais de date et de nombre de têtes à telle date. Donc jusqu'en 2025, je ne toucherai pas l'aide au vide, donc ça ne me concerne pas. Et du coup, je ne peux difficilement répondre à ta question parce que je ne suis pas encore au fait de ces subventions-là. Maintenant, comment je dirais ? Je suis bien contente de toucher des subventions et des aides de l'APAC parce que c'est ce qui fait que je vis de mon métier et c'est ce qui fait aussi que je peux produire une viande à coût relativement que j'estime raisonnable mais il est hors de question que ça vienne entacher mon objectif de travail et mes valeurs. Je préfère moins bien vivre financièrement, mais être heureuse de ce que je fais tous les jours et être en conscience et en cohérence, que d'aller chercher de la prima tuva. Parce que j'ai un design économique qui me le permet et que je suis une tête brûlée, que je n'ai pas d'enfant et tout ça. Sur les questions plus techniques sur comment marchent ces subventions, malheureusement, je ne peux pas encore te répondre.</p>






<p>Lennan Bate: Pourquoi est-ce que c'est important de garder cette race ?</p>
<p>Marlène Vissac: Ce qui me touche le plus, c'est le côté matrimoine et patrimoine, c'est- à-dire qu'on domestique du vivant depuis 15 000 ans et il y a eu des évolutions de races qui ont été maintenues et conservées pour différentes raisons, et notamment la rusticité, la vigueur de l'animal. Et je trouve hyper dommage de voir que des animaux qui ont des durées de vie très courtes, qui ont des immunités très basses et qui sont de grosses productrices, mais qui n'apportent rien en fait C'est que de la souffrance, finalement, quoi. C'est trois ans de vie avec des problématiques énormes et qui engendre des effets sanitaires importants parce qu'un animal qui est vacciné, qui est traité, c'est de la pollution derrière, c'est de la façon de polluer, c'est des déjections qui polluent le sol. Encore une fois, c'est du plastique, c'est plein de choses. C'est des labos qui s'enrichissent toujours de ça. Et du coup, on perd en résilience en tant que paysans quand on travaille que sur des races très fragilisées, très productives, mais très fragilisées. Les dépenses véto, elles sont très basses. Et donc, voilà, c'est à la fois ce côté patrimoine de tous ces savoir-faire et toutes Tout ce temps qui a été établi à ça, comment l'humain, avant, il travaillait avec son paysage, avec le climat, qu'on a complètement perdu. C'est comme une espèce de relique de musée. Et puis après, c'est quelque chose qui répond à des contraintes qualitatives et sanitaires. Je fais partie de celles qui ont été les moins touchées en Auvain sur la FCO, j'ai perdu seulement une bête sur mon tropeau. Tout autour de moi c'était l'hécatombe. Je suis contente d'avoir une race rustique, je n'ai pas beaucoup de têtes, je n'ai pas beaucoup de viandes, mais en fait j'ai des bêtes qui se battent contre un virus, et ça c'est tout ce qui compte en fait. Parce que dans 20 ans, 30 ans, les Holstein, les Lacones et je ne sais quelle autre race, qu'est-ce que ça va... Je ne sais pas, en fait, si on va vraiment pouvoir encore se nourrir de ça. C'est des baies de toute manière qui sont de moins en moins adaptées à l'extérieur, donc c'est des paysages qui voient de moins en moins d'animaux à la maîtrise de la fertilisation. Donc ça me tient à cœur. Et puis dans cette problématique de où je vis et qu'est-ce que je peux produire, eh bien la brebis en fait elle répond à ça. C'est-à-dire que je suis sur un territoire à quatre saisons, mais on va dire que l'été est vraiment puissamment marqué. Ça a donné chez nous des foins l'année dernière assez tardif, mais ils ne repoussent seulement en novembre. Donc de juin à novembre, voilà, pas de repousse parce que trop de chaleur. mes brebis, elles ont mangé de la ronce, elles ont mangé du frêne, elles ont mangé de la laitue sauvage, elles ont mangé de la feuille de rumex, elles ont quand même été dehors, elles sortaient la nuit et pas le jour, etc. Et elles ont fait de magnifiques agneaux, elles ont très bien grossi. Et donc ce qui me plaît aussi, c'est qu'avec très peu d'énergie dépensée, voilà ce qu'on peut produire aussi en termes alimentaires et en termes de régénération des sols. Donc je préfère travailler avec des vieilles carnes, comme diraient certains, qui donnent du fil à retordre à mon chien, à moi aussi, etc. Mais qui vont soutenir un paysage, soutenir une économie, soutenir un territoire dans les besoins alimentaires. Voilà, ça c'est mon engagement en tant que paysanne.</p>






<p>Lennan Bate:C'est sûr que dans le contexte du changement climatique et des difficultés climatiques qu'on rencontre, l'importance de la diversité, elle est justement pour plus de résilience, pour plus d'adaptation. C'est vraiment ça, là-dessus, il n'y a pas de doute. J'aimerais juste rappeler une chose, parce qu'à un moment donné, tu parlais d'antibiotiques dans les élevages, et je crois que c'est important de rappeler que 70%</p>






<p>des antibiotiques qui sont utilisés sont utilisés pour la viande, pour les filières viande, sont utilisés pour faire grossir plus vite les animaux. C'est une pollution extrêmement importante à tous les degrés. On ingère beaucoup d'antibiotiques quand on mange la viande de cette filière, sans compter tous les frais humains, symboliques et de souffrance derrière. Est-ce que tu veux partager des choses que tu fais, ou est-ce qu'on peut retrouver ton travail, tes formations, etc. Je pourrais mettre tout dans les liens, mais en tous les cas, si tu veux déjà parler de trucs qui viennent.</p>
<p>Marlène Vissac: La grande nouvelle de l'année 2024, c'est l'apparution de mon livre qui va parler des techniques d'hydronomie, tout ce qui s'apparente à la gestion de l'eau verte et de l'eau bleue, et comment est-ce qu'on peut cultiver de l'eau verte pour restaurer l'eau bleue. Ça va être édité par Imagine un Colibri. La fin de la première ligne droite, il y aura d'autres lignes droites, mais en tout cas la sortie, ce sera pour 2024. Donc si vous voulez être tenu au courant, vous pouvez aller sur le site hydronomie.fr et vous abonner à la newsletter. Et du coup, vous aurez toutes les infos les plus fraîches possible. Les formations d'hydronomie, elles commencent là en 2024, en février. où on va aller dans l'Aude. C'est une ferme que j'accompagne depuis trois ans. On a déjà réalisé un motif qu'il a, on a déjà réalisé des baissières et on va continuer l'aménagement de cette parcelle-là, qui représente un gros bassin versant pour le coup, donc c'est un très beau terrain de jeu avec la construction d'une réserve collinaire. Donc voilà, n'hésitez pas à vous inscrire, il reste quelques places. C'est des formations qui sont finançables par Viva, par d'autres opcos. Quoi d'autre ? Si vous voulez suivre les aventures de la ferme, il y a les réseaux sociaux, il y a le site de la ferme faceliaecompagnie.com. J'ai été un peu absente du blog de la ferme, j'ai beaucoup travaillé sur hydronomie cet hiver. Vous pouvez être plus présente sur les réseaux sociaux, il y a un Instagram, il y a un Facebook de la ferme. Il y a la possibilité de venir aux rencontres hydronomiques qui auront lieu le 5 mai dans le sud d'Aveyron. Cette année j'ai envie de provoquer la rencontre entre agriculteuristes et pépiniéristes. D'un côté il y a les producteurs d'arbres et d'autre ceux qui cherchent des arbres pour les planter. Il y a plein d'enjeux à révéler et que chaque filière se rencontre pour pouvoir répondre aux besoins des agris et aux pépiniéristes et faire en sorte qu'il y ait de plus en plus d'arbres dans nos outils de production et dans nos paysages. Ça c'est le 5 mai et il y a aussi toutes les infos sur le site hydronomie.fr. Et puis voilà les petites formations qui vont avoir lieu à l'école paysanne. On commence cette année par les PPAM avec de la distillation, mais là c'est des ateliers en non mixité femmes dans un premier temps. Et là les dates sont en train de s'organiser. Comme je suis seule à bord de tout ça, j'ai parfois un peu de retard sur mes échéances. Je suis mon propre patron, c'est mes échéances à moi, mais des fois j'ai un peu de retard.</p>






<p>Lennan Bate: Génial, quel programme ! Super, je mettrai tous les liens et puis on pourra retrouver tout ça et te suivre sur l'année. Parfait, merci beaucoup Marlène !</p>
<p>Marlène Vissac: Avec plaisir, salut !</p>


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        <itunes:summary><![CDATA[Daniel Zimmer l'empreinte eau : https://www.eclm.fr/livre/l-empreinte-eau/ 
Noemie Calais Plutôt Nourrir : https://www.leporcnoirdenoemie.fr/livre 
https://www.hydronomie.fr/
https://www.phacelia.fr/



Episode 1 - Questionner le rapport à l'eau, à la terre et au métier de paysanne avec Marlène Vissac
Lennan Bate: Bonjour Marlène, est-ce que tu peux commencer par nous parler de toi, de ton parcours et de ton travail actuel ?
Marlène Vissac: Bonjour, je suis Marlène, merci de m'inviter à participer à ce podcast. Qui je suis ? J'ai plusieurs casquettes professionnelles. La première, je suis technicienne hydronomie. Et la deuxième, je suis agricultrice, élevage, j'élève des ovins pour la viande, entre autres. Qu'est-ce que je fais ? J'essaye de partager ces activités dans mon quotidien. Technicienne d'hydronomie, ça veut dire que j'accompagne des agriculteurs qui sont soucieux de faire révoluer leurs pratiques en vue d'augmenter la résilience de leurs outils de production. Et ça m'amène à faire des audits, ça m'amène à former des gens, des agriculteurs, entre autres. Et puis, la plus grande partie de mon temps va se passer à la rénovation de la ferme et à la gestion du troupeau. Voilà.
Lennan Bate:Tu es technicienne en hydronomie et tu travailles notamment avec une pratique qui s'appelle le Keyline Design. Est-ce que tu peux expliquer pour ceux qui ne connaissent pas ce que c'est que le Keyline Design ?






Marlène Vissac: Le Keyline Design, c'est une méthodologie de conception qui nous vient de l'Australie. Son fondateur, qui s'appelle Perceval Alfred Jomans, qui est décédé maintenant, a défini, selon lui, des critères établis par ordre de priorité à considérer pour pouvoir établir la conception, l'aménagement du paysage d'une ferme, d'une ville. Ça s'étend à plein d'échelles. Et le Key Line Design repose, donc cette méthodologie prend en considération le climat, la topographie, l'eau, pour arriver ensuite à la définition des accès, des infrastructures, des systèmes on va dire agroforestiques, qu'ils soient bosqués, haies, etc. Mais toutes ces approches se rejoignent, comment je dirais, il y a la méthodologie mais qui s'inscrit dans une approche très globale. Et là, je rezoome sur l'aspect plus agricole. qu'un aménagement ne se suffit pas, il est nécessaire de définir des objectifs et des itinéraires techniques pour que l'aménagement réponde aux objectifs qu'on s'était fixés. Et du coup, le Key Line Design, ça entend la régénération des sols, l'augmentation de la fertilité des sols, l'augmentation de la diversité, mais aussi du rendement des prairies. et puis tout ça en essayant de diminuer les érosions au sein du paysage, donc les érosions qu'elles soient d'ordre éolienne comme hydrique. Et du coup, M. Jomans avait décelé en fait dans le paysage un point bien particulier où la topographie et l'hydrologie se rencontrent, au bénéfice du paysage pour répondre à tous ces objectifs-là en utilisant la moindre énergie possible, en s'appuyant sur la gravité. A l'intérieur, on va retrouver une méthodologie de conception, on va retrouver des recommandations d'itinéraire technique, et pour les aménagements, on va s'appuyer sur la topographie, le relief, la circulation de l'eau, pour pouvoir créer une conception qui soit la plus résiliente possible.
Lennan Bate: L'échelle de la permanence, comment elle s'ancre dans une réflexion globale de la ferme ?






Marlène Vissac: Ok, alors là je vais revenir au XXIe siècle, jusqu'ici au Mons, je vais te parler un peu de comment moi je l'utilise et comment elle devient un outil aussi de transition agricole. C'est que chaque élément de cette échelle de la permanence relative est pris par ordre de priorité, c'est-à-dire que le climat c'est le maître du jeu. et qu'en fonction du climat, va s'être formée une topographie, etc. Quels sont les paramètres sur lesquels, en tant qu'humain, on ]]></itunes:summary>
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